Médecine douce
Titre : Healing Touch
Auteurs : Arineat & Digitallace
Traductrice : Azweig
Statut de l'histoire : terminée (5 chapitres)
Statut de la traduction : en cours (4/5 chapitres)
Note de la traductrice : Comme promis, voici la suite tant attendue de cette traduction. Bonne lecture !
Chapitre 04
« - Depuis combien de temps est-il comme cela ? » demanda Draco, se souciant peu du jeune Creevey qui paraissait être sur le point de se faire dessus tant il avait peur.
Il était sur le chemin du terrain pour aller se confronter à cet entêté de Potter lorsque l'élève tout tremblant s'était rué vers lui, sale et bégayant quelque chose au sujet de Potter.
Il avait suivi le garçon et trouvé Potter allongé par terre, respirant mais inconscient. Sa hanche ressortait à un angle étrange et Draco ne put s'empêcher de grimacer. Tout ce travail et Potter était maintenant dans un état pire que celui dans lequel il était arrivé à Poudlard.
« - Euh, juste quelques minutes, Professeur, couina Creevey.
- Eh bien, ne vous tenez pas là, la bouche ouverte comme un idiot ! Allez chercher l'infirmière. Dites-lui que j'ai emmené Potter dans mes appartements privés », ordonna-t-il, en faisant signe au garçon de se dépêcher.
Après que l'étudiant effrayé s'est éloigné, Draco s'accroupit à côté de Potter, le forçant délicatement dans une position plus confortable tout en secouant la tête de dépit. « Idiot entêté », murmura-t-il alors qu'il plaçait des charmes de Lévitation sur Potter et commençait la longue ascension jusqu'à ses quartiers. Il aurait aimé le porter, sentier la chaleur de Potter et son poids contre lui mais il n'avait pas besoin de cette distraction en particulier dans un moment comme celui-ci et surtout il ne voulait pas aggraver les blessures de Potter en le portant à bout de bras.
Une fois que Potter fut installé sur le lit aux coussins de soie moelleux, Draco déplaça la chaise du salon aux côtés de Potter et attendit l'arrivée de Madame Pomfresh, fixant du regard l'homme inconscient.
Harry se réveilla et prit conscience des douleurs vicieuses, qui naissaient dans sa hanche, remontaient dans sa colonne vertébrale et lui coupaient le souffle. Ses yeux s'ouvrirent brutalement alors qu'un gémissement de souffrance lui échappait. Instinctivement, il essaya de se redresser mais rencontra une main qui le poussa à se rallonger.
« - Calme-toi, Potter, espèce d'imbécile, grogna une voix familière.
- Malfoy, que… ? » croassa Harry.
Il n'eut à peine le temps d'enregistrer le fait qu'il se trouvait dans une chambre inconnue que Madame Pomfresh débarqua. La vieille infirmière ne lui jeta qu'un coup d'œil rapide avant de secouer la tête avec une série de « tut, tut, tut » réprobateurs.
« - Qu'est-ce que je vous ai dit au sujet de prendre les choses doucement, Monsieur Potter ? Il semblerait que les choses n'ont pas beaucoup changé depuis que vous n'êtes plus un élève toujours à pousser les limites de votre corps », sermonna-t-elle tout en lançant une série de sorts de diagnostic.
« Oh mon pauvre », soupira-t-elle, secouant de plus belle la tête alors qu'elle commençait à organiser ses affaires de l'autre côté du lit.
« - Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Harry avec une grimace de douleur.
- Vous vous êtes fracturé la hanche et étirer un ligament », l'informa-t-elle avec un regard sévère. « Je peux bien entendu les soigner mais cela sera extrêmement douloureux et le rétablissement sera long.
- Pourrai-je voler ?
- Sûrement pas ! » s'exclama-t-elle, « N'avez-vous donc entendu aucun mot de ce que je viens juste de dire ?
- Je crois qu'Harry voulait demander s'il serait en état de voler après sa convalescence et son rétablissement ? » intervint Malfoy, son regard, plein de compréhension, croisant celui d'Harry.
L'expression de Madame Pomfresh s'adoucit.
« - Oui, Harry. Du moment que vous suivez mes instructions à la lettre, vous pourrez de nouveau voler », continua-t-elle.
Harry soupira à cette perspective. Sa récente blessure était mauvaise et sacrément douloureuse, mais cela aurait pu être bien pire. Il était habitué à la douleur maintenant et il avait souffert bien pire, fait bien pire, du moment que cela pouvait lui garantir de voler à nouveau. Faisant fi de la présence de Malfoy, et ce malgré la soudaine réalisation qu'il était dans le lit du blond, Harry but consciencieusement toutes les potions que lui donna Madame Pomfresh.
« - Très bien », réfléchit à haute voix l'infirmière tandis qu'elle jetait une seconde fois les sorts de diagnostic. « Vous guérissez plus rapidement que ce que l'on aurait pu penser à la vue de vos blessures. Dites-moi, avez-vous vu un nouveau Guérisseur pour votre blessure d'origine ? », demanda-t-elle, avec un regard interrogateur.
Les yeux d'Harry cherchèrent ceux de Malfoy et soutinrent son regard un moment, une légère rougeur lui montant aux joues sans qu'il le veuille.
« - Pas de Guérisseur, non, mais j'ai essayé quelques nouveaux remèdes.
- Ah oui ? Eh bien, quoi que vous ayez essayé, continuez à le faire. Il semble que ce nouveau remède vous permettra de voler à nouveau. Sans cela, je doute que vous ayez récupéré votre capacité à marcher sans l'aide d'une cane pour le restant de vos jours. En l'état, vous aurez besoin d'être alité pendant une semaine, de prendre vos potions et de faire des exercices de kinésithérapie avant de pouvoir ne serait-ce que penser à toucher un balai. »
Cette révélation le heurta de plein fouet. Le remède de Malfoy lui avait permis de ne pas perdre l'une des choses qui le rendait sincèrement heureux. Un élan de gratitude l'envahit, suivit immédiatement d'une colère sourde. Si ce satané con ne l'avait pas drogué en premier lieu, il n'aurait pas interrompu son traitement et il aurait pu vraisemblablement éviter l'accident. C'était la faute de Malfoy s'il était dans ce lit. Dans son lit. Cette pensée le stoppa net, un frisson le parcourant.
« - Madame Pomfresh, pourrais-je retourner dans mes propres appartements, ou même aller à l'infirmerie ? », demanda Harry. « Je pense que je serais beaucoup plus confortable.
- Malheureusement, ça ne sera pas possible, Harry. Vous déplacez alors que votre corps guérit est la dernière chose à faire.
- Mais sûrement qu'avec la magie… », protesta-t-il, un brin désespéré.
- La magie réagirait négativement avec les potions que je vous ai données. Je suis sûre que vous serez parfaitement confortable ici pendant quelques jours », répondit Pomfresh avec fermeté.
Harry se tourna vers son seul et unique allié.
« - Allez, Malfoy, tu ne veux pas avoir à te coltiner ma charmante personne pendant des jours, n'est-ce pas ?
- Tu l'as entendu, Potter. C'est un ordre », répliqua-t-il, une lueur suspicieuse dans le regard.
« Allons, c'est décidé. Je reviendrai dans la matinée pour vérifier que tout va bien. Jusque-là, Monsieur Malfoy, si vous pouviez vérifier qu'il prenne bien les potions appropriées ? »
Draco hochait la tête tandis que Madame Pomfresh faisait une liste détaillée des potions que Potter avait besoin de prendre, les protestations de ce dernier passant presque inaperçues. Après un certain temps, Madame Pomfresh souhaita bonne nuit à un Potter boudeur et se retira, laissant les deux hommes seuls dans un silence pesant.
« - Tu es vraiment un idiot, Potter. Si tu étais seulement venu pour ton traitement la semaine dernière, tout cela ne serait pas arrivé, réprimanda Draco, son ton railleur et arrogant emplissant le silence.
- Eh bien, peut-être que je l'aurais fait si tu ne m'avais pas drogué pour profiter de moi la dernière fois ! grogna Harry, tournant un regard rempli de haine vers Draco.
- Je ne l'ai fait que parce que je savais que tu ne répondrais jamais à mes questions volontairement.
- Oh, j'imagine que ça explique tout, alors ! », répondit-il avec sarcasme.
Draco le fusilla du regard mais ne répondit pas. Il savait que rien ne ferait entendre raison à cet entêté de Gryffondor. A la place, il s'assit sur le bord du lit, auprès de Potter, sa main allant d'elle-même repousser une mèche de cheveux collée sur son front.
Après une longue pause dramatique, Draco soupira et prononça trois mots qu'il n'avait pas utilisés depuis très, très longtemps.
« - Je suis désolé. »
Potter cligna des yeux avant de le fixer, apparemment tout aussi surpris que Draco d'entendre ces mots.
« -Pardon ?, demanda-t-il, comme s'il essayait de s'assurer qu'une des potions ne l'avait pas fait halluciner cette répartie improbable.
- J'ai eu tort de mettre du Véritasérum dans ta potion. J'aurais dû au moins te donner l'opportunité de répondre à mes questions en premier lieu, développa Draco.
- Et quoi ? Me droguer ensuite ? interrogea Potter, incrédule.
- Peut-être », remarqua Draco avec un sourire malicieux et un haussement d'épaule gracieux. « Tu ne pourrais pas me le reprocher si je t'avais demandé et si tu avais refusé.
- Je serais tout à fait capable de te reprocher même ça », contra Harry avec un regard noir qui n'en était pas un. « Je suis plutôt doué pour te reprocher des choses », ajouta-t-il, avec un sourire à peine perceptible.
- J'ai remarqué. Toutefois, je pense que je ne suis responsable que d'un tiers des choses dont tu m'accuses, répliqua Draco sans se laisser démonter.
- Ah oui ? demanda Harry, souriant franchement. Et pour quel tiers reconnais-tu ta culpabilité ?
- Ce n'était que théorique », expliqua Draco avec un geste de la main. « Je ne me soucie pas des détails. »
Potter éclata de rire à cette réponse mais le mouvement réveilla la douleur et le fit grimacer.
« - D'accord. Interdiction de rire pour les éclopés », sermonna Draco, replaçant les draps comme il faut et bordant le Gryffondor. Il se pencha pour étendre la lumière et laissa une fois de plus ses doigts toucher délicatement le front de Potter. « Tu devrais dormir. Je serais là demain matin.
- Où vas-tu ? » interrogea Potter.
Draco s'émerveilla de voir de la déception apparaître sur le visage de Potter à la mention de son départ. Il n'y avait pas cinq minutes, il était prêt à étrangler Draco et maintenant, il ne semblait plus vouloir le laisser partir.
Ça devait être les potions qui faisaient effet.
« - Je serais dans la pièce d'à côté si tu as besoin de moi, le rassura Draco. Je peux Transfigurer un lit tout à fait convenable à partir de ma chaise.
- D'accord », soupira Potter, ses paupières tombant sous l'effet des potions.
Alors que Draco se levait et se dirigeait vers la porte, Potter l'interpella.
« - Draco ? »
Draco tourna la tête, observant pensivement le Gryffondor bordé dans son lit.
« - Hum ?
- Merci », murmura Potter, détournant un moment le regard pour mieux fixer courageusement les yeux gris tempête de Draco.
Draco hocha discrètement la tête en réponse, les joues légèrement rosées.
« - Cris si tu as besoin de quoi que ce soit, Harry », dit Draco alors que ses longs doigts pâles se saisissaient de la poignée. « Je suis sûr qu'un rustre comme toi ne se gênera pas », ajouta-t-il avec un clin d'œil et un sourire en coin tandis qu'il disparaissait dans l'autre pièce.
« - Crétin », répondit-il doucement.
Draco sourit et ferma la porte derrière lui. Il se tint un long moment à la porte de la chambre avant de se secouer et de se diriger vers son laboratoire. Il avait du travail.
Harry s'assit dans le lit de Draco pour finir son thé de l'après-midi. Cela faisait maintenant quatre jours qu'il était alité et pour dire la vérité, il n'en pouvait plus. Après le premier jour, il avait rendu Draco – et lui-même par la même occasion – fou. Harry n'avait jamais été un très bon patient et le blond avait vraiment du mal à le faire rester au lit.
Dans une volonté apparente de l'aider pendant sa convalescence – et de sauver ce qui leur restait de raison – Draco avait commencé à donner à Harry des massages quotidiens avec une pommade. Etant donné la gravité de la récente blessure d'Harry, la pommade ne fonctionnait pas aussi efficacement qu'escompter, mais elle permettait de calmer la douleur et d'aider à soigner le ligament. Associée aux médicaments de Pomfresh, Harry était certain qu'il serait rétabli et sur ses deux pieds en un rien de temps. En fait, il était persuadé qu'il pourrait être sur ses deux pieds maintenant si seulement il pouvait s'échapper du lit dans lequel il était confiné. Malheureusement, après la dernière tentative d'évasion d'Harry – résultant en une chute impressionnante pour Harry et une mauvaise bosse sur la tête pour Draco qui avait heurté le mur en essayant de le rattraper – Draco avait recruté Dobby pour le surveiller durant la journée lorsqu'il était en classe et l'elfe de maison n'avait reculé devant rien pour se faire obéir.
Harry avait d'ailleurs exprimé son opinion à propos du nouveau « larbin » de Draco mais celui-ci n'avait fait qu'hausser les épaules avec un regard supérieur et un sourire narquois.
« - Si tu insistes à vouloir te comporter comme un enfant, tu auras une nourrice pour te surveiller. »
Sur ces paroles, Malfoy tourna les talons, laissant derrière lui un Harry bouillonnant de rage.
Après coup, Harry dut admettre que c'était probablement pour le mieux, mais il détestait se sentir enfermer. Il détestait la facilité avec laquelle Draco Malfoy s'était immiscé dans sa vie. Toutefois, s'il était complètement honnête envers lui-même, il devait admettre que ses chamailleries avec le blond étaient devenues le temps fort de ses journées. Malgré ses remarques désobligeantes constantes, Harry appréciait de plus en plus le blond. Il ne faisait aucun doute que les massages désormais quotidiens lui facilitaient la tâche ; après tout, Malfoy avait des mains talentueuses, mais ce n'était pas seulement ça. L'attitude acerbe de Draco envers lui rendait les moments où il traitait Harry avec bonté et attention d'autant plus remarquables.
En y réfléchissant bien, même les habituelles remarques narquoises de Malfoy avaient perdu de leur mordant. Quand ils se chamaillaient désormais, leurs disputes ressemblaient à celles de deux amis plaisantant plutôt qu'à des disputes violentes, imprégnées de l'âpre cruauté d'une rivalité enfantine. Même lorsque Draco se comportait comme un crétin, ses actions parlaient d'elles-mêmes. Il avait travaillé d'arrache-pied pour faire les potions et les pommades d'Harry, et ce n'était sans compter son engouement à soigner lui-même la blessure. Et même si le blond l'avait quasiment enchaîné au lit, il avait tout de même renoncé au confort de son lit pour le bien d'Harry. Draco Malfoy prenait soin de lui.
Au cours des derniers jours, Harry avait progressivement réalisé que non seulement il ne détestait plus Draco mais qu'il commençait même à l'apprécier. A l'apprécier peut-être un peu trop.
« - Merlin, Potter, toujours au lit à cette heure. J'ai toujours su que tu étais un fainéant », dit-il d'une voix traînante, un petit sourire aux lèvres, ses mots cherchant à peine la confrontation.
« - A qui la faute, pauvre idiot ? », demanda Harry avec un air peu impressionné alors qu'il désignait de la tête Dobby qui débarrassait le reste du service à thé.
Le sourire narquois de Draco s'élargit et se transforma en un air de profonde autosatisfaction tandis que Dobby se pressait pour lui assurer que le Grand et Noble Harry Potter était bien resté toute la journée au lit comme on le lui avait ordonné et qu'il avait fait tout ce qui avait été nécessaire pour empêcher Harry Potter de se blesser à nouveau.
« - Ce qui incluait apparemment d'ériger un satané champ de force autour du lit, murmura avec amertume Harry.
- Très bien, Dobby, tu as bien fait. Tu peux partir maintenant, » continua Draco, se retournant vers Harry comme l'elfe de maison disparaissait dans un bruit sourd.
- Est-ce que tu aimerais ton massage avant ou après le dîner ?
- Et après que je suis sorti de ce satané lit, ce n'est pas possible ? », suggéra Harry avec insistance, repoussant les couvertures à ses pieds.
« - Ce lit est très bien, je l'ai fait apporter du Manoir. La qualité est impeccable », insista Draco alors qu'il se plaçait à côté d'Harry pour poser une main à son épaule et l'empêcher effectivement de bouger.
- Mais bordel, laisse-moi sortir de ce lit.
- Ça ne fait que quelques jours, Potter. Tu as entendu ce qu'a dit Pomfresh. Il faudra attendre une semaine avant de ne serait-ce qu'essayer de marcher », dit-il en luttant pour maintenir Harry dans le lit.
« - Avec le traitement que tu m'as donné, je guéris beaucoup plus rapidement que ce qu'elle avait prévu. Tu sais pertinemment que je suis assez robuste pour le faire », insista Harry, luttant en vain.
Stoppant ses efforts avec un profond soupir, Harry attrapa Malfoy par le poignet et le fixa du regard, implorant.
« - S'il te plaît, Draco. »
Draco lui jeta un regard noir, son agacement transparaissant clairement sur son visage. Harry lui retourna son regard, son pouce caressant distraitement la peau douce et fragile de son poignet.
« - Très bien. Mais avec mon aide », concéda Malfoy, ne semblant pas ravi.
Harry se retint de pousser un cri de joie et balança précautionneusement ses jambes hors du lit. Draco se pencha et passa un bras fort et musclé autour de la taille d'Harry, déplaçant le sien atour de son cou.
« - Prêt ? », demanda Draco avant de l'aider à se lever en un mouvement fluide.
Un léger pincement de douleur se fit ressentir mais la sensation passa rapidement. Harry était bien trop préoccupé par la proximité de Draco pour y prêter attention. Son visage n'était qu'à quelques centimètres de celui du blond, son corps pressé le sien. Le bras entourant sa taille se contracta, le rapprochant plus près de Draco. Harry avait le cœur battant et le souffle court.
« - Tout va bien, Potter ? », interrogea Malfoy, ses yeux gris cherchant une réponse sur le visage d'Harry.
Le cœur d'Harry fit un autre bond dans sa poitrine à la vue de l'inquiétude se lisant sur le visage de Draco.
« - Oui », souffla-t-il, renvoyant un sourire vacillant au blond. « Au top. »
Draco hocha de la tête avec réticence et resserra sa prise sur la taille d'Harry.
« - Très bien, alors. Finissons-en. Dis-moi quand tu as besoin de t'arrêter. »
Ils firent le tour des appartements de Draco deux fois lorsque la hanche d'Harry lâcha et le fit trébucher contre Draco. Le mouvement fit que la tête d'Harry se nicha d'elle-même dans le creux du cou de Draco, tandis qu'il se cramponnait au blond comme support. Plutôt que de s'écarter, comme il aurait dû le faire, Harry laissa l'étreinte se prolonger et ses yeux se fermer alors qu'il respirait le parfum enivrant de Draco. Sans réfléchir, Harry se rapprocha encore plus près et blottit son visage dans son cou, laissant ses lèvres effleurer la peau chaude qui s'y trouvait, un léger soupir de plaisir lui échappant.
« - Potter », murmura Draco d'une voix étrangement mal assurée.
Harry recula suffisamment pour le regarder, ses yeux émeraudes cherchant confusément les yeux gris, sans savoir pourquoi. Il y avait là quelque chose, mélangé à de la curiosité, sur lequel Harry n'arrivait pas à mettre de nom. Agissant instinctivement, Harry se pencha et captura les lèvres de Draco entre les siennes.
Le cœur d'Harry se mit à battre à toute allure et un léger gémissement lui échappa à la sensation ténue des lèvres parfaites de Malfoy. Il se rapprocha, arrangeant ses lèvres plus fermement contre celles du blond tandis que ses mains s'agrippaient aux robes de Malfoy. Après quelques instants, Harry réalisa que quelque chose n'allait pas. Malfoy ne répondait pas à son baiser. Cette prise de conscience soudaine le frappa de plein fouet et lui fit l'effet d'un sceau d'eau froide. Il se recula abruptement, le visage en feu.
« Je… Je suis désolé. Je… euh… », bredouilla Harry, passant une main tremblante dans ses cheveux et regardant tout sauf l'homme qui se tenait face à lui.
« - Tu devrais retourner au lit », fut sa seule réponse.
Harry jeta un coup à l'expression prudemment neutre du blond et hocha la tête, essayant d'ignorer le sentiment désagréable dans sa poitrine que faisait naître l'absence de réponse de Malfoy face à son moment de faiblesse. S'agrippant à l'épaule de Malfoy, Harry se laissa guider jusqu'au lit.
Le dîner arriva peu après qu'Harry a pris sa potion anti-douleur et s'est installé sous la couverture. Aucun d'entre eux ne dit mot au sujet de l'écart d'Harry alors qu'ils s'installaient pour manger ensemble, selon la routine qu'ils avaient établie. Ils discutèrent de façon hésitante de la journée de Draco, de ses étudiants, des potions qu'il leur apprenait et du surprenant talent que possédait la progéniture de Neville Londubat.
La conversation était quelque peu forcée, mais Harry était reconnaissant pour ce retour à la normale. Il rit dans sa barbe à cette pensée. Qui aurait pu imaginer qu'il aurait pensé à un dîner au lit avec Draco Malfoy comme normal ? Une fois que le repas fut terminé et que la vaisselle disparut, Harry se réinstalla dans le lit et laissa échapper un grognement de douleur au mouvement.
« - Tu dois être endolori après tout cet effort physique. Enlève ton haut et mets-toi sur le ventre », ordonna Draco tandis qu'il sortait un pot de pommade du tiroir de la table de chevet.
Harry fit ce qu'il lui était ordonné, en profitant pour cacher son visage en feu dans l'oreiller, alors que Draco dévissait le pot. Comme d'habitude, au moment où les mains de Draco le touchèrent, Harry ressentit des frissons lui parcourir la peau et il dut se retenir de gémir. Les doigts élégants travaillèrent ses muscles avec la facilité qui naît de la pratique, soulageant la douleur et attisant son désir. Il avait depuis longtemps arrêté de résister à la réaction physique que le toucher de Malfoy provoquait chez lui. Il n'avait d'ailleurs jamais réussi à résister. A la place, Harry chercha une distraction dans la conversation.
« - Donc tu as passé une bonne journée, alors.
- C'était une journée agréable, oui », répondit Draco, ses mains n'interrompant pas leurs mouvements.
- C'est bien. Tu vas bien dormir cette nuit », dit Harry d'un air embarrassé, ne sachant pas quoi ajouter.
- Autant que faire se peut. »
Les mots « compte tenu du fait que tu m'as pris mon lit » étaient sous-entendus.
« - Désolé à ce propos. Tu dois être fatigué de dormir sur un canapé transfiguré tous les soirs.
- Ce n'est certainement pas mon premier choix », répliqua Draco.
Un sentiment de culpabilité envahit Harry.
« - Eh bien, maintenant que je peux marcher sans risquer une blessure permanente, peut-être que je devrais retourner dans mes propres appartements.
- Ne sois pas ridicule, Potter », se moqua Draco.
Harry pouvait deviner par le ton de sa voix que le blond était en train de lever les yeux au ciel.
« - Si tu faisais ça, tu ne ferais que rendre mon travail encore plus difficile en m'obligeant à venir te voir chaque soir. Tout va bien. En plus, j'ai dormi sur bien pire. »
Harry n'ajouta rien, sachant parfaitement bien que Malfoy avait enduré bien pire qu'un canapé transfiguré. Un frémissement le traversa à l'image mentale que cette pensée lui évoquait, suivi d'un autre causé cette fois-ci par le travail sensuel que les doigts de Draco entreprenaient. Il laissa échapper un gémissement imperceptible et les mains de Draco s'arrêtèrent instantanément.
« - Très bien, je crois que c'est bon pour ce soir, Potter », annonça-t-il, avec un léger tremblement dans la voix alors qu'il fermait le pot et le rangeait à sa place.
Harry tourna la tête et sa main, comme animée d'une volonté propre, retint Malfoy par le poignet tandis que le blond s'apprêtait à partir. Des yeux mercure rencontrèrent son regard, lui retournant un air de vague confusion et de besoin.
« - Merci », prononça Harry dans un souffle, les yeux de Malfoy s'écarquillant de surprise. « Merci pour tout. »
Malfoy le fixa du regard pendant un moment avant d'hocher imperceptiblement de la tête et de se défaire délicatement de la poigne d'Harry.
« - Bonne nuit, Potter », répondit-il, avec un air indéchiffrable.
Sur ces mots, il tourna les talons et quitta la pièce.
« - Bonne nuit, Malfoy. »
Une fois seul, Harry ne tarda pas à s'occuper de son érection. Quelques va-et-vient frustes suffirent à le faire jouir, le nom de Draco au bout des lèvres. Récupérant sa baguette sur la table de chevet, Harry jeta un rapide sort de nettoyage et se réinstalla sous le duvet.
Une envie dévorante s'empara d'Harry tandis qu'il était là, allongé dans le noir, dans le lit immense de Draco. Un lit qui semblait toujours plus vide chaque jour.
Harry se demanda brièvement ce que Malfoy ferait s'il se levait, allait dans le salon et se glissait dans le lit transfiguré. Il le pousserait probablement hors du lit en exigeant de savoir si les potions ne lui avaient pas ramolli le cerveau. Ou alors il prétendrait que rien ne s'est passé. Comme il l'avait fait lorsqu'Harry l'avait embrassé. Harry grogna et enfouit son visage dans l'oreiller. Qu'est-ce qu'il lui avait pris d'embrasser Draco Malfoy ?
Une vague de réponses lui vint immédiatement à l'esprit l'homme avait aidé Harry à guérir, avait pris de son temps et fait des efforts considérables pour son bien-être, et cela malgré leur passé. Il était plein d'esprit en plus d'être sarcastique, et de manière générale, sa présence était agréable quand on passait au-dessus de l'arrogance et des remarques mordantes. Amusant, talentueux et carrément canon. Etait-ce si étonnant qu'Harry tombe sous son charme ?
Cette soudaine révélation lui fit ouvrir les yeux. Il était en train de tomber sous le charme de Draco Malfoy. D'abord incrédule puis rapidement pris de panique, Harry ressentit une sorte d'étrange enthousiasme à cette idée. Il n'aurait jamais imaginé ressentir cela à nouveau. Sûrement pas après le désastre qu'avait été sa précédente relation avec Ginny. Toutefois, s'il devait être complètement honnête, ce qu'il ressentait pour Draco maintenant était déjà plus fort que ce qu'il avait ressenti au point culminant de sa passion pour son ex copine.
Son enthousiasme fut de courte durée au souvenir de l'expression de Draco lorsqu'il avait prétendu que rien ne s'était passé après le baiser. En même temps, et ce bien qu'il n'ait pas répondu au baiser, il n'avait pas non plus réagi négativement. Il ne faisait aucun doute que si Draco avait été dégouté par Harry, il l'aurait repoussé, n'est-ce pas ? Il n'aurait certainement pas dîner avec lui et ne lui aurait sûrement pas proposé de lui donner un massage. Ou alors il avait fait tout cela pour revenir à un semblant de normalité ? Harry se souvenait parfaitement de l'envie qu'il avait lu dans les yeux de Draco quand il l'avait remercié. Il y avait quelque chose là. Il le savait. Tout ce qu'il avait à faire était de découvrir quoi.
Harry décida de tenter une nouvelle fois sa chance et de voir quelle serait sa réaction. Si elle était négative, il laisserait tomber, mais s'il avait raison et que Draco le désirait, alors il donnerait tout pour prouver au blond qu'il pourrait être ensemble. Si Harry ne pouvait pas réaliser son rêve de voler un jour, peut-être pourrait-il avoir ce rêve-ci. Un rêve avec Draco.
Souriant à cette pensée, Harry ferma les yeux et s'assoupit.