« …. Mayu … »

Les bras du blond s'étaient solidement renfermés sur son ami, l'enlaçant avec trop de force, mais Kikushi soupira doucement, l'enlaçant finalement, essayant de le calmer.

« Tu exagères toujours tout, c'est gênant. »

Après presque un mois d'absence, Kikushi était rentré à l'appartement qu'il occupait avec Mayu était s'y était endormi avant d'être réveillé avec ce dernier qui se chamaillait avec Tomoyo. Se retrouvant brutalement enlacé par ce dernier, le scientifique assimila qu'il n'était pas dans son état ordinaire. Il glissa ses mains dans son dos pour l'apaiser, cherchant des réponses dans les yeux de Tomoyo qui mima un désolé des mains.

En sentant les mains de Mayu glisser sous son tee-shirt, Kikushi les lui attrapa. On n'était pas le genre de personnes à aller se glisser dans le lit d'un alcoolique et encore moins à aimer les gestes d'attention devant les autres.

« Tu m'as abandonné,

─ J'ai été absente quelques jours, tu exagères.

─ Tu étais où !?

─ Je te raconterai demain.

─ Dis-le maintenant ! »

Kikushi recula par reflexe sous l'odeur forte d'alcool qui émanait de la bouche de Mayu et il tendit les mains en avant pour l'éloigner de lui, gardant les bras tendus pour froncer des sourcils. « Tu n'as pas l'air bien, Mayu !

─ Je vais bien ! Dis-moi tout.

─ J'étais avec Kanzaki sur une affaire sérieuse. On a découvert … Mayu … »

Le blond tangua et voulu se reprendre, ordonnant à Kikushi de continuer. Tomoyo quitta des yeux son portable, s'absenta et revint avec Onizuka. Le professeur n'avait pas la même sensibilité que son élève prodige et d'une main ferme il attrapa la petite star pour la faire asseoir sur le canapé.

« Quand on sait pas boire, on boit pas.

─ L'histoire !

─ Kikushi, il n'est pas en état. Je vais le surveiller.

─ Je vais rester aussi.

─ Tu devrais aller dormir.

─ Reste avec moi. » La main de Mayu agrippa celle de Kikushi.

─ Je ne comptais pas partir.

─ Kikushi, gronda Onizuka, tu devrais à l'enfant et Kanzaki.

─ L'enfant ? Quel enfant ?

─ Mon enfant … »

Un poing le sonna, Kikushi ne compris que plus tard qu'il n'avait pas été perturbé par une voiture qui aurait par miracle réussit à grimper à son appartement mais que Mayu s'était jeté sur lui.

« …. Putain, arrête ça ! » Onizuka avait poussé contre le mur Mayu, « tu vas le tuer. »

« Qu'il dégage, qu'il fiche le camp d'ici. Si je le revois, je le tuerais de mes mains.

─ Mayu …

─ Dégage de chez moi ! »

« Vous mentez, je n'ai pas fait ça.

─ Non, on ne ment pas.

─ Alors pourquoi tu ne m'as rien dit ensuite ?

─ Kikushi est resté jusqu'à ce que tu t'endormes, expliqua Tomoyo,

─ Et je l'ai appelé, complété Kanzaki, des mafieux embauchés par la firme laborantine cherchait l'enfant, j'avais besoin qu'il soit là. »

Le professeur et les deux femmes le regardaient. Mayu souffla finalement :

« Vous pourriez peut-être me détacher, maintenant ? »

« Je t'arrête tout de suite, je ne veux rien entendre. »

Kikushi regarda Mayu devant la maison avec dureté. Il plaça son bras pour l'empêcher de franchir la porte, ordonna à Onizuka de rester à l'intérieur et referma la porte s'y adossant.

« Je sais qu'ils t'ont raconté pour le petit. Tu crois qu'il suffit de revenir et de me dire : eh, je suis désolé d'avoir été un gros con et que je te pardonnerai ?
─ Pourquoi je m'excuserai, tu ne m'as rien dit. Un SMS, un appel téléphonique, un mail, tu es toujours devant un écran. Tu compliques tout, Kikushi.

─ C'est moi qui compliqué tout ? questionna Kikushi ses yeux s'agrandissant. Alors ça, c'était le pompon sur le bonnet du marin ! Une bonne blague.

Sa main remonta sa paire de lunettes et il finit par dire :

« Tu vas vraiment jouer sur ce terrain-là ?

─ Je suis désolé … Kikushi, tu es mon ami.

─ Je ne sais pas, Mayu, du temps est passé. Tu n'es plus rien pour moi.

─ … »

Riant un peu, Kikushi passa la main dans les cheveux du blond collant son front aux siens. « Je plaisante, crétin. Tu es et tu resteras mon meilleur ami. Même si tu n'as jamais été capable d'écouter une explication, que tu es buté, têtu …

─ Violent et alcoolique ? » questionna Mayu.

Kikushi attrapa son visage, le regard bien plus sérieux, ….

─ Ils t'ont aussi raconté ça.

─ Oui.

─ Oublie cette histoire.

─ … je te dois des excuses. Je disais et faisais des conneries, j'étais au plus mal.

─ Tu ne savais pas ce que tu faisais. Je sais bien que tu n'étais pas sérieux.

─ Sérieux ?

Ne parlant pas du même moment de cette satanée soirée oubliée pour l'un, Kikushi ne compris pas la question et dans le doute préféra ne pas y répondre, invitant Mayu a rentrer pour voir Onizuka.

Il demanda à rester quelques jours, Onizuka lui en voulait, il voulait s'excuser. Les jours s'écoulèrent avec la même tranquillité. Le premier, le second, le troisième puis les suivants. Les jours passaient et Mayu retrouva ses habitudes. Il s'absenta quelques jours pour aller enregistrer en studio, et une chambre d'ami fut aménagé pour qu'il puisse répéter. Il commença à prendre l'habitude d'accompagner Onizuka à l'école et de venir le chercher ne comprenant pas que Kikushi le laisse y aller seul.

« Pourquoi ?

─ Si ça t'embête, dis juste non.

─ Bien sûr que je garderai la maison et Onizuka pendant ton absence, mais pourquoi tu veux t'absenter ?

─ Juste deux ou trois nuits, pas plus. Je dépose mon prochain livre, je passe quelques jours en ville et je reviens.

─ Tu devrais être prudent, tu es recherché.

Kikushi sourit de manière séduisante au client à côté de lui. Il fit signe au serveur de leurs apporter la même chose à eux deux. Le client se rapprocha davantage de lui, il lui effleura la main et ils se mirent à discuter, allant s'asseoir à une table.

Quelques heures plus tard, Kikushi quitta la chambre d'hôtel et rentra chez lui.

Onizuka était en train de jouer avec des cubes. Kikushi avait relâché sa paranoïa et accepté que des amis viennent. Rares mais de confiance. Mayu jouait les divas sur la plage pendant qu'il préparait à manger.

Il se servir à manger et brutalement Yume posa une question qui passionna particulièrement Mayu :

« J'ai croisé ton ex, Kikushi, la semaine dernière. Quand même, on ne se refuse rien. Top model, sexy et adorable, je me demande ce qui a fait que vous vous quittez ?

─ Le fait que je vive sur une île déserte et qu'on ne pouvait se voir que quand Onizuka était en vacances avec Kanzaki, assez peu souvent donc.

─ Tu devrais reprendre contact, maintenant » dit la jeune fille.

─ Ses seins étaient comment ? » Questionna l'adulte Onizuka, « Je veux une photographie ! »

─ On ne parle pas ainsi ! » gronda Kanzaki qui le frappa violemment.

Un jour, elle dresserait tous les hommes. Mayu s'enfonça dans son siège. Evidemment que malgré que Kikushi n'était pas allée avec Kanzaki, il avait été avec des femmes. C'était évident. Il pensait toujours que ça ne le passionnait pas mais c'était des propos d'adolescent.

« Je croyais que tu ne t'intéressais pas aux filles. » dit Shiro étonné,

« Shiro ! » Gronda Yume soudainement mal à l'aise.

─ Ce n'est rien, répondit Kikushi, je ne m'intéresse pas aux filles effectivement.

A cette réponse, Shiro passa de l'incompréhension à la réponse et devint légèrement blême avant de s'excuser platement, « Je .. savais pas q… que tu étais … je voulais pas te gêner.

─ Je ne viens pas d'annoncer que j'ai le cancer.

─ …

─ Si tu penses à toutes les fois où je t'ai vu nu, calme-toi. Je suis gay, pas aveugle. »

Mayu se demanda brutalement s'il ne devait pas se placer ailleurs. N'importe où, mais ailleurs. Il vit le regard de Shiro bifurqué vers lui :

« Alors vous vivez en…

─ Pas du tout ! On a pas ce genre de rapport ! coupa vivement Mayu ne voulant pas gêner le brun qui ne semblait pas l'être.

─ Effectivement, la blondinette est trop féminine pour moi. J'ai dit je suis gay. »

Mayu manqua de s'énerver, se rappelant des insultes qu'il n'avait jamais aimer, mais il compris que Kikushi le taquinait et le piquait pour le faire sortir hors de ses gongs, et il grommela avant de lui envoyer son verre d'eau à la figure. « T'es qu'un crétin ! »

La bataille d'eau qui se suivi fit rejoindre le petit Onizuka au groupe.

« Tu vas encore t'absenter, tu n'as pas déjà écrit un autre bouquin ? Ca fait quatre fois, ce mois-ci.

─ Si c'est trop, dis-le moi.

─ C'est toujours un plaisir d'être seul ici à pouvoir faire ce que je veux et garder Onizuka n'est que du plus, mais tu es sur que tu vas bien ? Tu es resté cloitré ici et maintenant tu ne fais que sortir. Tu me fuis ?

─ Arrête tes conneries Mayu, t'es ici chez toi. J'ai juste besoin de sortir.

« … Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? »

Les enfermant dans le bureau, Mayu observa Kikushi qui fronça les sourcils avant de dire : « Rien. »

« Pourquoi tu portes cette écharpe depuis trois jours, il fait plutôt chaud.

─ Un rhume … »

Mayu roula des yeux : « Montre-le moi. »

─ Te montrer ? grogna Kikushi.

─ Le suçon, c'est ça, hein ?

─ ….

Soupirant, Kikushi retira l'écharpe. Ce n'était pas un suçon, mais ce n'était pas mieux. Une marque de morsure violette se trouvait au cou de l'homme. Kikushi grogna intérieurement, ce petit con n'avait pas pu s'empêcher de le marquer quand il avait réalisé l'heure et avait voulu s'enfuir précipitamment : « pour te punir de m'avoir menti sur le fait que tu es célibataire. » avait-il dit.

Putain de petit con. Il n'avait pas menti.

─ C'est ça, la chose importante que tu fais le soir ? Tu vas coucher à gauche et à droite pendant que je m'occupe de ton fils.

─ Ne me dis pas que tu n'as pas d'amante quand tu pars en ville enregistrer.

─ J'ai de nombreux amants de tous les sexes Kikushi, tu as toujours su et senti leurs parfums sur moi quand on était à l'appartement, je ne m'en suis jamais caché. Sens-tu quoique ce soit depuis que je suis ici ?

─ Tu me fais une leçon de moral ?

─ Je te dis simplement d'assumer ce que tu es.

─ … arrête tes conneries.

─ Putain, mais si t'aimes aller te faire tes amants, t'as qu'à l'assumer et au passage, oublie pas que tu as un gamin et dis-leurs de ne pas faire des marques.

─ … Mayu, tu fais un scandale pour rien.

─ Et toi la putain pour combien ?

Kikushi était parvenu à calmer Mayu et l'avait allongé dans son lit. Onizuka avait refusé de partir et il était resté avec Kanzaki rassurant Tomoyo sur le fait qu'elle avait bien fait de les appeler.

La main de Mayu se referma plus violement sur la main de Kikushi alors que ce dernier se levait et il l'attira contre lui, refermant par-dessus la couverture ses bras sur l'homme sérieux qui était tombé de tout son poids sur lui.

─ Je t'ai, tu ne bouges plus …

─ … Kikushi … on devrait le faire, au moins une fois.

─ De quoi tu causes ?

─ De sexe.

─ Je n'aime pas ça, je te l'ai déjà dit.

─ Comment tu sais, tu n'as jamais essayé !

─ Je le sais, c'est tout. Pas besoin d'essayer pour ça.

─ Je sais que des personnes n'aiment pas ça, mais toi …

Mayu glissa son nez dans la gorge de Kikushi avant de l'embrasser, pinçant sa peau avec ses dents, suçant cette dernière, sentant l'homme gronder sévèrement.

─ Tu en as envie, je le sais.

─ Tu m'épuises, arrête de me présenter des filles, ne pense pas à des amants, je suis bien seul.

─ Et si c'était moi ?

─ ….

─ Kikushi, … si c'était moi ?

─ Dors, drogué !

─ J'aime pas les vierges. Sois rassuré. J'aime les hommes virils qui savent y faire.

─ Putain, d'alcoolique. »

Peut-être.

Peut-être qu'au début, Kikushi n'avait accepté l'avance de plan cul que parce qu'il voulait quitter cette image de virginité qui collait à sa peau et que les propos de Mayu l'avait piqué plus fort qu'il ne l'aurait pensé mais ce n'était plus le cas maintenant.

─ ….

─ Je suis désolé … Je suis désolé, je ne voulais pas dire ça Kikushi. Tu as le droit d'aller prendre tous les amants que tu veux, ça ne fait pas de toi …

─ Je ne suis pas en colère, Mayu.

─ Comment peux-tu ne pas l'être après ce que je viens de te dire ?

─ Car c'est la vérité. Oui, je vais en ville pour coucher avec des hommes. Je comprends que tu sois contrarié que je t'ai demandé de garder Onizuka pour aller faire ça sans te le dire.

─ Arrête, tu as le droit à tes moments. Tu es trop strict avec toi-même. Je ne pensais que le sexe te passionnait. Si j'avais su, je t'aurais présenté de nombreux amants. Tu n'aurais pas du me cacher ta sexualité.

─ Tu l'as fait. Tu n'arrêtais pas.

─ Dis que mes gouts sont mauvais.

Kikushi sourit amusé avant de rire franchement. Impossible de dire à Mayu qu'il aimait les hommes parce qu'il l'aimait lui. Qu'il aimait le sexe, parce qu'il le voulait lui. Impossible de parler d'un fantasme qui concernait directement la personne en face.

─ On doit essayer d'être honnête l'un pour l'autre, souffla Kikushi.

─ Un chanteur bisexuel et un scientifique gay Don Juan s'occupant d'un gosse ensemble. Il risque d'aimer les couleurs arc en ciel.

─ Pardon ? Je comprends pas.

─ Laisse tomber.