The Story of the Impossible
Le titre de cette histoire fait référence à la chanson The Story of the Impossible de Peter von Poehl. Si vous ne la connaissez pas, écoutez-là, je suis sûre que vous l'avez déjà entendue. L'auteur de cette chanson a été très flou dans la signification des paroles. Cela parle d'un amour qui semble impossible mais ce n'est pas très clair. J'ai décidé d'en avoir ma propre interprétation et d'y dédier cette histoire.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Chapitre 1 - Rosamund Greengrass, dit Rosie
Rosamund Greengrass, appelée plus communément Rosie, regardait le paysage pluvieux défiler dans le train qui la menait vers Poudlard. Il pleuvait à Londres depuis deux jours et ce temps était aussi maussade que ses sentiments.
Elle observa son compartiment, elle était seule comme à son habitude. Ce n'est pas qu'elle cherchait la solitude mais en vérité, elle n'avait pas d'amis : à Serpentard, personne n'avait d'amis. Soit on était dominant, soit on était dominé. Dans ce type de relation, l'amitié n'y avait pas sa place.
Rosie n'avait jamais été une dominée, grand bien lui en fasse.
Premièrement, elle était de sang-pur depuis plusieurs générations.
Deuxièmement, elle venait d'une famille de sorciers très respectée.
Son père était un haut fonctionnaire sorcier reconnu qui se déplaçait de pays en pays pour prêcher la bonne parole. Sa mère, femme au foyer, était un membre actif des Soeurs Sorcières de la Charité de l'Hôpital de Sainte Mangouste, une association qui aidait les sorciers démunis, touchés par de graves maladies. Elle était très vénérée dans la communauté et ses paroles avaient valeur d'évangile pour beaucoup de sorcières. Elle faisait souvent la une de Sorcière Hebdo, prodiguant moults conseils sur la façon de tenir son foyer. Elle était mère de trois enfants et malgré l'absence de son mari, elle gérait d'une main de maître le manoir des Greengrass qui comptait au moins 25 pièces et un domaine de plus de cinq hectares, aidées de ses trois elfes de maison. Rosie était la dernière de la famille. Ses frères jumeaux, Archibald et Alexander, qui avaient trois ans de plus, avaient réussi avec succès leur entrée dans le monde des adultes sorciers : l'un était le directeur adjoint du Département de la Justice Magique et l'autre, l'assistant personnel du directeur de Gringotts.
Enfin, les talents en sorcellerie de Rosie avaient fini de convaincre tous ses détracteurs. Elle était l'une des sorcières, voire, LA sorcière la plus douée de toute sa maison. S'il n'y avait pas eu cette face de loutre d'Evans, elle aurait été LA sorcière la plus douée de tout Poudlard.
Elle était bien-née, intelligente et de surcroît, était dotée d'un charme magnétique. Ses cheveux longs chatains clairs et ses yeux d'un bleu profond faisaient tourner la tête des hommes sur son passage. Elle avait tout pour elle.
Et pourtant, son coeur était lourd en ce premier jour d'école.
Tout dans la vie de Rosie la destinait à une carrière fantastique. Malheureusement, ce rêve avait été mis en miettes par une annonce que sa mère avait faite lors du dernier dîner avant son départ pour Poudlard.
Ce soir-là, elles étaient seules : ses frères avaient pris un appartement dans le centre de Londres proche du Chemin de Traverse et son père était en déplacement elle-ne-savait-où. Les repas dans le manoir familial étaient plutôt lugubres : il était déprimant de dîner sur une table grande pour quinze personnes, avec pour seule compagnie sa mère, assise à l'autre bout de la salle à manger.
Même si Rosie s'en était accommodée avec le temps, elle détestait particulièrement les derniers repas avant ses départs à l'école. Agatha Greengrass, sa mère, n'arrêtait pas de lui faire des sermons sur comment bien se tenir ou comment faire honneur à son nom et elle la menaçait de recevoir ne serait-ce qu'une seule lettre de remontrance de Poudlard. Bien sûr, elle n'en avait jamais reçu mais en mère accomplie et dévouée, elle se devait de lui donner ses derniers conseils et avertissements.
Enfin, au grand soulagement de Rosie, elles passèrent au dessert. L'elfe de maison Alfie était arrivée avec un grand plateau de gâteaux fait-maisons. Cette dernière aimait sa maîtresse Rosie comme le devaient tous respectueux elfes de maison et elle avait cuisiné une Forêt Noire, son gâteau préféré.
- Merci, Alfie, dit cette dernière, en se servant une bonne part.
Elle savait que son elfe de maison avait passé du temps à préparer sa surprise. D'autres sorciers ne l'auraient pas remerciée, voire l'auraient ignorée, mais pas Rosie qui était particulièrement proche de son serviteur, malgré les regards de déplaisir que lui lançait parfois sa mère dès qu'elle montrait un peu trop d'affection. Il n'était pas bien vu d'avoir trop d'affinités avec son elfe de maison.
- Rosamund, ma chérie, dit sa mère d'un air tendre.
Rosie releva la tête de son gâteau, suspicieuse. Jamais sa mère ne prenait un tel ton avec elle. Elle sentit que quelque chose n'allait pas.
- Oui, Mère, répondit-elle, d'un air prudent.
Grâce à un sortilège qui permettait d'augmenter le son de leur voix, elles pouvaient communiquer comme si elles étaient l'une à côté de l'autre.
- Vous connaissez la famille Nott, n'est-ce pas ?
- Oui, bien sûr.
- Et leur fils, Abel ?
- De nom seulement. Il était avec moi à Serpentard et est parti de Poudlard il y a quatre ans. Mais je ne lui ai jamais parlé.
Rosie ne savait pas du tout où sa mère voulait en venir. Elle la regarda d'un air incrédule.
- Maintenant que vous avez dix-sept ans, vous êtes une adulte. Et il est temps de penser à votre avenir.
- Oui, Mère, dit Rosie, cachant son trouble.
Elle était perplexe et sans trop savoir pourquoi, ressentit une boule se former dans son ventre. Elle avait un mauvais pressentiment.
- Mère, vous savez que je souhaite devenir Médicomage à l'hôpital de Sainte Mangouste, dit-elle, prenant les devants. J'en ai discuté avec le professeur Slughorn et il m'a déjà rédigé une lettre de recommandation pour un stage cet hiver.
- Oui, c'est très généreux de la part de votre professeur, dit sa mère d'une voix calme. Bien sûr, vous pourrez faire votre stage à Sainte Mangouste car je connais votre grandeur d'âme. Toutefois, une femme au foyer n'a pas besoin de travailler dans un hôpital.
- Comment ? Une femme au foyer ? s'écria-t-elle. Qu'insinuez-vous par là ?
- Hé bien, votre père et moi-même avons décidé qu'à la fin de vos études, vous vous marierez avec Abel Nott. Les Nott sont une famille réputée et respectée. Bien sûr, ils sont sorciers de génération en génération et Abel Nott, seul enfant de sa famille, héritera d'une très grande fortune. Dans ces conditions, il n'est pas question que vous commenciez une carrière de Médicomage.
Rosie regarda sa mère, horrifiée. Cette dernière souriait comme si cette information était tout à fait normale. Rosie savait que sa famille était vieux-jeu, qu'ils avaient parfois des idées rétrogrades et souvent irrespectueuses envers certaines populations mais elle n'avait jamais pensé que sa destinée se limiterait à devenir une femme au foyer et à porter les enfants de…
- Non, s'écria-t-elle, indignée. Je ne me marierai jamais avec Abel Nott. Je ne le connais même pas ! Comment pouvez-vous…?
- Ce n'est pas à vous de décider, affirma sa mère, impérieusement. Vous serez mariée à Abel Nott à la fin de vos études à Poudlard.
Rosie resta sous le choc. Sa mère avait pris un ton inflexible.
- Mais Père a-t-il… tenta-t-elle d'une voix faible.
- Votre père est en total accord avec moi !
Elle se figea sur place. Sa vie venait de s'écrouler devant elle. Comment ses parents avaient-ils pu décider pour elle ? Les larmes commencèrent à lui monter aux yeux. Non, elle ne devait pas pleurer. Elle devait être plus forte.
- Je n'accepterai jamais votre décision, dit Rosie, d'une voix claire et nette. J'ai décidé d'être médicomage.
- Ah oui, vraiment ? demanda sa mère. Elle leva la tête et regarda sa fille, un sourire aux lèvres. Avez-vous pensé aux conséquences de ce que vous dites ?
Rosie fût horrifiée car elle avait compris ce que sa mère insinuait. Si elle s'opposait à ses parents, cela signifierait qu'elle serait déshéritée des Greengrass, qu'elle devrait partir, se débrouiller seule, même ses frères ne l'aideraient pas. Non, elle serait seule et deviendrait la honte de sa famille.
- Je sais que mon annonce est un peu brusque, dit enfin sa mère, d'une voix calme. Je vous laisse y réfléchir. Mais sachez que vous n'avez pas d'autres choix.
Sur ces dernières paroles, sa mère se leva et la laissa seule dans la grande salle à manger. Rosie regarda sa part de Forêt Noire. Plus par mécanisme que par envie, elle plongea sa fourchette dedans et en mangea un morceau. Son goût était aussi salé que les larmes qui coulaient le long de ses joues.
Ensuite, elle n'avait plus discuté de ce sujet avec sa mère et elle avait pris le train pour Poudlard en lui lançant un au revoir glacial. Elle savait que tôt ou tard, elle recevrait une lettre fatidique lui demandant sa réponse. En attendant, elle ruminait dans son coin. Depuis la veille, elle essayait de tourner le problème dans tous les sens. Malheureusement, il n'y avait qu'une seule issue si elle voulait garder ses privilèges et son rang. Et pour l'instant, il était hors de question de céder. Peut-être écrirait-elle à son frère Archi, celui avec qui elle s'entendait le mieux. Il pourrait la conseiller, à défaut de l'aider financièrement.
Elle continuait à regarder par la fenêtre sans se préoccuper des gens qui passaient dans le couloir. Quelques élèves téméraires appartenant à d'autres maisons avaient tenté d'entrer dans sa cabine pour s'y installer mais ils s'étaient vite rétractés dès qu'ils avaient reconnu la personne qui y était assise. Elle avait 17 ans, était une Serpentard, préfète de surcroît et l'atmosphère était tellement chargé d'animosité que personne ne voulait rester avec elle, ce qui l'arrangeait grandement. Elle regarda son insigne de préfète avec dégoût. S'il n'y avait pas eu cette Evans, elle serait devenue préfète en chef ! Elle avait lu la déception dans les yeux de ses parents quand ils n'avaient pas trouvé le fameux badge dans son courrier de Poudlard cet été ! Ce que Rosie supportait le moins, c'était qu'en étant "juste" préfète, elle devenait la "sous-fifre" de cette moins-que-rien qu'était Lily Evans. C'était le plus dur à encaisser. Si je la tenais entre mes mains, je la réduirais en miettes !
Elle inspira profondément et se leva néanmoins pour commencer sa tournée de surveillance dans le train. Elle avait beau être déçue, elle n'en était pas moins sérieuse. Elle sortit et ferma son compartiment à clé avec un sort dont elle seule connaissait le nom. Elle n'avait pas envie que des pouilleux de 3ème ou 4ème année viennent fouiner dans ses affaires.
Puis, elle avança dans le couloir, prenant son air le plus hautain.
Elle vit des 1ère année qui avaient jeté sur le sol du couloir des papiers de bonbons froissés et les invectiva rudement. Ils prirent tellement peur qu'ils se précipitèrent sur les papiers en se poussant presque sans dire un mot. Elle continua sa tournée et arriva dans le wagon des Serpentard.
- Bonjour Rosie, lança un jeune homme aux cheveux courts, chatains foncés, à l'air plutôt charmant. Il lui fit un grand sourire.
- Bonjour Stephen, répondit-elle en retour.
Elle avança un peu plus rapidement dans l'allée, voulant éviter toute conversation avec Stephen Baggs car ce dernier voulait sortir avec elle depuis l'année précédente et il tentait de lui parler à toute occasion. Mais elle ne ressentait pas les mêmes sentiments à son encontre le trouvant fade et sans cervelle.
Elle salua d'autres Serpentard, hocha la tête par-ci, par-là et arriva devant un groupe de filles de 7ème année.
- Salut Rosie, lança une fille aux longs cheveux blonds légèrement ondulé. Elle avait un odieux ruban rose sur la tête. Sa chevelure brillait au soleil. Rosie savait qu'elle la brossait tous les jours pendant de longues minutes.
- Salut Josepha, répondit-elle, un faux sourire sur les lèvres.
Elle salua également les deux autres filles assises à ses côtés, Mary et Victoria, les deux gardes rapprochés de Miss blondasse. Ces dernières ne possédaient pas la beauté de leur amie mais compensaient par une taille immense et un air mauvais qui faisaient fuir les élèves plus jeunes.
- Tu as passé un bel été ? lui demanda Josepha Mingletown avec un air affable sur le visage.
Rosie savait pertinemment que Mingletown la détestait. Elle-même haïssait son air d'hypocrite. Josepha Mingletown se prenait pour la diva des Serpentard. Parce qu'elle avait son petit succès auprès des garçons, elle se permettait de regarder les autres filles de façon hautaine et dédaigneuse. Rosie n'y faisait pas exception, sauf qu'elle avait un statut bien plus important que Mingletown et cette dernière le savait. Donc, elle lui léchait souvent les bottes pour le plus grand déplaisir de Rosie.
- Oui, mon été était merveilleux, et toi ?
- Oh, magnifique, dit la blonde, en faisant tournoyer une mèche de cheveux autour d'un de ses doigts. Je suis allée en France, à Paris !
Elle sourit et montra ses belles dents parfaitement alignées.
- Super, répondit Rosie, d'un air ravi. Je ne suis allée à Paris que trois fois, et à chaque fois, j'ai adoré me promener dans les rues de Montmartre, mon quartier préféré.
Mingletown la regarda bouche bée. Elle voulait la réduire au silence avec son voyage en France. Mais elle avait oublié avec qui elle parlait : Rosamund Greengrass, l'une des héritières des familles sorcières les plus fortunées de Grande-Bretagne.
- Je vais retourner à mes devoirs de préfète si cela ne vous dérange pas, dit Rosie, un sourire faussement amical aux lèvres. Je vous retrouverai dans la Grande Salle.
Elle savait que Mingletown avait convoité son poste de préfète et elle apprécia son bref regard de haine à son encontre. Elle partit sans jeter un seul regard derrière elle. Elle ne pouvait pas supporter les pimbêches comme Josepha Mingletown qui n'avait aucun scrupule pour écraser plus faible qu'elle. Malheureusement, Mingletown et ses deux acolytes étaient les seules filles en 7ème année à Serpentard, et Rosie devait s'en accommoder.
Elle continua sa tournée en sortant du wagon des Serpentard. Elle aimait moins la partie du train vers laquelle elle se dirigeait car la plupart des Gryffondor s'y installaient chaque année. Elle n'avait pas peur des Gryffondor mais elle ne les aimait pas et eux la détestaient. Elle savait que si elle lançait un seul avertissement à un Gryffondor, toutes les portes des compartiments s'ouvriraient et appelleraient au scandale. Peu importe, qu'ils s'insurgent, ces fils de Troll, pensa-t-elle. Elle n'en avait que faire.
Elle entra dans le wagon et fut surprise par son calme apparent. La vendeuse de sucreries était déjà passée et les élèves étaient en train de déguster leurs friandises dans leurs cabines. Elle avança tranquillement.
Brusquement, une porte s'ouvrit juste au moment où elle passait devant un compartiment bruyant et une personne la bouscula violemment.
- Oh, désolé, s'écria un jeune homme à son attention. Puis, il la reconnut et se figea.
Elle regarda son assaillant, voulant lui lancer les pires insultes mais ses mots s'arrêtèrent dans sa bouche.
- Greengrass, dit-il, de son air le plus glacial.
- Black, répondit Rosie se reprenant enfin. Elle essaya d'y mettre le plus de froideur possible quand elle prononça son nom.
Ils s'observèrent quelques instants attendant que l'un ou l'autre sorte la première pique. Mais elle n'arriva pas. Black tourna tout simplement les talons et se dirigea vers le dernier wagon.
Rosie le fusilla du regard : elle était indignée et blessée. Indignée parce qu'il l'avait ignorée et blessée car il l'avait regardée avec animosité. Elle avait envie de sortir sa baguette et de lui lancer un sort mais elle se retint. Par dépit, elle décida de retourner dans sa cabine.
Elle ne vit pas les regards que lui jetèrent les Serpentard, ni les chahuts et les cris des autres élèves. Elle ouvrit son compartiment et s'y enferma.
J'espère que vous avez aimé ce premier chapitre ainsi que mon OC. A bientôt pour la suite !