Le ciel s'assombrissait, les nuages commencèrent à cacher la lune et les étoiles. Severus sentait sa marque le brûler. Il se détourna de la fenêtre et partit vers la tour d'astronomie. Drago devait y être pour tuer Dumbledore avec les autres. Quand il arriva sur la plateforme inférieure, il entendit Bellatrix féliciter Drago pour avoir désarmé le vieux mage. Il ne restait que peu de temps. Il croisa Harry qui menaçait son filleul pour protéger le directeur.

'Quel noble garçon. Lily tu en serais si fière !'

Il se fit volontairement remarquer tout en le menaçant de sa baguette. Il lui intimant le silence d'un simple geste et monta à l'étage supérieur rejoindre les autres mangemorts, Drago et Albus.

« Allez, Drago, » s'exclama Bellatrix. « Maintenant ! »

« Non, » dit Severus en arrivant derrière tout le petit monde rassemblé.

Ils se tournèrent tous vers lui. Il observa Dumbledore. Il tenait à peine sur ses pieds, il peinait vraiment à garder son équilibre. Quand il croisa son regard, il ne vit qu'une seule demande dans ces yeux bleus si perçants. Dumbledore l'implorait.

« Severus, » dit le vieux mage. « Aidez-moi. »

Le serpentard hurla intérieurement, le regard douloureux et prononça ces deux simples mots qui allaient faire de sa vie un enfer durant un temps encore indéterminé. Mais deux mots qui pouvaient tout changer. Il tendit sa baguette vers son mentor, protecteur et ami.

« Avada Kedavra. »

Il vit le regard de Dumbledore s'éteindre alors qu'il basculait dans le vide, par-dessus la balustrade de la tour d'Astronomie. Bellatrix fit apparaître la Marque des Ténèbres dans le ciel en riant et hurlant comme une démente. Severus attrapa son filleul par l'épaule et le tira. Ils devaient tous partir et vite. Drago respirait rapidement, trop rapidement. Il était à la limite de l'hyperventilation. Il lui serra l'épaule pour le rassurer tout en le poussant à avancer.

« Plus tard, Drago, je te donnerai un calmant, » lui murmura-t-il à l'oreille après avoir lancé un sort d'intimité autour d'eux. « Maintenant, il faut partir. Dépêche-toi. Ca va aller, je te le promets. »

Bellatrix riait aux éclats et détruisait tout sur son passage : vitres, tableaux, statues, … La Grande Salle était jonchées de vaisselles détruites et de verre brisé après son passage. Ils descendirent vers l'entrée de Poudlard. Quand ils arrivèrent vers la cabane d'Hagrid, le garde-chasse, la folle la fit exploser. Le bruit n'empêcha toutefois pas Severus d'entendre le hurlement et les paroles de colère de la personne qu'il ne voulait absolument pas voir ni affronter. Harry.

« Snape ! Il avait confiance en vous ! »

Il se tourna vers les autres. « Partez ! »

Harry engagea le combat, guidé par sa haine et sa peine. Severus para aisément mais ne répliqua pas. Bellatrix ne se gêna pas pour attaquer et le Survivant fut projeté en arrière et tomba sur le dos.

« Non ! » claqua le serpentard en direction de la cinglée. « Il appartient au Seigneur des Ténèbres ! »

Elle soupira mais partit, le laissant seul avec le gamin. Il lui jeta un dernier regard douloureux, que le jeune homme ne vit pas, toujours à terre, et il partit. Toutefois, le garçon avait trouvé la force de se relever pour l'attaquer avec l'un de ses propres sortilèges. Il se retourna vivement et para, toujours aussi aisément, propulsant Harry au sol. Douloureusement. Il se rapprocha de lui.

« Vous osez utiliser mes propres sorts contre moi, Potter, » fit-il de sa voix basse et menaçante. Il se dégoûtait lui-même à présent de lui infliger cela, mais il devait garder les apparences. « Oui, je suis le Prince de Sang-Mêlé. »

Il le désarma du pied et, un tout dernier regard dans ses yeux émeraudes, assombris par la noirceur de la nuit, détectant toute la haine, la tristesse, la douleur et la trahison dans son regard, il partit en le laissant là, sachant parfaitement qu'il ne risquait plus rien. Du moins, pour le moment. Il rejoignit les autres au Manoir Malfoy où il recevrait la récompense et les honneurs pour avoir tué Dumbledore. Pour avoir tué son mentor. Pour avoir tué son ami. D'avance, Severus avait envie de vomir.

xXxXxXx

Quand Tonks vit débouler Remus chez elle, rien qu'à voir son visage sombre, elle avait compris et avait laissé couler une larme.

« Tonks, » fit le loup, hésitant. « Je ne sais pas si je dois te la donner mais, Snape m'a demandé … enfin, voilà. »

Il lui tendit une enveloppe. Elle reconnut l'écriture fine de son amant. Elle l'ouvrit et la lut.

Ma douce Nymph',

Pardonne-moi de t'envoyer cette lettre au lieu de me déplacer te le dire de vive voix. J'avais peur de perdre mon courage et de ne pas faire ce qu'il m'a demandé. Si tu savais, je ne rêve que d'une chose, fuir. Fuir loin d'ici, loin de l'Angleterre, loin de la guerre et de vivre à tes cotés. Je souhaite vraiment aller plus loin avec toi. Quand tout sera terminé, qu'il sera vaincu définitivement et si je suis toujours en vie et que tu voudras toujours de moi, je te promets de t'aimer et de te chérir pour la vie.

Pardonne-moi, mon amour. Sache que chaque jour qui me sera accordé, je penserai à toi et que rien qu'écrire ces mots me déchire le cœur car je sais que nous serons séparés pour une longue durée. Je t'aime de tout mon cœur. Tu l'as réveillé, il est à toi pour toujours.

Avec tout mon amour,

Ton Sev.

PS : Au cas où, brûle ceci pour plus de sécurité.

Le parchemin se froissa entre ses doigts tandis que ses yeux s'embuaient de larmes. Remus vint s'installer auprès d'elle et la prit dans ses bras.

« Il m'a également fait promettre de te protéger, » avoua-t-il après quelques instants.

« C'est tout lui, » murmura-t-elle.

« Il m'a dit que je devais te demander une explication. Que je devais le pardonner mais qu'il n'avait pas le choix. Pourquoi a-t-il fait cela, Tonks ? »

« Fais-moi un serment de sorcier, fais-moi le serment de ne rien dévoiler avant le moment propice et tu sauras tout. »

Devant l'air sérieux de la sorcière, le loup fit le serment et apprit toute la vérité sur l'état de Dumbledore, son assassinat et sur les deux dernières missions que devait encore faire Severus : faire croire qu'il était du coté de Voldemort et en même temps guider Harry dans l'ombre dans sa quête pour tuer le mage noir.

Remus soupira. « Severus, pourquoi dois-tu encore endosser le mauvais rôle ? » murmura-t-il. « Tu as déjà tellement payé … »

Il serra Tonks contre lui pour la réconforter.

xXxXxXx

Cela faisait quelques jours qu'elle avait la nausée tous les matins. Tonks alla voir un médicomage en compagnie de Remus. Après un diagnostic, il apparut qu'elle était enceinte. Il était encore tôt pour lui désigner le sexe de son enfant. Elle en était heureuse, mais aussi très angoissée par les temps qui courraient. Et Severus qui ne pourrait pas en avoir la nouvelle. Alors que pourtant c'était important pour lui de le savoir, de l'apprendre.

Elle rentra chez sa mère en compagnie de son ami et protecteur.

« On trouvera une solution pour le lui dire, Tonks, » dit Remus en la prenant dans ses bras. « On va trouver. »

xXxXxXx

Severus rentra à Poudlard en tremblant et se dirigea tant bien que mal vers l'infirmerie. La capture d'Harry avait été un échec cuisant malgré ses bonnes informations. Il en était ravi. Même si son corps hurlait le contraire tellement il souffrait. Mme Pomfresh s'occupa immédiatement de lui, soignant ses blessures et soulageant ses nerfs enflammés par une grande quantité de doloris subis. Il accueillit l'inconscience avec bonheur.

A son réveil, les jumeaux Carrow étaient à l'infirmerie pour se faire soigner aussi. Ils étaient les nouveaux professeurs de Poudlard, tandis que Severus en était devenu le directeur. Les choses allaient changer à l'école et allaient devenir bien sombres. Le serpentard se promit de protéger un maximum les élèves. Mais il savait d'avance que beaucoup souffriraient. C'était inévitable.

Il fut interrompu dans ses pensées par la voix de l'infirmière.

« … Et tu as intérêt à bien lire la notice, cette fois-ci, Severus, » termina-t-elle en lui mettant un flacon dans les mains.

'Attends … Quoi ?!' Il ne comprenait pas. 'Mais depuis quand j'ai besoin de lire une notice ? Elle ne lui avait encore jamais fait ce genre de remarque…'

« Merci, Poppy. Je tacherai le faire, » répondit-il néanmoins.

Il se pencha sur la petite bouteille, ignorant le ricanement des deux autres mangemorts présents dans la pièce. Il n'y avait rien de spécial sur l'étiquette. Sauf un NT qu'il ne comprenait pas. Il glissa son doigt sur le papier et vit qu'il se décollait légèrement du flacon. Comprenant l'astuce, il l'embarqua, salua les Carrow d'un hochement sec de la tête et partit pour le bureau directorial.

Il décolla le papier du flacon pour trouver un bien étrange message de la part de sa belle car il reconnaissait son écriture.

1 + 1 = 3

N'ayant rien trouvé d'autre d'important sur le papier, il le brûla et réfléchit à ce message codé. Il lui fallut pas mal de temps pour en comprendre la signification. Et quand il l'eut compris, un sourire fleurit sur ses lèvres fines tandis qu'une larme solitaire coulait sur sa joue. Il allait être papa et il n'était pas auprès d'elle pour la soutenir dans cette épreuve particulière.

xXxXxXx

Il marchait dans les couloirs, ses capes noires virevoltant autour de lui. Il venait encore de sauver in extremis un élève de la folie des Carrow. Il monta dans son bureau rapidement. Il avisa le paquet qui attendait sur sa table. Des ingrédients. Comme il n'avait rien commandé, il sortit prudemment sa baguette et l'inspecta. Il n'y avait rien d'anormal. Il y trouva du mucus de véracrasse, de la racine d'asphodèle en poudre, des écailles de dragon et de l'aconit. En attrapant le pot avec l'asphodèle, il entendit le bruit d'un verre que l'on cognait. Il regarda plus attentivement le récipient : il y avait un autre flacon à l'intérieur. Il le récupéra pour découvrir un souvenir. Il le versa dans la pensine et plongea.

Il se retrouva dans une salle d'auscultation de Sainte Mangouste. Il reconnut sa Nymph' qui tenait la main de Remus. Ce dernier entourait les épaules de la sorcière d'un bras protecteur. Une médicomage avait placé de la crème sur le ventre qui avait commencé à s'arrondir. Severus comprit : c'était le souvenir de l'échographie. Il alla se poster de l'autre coté de sa belle et regarda l'écran, la gorge nouée.

« Regardez, » fit la médicomage en posant son doigt sur l'écran. « Juste là. C'est un garçon. Mes félicitations. »

Il sourit. Des larmes de joies roulèrent le long de ses joues. Il regarda ensuite son amante qui souriait tout en caressant son ventre.

« Je t'aime, Nymph, » murmura-t-il avant de quitter la pensine.

xXxXxXx

Severus marchait dans les bois le plus silencieusement possible. Il guidait Harry avec son patronus pour qu'il vienne rechercher l'épée dans le lac. Il en avait besoin pour détruire les horcruxes. Il avait hâte que la guerre se termine, il en avait assez de souffrir physiquement et psychologiquement. Il en avait assez de s'inquiéter pour sa Nymph', pour son fils, pour Drago et pour Harry. Il en avait assez d'être l'esclave d'un fou. Il en avait assez d'être vu comme un traître aux yeux de tous. Même de ceux qui étaient ses plus proches amis parmi ses collègues. Minerva le regardait avec crainte d'être la prochaine. Les élèves s'écartaient sur son passage, effrayés. Il inspirait la peur plus que jamais. Et il commençait sérieusement à avoir horreur de son image.

Il observa le jeune gryffondor plongé, presque tout nu, dans l'eau du lac gelée.

'J'espère qu'il s'est appliqué un sortilège de réchauffement parce qu'elle doit être vraiment glaciale !'

Harry resta trop longtemps sous l'eau du point de vue du Serpentard. Il commençait à s'inquiéter. Il était prêt à intervenir quand le jeune Weasley apparut et plongea dans l'eau pour repêcher son ami et l'épée. Rassuré, il repartit pour Poudlard.

xXxXxXx

« Tonks ? » fit Remus alors qu'un étrange bruit d'eau qui tombe s'était fait entendre la pièce d'à coté. « Tonks, est-ce que ça va ? »

« Euh … Remus … Je crois que … Je crois que je viens de perdre les eaux. »

Le loup arriva dans le salon et vit la jeune sorcière fixer le sol à ses pieds. Une flaque d'eau s'y étendait. Complètement surpassé, il ne pensa qu'à faire une chose.

« Andromeda ! » appela-t-il en sortant rapidement de la pièce. « Andromeda ! Il arrive ! »

Tonks se pencha en avant sous la pointe de douleur qui lui transperça les entrailles. Le travail avait en effet commencé. Sa mère la rejoignit avec un regard rassurant et ils partirent tous les trois pour Sainte Mangouste.

Bon sang, que cela était douloureux ! Douze longues heures de travail avec des contactions de plus en plus proches et douloureuses. Elle en broyait littéralement les doigts de Remus entre ses mains quand elle poussait. Mais finalement, elle mit au monde un merveilleux petit garçon. Au moment où il sortit, elle se sentit mieux, toute la tension de son corps se relâcha un instant face à l'expulsion de ce petit corps. Le loup eut l'honneur de couper le cordon à la place du père de l'enfant et les médicomages partirent le nettoyer.

« Avez-vous trouvé un nom pour ce ravissant petit garçon ? » demanda la sage-femme qui le ramena auprès de sa mère.

« Non, » répondit tristement Tonks. « J'espérais que son père soit là pour pouvoir en choisir un ensemble. »

La médicomage comprit et lui serra le bras en signe de réconfort avant de la laisser pour s'occuper d'autres patients. Tonks serra son fils tout contre son sein. Elle l'observa. Il avait les cheveux noirs de son père et quand elle le vit ouvrir ses petits yeux, elle croisa les sombre onyx de Severus. Elle sourit.

« Remus, regarde, » dit-elle.

Le loup se pencha pour observer le poupon. « Oui, c'est le digne fils de son père, » sourit-il à son tour. « Il lui ressemble comme deux gouttes d'eau. »

xXxXxXx

Severus descendaient les marches du Grand Escalier de Poudlard. Il avait convié tous les élèves dans la Grande Salle en urgence. Il le sentait, c'était le début de la fin. Et il avait peur. Il avait enfoui dans les poches de sa robe quelques fioles d'antidote contre le poison de Nagini ainsi que des baumes de soin et des potions de régénération sanguine. Harry avait été vu à Pré-au-Lard. Ce n'était qu'une question de temps avant que la dernière bataille ne se joue.

Il entra dans le Réfectoire et se plaça entre les jumeaux Carrow. Les quatre maisons étaient en rang, debout, calmes. Tous les professeurs étaient là également. Il fit courir son regard sur l'assemblée. Il faisait encore sombre dehors et le peu de lumière diffusée dans la pièce rendait la situation encore plus angoissante. Il grimaça intérieurement, combattit la bile qui lui remontait et continua de jouer son rôle du parfait connard.

« Vous vous demandez sûrement pourquoi je vous ai convoqué à cette heure tardive … » commença-t-il lentement, de sa voix basse et menaçante. « J'ai eu connaissance que plus tôt dans la soirée …, Harry Potter a été vu à Pré-au-Lard. »

Les élèves murmurèrent entre eux quelques secondes avant qu'un silence de mort se réimpose de lui-même. Severus s'avança de quelques pas.

« Si l'un d'entre vous, élèves ou professeurs, vient en aide à Mr Potter, il se verra infliger une punition à la mesure de la gravité de sa transgression. D'autre part, toute personne ayant connaissance des agissements de Mr Potter et qui ne viendrait pas m'en informer maintenant se verrait être puni avec une égale sévérité. »

Severus avait vraiment envie de vomir alors qu'il s'apprêtait à dire les mots qui suivaient.

« Alors, s'il y a une personne dans cette salle qui sait quoi que ce soit sur les agissements de Mr Potter au cours de la soirée, j'invite cette personne à m'en informer … maintenant. »

Il y eut un silence encore plus pesant. Puis, des pas se firent entendre du côté des Gryffondors et Harry sortit de leurs rangs. Une expression de choc et de surprise se fit entendre dans la Grande Salle. Severus observa le garçon. Il s'attendait à voir de la haine, de la colère dans son regard. Là, il ne voyait que de la confiance. Il était déstabilisé par autant de calme et de confiance.

« Qu'est-ce que j'obtiens si je mélange de la racine d'asphodèle en poudre à une infusion d'armoise ? » demanda-t-il.

Bien qu'il gardait son masque froid, ses yeux s'allumèrent de cette étincelle de malice. Harry savait pour lui. Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent ensuite sur les membres de l'Ordre du Phénix. Il croisa le regard de sa Nymph' ainsi que celui du loup, et des autres. Aucune haine à son encontre. Le jeune Gryffondor s'avança contre lui et le menaça de sa baguette.

« Faites ce que vous avez à faire, Snape. Je ferai ce que j'ai à faire. »

Sa voix était ferme. Le serpentard sortit sa baguette, prêt à jouer le jeu mais Minerva s'interposa. Et dans ses yeux à elle, il y avait de la colère et de la haine. Et une détermination de Gryffondor. Il en fut peiné mais la comédie serait moins difficile à jouer car le duel serait réel. Il se garda d'attaquer le premier. Elle s'en chargea. Et férocement. Il para et recula. Il neutralisa au passage les jumeaux pour leur laisser le château de libre et avec un dernier regard pour son amour, il partit rejoindre son détesté Maître.

xXxXxXx

Severus disparut en brisant la grande baie vitrée sur son passage.

« Lâche ! » s'écria McGonagall.

Remus, Tonks et Harry s'approchèrent de la vieille sorcière.

« Mr Potter, j'espère que vous aviez une excellente raison de revenir, » dit cette dernière. « De quoi avez-vous besoin ? »

« De temps, professeur, » répondit Harry. « Le plus de temps possible. »

« Allez-y, Potter, faites ce que vous avez à faire. Je vais protéger le château. » La sorcière lui fit un fin sourire. « Potter. Je suis contente de vous voir. »

« Moi aussi, professeur, » sourit Harry avant de disparaître dans le couloir.

Remus et Tonks suivirent McGonagall dans la cour avec les autres membres de l'Ordre, après qu'elle ait envoyé toute la maison serpentard dans les cachots. Elle envoya au combat toutes les statues de Poudlard pour défendre l'école et ils élevèrent tous un puissant bouclier pour retarder Lord Voldemort et ses troupes. Une fois que ce fut fait, Remus se tourna vers son ancienne directrice de maison et ex-collègue.

« Minerva, » dit-il. « Vous avez été trop dure avec Severus. »

« Il a tué Dumbledore ! »

« Nous le savons tous, mais il l'a fait parce que Dumbledore le lui a demandé. Il était déjà mourant. Nous avons tous les souvenirs nécessaires pour le prouver. Nous avons juste gardé le silence jusqu'à présent pour garantir sa couverture. »

« Oh mais…, » s'horrifia McGonagall.

« Oui, Minerva. Il est avec nous et il a subi le fait d'être considéré comme un traître et ne pas pouvoir être présent pour sa famille et son fils. Il ne sait même pas à quoi il ressemble. »

« Il dit vrai, professeur, » intervint Tonks, l'air légèrement triste. Elle sortit quelques fioles. « Tenez, c'est tout ce que j'ai pu récupérer chez lui. C'est l'antidote contre le venin du familier de Voldemort. Nous en avons tous quelques fioles au cas où. Bonne chance. »

« Nous en aurons tous besoin, » fit pensivement Kingsley.

xXxXxXx

Severus était dans la Cabane Hurlante au côté du Seigneur des Ténèbres. Il gardait à l'œil l'immense serpent qui était lové dans la cage magique. Il dut reporter son attention sur le visage reptilien et les yeux carmin du Lord Noir.

« J'ai un problème, Severus, » déclara-t-il d'une voix douce.

« Maître ? »

« Pourquoi ne fonctionne-t-elle pas avec moi, Severus ? » demanda-t-il en montrant la baguette de sureau.

« M… Maître ? Je ne comprends pas. Vous … Vous avez accompli avec cette baguette de véritables prouesses magiques. »

Severus tremblait intérieurement de peur.

« Non. J'ai accompli ma magie habituelle. Je suis un très grand sorcier. Mais il semblerait que la baguette ... me résiste. »

Le ton qu'employait le Seigneur des Ténèbres était doux, calme, songeur. Trop pour que Severus sente le danger. Ce dernier garda le silence. Il fixait la baguette de sureau glisser entre les doigts blanchâtres de son Maître.

« Peut-être en connais-tu la raison ? » poursuivit le mage noir. « Après tout, tu es un homme intelligent, Severus. Tu as été un bon et fidèle serviteur et je regrette ce qui doit malheureusement arriver. »

« Maître… »

« La baguette de sureau ne peut m'obéir pleinement, Severus, parce que je ne suis pas son vrai maître. Elle appartient au sorcier qui a tué son ancien propriétaire. C'est toi qui as tué Albus Dumbledore et tant que tu vivras, la baguette de sureau ne pourra m'appartenir véritablement. »

« Maître ! » protesta Severus en levant sa propre baguette magique.

Il n'avait plus à l'esprit que survivre, retrouver Nymph' et rencontrer son fils dont il ignorait jusqu'au nom.

« Il ne peut en être autrement ! » répliqua Voldemort. « Je dois maîtriser cette baguette, Severus. Maîtriser la baguette pour maîtriser enfin Potter ! »

Le mage noir fit un geste vif de sa baguette et la cage de Nagini se déplaça dans les airs, vers Severus. Ce dernier ne put que pousser un cri quand il comprit ce qui lui arrivait et il se retrouva la tête dans la bulle magique, et ce jusqu'aux épaules. Le Seigneur des Ténèbres siffla et le serpent attaqua. La morsure fut atroce, le venin brûlant alors qu'il circulait dans ses veines à une vitesse folle. Il poussa un hurlement de douleur et son corps fut pris de convulsion. Il fut ensuite libéré de la cage et il s'écroula sur le sol. Il entendit vaguement les faux regrets de son Maître avant qu'il ne sorte, le laissant pour mort.

Severus voyait trouble, ses mains tremblaient. Il vit vaguement son sang s'écouler sur le sol en une immense flaque alors qu'il cherchait les potions dont il avait besoin dans sa poche. Il trouva finalement les flacons pour ne pouvoir émettre qu'une plainte désespérée en se rendant compte qu'ils avaient été brisés quand il s'était écroulé. Il pleura de douleur, physique mais aussi pour son maux de cœur. Il pleurait sa Nymph' qu'il ne reverrait plus et ne pourrait plus embrasser, serrer contre lui, pleurait pour ce fils qu'il ne connaissait pas et qui ne connaîtrait jamais son père, et il pleurait pour Harry car il n'aurait jamais plus la chance de pouvoir s'excuser d'avoir été un parfait bâtard avec lui.

Il se laissa aller peu à peu vers l'inconscience. Un mouvement attira toutefois son regard et il le vit approcher et appliquer une main sûre sur sa plaie béante.

« Doucement, Severus, » dit Harry avec un léger sourire. « On va vous sortir de là. Hermione, les potions, vite. »

Le serpentard fixait ses yeux émeraude. Ceux de Lily. Et il trouva la force de parler, de dire quelques mots avant de sombrer.

« Je suis désolé, Harry, » murmura-t-il dans une voix rauque. « Veille sur ma famille pour moi. »

« Vous veillerez vous-même sur Tonks et votre fils, Severus. Je vous le promets. » Le gryffondor avait glissé sa main dans celle de Severus et la serrait. « Vous allez vous en sortir. »

Severus sombra dans l'inconscience sans pouvoir trouver la force de dire à Harry que c'était impossible.

xXxXxXx

Tonks attendait patiemment que Severus se réveille tout en berçant son petit trésor âgé maintenant d'un peu près deux mois. Elle ne lui avait pas encore donné de nom. Et elle avait eu raison d'attendre. Ils étaient enfin réunis. Elle avait embrassé Harry, Ron et Hermione de lui avoir ramené son amant. Et plus jamais elle ne le lâcherait. Elle espérait même qu'il la demande en mariage.

« Comment va-t-il ? » demanda Harry en arrivant au chevet de Severus.

« Il va bien mieux, » sourit Tonks. « Sa respiration est déjà beaucoup plus profonde et aisée. Tu lui as sauvé la vie, Harry. Tu nous as tous sauvé. Merci de tout cœur. »

« Il m'a demandé de veiller sur vous deux. »

« Tout comme il l'avait demandé à Remus, il y a un an. »

« Oui, c'est ce que j'ai cru comprendre. Je n'ai pas eu l'occasion de te féliciter pour l'heureuse événement. Mes félicitations, Tonks. »

« Merci, Harry, » sourit la métamorphomage.

« Envoie-moi un hibou quand il reprendra conscience, s'il te plait. »

« Bien sûr. »

Le Sauveur du monde magique sortit. Tonks étouffa un bâillement. Cela faisait des heures qu'elle veillait Severus. Elle était épuisée. Elle attendit que Remus ne revienne pour aller se reposer dans le lit d'à côté. Le loup cala le petit bout dans le creux de son bras. Son deuxième louveteau. Peut-être pas de son sang, mais son côté bestial l'avait adopté, au même titre qu'Harry. Ils faisaient tous les deux parties de sa meute. Il sourit tendit qu'il berçait le bébé dans ses bras et lui chantait une berceuse que sa propre mère lui chantait quand il était enfant.

xXxXxXx

Severus se réveilla lentement et papillonna des yeux pour reconnaître son environnement. Il reconnut l'infirmerie de Poudlard. Un élancement horrible le prit au niveau de la gorge et il gémit de douleur. Un mouvement sur le coté le fit se tendre.

« Du calme, Severus, » fit la voix de Remus alors que le loup entrait dans son champ de vision. « C'est fini. La guerre est finie, vieux serpent. » Il s'éloigna pour revenir quelques secondes plus tard. « Laisse-moi t'aider à te redresser. »

Le serpentard lança un regard noir pour la forme, faisant sourire le gryffondor alors qu'il le déplaçait le plus délicatement possible. Il ne put toutefois le faire sans douleur.

« Désolé, » fit Remus avec un air coupable.

Un petit gazouillis attira l'attention des deux sorciers et l'œil de Severus s'écarquilla en voyant deux petites mains s'élever au-dessus d'un oreiller avant de disparaître. Le loup ayant vu le regard, sourit et alla chercher le petit garçon.

« Et hop, là, » fit-il en le prenant doucement dans ses bras, un immense sourire sur le visage. « Tu veux voir papa ? Tu veux voir ton papa ? Allez, on va dire bonjour à ton papa. »

Remus revint avec un petit être aux cheveux noirs et aux yeux onyx.

« Severus, » dit-il avec un sourire. « Je te présente ton fils. »

Des larmes de joies roulèrent les joues du serpentard alors qu'il levait faiblement un bras. Le loup le cala doucement dans ses bras et, une fois assuré que Severus le tenait bien, il s'installa sur la chaise. Le père écarta une petite mèche couleur corbeau du visage angélique de son fils et sourit.

« Comment s'appelle-t-il ? » croassa-t-il en ne le quittant pas des yeux.

« Tonks a préféré t'attendre pour que vous puissiez en choisir un parfait ensemble. » Severus sourit. « Il te ressemble beaucoup. Un Snape miniature. »

Les deux rirent doucement, et le serpentard siffla de douleur tout de suite après alors que la plaie à son cou l'élançait.

« Je vais chercher Poppy pour voir si elle peut te donner quelque chose, » fit Remus en se levant.

« Attends… Où est Tonks ? »

« Elle dort juste là, » répondit le loup. « Cela fait plusieurs jours que l'on veille sur toi à tour de rôle. La bataille est finie depuis onze jours maintenant. »

« J'ai été inconscient aussi longtemps, » s'étonna le serpentard.

« Oui. Tu as subi un épuisement magique intense. Comme bon nombre d'autres mangemorts. Regarde ton bras. »

Remus avait repris pour quelques secondes le bambin pour que Severus puisse observer la peau pâle et vierge de son bras gauche. C'était fini, il était libre. Totalement libre. Le Seigneur des Ténèbres …. Voldemort … n'était plus qu'un mauvais souvenir. Un sourire éclatant apparut sur son visage alors que d'autres larmes de joies s'écoulaient de ses yeux onyx. Il reprit son fils dans ses bras et l'observa avec bonheur. Son fils.

xXxXxXx

Severus tenait son fils dans ses bras. Ils avaient finalement décidés de l'appeler Nicolas, comme le célèbre alchimiste Flamel. Le serpentard marchait vers le lac noir. Harry y était et observait la tombe de Dumbledore. Il avait quelque chose d'important à lui demander.

« Harry, » dit-il en arrivant. « Bonjour. »

« Bonjour, Severus, » sourit le Sauveur. Le garçon se rapprocha de lui, les yeux rieurs tournés vers le bambin dans les bras du serpentard. « Bonjour, à toi aussi, Nicolas. »

« Comment vas-tu, Harry ? »

« Ca va, » soupira le jeune homme. « Pas facile de vivre avec la mort d'un homme sur la conscience, même un être aussi abject que Lui. »

« Je te comprends. Bien que j'ai été heureux de soulager les souffrances d'Albus, je n'ai pas aimé le principe de le tuer de cette manière. J'aurais préféré le faire plus doucement, qu'il parte le cœur en paix. Et non pas inquiet et malheureux pour toi. »

Ils restèrent silencieux un moment à observer la tombe blanche du grand homme qu'ils avaient apprécié et respecté. Ils avaient la gorge nouée par l'émotion. Severus se reprit plus rapidement toutefois, la force de l'habitude sans doute.

« Harry, j'aurais quelque chose à te demander, » commença-t-il. Le regard émeraude du garçon se posa sur lui, lui rappelant la manière dont Lily le regardait quand il attisait sa curiosité. « Avec Nymph, on a beaucoup discuté et on se demandait si … si tu accepterais de devenir le parrain de Nicolas. »

« J'en serai très honoré, Severus. De toute façon, je comptai le garder à l'œil, il est un membre de ma famille après tout. J'ai du sang Black dans les veines aussi. »

« Quand as-tu compris ? » demanda ensuite le serpentard. Voyant son incompréhension, il ajouta. « L'asphodèle et l'armoise. »

« Oh. Par pur hasard, en fait. Je m'ennuyais lors d'un de mes tours de garde et j'ai pris un bouquin de cours. C'est tombé sur le livre d'herbologie. Et n'ayant rien d'intéressant à faire, je l'ai lu distraitement. Et l'asphodèle m'a rappelé notre premier échange. J'ai eu un doute en voyant l'explication et je suis allé voir pour l'armoise aussi. Vous aimiez ma mère n'est-ce pas ? »

« Lily a été pendant longtemps ma seule et unique amie, » répondit le Serpentard avec un sentiment de tristesse sourde enrobant son cœur. « Et je l'ai aimée pendant longtemps. Même après sa mort, mon amour pour elle n'a jamais failli. C'est pour ça que je t'ai toujours protégé. Pour elle. En sa mémoire … »

Harry s'approcha de lui et posa sa main sur son bras et le serra en signe de réconfort, de compréhension et de gratitude.

« Je ne vous remercierai jamais assez, Severus. »

« Comme moi je ne te remercierai jamais assez pour ça. »

Il montra son bras gauche. Ils restèrent encore un moment là, dans un silence paisible.

« Que compte-tu faire maintenant ? » demanda Severus.

« Terminer mes études, retenter ma chance avec Ginny sans les horreurs et les tensions de la guerre et pour le reste, je ne sais pas. J'y réfléchirai durant l'année. Déjà me concentrer sur les potions, ça c'est sûr. »

« Je t'y aiderai, » sourit le Serpentard.

« Ne le prenez pas mal, Severus. Mais on ne peut pas dire que j'ai beaucoup appris de votre enseignement si on exclut le livre du Prince de Sang-Mêlé. »

« Oui et je m'en excuse. J'avais un rôle à tenir et le fait qu'en plus tu ressembles vraiment à ton père n'arrangeait pas les choses. Tout au contraire. Je tâcherai d'être plus souple et impartial à l'avenir. »

« Vous restez à Poudlard ? »

« Oui. J'ai donné à Minerva la direction de l'école. C'est elle qui a le plus d'ancienneté avec Horace. Et elle était déjà la directrice adjointe. Je préfère de loin enseigner. Et comme Horace retourne à la retraite, je reprends le cours de Potions et Remus celui de DCFM. »

Harry sourit. « C'est bon d'entendre que vous avez pu mettre de coté vos différents. »

« Cela n'a pas été facile, crois-moi. »

« Je m'en doute. »

Ils soupirèrent d'aise et restèrent ensemble à discuter tout en marchant autour du lac.

Oui tout était fini. Ils pouvaient tous commencer à vivre.

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FIN

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Voilà la fin de cette petite histoire. J'espère qu'elle vous aura plu. N'hésitez pas à laisser un commentaire, cela fait toujours plaisir.

A bientôt pour d'autres histoires et aventures.

Memepotter952504