Coucou tout le monde ! Voici, comme promis, le dernier chapitre de cette... longue histoire pas si longue que ça. (Eh oui, j'ai survécu à mes examens ! xD)

Voici donc un chapitre un peu plus court que les deux autres, sans flash-back, qui sert plus de résolution et de conclusion que d'autre chose. J'ai essayé d'écrire une scène qui se rapproche plus ou moins d'un lime mais je ne suis pas sûre d'avoir réussi... bref, vous verrez bien. En tout cas, j'espère que ce chapitre vous plaira ! Bonne lecture :)

J'en profite pour répondre à Blondie : Tout d'abord, merci beaucoup pour ta review ! ça me touche beaucoup, ce que tu dis ;w; Déjà, rien que de me dire que ma fic est l'une de celles que tu as préféré lire, c'est... je suis émue TwT Et si en plus tu n'aimes pas trop les longs chapitres ni la deuxième personne d'ordinaire, eh bien... je suis d'autant plus contente d'avoir réussi à te les faire apprécier le temps de cette histoire ! :3 Franchement, merci pour tous tes compliments. x3 J'espère que ce dernier chapitre te plaira autant que les précédents ! :3


Le sort en est jeté

Troisième partie

Ce matin, en partant, t'étais mal à l'aise.
Pendant de longues minutes, ou de longues heures, tu sais pas vraiment, vous n'avez pas parlé, Nijimura et toi : vous vous êtes tus, et vous avez roulé. Chacun plongé dans ses pensées. Et tu ne savais pas à quoi réfléchissait Niji, mais toi, c'étaient les événements de la veille et Akashi et ce que tu venais de faire que t'avais en tête.

Jusqu'à ce que soit passée la première heure de voyage (ou de fuite), en fait, t'as ressassé tout ça, sans parvenir à aucune conclusion.
Après ça, ça t'a fait chier et t'as décidé de laisser tomber. Tu savais ni ce que t'allait devenir, ni ce que Nijimura allait te faire, ni même où il allait t'emmener et encore moins pourquoi il faisait tout ça ; tu savais pas ce qu'il adviendrait de votre relation non plus, à Niji et toi. Mais t'as jamais été un homme de réflexion, et les idées philosophiques, les grandes interrogations, toutes ces conneries, c'est pas ton truc : alors, t'as décidé de laisser tomber.

Qui vivra verra, advienne que pourra, et tout ce bordel. Alea jacta est – le sort en est jeté.

C'est alors que tes yeux se sont mis à glisser sur Nijimura, à parcourir ses mains, ses doigts longs et fins contre le volant, ses muscles qu'on voit bien trop sous son t-shirt étroit. T'as commencé à te sentir mal à l'aise, mais pas pire qu'avant, plutôt... différemment-
Et maintenant, y'a une espèce d'adrénaline qui court partout dans tes veines.

Maintenant, vous avez mangé, Niji et toi, et le malaise de ce matin, cette espèce de peur de l'inconnu ou de regret par rapport à ce que t'as fait ou tu sais pas trop quoi exactement, a presque complètement disparu – ça s'est vachement atténué, du moins.
A la place, c'est un nouveau feu qui te consume, et plus t'y penses, plus tu te dis que les baisers passionnés sur le parking de l'aire d'autoroute n'ont rien arrangé.

Tu sais pas combien de temps vous avez passé sur l'aire de repos, en début d'après-midi, ni depuis combien de temps vous vous êtes remis à rouler, mais t'as l'impression que ça fait longtemps et même pas une heure en même temps. Si tu penches un peu la tête et regardes le tableau de bord, par delà ses mains, derrière le volant, tu peux voir que le niveau d'essence a vachement baissé depuis ce matin et tu demandes combien de temps vous pourrez encore rouler.
Combien de temps ça va encore durer.

Tu lui poses pas la question, mais tu te dis que peut-être il a prévu de foncer tout droit jusqu'à ce que le compteur soit à zéro, jusqu'à ce que la panne sèche vous force à vous arrêter, et à ce moment-là vous serez peut-être à Hiroshima – ou peut-être pas, en fait. Tu regardes par la fenêtre et tu n'arrives pas à lire ce qui est écrit sur les panneaux parce que tout défile trop vite. Ça fait loin, Hiroshima. Vachement loin de chez toi, de chez vous, de l'hôpital où se trouve ta mère et de la taule où ils ont dû emmener ton frère ; ça fait loin d'Akashi, aussi, probablement, et ça fait loin de tout ce bordel, comme disait Niji.
À quelque chose comme quatre ou cinq heures de l'après-midi, tu crois que tu commences à comprendre ce qu'il entendait par là.

D'un coté, tu penses à quand la nuit tombera et tu te demandes ce qui se passera, à ce moment-là ; d'un côté, tu penses à quand vous reviendrez et t'oses pas imaginer quelles emmerdes vous aurez, à ce moment-là. Tu songes que les gens vont peut-être vous chercher, que le patron va s'fâcher et gueuler sur Kise et répéter il fout quoi ?!, que ton frère va raconter mais non, j'sais pas où il est et sans doute qu'on le croira pas, même si c'est vrai-
Et d'un autre côté tu juges tout ça et tu conclus que c'est pas si mal, peut-être, en fait. L'idée de Kise qui se fait hurler dessus à ta place, celle de ton frère qu'on interroge jusqu'à l'autre bout de la nuit parce qu'il est pas foutu d'expliquer aux flics où est son cadet, mineur et sous sa responsabilité, tout ça te plaît et tu sens la pression en toi s'amoindrir, petit à petit.

Bien sûr, si vous vous faites choper, vous êtes morts, Niji et toi. Parce qu'il a sans doute lâché son boulot pour t'embarquer comme ça, parce que t'as séché le tien pour te laisser entraîner, parce que légalement tu crois bien qu'il aurait pas le droit de faire un truc pareil – mais t'es le genre de mec qu'a toujours adoré flirter avec le danger, et encore une fois, t'aimes ça.

Contrairement à ce que tu croyais, quand le voyant à côté de la jauge de carburant de la bagnole commence à clignoter en orange, Nijimura ne s'arrête pas, ne soupire pas, et ne décide pas que c'en est assez, ne met pas fin à cette épopée ; il regarde l'icône et sa jauge, simplement, avec dédain, et il se glisse dans la première station-service au bord de la route et il te dit va te dégourdir les jambes, ça t'fera du bien.
Toi, t'obéis pas tout de suite : tu le regardes sortir de la voiture, avec son t-shirt noir contre ses abdominaux et son bermuda et son corps trop bien foutu, puis tu te rappelles cette nuit et ce matin, quand tu l'avais à poils et contre toi, et tu peux pas t'empêcher de penser que peut-être, ça te manque un peu.

La chaleur de son corps et l'étreinte de ses bras – mais pas les engueulades, pas les photos de son ex partout dans la baraque, pas le verre brisé sur le parquet propre, et pas ses doigts serrés contre ton poignet.
Tu te demandes si ça va mieux, depuis, et t'es obligé d'avouer que tu sais pas trop ; et en même temps, tu sais pas non plus si ça vaut vraiment la peine de se prendre la tête pour tout ça. Peut-être que faudrait faire comme Niji a l'air de vouloir faire, s'embarquer dans la voiture et foncer sur l'autoroute à perte de vue, jusqu'à ce que les éléments vous arrêtent, jusqu'à ce que la nuit ou la faim ou la mort, simplement, vous choppe au vol et vous libère de tout le reste-
Peut-être que faudrait tout oublier, laisser tomber tout ce qu'il s'est passé ; faire une croix sur ta mère, sur ton frère, sur son ex, ne plus jamais en parler et recommencer une nouvelle vie depuis le début, dans un coin où vous connaissez personne, sans papiers et avec une nouvelle identité créée de toutes pièces.

T'imagines bien le truc, ouais : une nouvelle vie où il serait ton mec et tu serais le sien, quelque part dans un village paumé où n'habitent que des vieux, et vous passeriez vos journées à les emmerder – ce serait marrant.

Tu sursautes quand Niji frappe contre la fenêtre, pour te faire comprendre qu'il a fini de faire le plein. Tu t'es pas dégourdi les jambes, finalement ; alors, tu décides de te lever, enfin, et tu sors de la voiture. Il ferme la caisse, tu poses une main sur son bras et il t'embrasse comme si c'était normal, mais tu dis rien, tu fais rien, cette fois. Vous allez payer l'essence, il achète quelques gâteaux et sucreries au passage, et quelques minutes plus tard vous êtes à nouveau dans sa bagnole, vous roulez à nouveau, et vous vous en allez, vous partez à nouveau.

Loin.

« Haizaki, qu'il ne tarde pas à lancer, et tu réalises que t'adores la façon dont ton nom claque contre ses lèvres. Comment tu t'sens ? »

La question te surprend un peu.
Tu te vois pas trop lui dire que t'hésites entre te prendre la tête sur toutes les emmerdes que vous fuyez et décider de tout virer de ta mémoire, en fait.

« J'sais pas, tu réponds alors franchement. Et toi ?
– Mieux que ce matin. »

Tu supposes que ça vaut pour toi aussi, alors tu hoches la tête.
Après ça, il rétorque plus rien et cette ébauche de conversation se perd dans les airs ; et il fait toujours chaud, et t'es toujours mal à l'aise, et t'es pas vraiment plus avancé, mais au moins, tu sais à peu près comment tu vas – mieux que ce matin.

Vous roulez encore pendant des heures et tu ressasses les événements, en boucle, inlassablement.
Ta mère, ton frère, Akashi, ce matin, l'impression d'être trahi, puis les baisers sur l'aire d'autoroute, la sensation de liberté, l'impression de fuir, l'ultime question – quand allez-vous vous arrêter ? Allez-vous seulement vous arrêter ? Et ensuite, et après ?
T'es pas sûr que tu pourras continuer comme ça encore longtemps et t'es pas sûr que tu supporterais que la voiture se stoppe, simplement.

Que vous rentriez ou pas, c'est pareil : à un moment, faudra bien s'arrêter, faudra bien faire un choix. Faudra bien dire c'est bon, on est allés assez loin et avouer que vous avez atteint les limites de la fuite et du on se barre. Et à ce moment-là, faudra savoir : ta mère, elle va devenir quoi ? Et ton frère ? Et toi ? T'es qui pour Nijimura ? Et lui, il va faire quoi ?
C'est un vrai cul-de-sac et t'en as marre de réfléchir, alors tu tournes la tête.

Dehors, y'a le soleil qui décline gentiment. Comme si de rien n'était. Lentement, il entame sa descente, colore tout le ciel et le haut des bâtiments en orange, et il est en train de mettre fin à cette journée comme s'il terminait n'importe quel autre jour de l'année – et sur le coup, t'as peur que la fin du jour signifie la fin de vous, mais-
Dedans, face à toi maintenant, y'a Nijimura, et rien que de le voir, ça te calme. Tu sais pas pourquoi. Il a les mains toujours bien fixes sur le volant, les doigts presque trop serrés contre le cuir de l'objet, les avant-bras nus et visibles, le t-shirt noir qui lui colle à la peau. De la sueur à la base de la nuque, les cheveux décoiffés, un peu. Une mèche qui colle à son front, une autre contre sa tempe. L'air renfrogné, mais en même temps, sérieux et concentré. Les yeux gris rivés sur la route, devant lui – et toi, là, juste comme ça, tu te mets à le fixer.

L'idée que ce mec ait pu sortir avec l'autre connard et garder autant de photos de lui même alors qu'il te côtoyait toi te donne envie de gerber.
(En vrai, l'idée que ce mec ait pu aimer un autre homme que toi au point de toujours y penser après pareille rupture te donne envie de crever.)

Tu le diras jamais à voix haute, mais sur le coup, t'as envie que Nijimura tourne la tête et qu'il te regarde, avec ses beaux gris.
(Tu le diras jamais à voix haute, mais sur le coup, t'as envie que Nijimura oublie cet enfoiré d'Akashi et ne regarde plus que toi, et t'es prêt à oublier ton frère et ta mère et même ton boulot pour lui.)

« Hé, Niji... »

Tu finis par ouvrir la bouche et gémir plus que prononcer son nom, mais le reste de la phrase se meurt au bord de tes lèvres.
Tu sais ce qui va pas, tu t'es dit – et ce qui va pas, justement, c'est ça. Tout ça. Akashi. Sa tronche que t'arrives pas à te sortir de la tête. La manière dont Nijimura t'a regardé quand t'as jeté toutes ses photos par terre et la façon dont il t'a menti, dont il a essayé de te faire croire qu'il pensait plus à lui.
(T'es jaloux à en mourir et c'est le pire truc que t'aies jamais ressenti.)

« Quoi ?
– T'y penses toujours ? »

Enfin, il tourne la tête et pose les yeux sur toi. Il a l'air agacé.

« A quoi ? »

Tu ricanes, l'air mauvais. Tu sais très bien que la réponse est oui, de toute façon.

« Au mec que t'aimes, débile. Akashi, là. »

L'espace d'un instant, Niji a l'air surpris – puis il fronce les sourcils et te balance une claque à l'arrière de la tête et bordel, ça faisait longtemps que t'y avais plus eu droit, à ça.

« C'est toi l'débile, Haizaki, qu'il te lance alors avec un long soupir. Oui, j'y pense encore, mais j'aimerais l'oublier, tu vois, et sinon... Tu crois vraiment que si je l'aimais encore, j'aurais couché avec toi ? »

Sa réponse te fait écarquiller les yeux en grand mais il te laisse pas le temps de réfléchir-

« Ça fait depuis ce matin que j'veux te le demander, continue-t-il, mais t'as vraiment une si mauvaise estime de moi ? Sérieux, tu me prends pour le dernier des enfoirés, ou bien ? Écoute, j'sais bien que j'ai fait une connerie, et que j'aurais pas dû garder autant de trucs, et que j'aurais dû oublier Akashi de toute façon, mais... »

Pause.
T'es pendu à ses lèvres, parce que tu comprends rien et tu respires plus.

« Tu crois vraiment que j't'aime pas ? Il crache alors, d'un ton agacé, mais si tu regardais bien tu pourrais voir qu'il est un peu embarrassé. Tu crois que j't'ai embarqué avec moi juste comme ça, sans raison, juste parce que t'étais là ? »

Il inspire un grand coup, comme pour se calmer.

« 'tain... Je sais pas comment l'dire, Haizaki. J'ai pas envie que tu meures, j'ai pas envie d'voir ton cadavre, jamais d'ma vie ! Et quand j't'ai vu hier, enfin... regarde-toi, merde, t'as encore l'œil super enflé ! »

Tu sens dans sa voix, un peu tremblante, qu'il est plus très sûr de lui, qu'il cherche ses mots sans les trouver.

« En fait, tu vois... C'est compliqué. J'ai... envie de te protéger. En quelque sorte. Vas-y, tu peux t'foutre de ma gueule, mais... »

Et c'est vrai qu'en temps normal tu te serais foutu de sa gueule, ou tu te serais fâché, ou même les deux, mais là y'a plus aucun son qui veut sortir de ta bouche et t'as ton cœur dans ta poitrine qui pique un sprint et tu te prends à prier pour que la bagnole s'enfonce purement et simplement dans un arbre ou un truc du genre parce que-
T'en peux plus.

Tu sais pas si ce qu'il dit te fait plaisir ou pas, t'hésites entre lui sauter dessus et le tuer, l'étrangler, l'enlacer ou l'embrasser, et t'en peux plus.

« J'sais plus où j'en suis..., qu'il finit par murmurer, et son ton sonne comme le désespoir. Haizaki... nan, Shougo. J't'aime, je crois. »

Ça te frappe tellement fort en pleine gueule que t'en oublies de respirer et que tu t'étouffes tout seul, bêtement.

« Ouais... vas-y, tu peux t'marrer, qu'il balance alors. Je m'y attendais, de toute façon. »

Et t'as pas le temps de réfléchir, t'as pas le temps de lui dire qu'il a raison ou qu'il est complètement à côté que déjà-

« Mais t'es qu'un connard, tu sais, ça ? Quand tu t'es fâché pour Akashi c'matin, et quand tu m'as dit que tu voulais pas être qu'une histoire d'un soir, j'ai cru que... Enfin. Tu m'as donné de faux espoirs, enfoiré. »

Ses derniers mots, il les a plus grognés entre ses dents serrées que vraiment prononcés, et t'as l'impression qu'il a un peu parlé que pour lui, comme si c'étaient des choses qu'il avait pas tellement envie de te dire – comme si rien qu'y penser le faisait déjà souffrir, aussi.
Et toi, à côté, tu n'oses plus le regarder et tu sais pas quoi répondre. C'est le bordel, tu penses. Ta tête. Tes pensées. Lui aussi. Et toi – vous en général, c'est le bordel.

Il t'aime, qu'il vient de t'avouer, comme ça, avec un peu de gêne et un peu de colère, comme si ça le faisait chier et comme si, toi aussi, ça allait forcément t'emmerder ; mais, sur le coup, tu sais pas. T'as envie de fermer les yeux, de te jeter par la fenêtre, de prendre sa main, de te blottir entre ses bras et de lui gueuler dessus tout à la fois.
Alors, tu restes sans voix et tu dis rien.
Tu croises les bras sur la boîte à gants fermée devant toi et tu enfouis ton front contre tes poignets, puis tu fermes les yeux et tu pries pour que le temps qui passe ou les kilomètres que la bagnole avale t'emmènent vite loin de tout ce bordel, loin de tout ça-
Loin.

Mais loin, c'est l'endroit que vous visez, Nijimura et toi ; et maintenant que t'y réfléchis, maintenant qu'il t'a dit j't'aime et qu'il voulait oublier Akashi, tu songes que peut-être, peut-être vous êtes faits pour y aller ensemble et y arriver ensemble.
Peut-être qu'effectivement, faut que tu laisses tout tomber pour ses beaux yeux gris, et faut qu'il oublie son rouquin débile pour n'être plus que tien. Ou peut-être qu'il faut que tu lui confies ta vie, et que tu rentres mais qu'à partir de là t'aies plus rien à faire avec ton frère, et peut-être qu'en échange il faut qu'il s'offre à toi, et que tu l'empêches à tout jamais de revoir son ex, d'y repenser seulement.
Peut-être qu'il faut que vous restiez ensemble, en tout cas, et parce qu'il t'aime, et parce que tout chez lui te manque plus que jamais, peut-être qu'il faut que vous vous contentiez de ça. Que vous arrêtiez de vous prendre la tête et que vous décidiez, une bonne fois pour toutes : vous savez pas trop où vous allez, encore moins ce que vous y ferez quand vous y serez, mais quoiqu'il arrive, vous serez ensemble.

C'est tellement niais et ça crée tellement de sensations bizarres partout dans ton corps que t'as envie d'en gerber des arcs-en-ciel.

« Niji, tu finis par dire, toujours blotti contre tes avant-bras. Hé, Nijimura... »

Tu le regardes pas mais t'imagines bien qu'il tourne la tête vers toi.

« Quoi ?
– J'te déteste pas. »

Tu sais pas pourquoi t'as dit ça, en vrai. T'avais juste besoin de le dire – t'avais besoin qu'il le sache et t'avais besoin de le sentir, toi aussi.
Et puis, sans pouvoir t'en empêcher, tu repenses à cette nuit, à tout ce qu'il t'a fait ; à tout ce que t'as ressenti, à la chaleur de son corps contre le tien, à la manière dont tu t'es senti aimé, adoré, chéri, plus que tu ne l'étais – plus que tu ne croyais l'être, en fait.
Ça te fait bizarre : cette nuit, tu t'es senti plus aimé que jamais, et sans y penser tu t'es persuadé tout seul que c'était une illusion, que tu l'étais pas, que tu le serais jamais – et puis là, Niji te dit j't'aime et tout à coup tu réalises que t'y crois. Tu sais pas pourquoi ; mais soudain, à son attachement, à toute l'affection qu'il t'a montrée, à son amour, t'y crois.
(Et ça te fait tellement bizarre que t'oses pas te demander si tu ressens la même chose ou pas.)

« Ça veut dire quoi, ça ? Il s'étonne. Tu sais, Haizaki, c'est pas parce que je-
– Nan, mais t'as pas compris ! »

Tu sens que tu t'énerves et tu sais que tu devrais pas ; tout comme tu sais que t'as tort, tu sens que toi-même tu comprends pas, et pourtant... c'est des mots qui sortent de ta bouche tout seuls quand t'essaies de transmettre tout ce qu'il se passe à l'intérieur de toi.
Son corps, ses yeux, sa voix qui te fait frissonner à chaque fois, l'envie que t'as d'être à nouveau contre lui, dans ses bras, le besoin que tu ressens de partir et de t'en aller loin, loin de tout ce bordel, comme il dit, et j't'aime et tout ça.

Finalement, tu dis rien, tu te reprends pas, et tu sursautes quand il pose sa main dans ton dos.
Il plaque sa paume contre ta colonne vertébrale et il remonte doucement, avec de petits mouvements rapides et agréables, puis il arrive à tes omoplates et déjà tu te sens mille fois mieux ; il va plus haut encore, il s'arrête pas, glisse les doigts dans tes cheveux, et à nouveau t'as cette sensation bizarre qui fait que t'es mal assis sur ton siège pourtant confortable, et enfin tu rouvres les yeux et tu le cherches du regard, inconsciemment, tu le trouves, il est là, te sourit presque, il est magnifique comme jamais et-

Tu le chasses et tu te redresses d'un seul coup et tu brûles, cette fois, surtout tes joues.

« En fait je..., t'essaies, tu bredouilles, ça t'énerve. J'te déteste pas dans le sens où... »

(Ton foutu cœur va plus vite que cette foutue bagnole et c'est insupportable.)

« Dans l'sens où... »

Tu réfléchis ; t'as envie.
T'as envie d'être avec lui et de l'observer et de sentir tes yeux décrire les courbes de ses muscles, à ses bras, à son torse.
T'as envie qu'il te regarde, qu'il oublie jusqu'à l'existence d'Akashi et qu'il plonge toute son attention rien que pour toi au fond de ses yeux gris.
T'as envie qu'il te prenne dans ses bras, aussi, juste comme hier soir, et qu'il t'enlace doucement et qu'il t'embrasse et te donne à nouveau l'impression d'être plus aimé que tu ne l'es vraiment – sauf que cette fois ce serait pas un mensonge, ni une illusion, t'en serais bien conscient et-

« Bordel... J'ai envie d'toi, moi... »

(T'as envie de mourir sur place, et ton visage crame tellement que tu te demandes même si t'es pas en pleine désintégration.)

Nijimura, lui, il répond pas.
Tu ne remarques pas que ses doigts se crispent un peu sur le volant et que ses lèvres se ferment un peu, se serrent un peu ; tu ne remarques pas que ses jambes s'immobilisent, non plus, et qu'il doit changer de position sur son siège, et qu'il ne regarde plus la route aussi bien qu'avant. Tu ne remarques pas ses yeux qui voyagent sur le côté, régulièrement, et tu ne remarques pas le soulagement qui les éclaire lorsqu'enfin, enfin, ils y découvrent une aire d'autoroute-
Tout ce que tu remarques, c'est que vous ne parlez plus, que t'es complètement perdu, et que la nuit est en train de tomber.

Alors, tu fermes les yeux en espérant mourir et quand tu les rouvres, tout le paysage a changé.
Soudain, vous n'êtes plus sur l'autoroute à perte de vue, en train de rouler vers vous-savez-pas-trop-où mais loin, mais vous vous trouvez sur une aire de repos, dans un parking qui pourrait paraître abandonné s'il n'y avait pas ces deux voitures garées plus loin – tellement loin de vous.
Et puis Nijimura s'arrête n'importe comment et il détache sa ceinture, comme ça, sans prévenir ; à sa gauche, il appuie sur un bouton, ça verrouille toutes les portières, et à nouveau-
Ses yeux gris ont un regard de braise, et t'as l'impression qu'il voudrait te foutre le feu, et cette fois tu vas brûler, c'est sûr, c'est décidé.

Tu te détaches, toi aussi, comme mû par la force de sa volonté, et il tend le bras et il t'attrape par le col – il t'attire contre lui, ensuite, t'as à peine le temps d'inspirer un peu d'air que déjà il a plaqué ses lèvres contre les tiennes, et il t'embrasse brusquement, brutalement, passionnément. C'est plus rapide et mille fois plus violent que vos échanges langoureux du début d'après-midi, et quand enfin il te lâche, t'as tellement plus d'air dans tes poumons que ta poitrine te fait mal et ton souffle est coupé, effréné, saccadé.

Ce qu'il se passe après dépend plus trop de toi, tu crois.
En deux minutes chrono, vous vous retrouvez sur la banquette arrière et toutes tes fringues ont disparu ; les siennes aussi, d'ailleurs, en partie. Il t'attire contre lui, tu le laisses faire, t'en meurs d'envie, et d'un seul coup ses mains sont sur ton cul, contre ton torse, le long de ton désir bouillant et partout où t'aimerais qu'elles soient ; d'un seul coup il te touche, te caresse, joue de ta peau et de ton corps la plus belle des mélodies, et il fait tout ce que tu voudrais qu'il fasse, à l'instant même où t'aimerais qu'il le fasse.
Il soupire dans ton cou, il gémit contre ta clavicule, il supplie au niveau de ton cœur et il embrasse tout ce qu'il peut atteindre, il goûte la peau dans ta gorge, il cherche du bout des lèvres le lobe de ton oreille, il mordille et laisse des marques à tes épaules.
Tu t'accroches à son dos, tu te perds dans ses cheveux, tu cries contre son crâne et dès que tu peux l'atteindre tu mords quelque part dans sa nuque, tu plantes tes ongles le long de ses vertèbres, tu hurles son nom à en perdre la tête, tu trouves ses lèvres comme par miracle et tu l'embrasses les yeux fermés, tu serres les mains autour de son cou comme pour l'étrangler.

Et c'est là qu'elles restent, tes mains, après coup, quand tu te retrouves sur ses jambes avec la tête qui cogne contre le plafond de la bagnole et le souffle court – quand tu l'embrasses lentement, quand t'as l'impression d'être dans un autre monde et de plus vraiment pouvoir bouger quoi que ce soit.

« Bordel... Niji..., t'essaies de dire, autant que ta voix rauque et cassée te le permet. Qu'est-ce qu'on fout... »

Et tu l'embrasses encore, parce qu'en fait t'as pas tellement besoin de sa réponse.
Lui, il a les yeux fermés et en échange, il dévore tes lèvres enflées comme si c'était tout ce dont il a toujours rêvé.

« J'ai dit, crétin..., qu'il finit par souffler, et ses longs doigts ne se promènent plus sur tes hanches mais viennent rejoindre les tiens. On se barre. »

Tu laisses tes bras glisser contre son cou et bientôt, t'as ton front posé contre le sien, et il te regarde droit dans les yeux avec ce même regard de braise qui ne manque jamais de te foutre le feu.

« Mais où ?
– T'écoutes jamais quand j'te parle ? On s'barre loin. »

Si tu ne te fiais qu'au ton qu'il vient d'employer, tu aurais toutes les raisons de croire qu'il a prévu de te frapper ; mais son poing ne menace ni tes côtes ni ton estomac, pour une fois, et à la place, c'est un léger sourire qui naît sur son visage.
Tu sais pas pourquoi, mais tu sens tes lèvres s'étirer à leur tour et une espèce de joie pas croyable bouillonner jusque tout au fond de toi.

Et puis tu l'embrasses du bout des lèvres et tu le regardes, Nijimura ; et tu le vois assis dans sa voiture, avec un petit sourire mesquin, son bermuda encore aux jambes, son t-shirt noir que tu lui as arraché plus tôt et qui repose à côté de vous – et soudain tu réalises que ce Nijimura-là n'a plus rien d'un sale père de famille sans veston, avec une chemise propre mais un peu froissée, une cravate correctement nouée.
Ce Nijimura-là, c'est plus non plus le type heureux, presque débile qui sourit comme un idiot sur les photos que t'as bousillées chez lui, celui qui nageait dans le bonheur avec son Akashi avant de se faire briser le cœur ; c'est plus le gars gentil, t'as l'impression, c'est plus le chic type qu'a dû faire tout bien un temps dans sa vie, et maintenant il sourit comme toi et s'habille comme toi et se comporte comme toi et-
T'as le sentiment qu'il aurait jamais fait un truc pareil avec son ex, t'as l'impression de l'avoir empoisonné, de lui avoir refilé une partie de toi, et même si tu sais que c'est sans doute pas bon pour lui, t'aimes ça.


Un peu plus tard, vous êtes soudain dehors, rhabillés tous deux, et tu crois bien que vous avez dû dormir un peu parce que la nuit est complètement tombée, maintenant.

Face à toi, tu peux voir le parking désert, toutes ces places bien alignées dont les limites blanches sont à peine visibles dans la nuit noire, et si tu tournes la tête, tu remarques que les une ou deux voitures autrefois garées loin de vous s'en sont allées – loin, vraiment très loin, il y a la lumière d'un restaurant, qui va sans doute bientôt fermer. Les enseignes lumineuses en crient le nom et leurs couleurs, rouge et bleu, se répandent dans la pénombre, l'éclairent et t'éblouissent un peu : devant le bâtiment, tu distingues à peine quelques véhicules encore arrêtés, et un peu plus loin, c'est peut-être la silhouette immense d'un camion que tu crois deviner.
L'air est un peu frais et c'est agréable.

A côté de toi, Nijimura s'est appuyé contre le capot de sa bagnole et il a les yeux rivés sur les quelques étoiles du ciel, tout autour de la lune qui brille, assez faible, alors toi aussi tu t'y mets et tu te demandes si un jour t'as déjà su reconnaître tous ces astres et ces trucs qui s'appellent constellations – la réponse est non.

« 'tain..., tu lâches alors, comme pour briser le silence qui vous entoure. C'est super calme. »

Niji hoche la tête et s'approche de toi, d'un, de deux pas ; il prend ta main doucement, la serre à peine, avance encore et t'embrasse rapidement sur la joue, et tu comprends pas trop mais tu le laisses faire parce que pourquoi pas, après tout.

« Ouais, approuve-t-il alors. Ça fait du bien. »

Tu te rappelles ce qu'il a dit dans la voiture et tu penses que peut-être il parle pas seulement du fait que ce soit calme, mais aussi du fait que vous soyez partis, que vous ayez fui, que maintenant la nuit soit tombée, que la journée touche à sa fin, votre épopée peut-être aussi, parce que là maintenant tout de suite vous êtes loin.
Loin de ta mère, loin de ton frère, loin de son ex, et loin du restaurant, loin de l'autoroute, loin du camion plongé dans l'ombre-
Enfin, peut-être.

« T'es content, j'espère ? Tu dis alors, d'un ton moqueur, parce que t'as envie de l'emmerder un peu. Tu voulais partir loin, eh bien ça y est, j'crois qu'on y est ! »

Tu ricanes, et tu crois apercevoir son sourire sincère mais l'instant d'après il serre super fort ses doigts contre les tiens et bordel, ça fait un mal de chien.

« Te fous pas d'moi, gamin, qu'il t'ordonne alors. J'crois qu'on en avait besoin. »

Tu réfléchis un instant, mais t'as pas l'impression d'être beaucoup plus avancé qu'avant : tu sais toujours pas ce que tu vas devenir, ce que Nijimura va faire de toi, et si vous allez rentrer ou pas. Ceci dit, y'a quand même une différence – maintenant, tu te prends plus la tête. Tu l'as pas décidé, jamais, mais c'est arrivé comme ça, de la manière la plus simple qui soit : en sortant de la voiture, t'as senti l'air frais et l'odeur du soir, et c'est venu. Tu t'en fais plus. Tu t'en fous, en fait.
Quoiqu'il arrive, que vous rentriez ou pas, être avec Niji te donne l'impression que ça ira.
(Tu l'as déjà dit, mais c'est probable qu'un jour tu finisses par en gerber des arcs-en-ciel et des poneys.)

« Et donc ? Tu reprends, le ton plus neutre. Qu'est-ce qu'on fout, maintenant... 'fin, après ? »

Nijimura pousse un soupir long comme le temps que vous avez passé sur l'autoroute, aujourd'hui.

« Sois pas si pressé, sale môme.
– Quoi ?! Mais t'as fini avec tes surnoms à la con, ou bien ?!
– Quand on rentrera... »

Il ignore ce que tu lui racontes et ça t'emmerde grave, mais alors que tu t'apprêtais à piquer une crise il prend son air sérieux et il te regarde droit au fond des yeux.

« Quand on rentrera, poursuit-il alors, plus calme que jamais, on ira voir ta mère à l'hosto, si tu veux. »

Si y'avait un truc auquel tu t'attendais pas, c'était bien ça.

« Heu... quoi ? »

Et tu devines que tu tires une tronche interloquée complètement ridicule à la claque qu'il te balance sur le haut du crâne, mais pas trop fort, cette fois.

« J'ai dit, qu'il répète, on peut aller rendre visite à ta mère ensemble, si ça te va. T'sais, pour lui apporter des fleurs, ou j'sais pas quelle connerie. »

Encore une fois, t'es pas sûr de comprendre.
Nijimura vient de te proposer d'aller voir ta mère à toi, de lui offrir des fleurs aussi, mais enfin, de lui rendre visite ensemble, lui et toi ; et dans l'idée que t'en as ça reviendrait à présenter Niji à ce qu'il reste de tes parents, et... bordel, l'idée te fait vachement bizarre, mais bordel, elle te déplaît pas, et c'est bien ça que tu captes vraiment pas.

« Et, heu... tu bafouilles, un peu paumé. 'fin... mon frère... t'en fais quoi ?
– Ça dépend. J'peux démonter sa gueule ? »

Il te sourit, cette fois, et sincèrement, et t'as envie de lui dire mais oui, vas-y.

« Okay, tu réponds, et t'es à deux doigts de te marrer toi aussi, mais en échange, j'peux péter les dents à ton ex ? »

Tu t'en prends une entre les côtes et tu glousses plus que tu gueules parce que comparé à d'autres trucs ça fait même pas si mal que ça, en fait.

« T'es pas croyable, Haizaki... tu le détestes encore plus que moi, ou bien ? »

Mais il attend pas ta réponse, parce que de toute manière t'en as pas à lui proposer mis à part celle qu'il connaît déjà – bien sûr que oui, tu l'détestes plus que lui, et il est sacrément débile s'il l'a toujours pas remarqué –, et il attrape tes deux mains d'un seul coup, du bout des doigts, et il t'amène un peu vers lui.

« Mais sinon, après..., commence-t-il alors, comme s'il allait dire un truc auquel il a déjà longuement réfléchi. Après, on passera chercher tes affaires chez toi, aussi... 'fin. Si tu veux. »

T'ouvres la bouche mais tu sais pas quoi répondre à un truc pareil alors tu la refermes et t'as juste l'air d'un poisson complètement con mais il en tient pas compte et il te regarde en tirant une tronche sérieuse, inquiète et un peu agacée tout à la fois.
C'est que faut te comprendre, tu sais pas quoi lui dire, toi – jusqu'à hier, ou plutôt avant-hier, vous étiez l'employé d'un petit bar et un client régulier, à peine deux potes en fait ; il t'avait soigné une ou deux fois, il t'avait emmerdé bien plus souvent, tu le lui rendais bien, vous vous crachiez à la gueule et tu lui tirais la langue quand il partait, et même si t'étais souvent allé chez lui, même si vous aviez souvent joué à ses jeux ensemble, même si t'avais souvent passé la nuit dans sa chambre d'amis, jamais t'aurais trop cru qu'en vrai il t'aimait bien – dans le sens, vraiment bien. Et puis soudain, là, comme ça, après une nuit passée dans ses bras, une journée perdue dans sa voiture à partir loin, il te propose de...

Tu sais juste pas quoi dire.
Mais t'as jamais été le genre de mec à beaucoup réfléchir et quelque part, tu dois avouer que les idées à la con du genre, ça te plaît bien.

« T'es sérieux, là ? Tu lui demandes alors, et t'as un air de défi bien accroché au visage.
– Ouais. J'ai besoin d'un crétin dans ton genre pour m'aider à refaire ma déco, de toute façon. »

Il te répond avec tellement de nonchalance, comme si c'était la chose la plus normale du monde, que t'en oublies de te fâcher et de l'engueuler pour ce dont il vient de te traiter. A la place, tu t'imagines chez lui, en train de virer des murs et des meubles et des tiroirs jusqu'à la moindre trace de cet Akashi de malheur ; tu songes à dégager les rideaux dégueulasses de sa cuisine et à les remplacer par d'autres, d'une plus jolie couleur ; tu penses qu'il faudrait modifier l'arrangement de sa chambre, aussi, et acheter une armoire plus grande, et tu sens un sourire s'étaler contre tes lèvres quand tu prévois comment ça va l'emmerder, lorsqu'il se rendra compte du nombre de fringues et de jeux et de bordel en général que t'as à apporter.

« Deal, alors, tu lui balances, l'air probablement trop heureux mais tu t'en fous. Demain, on rentre, et j'débarque chez toi. Tu vas souffrir, Niji !
– Fais-moi chier, et j'te le rendrai au centuple, Shougo... Ou peut-être que j'devrais dire mon chéri ?
– Hé ! J'vais t'en foutre du chéri, moi ! »

Et t'essaies de le frapper, tu t'énerves quand il propose de te surnommer mon amour ou mon cœur ou des trucs encore plus débiles comme mon poussin ou mon lapin, mais au fond de toi tu sens tous les nœuds se défaire, toutes les pressions s'effacer, toutes les douleurs s'en aller, et tu sais que t'as fait le bon choix – que tout ça, aller loin, rester ensemble, réfléchir, et la conclusion, rentrer, voir ta mère, t'en aller chez lui, c'était juste la meilleure chose que vous auriez pu faire.

(De tous les trucs que t'as vécus aujourd'hui, c'est ça qui devrait te faire le plus bizarre, tu crois – mais ça te le fait pas.
Bizarrement, ça te le fait pas.)


Fin


Et voilà... Et voilà.
22 000 mots au total, quand même, et c'est fini. Je sais pas trop quoi dire là sur le coup, à part que j'espère vraiment que ça vous a plus... cette fic était censée, au début, n'être qu'un simple OS comme un autre, mais finalement, c'est devenu un projet qui me tient à cœur. x3 Je suis très, très contente d'avoir -enfin- pu écrire sur Nijimura et Haizaki, et d'ailleurs je compte bien me lancer dans d'autres NijiHai... dès que possible. XD

Il est possible que j'écrive un jour une suite à cette histoire, mais si je le fais, cela prendra sans doute la forme d'un OS parallèle qui se passe des années après et qui peut donc se lire indépendamment de cette fic... Ceci dit, j'ai encore rien commencé donc je ne peux rien promettre. Pour l'instant, je vais me concentrer sur mes derniers examens (j'en ai encore un lundi et un mardi, après ça je serai libre TwT) et mes autres fics en cours...

M'enfin bref, cela dit : encore une fois, merci d'avoir lu cette fic et j'espère qu'elle vous a plu ! Si vous en avez le temps/l'envie/la motivation, n'hésitez pas à me donner votre avis, ça m'intéresse toujours x3

A une prochaine fois~ !