Assis tout près du corps inanimé de Zoro, Sanji était perdu dans ses pensées. Son regard fixé sur le torse recouvert de bandages recherchait le moindre signe de vie. Il savait qu'il était vivant, mais il ne pouvait s'en empêcher, il devait vérifier constamment. Sa respiration était lente et faible, mais elle était bien là. Sanji n'avait pas l'habitude de le voir ainsi. Bien sûr il le voyait souvent dormir, mais là c'était différent. Il ne bougeait pas d'un millimètre et, bien qu'inerte, son visage n'était pas détendu pour autant. Il semblait contracté par la douleur que Zoro devait ressentir malgré son inconscience. Le bâtard, même pas un ronflement pour le rassurer…

Sanji serra les mâchoires autour de la cigarette qu'il n'avait pas allumée. Dans l'état sérieux où il se trouvait, Chopper lui avait interdit de fumer à côté de Zoro. Il tendit une main légèrement tremblante vers le sabreur et la posa doucement sur son torse. Il la regarda s'élever et s'abaisser régulièrement au grès de son souffle. Cette vision était rassurante et captivante.

Autour de lui, les bruits de la fête commençaient à s'estomper. Le piano résonnait toujours de la mélodie de leur nouveau nakama, mais beaucoup dormaient déjà, trop avinés pour tenir plus longtemps. Sanji était fatigué d'avoir cuisiné pour tout ce monde, mais la satisfaction de les voir si heureux et repus le lui avait fait oublier. Pourtant maintenant qu'il n'était plus occupé, elle revenait en force et il luttait pour empêcher ses yeux de se fermer. Il ne voulait pas laisser Zoro sans surveillance, et il savait que les autres ne seraient pas en état pour rester éveillés. La tâche lui revenait donc. De toute façon il préférait cela. L'angoisse de se réveiller au petit matin avec un corps sans vie près de lui le terrifiait et lui tordait les entrailles.

Ses pensées revinrent aux souvenirs diffus qu'il gardait de la veille. Il avait été pathétique et n'avait fait que manquer de respect face au courage et à la détermination de Zoro. Il ne savait pas ce qui lui était passé par la tête quand il s'était interposé entre lui et Kuma. Sûrement son propre orgueil à satisfaire. Pourtant personne ne regardait, personne n'était à impressionner. Non, ce n'était pas son orgueil qui avait guidé ses gestes, mais les sentiments qu'il avait pour lui.

L'idée de le perdre lui avait été insoutenable. Il n'était pas prêt à affronter ce qui les attendait sans lui, alors il avait préféré mettre en jeu sa propre vie. Pourtant, il s'en rendait compte à présent, cela avait été un geste égoïste. Lui non plus n'avait probablement pas envie de le voir mourir et c'était certainement la raison qui l'avait poussé à le frapper. L'idiot. Il en porterait longtemps la marque, un énorme bleu aussi vaste que la détermination de Zoro à l'écarter. Lentement, il porta sa main à son flanc et grimaça lorsque la douleur se réveilla.

Il reporta son attention sur le sabreur, passant délicatement une main sur sa joue. Il n'était pas le seul à vouloir sa présence, l'équipage aussi avait besoin de son Second. Luffy faisait totalement confiance à Zoro et Sanji n'osait imaginer la souffrance de leur Capitaine s'il venait à mourir. Zoro était celui qui maintenait la sécurité de l'équipage quand Luffy partait tête baissée dans ses aventures. Bien sûr, Sanji l'aidait, mais il devait bien avouer qu'il était moins fort que lui. A la fois mentalement que physiquement. La preuve en venait une nouvelle fois d'être faite.

Il soupira et son regard se posa sur les katanas posés un peu plus loin. L'imbécile avait même été prêt à renoncer à son rêve pour protéger l'équipage. Sa résolution et la foi qu'il plaçait en son ambition était quelque chose qui l'avait touché la première fois qu'il avait croisé son chemin. Il l'avait toujours admiré pour ça, alors que lui-même avait sciemment étouffé son propre rêve idiot. Parce que son rêve à lui était différent du sien. Il ne changerait pas l'humanité, ni ne ferait trembler les dieux. Tout ce qu'il voulait était poser les yeux sur All Blue. Alors que Zoro… Zoro deviendrait une légende. Un héros que les petits garçons imiteront et prendront pour modèle. Son rêve avait bien plus de valeur que le sien, et c'est un peu aussi pour le protéger qu'il avait voulu prendre sa place.

Ses yeux revinrent se poser sur lui. Son visage habituellement délicieusement hâlé était si blanc. De grands cernes gris entouraient ses yeux, ses traits étaient tirés, comme s'il avait vieillis prématurément. Un seul regard n'aurait pas suffi à déterminer si la vie coulait encore dans ses veines. Il avait perdu tellement de sang

Sanji revit derrière ses paupières closes la scène qu'il avait découverte lorsqu'il l'avait retrouvé. Il avait d'abord ressentit un soulagement énorme en le voyant vivant, debout. Et puis l'horreur avait pris place en lui lorsqu'il avait vu le sang ruisselant sur le corps de Zoro. Tellement de blessures le recouvraient qu'il était impossible de les dissocier les unes des autres. Et tout ce sang répandu autour de lui, imprégnant la pierre et la terre. Teintant de rouge tout ce qui se trouvait autour de lui.

Il avait été paralysé pendant de longs instants, les mots que Zoro avaient prononcés se gravant dans son cerveau. Rien. Il ne s'était rien passé. A ce moment-là il avait compris qu'il ne dirait rien à personne de ce qu'il avait vu. Cela resterait entre eux pour toujours.

Mais rapidement, il avait retrouvé l'usage de son corps. La volonté de Zoro avait enfin lâché, comme s'il avait attendu d'être trouvé avant de succomber. Ses jambes s'étaient dérobées et Sanji avait eu tout juste le temps de le rattraper avant qu'il ne s'écrase douloureusement au sol. Il avait eu tellement peur. Il avait cru qu'il était partit, pour toujours. Mais non, le souffle de la vie l'habitait encore.

Reprenant espoir et comprenant l'urgence de la situation, il l'avait hissé, non sans mal, sur son dos. Dans un sursaut de conscience, Zoro l'avait aidé, et puis il avait senti son corps peser de tout son poids sur ses épaules, signe que les ombres avaient eu raison de lui.

Alors lentement, assurant chaque pas afin d'éviter une chute qui aurait été mortelle, il l'avait ramené au manoir, là où il savait que se trouverait Chopper. Il l'avait ensuite laissé entre les mains du docteur, sans un mot, puis s'était éloigné. Il avait erré quelques temps sans vraiment se rendre compte où il allait. Il était ainsi arrivé sur la rive, devant le Sunny amarré, vision réconfortante d'un chez soi et de la promesse d'un lit pour oublier. C'était là, debout devant le bateau, qu'il avait réalisé qu'il était recouvert du sang de Zoro.

Rapidement, il s'était retrouvé nu dans la salle de bain, observant son corps rougis dans le grand miroir. Le noir de la blessure infligée par Zoro contrastant avec le rouge. Et puis ses yeux s'étaient posés sur ses mains. Ses mains si précieuses, recouvertes de sang jusque sous les ongles. Il les avait frottées, encore et encore, mais rien n'y faisait. Le sang ne partait pas, l'odeur ne partait pas… la vision ne partait pas. Les larmes avaient afflué dans ses yeux et déferlé sans retenue sur ses joues. Il était tombé à genoux, pliant sous le poids de la douleur. Pourquoi était-il aussi faible? Pourquoi n'avait-il pu le protéger, porter avec lui ce fardeau, partager ses souffrances…

Un frisson parcourut son corps et il revint au moment présent. Il refusait de repenser à tout cela. Quand Zoro se réveillerait… quand il se réveillerait, il allait s'entrainer, encore et encore, devenir plus fort. Il allait le rattraper et se tenir à ses côtés, comme un égal. Et plus jamais, plus jamais il n'aurait à revivre de moments pareils.

Un léger mouvement attira son attention. Pourtant rien ne semblait avoir changé sur son visage, hormis peut-être un sourcil un peu plus froncé. Guettant le moindre signe, Sanji le fixa, hésitant jusqu'à cligner des yeux pour ne rien manquer. Cela prit quelques minutes, mais un nouveau mouvement de sourcil lui fit espérer plus. Bientôt, les yeux de Zoro papillonnèrent et ses paupières se soulevèrent difficilement, comme si elles pesaient très lourd.

Il se pencha au-dessus de lui et plongea dans ses yeux. Zoro mit quelques temps avant de le reconnaitre, mais finalement Sanji sentit son regard sur lui. Zoro lui sourit légèrement et Sanji cru pleurer de joie. Mais une quinte de toux secoua soudain le blessé et l'inquiéta. Rapidement, il se releva et alla remplir un verre d'eau avant de se retourner... Et là il se figea. Zoro avait tourné la tête vers lui et le regardait de ces yeux qui avaient gardés toute leur intensité. La toux avait cessé et il paraissait à présent calme. Sanji le vit ouvrir la bouche pour dire quelque chose, mais aucun son n'en sortit… A la place de mots, un flot de sang jaillit d'entre ses lèvres.

Devant l'horreur de cette vision et la soudaineté du phénomène, Sanji lâcha le verre qui alla se fracasser au sol. Mais il ne le remarqua qu'à peine. Il regardait avec effroi le sang s'écouler en quantité telle qu'il douta de la véracité de ce qu'il voyait. Il resta là, pétrifié, sans savoir quoi faire, et quand son regard croisa celui de Zoro, il y vit tant de résignation, de regrets et de douleur que son cœur se serra dans sa poitrine avec une force telle que cela lui coupa la respiration.

Zoro tendit un bras tremblant vers lui, comme un dernier appel à l'aide, mais Sanji ne pouvait rien faire. Une force semblait s'opposer à son corps et l'empêchait de s'approcher.

Et puis les yeux de Zoro se révulsèrent et des globes blancs et froids le fixèrent. Incapable de supporter cette vision effroyable, il dévia son regard vers le reste de son corps. Les bandages prenaient une couleur rouge carmin à une vitesse ahurissante, comme si toutes les blessures se rouvraient en même temps. Le sang dégoutta rapidement sur les draps, formant une mare autour du corps de Zoro.

Sanji ne comprenait pas, ne réalisait pas. C'était comme un cauchemar, comme si toutes ses peurs prenaient vie devant ses yeux. L'angoisse et l'horreur submergeant son être.

Et puis les paupières se fermèrent, le torse ruisselant de sang cessa de se soulever. La vie quitta le corps de Zoro devant ses yeux et il ne pouvait rien faire d'autre que de regarder, paralysé par la douleur.

La panique le gagna finalement, l'idée de l'avoir perdu à tout jamais était insoutenable. Il ne voulait pas. C'était impossible. Il ne pouvait pas partir ainsi, abandonner ses rêves… L'abandonner lui. Un cri guttural matérialisa son désespoir. Des tremblements s'emparèrent de lui et le brisèrent de l'intérieur.

Il sentit une pression, une main sur son épaule et tenta de se débattre. Il ne voyait plus rien, tout était sombre autour de lui. L'odeur de la mort l'environnait et lui donnait la nausée. Et puis il entendit une voix au loin, comme un écho. Il ne comprenait pas ce qu'elle disait, mais il fondit en larmes en reconnaissant sa voix. Cette voix qu'il aimait tant gagna en intensité et devint plus distincte. "Ouvre les yeux""Réveille-toi""SANJI!".

Ses paupières s'ouvrirent brutalement. Haletant, le corps parcourut de tremblements et en sueur, il revint enfin à lui.


Un cri effrayant et des tremblements violents l'avaient réveillé. Il avait mis quelques temps avant de comprendre ce qu'il se passait. Sanji faisait un cauchemar et il devait le réveiller. Il y réussit après de nombreux appels, les paupières de Sanji s'ouvrant enfin. Le jeune homme se redressa brusquement et Zoro était inquiet par les larmes qui s'écoulaient librement sur ses joues. Ses yeux bleus fiévreux semblaient chercher un point d'accroche sans en trouver. D'un geste ferme, il lui agrippa alors le menton et le força à le regarder dans les yeux. Après quelques instants, son regard se fixa enfin et il le sentit se calmer.

Il continua à lui parler doucement, espérant apaiser son angoisse. Tendrement, il essuya de ses mains les traces de larmes sur son visage.

- Zoro, bredouilla Sanji qui luttait encore pour revenir définitivement dans la réalité.

- Je suis là, tout va bien. Ce n'était qu'un cauchemar.

Tout en prononçant ces paroles, il l'attira contre lui et le prit dans ses bras, posant une main protectrice sur l'arrière de sa tête pour la presser contre son épaule.

Il n'était pas doué avec les mots alors il espérait que ses gestes parleraient pour lui. Quel cauchemar avait-il bien pu faire pour réagir de la sorte ? Il n'avait pas l'habitude de voir Sanji aussi fragile et c'était assez déroutant.

Il lui laissa de longues minutes pour se remettre et petit à petit, il le sentit se détendre contre lui. Il relâcha alors la pression sur son crâne et commença doucement à caresser ses cheveux. Ils étaient si fins et si doux, Zoro aimait par-dessus tout passer ses doigts dedans, regarder les mèches dorées s'échapper de ses mains aussi facilement que de l'eau.

Il déposa un rapide baiser sur sa tempe avant de prendre la parole.

- Tu veux en parler ?

- Je ne sais pas, j'ai déjà suffisamment l'air d'un idiot comme ça, répondit une voix étouffée et honteuse.

- Sanji…, reprocha Zoro. Ça arrive à tout le monde de faire des cauchemars, même aux plus forts.

Le cuisinier ne répondit pas tout de suite, prenant probablement le temps de réfléchir à ce que Zoro venait de dire. Ce dernier ne le brusqua pas, montrant toute la patience dont il était capable. Il savait par expérience qu'il ne fallait pas le pousser, sinon il se braquerait et c'était la dernière chose qu'il voulait à cet instant.

Finalement, Sanji se dégagea de son étreinte et se recula légèrement. Il resta encore quelques instants, tête baissée, les mains agrippées aux bras de Zoro à la recherche de réconfort. Puis il releva les yeux et croisa le regard vert et assuré de son compagnon, et il prit la parole.

- C'est toujours plus ou moins le même…

- Ce n'était pas le premier ? s'étonna le sabreur.

- Non, avoua Sanji en secouant légèrement la tête.

- Tu le fais souvent ?

- Pas tant que ça, juste quelques fois ces deux dernières années.

Zoro ne répondit pas. Etait-ce lié à ce qu'il s'était passé il y a deux ans ? Il eut rapidement la réponse à sa question car Sanji continua.

- Au début c'est plus une sorte de souvenir. Je me rappelle ce qu'il s'est passé à Thriller Bark quand… quand je t'ai retrouvé, et après quand tu étais inconscient. On n'a pas vraiment eu le temps d'en parler avant qu'on soit séparés, et du coup je crois que ça m'a travaillé plus que ça aurait dû.

- Je ne t'ai jamais raconté ce qu'il s'était passé, reconnut Zoro.

Il y avait souvent pensé pendant tout ce temps, et il en était arrivé à la conclusion que Sanji avait le droit de savoir.

- Je sais ce qu'il s'est passé. Deux gars qui ont tout vu me l'ont dit à l'époque. Ce n'est pas ça le problème.

- Alors qu'est-ce que c'est ? demanda Zoro en fronçant les sourcils.

- Le problème c'est que tu as failli mourir ! J'ai cru… j'ai vraiment cru que tu étais mort…

- Mais je ne le suis pas, tenta de le rassurer Zoro.

- Non, c'est vrai, mais dans ce cauchemar si. Tu étais là, sur ce lit de fortune, recouvert de bandages. Et puis tu t'es réveillé et je me suis senti rassuré, mais tout à coup du sang a commencé à sortir de ta bouche. Tout ton corps saignait et… et je ne suis même pas sûr qu'un corps humain contienne autant de sang, s'amusa-t-il ironiquement.

- Ce n'était qu'un cauchemar, c'est normal que ce ne soit pas logique, rappela Zoro.

Touché par la détresse de Sanji alors qu'il l'avait cru mort, il prit quelques instants pour trouver ses mots et le réconforter une bonne fois pour toutes. D'un geste tendre, il repoussa la mèche éternellement plaquée sur son visage derrière son oreille, dévoilant l'œil toujours caché. Il aimait pouvoir le regarder ainsi dans les yeux, et une fois de plus, il regretta d'avoir perdu son œil qui l'empêchait désormais de profiter pleinement de cette vision. A cet instant, ils le regardaient avec attention, les iris d'un bleu encore plus pur que l'océan ou le ciel. Ils avaient cette teinte unique, profonde, et changeante avec l'humeur de leur propriétaire. Quand il était énervé, ils viraient au gris, quand il était sincèrement heureux ils étaient d'un bleu saphir, et lorsqu'ils tournaient au vert, c'était que Sanji était perdu dans un plaisir intense. Zoro avait appris à déchiffrer ces variations de couleur, et d'un seul regard, il savait maintenant dans quel état se trouvait Sanji.

Pourtant à cet instant, ils avaient une teinte qui lui était peu connue. La peur et l'angoisse qui subsistaient après ce cauchemar formaient comme un voile, amplifié par les larmes contenues.

- Sanji, je te promets que je serais toujours là. Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement. Je vaincrai Mihawk, et je serais à tes côtés pour contempler All Blue.

- Idiot, ce n'est pas quelque chose qu'on peut promettre, objecta Sanji en souriant tout de même. Et qu'est-ce qui te fais croire que tu réaliseras ton rêve avant moi, espèce de marimo dégénéré !

Zoro sourit à son tour devant la répartie retrouvée de son blondinet. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne redevienne lui-même et mette de côté ses craintes. Il décida alors de lancer son dernier coup, et de dire ce qu'il n'avait encore jamais osé lui avouer.

- Tu comptes plus que tout pour moi Sanji, et je ne laisserais plus personne nous séparer.

Il vit ses yeux s'écarquiller un peu, puis sa bouche s'entrouvrir et se refermer. De nouvelles larmes s'accumulèrent sous ses paupières tandis qu'une légère teinte rosée apparut sur ses joues.

- Imbécile, tu vas finir par me faire pleurer, répondit le cuistot en lui claquant gentiment l'épaule.

Attrapant son visage de ses deux mains, Zoro le guida vers ses lèvres. Non, il ne laisserait pas la mort les séparer. Elle lui avait déjà pris quelqu'un de cher et il était hors de question que l'histoire se répète. Il ne mourrait pas, et il ne laisserait pas Sanji mourir non plus.

Il tenta de faire passer dans ce baiser toute l'affection et tout l'amour qu'il ressentait pour lui, et il fut heureux de constater que Sanji en faisait de même. Ils savaient tous deux qu'un moment comme celui-ci, où ils parlaient de leurs sentiments sans gêne, ne se reproduirait pas de sitôt. Alors ils en profitaient au maximum, appréciant pour une fois la douceur et la tendresse dans leurs gestes.

Lorsqu'ils se séparèrent enfin, ils s'éloignèrent légèrement et posèrent leurs fronts l'un contre l'autre. Puis Zoro le repoussa encore un peu plus et se perdit une nouvelle fois dans son regard. Ses mains encadrant toujours son visage, il laissa inconsciemment ses pouces caresser les pommettes de son homme. La main de Sanji rencontra sa propre joue, et il la sentit caresser sa peau, le bout de ses doigts agiles se posant ensuite sur son œil à jamais fermé. Puis elle glissa vers son oreille et il ferma les yeux de plaisir en entendant les tintements que ses boucles d'oreilles produisirent sous les doigts joueurs.

Il avait rêvé de ce genre de moment tellement de fois quand ils avaient été séparés. Aujourd'hui, il réalisait à peine que ce n'était plus un rêve. De douces lèvres se posant à nouveau sur les siennes le lui rappelèrent et il entrouvrit aussitôt la bouche pour le laisser se fondre en lui.

Il le laissa dominer, lui offrant une occasion de se changer les idées et d'oublier son cauchemar. Il apprécia la sensation de sa langue contre son palais, puis ses dents, sa propre langue, elle était partout et nulle part à la fois et Zoro sentait ses sens se réveiller. Pourtant, lorsque Sanji mit fin au baiser il retrouva aussitôt son calme.

Une nouvelle fois, il laissa son regard détailler son vis-à-vis, profitant de pouvoir plonger tour à tour dans ces deux piscines bleues qui lui faisaient office d'yeux. Il ne se lasserait jamais de cette vision, d'autant plus qu'il savait être le seul à être autorisé à le voir ainsi. Cette marque de confiance le touchait infiniment.

Sanji aussi fixait son regard. Pour une fois, il ne trouvait rien à dire et profitait simplement de cet instant. Zoro était vivant, là, tout près de lui, et c'était tout ce qui importait. Il avait déjà fait ce cauchemar, bien plus souvent que ce qu'il avait avoué à Zoro, mais celui-ci avait été le plus violent. Parce qu'il avait disparu lorsqu'il avait retrouvé la chaleur de ses bras. Il ne savait pas pourquoi il était revenu aujourd'hui, mais il espérait que ce serait le dernier.

Perdu dans ses pensées, il entendit vaguement Zoro parler mais il ne comprit pas ce qu'il disait. Alors quand il le vit se relever après avoir repoussé la couette de leur futon, il paniqua soudain, maudissant encore une fois ce cauchemar de provoquer une réaction si excessive.

- Tu vas où ? demanda-t-il d'une voix blanche et légèrement tremblante.

- Juste à côté, répondit Zoro sans se retourner.

Il le regarda alors avancer vers le comptoir, puis disparaitre dans sa cuisine. Il l'entendit ouvrir un placard et fouiller dedans quelques instants avant de le refermer. Sanji commençait à espérer qu'il n'ait pas trop chamboulé son placard et son organisation méthodique quand il entendit le robinet s'ouvrir, l'eau coulant bruyamment quelques instants.

A peine quelques secondes plus tard, il revint, un verre d'eau à la main. Zoro se rassit juste devant lui et le lui tendit, le laissant interdit.

- Tiens, bois ça va te faire du bien, bougonna-t-il, faussement désintéressé.

Sanji le fixa les yeux grands ouverts pendant quelques secondes face à la surprise, puis reprit ses esprits et attrapa finalement le verre, en prenant bien soin de frôler les doigts de Zoro au passage.

Il en vida d'une traite la moitié, puis le posa sur le sol un peu plus loin avant de se tourner à nouveau vers son compagnon, un sourire narquois aux lèvres.

- Depuis quand tu es si attentionné marimo ?

- Ta gueule, ronchonna-t-il en rougissant légèrement et en détournant le regard.

- Non sérieux, fais attention tu dois être malade, ou alors tu as reçu un coup sur la tête et tu as perdu le seul neurone que ta tête d'algue abritait…

- La ferme sourcil en vrille !

Mais au lieu de continuer à se chamailler, Sanji se contenta de le regarder en souriant.

- T'es trop mignon, s'amusa-t-il en lui ébouriffant les cheveux.

Zoro repoussa son bras d'un geste impatient et pour toute réponse, se rallongea dans le futon. Il se cala confortablement et ferma les yeux, visiblement prêt à se rendormir.

Sanji en perdit son sourire joueur.

- Zoro ? demanda-t-il la voix à nouveau hésitante.

- Quoi ?

- Tu veux pas resté éveillé encore un peu ?

Le bretteur ouvrit son œil valide et le regarda, sans toutefois bouger d'un millimètre.

- Pourquoi ?

- S'il te plait…

Un soupir agacé lui répondit.

- Écoute cook, il est quoi, deux heure du mat' et je suis crevé alors t'a intérêt d'avoir une bonne raison pour demander ça.

- T'as rien foutu de la journée, comment tu peux être fatigué ?

Les sourcils de Zoro se froncèrent sous le reproche, mais sa voix resta calme quand il répondit.

- Non c'est vrai je n'ai rien fait, à part cette petite attaque de pirates qui a duré une bonne partie de la journée…

Son ton était ironique et Sanji ouvrit légèrement la bouche de surprise. Il avait oublié cette attaque.

- Ces lopettes ? demanda-t-il cynique pour cacher son oubli.

- J'ai pas envie de me battre Sanji, pas à cette heure.

Un bâillement déforma ses traits puis il ferma à nouveau l'œil en se recalant.

- Zoro, s'il-te-plait…

Le sabreur voulut ignorer cet appel et retomber dans les limbes du sommeil, pourtant, le ton suppliant l'en empêcha. Il comprenait que Sanji puisse avoir peur de se recoucher et refaire ce cauchemar, mais il fallait bien qu'il se rendorme avant le matin quand même !

Il soupira à nouveau puis abdiqua.

- Ok, c'est bon…

Il rouvrit l'œil et son regard tomba sur Sanji. Il était toujours assis et semblait inquiet, jouant nerveusement avec le bas de son t-shirt noir. Zoro l'observa de longs instants, appréciant l'éclat doré de ses cheveux que la faible lueur de la lampe à pétrole qu'ils gardaient constamment allumée rendait presque vivants. Sa mèche avait repris sa place et mangeait une bonne partie de son visage. Son regard descendit sur son menton barbu, puis suivit la peau blanche qu'il savait douce jusqu'à l'encolure que le t-shirt dévoilait largement. Il pouvait même apercevoir le début de ses pectoraux que la flamme vacillante dessinait.

Mais lorsque Sanji bougea, il referma rapidement l'œil, ne voulant pas être surpris en pleine contemplation.

Le cuisinier attrapa le verre et le vida avant de le reposer aussi loin qu'il le put pour éviter tout accident. Lorsqu'il reporta son attention sur Zoro, il fronça les sourcils en le voyant à nouveau les yeux fermés. Sa respiration ralentissait déjà et s'il ne faisait rien, il allait se rendormir.

- Oï abruti, te rendors pas ! lança-t-il en frappant ses jambes.

- Laisse-moi dormir…

- Tu avais dit que tu resterais encore avec moi, reprocha Sanji.

La réaction de Zoro fut tellement rapide qu'il n'eut pas le temps de comprendre ce qu'il se passait. Une main agrippa son poignet et il se retrouva allongé contre son corps, un bras de fer entourant sa taille et le collant à lui.

- Je suis là, murmura Zoro sans pour autant ouvrir l'œil.

Sanji essaya de se débattre, mais il devait bien avouer que sentir le corps de Zoro contre le sien n'était pas si désagréable. Il se calma alors et la pression dans son dos se relâcha. Il patienta encore quelques minutes, pas trop longtemps pour être sûr qu'il ne se soit pas endormi, puis repoussa brusquement Zoro et le coinça en se mettant à califourchon sur son corps.

- A quoi tu joues ?

Zoro ne semblait pas apprécier son initiative.

- Tu étais en train de te rendormir, expliqua Sanji, un sourire joueur aux lèvres.

- Tu vas pas me laisser pioncer hein, soupira le sabreur.

- Et non, s'amusa le cuisinier en lui lançant un clin d'œil mutin.

Zoro laissa son regard errer sur l'homme qui le dominait. Une main posée près de sa tête le soutenait, légèrement penché au-dessus de lui. Son autre main reposait sur son torse. Le t-shirt noir avait remonté, dévoilant la totalité de ses cuisses puissantes, et laissant deviner le boxer blanc juste en dessous. Incapable de résister, il posa sa main sur l'une de ses jambes tandis que l'autre remontait vers son visage. Têtu, il replaça à nouveau la mèche blonde derrière son oreille. Sanji le fixait sans rien dire, une expression étrange plaquée sur ses traits. Ses iris avaient changé de couleur et une pointe de vert pouvait maintenant s'y discerner. Un sourire goguenard illumina le visage de Zoro.

- Va falloir que tu trouves quelque chose à faire si tu veux que je reste éveillé.

- J'ai déjà ma petite idée sur la question…

Un doigt fin et agile trouva son chemin le long des muscles à découvert de son torse et Zoro frémit. Encore une fois, il avait vu juste. Mais son esprit devint blanc lorsque le doigt mutin traça la ligne de sa cicatrice, de sa clavicule jusqu'à sa hanche. Une grande partie en était très sensible et ne manquait jamais de le faire frissonner.

Un sourire lui informa que Sanji aimait sa réaction. Le cuisinier remonta sur son torse et de ses deux mains, caressa ses pectoraux et la base de son cou. Zoro ferma les yeux et un nouveau frisson le parcourut lorsqu'il sentit les cheveux fins de Sanji chatouiller sa peau. Peu de temps après, sa langue partait à la conquête de sa cicatrice et son souffle s'accéléra rapidement. Mais la sensation disparut aussi vite qu'elle était venue et il retint un gémissement réprobateur.

Pourtant, il n'était pas délaissé, les mains continuant leur exploration. Puis Sanji posa doucement ses lèvres contre les siennes avant de l'emporter dans un baiser passionné et ardent. Cette fois-ci, Zoro participa plus activement et s'amusa à défier sa langue de la sienne, provoquant un combat amical et bien plus qu'agréable. Ses dents se refermèrent sur la lèvre inférieure de Sanji, ce qui fit gémir ce dernier sensuellement.

Avide de plus de sensations encore, Zoro exerça un puissant coup de bassin vers le haut, déclenchant une nouvelle plainte ainsi qu'un grognement satisfait de sa part. Sanji délaissa sa bouche pour se concentrer sur sa mâchoire, son cou, parsemant sa peau de baisers papillon et de coup de langues experts.

En appui sur son coude droit, Sanji attrapa le bras de Zoro de sa main gauche et le retira de sa cuisse où il reposait encore. Il fit glisser ses doigts le long de ses muscles jusqu'à venir caresser la paume de sa main, puis entrelacer leurs doigts. Un frisson secoua le corps de Zoro à ce geste si intime et tendre. En réponse, il faufila sa main libre sous le t-shirt de Sanji et recouvrit sa peau si douce de caresses.

Tandis que Sanji titillait son oreille de la façon la plus exquise, le bretteur faufila son visage sous les mèches blondes et malmena la peau chaude de son cou de sa bouche. Il aimait sentir cet endroit, car il se mélangeait ici toutes sortes d'odeurs. Celle du shampooing à la vanille de Sanji, celle légère de cigarette, celle épicée et si masculine de sa peau. Il aimait se fondre dans ce petit monde et se laisser envelopper complètement par la présence de son homme.

Sa main dans son dos amorça une descente vers la chute de rein qu'il savait incroyablement sexy. Elle se glissa sous le léger vêtement et d'un geste ferme, il empoigna l'une de ses fesses. Un hoquet lui répondit, de même qu'une légère morsure sur son lobe. Satisfait, il continua ses caresses appuyées, remontant parfois le long de son flanc.

Sanji cessa ses délicieuses attentions sur sa peau et, après un bref échange de regards enfiévrés, il plongea une nouvelle fois dans sa bouche. Ses gestes étaient plus rapides, plus diffus à mesure que le désir montait en lui. Zoro lui répondit avec le même entrain, et un gémissement lui échappa lorsque le bassin de son cuisinier ondula soudain contre le sien. Sanji était doué à ce petit jeu et Zoro savait qu'il perdrait bientôt sa retenue.

Sa réserve fut d'autant plus mise à rude épreuve lorsque la main de Sanji se détacha de la sienne et se posa contre son torse, descendant irrémédiablement vers sa cible. Il sentit les doigts agiles soulever le rebord de son pantalon, et une décharge électrique lui parcourut la colonne vertébrale lorsque la main mutine s'empara sans plus de cérémonie de son membre douloureusement excité.

De lents et longs va-et-vient lui coupèrent un instant le souffle. Puis il récupéra un tant soit peu ses esprits et profita d'avoir récupéré sa main pour relever le t-shirt de Sanji et l'enlever. Au lieu de reprendre le baiser, celui-ci pressa sa joue contre la sienne et son souffle chaotique chatouilla son oreille. Il continuait de remuer son bassin tout en poursuivant ses gestes sur la virilité de Zoro.

Ce dernier plaqua une main ferme dans son dos et la peau de leurs torses se touchèrent enfin. Cette nouvelle position gênait le mouvement de hanches de Sanji et un léger gémissement de frustration se fit entendre. L'ignorant quelques instants, Zoro laissa ses mains errer sur son dos, ses flancs, sa nuque. Sa bouche retrouva le chemin de son cou et s'amusa à tracer une ligne de baisers en suivant les grains de beauté qui indiquaient la direction de son épaule blanche. Il embrassa celle-ci à pleine bouche et termina son parcours par une morsure qui laisserait probablement une trace rouge pendant quelques jours.

Satisfait de son œuvre, il consentit finalement à s'occuper du problème de son blondinet. Il relâcha sa prise dans son dos et glissa sa main entre leurs deux corps. A son tour, il souleva le tissu et laissa enfin ses doigts parcourir le membre dur de Sanji. Celui-ci reprit bruyamment sa respiration et un ronronnement s'éleva dans le fond de sa gorge. Ronronnement qui se transforma en gémissement aussitôt que la main de Zoro se referma complètement sur lui, entamant sans plus tarder de rapides gestes.

Sanji peinait à respirer tellement le plaisir que Zoro lui donnait était puissant. Il savait qu'il ne durerait pas longtemps ainsi. Il aurait aimé plus, mais se contenterait certainement de ce que son amant lui donnerait. Mais soudain, les mouvements s'arrêtèrent et la frustration s'empara à nouveau de lui. Il sentait son membre palpiter dans la main toujours fermée autour de lui. Il sentait les larmes lui monter aux yeux et était sur le point d'exprimer son mécontentement lorsque les frictions reprirent. Le rythme était lent, très lent, mais c'était tout de même mieux que rien.

Et puis le cuisinier réalisa que, perdu dans la puissance des sensations, il avait arrêté ses gestes sur la virilité de Zoro. Il aurait voulu lui imposer le même rythme effroyablement lent, mais une idée soudaine l'empêcha de réaliser sa petite vengeance. De son autre main, il écarta celle de Zoro, puis attrapa leurs deux membres de l'autre et reprit ses mouvements de va-et-vient. Les sensations se décuplèrent et il se cambra de plaisir contre Zoro. Il l'entendit pousser un grognement sourd et comprit que son initiative était appréciée. Bientôt, sa main fut rejointe par celle de Zoro et ensemble, elles créèrent un rythme délicieusement excitant.

Le bassin de Zoro donnait de petits coups inconscients vers le haut, tandis que Sanji se cambrait de plus en plus. De son autre main, Zoro attrapa sa nuque et leurs bouches s'entrechoquèrent violemment. Mais le plaisir était trop grand pour qu'ils s'en soucient. Ils échangèrent un baiser chaotique, presque bestial. Ils savaient tous deux que la fin était proche et la fièvre contrôlait leurs corps.

La main de Zoro pressa un peu plus leurs membres tout en accélérant le rythme. Sanji haletait et avait du mal à remplir sa part du contrat, pourtant le sabreur ne semblait pas s'en soucier. La tension dans son bas-ventre était au maximum et des éclairs blancs commençaient à barrer sa vision. Il rapprocha alors une nouvelle fois son visage de celui de Zoro et laissa ses halètements aller mourir dans l'oreille de son homme, son souffle saccadé faisant parfois tinter les boucles d'oreille.

- Zoro…, gémit-il, Zoro…

Il était proche, encore quelques va-et-vient et c'était la fin. Lorsque l'orgasme le frappa enfin, il se tendit violemment et cria une nouvelle fois le nom de Zoro. Celui-ci ne prit que quelques instants de plus avant de lui répondre en écho. Mais Sanji l'entendit à peine, perdu quelque part entre le Sunny et All Blue.

Les yeux fermés, il tentait de reprendre son souffle, son corps complètement relâché contre celui de Zoro. Après quelques instants, il comprit que le sabreur était dans le même état que lui. Il sentit sa main agrippée à sa nuque, collant sa tête contre son cœur. Sanji l'entendait battre à une vitesse incroyable et dans un éclair de lucidité il se rendit compte qu'il battait exactement au même rythme que le sien.

- Zoro…, murmura-t-il, les émotions faisant trembler légèrement sa voix.

- Je suis là, répondit-il simplement de son timbre rauque.

Sanji n'insista pas plus. L'avoir là, contre lui, sous lui, vivant et comblé… rien d'autre n'importait. Son cauchemar ne lui enlèverait pas cela. Il profiterait de chaque instant à ses côtés, il continuerait de se battre contre lui et avec lui, de lui faire l'amour et de préparer rien que pour lui des boissons rafraîchissantes lorsqu'il s'entrainait torse nu sur le pont brûlant du Sunny. Aussi longtemps que les dieux le permettraient.

Une pression sur ses épaules le sortit de ses pensées.

- Sanji, relève-toi.

- Pourquoi ? demanda-t-il, une pointe de panique se décelant dans sa voix.

- Relève-toi, répéta simplement Zoro.

Les effets de son orgasme toujours en lui, il obéit sans discuter. Il s'assit d'abord sur le bassin de Zoro, puis descendit sur le futon. Il comprenait maintenant la raison de sa demande. Il se sentait tout collant et sale, sa semence ainsi que celle de Zoro recouvrant leurs deux torses. Il regarda en silence son homme retirer son pantalon, le jeter un peu plus loin puis s'essuyer avec un tissu noir. Occupé à regarder le chiffon improvisé suivre les courbes de Zoro, s'attardant dans les vallées formées par ses muscles saillant sous la peau dorée, il ne réalisa le crime que lorsque ce dernier lui jeta le tissu pour qu'il en fasse de même.

Avec une moue dégoûtée, il déplia le vêtement déjà bien salit du bout des doigts et lança un cri de rage lorsque ses craintes furent confirmées.

- MARIMO ! hurla-t-il, se retenant de lui envoyer un bon coup de pied sur sa tête d'algue.

- Quoi ? répondit le coupable sur un ton renfrogné et faussement surpris.

- C'est mon putain de t-shirt !

- Et ?

- J'y crois pas, tu te fous de ma gueule, j'y tenais moi à ce foutu t-shirt !

- Ça existe le savon, riposta Zoro, t'aura qu'à le laver.

Un rire hystérique lui répondit.

- Non, TOI, tu vas le laver, espèce de crétin d'homme des cavernes !

- Si ça peut te faire plaisir, consentit simplement Zoro avant de bâiller.

L'absence de réaction violente stoppa Sanji dans sa colère. Sans un mot de plus, il le regarda se glisser nu sous la couette et se préparer à dormir. Rendant les armes, il soupira et fixa un instant son précieux t-shirt. Au point où il en était… A son tour, il s'essuya autant qu'il put et imita Zoro en enlevant son boxer, lui aussi partiellement souillé. Il lança le tout au sol près des vêtements du marimo et le rejoignit sous les draps.

Malgré sa colère et sa rancune toujours présentes, il se colla contre son corps et soupira de bien-être quand un bras entoura sa taille et le rapprocha encore plus. Le cauchemar oublié, il ne mit que quelques minutes à s'endormir, insouciant du fait qu'ils n'étaient pas seuls à bord…


Et voilà la première partie de ma contribution au concours organisé par Nathdawn. N'hésitez pas à laisser des reviews pour me dire ce que vous en avez pensé ^^

Pour celles qui ont déjà lu mon OS "Now and Forever", celui-ci se place dans le même "monde" et on peut y voir une continuation. Dans ma tête, les évènements de cet OS se passent quelques temps après le premier. Mais il peut tout à fait être lu séparément.

La deuxième partie est déjà terminée et sera en ligne dans quelques jours ! A bientôt !