Note de l'auteur: Merci encore à Akarisnape pour m'avoir corrigé ce chapitre ! Merci aussi à tous ceux qui m'ont laissé un commentaire.
Bonne lecture !
Résumé du chapitre précédent: Rubeus Hagrid emmène Harmny acheter ses fournitures scolaires sur le Chemin de Traverse à Londres, un chemin caché auquel on accède par magie. À la banque des sorciers de Gringotts, alors qu'elle avait perdu le géant de vue, elle rencontre une femme mystérieuse, Mrs William, qui l'aide à retrouver Hagrid après qu'elle lui ait ramené un objet que cette dernière avait égaré. Tandis qu'elle prend l'argent que ses parents lui ont laissé avant de mourir, le géant récupère dans une chambre forte un objet entouré de papier mais sérieusement gardé.
Elle rencontre au prêt-à-porter où elle est allée pour faire son uniforme de Poudlard, un garçon pâle dont elle espère faire son premier ami de son âge. Cependant, bien que ce dernier se comporte tout d'abord comme un gentleman envers elle, il révèle très vite des avis et opinions qui la repoussent.
Harmony achète son matériel, dont une baguette magique faite avec une plume du même phénix que la baguette de Voldemort.
Chapitre III
Le train de rencontres
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xx Août 1991
Cher journal,
Ce mois est plutôt tranquille : Dudley s'enfuit à chaque fois qu'il me voit, les mains sur son derrière, comme s'il avait peur que je lui jette un sort (c'est sûrement le cas), et mon oncle et ma tante font comme si je ne suis pas là. Enfin, plus que d'habitude je veux dire. C'est mieux qu'avant, mais c'est vraiment triste que je me suis parfois mise à regretter quand ils m'ignoraient pas. Enfin, parlons de choses moins déprimantes !
J'ai passé mes journées à lire mes manuels scolaires et j'ai trouvé un nom dans Histoire de la magie qui me plaisait bien. C'est comme ça que j'ai baptisé ma chouette Hedwige. Elle va souvent se promener dehors par la fenêtre et revient avec des cadavres de souris qu'elle partage avec Snack. Ils ont l'air de s'entendre maintenant. Je me demande ce qui s'est passé pendant que je ne regardais pas, ils semblaient pourtant se détester quand je les ai présentés la première fois. Je n'ai compris qu'une partie de leur dispute (je ne peux comprendre que les serpents, pas les autres animaux. Il faudrait je me renseigne sur ce mystérieux pouvoir). Apparemment, tous les deux pensaient avoir un droit sur moi mais Snack a dit qu'il est celui qui a le droit sur moi parce qu'il m'a rencontrée le premier... vaut peut-être mieux ne pas trop réfléchir dessus.
Que je suis pressée d'être déjà le 1er septembre ! J'attends ce jour avec impatience !
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En cet instant, Hedwige n'était pas une chouette très contente. Un oiseau au plumage et au bec aussi sombre que la nuit s'était introduit par la fenêtre dans son territoire. Il avait déposé un colis dans le nid de sa maîtresse et de la créature sans pattes. Un corbeau, avait expliqué sa maîtresse.
Hé bien ! Le corbeau n'allait certainement pas lui chiper son travail si elle avait son mot à dire ! C'était à elle, Hedwige, de livrer et délivrer les lettres et colis à son oisillon ! Sa maîtresse en était encore une, avait décidé Hedwige. Peu importe ce que Snack, l'espèce de vers à écailles verdâtres pouvait bien dire ! C'était son domaine ! Pas à cet oiseau couleur suie !
Du calme, lui intima Snack. Il ne voyait pas où était le problème de la boule de plumes blanche volante. Et puis, ce n'était pas en s'énervant qu'elle le résoudrait.
Le courrier apporté par d'autres oiseaux n'était pas sans danger, ils n'étaient pas des professionnels, elle expliqua en un hôlement mécontent. Les hiboux et chouettes postaux étaient beaucoup mieux qualifiés, donc plus sûrs.
Le serpent demanda alors pourquoi elle tenait tant à encore couver la petite. Elle allait pourtant bientôt sortir du nid, elle pouvait très bien juger elle-même le danger et profiter de l'expérience.
La chouette blanche n'était pas d'accord. Même parmi les siens, la petite restait toujours très jeune, elle avait encore besoin qu'un adulte veille sur elle ! Elle n'était qu'un petit oisillon sans défense !
Comment ça ? Les serpenteaux n'avaient pas besoins de leurs géniteurs, siffla le reptile, ils se débrouillaient aussitôt qu'ils avaient éclos, ils étaient déjà indépendants.
Hedwige poussa un cri réprobateur. Voilà des parents complètement irresponsables ! Une raison de plus pour elle de penser que le rampant ne faisait pas un bon père !
Snack hissa, n'appréciant guère la remarque. Comme si elle était mieux ! Avec une mère poule comme elle pour lui donner sans cesse la becquée, la petite aura du mal à s'envoler de ses propres ailes !
L'oiseau hérissa les plumes, irritée, et le serpent se dressa de façon menaçante pour retransmettre sa colère.
Mais ils se turent lorsque l'enfant leva la tête vers eux, détournant son attention du paquet dont elle avait entrepris de déchirer l'emballage, attirée par le tapage qu'ils avaient provoqué, tandis que le corbeau, ayant jugé qu'il avait accompli son travail, s'envola.
§
Je me demande bien de quoi ils peuvent bien parler... ils avaient l'air d'avoir une discussion enflammée, se dit Harmony en regardant les deux animaux d'un œil intrigué. Parlaient-ils des joies de la famille ? Elle sentit la jalousie lui serrer la poitrine et elle dut repousser cette pensée au plus loin. Elle n'avait pas suivi leur dialogue, juste attrapée quelques mots comme « nid », « serpenteaux », « poule » et « becquée » à la volée.
En fait, après mûre réflexion, elle ne voulait rien savoir.
Elle retourna son attention sur le colis, s'empara de la lettre qui l'accompagnait et la lut. L'expéditeur devait être pourvu d'un vocabulaire bien fleuri car elle dut relire plusieurs fois la lettre afin de la comprendre. Sans compter l'élégance de l'écriture qui était bien jolie à regarder mais qui rendait difficile le déchiffrage.
Elle se sentait plutôt dépassée. Les mots étaient bien trop grands pour elle. En lisant les lignes en travers, tout ce qu'elle parvint à comprendre, c'était que la personne lui envoyant le paquet la remerciait d'avoir donné un coup de main à sa femme bien-aimée, et qu'elle avait écrit au directeur de Poudlard, le professeur Dumbledore, afin de choisir ensemble un présent qui, selon eux, lui serait à la fois bénéfique et très utile à l'école.
La brunette ne se rappelait d'une seule autre personne qu'elle avait aidé de son plein gré ces derniers mois écoulés : Mrs Williams.
Alors, ce devait être ce fameux mari qui lui avait offert la boule de cristal, conclut-elle. Ses yeux scannèrent rapidement la lettre à nouveau et se posèrent sur la signature.
Jareth Quinn
Roi des Kobolds
Des Kobolds ? Qu'est-ce que cela pouvait bien être ? Pourquoi Mrs Williams avait un nom de famille différent de son mari ? Et pourquoi avaient-ils contacté le directeur de l'école ? Roi des Kobolds... se pourrait-il que Mrs Williams était de la royauté ? Harmony se mordilla la lèvre inférieure. Tant de questions et aucunes réponses en vue. Elle soupira et mit la lettre de côté. Puis elle baissa les yeux sur le cadeau. Et poussa une exclamation qui attira l'attention des animaux.
~ Qu'y a-t-il ? questionna Snack en se tortillant vers elle pendant que Hedwige laissa échapper un hululement interrogatif.
Elle les ignora.
D'une main tremblante, elle s'empara du contenu du colis.
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1er Septembre 1991
Cher journal,
Aujourd'hui, c'est le grand jour ! Je suis si excitée ! À quoi va ressembler Poudlard ? En quoi est-ce différent d'une école normale, en dehors du fait qu'elle est magique ? Comment seront les autres enfants là-bas ? Seront-ils aussi anormaux que moi ? Arriverais-je à m'en faire des amis ? Dudley ne sera pas là, cette fois, pour m'empêcher de me faire des amis, alors ça devrait aller, j'espère.
Ah ! Il ne faudrait pas que j'oublie de mettre le cadeau de Mrs Williams !
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Regardant son reflet dans la vitre de la fenêtre de sa chambre, Harmony toucha d'un air absent le présent, jugeant les différences dans son apparence physique.
Pour être honnête, elle n'en voyait pas beaucoup.
Elle avait toujours été petite et maigre pour son âge, elle flottait dans ses vêtements et cela n'avait guère changé avec l'effet de l'objet. Son visage restait mince et ses yeux étaient toujours vert. La cicatrice qu'elle portait sur le front était fine et gardait la forme d'un éclair.
Par contre, ses cheveux noirs étaient devenus plus courts et plus indisciplinés que d'habitude, et en penchant un peu la tête sur le coté, elle pouvait apercevoir que l'arrière était hérissée. Nerveuse, elle passa une main sur ses cheveux, les décoiffant davantage. Elle ne sentait pas ses deux couettes. Elles avaient bel et bien disparu.
L'illusion était complète.
Les instructions étaient claires, les autres ne verraient rien d'anormal mais elle se sentait plutôt mal à l'aise. Elle n'avait, après tout, jamais aimé mentir, même si elle était douée pour détourner une attention non voulue. Enfin, qui vivra verra, pensa-t-elle en s'emparant du poignet de sa valise et de la cage d'Hedwige, Snack caché confortablement dans d'une poche intérieure qu'elle avait cousu elle-même pour lui dans tous ses hauts.
Avant de quitter le seuil de sa chambre – prison, insinua son esprit – elle se rappela de défaire l'enchantement de l'artéfact. Après tout, elle ne pensait pas que les Dursley le prendraient bien si un garçon sortait au lieu de leur nièce, même si ledit garçon avait des airs familiers.
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Hagrid avait oublié de me dire comment se rendre sur le quai de la gare ! Et les Dursley ne m'ont pas aidé, au contraire, ils se sont bien moqués de moi et ne m'ont même pas dit au revoir avant de partir. Je m'y attendais, je sais comment ils sont avec moi mais... il n'empêche que ça me fait toujours mal à la poitrine. Je ne vais pas pleurer ! Rien ne sert de pleurer sur le lait renversé, ce serait juste du gâchis !
En tout cas, si cette famille aux cheveux roux flamboyants n'était pas apparue...
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Harmony se fraya un chemin parmi la foule jusqu'au dernier wagon où elle trouva enfin un compartiment vide. Elle posa d'abord la cage d'Hedwige à l'intérieur du wagon, puis elle essaya de hisser sa valise sur le marchepied mais elle ne parvint qu'à la laisser tomber sur son pied.
— On peut t'aider ? demanda l'un des jumeaux roux qu'elle avait suivis à travers la barrière.
— Je veux bien, répondit-elle, le souffle court.
— Hé, Fred, viens nous donner un coup de main.
Avec l'aide des jumeaux, elle parvint à s'installer avec sa valise dans un coin du compartiment libre. Elle les remercia.
— Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda soudain l'un des jumeaux en montrant la cicatrice en forme d'éclair qu'elle avait dévoilée par inadvertance en relevant d'un doigt une mèche de cheveux trempés de sueur.
— Ça alors ! s'exclama l'autre frère. Ce ne serait pas...
— Si, c'est sûrement lui, dit le premier jumeau. C'est bien ça ? ajouta-t-il à l'adresse de la brune.
— Pardon ? demanda celle-ci, complètement perdue.
— Harry Potter, dirent en chœur les deux frères.
Harmony mit quelques secondes avant de réaliser qu'ils parlaient d'elle.
— Oui, oui, c'est lui, répondit-elle avant de se corriger. Enfin, je veux dire... c'est moi.
Les deux frères la regardèrent bouche bée et la jeune fille se sentit rougir. Allaient-ils remarquer quelque chose d'étrange ? À son grand soulagement, une voix retentit à la porte du wagon.
— Fred ? George ? Vous êtes là ?
— On arrive, M'man.
Après avoir jeté un dernier coup d'œil à la brunette, les jumeaux se hâtèrent de redescendre sur le quai. Harmony s'assit dans le coin près de la fenêtre. À demi-cachée, elle pouvait observer et entendre la famille aux cheveux roux sans être vue. Snack sortit de la manche gauche de son tee-shirt.
~ Que fais-tu ? Tu n'es plus chez eux, tu n'as pas besoin de te cacher isssi.
Elle n'avait pas besoin de demander qui étaient ces « eux » dont il parlait.
— Je recueille des informations.
Elle était curieuse : à quoi ressemblait une famille de sorciers ? En quoi était-ce différent d'une famille de Moldus, en dehors de la magie ? Était-ce comme chez les Dursley qui chouchoutaient leur fils inconditionnellement ?
— Ron, dit la mère en sortant un mouchoir, tu as quelque chose sur le nez.
Le plus jeune des garçons roux essaya de se dérober mais sa mère l'attrapa par le bras et se mit à lui frotter le bout du nez. Je me demande si Maman m'aurait embêtée comme ça, songea la fille avant de se rendre compte vers où ses pensées la dirigeaient. Elle se secoua mentalement, refusant de se laisser abattre. Elle écouta d'une oreille distraite Snack se chamailler avec Hedwige pendant qu'elle continuait à espionner la famille de sorciers.
Plusieurs minutes plus tard, après le départ du train, la porte du compartiment s'ouvrit et le plus jeune des frères aux cheveux roux entra. Harmony s'empressa de fourrer le serpent sous son tee-shirt.
— J'peux m'asseoir ? demanda-t-il en montrant le siège en face d'elle. Y a plus de places nulle part.
La fille aux cheveux sombres hocha la tête et le garçon s'assit. Il lui jeta un coup d'œil puis se tourna du côté de la fenêtre d'un air indifférent. Il avait toujours une tache noire sur le bout du nez. Elle se demanda si le prévenir qu'il avait encore la saleté serait la moindre des politesses, puis elle se demanda si cela le vexerait. Elle décida finalement de s'abstenir du moindre commentaire. Elle ne voulait pas s'aliéner son potentiel premier ami sorcier, après tout.
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Ron Weasley est un garçon intéressant. Beaucoup plus intéressant que celui que j'ai rencontré sur le Chemin de Traverse, à mon avis. Les Weasley sont certainement l'une de ces vieilles familles de sorciers auxquelles il faisait allusion.
Cinq frères et une sœur... j'envie Ron un peu, il ne doit pas se sentir beaucoup seul chez lui, même s'il n'a pas l'air de trouver ça super. En tout cas, j'aime bien leur cheveux flamboyants. Je sais ! C'est décidé, je vais le surnommer Poil-de-Carotte si jamais on devient ami, parce qu'il paraît que des amis se donnent des surnoms ! Je lui demanderai de m'en donner un en retour !
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Le train était sorti de Londres, à présent. Pendant un long moment, ils restèrent silencieux, contemplant les vaches et les moutons qui paissaient dans les prés, le long de la voie. Vers midi et demi, ils entendirent un chariot tintinnabuler dans le couloir du wagon et une jeune femme souriante fit glisser la porte du compartiment.
— Vous désirez quelque chose, les enfants ? demanda-t-elle en montrant les marchandises disposées sur le chariot.
Harmony, qui n'avait pas pris de petit déjeuner, se leva d'un bond. Ron, les oreilles à nouveau écarlates, marmonna qu'il avait apporté des sandwichs. Pour la première fois de sa vie, elle avait les poches pleines d'argent et elle était décidée à s'en servir pour s'acheter autant de barres de chocolat qu'il lui plairait. Mais en examinant les friandises que vendait la jeune femme, elle s'aperçut qu'elles lui étaient totalement inconnues. Comme elle ne voulait rien manquer, elle acheta un peu de tout.
Le jeune roux ouvrit de grands yeux lorsqu'elle revint avec ses acquisitions et les étala sur la banquette.
— T'as faim ?
— Je suis affamée, confirma-t-elle en mordant avidement dans une Patacitrouille.
Il était en train de déballer un paquet qui contenait quatre sandwiches. Il en prit un et fit la grimace.
— Ma mère oublie toujours que j'ai horreur du corned-beef, soupira-t-il.
— Si tu veux, je te l'échange contre ce qui te plaira, offrit-elle, se sentant mal à l'aise d'être la seule à pouvoir manger toutes ces confiseries.
— Il faut surtout pas manger ça, c'est tout sec, avertit-il. Ma mère n'a pas beaucoup le temps de faire la cuisine, nous sommes cinq enfants à la maison.
— Vas-y, sers-toi, proposa-t-elle, ravie de pouvoir partager quelque chose avec un autre être humain pour la première fois de sa vie.
C'était un sentiment vraiment très agréable que d'être assise là avec Ron, mangeant ensemble des gâteries, gâteaux et bonbons qu'elle avait acheté, délaissant les sandwichs à présent oubliés de Ron.
— Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle en montrant un paquet de Chocogrenouilles. Ce ne sont pas de vraies grenouilles, j'espère ?
— Non, rassura-t-il, mais regarde la carte qui est à l'intérieur, j'en fais collection. Il me manque Agrippa.
— La carte ? répéta-t-elle, intriguée.
— Dans chaque paquet de Chocogrenouille, il y a une carte sur un sorcier ou une sorcière célèbre. Moi, j'en ai déjà cinq cents, mais il m'en manque encore quelques-unes. Agrippa et Ptolémée, par exemple.
Elle ouvrit un paquet et aperçut une grenouille en chocolat. Elle entendit Snack hisser sous ses vêtements mais elle l'ignora pour le moment, la bestiole chocolatée ayant actuellement son entière attention. Elle bougeait comme si elle était vivante ! Ses yeux s'arrondirent tandis qu'ils suivirent du regard la créature qui s'échappa du paquet en sautant sur le verre de la fenêtre et s'y colla dessus.
— Regarde ! s'exclama le garçon d'une voix alarmée.
La grenouille s'avança vers la petite ouverture et sauta de nouveau. Harmony la vit se faire emporter par le vent, prise par la vitesse du train.
— Oh ! C'est pas de chance ! se lamenta Ron. Normalement, elles ne peuvent faire qu'un seul grand bond !
Je suis sûre qu'il aurait voulu la manger, pensa-t-elle, amusée, en baissant les yeux vers ce qui restait du paquet. Elle trouva la carte. Elle montrait la photo d'un homme avec des lunettes en demi-lune, un long nez aquilin, une chevelure argentée, une barbe et une moustache. Sous le portrait était écrit le nom du personnage : Albus Dumbledore.
— C'est lui, Dumbledore ? s'exclama la jeune fille.
— Ne me dis pas que tu n'en as jamais entendu parler ? Tiens, passe-moi un autre Chocogrenouille, j'y trouverai peut-être une carte qui me manque.
Elle retourna la carte, lut le texte inscrit derrière, puis elle regarda à nouveau la photo et fut stupéfaite de constater que Dumbledore avait disparu.
— Il est parti ! s'écria-t-elle, incrédule.
— Tu croyais tout de même pas qu'il resterait là toute la journée, dit le roux sur le ton de l'évidence. Mais t'en fais pas, il va revenir. Oh non, je suis encore tombé sur Morgane ! gémit-il. J'en avais déjà six... Tu la veux ? Tu pourras commencer une collection.
Il regarda avec envie la pile de Chocogrenouilles qui attendaient d'être ouverts.
— N'hésite pas à te servir, encouragea-t-elle. Tu sais, chez les Moldus, les gens restent immobiles sur leurs photos, expliqua-t-elle.
— Ah bon ? Ils vont jamais faire un tour ? demanda-t-il, étonné. Ça, c'est vraiment bizarre.
Bienvenue dans le club. Ce qui est normal pour toi est bizarre pour moi. Et vice versa... c'est donc ça, ce qu'on appelle le choc des cultures ? La brunette vit alors Dumbledore reprendre sa place sur la photo et lui adresser un petit sourire. Des petits cris ressemblant à des couinements se firent entendre.
~ Un rat ! siffla Snack. Laisssse-moi le manger !
Harmony tapota discrètement sur son compagnon, lui intimant silencieusement de se taire. Un gros rat gris grignotait dans une des boites de Dragées surprises de Bertie Crochue sur les genoux du garçon aux cheveux flamboyants.
— Au fait, j'te présente Croûtard. Il est pitoyable, non ?
Elle acquiesça. Le rat n'était vraiment pas mignon à voir.
— Hier, j'ai essayé de lui jeter un sort, je voulais changer sa couleur en jaune pour le rendre un peu plus drôle, mais ça n'a pas marché. Je vais te montrer. Regarde...
Il fouilla dans sa valise et en sortit une vieille baguette magique tout abîmée. Quelque chose de blanc brillait à son extrémité.
— Elle est tellement vieille que le poil de licorne commence à sortir.
Au moment où il brandissait sa baguette, un garçon joufflu que Harmony avait déjà vu sur le quai 9¾ entra dans le compartiment, les yeux larmoyants, accompagné d'une fille vêtue de sa robe de Poudlard. Elle avait d'épais cheveux châtains ébouriffés et de grandes dents.
— Vous n'auriez pas vu un crapaud ? Neville a perdu le sien, dit-elle d'un ton autoritaire.
— Il n'arrête pas de s'échapper, se lamenta le garçon.
— Il va sûrement revenir, tenta de le consoler Harmony.
— On n'a rien vu du tout, répondit en même temps le roux.
Mais la fille ne l'écoutait pas. Elle regardait la baguette magique qu'il tenait à la main.
— Tu étais en train de faire de la magie ? demanda-t-elle. Voyons ça.
Elle s'assit sur la banquette en face de Harmony. Ron sembla pris au dépourvu mais il s'éclaircit la gorge afin de reprendre où il en était.
— Bon, dit-il, allons y :
Soleil, jonquille et mimosa,
Que ce gros vilain rat
En jaune soit colorié
De la tête jusqu'aux pieds !
Il agita sa baguette. La boite de Dragées surprises de Bertie Crochue fut éjectée et le rat émit un couinement de surprise mais rien d'autre ne se produisit. Aucun changement de couleur, Croûtard était toujours aussi gris. Il croisa le regard déçu de Harmony et haussa les épaules avant de s'emparer d'un paquet de Fondants du Chaudron.
— C'est ça que tu appelles jeter un sort ? dit l'intruse d'une voix sceptique. Pas très brillant comme résultat. Moi, j'ai essayé de jeter des sorts pour m'entraîner – des sorts faciles, bien sûr – et à chaque fois, ça a marché.
Elle sortit sa baguette de sa poche et la pointa entre les deux yeux de Harmony qui louchèrent automatiquement dessus.
— Par exemple... Oculus Reparo, incanta-t-elle en touchant le milieu des lunettes du bout de sa baguette magique.
La travestie laissa échapper une exclamation de crainte et sentit ses muscles se tendre par anticipation. Le ruban adhésif rafistolant ses lunettes disparut. Elle les retira pour mieux les regarder et écarquilla grand les yeux. Sa paire de lunettes était à présent comme neuve ! Elle échangea un autre regard avec Ron, puis elle remit ses lunettes sur le nez tout en exprimant ses remerciements à l'autre brune.
— C'est mieux comme ça, non ? Personne n'est sorcier dans ma famille, j'ai eu la surprise de ma vie en recevant ma lettre, mais j'étais tellement contente ! On m'a dit que c'était la meilleure école de sorcellerie. J'ai déjà appris par cœur tous les livres qui sont au programme, j'espère que ce sera suffisant pour débuter. Ah, au fait, je m'appelle Hermione Granger, et vous ?
Hermione avait dit tout cela très rapidement, sans reprendre son souffle. La fille aux cheveux plus sombre jeta un coup œil à Ron et fut soulagée. Son expression stupéfaite montrait que lui non plus n'avait pas appris par cœur tous les livres du programme.
— Je m'appelle Ron Weasley, marmonna le roux, la bouche pleine.
— Enchantée, moi, c'est Harry Potter, se présenta-t-elle après un moment d'hésitation.
— Nom d'une chouette, c'est vrai ? s'exclama Hermione, ignorant le timide «Je suis Neville Londubat, si ça intéresse quelqu'un... » de l'autre enfant. Je sais tout sur toi, j'ai lu quelques livres supplémentaires pour ma culture générale et je peux te dire qu'on parle de toi dans Histoire de la magie moderne, Grandeur et décadence de la magie noire et Les Grands Événements de la sorcellerie au XXe siècle.
— Vraiment ? fit Harmony, abasourdie.
— Tu ne savais pas ? Si c'était à moi que c'était arrivé, j'aurais lu tous les livres où on en parlait, affirma l'autre fille. Vous savez dans quelle maison vous serez ? Moi, j'espère bien aller chez les Gryffondor, ça m'a l'air d'être la meilleure. On m'a dit que Dumbledore y a fait toutes ses études, mais les Serdaigle ne doivent pas être mal non plus. Enfin, bon, dit-elle en se relevant, on va essayer de retrouver le crapaud de Neville. Vous feriez bien de mettre vos robes de sorcier, vous deux, on ne va pas tarder à arriver.
Et elle s'en alla en emmenant le garçon joufflu abandonné par son crapaud.
— J'espère en tout cas qu'elle sera pas dans la même maison que moi, celle-là, grommela Ron un rangeant sa baguette magique dans sa valise. Complètement idiot, ce sortilège. C'est George qui me l'a appris, il devait savoir que ça marchait pas.
La brunette lui demanda d'en dire un peu plus sur les maisons de Poudlard, ce que le garçon fit avec joie. Ils parlèrent de divers sujets, dont la tentative de vol chez Gringotts. Il commençait tout juste à lui expliquer ce qu'était le Quidditch lorsque la porte du compartiment s'ouvrit à nouveau. Cette fois-ci, ce n'étaient ni Neville Londubat le garçon sans crapaud, ni Hermione Granger la fille bavarde.
Trois élèves de Poudlard entrèrent et Harmony reconnut parmi eux, celui se trouvant au milieu, le garçon au teint pâle dont elle avait fait la connaissance dans la boutique de vêtement de Madame Guipure.
§
Depuis qu'il était monté dans le Poudlard Express, Drago n'avait pu s'empêcher de chercher inconsciemment du regard la fille qu'il avait rencontré dans la boutique de prêt-à-porter. Chaque fille aux cheveux sombres qu'il apercevait, il vérifiait si celle-ci possédait des yeux vert. Peu importe si cette dernière portait des lunettes ou non, c'était la couleur des yeux qu'il essayait de voir en priorité.
Mais les heures passaient et il ne l'avait toujours pas retrouvée.
Il tenta alors d'ignorer la déception grandissante à l'intérieur de lui. Tant pis, essaya-t-il de se consoler lui-même, de toute façon, il y a des chances que je la revois à Poudlard.
— Chercherais-tu quelqu'un, Malefoy ?
Il croisa le regard amusé d'un garçon à la peau mate assis sur la banquette en face de lui.
— Non, pas vraiment, Zabini, dit-il prudemment.
— Vraiment ? fit le garçon filiforme installé à sa gauche. Alors, pour quelle raison scrutais-tu toutes ces filles ? Nous ne sommes pas aveugle, tu sais.
Une partie de Drago était un peu impressionnée, le reste très ennuyé car Théodore Nott n'avait pas quitté des yeux le livre qu'il tenait d'une main, sa joue étant posée de façon avachie sur l'autre main pliée en un poing.
— J'ai remarqué que tu dévisageais particulièrement les filles aux cheveux noirs, ajouta Blaise Zabini sur le ton de la conversation.
— C'est donc ton genre, Drago ? Je ne savais pas ! s'exclama Théodore avec une surprise feinte.
Le blond sentit ses joues se chauffer mais il parvint à prendre un air nonchalant.
— Si vous tenez tant à savoir, dit-il d'une voix traînante, c'est parce que je dois chercher une personne spécifique. Avec des cheveux sombres.
Maintenant, laissons-les arriver à une conclusion par eux-mêmes avec cette unique information, pensa le jeune Malefoy en ricanant. Comme il l'avait prévu, il vit un éclair de compréhension traverser les yeux de Zabini et Théodore.
— Tes parents t'ont dit de chercher une potentielle fiancée ? Aussi tôt ? dit le garçon efflanqué, décollant enfin de son bouquin pour tourner des yeux ronds vers Drago.
Celui-ci ne répondit rien. Ils prirent donc son silence pour une confirmation. Mieux vaut qu'ils croient que je suis obligé de me trouver une promise plutôt que la moquerie que je risque de subir s'ils pensent que j'ai un « béguin », se dit-il. Ce qui est bien évidemment faux, bien sûr. Je n'ai pas le béguin pour el- pour qui que ce soit !
— Mais pourquoi... des cheveux... sombres ? demanda tout à coup Gregory Goyle entre deux bouchées de Baguettes magiques à la réglisse.
À côté de lui, mâchouillant goulûment des Ballongommes du Bullard, Vincent Crabbe hocha la tête pour faire comprendre qu'il se posait lui aussi la question. Les trois autres garçons prirent une mine dégoûtée face à la démonstration de travail de la mâchoire à lequel les brutes épaisses s'adonnaient de façon enthousiaste devant leur regard.
— C'est sûrement parce que la mère de Drago est une Black, offrit Théodore en guise d'explication. Les cheveux sombres sont une caractéristique héréditaire de la famille Black. Peut-être qu'elle veut avoir une belle-fille qui lui rappelle sa famille d'origine ?
— Si tu te cherches déjà una sposa, surtout avec cette caractéristique, je peux te présenter à mes sœurs, proposa Zabini en se penchant vers le blond avec un air intéressé. Tu as beaucoup de choix parmi elles.
— Pardon ? fit Drago, confus.
— Tu le sais, insista le noiraud, des demi-sœurs, j'en ai plein.
— Non, ça, je l'avais déjà compris ! s'écria le garçon au teint pâle, exaspéré. Quel est ce mot étrange que tu as utilisé ?
— Ce mot étrange ? Quel mot étrange ?
— Qu'est-ce que c'est, ouna sou... soupe-au... za ? questionna lentement Gregory, à son grand soulagement.
C'était exactement ce mot étrange que Drago ne comprenait pas. Au moins, il était content qu'il n'ait pas à reformuler sa question.
— Ah, ça ! Il faut être plus précis quand tu demandes quelque chose, Malefoy ! Regarde, Goyle s'y prend mieux que toi !
Je n'aurai pas à le demander du tout si tu pouvais parler correctement l'anglais ! fulmina-t-il.
— C'est un mot italien qui signifie « une fiancée », intervint le jeune Nott, sentant que son ami d'enfance était en train de s'énerver.
— Je sais que tu possèdes quelques origines italiennes, Zabini, dit Drago d'une voix traînante, mais tu es en Angleterre, donc parle Anglais !
Les sourcils froncés, Zabini ouvrit la bouche mais Théodore ne lui laissa guère le temps de prononcer le moindre mot.
— Si nous devions suivre cette logique, Drago, nous serions bientôt obligé de commencer à parler Écossais. Puisque Poudlard se situe en Écosse.
Le garçon au teint bronzé n'ajouta rien de plus mais le blondinet devinait que ce dernier devait être en train de rire sous cape.
— Dans quel camp tu te trouves, toi ? interrogea-t-il, les yeux plissés. Tu es censé être mon ami, Théo !
Le rat de bibliothèque eut l'audace de s'adosser confortablement avant de retourner dans sa lecture avec un air blasé, faisant comme s'il ne sentait pas le regard noir posé sur lui.
— Je suis dans le camp du bon sens, voyons ! dit-il en tournant une page.
Plus tard, ils entendirent une commotion. Il paraissait que le renommé Harry Potter était dans le train. Drago décida d'aller à sa rencontre. Une connexion de plus n'était pas plus mal. Plus particulièrement si cette dernière était une célébrité. Son père serait content s'il parvenait à se lier d'amitié avec lui.
— Crabbe. Goyle. On y va ! ordonna-t-il.
Les deux interpellés se levèrent aussitôt. Ils avaient l'air excités. Ils venaient tout juste de finir leur dernier paquet de friandises, alors ils commençaient à s'ennuyer. Après avoir envoyé un « À tout à l'heure » distrait à Blaise Zabini et Théodore Nott, il quitta le compartiment, Vincent et Gregory flanqués à chacun de ses côtés.
Après avoir visité maintes et maintes wagons, ils arrivèrent vers la fin du Poudlard Express. Un pleurnichard et une fille aux dents proéminents en sortirent. Drago dut retenir une grimace en voyant le garçon renifler et essuyer son nez dégoulinant sur sa manche. Il allait leur crier d'apprendre à se nettoyer lorsqu'il attrapa le nom de Harry Potter dans leur conversation.
Enfin ! Il était sur la bonne voie.
— Ôtez-vous de mon chemin ! aboya-t-il, les faisant sursauter.
Il posa une main moite sur la porte du dernier compartiment, ignorant le « Quel rustre ! » ronchonné par la fille-castor. Puis, il poussa.
Deux yeux métalliques rencontrèrent deux yeux vert brillant derrière une paire de grosses lunettes rondes.
Son cœur fit un bond si immense qu'il crut qu'il allait s'échapper de sa poitrine. Pendant un instant, il pensa qu'il avait fini par retrouver la jeune fille de chez Madame Guipure. Du moins, jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que l'enfant devant lui avait des cheveux plus courts et plus désordonnés, un visage plus mince – la fille était bien joufflue à côté de celui-ci –, que ses lunettes étaient dépourvues d'un ruban adhésif et qu'elles semblaient en bien meilleur état que celles d'Harmony.
Mais étrangement, il ne ressentit pas de la déception.
Au contraire, la sensation qu'il avait eu en présence de la fille aux yeux d'émeraude, il l'avait en ce moment avec le garçon dont les yeux étaient tout aussi verts. Il remarqua une fine ligne dépasser d'une mèche noire sur le front du garçon. La fameuse cicatrice en forme d'éclair... c'est donc lui.
— Alors, c'est vrai ? lança-t-il. On dit partout que Harry Potter se trouve dans ce compartiment. C'est toi, n'est-ce pas ?
— Oui, confirma Potter.
Remarquant que Potter regardait ses deux compagnons derrière lui, il fit les présentations.
— Lui, c'est Crabbe et l'autre, c'est Goyle, dit-il d'un air détaché. Moi, je m'appelle Malefoy, s'introduisit-il d'une voix fière, Drago Malefoy.
Le garçon aux cheveux roux se trouvant derrière Potter eut une toux discrète qui ressemblait à un ricanement. Drago tourna les yeux vers lui, les sourcils froncés.
— Mon nom te fait rire ? Inutile de te demander le tien, dit-il dédaigneusement en le regardant de la tête aux pieds. Un rouquin, et des vêtements de seconde main. Mon père m'a parlé de vous. Tu es forcément un Weasley.
Il avait craché le nom comme s'il s'agissait d'un insulte. Le Weasley en question s'arrêta aussitôt de rire. Le blond sourit, ravi de son effet, et se tourna à nouveau vers le garçon maigrelet.
— Fais bien attention à qui tu fréquentes, Potter. Si tu veux éviter les gens douteux, dit-il en regardant ostensiblement du coin de l'œil le traître à son sang, je peux te donner des conseils.
Il tendit la main et découvrit qu'il n'avait été autant excité et impatient de serrer la main d'autrui. Mais Potter refusa de la serrer. Il se contentait de lui parler froidement.
— Je n'ai besoin de personne pour savoir qui sont les gens douteux.
Les joues pâles de Draco rougirent légèrement tandis qu'il sentit l'épine du rejet venir le transpercer. Il avait mal à la poitrine. Son cœur se serrait douloureusement.
Est-ce qu'il... vient vraiment de dire ça ? À moi... un Malefoy ? Colère et humiliation prirent place à côté de la blessure, cherchant à la remplir, la panser. Personne ne refusait un Malefoy sans conséquence !
— Si j'étais toi, je serais un peu plus prudent, Potter, dit-il lentement. Si tu n'es pas plus poli, tu vas finir comme tes parents. Eux aussi ont manqué de prudence. Si tu traînes avec de la racaille comme les Weasley, ils finiront par déteindre sur toi.
Le reste devint flou pour lui. Tout s'était déroulé si vite devant ses yeux.
Vincent et Gregory s'avançant de façon menaçante vers Weasley et Potter.
Potter le regardant avec un air de défi, les yeux brillant d'aversion – bien qu'il ne se l'avoua pas à lui-même – le blessèrent.
Et Gregory se fit mordre par un rat après avoir plongé la main dans le tas de Chocogrenouilles.
Alors qu'il retournait d'un pas brusque à son compartiment, bousculant au passage la fille-castor qui revenait, alertée par le vacarme qu'ils avaient dû causer, tout ce dont il se souvint était qu'il détestait – non, haïssait Potter.
Il se jura dans sa tête, puis dans son cœur, l'esprit embrumé par la rage et bouillonnant de rancœur, qu'il ferait de la vie de Harry Potter un enfer.
§
Les trois garçons s'éclipsèrent aussitôt, craignant sans doute que d'autres rats se soient cachés parmi les friandises. Quelques instants plus tard, Hermione Granger arriva à son tour dans le compartiment.
— Qu'est-ce qui s'est passé, ici ? demanda-t-elle avec un ton exigeant en voyant les friandises étalées par terre et Ron qui tenait Croûtard par la queue.
— Je crois bien qu'il est assommé, dit-il d'une voix inquiète.
Il examina le rat de plus près.
— Ça, c'est incroyable ! s'exclama-t-il. Il n'est pas assommé, il s'est tout simplement rendormi !
En effet, le rat dormait paisiblement.
—Tu le connaissais déjà, ce Malefoy ? demanda-t-il à Harmony.
La binoclarde lui raconta sa rencontre avec lui sur le Chemin de Traverse. En omettant certains détails, bien entendu.
— J'ai entendu parler de sa famille, dit Ron d'un air sombre. Ils ont été parmi les premiers à revenir de notre côté quand Tu-Sais-Qui a disparu. Ils ont prétendu qu'ils avaient été victimes d'un mauvais sort, mais mon père n'y croit pas. Il dit que le père de Malefoy n'a pas besoin de mauvais sort pour se mettre dans le camp des forces du Mal.
Cela donnait à Harmony des raisons de plus de vouloir éviter le garçon au teint pâle. Hermione, qui en avait assez d'être ignorée, parla :
— Vous feriez bien de vous changer. Je suis allée voir le machiniste dans la locomotive et il m'a dit que nous étions presque arrivés. Vous ne vous êtes quand même pas battus, j'espère ? Vous cherchez les ennuis avant même qu'on soit là-bas !
— C'est Croûtard qui s'est battu, pas nous, répliqua le roux en lui lançant un regard noir. Ça ne t'ennuierait pas de nous laisser tranquilles pendant qu'on se change ?
— D'accord, je m'en vais, dit-elle d'un air hautain. J'étais venue vous voir parce que les autres ne font que des bêtises, ils courent dans le couloir comme des idiots et toi, tu as une saleté sur le nez, si tu veux savoir.
Ron lui adressa un regard féroce tandis qu'elle sortait du compartiment. Harmony se dit qu'elle avait bien fait de ne pas lui en avertir si cela aurait été sa réaction pendant qu'elle le regardait se frotter furieusement son nez avant de jeter de nouveau un regard noir par où la fille aux cheveux de broussaille était sortie.
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Quel... quel... c'était quoi le mot déjà, celui que ma tante utilise quand elle trouve quelqu'un malpoli ? Ah oui ! Quel goujat ! (est-ce que c'est vraiment le bon mot?) C'est sûr et certain maintenant ! Je refuse d'être placée dans la même maison que cet horrible blondinet !
~À SUIVRE~
Note de l'auteur: Tout d'abord, pour répondre un commentaire anonyme, je suis un peu confus. Je me suis relu et je constate que je n'ai annoncé nulle part que Neville est une fille. Le seul personnage canon à avoir subi un Gender-Flip (un changement de sexe pour ceux ou celle qui ne connaissent pas ce terme anglais) est Harry Potter. Je n'ai aucunement l'intention pour le moment de faire cela avec un autre personnage du livre.
Si vous vous demandez pourquoi l'extrait du journal intime d'Harmony est plus court à la fin du chapitre comparé à celui du début, c'est parce qu'elle est trop énervée pour écrire correctement tous ses pensées, et que c'est bientôt le moment de descendre du train. Alors qu'elle avait une grande partie des vacances d'été pour écrire celui du début.
Qu'avez-vous pensé de la caractérisation de Blaise Zabini et de Théodore Nott ? Ils ne sont pas beaucoup apparus dans les romans, alors c'était plutôt difficile d'écrire sur eux. Je me suis débrouillé comme je pouvais, en prenant en compte le peu d'informations que J.K. Rowling a laissé sur le site de Pottermore et sur le Wikia de Harry Potter.
D'après l'auteur, Théodore Nott est plus intelligent que Drago, alors je l'ai rendu plus tranchant dans ses répartis, et plus sarcastique car je ne voulais pas faire de lui un "Hermione n°2". Quant à Blaise Zabini, sa mère est célèbre pour sa beauté et pour s'être mariée sept fois, alors j'ai pensé que ce serait intéressant s'il n'était pas fils unique.
J'ai écrit la scène de discussion des futures Serpentard avant qu'ils ne soient Répartis afin de montrer comment se comporte Drago avec les autres avant qu'il ne parte à la rencontre de Harry Potter. Comment m'en suis-je sorti ?
Avez-vous passé un bon moment à lire ? J'espère que oui !
Au prochain chapitre !