Chapitre 8 : Le choix de Blaine.
- Kurt -
Cooper et Thomas les rejoignirent.
– Salut, dirent-ils.
– Salut, répondirent Blaine et Thomas.
Les deux arrivants s'assirent sur le banc près d'eux. Cooper, emprisonnant amoureusement Thomas avec ses bras, demanda :
– Est-ce que… tu sais ce que tu vas dire aux parents ?
– Non. Toi ?
– J'en sais rien du tout, avoua le plus grand. D'un côté, je sais que si je perds Thomas, je ne pourrai plus vivre. Mais d'un autre côté, je me dis que ma famille, c'est tout ce que j'ai.
– Moi, c'est pareil.
Blaine regarda son petit ami puis Thomas et enfin son frère.
– Kurt, mon chéri ?
– Oui, Blaine ?
– Toi et Thomas, vous ne voudriez pas nous laisse seuls ?
– Bien sûr. Tu viens, Thomas ?
Le garçon brun-blond se libéra de Cooper et suivit son meilleur ami. Ils allèrent vers le buffet. Ils ne parlèrent pas du choix que devait faire leur petit ami respectif.
– Je trouve que ce mariage est plutôt réussi.
– Oui, approuva Thomas. Ton homme chante très bien.
– Tu trouves aussi ? sourit-il.
– Ça doit être de famille. Cooper aussi a une voix magnifique.
– Tu l'as déjà entendu chanter ? s'étonna-t-il.
– Euh… Oui, avoua le garçon. On était en train de… Enfin, il me chantait "When I Get You Alone" et puis on a…
Kurt comprit tout de suite en entendant le titre : "Quand Je Suis Seul Avec Toi". Ce n'était pas dur d'imaginer les circonstances dans lesquelles Cooper avait chanté ça à son petit copain. Kurt sourit à cette image.
– Ah, d'accord ! Eh bien, il sort tout de suite le grand jeu…
– J'avoue que j'ai bien aimé cette soirée-là…
– Tu m'étonnes !
Thomas sourit et Kurt aussi.
– Il t'a déjà emmené au restaurant ? demanda le châtain.
– Oui, un tas de fois !
Kurt l'enviait un peu. Mais il savait bien que Thomas et Cooper étaient deux personnes qui s'exprimaient beaucoup, par rapport à Kurt et Blaine qui étaient plutôt timides. Ils avaient donc moins de mal à communiquer, c'était plus simple dans une relation aussi intense que celle de Cooper et Thomas.
Jeff et Nick arrivèrent.
– Salut ! dit Nick. On vous dérange ?
– Non, non.
– Vous pourriez nous expliquer ce qu'il s'est passé avec les parents de Blaine et Cooper ?
– Euh…, commença Kurt. En fait, leurs parents ont piqué une crise parce que leurs enfants viennent de leur avouer qu'il étaient gays et en couple avec Thomas et moi.
Jeff et Nick se regardèrent.
– Ah… Je les plains, dit Jeff.
– Du coup, poursuivit Thomas, ils veulent qu'ils arrêtent d'être gays.
– Mais ce n'est pas possible !
– Oui. Mais ça, leurs parents s'en fichent. Ils veulent qu'ils soient hétéros, sinon ils les ficheront à la porte.
Les deux garçons portèrent leur main à leur bouche. Ils ne pouvaient pas y croire.
– Mais c'est affreux ! s'exclama Jeff.
– Je dirais même plus : c'est horrible ! renchérit Nick.
Thomas et Kurt hochèrent la tête.
– Excusez-moi…, dit une voix très jolie.
Les quatre garçons se retournèrent. Jesse St James essayait de passer mais Jeff lui bloquait le passage. Le beau blond se décala et s'excusa. Jesse lui adressa un adorable sourire et le remercia chaleureusement, allant jusqu'à lui faire un clin d'œil.
– Hey, Jesse ! intervint furieusement Nick.
– Oh, salut. Il y a un problème ?
– Ouais, c'est toi mon problème ! Si t'arrêtes pas de draguer mon mec dans une seconde, je t'enfonce mon poing dans la figure !
Jesse haussa un sourcil. Jeff, prenant son petit ami par la taille, tenta de le raisonner :
– Nick, ça va, il voulait juste passer…
– Je m'excuse, dit Jesse. Je ne savais pas.
Il lui tendit une main. Nick, encore un peu énervé, la lui serra.
– Ne sois pas jaloux, lui murmura Jeff alors que le soliste aux cheveux châtains bouclés partait vers un groupe de filles.
Nick leva la tête vers lui et sourit.
– Désolé… Je t'aime ? tenta-t-il de se faire pardonner, affichant un sourire d'Apollon.
– Oui, tu m'aimes, répondit le blond en enfouissant son visage dans le cou du brun.
Jeff y déposa un baiser amoureux. Nick le prit par la taille.
– Excusez-moi, messieurs ?! s'exclama une voix stridente.
Les deux garçons tournèrent la tête. La mère de Blaine, suivie de son mari, approchait.
– Nous sommes dans une église, leur signala-t-elle. Ce n'est pas très catholique, tout ça.
Nick et Jeff se regardèrent. Ils devaient se demander si elle plaisantait ou non.
– Euh… Pardon ? dit Nick.
– Qui êtes-vous, d'abord ? voulut-elle savoir.
– Je m'appelle Jeff. Voici mon copain, Nick.
– Je ne vous connaitrais pas, par hasard ?
– Nous sommes des amis de Blaine.
Elle leur jeta un regard noir.
– Alors c'est sûrement de vous que lui est venue cette idée absurde d'aimer les hommes, hein ?
Nick et Jeff ouvrirent la bouche, mais ne dirent rien, trop choqués pour répondre.
– Madame ! s'indigna Jeff au bout d'un moment. Pourquoi est-ce que vous nous insultez ? Nous n'avons rien fait !
– Je dis seulement tout haut ce que tout le monde pense. N'est-ce pas, chéri ?
– Tout à fait, très chère. Ces deux garçons sont totalement immondes ensemble.
Nick referma la bouche et devint tout rouge. Jeff serra plus fort encore ses bras autour de son petit ami. Ils se contentaient de ne pas exploser d'humiliation.
– Comment osez-vous ?! s'exclama Nick.
Il se dégagea de l'emprise de Jeff et s'approcha dangereusement de la mère de son ami. Celle-ci souriait.
– Eh bien ! Qu'allez-vous donc me faire ? Me mettre une petite tape sur la main ? Ou plutôt devrais-je dire, une "tapette"…
C'en fut trop pour Nick et, même si son petit copain le suppliait d'arrêter, il leva la main sur la dame. Thomas, écoutant son instinct, se précipita entre eux et reçut le coup à la place de la cible. Ensuite, sans faire attention à la douleur, il prit les deux poignets du brun.
– Nick… Nick, calme-toi…
Comme le brun jetait encore un regard assassin à Mme Anderson, Thomas – mais pas sans avoir regardé Jeff d'abord – prit le garçon dans ses bras et lui murmura :
– Hey, hey… Nick, ça va aller…
– J'ai envie de la… tuer !
– Non, il ne faut pas faire ça… Tu auras des ennuis… Ecoute-moi, calme-toi.
Nick posa sa tête sur l'épaule du brun-blond et ferma les yeux pour contenir sa colère.
– Thomas ? Nick ? s'étonna une voix.
- Blaine -
Cooper et Blaine revenaient. Cooper semblait perdu. Il regarda les deux garçons entrelacés et fronça les sourcils. Il s'approcha.
– Th… Thomas ? Qu'est-ce que… ?
– Laisse, Coop'.
– Ah, tiens, les enfants ! s'exclama la femme.
Blaine ne lui jeta même pas un regard et alla se poster à côté de Kurt.
– Nick ! chuchota Thomas. Est-ce que c'est bon ? Tu vas mieux ?
– Ou-Ouais… Je crois.
Thomas le relâcha mais le tint quand même par les deux bras.
– Mais si elle s'avise encore une seule fois de nous traiter, Jeff et moi, je la tue !
– Jeff, tu t'en occupes ?
Le blond prit le relais et câlina son copain. Cooper se rapprocha de Thomas qui lui murmura quelques explications.
– Enfin, répondez ! s'indigna Mme Anderson.
Blaine lui jeta un regard noir. Cooper aussi.
– Qu'avez-vous décidé ?
Elle pensait connaître la réponse. Elle se trompait. Elle pensait qu'ils tenaient à leur famille. Tenir à leur famille ? Tenir à leur famille qui ne les aimait pas pour ce qu'ils étaient ? Sûrement pas !
– Maman, Papa, commença Blaine.
Lui et son frère prirent la main de leur petit ami respectif. Sans s'en apercevoir, Jeff et Nick firent de même.
– Oui, Blainy mon petit amour ?
Ah, elle croyait les avoir comme ça ?
– Nous avons fait notre choix, avec Cooper.
– Ah, parfait, mes chéris ! Bien sûr, vous avez cru bon de revenir à la maison parmi nous et de cesser ce jeu ridicule auquel vous jouez dangereusement. Je crois donc que vous pouvez lâcher les mains de ces jeunes gens. Vous deux, dit-elle à l'adresse de Jeff et Nick, vous pourriez nous épargner ça aussi…
Nick serra les poings.
– … Oh ! Blainy ! Coop' ! reprit-elle. Venez dans mes bras, que je vous embrasse ! Je suis si heureuse que vous ayez fait le bon choix !
Elle s'avança vers eux les bras tendus. Blaine tendit une main devant lui.
– Maman, je n'ai pas fini.
– Bon, se résigna-t-elle, on t'écoute, vas-y !
Blaine inspira, jeta un coup d'œil à Cooper et dit, la voix légèrement tremblante :
– Nous avons choisi nos petits amis.
Sa mère s'apprêtait à rire, à les prendre dans ses bras, d'oublier le "petit incident" et de recommencer à vivre normalement. Mais son sourire radieux se transforma en grimace. Leur père devint presque écarlate.
– Les enfants, enfin ! Arrêtez de vous moquer de nous ! Nous savons très bien que nous valons beaucoup plus qu'eux deux ! s'exclama-t-il en désignant Kurt et Thomas.
– C'est faux, contredit le plus jeune. Kurt m'a plus aimé en une semaine que vous n'avez su le faire en vingt-et-un ans. Je suis sûr que c'est la même chose pour Cooper.
Celui-ci confirma d'un hochement de tête.
– Et je sais très bien que si je dis au revoir à Kurt aujourd'hui, ce sera pour toujours. Je l'aime et je ne veux pas le perdre. Il est ma vie, et si je l'abandonnais, je m'en voudrais tout le temps où je serais avec vous, malheureux. Et puis, si ce n'est pas Kurt, ce sera un autre garçon dans quelques mois. Et à chaque fois, la séparation sera si dure que je ne m'en remettrais plus à la fin. Et vous causerez ma perte, à trop vouloir me préserver.
Thomas, Cooper, Kurt – et même Jeff et Nick – ne pouvaient être plus d'accords. Kurt, les yeux embrumés, sourit faiblement à Blaine.
– Blaine Devon Anderson ! siffla sa mère. Que viens-tu de dire ?
– J'ai dit que je voulais vivre le restant de mes jours avec l'homme de ma vie.
– Vous n'avez…, commença-t-elle.
– Ce n'est pas négociable, prévint le bouclé.
– Je ne tolérerai pas ça ! cracha-t-elle.
– Vois par toi-même : tu m'as laissé le choix, j'ai choisi.
Mme Anderson était désespérée. Elle se tourna vers Cooper, pleine d'espoir.
– Et toi, mon Coop' adoré, mon fils préféré, tu ne vas tout de même pas laisser tomber tes pauvres parents qui t'aiment pour cet homme sans intérêt ?
– Si. L'amour est tout ce que j'ai. Vous n'avez pas pu me l'enseigner, alors j'apprendrai avec "cet homme sans intérêt". Je le désire plus que tout. Je fais ce que vous faîtes toujours : laisser passer ses propres désirs avant ceux des autres.
La femme était sur le point de pleurer. Son mari ne parlait pas, il regardait seulement la scène, furieux.
– Vous me décevez ! cria-t-il au bout d'un moment.
Cooper et Blaine ne bronchèrent pas.
– Je ne veux plus jamais vous revoir de ma vie ! hurla-t-elle, des larmes coulant sur ses joues pâles.
Elle prit son mari par le bras et l'emmena dehors, bousculant tout le monde au passage. On entendit un moteur de voiture vrombir et des pneus crisser, puis plus rien. Ils étaient partis à jamais.
Tout le monde se regarda pendant quelques secondes. Puis Blaine rompit le silence :
– Kurt, maintenant nous serons ensemble pour toujours. Je t'aime de tout mon cœur.
Blaine le prit dans ses bras.
– Coop', si tu savais comme je suis fou de toi.
Thomas, tout en disant ça, attrapa les mains du plus vieux et l'embrassa. Jeff et Nick se regardèrent un moment puis se prirent la main, heureux pour les fils Anderson.
- Klaine -
Quelques jours plus tard, Kurt et Blaine se promenaient tranquillement en amoureux, main dans la main, dans Central Park.
– Tu n'as aucun regret ? demanda Kurt.
– Aucun. Ils me haïssaient. Je n'étais rien pour eux. Tu as donné un sens à mon existence, Kurt. Tu m'as montré que je pouvais aimer et être aimé.
Ils s'arrêtèrent. Blaine prit les deux mains de son petit ami et le regarda dans les yeux.
– Kurt, je t'aime.
– Je t'aime aussi, Blaine.
Ils scellèrent cet instant avec un baiser passionné.
FIN
- Rogenport's Love -
Et voilà ! C'est malheureusement terminé ! Dîtes-moi si ça vous a plu !
(Pour le couple Cooper/Thomas, je vais prendre un nom que je viens juste de trouver : Thanderson. Je trouvais que ça sonnait bien.)