Disclaimer : Les personnages appartiennent à Marvel. L'histoire, elle, est à moi, et j'ajoute que je ne touche rien pour l'écrire. Modeste bénévole.

Pairing : Tony/Loki.

Résumé : Anthony Stark, aka Iron Man, n'aime personne d'autre que lui-même. Sa vie, il en contrôle le moindre détail. Les méchants, il sait comment les stopper. Sauf Loki Laufeyson. Ça ne devait être qu'un simple sauvetage de l'Univers. Ce qui va en découler ne faisait pas du tout partie de ses plans.

Waouh, que dire de ces fabuleuses reviews reçues au précédent chapitre !

Merci à toi, Granotte, pour ton enthousiaste, j'espère que la suite de cette fic te plaira, j'entends bien continuer à donner une place importante à Steve et Hela, en tout cas, leurs points de vue seront davantage utilisés par la suite !

Un grand merci à toi, MONTPARNOS, pour ta franchise et ton soutien ! Je te rassure, à la base, je ne suis pas non plus une grande fan de Steve, qui apparaît dans les films comme étant trop mielleux à mon goût. Mais, justement, les fics sont là pour ça, réinventer les personnages pour les conformer à nos préférences, et bosser un peu sur Steve, qui m'est indifférent en temps normal, relevait vraiment du challenge. Et puis, je voulais qu'Hela soit un peu badass, la fille projetée dans un monde inconnu qui, au lieu de se morfondre et de stagner dans ses principes - comme le fait Steve -, se découvre et se joue des limites imposées (ça, vous le verrez dans la troisième partie de Heartbeats qui leur est consacrée). Il me fallait quelqu'un pour la garder sous contrôle, et Steve était tout trouvé. Donc, ne t'inquiètes pas, je ne suis nullement froissé, j'ai beau écrire quelques petites choses sur lui, Loki et Tony (et Clint aussi ^^) restent mes chouchous, et le dark mon style de prédilection ! N'hésite pas non plus à envoyer un MP ,)

Ce XXVIIe chapitre est court et représente une transition. La partie finale de la fic s'amorce (maximum dix chapitres restants) et celui-ci en est le prélude.

J'espère que le cheminement prit par Loki vous plaira.

Bonne lecture !

AMAZINGmadness, votre serviteur.

ONCE UPON A DREAM ; LANA DEL RAY.


XXVII – FAREWELL.

Loki.

Le temps est une notion subjective. Chaque être a sa propre notion du temps qui passe. Pour un être humain, c'est quelque chose de rapide ou de lent, toujours injuste, passant trop vite ou s'écoulant trop lentement, selon l'état émotionnel de la personne. Pour un être divin comme lui, cela n'a aucune réelle importance.

Ses longs doigts, fins et pâles, sont les mêmes depuis des siècles. Son visage ne change pas, ne bouge pas, il a cessé de vieillir depuis si longtemps, si bien qu'il ne se regarde plus dans le miroir, pourquoi faire, les choses sont toujours les mêmes. Il n'y a que ses cheveux pour déroger à la règle, et par là même, il les coupe dès lors qu'il s'aperçoit de la chose. Le temps n'a aucune importance.

Pas aujourd'hui. Tout s'étire, s'allonge, la démesure semble être le maître mot. Ce n'est pourtant pas un jour si spécial. Loki revoit Anthony tomber lourdement sur le sol comme dans un ralenti précis. Il voit le regard de Jézabel se figer dans la détresse. Et, Thanos rit à gorge déployée à quelques mètres de là.

Des cris, beaucoup de cris, l'impression de voguer dans une brume opaque, de ne plus toucher terre, de n'être plus que spectateur. Il a l'impression d'être de nouveau sur Asgard, devant le corps de Sigyn. Et, ainsi, tout lui revient en mémoire.

Il fixe le visage endormi. Anthony semble calme, paisible. Certes, ses traits sont creusés, fatigués, mais au moins est-il vivant. La culpabilité, la honte, le font ciller. Il doit poser une main sur le dossier du fauteuil attenant au lit de l'hospitalisé pour parvenir à se reprendre.

Des jours, peut-être même des semaines. Il revoit la scène à chaque fois que ses paupières se ferment, Anthony qui tombe et Jézabel qui hurle. Le monde s'éclairant à nouveau, pour le replonger dans une nouvelle forme de ténèbres. « Je suis une malédiction », chuchota-t-il dans le noir de la chambre blanche. Comme cela semblait vrai, à croire qu'il n'était réellement qu'un monstre arpentant ces terres pour y semer le chaos et la destruction.

Dans son sommeil, Anthony grommelle des paroles incompréhensibles, et Loki y sourit tristement, pour toute réponse. Cela fait des nuits qu'il se manifeste, apparaissant puis disparaissant au lever du jour, aux premiers signes du réveil de son amant. Il n'a pas encore la force d'affronter son regard, pas encore le courage de répondre de ses actes. S'il était à sa place, il le tuerait de ses propres mains pour avoir tenté de tuer leur fille, et cela bien qu'il n'eut aucun contrôle sur ses actes. S'il avait été à sa place, peut-être n'aurait-il pas sombré dans la colère, l'apitoiement, peut-être que rien ne serait jamais arrivé.

Hela et Jézabel sont en sécurité. Anthony s'en remettra. Il devrait s'en réjouir, au moins quelque peu. Après tout, lui-même se découvre de nouveau libre, Thanos est mort, ses pouvoirs et son statut lui sont revenus, il est de nouveau Loki d'Asgard, le Prince, du moins l'était-il encore il y a peu …

Il soupire et ose s'approcher. Un instant, il repense une énième fois sa décision, la soupèse, s'en retrouve de nouveau le cœur percé de peine et de regrets. Il pose sa paume gelée sur celle blême de l'homme assoupi. Celui-ci ne fait que marmonner dans son sommeil, et dans un geste inconscient, repousse sa main pour s'en détourner, retombant instantanément dans les bras de Morphée. Loki serre son poing dans les draps immaculés, son visage se contractant sous l'effet d'une tristesse qui n'a de cesse de l'envahir.

- Anthony Edward Stark.

Il murmure le nom, doucement. À ses oreilles, c'est un son devenu trop rare, des mots dont il avait oublié la contenance et la profondeur. À son cœur, c'est un ravage.

- Je souhaitais simplement … te dire au revoir. Je ne reviendrais pas.

Son visage reprend son aspect de pierre, il est de nouveau froid et interdit. Il y aurait tant à dire. Tout d'abord, des excuses, puis des déclarations, des mises en garde, des explications. Pourtant, ce long discours longuement préparé refuse de franchir la barrière de ses lèvres. À nouveau, son don le plus controversé, « Langue d'argent », le déserte, et il se retrouve, incertain et hagard, à simplement regarder la forme endormie qui, insouciante, ignore certainement tout de la présence du Dieu.

Sa main se lève vers le visage de l'homme, souhaitant goûter une dernière fois la sensation de la peau, sa douceur, sa singularité. Mais, Anthony bouge à nouveau dans son sommeil et, de crainte de le voir s'éveiller, Loki n'a d'autre choix que de se reculer.

- Prend bien soin de Jézabel.

Et, d'une volute de fumée verdâtre, il disparu, laissant là ses peines, ses peurs, ses espoirs. Il ne faut que quelques secondes pour que la magie se dissipe, pour que Loki soit avalé dans le néant, pour que la chambre retrouve sa quiétude.

Quelques secondes … Lorsque Loki ouvre à nouveau les yeux, les remparts de la cité royale et le lourd manteau neigeux les encombrant ont remplacés le doux spectacle de cette chambre d'hôpital new-yorkaise. Un géant, bleu de peau, s'incline. « Majesté », scande-t-il, à genoux, et il n'y a rien pour stopper les autres d'en faire de même, de s'incliner face à l'avorton qu'il est, de le parer d'un titre dont il se sent l'usurpateur. Avec quelque chose comme de la répugnance, il laisse son corps reprendre sa forme originelle, laisse le froid envahir son cœur, laisse d'étranges arabesques couvrir sa peau devenue bleue.

Dans sa main, un long sceptre de givre se forge, et sa ponctuation sur le sol laisse sur ce dernier une trace glaciale de son passage. Enfin, le trône est là, gris, glacé, énorme, et Loki pense réellement qu'il doit avoir l'air idiot installé là dans ce grand fauteuil inconfortable réservé aux géants de son espèce.

Les portes de la salle se referment et tous daignent enfin se relever, le couvrant d'un regard attentif, fébrile.

Loki a juste envie de hurler.

À des lieux de là, dans un lit blanc et froid, Anthony Stark ouvre les yeux.

-Loki Laufeyson, Dieu du Mensonge et du Chaos, Prince d'Asgard et Roi de Jotunheim.

Je suis désolé.


Je vous dis à très vite pour le chapitre XXVIII ! Bonne nuit, et n'hésitez pas à laisser vos avis.