Chapitre 6
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Carol cria un « A table. »
Et toute la famille, Blaine compris, s'installa. Elle fixa un instant son futur gendre :
« Dis-moi, Blaine, tu ne manques pas à tes parents ? J'ai l'impression de te voir plus souvent qu'eux. Pas que je m'en plaigne, hein. »
« C'est pas qu'une impression. Je passe plus de temps ici que chez moi. »
« Ta maman ne dit rien ? »
La gêne du garçon devint palpable :
« Ils ne sont pas souvent là, vous savez. »
Burt secoua la tête :
« Ça va pas mieux avec ton père ? »
« Je sais pas… Si, probablement, dans la mesure où j'évite de leur parler des sujets qui fâchent. »
« Tu ne dois pas parler beaucoup, dans ce cas. Ecoute, gamin, je ne vais pas te donner de conseils, je sais que tu as assez de jugeote pour te débrouille tout seul. Et puis tu peux venir ici aussi souvent que tu veux, de toute façon, j'ai déjà l'impression d'avoir trois fils. »
Blaine fut visiblement ému par ces paroles. Carol s'inquiéta comme seule une mère peut le faire :
« Tu ne vas pas avoir d'ennuis s'ils viennent à savoir ce qui s'est passé aujourd'hui ? »
« Vous en faites pas, de toute façon ça valait le coup. »
Kurt se mit à rire :
« Ça c'est sûr, rien que pour voir Finn embrasser Puck ! »
« Tu me laisseras jamais oublier ça, hein ? »
« Jamais. »
Sa mère se mit à rire :
« Merci maman, je me sens soutenu, là ! »
« Je t'en prie, chéri. Alors que s'est-il passé une fois que nous sommes partis ? »
Avec un sourire sadique, Kurt lança :
« Puck et Blaine se sont battus. »
La réaction fut immédiate de la part des deux parents :
« Quoi ? »
L'ancien Warlblers balbutia :
« Non, mais, euh, c'était qu'un entraînement. »
Burt écarquilla les yeux :
« Un entraînement ? »
« De boxe. »
« Tu fais de la boxe ? »
« Ouais, disons qu'au début c'était plus par nécessité que par envie, mais que maintenant j'aime vraiment ça. »
Les sourcils froncés, Finn demanda :
« Quelqu'un a vu David et Sebastian, au fait, ils étaient pas au match ? »
Kurt haussa les épaules :
« Ils on filé après la représentation. »
« Attends, t'as laissé Karofsky avec ce mec ? »
« Je suis sûr qu'ils avaient des choses à se dire, et puis Sebastian ne… »
« Ah, ne me dis pas que tu lui as pardonné à lui aussi après ce qu'il a fait à ton mec ? »
Kurt leva les yeux au ciel :
« Non, je n'ai pas encore passé l'éponge, mais je crois que lui et Dave vont très bien s'entendre et il a besoin de quelqu'un pour lui botter les fesses quand il s'apitoie sur son sort. Et j'avoue que je ne voulais absolument pas jouer ce rôle. »
Blaine passa la main dans le dos de son amant :
« Tu ne serais pas en train de jouer les marieuses ? »
« A peine. »
Finn secoua la tête :
« Et après il accuse les autres d'être diabolique. »
Les rirent envahirent la pièce.
Le lendemain matin, Kurt était debout devant son lit où s'étalaient des tonnes d'affaires :
« Non, certainement pas celui-là, ni cette veste, je l'adore. »
« Kurt, qu'est-ce que tu fais ? »
« Eh bien tu vois, j'ai étalé mes vêtements sur mon lit pour savoir ce que j'allais mettre aujourd'hui pour me faire arroser de slushy. »
« Peut-être que ça n'arrivera pas. »
Ils échangèrent un regard :
« Oui, c'est vrai, éternel optimiste. »
Kurt l'observa un instant. Une chemise blanche, son pull beige avec col en v par-dessus et un pantalon noir : rien qui ne soit irrécupérable après un passage à la machine :
« Tu sais quoi, je sais ce que je vais porter ! »
« Quoi ?»
Il rangea soigneusement chaque vêtement dans la penderie et en sortit un t-shirt. Le fameux T-shirt « Likes boys » :
« Je crois que ça sera parfait. Au moins, je peux le laver à 40° sans soucis. »
« Je t'aime, tu sais ça ? »
« Oui, tu l'as déjà mentionné deux ou trois fois. »
Kurt se pencha pour l'embrasser :
« Tu devrais te dépêcher, j'ai entendu Finn dire qu'il allait se doucher. »
« Ah non, moi d'abord. Tu te rends compte quand même qu'il passe plus de temps dans la salle de bain que nous deux réunis ? »
« Oui, je sais, mais ton frère n'a pas la chance d'avoir sa petite amie à domicile. »
« Tu veux dire, tu crois qu'il…. Merci, je ne vais plus oser mettre les pieds dans la douche maintenant. »
Kurt sortit, et Blaine entendit distinctement son amant hurler à son frère :
« A partir de maintenant, Finn Hudson, je prendrai toujours ma douche avant toi. »
Finn entra dans la chambre, déconfit :
« Pourquoi est-ce qu'il hurle déjà après moi dès le matin ? J'ai rien fait brûler, je me suis même pas approché de la machine à laver, et encore moins de ses affaires, alors ? »
« C'est peut-être de ma faute, sur ce coup là. Allez, viens, je te prépare un petit déj pour me faire pardonner. »
« Tu sais faire les pancakes aussi bien que Kurt ? »
« Peut-être pas aussi bien, mais c'est mangeable. »
« Ok ! »
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Vers midi, Blaine affichait un sourire impeccable, et avait déjà répété deux fois « tu vois, tout se passe bien ».
Main dans la main, ils se dirigeaient tous les deux vers la cantine, se souriant bêtement. Kurt se crispa quand une ombre passa juste devant lui :
« Monsieur Schuester, vous m'avez fait peur. »
« Euh, Kurt, ce t-shirt, tu es sûr que… »
« Je sais déjà ce qui va m'arriver, alors autant aller jusqu'au bout ! »
« Si tu as besoin de moi, tu sais ou me trouver. »
« Dans les bras de Mlle Pillsbury ? »
Will resta en suspend quelques instants avant de répondre :
« Ou pas loin ! »
Blaine se mit à rire en voyant leur prof de chant détaler dans le couloir :
« Tu as un culot monstre. »
« Je ne dis que la vérité. »
« Vraiment ? »
« Oui ! »
« Alors dis-moi : est-ce que tu m'aimes ? »
« A la folie bien sûr. »
Kurt déposa un baiser sur les lèvres de son amant, un petit tout petit, d'abord parce que c'était encore étrange de s'embrasser dans les couloirs, ensuite parce qu'ils devaient rester vigilants. Pas qu'il pourrait éviter le slushy qui lui tomberait immanquablement dessus, mais quand même. Le self était déjà bondé. Ils firent la queue comme les autres, et Kurt remarqua à quelques mètres de lui une silhouette qu'il connaissait bien :
« C'est moi, ou David nous évite depuis ce matin ? »
« C'est pas toi, il a commencé après avoir vu ta tenue. »
« Mais il est très bien, ce t-shirt. Et puis de toute façon, c'est pas comme si c'était pas déjà écrit sur mon front depuis des années. »
« Il finira par s'assumer. »
« Avant de perdre tous ses cheveux et de peser 40 kilos de plus, il faut espérer. »
« Où sont les filles ? »
« Avec Tina, elle s'est disputée avec Mike ce matin. »
« La pauvre ! Pourquoi est-ce qu'on y est pas ? »
« Parce qu'elle est en mode tous les mecs sont des salauds. Et même si elle nous adore, on reste des mecs. »
« Les filles sont compliquées. »
« M'en parle pas, et pourtant ce n'est pas encore la mauvaise période du mois. »
« C'était sexiste, ça. »
« Tu crois ? »
« Quasiment sûr. »
Ils éclatèrent de rire.
Leur plateau plein de choses assez peu identifiables, ils rejoignirent la table où David s'était installé. Kurt se laissa tomber sur le banc juste devant lui :
« Salut ! Tu te souviens de moi ? »
« Euh… »
« Regarde, Blaine, je crois qu'il a avalé sa langue. »
« Ou alors il faudra demander à Sebastian de la lui rendre. »
« Ah mais oui, bien sûr, c'est ça. »
« Vous êtes hilarant. »
« Et toi tu es vexant. »
« Oui mais pourquoi est-ce que tu portes ça aussi, c'est… »
« La vérité, chéri, et je n'ai aucun problème à porter ce t-shirt, je l'adore. »
Kurt avala quelques bouchées du truc indéterminé sur son assiette. Les footballeurs firent leur entrée à ce moment là, Finn, Puck et Mike avec eux. La mine défaite de ce dernier prouvait qu'il ne s'était pas réconcilié avec sa petite amie. Blaine le remarqua aussi :
« Mike a l'air en pleine dépression. »
« Il le mérite. Je suis du côté des filles cette fois. »
« Mmm, comme souvent. »
« C'est vrai. »
« Qu'est-ce qu'il a, Mike ? »
« Peu importe, ne change pas de sujet, toi. Où Sebastian et toi avez filé après notre petite scène. »
« Je savais pas qu'on parlait de ça. »
« Bah maintenant on en parle. »
« Juste prendre un café, il voulait me parler. »
Les deux amants échangèrent un regard entendu qui obligea David à se justifier :
« C'était juste un café. »
« Oh, ça n'est jamais très innocent, pas plus que le baiser qu'il t'a donné d'ailleurs. »
« Comment t'as pu voir quelque chose, t'avais la langue dans la bouche de ton copain. »
« Eh bien contrairement à vous autres mâles, je peux faire deux choses à la fois. »
L'ancien footballeur se tortilla sur son banc :
« Je voulais… Je voulais parler de… »
« Essaie encore une fois, tu vas y arriver. »
« Je suis désolé pour ce que je t'ai fait dans les vestiaires. Surtout que, ridiculement romantique comme tu l'es, je crois pas que c'était comme ça que tu avais imaginé… »
« Mon premier baiser ? Non, c'est vrai ! »
Kurt plongea son regard dans celui de son petit ami :
« J'avais imaginé le mec de mes rêves se lever, ancrer son regard au mien et m'embrasser amoureusement pendant de trèèès longues minutes. »
Blaine ne put s'empêcher de sourire bêtement, jusqu'au moment ou les trois autres membres du Glee Club se laissèrent tomber sur le banc.
La discussion retomba bien vite sur le pauvre Mike qui se lamentait :
« Je sais même pas ce que je lui ai fait ! Aide-moi, Kurt. »
« Tu n'en as pas une petite idée ? »
Il secoua faiblement la tête :
« Je vais te donner un indice, c'est quelque chose que tu n'as pas fait. »
Puck soupira :
« Me dis pas que t'as oublié son anniversaire ! »
« Euuh non, je crois pas. »
Kurt secoua la tête :
« C'est en juillet son anniversaire. »
« Alors c'est quoi, dis-moi ? »
« Qu'est-ce que tu avais promis de faire hier ? »
Pendant que Mike semblait réfléchir très fort, Blaine se pencha vers son petit ami :
« Comment tu fais pour être au courant de tout ? On s'est pas quittés depuis ce matin, et je sais même pas ce qui se passe. »
« Les filles m'ont inondé de sms pendant les cours. »
Et enfin la lumière fut chez Mike :
« Oh putain. »
« Voilà, t'as trouvé ! »
« Elle va m'en vouloir jusqu'à la fin de ma vie. »
« Non, seulement jusqu'à la fin de la journée si tu fais ce qu'elle t'a demandé et que tu arrives avec un bouquet de fleurs, et pas de roses par pitié, sois plus original. »
Comme un diable sortit de sa boîte, Mike se leva, et embrassa Kurt sur la joue avant de filer en lançant :
« Merciiiiii. »
Finn secoua la tête :
« Les filles… »
« Vous ne savez pas y faire, c'est clair. »
Puck pouffa
« Toi si, mais ça t'intéresse pas, c'est nul. »
« Kurt ? Burt a vu comment tu étais habillé ce matin ? »
« Mais fichez la paix à mon t-shirt. Est-ce que j'ai fait un commentaire quand tu as mis cette horrible chemise bleue la semaine dernière ? »
« Oui, tu m'as même jeté les miettes de ton petit déj. »
« C'est vrai, mais elle était vraiment horrible. »
Les deux frangins s'affrontèrent un instant du regard avant d'éclater de rire.
A l'intercours de l'après-midi, Kurt commença à se demander s'il n'avait pas été trop défaitiste. La journée était presque finie, et personne ne s'était pointé pour le recouvrir de slushy.
Blaine et lui se dirigeaient vers le casier de celui-ci quand quelque chose attira leur attention. Mike Chang, à genoux dans le couloir et un bouquet de marguerites dans les mains, se traînait aux pieds de sa petite amie. Blaine chuchota à l'oreille de son petit ami :
« Tu crois qu'elle va lui pardonner ? »
« Oui, c'est déjà fait, elle se fait juste désirer. »
« Mmm, vraiment ? Tu voudrais me voir me traînant à tes pieds ? »
« Non, même pas, si tu… »
Kurt n'eut pas le temps de finir sa phrase. Une pluie d'approximativement six slushies venait de tomber sur eux. Approximativement, parce que c'était difficile d'en évaluer le nombre quand on en avait plein les yeux. Il lui fallut quelques secondes pour pouvoir voir de nouveau. Blaine lui tendit un mouchoir avant de dire bien fort en fixant les quatre footeux :
« Attends, laisse-moi goûter. »
Le contraste entre le froid glacial qui lui dégoulinait partout et la langue brûlante de son amant dans son cou le fit frissonner, peut-être autant que ces paroles :
« Tu sais que sur toi c'est bon, ce truc ! »
Les quatre abrutis avaient cessé de rire :
« Vraiment ? Montre. »
Kurt prit possession des lèvres de son amant, léchant avidement toute la glace qui s'y trouvait :
« Mmm, c'est vrai, c'est pas mal. »
« Je crois qu'il faut vraiment qu'on aille prendre une douche. »
« Avec plaisir. »
Il attrapa la main de Blaine et passa dignement entre leurs agresseurs.
Transi de froid, les garçons entrèrent dans la salle de sport. La réaction fut immédiate : Finn, Puck, Joe, Artie et Sam se précipitèrent :
« Oh la vache, ils vous ont pas loupé ! »
« Merci, Puck, pour cette observation avisée. J'ai froid… »
Blaine tenta d'être galant :
« Vas-y d'abord, j'irai ensuite. »
« Non, je… »
« Hé, vous battez pas les filles ! Toi, tu viens avec moi, on va aller dans les vestiaires de Beiste. »
Le regard de Kurt lui fit ajouter :
« Pas de panique, je reste avec lui, c'est pas comme si j'avais jamais vu ton mec à poil. »
« Tu m'inquiètes, Noah. D'abord tu roules un patin à mon frère, ensuite tu veux prendre une douche avec mon copain. »
« Tu seras le premier à le savoir si je vire ma cuti. Allez, toi, en avant. »
Artie roula jusqu'à la porte :
« Je vais chercher vos fringues. »
Kurt frissonna de nouveau en souriant :
« Qu'est-ce qui te fait sourire, petit frère ? »
« D'abord, on a le même âge ! Ensuite, je suis content d'avoir mouché les quatre brutes qui nous ont lancé ça. »
Les voix de Joe, Sam et Finn s'unirent :
« Raconte. »
Habillés de vêtements propres et réchauffés, Kurt et Blaine entrèrent dans la salle de chant. C'est David qui remarqua le premier :
« Vous vous êtes changés ? »
Kurt acquiesça :
« C'était un peu trop chaud entre nous, apparemment, et nos « amis » ont donc décidé de nous rafraîchir les idées. »
Britanny fit la moue :
« Je croyais que c'était nous tes amis. »
« Bien sûr, Bri, c'était une blague. »
« Elles sont pas drôles tes blagues. »
David lui jeta un regard affligé avant de se tourner vers Kurt et Blaine :
« Pourquoi vous vous défendez pas ? »
« On est loin… Ok, certains d'entre nous sont loin de faire le poids. »
« C'est pas si lourd que ça, les slushies ! Quand j'étais… enfin, vous voyez... »
« De l'autre côté du gobelet ? »
« Ouais. Eh bien je me disais que si vous vous mettiez à faire pareil, on aurait été dans la merde. »
Un à un, les regards des membres du Glee Club se croisèrent. Ce n'est pas qu'ils n'y avaient jamais pensé. Mais ils savaient tous que les répercussions seraient inévitables.
Santana fut la première à se lever :
« Ok. Ils se retrouvent tous sur le parking à cette heure ci pour admirer les super bagnoles. Qui en est ? »
Finn fut le premier à lever la main, et puis tous les autres. Sauf Joe, ce qui n'avait rien d'étonnant. Will entra au moment où ils sortaient tous :
« Hé, j'étais à l'heure aujourd'hui ! Où est-ce que vous allez ? »
C'est Britanny qui répondit :
« On va s'embrasser devant le bureau de Figgins. »
« Quoi, encore ? »
Il resta là, sur le pas de la porte, à regarder la salle où ne restait que Joe :
« Tu m'expliques ? »
« Je suis pacifiste. »
« Quoi ? »
Chacun d'eux avait rempli deux gobelets de glace aux couleurs criardes. Ils attendaient tous maintenant, accroupis entre les voitures sur le parking de l'école, que l'équipe de foot veuille bien se montrer.
Artie déglutit péniblement :
« On devrait pas… »
Santana aboya :
« Toi, te dégonfle pas, ou ces deux là seront pour toi. »
« J'ai rien dit. »
Kurt inspira profondément et resserra ses mains sur les deux gobelets qu'il portait. L'attente lui parut interminable.
Il jeta un regard à Blaine, qui lui fit un petit sourire timide.
Et enfin le brouhaha des joueurs retentit. D'un même mouvement, tous les membres du Glee Club se présentèrent devant les joueurs, Santana à leur tête :
« Salut les gars ! »
Azimio Adams s'approcha :
« Eh bien eh bien, regarde qui voilà, le club des losers ! »
Santana leva les mains, attirant l'attention de tous les mecs sur les slushies qu'elle portait :
« Vous nous avez encore attaqués ! Mais sachez qu'à partir de maintenant, ça ne se passera plus comme ça. »
Elle fit un tout petit signe, et les joueurs furent arrosés copieusement. Leurs hurlements de protestation retentirent dans tout le parking, tout comme la voix de Santana qui s'éleva pour couvrir le bruit :
«Maintenant, c'est œil pour œil. A chaque slushy que nous recevrons, vous vous en prendrez le double ! »
Britanny sauta dans les bras de sa petite amie :
« T'as trop la classe. »
« C'est vrai ! »
Azimio fixa David méchamment :
« T'étais mon pote ! C'est ça que t'es maintenant ? Un loser, un sale PD ? »
La déclaration aurait pu être blessante, horrible, si pendant qu'il parlait de la glace multicolore n'avait pas dégouliné de son nez.
Karofsky regarda ses nouveaux amis et affirma :
« Ouais ! »
Choqués, les footballeurs regardèrent les membres du Glee Club s'en aller en riant.
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Lycée McKinley, Ohio, vendredi matin.
Kurt cherchait Blaine dans les couloirs. Ses parents étant rentrés la veille, il avait dormi et déjeuné chez lui ce matin.
« Bonjour. »
Deux bras lui enserrèrent la taille et des lèvres vinrent déposer un baiser dans son cou :
« Mais qui ça peut bien être ? »
« Je te donne un indice : quelqu'un qui est fou de toi. »
« Tout le monde est fou de moi ! »
« Mmm, alors quelqu'un qui t'a manqué cette nuit. »
« Oh oui, je vois. Comment est-ce qu'il s'appelle déjà ? »
Kurt se retourna pour embrasser son amant. Ils se séparèrent à bout de souffle, et il murmura :
« Ça c'est un bonjour comme je les aime. Alors, tes parents, contents de rentrer de je ne sais plus où ? »
« Si on peut dire, oui. »
« Contents de te voir, j'espère, parce que moi pendant ce temps, je ne peux pas profiter de toi. »
« Ils avaient l'air content, je crois. »
« Tu leur as parlé du scandale à McKinley ? »
« Oui. »
« Et ils ont dit quoi ? »
« Que je ne devais pas faire de vagues, que si c'était ta dernière année ce n'était pas la mienne, et que je serai encore là l'année prochaine. »
« Ils n'ont pas tord. »
« Peu importe que je sois là ou non ! D'autres gays et lesbiennes seront heureux ici bien après nous. »
« Mais toi, est-ce que tu le seras ? »
« Moi ? Sans toi, je ne suis jamais heureux, mais notre séparation ne durera pas longtemps. »
« Tu viendras me rejoindre à NY… »
« Dès que j'aurai mon diplôme. »
Kurt s'appuya contre des casiers :
« Et tu feras quoi ? On n'en a pas vraiment parlé. »
« Eh bien en fait, si je peux… si j'arrive à y entrer… et si j'obtiens une bourse, parce que je ne veux pas que mes parents paient, je… »
« Allez, arrête de me faire languir ! »
« J'aimerais entrer à la New York University, à l'école de droit à Manhattan. »
« Quoi ? C'est vrai ? »
« Oui. En fait, ça me plairait beaucoup. J'aimerais me spécialiser, beaucoup d'avocats refusent de défendre des clients homos, donc… »
Le sourire de Kurt illumina tout le couloir :
« Ne me regarde pas… comme ça. Tu sais, c'est difficile d'y entrer, et… »
« Tu y arriveras, j'en suis sûr ! Tes notes sont excellentes. Et comme ça, on pourra se prendre un appart tout près de Central Park. »
« J'adorerais ! Même si tu rêves, vu les prix de l'immobilier dans le coin. »
« Ne gâche pas mes élucubrations, et embrasse-moi je te prie. »
Leurs lèvres allaient se joindre de nouveau quand une voix les fit sursauter :
« Hé, les amoureux. »
Finn s'approcha et salua Blaine :
« Ça y est, on est prêts pour le truc dans la salle de chant ! »
« Génial. »
Ils se dirigèrent de nouveau vers leur classe.
A l'heure du déjeuner, Kurt crut qu'il allait mourir. Deux fois. D'abord parce que main dans la main avec son petit ami, il s'était glissé dans le bureau de Sue Sylvester. Et ensuite parce que ladite Sue était passée devant son bureau en hurlant sur les passants. Par chance, elle avait filé droit dans le couloir sans s'arrêter. Blaine chuchota :
« On a eu chaud. Tu es sûr que ça en vaut le coup ? »
« C'est la seule à avoir une imprimante photo. Et puis elle ne s'en rendra pas compte. »
Kurt connecta l'appareil photo à l'imprimante :
« Il faut vraiment que je t'aime, Kurt Hummel, pour risquer ma vie à ce point. »
« Tu es mon héros. »
Blaine se mit à rire en silence :
« Je plaisante pas, tu sais ! Tu veux toujours aider les autres, tu as un cœur énorme. »
« Qui t'appartient, tu peux en être sûr… »
Leurs lèvres se soudèrent l'une à l'autre. Avant que le déclic de la machine ne signale la fin de l'impression :
« Filons d'ici en vitesse. »
David se demandait ce qui pouvait bien se passer. Artie l'avait traîné dans tout le lycée, soit disant pour lui montrer telle ou telle chose.
Quelque chose se manigançait, mais quoi ?
Il eut la réponse quand ils se retrouvèrent devant son casier. Kurt et Blaine les y attendaient :
« Qu'est-ce qui se passe ? »
Kurt se lança :
« Nous avons un petit cadeau pour toi. »
« Pourquoi ? »
« Parce que tu as fait preuve de courage… »
Blaine ajouta :
« Pour que tu en aies toujours… »
Théâtralement, Kurt ouvrit le casier : à l'intérieur, scotchées à la porte, se trouvaient deux photos. Une de tous les membres du Glee Club, qui riaient tous les bras écartés, comme si elle avait été prise après une représentation ; l'autre était une photo d'identité de Sebastian avec son costume de Warblers. Juste en-dessous se trouvait le mot « courage » découpé dans divers magasines, exactement comme dans le casier de Kurt :
« Euuh, merci. »
« Maintenant, mon cher David, j'ai besoin de savoir si oui ou non tu fais partie du Glee Club. Parce que ce soir, les Hummel-Hudson invitent tous les membres à une soirée dvd. Qui commencera avec le visionnage d'une K7, mais bon, personne n'est parfait. »
« Ça ne peut pas se refuser, je crois. »
« Non, en fait c'est vrai, tu n'as pas le choix. »
Les yeux de David se posèrent sur les photos :
« Dans ce cas, j'accepte. »
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Tout le monde était réuni dans le salon, qui paraissait bien petit avec tous ces ados affalés un peu partout.
Blottis sur le canapé se trouvaient la plupart des couples : Sam et Mercedes, Kurt et Blaine, Rachel et Finn. Tina s'était installée sur les genoux de son petit ami, enfin pardonné.
Joe était assis sur une chaise, Quinn à ses pieds, tout contre ses jambes. Allongées sur le tapis, Santana et Britanny balançaient leurs jambes. Puck et David, assis sur des chaises, se regardaient, l'air de se demander ce qu'ils faisaient là. Rory, allongé dans le fauteuil de Burt, avait retiré ses chaussures pour se mettre à l'aise.
Artie, le dernier arrivé, se retrouvait coincé entre le mur et le canapé. Burt sortit de derrière la télé :
« Voilà les jeunes, le magnéto est rebranché ! Je t'ai mis la K7 dedans, mais va quand même falloir acheter le dvd, ça sera plus simple. »
« Merci, papa ! »
« Je t'en prie. Amusez-vous bien. »
Kurt attendit que son père sorte pour lancer la vidéo. Les images tressautèrent quelques instants, et un rideau de brocard rouge apparut.
The King and I…
Ils fixaient tous l'écran, sauf Kurt qui fixait Blaine. Il murmura tout près de son oreille :
« Je t'aime, tu sais. »
« Je sais. »
« J'aurais aimé que tu rencontres ma mère, qu'elle sache que j'ai fini par te trouver. »
« Je sais que tu ne crois pas en Dieu, mais tu peux croire au paradis, tu peux croire que ta mère voit exactement ce que tu es devenu et qu'elle est heureuse. »
« Oui… Oui, ça je peux y croire. »
Son attention fut captée par les premières notes de I Whistle A Happy Tune.
Il se glissa un peu plus contre son amant et se concentra sur l'écran. La dernière fois qu'il avait vu ce film, il était avec une personne qu'il aimait beaucoup. Aujourd'hui, il était là, avec l'amour de sa vie et tous leurs amis, aussi heureux qu'il l'était à l'époque.
Il les regarda tous un par un et inspira bien fort. Oui, il était vraiment heureux, et avait décidé de le rester quoi qu'il arrive.
Fin