Navrée de ne pas avoir posté depuis deux ans, olala ça passe trop vite ! Mais prépa oblige, je n'ai plus le temps et accessoirement de vie. Mais me revoilà ! En tout cas merci pour toutes vos reviews, vous êtes merveilleux !
5. C'est à en perdre la tête !
-Et il t'a embrassé ?, s'exclame Maddie, abasourdie, alors que je finis de raconter le bal des Nevers. Mais… Mais quel sans-gêne !
-Mais c'est génial !, s'extasie Ama, beaucoup plus enthousiaste. Et c'était bien ? Genre les papillons, les feux d'arcitifes et tout le tintouin ?
-Tu veux dire les feux d'artifices ?, rectifie la brune.
-On s'en fiche ! C'était comment ?
-C'était plutôt agréable, avoue-je après quelques secondes de réflexion. Mais pas de quoi se pâmer non plus !, ajoute-je précipitamment en voyant un immense sourire fleurir sur les lèvres de la blonde.
-Je le savais ! Je vous l'avais dis en plus !, déclare-t-elle d'ailleurs sans tenir compte de la seconde partie de ma phrase.
-Sauf que ce n'était pas Archibald !, rétorque Mads.
-Qu'est-ce que tu en sais ? C'était peut-être lui ! Je suis sûre que c'est un astucieux subterfuge qu'il a trouvé pour t'avouer son amour inconditionnel !
-Et pourquoi diable n'aurait-il pas révélé sa véritable identité ?, réplique Maddie.
-Parce qu'il est timide, sensible et incroyablement romantique !
-On parle bien de la même personne ?, interroge-je, me décidant à intervenir.
-Ama, toi et les histoires d'amour…
-Que veux-tu, je n'y peux rien si je vois la vie comme une immense comédie à l'eau de rose !, déclare la blonde, un peu vexée.
-Sissi !, hurle mon frère depuis l'autre bout du Chemin de Traverse et en se précipitant vers moi pour m'enlacer. 'Spèce de sœur indigne ! Comment tu as pu ne pas me dire que tu avais été attaquée par des Mangemorts ? Je viens d'apprendre la nouvelle de la bouche d'un Serpentard ! Un Serpentard, tu imagines ?
-Effectivement, il n'y a rien de pire, rétorque Mads sarcastiquement.
-Comment va ta famille ? Vous vous en êtes tous sortis ?, demande Remus, visiblement inquiet.
-Tout le monde va bien mais cet épisode ne semble pas les avoir fait réfléchir. D'après eux, c'était une simple expédition punitive, les autres morts ne sont que des ''dommages collatéraux'', et cela nous montre qu'aujourd'hui plus que jamais il faut réaffirmer sa foi en Voldemort, explique-je sombrement en reprenant les paroles de mon oncle et de mon père. Ils estiment qu'il s'agissait simplement de donner une leçon et un avertissement à ceux qui oseraient ne serait-ce que penser à rejoindre l'autre camp.
Un silence tendu suit mes paroles.
-Enfin bref, le Ministère m'a convoquée cet après-midi, apparemment ils interrogent toutes les personnes présentes au bal dans l'espoir de lancer quelques arrestations qui permettraient d'apaiser un tant soit peu la populace mais bon c'est une perte de temps si vous voulez mon avis.
Les Maraudeurs hochent la tête avec un air grave qui contraste avec leur habituelle joie de vivre. Heureusement les merveilles magiques de l'allée commerçante sorcière ont vite fait de nous redonner le sourire.
Peu après midi, nous quittons les quatre garçons pour nous rendre dans le Londres moldu. Je dois bien avouer que leur monde et leur mode de vie m'ont toujours fascinée, la façon dont ils arrivent à se débrouiller sans magie est tout simplement prodigieuse ! Amalia pousse des cris ravis en pointant du doigt tout ce qui passe à proximité, et notamment les voitures. Mads et moi-même, plus familières de cet univers étrange, la suivons en souriant tandis qu'elle virevolte d'une vitrine à une autre. Finalement nous arrivons enfin aux toilettes publiques qui servent d'entrée au Ministère de la Magie –je me demande d'ailleurs qui a eu l'idée saugrenue de les mettre là, les moldus ne se rendent-ils pas compte que chaque matin des centaines d'hommes et de femmes se dirigent dans un même ensemble vers ces lieux ?- et nous nous séparons.
Je me rends rapidement à l'étage consacré aux interrogatoires dans lequel règne un silence inquiétant. Quelques personnes y patientent déjà, chacune regardant droit devant elle, sans se soucier des autres. Je prends place à mon tour sur une chaise inconfortable située en face d'une des portes austères, attendant avec impatience qu'on vienne me chercher.
Les minutes passent et je me rends compte que je tords mes doigts sous l'effet du stress. Qu'est-ce qui peut bien me faire peur ? Je n'ai qu'à rentrer dans ce bureau, déclarer que je ne sais rien et que je n'ai rien vu, je le jure Votre Honneur, puis de ressortir fissa pour retrouver mes amies.
Ce constat me rassure quelque peu et je cale mes mains sous mes cuisses pour les empêcher de bouger.
Un groupe de sorciers passe à côté de moi en chuchotant. Ils se taisent brusquement en me remarquant et me dévisagent, soupçonneux. Comme si j'avais quelque chose à me reprocher ! Enfin je suis une Black, je ne suis pas n'importe qui ! Mais c'est peut-être ça justement qui les dérange, le fait que je sois une Sang-Pure dont la famille affiche clairement son soutien au Lord alors qu'eux-mêmes tentent par tous les moyens de le combattre. Je hausse fièrement le menton pour leur montrer qu'ils ne m'intimident pas mais cela a plutôt l'effet inverse car ils s'arrêtent juste devant moi.
-Mais qu'avons-nous donc là ?, ricane l'un d'eux. Ne serait-ce pas la petit Black ? Ne me dites pas que vous avez enfin ouvert les yeux et que vous venez témoigner contre votre propre famille ?
Les autres me regardent avec un sourire mauvais mais une voix sèche nous fait tous sursauter :
-Vous n'avez pas du travail à faire ? Alors débarrassez-moi le plancher !
Archibald se tient devant la porte ouverte d'un bureau et les toise froidement. A ma plus grande surprise, ils baissent la tête, l'air contrit, avant de déguerpir. Non mais sérieusement, qui est ce gars ? Même les Aurors fuient devant lui !
-Qu'est-ce que tu fais là toi ?, interroge-t-il hargneusement en se tournant vers moi.
-Commence d'abord par baisser d'un ton, je ne te permets pas de me parler de la sorte, réplique-je peu disposée à me laisser également intimider. Je dois donner ma version des faits du bal des Nevers.
Je me lève donc et me faufile par la porte qu'il tient toujours entrouverte. A ma grande surprise il me suit à l'intérieur. Lorsque je le dévisage avec un air qui en dit long sur ce que je pense, il se contente de répondre, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde :
-Je t'accompagne.
-C'est ça et tu me tiens la main aussi ?
-Si ça peut te faire plaisir, rétorque-t-il avec son sourire en coin.
-Dites-moi si je dérange, intervient d'une voix fluette un petit homme chauve à lunettes que je n'avais pas remarqué.
Je rougis avant de prendre place en face de lui.
-Bien, Mademoiselle Black, pouvez-vous me dire si vous êtes à même d'identifier certains des fauteurs de trouble de l'autre soir, vous voyez auxquels je fais référence.
-Fauteurs de trouble ?, m'étrangle-je d'indignation. C'est ainsi que vous qualifiez les meurtriers ?
A côté de moi je peux distinctement voir le rictus sans joie d'Archibald, qui semble se délecter de l'embarras du petit homme.
-Monsieur, sauf votre respect, vous n'étiez certainement pas présent ce ''fameux soir'', comme vous l'appelez, continue-je en jetant un coup d'œil à ce dernier afin d'évaluer ses chances de faire partie de la haute et en prenant un ton insupportablement dédaigneux. Des gens sont morts, il y a eu des blessés, et vous en parlez comme s'il s'agissait seulement d'une petite fête qui aurait été interrompue par l'arrivée impromptue de petits malfaiteurs qui auraient lancé des Bombabouses ! Visiblement vous ne mesurez pas l'ampleur de la situation. Je veux bien croire que vous ne soyez pas un homme de terrain mais tout de même, vous lisez bien les journaux et vos supérieurs ont bien du vous faire un rapport avant que vous ne débutiez ces interrogatoires, auquel cas vous ne sauriez pas quelles questions poser.
Archibald tousse de façon peu discrète et je le soupçonne de vouloir dissimuler un rire. Tant mieux s'il s'amuse mais ce n'est pas mon cas. Cet homme est un incapable qui n'a aucune répartie et qui est en train de se faire réprimander par une adolescente, certes une adolescente de Serpentard mais une adolescente tout de même.
-Il n'y a pas quelqu'un d'autre à qui je pourrais m'adresser parce que très sincèrement j'ai l'impression que la situation vous dépasse et que vous me faites perdre mon temps plus qu'autre chose, continue-je en me levant avec impatience.
Après un instant durant lequel il se tortille les mains et semble réfléchir, il se lève à son tour avec un sourire qui n'annonce rien de bon et se dandine hors de la pièce en me faisant signe de le suivre.
-Cesse donc de rire, siffle-je à l'encontre du Serpentard qui ne peut visiblement plus se retenir et qui rit à présent à gorge déployée.
-Tu vois que je peux rire !, fait-il remarquer fièrement, me rappelant une précédente conversation après un certain sauvetage canin. Mais pauvre homme, je pense qu'on ne lui a jamais parlé de la sorte, reprend-t-il après s'être un peu calmé.
-Selon moi, il doit plutôt avoir l'habitude des remontrances, on n'a pas idée d'être aussi incapable. D'ailleurs, tu n'as pas eu un entretien avec lui ?
-Si, ça a été fort désagréable, il a passé son temps à cirer les bottes de mon père plutôt que d'écouter un traître mot de ce que je tentais de lui dire, répond-il en se renfrognant.
-Donc tu étais à ce bal ?
Il hoche la tête et j'hésite à poursuivre mon interrogatoire, les paroles d'Ama ressurgissant sournoisement à mon esprit. Mais qu'aurais-je bien pu lui demander ? ''Dis-moi, juste par curiosité, tu ne serais pas amoureux de moi en secret ? Parce que tu vois il y a un gars qui m'a embrassé l'autre soir –ce n'est d'ailleurs pas dans mes habitudes d'embrasser le premier soir mais tu vois je n'ai pas vraiment eu le choix, il s'est en quelque sorte jeté sur moi. Je ne dis pas que c'était désagréable, non, mais tu vois quoi. Sinon tu as été attaqué par une bête petit ? Ou alors tu aimes te griffer dans le cou ? Tu vois ça ne m'étonnerait pas vraiment, vu tes sautes d'humeur il y a de fortes chances que tu sois un peu sado sur les bords mais bon après ce ne sont que des suppositions, je dis ça comme ça ! Dis, je peux voir ta nuque ?''
Et pendant que mon esprit part en chocogrenouille et que je plonge allègrement dans les affres de la démence, Archibald ne décroche pas un mot jusqu'à ce que l'on arrive devant un autre bureau dans lequel le petit homme pénètre après avoir toqué. J'ai le temps d'apercevoir brièvement l'intérieur et la superficie qui, ainsi que les meubles dans la pièce, laissent à penser que l'occupant possède une position relativement élevée au sein du Ministère. Enfin quelqu'un digne de recevoir mon témoignage.
Il ressort enfin puis me lance un regard méchant accompagné de cette charmante remarque :
-Amusez-vous bien ! Il va vous en faire baver.
Puis se tournant vers Archibald et effectuant une révérence profonde et ridicule :
-Il souhaiterait s'entretenir seule avec Mademoiselle.
Ce dernier le dévisage avec un air hautain mais à ma grande surprise il prend place dans l'un des confortables fauteuils disposés dans le couloir. Je ne comprends décidément rien à cet individu et à son fichu caractère. Mais lasse et peu disposée à lui demander pourquoi ce brusque changement d'attitude, je pénètre à mon tour dans la pièce sans lui jeter un regard.
Le sorcier qui me fait face est bien plus imposant et intimidant que le précédent. Il possède un regard froid et son visage marqué prouve que lui a connu quelques batailles au cours de sa carrière.
Je m'assois sur le siège qu'il me désigne et attends qu'il daigne ouvrir la bouche, le regard fixé sur mes mains. Voilà qui devrait confirmer le mythe du courage des Serpentards, pour s'attaquer aux faibles, pas de problème mais pour regarder un homme, certainement ancien Auror, dans les yeux, là il n'y a plus personne. Bravo, vraiment, félicitations, tu es un exemple pour tous Isaline !
-Bien, alors, qu'avez-vous de si intéressant à me dire ?, finit-il par demander.
Je m'aperçois avec honte que je n'ai strictement rien à lui dire qui pourrait lui être utile pour faire avancer l'enquête. Et dire que j'ai fait tout ce scandale pour rien.
Je le vois froncer les sourcils, ma confusion doit se lire sur mon visage et je doute qu'il apprécie ce que je m'apprête à lui dire.
La porte s'ouvre alors brusquement sur un Archibald à l'air jovial qui se laisse tomber nonchalamment dans un fauteuil comme s'il était chez lui.
-Mon cher Dashwood ! Comment allez-vous depuis tout ce temps ? Cela fait bien longtemps que je n'ai pas eu de vos nouvelles !
-Je croyais avoir demandé que vous restiez dehors, votre présence ne me permettra pas d'obtenir ce que je veux de cette demoiselle !, rétorque le prétendu Dashwood en me désignant de la main mais en se radoucissant tout de même un peu.
-Faites attention à ce que vous dites cher ami, vos paroles pourraient être mal interprétées, fait remarquer le Serpentard avec un air mutin que je ne lui avais jamais vu.
Je me demande si le mot schizophrène est toujours approprié dans son cas ou s'il en existe un autre plus adapté, quelque chose comme ''personne qui change d'humeur comme de cape'' ?
Contre toute attente le sorcier rougit légèrement avant d'éclater de rire. Je dévisage mon homologue qui me décoche un clin d'œil complice. J'en reste comme deux ronds de tarte à la citrouille.
Lorsqu'il s'est enfin calmé, l'homme se tourne vers moi avec un air avenant :
-Où en étions-nous ? Ah oui, vous alliez me dire qui vous avez vu comme Mangemorts. Allez, dites-moi tout.
Comme je ne réponds pas, il me fixe et je vois son sourire disparaître au fur et à mesure que le temps passe. Archibald vole une fois de plus à mon secours en me demandant comment je suis sortie du château et si je n'ai croisé personne ce faisant. La mémoire me revient alors et j'entreprends de décrire l'homme qui m'avait agressé. Le sorcier m'écoute avec attention et je me dis que finalement je pourrais peut-être lui être utile. Finalement il se tourne vers Nathaniel et lui demande s'il sait que ce soit qui pourrait l'aider.
-J'ai déjà dit tout ce que je savais à mon père, réplique celui-ci en se fermant à nouveau.
Nous quittons enfin le bureau et nous nous rendons en silence dans le hall. Archibald m'accompagne jusqu'à l'une des cheminées.
-Tu sais que tu es vraiment un drôle de personnage toi, lance-je avant de prendre place dans l'âtre.
-Ah oui c'est vrai, la schizophrénie hein ?
Il me sourit d'un air moqueur avant de finalement s'éloigner. Je pousse un long soupire avant de me saisir d'une poignée de poudre pour rentrer chez moi.
Les jours suivants passent avec une lenteur catastrophique : après l'attaque des Mangemorts, mon paternel surprotecteur a décidé que je ne pourrais plus quitter le Square et me voilà donc cloitrée à l'intérieur avec mes abominables cousins, leur chien suicidaire et leur bavarde de mère. Celle-ci passe d'ailleurs toutes ses journées à tenter de trouver des idées pour être sûre d'être dans les bonnes grâces du Lord et pour que le monde sorcier dans sa totalité sache à qui va son allégeance, aidée par cela par ma charmante mère qui tente également de me dénicher un fiancé Mangemort.
Je m'amuse donc comme je peux avec la petite Jane dont je me charge de l'éducation, espérant ainsi l'empêcher de devenir comme ses frères et sœurs. Je dévore à nouveau les quelques livres de notre bibliothèque qui ne traitent pas de magie noire et je m'avance même dans le programme scolaire, ayant fini mes devoirs depuis belle lurette.
En attendant les sorciers et les sorcières défilent à la maison chaque soir nous avons des invités à notre table, les hommes se retirant après le diner dans le cabinet de mon père pour discuter des directives du mage noir tandis que leurs femmes jacassent à qui mieux-mieux de choses plus frivoles les unes que les autres, comme si la guerre n'était pas imminente. Dans ces moments-là je prends sur moi et distribue thé et petits gâteaux en attendant impatiemment le retour des maris et le début des jeux de cartes.
Quand à Reg, le pauvre doit se démener pour prouver son envie de grossir les rangs des Mangemorts. Il rentre tard -quand il rentre, et son visage est toujours sombre et grave. Ca m'inquiète, j'ai tenté d'en parler à mon père mais il s'est contenté de sourire tristement avant de se détourner en me disant que je devrais être fière.
-Des bonbons ou un sort !, crient les jumeaux Billy et Eliott en faisant irruption dans ma chambre le matin d'Halloween.
J'hausse un sourcil dubitatif devant les baguettes tendues vers moi, ce ne serait pas de la réglisse par hasard ? Mais, bonne joueuse, je feins la peur et leur tends en tremblotant les friandises que j'ai préparées spécialement pour l'occasion. Quelques minutes plus tard c'est au tour des jumelles de me piquer mes chocolats à l'aide de branches qu'elles ont visiblement du ramasser dans le jardin, mais cela me fait rire et je repense avec nostalgie aux tours que l'on jouait à nos parents étant enfants Reggie, Sirius et moi.
En descendant déjeuner, je suis de si bonne humeur que je passe affectueusement ma main dans les cheveux de l'aîné de la fratrie qui me lance un regard noir en tentant de les remettre en ordre.
Le reste de la journée se déroule dans une ambiance bonne enfant et je m'extasie devant l'imagination de mes cousins pour les farces, jusqu'à ce que j'en fasse moi-même les frais en découvrant qu'ils ont transformé ma chambre en marécage grâce à je ne sais quel produit de farce et attrape. Finalement après de longues menaces et une multitude de sortilèges, la pièce retrouve son aspect original et heureusement pour eux car il faut que je me prépare pour la soirée d'Halloween donnée chaque année par les Ryan, c'est-à-dire les géniteurs de Jake alias le rebelle muet.
Cette fois-ci les mesures de sécurité ont atteint des records : non seulement il est impossible de transplaner sur le lieu de la réception mais la magie ne peut également pas être pratiquée, ainsi, si les Mangemorts attaquent ce sera à coup de Bombabouses, ou alors avec des armes moldues.
Cette dernière idée me fait frémir mais je me résonne vite : jamais au grand jamais ils ne s'abaisseraient à de telles choses, c'est tout simplement inenvisageable. De plus une nouvelle attaque est elle-même hautement improbable même s'il vaut mieux être prudent.
-Sorcière de mon cœur,
-Qu'est-ce qui peut bien rendre ce si joli visage,
-Si soucieux ?
-Effrayée à l'idée,
-Que Voldy ne décide,
-De se joindre à la soirée ?
Je me tourne vers les Terribles Jumeaux, d'abord amusée et ensuite dans une colère noire.
-Ce n'est pas un sujet à prendre à la légère, réplique-je sèchement.
-On le sait bien trésor,
-Nous souhaitions simplement te dérider,
-Et découvrir ce qui se trame,
-Dans cette délicieuse caboche qui est la tienne.
Je fais la moue, histoire de bien leur montrer que leur plaisanterie est de mauvais goût mais dans une parfaite synchronisation, chacun m'attrape un bras et ils me conduisent dans un coin reculé de la pièce où se cache une petite porte par laquelle nous passons. Je ne prends pas la peine de protester, ayant déjà passé assez de temps en leur compagnie pour savoir qu'il n'y a rien que je pourrais dire ou faire pour les empêcher de m'emmener là où ils le souhaitent. Après un dédale de couloirs, d'escaliers et de portes en tout genre, nous pénétrons finalement dans un petit bureau enfumé.
Au centre de la pièce trône une magnifique table de poker autour de laquelle se trouve une poignée de sorciers que je ne reconnais pas, hormis le maître des lieux bien sûr qui, un mégot dans la bouche, lève à peine la tête à notre entrée. Il adresse un clin d'œil à ses deux compères et ses yeux passent sur moi sans me voir. Je ne m'en offusque pas, j'ai l'habitude à présent.
Ses adversaires de jeux, eux, prennent plus le temps de me détailler. Apparemment ils connaissent déjà les jumeaux et ne s'attardent pas sur eux alors que leurs regards trainent un peu trop longtemps sur certaines parties de mon anatomie un peu trop mises en valeur par la robe relativement près du corps que j'ai choisie pour la soirée.
Ils me lancent des sourires entendus en tirant sur leur cigare dans une posture qu'ils doivent très certainement penser séduisante et certains se donnent même des coups de coude en me reluquant ouvertement.
-Désolé Messieurs,
-Mais elle n'est pas pour vous !
-Ce n'est pas juste, vous gardez toujours les meilleures pour vous, grogne l'un des hommes.
L'un des jumeaux -Harry ou serait-ce William ? c'est dingue je n'arrive toujours pas à les différencier- s'approche dangereusement de lui en souriant d'un air peu avenant. Il abat avec force sa main sur son épaule et lui chuchote quelque chose à l'oreille. J'imagine qu'il ne s'agit pas de mots doux car l'insolent blanchit à vue d'œil sans que je ne puisse entendre un traitre mot de ce qu'on lui dit.
Finalement William –ou Harry- se redresse avec un sourire satisfait, tapote légèrement l'épaule du pauvre bougre et reprend sa place auprès de moi en m'offrant son bras avant de me conduire vers les fauteuils à l'autre bout de la salle.
Une fois assise, je comprends finalement le sens de ses paroles et les regards insistants des autres hommes.
-Il m'a prise pour une pu-péripatéticienne, me repris-je rapidement, me refusant à employer un mot aussi disgracieux.
Mais j'en reste tout de même baba, bien que ça n'aurait pas vraiment du me surprendre de leur part après tout. Ils sont jeunes, riches, beaux et quoi de plus normal pour eux que de jouer au poker avec une jolie fille assise sur leurs genoux, un cigare dans une main, un verre de Whisky Pur-Feu dans l'autre. Quel cliché !
-Depuis quand vous avez besoin de payer pour ça ?, demande-je ensuite, surprise à la fois par cela et par le fait que cette question me soit venue à l'esprit.
-Hum, tu as une haute opinion de nos personnes, très chère !
-Tu ne peux pas savoir à quel point nous sommes flattés !
-En réalité c'est surtout pour eux,
-En effet ils n'ont pas eu la chance,
-D'être aussi bien… pourvus que nous.
-Vous parlez bien de haute naissance, n'est-ce pas ?, interroge-je, suspicieuse.
Leur mine ravie les trahit mais je ne peux m'empêcher de sourire devant tant de fanfaronnade.
Mes yeux parcourent la pièce : le bar, les portraits accrochés aux murs, les visages des différentes personnes présentes…
-Il n'est pas encore là, intervient l'un des Jumeaux, interrompant mes pensées.
J'ouvre la bouche, prête à protester ou à prétendre que je ne vois pas de qui il parle mais il hausse un sourcil dubitatif.
-Ne te fais pas passer pour moins intelligente que tu ne l'es.
Je rougis légèrement, prise sur le fait et baisse un peu la tête, honteuse d'avoir pensé à lui –c'est encore la faute d'Amalia qui m'a mis ces stupides idées en tête !- et tentant de trouver un sujet de conversation pour faire oublier mon moment de faiblesse.
-Un verre ?, propose finalement son double.
Je souris de soulagement, persuadée qu'ils m'auraient plus taquiné que ça.
-Histoire de faire passer le temps,
-Avant l'arrivée du quatrième comparse !
Je me rembrunis instantanément, apparemment ils n'en ont pas encore fini avec moi. La tête haute, je prends sur moi et supporte sans broncher leurs sous-entendus et leurs moqueries, sirotant mon verre et tentant de me distraire avec tout ce qui passe à ma portée. Je finis par poser mes yeux sur la table de jeux, analysant les expressions de chacun, les petits tics qui les trahissent, les jambes qui tremblotent inconsciemment sous la table alors qu'ils s'essaient au bluff… Au final ça en devient même assez intéressant et je me prends au jeu, tentant de deviner l'issu de la partie.
Mais brusquement un détail dans mon champ de vision attire mon regard et je manque d'en lâcher mon verre. Je m'immobilise, stupéfaite, incrédule, choquée, ne voulant surtout pas y croire, priant pour que ça ne soit pas vrai. Je ne pouvais décemment pas avoir vu des griffures dans la nuque de Jake, c'était ridicule, du grand n'importe quoi !
Voilà que ma respiration se fait erratique et que les contours de la pièce deviennent légèrement flous. Je tente de me ressaisir, me lève d'un bond et baragouine un ''Il faut que je me repoudre le nez'' aigu. Les Jumeaux me regardent avec surprise avant de tendre leur doigt vers une porte située derrière nous et que je n'avais pas remarqué jusque là. Je m'y rends en tachant d'adopter une démarche normale, alors que je ne souhaite qu'une chose : courir dans les toilettes et m'y enfermer à double tour avant de me passer la tête sous l'eau froide dans l'espoir que mon pauvre cerveau se remette à fonctionner correctement.
Mais, bonne éducation oblige, je rassemble le peu de dignité qu'il me reste et m'étonne moi-même en agissant de façon relativement naturelle. Peu à peu, mes facultés mentales semblent refaire surface et je m'écroule de façon peu élégante dans la causeuse rose de la salle de bain, tentant de comprendre comment je me sens à l'instant présent.
Choquée, oui ça c'est indubitable mais après ?
Perplexe ? Evidemment ! Pourquoi un gars comme Jake, à qui je n'ai jamais du adresser plus de deux mots et qui n'a jamais pris la peine de me parler, m'aurait-il embrassée ? Ça n'a pas de sens, voyons ! Enfin Amalia dirait que justement il a saisi l'occasion lors du bal pour m'avouer son amour indubitable.
Mais en admettant que ce soit vrai, suis-je déçue ? Après tout la pensée qu'un homme tel qu'Archibald puisse éprouver un tant soit peu d'affection pour ma personne a dans un sens quelque chose de… flatteur.
Je me triturai la tête pendant de longues minutes avant de juger que le temps passé dans ces toilettes pouvait commencer à prêter à confusion et que ces messieurs devaient se poser quelques questions. Après un rapide coup d'œil au miroir histoire de vérifier que j'étais comme toujours sous mon plus beau jour, je me décide à sortir et à rejoindre ma place entre mes deux tortionnaires qui d'ailleurs me regardent avec un air qui ne me dit rien qui vaille.
-Alors comme ça,
-On fuit les questions ?
-Pas du tout, une envie pressante de me remaquiller, rien de plus !
-Tu ne trouves tout de même pas ça étrange,
-Que tu ais cette ''envie pressante'',
-Juste après que nous t'ayons ouvertement demandé,
-Si Nathaniel te plaisait !
Je m'étrangle brutalement, j'avais apparemment très mal choisi mon moment pour partir mais je n'y pouvais rien, je n'avais pas suivi un traître mot de leur monologue, ou de leur dialogue, je ne sais pas vraiment lequel des deux termes employer dans leur cas.
-Pas du tout, répète-je soudain nerveuse. Et si nous allions voir cette partie de plus près ? On ne voit rien d'ici !
Et sans attendre leur réponse, je me lève à nouveau d'un bond et me rapproche des joueurs.
-Lâcheuse !, lancent les Terribles avec l'air de dire que je ne m'en tirerai pas comme ça.
S'ils savaient !
Mais s'ils savaient quoi au juste ? Que l'un de leurs meilleurs amis –et pas celui qu'ils pensent- m'a très certainement embrassé et que c'était agréable, et que l'une de mes meilleures amies est persuadée qu'il s'agit de leur autre meilleur ami, celui à qui ils pensent justement ? Et que je suis complètement perdue et que je suis en train de devenir folle et de me monter des films et qu'en m'éloignant des Jumeaux je me suis rapprochée de Jake qui a l'air de me porter autant d'intérêt qu'à un Véracrasse et qui peut-être, je dis bien peut-être, m'aime bien au fond et que je me fais l'effet d'une gamine de onze ans qui aurait trop regardé de films moldus à l'eau de rose et que…
-Bonsoir mon ange, lance une voix familière alors que je suis attirée contre un corps chaud et musclé et qu'on me dépose un baiser sur la tempe.
-Nath-Archibald !, m'exclame-je avec surprise en me tournant vers lui.
Il prend place à la table et m'installe sur ses genoux sans me demander mon avis. Je reste un instant immobile, le temps de prendre conscience de la situation avant de tenter de me lever d'un bond. Je dis bien tenter car il semble avoir prévu le coup et l'un de ses bras m'enserre impitoyablement la taille, me maintenant assise.
-Tu ne crois quand même pas que je vais rester là à jouer les potiches ?, m'insurge-je à voix basse, peu disposée à l'idée de faire une scène devant des sorciers que je ne connais pas.
-Reste tranquille pour ton propre bien, je t'expliquerai plus tard et souris si ce n'est pas trop te demander, répond-il sèchement en me jetant un regard très dissuasif tout en me souriant d'un air… tendre ?
Je suis définitivement perdue mais je me dis qu'il est peut-être plus sage d'obéir, après tout il m'a bien sauvé la mise dans l'Allée des Embrumes il n'y a pas une semaine de ça. Et puis c'est plutôt agréable.
L'un des Jumeaux lui apporte un verre de scotch et me dévisage avec un air triomphant qui me fait rosir –enfin un Sang-Pur ne rougit pas voyons.
-Par pitié ne te mets pas au cigare, supplie-je, grimaçant de dégoût à l'idée de l'odeur acre.
Il me lance un regard surpris avant de rire et de me planter un nouveau baiser sur la joue.
-Je n'en avais pas l'intention, ajoute-t-il en laissant trainer sa bouche du coté de mon oreille, son souffle, sa voix ou un courant d'air venu de Merlin sait où me faisant frissonner.
Non mais que m'arrive-t-il en ce moment ? Depuis quand Nath-Archibald est-il devenu dans mon esprit un mâle potentiellement attirant ? Amalia et ses idées farfelues !
-Tu as froid ?, demande-t-il, l'air moqueur.
-Un peu, réplique-je afin de faire disparaître son sourire victorieux.
Sans rien perdre de son assurance, il retire sa veste et la dépose sur mes épaules en douceur.
C'est fort aimable à lui, d'autant plus que le tissu du vêtement –très certainement taillé sur mesure par le meilleur couturier du Chemin, est fort agréable. Cependant je ne peux pas laisser passer ça, il ne peut pas gagner, ou du moins pas avant que je ne me sois un minimum défendue. Il veut jouer à ça ? Très bien, moi aussi je peux le faire !
Je fais semblant de me focaliser sur la partie, ce qui n'est pas particulièrement difficile car tenter de démasquer les bluffeurs est fichtrement intéressant. Puis, l'air de rien, j'accroche ma main à sa chemise et tourne distraitement l'un des boutons pendant quelques instants avant de passer mon index en dessous du tissu et de le balader innocemment sur sa peau.
Il se crispe et perd le fil du jeu avant de rapidement se ressaisir et d'entrelacer nos doigts.
Bien joué, je dois l'admettre, c'est une belle parade même si maintenant cela le gêne un peu. Je reste donc tranquille, lui faisant croire que j'ai compris la leçon et alors qu'il ne se méfie plus, je passe mon bras libre derrière son cou et entortille ingénument la pointe de ses cheveux. Il gigote, apparemment mal à l'aise, et fronce les sourcils.
-Contrôle-toi où ils vont comprendre que tu bluffes, le taquine-je en embrassant sa mâchoire.
Des coups à la porte me fond sursauter et je manque de tomber de mon perchoir. C'était bien sûr sans compter sur le valeureux Archibald qui me retint au dernier moment. Alala un vrai chevalier servant celui-là… J'ai beau essayer de le dire sans ironie mais impossible, ce rôle ne le sied guère et ça me rappelle trop le garçon du bal pour ne pas me troubler.
-Le dîner va être servi, Messieurs, et Madame votre Mère souhaiterait que vous regagniez la Grande Salle, déclare le domestique à l'adresse du Maitre des lieux.
Les hommes protestent mais tous se lèvent et je suis donc le mouvement. Cependant, une fois dans le couloir, Archibald se saisit de mon bras et m'entraine vers un petit renfoncement. Ses lèvres se rapprochent sans que je n'aie le temps de comprendre ce qu'il se passe. Mon rythme cardiaque s'accélère et il fait soudain fichtrement chaud. Finalement il s'arrête alors que quelques millimètres nous sépare et :
-Qui ne peut plus bluffer à présent ?
Puis il s'écarte et tourne les talons, me laissant pantelante et m'appuyant contre le mur pour rester debout. Comment un insolent pareil peut-il bien me faire autant d'effets ?
Je m'accorde quelques minutes pour reprendre mes esprits puis je regagne, non sans quelques difficultés, la salle de réception. Je regagne ma place auprès de mes parents et passe le dîner à sourire poliment aux Mangemorts qui nous entourent.
Lorsque les premières notes d'une valse se font entendre, ma mère se tourne avidement vers un sorcier au teint olivâtre et à la mine revêche mais une main tendue à mon intention la stoppe net et elle ouvre des yeux ronds. Interdite, j'accepte néanmoins et notre hôte me conduit sur la piste.
Nous valsons en silence et en gardant une certaine distance entre nous. Je ne passe pas spécialement un très bon moment mais cette danse a au moins le mérite de me rassurer sur un point : quelque chose dans sa façon de se mouvoir me convainc que ce n'est définitivement pas mon cavalier sauveur.
A la fin de la danse, il me reconduit hors de la piste et me confie à l'un des Jumeaux. Entre les bras de William puis ceux de Harry ou l'inverse, je prends beaucoup plus de plaisir à danser et finalement nous nous isolons tous les trois dans un coin de la pièce et je m'amuse comme une folle alors que nous examinons les autres invités. Ils m'expliquent également que les hommes qui jouaient au poker sorcier ne sont pas vraiment des enfants de chœur et qu'il est préférable de ne pas se les mettre à dos, d'où l'intervention d'Archibald. Monsieur a cru bon de leur montrer que j'étais ''sous leur protection'' et sa ''propriété privée'', ce que je n'apprécie guère même si j'imagine que l'intention était bonne. Ma famille aussi a des relations et je suis tout à fait à même de me défendre seule ! Pourquoi Merlin s'acharne-t-il donc à mettre sur mon chemin des hommes qui se sentent le devoir de me protéger ?
D'ailleurs j'avise Nathaniel du coin de l'œil et me décide à aller lui rendre sa veste avant que cela ne me sorte de la tête. Il ne me semble pas l'avoir vu danser et, toujours de bonne humeur grâce aux Jumeaux, je décide de le taquiner un peu et d'engager la conversation.
-Etant donné que personne dans l'assistance ne te parait digne d'être ta cavalière, suis- je sensée t'appeler Mr Darcy ?
Je ne m'attends pas à ce qu'il comprenne la référence littéraire, d'autant plus que le roman est moldu mais c'est une façon comme une autre de l'aborder et je trouve ma plaisanterie assez fine pour être contente de moi-même.
-Dans ce cas, suis-je sensé t'appeler Miss Bennet puisque tu m'es si manifestement inférieure en tout point ?
J'en reste coite et lorsque je me reprends enfin, il m'a faussé compagnie depuis longtemps. Je paierai tellement cher pour savoir ce qui ne tourne pas rond dans sa petite caboche. Mais ce n'est pas forcément impossible, je suis une sorcière après tout et il me suffit simplement de réussir à me procurer du Veritaserum et à lui en faire ingurgiter une quantité suffisante pour qu'il m'avoue tous ses petits secrets. Et qui d'autre que mon cher frère, passé maître en l'art de fabriquer des potions et se procurer des objets insolites et illégaux, pour m'aider ? C'est décidé, ce soir je mets Amalia et Mads au courant et dès la rentrée je mettrais mon plan à exécution, ce freluquet va regretter d'avoir insulté une Serpentarde !