C'est encore moi! :)

Oui, oui, j'ai commis un deuxième chapitre à ce qui devait être un OS - enfer et damnation, Sherlock, tu auras ma peau!

Merci aux quelques reviewers qui ont pris la peine de me donner leur avis sur mon écriture! Je vous le promets, je ne ferai plus pleurer John T_T Comme je l'avais expliqué, je me suis basée sur une conversation que j'avais personnellement vécue, et je trouvais que John avait droit au moment de faiblesse que je ne me suis pas accordé... C'est peut-être difficile pour certains de s'en rendre compte, mais quand de tels mots sont prononcés sans émotion et avec froideur, il est très douloureux de les entendre :/ Même si je suis d'accord avec vous : en le relisant, j'ai trouvé ce passage bizarre, mais j'espère être pardonnée pour mon inexpérience - s'il vous plait? *s'incline très bas*

Voilà donc la suite et la fin de 'Influence', qui j'espère vous plaira autant que la première partie - j'ai écrit la scène de baiser que je voulais écrire à la fin du premier chapitre... Bon, ça reste 'achement soft, mais je sens que le slash ça ne va pas être trop mon truc, ou peut-être après beaucoup d'entrainement xD Ou alors, ça ne collait pas vraiment à l'ambiance de cette histoire, que je voulais calme et domestique :) J'essayerai de faire mieux la prochaine fois, si prochaine fois il y a ;)

Evidemment, je ne détiens toujours pas les droits sur la série Sherlock, ni sur Benedict Cumberbatch et Martin Freeman :)

Le chat de notre silence s'étirait paisiblement dans les rayons du soleil lorsque j'ouvris les yeux. Sherlock était toujours paisiblement endormi dans mes bras, la tête posée sur ma poitrine, mes doigts emmêlés dans sa sombre chevelure. L'horloge au-dessus de la cheminée indiquait 8:00, et la ville au-dehors se réveillait doucement, au rythme des taxis et de leur valse lente.

Sur la table basse vibrait la raison de mon réveil. Avec un grognement et la lenteur d'un homme encore endormi, je tends le bras pour me saisir de mon portable et appuie maladroitement sur le bouton 'décrocher'.

"John ?"

'Lestrade.'

"Oh, bonjour Greg."

"Je te réveille, peut-être ?"

'Absolument.'

"Absolument pas. Quel est le problème ?"

"Je n'arrivais pas à joindre Sherlock, et il ne m'a pas envoyé le fichier qu'il m'avait promis hier, j'étais un peu inquiet."

'Oh.'

"Pas d'inquiétude, Sherlock est juste en train de dormir, Greg. Je lui demanderai de t'envoyer le fichier dès son réveil."

Réveil qui semble imminent, d'ailleurs, à voir la façon dont mon colocataire commence à remuer dans son sommeil.

"… On parle du même Sherlock ?"

"Sherlock est peut-être un génie, mais il reste un être humain, Lestrade, son corps a de temps en temps besoin de repos."

Sherlock ouvre lentement les yeux et me regarde, les paupières encore lourdes de sommeil. Je remarque que mes doigts sont toujours mêlés à ses boucles, et je dégage ma main pour caresser doucement sa joue. A l'autre bout du fil, Lestrade me pose une question que je n'entends pas.

"Bonjour, John."

La voix est un peu rauque, encore fatiguée.

"Bonjour, Sherlock. Bien dormi ?"

"Mmmm."

Il repose sa tête contre ma poitrine et referme les yeux. Je reviens à la réalité en entendant crier l'inspecteur dans le combiné.

"Pas la peine de hurler, Greg !"

"Je pourrais savoir ce qu'il se passe, nom d'un chien ?"

"Tout va bien, Sherlock vient juste de se réveiller."

A la mention de son nom, mon colocataire, sans ouvrir les yeux ni lever la tête, me présente sa main tendue, et je lui passe le portable.

"Fichier clôturé. Envoyé d'ici 30 minutes. Bonne journée."

Il raccroche, dépose l'appareil sur la table basse, puis se réinstalle confortablement, les deux bras autour de ma taille, la tête sur mon cœur. Incapable de m'empêcher de sourire, je lui rends doucement son étreinte, le visage envahi par ses cheveux, les poumons pleins de cette odeur de ville, de science et de savon qui lui est si particulière. Ne me demandez pas ce que sentent la ville et la science. Il faut avoir une fois dans sa vie rencontré Sherlock Holmes pour le savoir.

"John…"

"Oui, Sherlock ?"

"Je n'avais pas dormi aussi bien depuis longtemps… Merci."

Je ne peux retenir le sourire qui illumine mon visage. Je viens également de passer une de mes meilleures nuits depuis que je suis rentré d'Afghanistan. Je me contente de lui répondre en le serrant un peu plus fort contre moi, pour profiter du doux ronronnement du silence, roulé en boule devant la cheminée. Mon ami lève les yeux vers moi, et je suis soufflé par la chaleur de son regard, par le métal fondu de ses prunelles. Je me sens passé aux rayons X de ses talents, et il me sourit, satisfait sans doute du résultat de son analyse. Il se lève et s'étire, avant de me tendre la main pour me remettre sur mes pieds.

"Petit déjeuner ?"

"Juste du thé, merci, John."

Depuis quand le mot 'merci' est-il devenu si agréable à entendre ?

Je me laisse entrainer par la routine, l'eau pour le thé, la bataille avec les expériences du frigidaire, la réalisation que des courses seraient plus que nécessaires pour assurer notre survie à tous les deux. Remplir les deux tasses de thé, ajouter deux sucres dans celle de Sherlock (celle avec les motifs bleus), la lui apporter dans le salon, retourner chercher ma tasse (celle avec les motifs argentés) et mes toasts dans la cuisine, les mettre sur un plateau et rejoindre mon colocataire sur le canapé. Laisser le chat se promener dans la pièce et effleurer les meubles, laisser le silence se déposer doucement sur les quelques minutes qu'il me reste avant que les rouages de l'intellect de Sherlock se mettent en route.

Pendant que le cadet des Holmes occupe la salle de bain, je lave les tasses, le plateau, je fais mentalement la liste des courses pour la prochaine fois. Lorsqu'il sort, enroulé dans une immense serviette de bain, je file prendre une douche rapide, en sachant que, lorsque j'en aurai fini, je trouverai un Sherlock impeccablement habillé en attente sur le canapé.

"Lestrade vient de m'envoyer un message. Il a bien reçu le fichier, mais il n'a pas compris son organisation. Il m'attend."

Je suis un peu surpris par la dernière partie de sa phrase ('J'aime un peu trop quand il dit 'nous', je crois...'), mais je me contente de hocher la tête et de finir de me sécher les cheveux pendant qu'il enfile son imperméable et qu'il noue son écharpe autour de son cou. Je replie la serviette et je fais volte-face, avec l'intention de retourner dans la salle de bain, pour me retrouver nez à nez avec mon ami, prêt à partir, et dangereusement proche de moi.

"Sherlock ?"

Il aplatit du plat de la main une de mes mèches folles, avant de laisser glisser ses doigts le long de mon crâne, caressant ma joue au passage.

"Bonne journée, John."

Le temps de reprendre mon souffle, et la porte de l'appartement s'est déjà refermée. Dans un coin de la pièce, le silence se moque de mon embarras et se fait les griffes sur les rideaux.

'Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il vient de se passer, mais j'ai l'impression que notre discussion d'hier n'y est pas pour rien.'

Je secoue légèrement la tête et je mets ma réflexion de côté pour l'analyser plus tard. Il est temps de remplir le frigo avec quelque chose de comestible.

Je quitte notre appartement ('Il faut vraiment que mon estomac cesse de papillonner comme ça') pour me rendre à l'épicerie, au coin de la rue. Dans ma poche, mon portable émet le bipcaractéristique de l'arrivée d'un sms.

'N'oublie pas le lait - SH'

Je ne peux pas m'empêcher de sourire. Je ne me souviens pas avoir dit que j'allais faire les courses, mais il s'agit de Sherlock Holmes, après tout, pas la peine de se poser la question du comment ou du pourquoi.

'J'ai une longueur d'avance. Déjà dans le panier - JW'

Je continue ma progression entre les étagères, en sifflotant doucement. J'en suis aux conserves quand le second message arrive, et son contenu me fait presque lâcher mon panier.

'Il reste des bandes dans la pharmacie ? - SH'

'Qu'est-ce qu'il s'est passé ? - JW'

J'ai tapé ma réponse aussi vite que possible, mais celle de Sherlock tarde à arriver. Inquiet, je me dirige à grandes enjambées vers les caisses, pressé de rentrer. La caissière a presque fini de scanner la dernière bouteille de lait quand un sms arrive enfin.

'Anderson a été particulièrement désagréable. Je viens de rentrer. - SH'

'Je suis chez nous dans 5 minutes - JW'

J'embarque le sac en plastique que j'ai rempli au fur et à mesure et je me précipite vers le 221B Baker Street, en combattant tant bien que mal les papillons qui s'affolent dans mon estomac ('Chez nous, chez nous,...'). Je déverrouille rapidement la porte et je monte deux à deux les marches qui mènent à notre salon. En ouvrant la porte, je découvre une scène qui manque de me faire lâcher mon sac de commissions : Sherlock, la lèvre tuméfiée, en train de se masser la main droite sur le canapé.

"J'ai été chercher les bandes dans la salle de bain, mais je n'arrive pas à faire un bandage correct avec ma main gauche."

Je pose les courses sur le sol et j'enlève rapidement mon manteau avant de me précipiter vers mon ami. Je fais mentalement l'inventaire des dégâts, et je laisse s'échapper un soupir de soulagement en constatant qu'aucun os n'est cassé.

"Je vais chercher de la glace à la cuisine. Reste assis."

Je reviens dans le salon en moins de deux minutes, une poche de glace entourée d'un essuie dans chaque main. Sherlock s'est laissé aller contre le dos du canapé et a fermé les yeux. Je pose l'une des poches sur son visage et il sursaute légèrement, avant de la prendre dans sa main valide pour la maintenir en place sur sa lèvre.

"Merci, John."

"Tu me diras merci quand j'en aurai fini avec ta main. Je peux savoir ce qu'il s'est passé avec Anderson, maintenant ?"

Assis à côté de lui sur le canapé, j'écoute son compte-rendu des évènements en appliquant la seconde poche ses jointures ensanglantées.

"Quand je suis arrivé, Lestrade était occupé avec Donovan dans son bureau, et j'ai dû l'attendre dans le couloir. Anderson passait par là, et il a trouvé intelligent de remarquer que je n'étais pas accompagné de mon 'petit chien'. Je crois avoir insulté son intellect de plusieurs façons plus ou moins vulgaires avant d'envoyer mon poing saluer sa mâchoire. Il a trouvé courtois de me rendre la politesse."

"Sherlock, combien de fois faudra-t-il te rappeler qu'Anderson ne vaut pas la peine que tu lui donnes de l'importance en remarquant sa présence ?"

Mon colocataire me répond par un grognement et détourne la tête, feignant ne pas avoir entendu ma réflexion. Je dépose la poche de glace et je me concentre sur la désinfection de sa main. Pris par la tâche en cours, je ne remarque pas que les yeux de mon ami sont fixés sur moi, sur l'expression de mon visage. Je suis inquiet que Sherlock se soit senti agressé par Anderson au point d'être le premier à user de la force. D'ailleurs, l'insulte ne le concernait pas directement, puisque c'est de moi que le légiste se moquait. Mais pourquoi Sherlock prendrait-il ma défense de cette manière ?

"John, tu réfléchis beaucoup trop."

La surprise me fait lâcher le tube de pommade cicatrisante. Je le récupère et commence à appliquer la dite pommade sur les jointures enflées.

"Ce n'est pas tous les jours que tu réponds aux provocations de manière physique, ça suscite la réflexion."

"Je n'apprécie pas que l'on dénigre et tourne en ridicule le peu de choses et de personnes que je respecte. Si tu peux laisser sans problème parler ceux qui disent du mal de toi, c'est au-dessus de mes forces."

Je suis touché de savoir que je fais partie du peu de personnes que Sherlock respecte. J'ai terminé de bander sa main, et je lève les yeux pour croiser son regard. Son expression est indéchiffrable, à mi-chemin entre la colère et l'inquiétude. Je lève la main pour écarter une boucle de son visage, et il l'emprisonne dans la sienne lorsque j'essaye de m'éloigner.

"Sherlock... Je n'ai pas besoin que tu te battes pour moi. Je préfère que tu rentres entier à la maison plutôt que de devoir te soigner parce que tu as voulu défendre mon honneur. Je comprends qu'il ne soit pas facile d'entendre quelqu'un comme Anderson dire du mal d'une personne que tu respectes, mais ça ne vaut pas la peine de le laisser avoir cette emprise sur toi."

"Je ne peux pas supporter qu'on dise du mal de la personne que j'aime."

Je sens mon cœur commencer à battre la chamade, et j'ai peur qu'il finisse par sortir de ma poitrine. Le métal des yeux de Sherlock est en ébullition, sa main autour de la mienne me semble brûlante, et je ne peux pas m'empêcher de trouver sa lèvre légèrement gonflée terriblement sexy.

'Sexy ? Oh mon Dieu...'

Le chat du silence me donne des coups de griffes pour que je ne le laisse pas s'installer, pour que je réponde aux mots de Sherlock, à ce qui doit être la phrase la plus proche d'une déclaration que le détective soit capable de formuler. Encore une fois, les mots me manquent, et je me sens stupide, tellement stupide à côté de cet homme extraordinaire qui me regarde avec des yeux, des yeux presque suppliants...

Je laisse mes émotions, mes instincts prendre le dessus. Je me penche lentement vers Sherlock, et je dépose un tendre baiser sur les lèvres enflées. Ses yeux se sont fermés, comme les miens, et je prends son visage entre mes mains, avec presque trop de douceur. La sensation de ses lèvres, le goût métallique du sang, la chaleur de son visage entre mes mains, tout me transporte et m'émerveille. Je n'ose pas m'avouer que je rêvais exactement de ça, de cette intimité avec Sherlock. L'intimité qui avait commencé dans les habitudes, et dans ce 'nous'qui faisait danser les papillons dans mon estomac. Il interrompt le baiser le premier, glisse ses bras autour de ma taille et fourre son nez dans le creux de mon cou. Je laisse glisser mes mains le long de sa nuque, dans ses cheveux, je le serre contre moi, j'essaye de lui transmettre tout ce que je ressens.

Pas besoin de mots. Sherlock sait. Il savait probablement ce que je ressentais avant même que je m'en rende compte, et avait sans doute prévu tout le déroulement de cette scène. Je ne suis pas très doué avec les mots, de toute façon. Je pense qu'on peut montrer plus d'amour à quelqu'un en prenant soin de lui qu'en le harcelant de mots dégoulinants d'une tendresse feinte. Je ne suis peut-être pas capable de dire 'je t'aime', mais chaque fois que je prends soin de cet homme, je commets un acte d'amour.

Je sens, comme la veille, son corps se relaxer. Il est à peine 11:00, et il est un peu tôt pour une sieste, mais je ne veux pas briser ce moment. Le silence me jette un regard méprisant.

"Sherlock ? Si tu es fatigué, je propose que l'on s'installe sur une surface un peu plus confortable."

J'essaye de me persuader que ça ne sonne pas comme une proposition. Du moins, pas encore.

J'arrive sans trop de peine à l'emmener jusqu'à sa chambre. Nous nous glissons tout habillés sous les draps, et Sherlock passe possessivement un bras autour de ma taille en posant sa tête sur mon épaule. Je caresse ses boucles sombres, l'apaisant jusqu'à ce qu'il finisse par s'endormir. Je ne tarde pas à le rejoindre, savourant son odeur, sa présence, son souffle contre mon cou.

Anderson va sérieusement regretter d'avoir fait du mal à l'homme que j'aime.

J'ai l'impression que ce chapitre est un peu moins bon que le précédent, mais j'aimais moi aussi l'ambiance de cette histoire, et je voulais la faire durer un peu :) Je n'ai plus fait pleurer John, alors ne me tapez pas xD

J'espère revenir bientôt avec de nouvelles idées à vous présenter...

En espérant que vous avez pris autant de plaisir à me lire que j'en ai pris à écrire pour vous,

~Layla