Disclamer : tout appartient à JK Rowling sans exception.

Avertissement : attention, ceci est un HPDM. Plutôt innocent, mais les homophobes peuvent passer leur chemin, merci.

Note : oyez, oyez ! De retour pour la fin. Je suis désolée d'avoir mis autant de temps ! L'inspiration était en chute libre, et je ne voulais pas vous pondre un truc trop horrible qui donne la gerbe. En tout cas, nous y voilà. Je n'avais pas prévu de faire trois chapitres, mais au final, c'est pas plus mal. Ça m'aura bien fait plaisir d'écrire sur nos deux namours. J'espère que ça vous aura plu, un grand merci à celles qui m'ont laissé une review. C'est toujours agréable ! :)
Sur ce, je vous laisse lire, surtout n'hésitez pas à me laisser un commentaire (au contraire !). Plein de poutous !


Draco Malefoy plissa les yeux. Il y avait quelqu'un qui venait de transplaner devant le manoir. Il s'approcha de la fenêtre, suspicieux. Il ne parvenait pas à distinguer qui se tenait immobile dans le noir au niveau du portail. Il ouvrit de grands yeux surpris en voyant la silhouette sombre pousser la grille et s'avancer d'un pas décidé vers la demeure. Qui pouvait bien venir le voir à une heure pareille ? Il se pencha un peu plus pour essayer de deviner l'identité de ce sans-gêne. Il faisait si sombre...

Son coeur bondit alors dans sa poitrine. L'homme venait de passer dans la flaque de lumière émanant de la fenêtre où il était posté. C'était impossible.

Pas maintenant, pas là...

Sans bien réaliser ce qui lui arrivait, il se précipita dans les escaliers avant de se raidir devant l'entrée, le souffle court. Qu'allait-il bien pouvoir faire désormais ? Des coups sourds vinrent heurter la porte. Ils résonnèrent dans le grand hall froid, faisant échos aux battements désordonnés de son coeur.

Draco Malefoy resta figé, les yeux rivés sur le panneau de bois. Il était tétanisé. Désarmé. Dans l'incapacité de faire le moindre geste. Tout son corps était engourdi. Ses jambes refusaient de bouger. Il était paralysé, piégé par un drôle de sentiment qui le laissait pantelant, tremblant comme un enfant apeuré. C'était comme dans un de ces cauchemars effrayants, où l'on se retrouvait immobiles, incapables de fuir, incapables de se réveiller, alors qu'un danger terrible courait droit sur nous. Le pire dans ces rêves-là, c'est que l'on était atrocement conscient de la souffrance qui nous attendait. On la voyait qui nous regardait dans les yeux, et l'on hurlait, impuissants, avant de sursauter, en sueur et grelottant dans un lit.

C'était cette même sensation de faiblesse extrême qui prenait Draco Malefoy à la gorge à cet instant-là. Sauf que le danger n'était pas une chimère issu de son inconscient endormi. Sauf que la souffrance avait les traits d'Harry Potter. Et sauf qu'il ne rêvait pas.

Les coups cessèrent alors aussi brusquement qu'ils avaient commencés. Le sang du fier aristocrate ne fit qu'un tour. Il ne pouvait pas le laisser partir. Il ne pouvait plus le laisser partir.

Pas là, pas maintenant...

Il fut presque surpris de se tenir debout dans l'encadrement de la porte ouverte, sa main serrée sur la poignée. Il l'avait ouverte, sans réfléchir. Il l'avait ouverte, trop curieux. Trop impatient, trop fébrile. Trop amoureux.

- Potter.

Draco Malefoy regarda Harry Potter. Harry Potter regarda Draco Malefoy. Le brun fit un pas en avant. Le premier pas. Le plus difficile à faire. Les deux hommes se dévisageaient, se jaugeaient, avides. Si aveugles que c'en était presque affligeant. Si habitués à nier l'évidence qu'ils ne voyaient plus rien. Si résignés que c'en était à pleurer. Si effrayés qu'ils auraient pu en oublier de respirer.

- Malefoy.

- Que me vaut l'honneur de ta visite ?

Harry Potter tritura ses lunettes, nerveux. Pourquoi était-il ici déjà ? Ah oui. Parce qu'il était fou. Et parce qu'il crevait d'envie de voir ses yeux. Soudainement fébrile, il leva la tête, et osa enfin croiser son regard. Il manqua d'air. Cela faisait une éternité qu'il n'avait pu contempler cette nuance de gris si étrange. Il se faisait l'effet d'un assoiffé à qui l'on aurait accorder un peu d'eau.

- Je... Il fallait que je vérifie quelque chose.

Draco ricana, amer. Vérifier quelque chose. Il ne venait pas lui dire je t'aime. Il le savait, il n'espérait plus depuis longtemps. Il s'y attendait. Oui, il le savait. Mais pourquoi, alors, avait-il si mal ? Il avait envie de pleurer. Il suffoquait. Il avait envie de mourir. Il avait envie de l'aimer. Il avait tellement mal. Il se sentait humilié. Ce n'était pas humain, d'avoir si mal, d'aimer si fort, d'être si seul. Ou plutôt, si, au contraire, c'était un peu trop humain. Il se constitua un masque impassible, tandis que tout se fissurait sous cette façade glaciale. Il avait tellement mal. Tellement mal. Il haïssait l'espoir.

- Que tu vérifies quoi ? Tu voulais voir si le fourbe héritier Malefoy restait bien tranquille ? Tu viens me surprendre au milieu de la nuit pour essayer de prouver que je ne suis qu'un traître ? Tu cherches une excuse pour me pourrir un peu plus la vie ? Tu vas être déçu, Potter. Je n'ai jamais été aussi tranquille de toute ma vie !

- Non, écoute-moi, s'il te plaît...

- Que je t'écoute ? Je ne veux pas ! Tu débarques chez moi, tout fier, suintant d'arrogance, me balançant au visage ta supériorité, me rappelant à quel point tu peux me dominer et me subjuguer, et je devrais t'écouter ? Je ne crois pas, non ! Je sais ce que tu vas me dire. Tu vas t'énerver, tu vas m'insulter, puis tu repartiras, sautillant, laissant ce crétin de Draco Malefoy pourrir dans son manoir !

Harry Potter, hébété, observait celui qui ne quittait pas ses pensées. Il ne savait plus comment se comporter avec lui. Il avait tellement macéré ses sentiments, qu'il se perdait dans ses émotions, il se noyait dans son propre désarroi. Il le voyait, en colère contre lui, si beau dans sa fureur. Il ne comprenait pas pourquoi il s'énervait ainsi. Harry se sentit extrêmement fatigué. Il n'avait aucune chance. Draco Malefoy le détestait.

- C'est toi qui...

- Moi ? Toi ? Dis-moi, Potter, qui est ce toi ? Qu'est-ce qu'il signifie, ce toi ? Je ne t'ai jamais entendu dire ce mot qu'avec haine. Parce qu'à chaque fois que je l'ai lu sur tes lèvres, il était là pour m'accuser, il était là pour me mépriser, il était là pour m'injurier. Mais dis-moi, Potter, est-ce que tu es capable de sussurer ce mot, de le sentir glisser sur ta langue, de le murmurer avec... amour ?

Draco secoua la tête avec un sourire triste. Il avait perdu tout son précieux contrôle. Comme toujours devant le brun. Il garda les yeux baissés, trop anxieux pour regarder l'autre. Parce qu'il savait que ce soir, il ne pourrait pas s'arrêter de parler. Les mots s'échappaient sans qu'il ne parvienne à les retenir, les phrases filaient entre ses dents.

Harry était perdu. Il repensa à sa lettre déchirée, à sa déclaration abandonnée, à ces morceaux de papiers envolés. Il se rappella ces pensées mises sur parchemin, ces pensées qu'il lui avait dédié, ces pensées pour Draco Malefoy, ces pensées pour lui, ces pensées pour... toi.

Toi. À toi.

L'ancien Gryffondor trembla. De peur, de rage, de désespoir, de honte, d'amertume, d'espoir, de désir. Il trembla pour tout, il trembla pour rien.

- Oh oui, tu en es capable, de le dire avec amour. Ce mot-là, ce toi, tu dois le savourer quand tu penses à lui.

- À... lui ? balbutia Harry.

- Oui, à lui. Cet homme que tu aimes.

Choqué, le brun resta silencieux, les lèvres impitoyablement scellées, son cri bloqué dans sa gorge. Draco semblait ne pas vouloir s'arrêter.

- Cet homme à qui tu dis... je t'aime.

Deux coeurs s'affolèrent en même temps.

- Cet homme à qui tu as écris ces mots. Cet homme, ce toi. J'ai lu ta lettre. Celle que tu as jeté. Je l'ai lue jusqu'au point final. C'était plus fort que moi. Il fallait que je le fasse. Maintenant, tu dois me haïr encore un peu plus si c'est possible. J'ai eu mal en lisant cette lettre, Harry...

Harry, il l'avait appelé Harry. Pas Potter. Pas Potty. Pas le Balafré.

Harry.

- J'ai eu mal, parce que... Parce que...

- Parce que ?

Harry chuchota. Il aurait voulu hurler, mais sa voix était rauque et cassée, ne formant plus qu'un maigre filet. Il tremblait de plus en violemment. Il tremblait si fort que ses os s'entrechoquaient.

- Parce que...

Draco Malefoy inspira très profondément. Allait-il vraiment lui dire ? Allait-t-il vraiment prendre ce risque ? Il n'était pas courageux. Il n'était pas courageux, mais il était amoureux. Il n'était pas courageux, mais il était oppressé par ce secret. Il n'était pas courageux, mais il espérait. Il n'était pas courageux, mais il le voulait dans ses bras. Il n'était pas courageux, mais il était un Malefoy. Il était fier. Il n'avait pas honte. Il n'avait plus honte.

- Parce que j'aurais voulu que ce soit moi, ce toi. J'ai toujours voulu être ce toi. Parce que moi, je ne pense qu'à toi, je ne veux que toi, je ne rêve plus que de toi. Alors, j'ai eu mal. Et j'ai encore mal. Mais je ne peux plus me mentir. Je ne sais même pas pourquoi tu es venu ici ce soir. Peut-être me trouves-tu ridicule. Je le suis sans doute. Je suis si niais. Il n'y a que toi pour rendre ainsi. Tu me rends fou. Tu m'obsèdes. Tu m'impressionnes. Tu m'agaces. Tu me fais rire. Tu m'horripiles. Tout à la fois. J'aime ton sourire, j'aime ton ardeur, j'aime ta stupidité, j'aime tes éclairs de génie, j'aime ta force, j'aime ta faiblesse, j'aime ton corps, j'aime ta bouche, j'aime tes cheveux, j'aime ton regard, j'aime ton rire, j'aime tes défauts, j'aime quand tu râles, j'aime quand tu t'énerves sur moi, j'aime quand tu grimaces...

Draco se tut subitement. Il s'emballait. Il aurait pu continuer des heures, des jours. C'était une multitude de détails qui le rendait fou. Tous ces minuscules détails qui faisaient de l'homme qui se tenait face à lui un être exceptionnel. Le seul être digne de son amour. Qu'il était niais... Qu'il aimait être niais pour lui.

Il garda les yeux rivés sur ses pieds, ses mains croisées derrière son dos s'emmêlant et se crispant, trahissant son angoisse. Alors ça y est, il allait lui dire. Il n'allait pas le murmurer au silence et à sa solitude, il n'allait pas seulement se le répéter, seul, dans le noir.

- J'ai eu mal, parce que je t'aime. Ne me demande pas comment c'est arrivé, je ne sais pas. Je t'aime. C'est tout. Et je...

- Chut.

Draco sursauta. Harry Potter venait de poser un doigt sur ses lèvres. Un doigt léger, à peine appuyé. Une véritable décharge électrique. Un contact effrayant et grisant. Le blond n'osait toujours pas le regarder. Lentement, avec une tendresse étonnante, Harry lui releva le menton. Ils restèrent sidérés. Ce à quoi ils s'interdisaient de rêver était à porter de main. Si près. Si loin.

- Draco... murmura Harry, chevrotant.

Un frisson parcourut le dos du jeune homme. Ce nom était tellement magnifique, dans sa bouche.

- Draco... Je ne sais pas si l'on va réussir à aller quelque part ensemble. Je ne sais pas si l'on peut s'aimer sans se détruire. Je ne sais pas. Tu ne sais pas. Mais j'ai envie d'essayer. J'ai tant envie d'essayer. J'ai envie d'y croire, et je veux que tu y croies avec moi. Ensemble, nous y arriverons peut-être. Un jour, nous nous tiendrons par la main. Je l'espère. Un jour, nous rirons sans gêne. Un jour, nous nous embrasserons sans peur. Draco... Il n'y a jamais eu de lui. Il n'y a jamais eu que toi. Dis-moi, Draco, réponds-moi. Est-ce que tu en as envie aussi ? Est-ce que toi aussi, tu as envie d'y croire ?

Draco se vit mourir. Il se vit fondre sous ce doigt qui emprisonnait sa bouche. Il hocha simplement la tête. Harry sourit. Il y avait une telle douceur dans ce sourire qu'il se liquéfia. Il n'aurait jamais imaginé qu'Harry Potter puisse lui sourire de cette manière. Il était déjà complétement dépendant de ce sourire.

Il ferma les yeux quand le doigt s'effaça, remplacé par des lèvres fines au goût âcre. Des lèvres au goût inoubliables. Des lèvres aériennes, chastes, patientes. Ils gémirent en se séparant. Un souffle vint chatouiller son cou. Il ouvrit les paupières, désireux de se perdre dans ses yeux trop verts.

- Je t'aime, Draco. Je t'aime... toi.


...
*peur des lectrices*
Pas trop déçues ? Allez, bonne nuit, bisous ! :)