Hello !

Comment dire ? C'est un chapitre... Beaucoup, beaucoup plus léger, à part un passage de dialogue entre Allen et Draco. Mais bon, je peux pas non plus écrire que du Drama...^^

Ce serait du plus mauvais effet, non ?

Je rappelle que oui, Allen a quatorze ans, ni plus ni moins. Merci pour vos reviews ô combien encourageantes.

Oserai-je vous souhaiter une bonne lecture ? XP

Amicalement,

Colleen


Lucius observa Allen.

Je vais te traquer, mon petit.

Mon Dieu, mon Dieu, il sait tout ! Mais non, voyons, il ne peut rien savoir. Il veut juste me le faire croire. C'est une théorie. Calme-toi. Respire. Inspire. Expire. Oui, c'est ça. Décrispe tes poings serrés, il ne peut rien savoir, c'est une simple hypothèse. Je ne me laisserai pas avoir.

Allen sourit doucement et pencha la tête de côté en disant calmement :

« Savez-vous que Bella et Rodolphus veulent m'envoyer à Poudlard, cette année ? J'y ferai la connaissance de votre fils… »

Lucius Malfoy écarquilla imperceptiblement les yeux, sondant le garçon. Avait-il compris que c'était lui qui avait incité Bellatrix à le mettre à Poudlard, pour mieux servir ses intérêts ? Ou ne se doutait-il de rien et engageait-il simplement la conversation sur ce sujet pour évincer toutes questions sur le meurtre que Lucius pensait qu'il avait peut-être commis ?

L'homme aux cheveux blancs évalua un instant chaque proposition, mais penchant pour la seconde, répondit avec flegme :

« Non, je ne savais pas. Vous n'avez jamais rencontré Draco ? »

Allen enfonça ses ongles dans sa paume et s'empêcha de tressauter. Il fallait qu'il cesse d'entendre chacune des paroles de cet homme comme une insinuation, ou il allait devenir fou.

« Non, je ne l'ai jamais vu. Il vous ressemble beaucoup, je présume ?

-Oui, c'est vrai. Je ne peux le renier. Il est ma copie conforme, si l'on excepte ses cheveux courts. Il fait toujours ce qui est bon pour lui. »

Pas toujours, de toute évidence. Sinon, il ne m'aurait pas aidé à masquer un crime.

« Oh, je veux bien vous croire, dit Allen d'un ton posé accompagné d'un sourire faux.

-Et pourquoi ma chère cousine a-t-elle décidé si soudainement de vous placer à Poudlard ?

-C'est une excellente question, éluda le garçon aux yeux verts. »

Il n'allait tout de même pas lui dire que lui pensait qu'il s'agissait d'une forme de punition vis-à-vis de sa désobéissance. Malfoy en aurait été trop intéressé.

«Monsieur Malfoy, amorça-t-il en se levant, sachez que bien qu'étant ravi de discuter avec vous, j'ai certaines préparations à effectuer pour mon départ prévu pour demain et-

-Je comprends, je comprends… Ne vous donnez pas la peine de me raccompagner, mon cher, je connais le chemin.

-Plus vite vous serez parti, mieux ça vaudra, grinça le jeune garçon entre ses dents.

-Je n'ai pas saisi ?

-C'était sans importance, balaya Allen d'un geste de la main, comme pour prouver à quel point sa remarque avait été futile. »

Il regarda avec un soulagement intense Lucius Malfoy disparaître dans un léger 'pop'.

Il n'en pouvait plus. Il allait hurler. Se mettre à pleurer. Il se reprit et se leva, à la manière d'un automate, avec résignation mais quelque chose bloquait la porte et l'empêcha de sortir du salon.

Rabastan.

Un petit gémissement s'échappa des lèvres d'Allen. Il aurait tant voulu être seul, être tranquille. Il était si fatigué… Il se sentait malade. Vraiment malade. Pas comme le jour où il avait eu la grippe. Là, ça lui filait une migraine terrible. Tout lui sembla vaciller autour de lui, et il tituba en contournant Rabastan, qui le laissa passer sans un mot en voyant l'état dans lequel il se trouvait.

Il monta les escaliers durant ce qui lui sembla être des heures, voire des jours entiers et parvint enfin à sa chambre, pantelant.

Il se débarrassa de sa robe en haletant et en clignant des yeux, comme pour se maintenir éveillé, et s'écroula sur son lit, endormi.

Quand il se réveilla, le lendemain, il se dit que jamais il n'avait autant cauchemardé et aussi mal dormi.


Lorsque le garçon toqua à la porte du bureau de Rodolphus, tout cela lui laissa une désagréable sensation de déjà vu. Il entra une nouvelle fois après avoir frappé ses sempiternels deux coups, et comme le jour d'hier, se laissa lourdement tomber sur un fauteuil.

Il déclara sèchement à son tuteur :

« Rodolphus, je veux changer de baguette. »

L'autre releva la tête vers lui et le fixa un instant, perplexe.

« Mais pourquoi donc Allen ?

-Elle…Elle me paraît sale. Je ne veux plus l'utiliser, murmura le jeune homme.

-C'est idiot !, se récria Rodolphus.

-C'est comme ça. »

Incertain, le Mangemort continua à le regarder, comme pour le sonder. Encore irrésolu, il demanda doucement au garçon :

« Tout va bien, Allen ? »

Ses muscles étaient tout ankylosés, son moral était au bas fixe, il avait une envie furieuse de se taillader les poignets et sentait encore le sang de la chose sur ses mains, et c'est pour cela qu'il répondit, en toute logique :

« Oui, Père. Tout va bien. Pourquoi en serait-il autrement ?

-Oui, pourquoi ?, répéta son père, songeur. Pourquoi n'irais-tu pas bien ? »

Rodolphus se massa les tempes, encore une fois et se reprit.

« Bien, dit-il d'un air guindé. Tu iras changer cette baguette, de toute façon c'est Bella qui l'avait achetée pour toi, alors elle ne devait pas être trop adaptée, n'est-ce pas ?

-Oui, c'est vrai, et c'est surtout ça qui me pousse à la jeter, dit Allen précipitamment en saisissant la perche qu'on lui tendait.

-C'est ce que je pensais. Bon, tu en profiteras pour acheter tes fournitures pour Poudlard, n'est ce pas ? J'ai la lettre de Dumbledore ici, il déclare être ravi d'accueillir un nouvel élève. Il n'y voit aucun inconvénient, bien au contraire, ajouta Rodolphus d'un ton méprisant. Ce cher défenseur-des-causes-perdues… Il m'a donné la liste de tout ce dont tu auras vraisemblablement besoin. Bien qu'un cache-oreille rose ne paraisse pas exactement vraisemblable. Bref. Passons. Tiens, je te donne cette bourse, plus ce que Rabastan va te donner, ça fera assez, non ?

-Oui. Cela va être parfait.

- Va maintenant, déclara l'homme d'un ton quelque peu agacé. Tu as toute la journée, c'est l'idéal pour ce genre de chose. »

Allen hocha la tête en signe d'acquiescement, et sorti de la pièce d'un pas aérien, qui reflétait bien mal son véritable état mais eu le mérite de rassurer considérablement Rodolphus.

Alors qu'il était sur le chemin de Traverse, le garçon déplia nonchalamment sa lettre. Il avait commencé à se raisonner, et se sentait bien mieux depuis qu'il avait décidé qu'il était inutile de ressasser inlassablement les 'événements' qui s'étaient déroulés hier.

Il lut :

« Collège de Poudlard-Ecole notoire de Sorcellerie et Enchantements

Ci-joint la liste des vêtements dont les élèves de quatrième année devront obligatoirement être pourvus :

1. Uniformes (quatre minimum) portant le blason de leur maison. »

Allen fronça les sourcils. Il savait évidemment ce qu'était les différentes maisons de Poudlard, mais comment avoir un uniforme portant le blason de sa maison, s'il n'avait aucune idée de celle-ci ? Quoique… Il continua sa lecture attentivement.

« 2. Trois robes de travail, de couleur sombres (bleu marine, noir, vert foncé)

3. Une paire de gants pour travaux pratiques (en cuir de dragon ou crin de licorne)

4. Une cape d'été et une d'hiver (noire avec des attaches d'argent)

5. Une robe habillée, pour les bals (avec cape assortie)

6. Un cache-oreille rose pour affaires diverses. »

Le garçon faillit s'étouffer et rit de façon un peu hystérique, et pas naturelle du tout.

« Livres et manuels

Chaque élève appartenant à la quatrième année devra posséder un (ou plusieurs s'il le désire) exemplaire des ouvrages suivants :

Le Livre des Sorts et Enchantements, niveau quatre, de Miranda Fauconette

Histoire de la magie, volume trois, de Bathilda Tourdesac

Manuel de métamorphose à l'attention des élèves confirmés, de Jesuis Diffèrand

Ces fascinantes créatures magiques, de Bayard Dragonneau

Les forces du Mal et leur magie sacrilège, Saint Antoine de Frileux

L'Art de la botanique, de Flora Destrolles

Fabrication de potions pré-préparatoire aux BUSE, François de La Tour

Les élèves peuvent amener s'ils le désirent un crapaud OU un hibou OU un rat.

Pour les membres des équipes de Quidditch, veuillez vous rappeler de prendre vos balais et, si vous en avez, Souaffles, Cognards et Vif d'or. »

Allen replia la lettre et la rangea dans la poche de sa cape, tout en regardant autour de lui. Premièrement, il était certain que le plus avisé serait d'aller de suite aller acheter une nouvelle baguette, à sa convenance cette fois, et qui n'eût pas tué un homme, si possible.

Il se dirigea donc à pas amples vers un magasin qui s'annonçait comme « Ollivander-fabricant de baguette magiques depuis 362 av. J.C. ».

La vitrine, assez poussiéreuse, ne présentait qu'une unique baguette aux allures un peu défraîchies, et qui avait dû voir des temps meilleurs, et c'est donc avec résignation que le garçon entra.

Une petite clochette retentit au fond de la boutique lorsqu'il passa la porte et il regarda alors la pièce avec circonspection. C'était petit, très petit même, et l'air semblait surchargé de quelque chose qu'Allen identifia comme un parfum acre et capiteux de femme. Il fronça le nez, dépité, et s'assit sur la seule chaise de la pièce, en simple bois.

Il sursauta violemment lorsqu'il entendit une voix douce murmurer « Bonjour… », et par automatisme sortit sa baguette pour la pointer sur le nouvel arrivant.

Il tenait en joue un vieillard, au visage creusé et pâlot. Les cheveux du vieil homme étaient grisonnants, ternes et d'une couleur passée. Pourtant, dans la quasi pénombre de la pièce, les yeux de l'homme luisaient tels deux rayons lunaires un soir noir.

Un peu honteux de sa réaction, l'adolescent rangea sa baguette dans sa poche et releva brusquement la tête lorsque l'autre dit sereinement :

« Vous désirez une nouvelle baguette, peut-être, Allen ? »

L'enfant écarquilla les yeux à la mention de son prénom et lorsqu'il ouvrit la bouche, ce fut pour lancer avec stupeur :

« Comment connaissez-vous mon nom ?

-Je sais tout, mon chéri. »

Et le garçon ne broncha pas, car il sentait instinctivement qu'il n'y avait pas de trace de concupiscence dans ce surnom affectueux, seulement peut-être une espèce de paternalisme bienveillant.

« Je… Oui. Oui, j'aurais besoin d'une nouvelle baguette.

-La tienne ne te convient pas ?, questionna Ollivander en passant au tutoiement et en haussant un sourcil. »

En réponse, le jeune homme lui tendit le bout de bois et Ollivander l'inspecta suspicieusement.

« Hum…, marmonna le vieillard. Je vois, je vois… »

Allen commençait à s'agacer de ce comportement quand le vieil homme leva enfin la tête de la baguette souillée par le crime et dit d'une voix posée au jeune homme :

« Sais-tu que l'on peut retrouver le dernier sort lancé par une baguette ?

-Non, je ne savais pas, déclara le garçon en pâlissant soudainement.

-Eh bien c'est le cas, dit le sorcier. Tu sais, c'est très pratique pour accuser les criminels, ou les meurtriers, car on a ainsi une preuve de leur culpabilité. Oui, c'est un très bon système, tu ne trouves pas ?

-Excellent, en vérité, murmura Allen d'une voix cassée.

-Tu me parais un peu blanc… Tu veux t'asseoir ? »

Le garçon eut un geste de pure horreur.

Oh mon Dieu ! Ohmondieu ! Si je ne me reprends pas, il va se douter de tout, et là, et là…

Un gémissement s'échappa de ses lèvres et il s'assit à la place que lui avait désignée l'autre avant de lancer d'un ton tremblant :

« Vous… Vous savez, c'est… »

Il s'accrocha aux accoudoirs du fauteuil et enfonça ses ongles dans sa peau.

« J'ai… un peu de fièvre, je crois… »

Et nul n'aurait pu mentir aussi bien qu'il le faisait, en se tenant la tête et faisant mine de masser ses tempes. D'une certaine façon, il avait vraiment de la fièvre, dans sa crainte panique que quelqu'un sût, que quelqu'un découvre tout.

Il se mordit les lèvres pour s'obliger à réprimer son affolement, et une légère goutte de sang coula.

« Mais bon, ajouta Allen avec un sourire un peu déséquilibré, je dois tout de même prendre cette baguette !

-Oui, bien sûr. Je vais vous les chercher, plusieurs modèles, vous choisirez. »

Allen remarqua que le vieillard était repassé au vouvoiement, et ce simple constat le fit blêmir un peu plus.

Est-ce qu'on refuse de tutoyer un meurtrier ? Mais putain, qu'est que j'en sais ! C'est la première fois que je tue quelqu'un !

Il commença à entremêler et faire pianoter ses doigts sous l'épouvantable idée que Lucius et ce vieillard avaient tout deviné, rien qu'en le regardant.

Il se força à respirer calmement. Une bouffée d'air. Tu l'aspires, tu la recraches. Inspirer, expirer.

Petit à petit, il reprit son sang-froid et sa maîtrise de soi. Il se décrispa imperceptiblement, s'obligea à garder la tête droite. Se lever, oui se lever lui conférerait une sensation d'égalité. Il se leva donc, laissant en plan la chaise, et marcha un peu.

Il se sentait de mieux en mieux, et à nouveau, une main osseuse tapota son épaule. Il se retourna, impassible, et plaqua un sourire rayonnant sur son visage à présent calme et tranquille. Même son teint parut bien moins maladif au vieillard, qui lui sourit en retour.

« Tenez, dit l'homme en sortant une baguette de sa boîte. Essayez donc celle-ci, Monsieur Black. Trente et un centimètre, une plume de phénix, en bois de rose. »

Allen fit un ample geste de la main et un vase explosa bruyamment avant de s'écraser au sol. Il reposa la baguette.

« Hum, pas celle-ci, de toute évidence… Reparo. Erable et crin de licorne, vingt et un centimètres, très souple. Non, ça ne va pas, rendez la moi. »

Allen lui rendit la baguette avec une petite moue boudeuse et croisa les bras.

« Ceci, alors ? 18,5 centimètres, extrêmement flexible, en bois de chêne, avec un ventricule de dragon. NON ! NON, arrêtez, MONSIEUR BLACK ! Vous allez détruire ma devanture…

-Ah, désolé…

-Ce n'est pas grave, ce n'est pas grave… Hum, reprenez là en main pour voir. Moui, la taille est trop petite et le bois ne convient pas du tout. Et c'est pareil pour le ventricule. Alors, je… »

Il fit mine d'hésiter, ce qui énerva profondément Allen qui dit d'un ton sec :

« Vous ?

-J'aurais une baguette… Mais… ce n'est pas moi qui l'ai fabriquée… Essayez-la donc…

-D'où vient-elle ?

-Oh, je… Je ne sais pas trop, éluda le vieillard. »

Allen lui lança un regard suspicieux et regarda la baguette avec méfiance.

« 27,5 centimètres, Monsieur Black, en bois d'if. Elle contient un… »

Il baissa la voix de façon à ce que c'en devienne un chuchotis tout juste audible.

« …poil de Sombral et une écaille du Basilic de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom…

-Ah, vraiment ?

-…un mélange extrêmement puissant…baguette jumelle…déjà vendue une… Après tout, Vous-Savez-Qui a fait des choses terribles certes, mais grandioses et de quelle envergure ! »

Le garçon cessa rapidement de porter attention aux élucubrations du sorcier et d'un geste vif, saisit la baguette. Dès lors qu'il la prit en main, le sol de la misérable boutique se mit à trembler, et le garçon écarquilla les yeux en sentant une étrange chose s'infiltrer en lui.

Du pouvoir. De la magie à l'état brut. Des gerbes d'étincelles rougeâtres jaillirent de la baguette, tandis qu'une espèce d'aura noire se mettait à entourer le garçon.

Il ouvrit ses doigts, et la baguette tomba au sol, ne laissant pour preuve de cet étrange phénomène qu'un voile confus dans l'esprit d'Ollivander, alors qu'Allen déplia et replia ses doigts, comme pour revivre cette sensation.

Il s'était pris, un instant, pour Voldemort.

Il était certain d'avoir entendu un ricanement, son ricanement, et puis des hommes qui baisaient sa robe, un rire hystérique, comme celui de Bella parfois.

Il se frotta le front, sans feindre une quelconque douleur cette fois, mais en la ressentant vraiment. Bouh, il se sentait nauséeux. Ce n'était pas très agréable.

Il sortit en titubant de la boutique, après avoir payé les sept Gallions que coûtait la baguette. Il n'était pas sûr d'éprouver une grande sympathie pour Monsieur Ollivander.

Après une demi-heure qu'il avait occupée à se traîner, hagard, dans les rues du chemin de Traverse, il avisa un magasin dont l'enseigne indiquait « Madame Guipure, prêt à porter pour mages et sorciers. »

Il entra et la première chose qui l'accueillit fut un rire aigu, ainsi qu'une fille qui se jeta dans ses bras. Il la repoussa d'un geste brusque et reprit alors totalement ses esprits.

La fille eut au moins la bienséance de paraître gênée lorsqu'il la jeta loin de lui, mais elle lui fit un grand sourire qui lui redonna la migraine et hurla d'une voix haut perchée :

« DRACO ! JE L'AI TROUVE ! T'AS RAISON, IL EST TROP BEAU ! »

Elle fit une œillade à Allen qui ne bougea pas et s'obligea à se contrôler pour ne pas afficher sa crainte de se trouver avec Draco Malfoy. Mais… ils étaient amis, non ? Cela le rassura et il sourit légèrement à Draco Malfoy qui venait de s'approcher d'eux.

Draco ne put s'empêcher de relever la tête pour bien appuyer le fait qu'il était plus grand qu'Allen et lui rendit son sourire. Pourtant rien n'aurait pu tant le surprendre que les bras du garçon aux yeux verts s'enroulant autour de son cou. Il comprit alors, que ce n'était qu'une excuse et laissa l'autre l'étreindre.

« O.K., murmura Allen. Je ne sais pas qui est cette fille qui traîne avec toi, mais pour elle, nous nous sommes rencontrés ici même, il y a deux semaines. Je suis le fils de Bella et Rodolphus, j'ai quatorze ans, je te rappelle, si elle te pose des questions sur moi. Nous somme amis, vu ?

-La fille, chuchota Draco de la même manière, c'est Pansy Parkinson.

-Ah, d'accord. Qu'est-ce qu'elle fout ici ?, questionna Allen, alors qu'ils faisaient mine de s'enlacer encore.

-Mère m'a forcée à l'emmener avec moi. Alors nous sommes amis, pour de vrai, ou pour les autres ?

-Ce sera les deux, je pense.

-Je pense également. »

Ils se séparèrent et chacun recula d'un pas, d'un accord tacite. Pansy Parkinson-puisque cette fille brune au visage anguleux se nommait ainsi- sembla vouloir dire quelque chose, mais referma la bouche, et les observa, perplexe. Enfin, elle reprit un air un peu niais et tournoya sur elle-même, faisant virevolter sa robe aux couleurs chatoyantes en corolles.

« Draco, Allen, vous aimez ma robe ? »

Elle avait vu que les deux avaient l'air très proches, et avait donc rapidement décidé de faire d'Allen son meilleur ami, avec Draco bien sûr. Draco lui avait expliqué qu'Allen irait à Poudlard cette année, alors ce serait franchement génial. Elle, Draco, Blaise et Allen, tous les quatre amis pour la vie !

Et en plus, il était super beau. Que demander de plus ? La petite sang-pur rayonnait de bonheur.

« Oui, répondit placidement Draco. Le rose te va très bien, Pans'.

-Merci !, s'écria t-elle en souriant. Et toi, Al', t'en pense quoi ? »

Il fronça tout d'abord les sourcils à l'entente du surnom si vite donné –ils se connaissaient à peine !- mais se dit que, finalement, alliés ou amis, c'était toujours bon à prendre lorsque l'on envisageait de suppléer Lord Voldemort.

« C'est parfait sur toi, Pans', dit il en reprenant le surnom.

-Oh, vous êtes adorables ! Je la prends, je la prends ! »

Elle se tordit les mains et leur lança un regard désespéré.

« Mais je dois rentrer, sinon Mère me hurlera dessus si je rate le déjeuner… A la prochaine ! »

Elle leur plaqua à tous deux un baiser sonore sur la joue et disparut dans un froissement de jupons.

Allen eut un regard malicieux et Draco lui fit un sourire pétillant tandis que tous deux éclataient de rire.

Que je me suis inquiété ! Cette fille n'est pas un obstacle, c'est un piédestal ! Ah, je me sens bien plus léger !

« Eh bien, dit Draco en souriant encore un peu, nous ferions bien de prendre nos vêtements aussi, non ?

-Oui, je crois que ce sera une bonne idée ! »

Draco se dirigea vers une femme replète aux surprenants cheveux mauves et toussota. La femme se tourna vers lui et Allen.

« Oh Draco ! Mais tu es accompagné ! C'est un de tes amis ?

-Oui… Madame Guipure, je vous présente Allen. Allen, Madame Guipure.

-Enchanté, répondit sobrement le jeune homme.

-Hum. Vous voulez des uniformes pour Poudlard ? »

Allen ressortit sa liste et lut :

« Oui, quatre uniforme aux couleurs de la maison, Serpentard donc, pour tous les deux, deux caches-oreilles roses, plus pour moi, trois robes, de couleur sombre, vert, bleu, noir, une de chaque, déclara t-il en montrant du doigt le passage concerné.

-Vous avez des robes de bals ?, questionna Mme Guipure.

-Moi oui, mais Draco…, dit-il en relevant un sourcil à l'intention du blond.

-J'en ai aussi.

-Parfait, parfait, dit la femme en se frottant les mains. »

Elle partit en direction de ce qui sembla être l'arrière boutique à Allen, et il vit que Draco le regardait d'un air interrogateur.

« Oui ?

-Serpentard, hein ? Mais comment peux-tu le savoir alors que tu n'es pas passé sous le Choixpeau ? »

Ce fut au tour d'Allen de le fixer avec un reflet étrange dans les yeux, qui fit frissonner de part en part le fils de Lucius. Draco se sentit encore plus mal à l'aise lorsque Allen enfouit sa tête dans son cou et souffla pour faire se soulever les mèches blondes.

« Qu'est ce…qu'est que-

- Crois-tu vraiment, murmura Allen, que Poufsouffle accepterait un meurtrier dans ses rangs ? Penses-tu qu'un homme qui sait ne pas se faire inculper et agit sous le coup de son orgueil a sa place à Gryffondor ? Crois-tu, crois-tu vraiment que Serdaigle aime la magie noire ? Crois-tu, crois-tu, Draco –et son prénom prononcé par le garçon fit frémir le blond-, qu'une autre maison que Serpentard accepterait un assassin parmi les siens ? »

Le Serpentard ne répondit rien et ils restèrent là, Draco frissonnant et Allen respirant durant de longues minutes.

« Je suis un meurtrier, exposa doucement Allen. Et tu es mon complice… »

Lorsque Madame Guipure revint et les trouva dans cette position plus qu'équivoque, elle ne put retenir un hoquet de stupeur et toutes les robes qu'elle tenait s'échappèrent de ses mains et tombèrent au sol.

Le bruit des tissus froissés s'écrasant au sol ne changea en rien la situation, bien qu'Allen se décolla de Draco qui rougissait furieusement. Allen eut un sourire narquois en songeant à ce qui avait dû traverser l'esprit de la pauvre femme en les voyant ainsi.

Vous avez tort, Madame. Nous somme simplement complices dans l'Art du meurtre, simplement ça. Et amis, peut-être. Alliés, sûrement.

Madame Guipure se reprit. Elle se dit qu'après tout, elle était ridicule, que ce n'était que deux enfants qui se murmuraient des secrets au creux de l'oreille. Et c'était exactement ça.

Elle installa chaque adolescent sur un tabouret et appela une jeune femme-son assistante probablement-, qui accourut pour venir s'occuper d'Allen. Elle lui demanda de se mettre debout, ce qu'il fit, et elle lui fit lever les bras, avant de se précipiter pour prendre ses mesures de partout.

Allen lança un regard à Draco et vit qu'il se trouvait exactement dans la même situation que lui, ce qui le fit soupirer et s'obliger à ne pas crépiter d'indignation.

Enfin, la jeune femme qui s'occupait de lui fit passer une robe de sorcier au dessus de sa tête, d'un vert sombre qu'il adora dès qu'il le vit. Désirant en terminer avec ces affaires le plus rapidement possible, il demanda à la vendeuse le même modèle en noir et en bleu marine. Expédiés, les achats. Il en ressentit un vif soulagement, avant de se remémorer qu'il devait passer à la librairie, au commerce de botanique, au magasin de plumes, acheter un hibou…

Il attendit patiemment que Draco en ait terminé –il n'allait pas le planter là au risque de s'en faire un ennemi, ce serait vraiment trop hasardeux, vu ce que le blond savait-.

Ils purent finalement sortir de la boutique, éreintés, après avoir en plus dû subir la recherche des fameux caches-oreilles.

Jamais Allen n'en avait eu autant conscience qu'en ce moment : les moldus n'étaient pas les seuls à mériter la mort sur cette terre, il fallait leur ajouter les vendeuses de vêtements et leurs gloussements de plaisir.

Draco le tira par la manche, et sans savoir comment, il se retrouva entraîné de force dans la librairie. Fleury et Bott, était, bien évidemment, le seul jour où il y allait, un lieu bondé. Les corps s'y pressaient de toutes parts, chacun bousculant son voisin pour se faire une place, les jurons volaient, ainsi que les livres à travers la pièce et les libraires paraissaient débordés.

Ce fut pour ces nombreuses raisons qu'Allen en sortit en fulminant, laissant à Draco le soin d'argumenter auprès des vendeurs sur le fait que non, son ami n'avait pas vraiment voulu lancer un Stupéfix à ce gros homme qui l'avait bousculé, et que oui, son ami le regrettait de tout son cœur, et était navré que ce sort eût fait fuir tous les clients potentiels.

En vérité, Allen était ravi d'avoir fait perdre tous ses clients à l'ignoble librairie.

Et lorsque Draco le rejoignit à grands pas, furieux, il ne s'excusa pas. Ils avaient leurs manuels, n'était-ce pas l'essentiel ?


Quand je disais que ce chapitre était bien plus gai...

Alors, une review pour empêcher Allen de céder à ses pulsions sanguinaires et de tuer les vendeuses ? ^^ Ou préferez vous l'encourager dans ses mauvais penchants, ce pauvre enfant ?

A la prochaine !

Colleen

P.S : Profitez de cette légèreté, parce qu'au prochain chapitre, une amitié plutôt malsaine commence entre Allen et un autre personnage...O.o

PS de White Assassin : Colleen étant actuellement en vacances -depuis le 25 août pour les curieux- et en tant que bêta reader temporaire, je suis chargée de la publication de ce chapitre que j'ai préalablement corrigé. De ce fait, vous n'obtiendrez de réponses à vos reviews qu'à son retour, qui se fera approximativement dans une semaine. Je précise au passage qu'il ne s'agit ici que d'une partie de mon travail, en somme, la version sans faute (normalement) du texte. Le travail sur la syntaxe et la trame de l'histoire, eux, devront passer obligatoirement par l'auteur au préalable.