Épilogue :
Cinq ans plus tard…
Chaque matin, Severus Rogue devait prendre un moment pour chasser l'anxiété qui s'emparait de lui dès son réveil. L'exploit se fit en quelques secondes à peine, le temps qu'il lui fallut pour ouvrir complètement ses yeux sombres. Il avait vécu les mêmes réveils durant toute cette année – il aurait même pu dire : pendant les quatre dernières années qu'il venait de vivre. Il se demandait à chaque fois où pouvait être Harry et quel démon allait encore s'acharner contre lui.
De telles inquiétudes auraient dû être loin derrière lui, bien sûr. Après tout, Voldemort était mort et Harry était à la maison, en sécurité, là où il devait être. Néanmoins, Rogue se demandait si un jour il arrêterait de s'inquiéter du bien-être du garçon qu'il considérait maintenant comme le sien. Et selon lui, ce n'était pas une mauvaise chose.
Il s'assit sur le bord de son lit et frotta ses mains l'une contre l'autre dans une tentative de se débarrasser des fourmis qu'il ressentait lorsqu'il les gardait immobile trop longtemps. Quand seul le bout de ses doigts sembla encore paralysé, il se leva et alla se préparer pour cette journée.
La lumière du hall était allumée quand il sortit de sa chambre, ce qui ne le surprit pas plus que le fait qu'aucune des portes ne fut fermée. Il y eut un temps où il était toujours le premier réveillé, mais maintenant ce n'était plus le cas. S'agrippant d'une main à la rampe, il descendit les escaliers.
Harry releva la tête, déviant son regard de la fenêtre, lorsque Severus entra dans la pièce. Des yeux verts restèrent fixés sur l'homme, le regardant de près, comme si c'était la première fois qu'il le voyait. Rogue lui adressa alors une grimace. Un fin sourire s'étira alors sur le visage du plus jeune sorcier. Il était loin d'être aussi brillant qu'il ne l'avait été.
- Tu avais fermé toutes tes portes, dit Harry.
- Je savais que tu les rouvrirais après être revenu à la maison, répondit simplement Rogue, se servant une tasse de café.
De nouveau, le regard de Harry le suivit lorsqu'il alla s'asseoir à table. Si cela avait été quelqu'un d'autre, Severus l'aurait immédiatement fait arrêter, mais comme c'était Harry, il se contenta de tourner son café avec nonchalance, ignorant le regard fixé sur lui.
- Et si…, commença Harry avant de s'arrêter quand l'homme releva la tête vers lui. Et si je ne les avais pas ouvertes ? Dit-il à la place.
- Et bien ça aurait été la première fois depuis que tu es venu ici, répliqua Rogue.
Harry sourit avant de s'entourer lui-même de ses bras, comme pour s'administrer à lui-même un câlin.
- Comment va ta jambe ? Demanda-t-il.
- Ça va.
- Tu étais en train de la masser, il y a une seconde.
- Tu réalises que je ne suis pas handicapé ? Je suis parfaitement capable de prendre soin de moi.
Un mélange de scepticisme et d'inquiétude était apparent sur le visage de l'adolescent.
- Ton genou ne te fait plus mal alors ?
Severus s'autorisa un soupir.
- Si tu veux savoir, il me démange. Tu es pire que Pompon !
- Tu as encore dormi dessus, n'est-ce pas ?
- Je ne souhaite pas parler de ça.
L'homme monta la tasse à ses lèvres, avant de la repousser violemment quand il découvrit à quelle point elle était chaude. Il en éclaboussa alors sa main tremblante.
L'expression taquine sur le visage de Harry disparut alors lorsqu'il vit l'homme serrer le point pour arrêter ce soudain tremblement.
- Elle s'en est sorti bien trop facilement, murmura-t-il alors sur un ton sombre.
Il était inutile de lui demander de qui il parlait. Severus savait qu'il s'agissait de Bellatrix Lestrange, celle qui était responsable des dommages de ses nerfs et du fait que son genou droit n'était plus capable de le supporter.
- Elle est morte Harry, dit-il. Elle ne pourra plus faire de mal à qui que ce soit.
- Oui, mais même, grogna le garçon.
Un coup à la fenêtre attira leur attention et Harry alla l'ouvrir afin de laisser entrer plusieurs hiboux postaux. Après qu'ils sont partis, il feuilleta le paquet de lettres avant de s'arrêter sur une grosse enveloppe épaisse.
Severus observa Harry s'évader un court instant, ses yeux s'arrêtant quelque part dans le passé. Ce n'était pas un événement inhabituel, surtout depuis la défaite de Voldemort. Quelque chose faisait remonter un souvenir et Harry se tenait là à nouveau, absent du présent. Rogue était simplement heureux que le garçon ne souffre plus de ces horribles flash-back.
Le garçon cilla puis sembla revenir auprès de Severus. Il lui tendit la moitié des lettres avant de s'asseoir et de déchirer l'enveloppe.
- Voldemort ? Devina l'homme.
Harry releva les yeux vers lui.
- Non, dit-il dans un petit rire. Les Dursley en fait. Je me souvenais de la fois où j'ai reçu ma lettre de Poudlard.
- Je vois, dit doucement Rogue, son expression plus sombre comme à chaque fois que ces moldus étaient mentionnés.
- C'est là qu'ils m'ont donné la deuxième chambre de Dudley en fait, puisqu'ils pensaient que vous les surveilliez.
- Apparemment, ça ne leur a pas fait peur bien longtemps.
Harry haussa les épaules avec indifférence.
- J'n'ai pas eu à rester longtemps avec eux après ça de toute façon. J'ai fini avec toi.
- J'ai jamais compris pourquoi c'est moi que tu avais choisi, parmi tous les autres d'ailleurs, fit remarquer l'homme.
- En fait, admit l'adolescent, à ce moment-là, tu étais la personne la plus effrayante que je connaissais- surtout que je croyais que tu me détestais. Je savais que ma famille serait terrifiée par toi.
- C'est pour ça que t'as voulu vivre avec moi ? Parce que tu me trouvais suffisamment intimidant ? Ricana Rogue, amusé.
- Eh bien, ouais, en partie, mais c'est aussi parce que tu t'es acharné à faire que je ne retourne pas là-bas quand tu as compris que quelque chose n'allait pas, expliqua Harry. Je veux dire, tu ne m'appréciais même pas, mais tu voulais quand même m'aider. Et… tu ne m'as jamais blessé. Je veux dire, tu croyais que j'étais un gamin pourri gâté et tu me disais des tas de choses pas très sympas, mais tu ne m'as jamais blessé et tu m'as bien fait comprendre que tu n'étais pas d'accord avec le fait que quelqu'un d'autre l'ai fait.
Il hocha de nouveau la tête, inconsciemment.
- Je me sentais en sécurité, avec toi.
L'homme tendit sa main pour aller serrer gentiment celle du jeune homme sur la table.
- Qu'il y a-t-il dans la lettre ? Demanda-t-il ensuite.
- Oh, dit Harry en déchirant l'enveloppe, c'est une invitation pour rejoindre le programme de formation des aurors. Mais je m'apprête à décliner leur offre.
Severus haussa un sourcil.
- Je pensais que tu voulais devenir auror.
- C'est ce que je voulais mais maintenant... Je pense que j'en ai assez de combattre les forces du mal.
- Malheureusement, je te comprends, dit Rogue. Quels sont tes plans alors ? Tu te trompes totalement si tu crois que je vais te garder ici encore longtemps!
Harry sourit à sa remarque avant de reprendre plus sérieusement.
- Je compte toujours avoir mes ASPIC, ensuite je pense que je pourrais accepter l'offre de McGonagall et enseigner à Poudlard.
- Tu veux être prof?
- C'n'est pas si mal, puis j'ai toujours été plutôt bon en défense.
- C'est vrai.
- Et toi ? Demanda Harry incertain. Qu'est-ce que tu vas faire... Maintenant ?
- J'enseignerai aussi, répondit Rogue.
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent.
- Ce n'est pas parce que je ne peux plus travailler comme maître des potions que je ne peux plus enseigner.
- Mais, et si les élèves ont besoin de ton aide ? S'ils ont besoin que tu leur montres quelque chose ? Je veux dire, est-ce que ce ne serait pas un peu dangereux ?
- Le serais-je pour moi même ? Oui, déclara le plus vieux sorcier. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai pensé avoir un apprenti.
- Un apprenti?
- J'ai demandé à ce qu'on m'en nomme un, dit Severus en attrapant une de ses propres lettres. Une demoiselle Tiffany Brandt. Elle commencera avec moi dès le début de l'année qui arrive.
- Pauvre fille, murmura Harry.
Rogue le fixa durement.
- Gamin insolent.
Avec un grand sourire, Harry se releva.
- Je vais aller prendre une douche. J'ai promis aux Weasley que j'irais leur rendre visite dès que je le pourrais.
- Tant que tu ne fais pas exploser la facture d'eau...
Puis Rogue retourna son attention vers cette Miss Brandt de l'académie Beauxbâtons.
- Papa ?
Severus releva les yeux et vit Harry toujours près de la porte.
- Oui, Harry ?
- Tu m'as manqué, dit Harry. Pendant que 'Mione, Ron et moi on était parti chercher les horcruxes. Je- j'étais terrifié à l'idée de ne plus te revoir.
Severus se releva de sa chaise et marcha jusqu'à être en face du garçon.
- Tu m'as manqué aussi, Harry, admit-il. Il n'y a pas eu une seule journée sans que j'espère le meilleur pour toi, et que j'ai peur du pire.
Harry enroula alors ses bras autour de l'homme et celui-ci le serra contre lui.
- C'était vraiment horrible d'être parti sans ma permission, admonesta doucement Rogue.
- Je sais, murmura l'adolescent contre son épaule. Je suis désolé.
Ils restèrent ainsi quelques secondes encore, avant que Rogue ne dise:
- Maintenant, tu ferais mieux d'aller te préparer, autrement tes amis vont penser que je te retiens ici et que je t'empêche de les voir.
- Oui monsieur, dit Harry en souriant.
Rogue le vit chasser une larme du coin de son œil. L'homme retourna s'asseoir lire son courrier. Une voix du couloir lui parvient alors.
- Je t'aime, papa.
Un tendre sourire s'étala alors sur le visage de Rogue.
- Je t'aime aussi fiston, dit-il.
Et chacun d'entre eux savaient à quel point c'était vrai.
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The end
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