Posté le : 27 novembre 2010 - RAS sur la planète Terre.
Résumé : UA. Harry Potter est un cinéaste connu. Non pas pour ses films, mais pour ses frasques reportées dans un tabloïd chaque vendredi par un chroniqueur nommé Rockritic. Celui-ci ne lui épargne rien, se faufilant même jusque dans sa vie privée. Mais où s'arrêteront les scrupules de Rockritic ?
Disclamer : Rien ne m'appartient si ce n'est cette intrigue. Les personnages, les noms et les lieux sont issus de l'imagination foisonnante de notre vénérée J.K. Rowling. De plus, des clins d'œil seront fait par rapport au monde dans lequel nous vivons.
Couple : Harry Potter x Draco Malefoy [autres couples à venir ou passibles d'être mentionnés]
Nombre de chapitre prévu : une dizaine.
Note de l'architecte du texte : Bon, ce début de fanfiction je l'avais sur mon ordinateur - Capitaine Barakouda - depuis un petit moment. Beaucoup d'autres fics sont en végétation dans des fichiers et je profite de ce crépuscule automnale pour poster. Je tenais à remercier chaudement toutes les personnes m'ayant soutenu ces dernières semaines et à ceux m'ayant lus depuis tout ce temps. Je ne sais quoi dire si ce n'est un merci venant du fond du coeur. Vous m'avez redonné envie de sourire. Pour en revenir à cette nouvelle histoire il s'agit plus d'une idée saugrenue venant de ma part. Imaginez Draco journaliste pouvant faire tribune libre au sujet de son ennemi... Laissez-vous porter par ce Rockritic.
ROCKRITIC
Prologue : « Ce que Potter a fait »
Ce que Potter a fait le 29 octobre 20**
« J'aime les femmes » Scoop : Potter est lesbienne.
Voici une rubrique qui fait bander la plupart des lecteurs dès leur achat du magazine chaque vendredi – jour de sabbat. Deux mois déjà que cette chronique remplace celle de la ligue féministe du Royaume-Unis. Il faut dire qu'ordre d'importance oblige. Qui a envie d'en savoir plus sur la cause féminine ? Non, ce qui fait vendre de nos jours ce n'est pas un catalogue sur les menstrues, mais bel et bien le quotidien palpitant des stars. Nul besoin de ces pathétiques micros-trottoirs. « Moi, je » sera l'unique parolier de la débâcle Potter.
Cinéaste de renom et piètre amant, Potter fait parler de lui en outre-manche. Toutefois, ces murmures s'arrêtent aux côtes abruptes du nord de la France qui n'ont jamais ouïe dire du cinéaste le plus pédant de cette décennie (bénis soient ils). On se souvient encore de la remise des prix du meilleur long-métrage de l'année où Potter – l'homme qui a fait – souriait de toutes ses dents en remerciant son « cher public ». Public, toi qui aime Potter : achète ce magazine et calomnie-le. Crache sur la couverture et arrache les entrailles paginées. Hais Potter. Parce que Potter te hait.
Tu ne le savais pas ? Voilà ce qu'il dit lors d'une interview accordée au Times (poubelle du monde anglo-saxon) : « Le monde a perdu beaucoup de ses valeurs de nos jours, notamment celle du partage. » Pour partager, ça, il partage le Potter. Il loue même sa femme à mi-temps lorsqu'il est occupé sur son dernier tournage [voir les clichés scandaleusement scandaleux page 17 du précédent numéro]. Qu'est-ce qu'on aime le détester ce Potter. Toujours dans la demi-mesure, cette lesbienne de trois enfants tente de se dépêtrer du scandale qui éclabousse de cyprine son lit conjugal.
Catin à ses heures perdues, La Ginny – épouse et complice de l'imbécilité de Potter – se lance dans une farouche vendetta contre les paparazzis. Enfourchant sa monture et sein droit coupé pour mieux pouvoir tirer à l'arc, la sbire du cinéaste ne cesse d'impressionner par la puissance de ses mots : « Fuck You ». Indécise et rebelle, la femme-Potter sait s'éclipser lorsqu'il le faut. Bandante dans son bermuda en jean acheté à la dernière fashion-week, La Ginny s'envole pour L.A. avec une bonne poignée de carrés d'aluminium dans son sac à main siglé Prada. Là-bas, son amie Loufoca Lovegood - créatrice de la ligne de mode Lunatic Moony et habilleuse personnelle de Lady G* - se fera une joie de l'emmener faire la cuvée des bars branchés de la ville des Anges.
Pendant ce temps, Potter échange caméra pour les biberons. James, Lily et Albus Severus (ce dernier ayant reçu récemment le prix du prénom d'enfant star le plus ridicule bien avant le petit Sparrow de Nicole Richie. SHAME ON YOU SON OF A BITCH) se retrouvent donc seuls avec pour unique parent un père au bord de la dépression.
Le photographe Chris Sharingher montre un cliché de la petite Lily portant seulement un débardeur en début de mois d'octobre. Peut-être qu'on foutra les services de protection de l'enfance au cul de Potter – si, et seulement si, ce dernier n'est pas déjà comblé par le dernier gode à la mode...
Oui, Mesdames et Messieurs (Il y a des lecteurs munis de gonades autres que des ovaires entre ces pages) le Potter est sexuellement actif. Nous avons même détecté quelques traces de son sperme impur sur la banquette arrière de sa Mustang. Non, ma Lily : ceci n'était pas les restes de ton dernier yaourt. Où comment – en quelques gouttes à peine – éradiquer toute forme d'innocence sur terre. Ça, Potter le sait.
Quelques jours après le départ de La Ginny pour le Walhalla californien, les paparazzis interceptent un cliché de la rivale de La Ginny – La Cho Chang, accompagnée du dieu-cinéaste fait homme, Potter.
QUE faisait ces deux-là après le couvre-feu imposé par notre regrettée Tatcher ? POURQUOI semblent-ils si proches sur la photo ? COMMENT ont-ils pu reprendre contact aussi promptement ? OU cela les mènera-t-il ? Certainement dans un lit luxueux en plumes de colibri du Phoenix Palace. Une heure et trente-neuf minutes plus tard, Potter ressort avec sa traînée (enfin, amie (soyons politiquement correcte)) à son bras. Il a son habituel sourire niais. C'est la marque de fabrication Potter [voir photo en bas de page]. On sent à travers ce petit sourire qu'il y en a un qui a bien niqué dans la soirée. Mais c'est La Ginny qui te niquera quand elle rentrera.
Dans l'espoir que le Potter devienne rapidement une espèce en voie de disparition,
Humblement vôtre,
ROCKRITIC
Un ancien numéro du tabloïd se trouvait près de celui-ci. On y voyait une photographie d'Harry Potter auprès de sa famille au grand complet dans une fête foraine. James marchait devant, d'un pas conquérant tandis que les deux derniers restaient en retrait. Albus Severus sur les épaules de son père et Lily entre ses deux parents. Le cliché était barré d'un rectangle rouge où était inscrit les lettres capitales « Famille toxique : danger de mort ». L'article de presse débutait ainsi :
Ce que Potter a fait le 15 octobre 20**
« Je ne me lasse jamais de contempler les albums de familles – plus particulièrement les photos de mes enfants. Ils sont une véritable source de bonheur pour moi. » NEWS : Potter est complètement Gaga de ses Little Monsters.
Comme tout anglais moyen, Potter sombre dans la médiocre banalité. Sa vie devient si peu palpitante qu'il s'épanche sur le passé afin de mieux vivre le présent. Ce rituel montre la fierté qu'il éprouve envers sa géniture – ce qui équivaut à une bonne masturbation de son égo ! Nous imaginons le Potter avec une photo de ces joyeux bambins dans son portefeuille. Père heureux et comblé, le Potter tient à redresser la croissance de l'Union Européenne à lui seul. […]
Une partie de l'article était caché par la tasse de café fumant qui se trouvait dessus, traçant un cercle humide où elle se trouvait. Seul le bas de page était visible :
Il confie d'ailleurs à une feuille de chou locale dont on taira ici le nom : « J'ai toujours voulu avoir des enfants. Et vue comme je suis partie, je pourrai bientôt fonder moi-même ma propre équipe de football ! » Rions jaune : La Ginny sert les cuisses depuis quelques semaines il semblerait. Les bourses pleines, notre cher pote Potter se rend alors compte que tout ne s'achète pas. Encore moins un utérus sur commande !
Dans l'espoir vain que Potter soit hermaphrodite,
Ovulement vôtre,
ROCKRITIC
Sur la table se trouvaient une pile de magazines appartenant tous à la même ligne éditoriale. Le dernier en lice venait justement d'être sorti il y a quelques heures à peine. Harry Potter bu d'un trait son café encore chaud sans même le savourer. Il se cala dans son canapé et attrapa le magazine en l'ouvrant à la fameuse page 18 – où se trouvaient hebdomadairement les chroniques de Rockritic. Il appréhendait particulièrement l'article en vue des événements qui se sont produits au cours de la semaine. Harry déglutit et entama sa lecture :
Ce que Potter a fait le 5 novembre 20**
« Je ne souhaite pas faire de déclaration » Inédit : Potter n'a pas de couilles.
Les yeux des anglais étaient hier tous rivés sur les portes du tribunal d'instance de Londres, du neuvième district. A 15h47, Potter sort encore un peu sonné de son match contre La Ginny. En plus de remporter la médaille de la femme divorcée et le trophée avec une mainmise de plusieurs millions de livres, cette dernière obtient la garde des trois enfants. Un sacré coup dur pour notre petit pote Potter.
Etonnamment élégante ET sobre dans un tailleur gris Loufoca Moony, La Ginny passe devant son actuel ex-mari sans même lui accorder le moindre regard et monte dans une berline aux vitres teintées. Potter, tel un piètre nageur, tente de tenir bon face au tsunami de questions des journalistes. Son agent et témoin à son mariage – Ronald Weasley (qui a également le mauvais goût d'être le grand frère de La Ginny) – tente d'esquiver les vagues successives d'interrogations et protège bravement le pauvre Potter abattu, la queue entre les jambes.
Cette scène, quoique incroyablement jouissive pour les paparazzis, me donna l'impression de rester sur ma faim. J'avais dû jouer des coudes et venir très en avance pour être au premier rang de cette cacophonie et pourtant… Pourtant cela semblait être qu'une mauvaise pièce de théâtre. Il manquait les comédiens principaux. J'aurais voulu voir les trois enfants vêtus de noir, suivre solennellement leur mante-religieuse de mère. Cela aurait été un bonheur sans tâche pour nous, journalistes en soif de scandale people.
Dévots et sans scrupule, les journalistes people ne se cachent pas pour se régaler du malheur des célébrités – frustrés de ne pas en faire partie. Potter comme un homme dans le couloir de la mort descendit les marches du tribunal et prit le volant de sa voiture – sa fidèle Mustang – et s'en alla.
Si j'avais eu un cœur, j'aurais pu dire qu'il faisait de la peine à voir. Mais la seule chose que j'arrivais à prononcer fut :
- Fais un gros-plan sur ses larmes, Colin. Je ne veux pas louper une miette du spectacle.
Sadiquement vôtre,
ROCKRITIC – qui jubile de vous offrir le fameux cliché en première page.
Harry serra les dents et jeta le magazine sur sa table basse comme s'il s'agissait de la pire immondice. Une rage sourde s'emparait de lui. Le papier crissait sous ses poings. Il aurait aimé pouvoir l'envoyer au nez de ce fameux ROCRITIC. Comment pouvait-on écrire de telles horreurs sans se rendre compte de leur portée ? Comment quelqu'un pouvait-il critiquer sans même connaître la personne dont il parle ?
Accablé, le jeune cinéaste s'apprêta à passer un coup de fil salé au rédacteur-en-chef du magazine people en question lorsqu'on sonna à la porte de sa villa londonienne. Harry ne sut comment il était parvenu à se relever mais, comme le fantôme de sa propre ombre, il marcha d'un pas lourd jusqu'à l'entrée. A peine eut-il ouvert la porte qu'une tornade passa dans le salon, jetant foulard, manteau et sac à main sur un sofa.
- C'est une catastrophe ! Une Ca-ta-strophe !
- Je devine que toi aussi tu viens de lire l'article de ROCKRITIC… maugréa Harry. Charmant, n'est-ce pas ?
- Oh, Harry… J'ose à peine imaginer dans quel état intérieur tu dois te trouver.
- Quand la colère sera partie, ça ira mieux Hermione, rassura-t-il en grimaçant en un vain sourire. Tu veux boire un thé ou prendre un dessert ?
- Un thé, ça ira. Je ne prends plus de yaourt depuis l'article du 29 octobre dernier, désolée.
- Tu crois en ces conneries ? s'étouffa presque le cinéaste. Je t'en prie, Hermione. Ce type n'a rien à faire de sa vie et il ne me connaît même pas. Absolument pas.
Hermione eut une mimique étrange, comme si elle combattait tout son être afin de ne rien ajouter. Quand Harry lui ramena son thé, la jeune femme bu une gorgée et reporta finalement son attention sur son meilleur ami.
- Tu sais, je ne comprends pas pourquoi il s'acharne comme ça sur toi. Il y met toute sa conviction. Il ne fait pas semblant : ça se sent.
- Peut-être que… j'en sais rien Hermione. Que veux-tu que je dise ? Ce type se cache derrière un pseudonyme. Y'a pas plus lâche. Il pourrait au moins avoir la décence de mettre son nom ou même ses initiales !
- Pour que tu le poursuives en justice ? Mais bien sûr Harry… Tout de même, je ne pensais pas que ce genre de journaliste existait encore de nos jours. J'imaginais que la Gestapo avait été décimée à Nuremberg ou que George Bush n'était plus président des Etats-Unis. Mais là, Harry… tu es dans une merde constitutionnelle : Rockritic est en train de te détruire. Tu es la risée du tout Royaume-Unis.
- Merci Hermione, ça je le sais, grommela-t-il sombrement. Ron m'a dit que si cela continuait je pouvais faire une croix sur mes sponsors pour le prochain film.
Hermione afficha un air consternée et déposa sa main sur son épaule comme s'il s'agissait d'un malade en phase terminale :
- Je ne pensais jamais avoir à dire ça mais… Harry… Nique Rockritic ou c'est Rockritic qui te niquera.
A suivre