Disclaimer: Et c'est r'parti les remuages de couteau dans la plaie... j'possède rien en dehors du calepin et du débarras...Sans déc'...
Bonsoir~...
Suite à la perte d'un pari, je me retrouve à devoir publier une histoire qui n'était pas destinée à l'être à la base. Il s'agit d'un Snack. Snape/ Sirius, pour être plus précise. Une vingtaine de chapitres avec épilogue écrits depuis...pfiou! Et que je me retrouve à mettre en ligne au nom du sacro-saint: pari perdu, parole tenue, snack publiu. Amen.
Ajout pour le début: Sirius Black n'est pas passé derrière ce stupide voile et est donc bien en vie; Dumbledore, lui, est bien mort et ne reste que son portrait. (De toute façon, il n'est mentionné que dans ce chapitre, je crois.)
Sur ce, le premier chapitre:
Lorsqu'il vit Harry disparaître de son champ de vision, il se dit qu'il n'avait désormais plus rien à perdre. Le petit cornichon comprendrait, avec les souvenirs qu'il lui avait offerts...Il saurait que sa mère, Lily, avait été l'une des rares personnes à avoir compté pour lui. Il pouvait se laisser aller désormais, laisser le poison circuler dans ses veines et le détruire à petit feu, mourir, tout simplement...Il sentit ses yeux se fermer lentement mais inéluctablement. Il ne put même pas les rouvrir lorsqu'il entendit une porte s'ouvrir et sentit une main manipuler son visage. Il était déjà inconscient.
Il les rouvrit pourtant, ces yeux. Difficilement, d'abord, afin de connaître la provenance des sons qu'il entendait. Une sorte de ronronnement de moteur régulier. Il devait savoir où il était...Le paradis ou l'enfer ou Merlin sait l'endroit où il se trouvait maintenant, il n'était pas seul...enfin, si une machine pouvait compter comme une entité...
La première chose qu'il perçut fut une source de lumière douce. Il était donc dans un endroit potentiellement sombre...Sa vue, brouillée d'abord, se fit de plus en plus précise et il perçut une lampe à huile brûlant au pied de ce qui semblait être un grand lit. Grand lit dans lequel il se trouvait. La douleur qu'il ressentit à la gorge tandis qu'il essaya de bouger la tête lui fit comprendre qu'il n'était pas mort. Le bruit sourd avait persisté entre-temps et il voulut décidément savoir ce qui pouvait le produire. Ignorant le plus possible la douleur, il tourna la tête vers la source de ses interrogations et écarquilla les yeux de surprise, d'horreur, de stupéfaction, bref un sentiment pas des plus positifs.
Sirius Black se tenait à son chevet, vautré dans un fauteuil, la tête rejetée en arrière, les yeux fermés et la bouche ouverte. Il dormait apparemment...Ronflait surtout. Il lui rappela un vieux moteur de diesel pas révisé pour ses 120 000 km...Le Serpentard roula des yeux. C'était absurde. Qu'est-ce qu'il foutait là, la gorge en charpie, dans un lit qui devait avoir connu les premiers ébats de la lignée Black, le dernier rejeton porteur du nom affalé comme le sac à patate dont il partageait l'intellect, dormant comme un bienheureux? Il essaya de parler et ne récolta qu'une douleur supplémentaire qui le fit grimacer. Il tenta alors de bouger un bras. Il parvint difficilement à remuer le gauche. Ça tombait bien, c'était celui dont il avait besoin pour atteindre Black. Enfin...le bord du lit où il se trouvait. Il ferma les yeux, déjà agacé et fatigué, et agacé d'être fatigué, puis essaya de se concentrer du mieux qu'il put et pensa un « Accio tisonnier » qui se révéla être efficace. Après avoir pris un peu de temps à se reposer, il se décida à titiller du bout de son bâton métallique le Gryffondor qui bavait à présent. Il s'offrit le luxe de rouler des yeux à nouveau et de grimacer de dégoût avant d'augmenter la force de ses piqûres. Sirius Black sursauta, poussant un cri proche de l'aboiement tandis qu'il ouvrit les yeux et les reporta sur celui qu'il était censé veiller. Il cligna alors des yeux et se les frotta en bâillant avant de s'installer un peu plus dignement. Merlin, heureusement pour lui que l'autre n'avait pas d'appareil photo...
-Bon, t'es réveillé...
-...
-Tu t'sens comment, Snape?
-...
-Hé bé? Il t'a pas arraché la langue, ce serpent, pourtant...
Severus Snape(pour ceux n'auraient toujours pas deviné) roula cette fois encore des yeux blasés et indiqua d'un geste de son bras sa gorge en signe d'incapacité à l'utiliser. Sirius sembla avoir compris le problème, au vu de ses grimaces de compréhension. Merlin, toutes ces remarques délicieusement odieuses qu'il aurait pu lui envoyer...Les « Oui, Black, je suis parfaitement conscient de la douleur éprouvée par cet éclair de compréhension...La connexion de ton mononeurone gryffondorien doit être bien laborieuse... » ou encore « Merlin, tu as l'air aussi malin avec ta bouche bée qu'un des elfes dont la tête orne l'escalier...épargne-moi la vue de tes amygdales, veux-tu...? » et cie... Ces défouloirs verbaux noyés dans sa gorge meurtrie...Snape sentit que la frustration allait être une compagne bigrement collante dans les jours à suivre.
Il apprit de la bouche même de son ancien ennemi que la guerre était gagnée, que Voldemort avait succombé à son propre sort et qu'Harry Potter était désormais un héros. Il sentit à nouveau dame Frustration l'étreindre de ses bras de camionneur. Tous ces beaux commentaires aigris jetés à la trappe! Il apprit ensuite que lui et Sirius avaient été déclarés innocents, dans le cas du Gryffondor, et libre en raison de ses activités au service de l'Ordre pendant la guerre en ce qui le concernait lui. Et Sirius de conclure par un:
-Tout ça en 4 jours...Après ces années de cavale...
Snape l'observa d'un regard interrogateur. Il s'en moquait comme de l'an quarante des états d'âme de Black. Lui, ce qu'il voulait savoir, c'était ce qu'il foutait là, et cet imbécile ne semblait pas comprendre ça. Il prit alors le calepin que Sirius lui avait ramené après avoir découvert que la communication verbale était à présent impossible et le montra au Gryffondor. Le papier se couvrit d'une écriture en patte de mouche correspondant aux pensées de Snape.
Mais moi, là...je fais quoi ici?
Sirius lut la phrase, un peu ahuri quelques secondes avant de répondre.
-...Tu récupères de l'attaque du serpent de Voldemort. Tu t'en rappelles pas? Ça nous a pris assez de temps pour te tirer d'affaire sous le regard de Dumbledore-sinon, tu penses...- alors fais au moins un effort.
Un roulement d'yeux serpentards.
Qui vous a demandé de me sauver, triple buse?
-J'viens de te le dire...Dumbledore.
Mais encore...
-...T'es gonflant... Il est venu lui-même nous trouver à travers le château pendant qu'on se battait pour nous demander d'aller te chercher. Il avait un mauvais pressentiment, qu'il disait.
Tu parles...Vieux fou...Encore un élément de son plan pensé depuis un bon moment...
-Sans doute...En tout cas tu étais là où il pensait, la gorge déchirée à cracher du sang. Fol Oeil et moi t'avons récupéré en urgence et on t'as donné les soins appropriés.
Toi? Ah me fais pas rire, Black, ma gorge me tue. T'as jamais été fichu de te faire une infusion de verveine alors...
Sirius prit un air vexé et répliqua fissa:
-Figure-toi qu'il y a des livres de potions, poisons et autres antidotes ici et que j'en ai lu un bon paquet dans ma réclusion forcée.
Tu m'en diras tant...
-Va te faire foutre, Snape!
T'aimerais bien...Comme si j'avais pas remarqué tes coups d'œil en direction de Kingsley pendant les réunions...
-Que?...Tu mérites que j'te laisse ici à te démerder tout seul, sale Serpentard puant!
Ben justement...qu'est-ce que tu fous là?
-Figure-toi qu'un bon paquet d'entre nous est tombé à la bataille de Poudlard! Kingsley est au ministère de la magie à préparer son mandat, les autres à courir après les derniers Mangemorts notoires en cavale et moi, je soigne ça tout en devant te veiller.
Il joignit le geste à la parole en découvrant légèrement sa poitrine. Une horrible balafre rouge se dessinait à travers la gaze qui était appliquée dessus et démarrait à partir de sa clavicule gauche pour descendre sans doute vers le torse et le ventre. Snape reconnu son sort.
Sectum Sempra...
-Bien vu...Insoignable de façon habituelle.
Trop tard pour refermer la plaie à présent. Tu vas devoir guérir comme le commun des Moldus.
-Ouais, il paraît que c'est ton sort...Voldemort s'est pris un malin plaisir à le balancer à droite à gauche quand il s'est mis à repérer Harry.
Un silence s'installa. Sirius réarrangea sa chemise et Snape resta pensif un moment, les yeux fixés sur la petite lampe qui brûlait en face de lui. Il leva à nouveau son calepin.
Belladone?
Sirius fronça un moment les sourcils, l'air de ne pas comprendre, puis suivit le regard de Snape avant de répondre:
-Et pavot. Pour la douleur.
Hochement de tête approbateur. Sirius se sentit fier de lui. Le calepin à nouveau dirigé vers lui:
J'ai faim. Et soif aussi.
Il hocha à nouveau la tête et sortit sa baguette pour invoquer un plateau où se trouvait un bol de soupe froide qui se posa devant Snape. Ce dernier fit aller son regard du contenu du bol à Sirius qui se contenta de l'observer.
De la soupe...
-Tu n'es pas encore apte à avaler des aliments solides. Quelques jours à ce régime et promis, t'auras le droit de mâcher ce que tu ingurgites.
Snape ne parut pas enchanté d'entendre ça mais prit quand même le bol qu'il porta à ses lèvres. Il grimaça à chaque goulée, la déglutition lui était apparemment assez douloureuse. Quand il reposa le bol sur le plateau il reprit son calepin.
Ma baguette...On l'a récupérée?
Sirius secoua la tête, provoquant un geste d'abattement de la part du Serpentard.
-Tu t'en feras refaire une. C'est pas la mort.
Certes non, mais ça ne l'empêcha pas de se sentir misérable au possible. Sans baguette, incapable de parler, encore trop faible pour bouger et à la merci de Sirius Black chez lui. Le seul point positif: la soupe était bonne. Il tourna une mine piteuse vers Black. Ce dernier ne sembla pas s'en formaliser. Il fit un geste de sa baguette et Snape sentit une sensation bizarre dans sa bouche. L'arrière goût de la soupe avait disparu, le plateau itou.
-Sort de nettoyage. Je sais, ça doit te sembler nouveau mais n'aie crainte, je m'occupe de toi. Je n'ai pas le choix que de rester coincé avec toi alors autant jouer à la poupée, hm?
Black, t'es un immonde bâtard. Trouve-moi quelqu'un d'autre et va jouer à la baballe avec ce qui te sert de filleul.
-Ha si je pouvais, Snape. Si je pouvais...Il a été adopté par les Weasley, figure-toi. Je suis toujours son parrain, certes, mais je n'ai plus aucun moyen d'être son tuteur.
Tu m'en vois navré, héhé. Je ne risque pas de l'avoir dans les pattes, c'est déjà ça.
-...Tu lui sauves la vie et tu continues à le détester. T'es un foutu tordu, toi.
J'ai mes raisons.
-Lily?
Aucune réponse de la part du Serpentard. Qui ne dit mot consent.
-Tu as supporté le fils de James juste parce que tu avais des vues sur Lily Evans depuis tout ce temps? T'es sérieux, Snape?
Le ton amusé de Sirius ne lui plut pas du tout. Il lui lança un regard noir avant de lever à nouveau le calepin.
Lily a été la seule à ne pas se comporter comme la dernière des raclures comme vous l'avez tous été avec moi. Elle ne méritait en aucun cas ce qui lui est arrivé.
Sirius plissa les yeux, fâché.
-Parce que tu crois que James méritait de se faire tuer sous les yeux de sa femme? Tout en sachant qu'il s'en prendrait ensuite à elle et à son fils?
JE L'AI SUPPLIE DE NE PAS S'ATTAQUER A LILY!
-Tu parles...Le résultat est le même, Snape. Tu as prêté serment d'allégeance à celui qui l'a tuée et tu as livré la prophétie, Harry me l'a expliqué. Ce n'est que justice que tu aies eu à protéger son fils, quitte à en mourir.
Tu n'étais pas obligé de réussir ton antidote, Black.
-Lâche jusqu'au bout, hein? Trop facile, Snape. J'avais les yeux de Dumbledore sur moi. Et ce n'est pas dans mes principes de laisser crever quelqu'un à petit feu sous mes yeux, aussi méprisable soit-il. Je n'ai pas été élevé ainsi à Poudlard, moi.
Un silence tendu emplit la pièce, à peine dérangé par le crépitement de la lampe. Il dura cinq bonnes minutes avant que l'un des deux ne daignât bouger. Snape tenta tant bien que mal de reprendre une position allongée et tourna le dos à Sirius. Ce dernier lui jeta un dernier regard de colère avant de reprendre, grimaçant, une position plus confortable pour se rendormir, lui aussi. Il termina ainsi sa nuit en cauchemardant sur Snape, Voldemort, James et Lily et un bol de soupe géant.
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A suivre...
Bon, comme tout est déjà écrit, publication hebdomadaire le samedi. Sur ce, que l'oxygène vous soit constant.
EDIT: J'ai corrigé mon texte, là. Plus de présent ou de 's' inopportun qui s'incrustent, quelques reformulations... voilà voilà. J'relirai le prochain chapitre pour éviter ça.