La porte de la cabine de Kirk refusait de s'ouvrir. Agacé, Spock lui donna un coup. Quelque chose fit un bruit éraillé, et la porte s'ouvrit d'un peu moins de deux centimètres. Cassé, décida-t-il, glissant ses doigts dans la fente et ouvrant totalement la porte réticente. Elle ne se referma pas non plus derrière lui. C'est impoli de laisser les portes entrouvertes comme cela, pensa-t-il, la fermant à nouveau. Il lui traversa l'esprit qu'il aurait peut-être dû appuyer sur la sonnette de la porte d'abord. Eh bien, c'était trop tard maintenant.

Le bureau était vide et les lumières baissées. Spock se demanda vaguement où Kirk pouvait être parti, et quand il reviendrait. J'attendrai, décida-t-il, cherchant une chaise. La seule qu'il pouvait voir était derrière le bureau et il ne voulait pas aller près de ce bureau pour l'instant. Il y aurait probablement une chaise dans le salon. Il traversa le bureau et passa devant la fenêtre d'observation – et puis s'arrêta brusquement.

Le lit était occupé. Kirk était allongé là, respirant dans le rythme lent du sommeil, son avant bras pressé contre ses yeux. Il y avait des traces s'effaçant d'humidité sur son visage. Il doit avoir pleuré dans son sommeil, réalisa Spock. Combien de temps ? Des minutes ? Des heures ? Et je n'avais jamais, je ne l'avais jamais vu pleurer avant… Il savait que les larmes étaient un symptôme d'une grande douleur intérieure. Il ne pouvait pas commencer à imaginer l'étendue de cette douleur – mais c'était terrible de penser à Kirk souffrant à ce point. Spock avança sans faire de bruit jusqu'au lit et s'assit très prudemment à côté de l'homme endormit, se demandant ce qu'il pourrait faire pour mettre fin à cette insupportable douleur. S'il vous plaît, ne souffrez pas, pria-t-il en silence. Votre douleur me blesse. Je… me préoccupe de ce que vous ressentez… Je me préoccupe de vous… Je… Il comprit soudain que c'était exactement ce que Kirk avait attendu, si terriblement, de savoir. Oui, Jim… oui… A présent Spock savait ce dont il avait besoin ; maintenant il pouvait faire quelque chose. Il enserra l'épaule de Kirk et le secoua gentiment.

« Jim, réveillez-vous, » murmura-t-il. « S'il vous plaît, écoutez-moi. »

Kirk tressaillit sous sa main et s'agita, éloignant son bras de son visage et levant le regard. Ses yeux étaient rougis et gonflés. « Que voulez-vous ? » marmonna-t-il. « Revenu pour me frapper à nouveau ? »

« Non. » Spock comprit que Kirk ne faisait pas référence à une attaque physique. « Je suis revenu pour vous dire… pour vous dire… Jim, ce n'est pas vrai. Ce que vous avez dit, ce n'est pas vrai. Je – J'admets que je suis un lâche mais pas un menteur. Ces choses que je… vous ai dites, il y a quatre jours… elles signifiaient quelque chose. C'était la vérité. »

Kirk le regarda d'un air morne mais ne dit rien.

« C'était vrai alors, et c'est vrai à présent, » insista Spock, ayant désespérément besoin que Kirk comprenne. « J'ai… ces sentiments pour vous… Plus précisément, ils me hantent. Je ne peux pas les fuir ! Ils me rendent fou, et je ne suis désormais plus un vulcain, et j'ai honte et je suis perdu et- » Il s'arrêta, haletant, et força sa voix à revenir sous son contrôle. « Jim, je ne sais pas quoi faire. »

Kirk continua à le regarder, ces grands yeux noisette expressifs s'éclairant avec de l'espoir, ayant du mal à y croire, combattant la suspicion, la peur et une terrible douleur. « Prouvez-le, » chuchota-t-il.

« Une preuve… ? » murmura Spock, l'idée le rendant perplexe. « Une preuve ? » N'est-ce pas évident ? Ne pouvez pas voir que je ne suis pas moi-même ? Ne pouvez pas voir cette tempête dans mon esprit ? ...dans l'esprit… peut-être que je peux vous montrer… ça ne vous fera pas de mal… vous êtes déjà aussi fou que moi… Levant une main, les doigts écartés, s'approchant de la tête de Kirk mais ne le touchant pas, offrant simplement une preuve.

Kirk réfléchit durant un moment, songea aux dangers, les écarta d'une pensée, puis prit une profonde inspiration et pressa cette main tendue contre sa tête.

Spock ferma les yeux et se remémora ce matin-là, cette désastreuse expérience sur la passerelle, la conscience constante de la présence de Kirk du premier instant qui l'avait progressivement mené de la distraction à l'obsession, l'incapacité de travailler et même de penser clairement, les souvenirs intrusifs et spontanés, les visions lubriques crées par les dérives incontrôlées de son esprit, les machines de la passerelle murmurant de la poésie grivoise… Quand fût la dernière fois où vous avez entendu la console réciter le « Cantique des Cantiques ? » Hallucinations, délire, perte totale de contrôle… Oh Jim, ne pouvez-vous pas voir que je suis fou ?

En réponse, étonnamment, Kirk rit. Oh oui, une belle folie ! Ah, Spock… Il s'empara du pouce boursouflé de Spock et l'embrassa.

« Je vous en prie ! Je vous en prie ! » cria Spock, essayant faiblement de s'écarter de ce contact attrayant. « Ne pouvez-vous pas comprendre ? Je suis dangereusement aliéné ! Si je reste ici je- Les rêves ! Les rêves continuent ! Je ne peux pas m'arrêter ! Je le ferai encore ! Encore ! »

Kirk leva le bras et attira le vulcain dans ses bras. « Spock, » murmura-t-il doucement dans une oreille frémissante, « ne réalisez-vous pas que j'ai aussi rêvé ? »

« Jim… » Spock gémit alors qu'il sentait cette douce révélation l'envelopper comme de vastes eaux se refermant sur lui. « Oh, j'abandonne ! »

Totalement perdu, s'y résignant, Spock cacha son visage dans le cou de Kirk et se cala davantage dans l'étreinte de ses grands bras chauds, se jetant à corps perdu au cœur du pays de ses rêves. C'était aussi agréable qu'il s'en souvenait, et à présent ce n'était plus rendu vague par le sommeil ou la semi-conscience. C'était comme sombrer dans une mer de lumière. Il ne s'inquiéta plus de la folie, de l'horreur, des grands interdits. Il oublia ce qui concernait l'attitude vulcaine, dériva loin de toute pensée, laissa ce sentiment exquis inonder ses sens et remplir son esprit. Il pouvait s'entendre haleter comme s'il venait de faire un sprint de dix kilomètres.

« Chut, » Kirk soupira, glissant ses mains de haut en bas le long du dos dont il se souvenait si bien, se prélassant dans l'incroyable sensation de ce contact entièrement consenti, la douce chaleur et la solidité de ce long corps dur pressé contre lui, si proche. L'enchevêtrement glacé de ses propres doutes, de la peur, de la confusion et de la douleur s'était complètement évaporé ; tout cela avait ruisselé hors de son esprit comme de l'eau, comme un ruisseau au printemps, et le soulagement à lui seul suffisait pour lui redonner son énergie. Il lui semblait qu'il pourrait rester là pour toujours, à ne rien faire de plus que garder ce contact, le tenant, restant aux côtés de son ami. Amant, se corrigea-t-il. Plus qu'un ami à présent, et ce sera plus que cela. Accepte-le. « Oui… oui. »

En silence, à l'exception du murmure de leur souffle et les bruits étouffé des mains sur les vêtements, le temps passa et passa. Ils restèrent immobiles, entièrement relaxés, goûtant paisiblement les délices de cette sensation, flottant dans une brume lumineuse au bord du sommeil. Il n'y avait aucun mouvement si ce n'était celui léger et lent de Spock frottant paresseusement sa joue contre son cou, comme un chat, et le mouvement constant et rythmique des mains de Kirk se déplaçant dans le dos du vulcain. Ils savaient, sans en douter ou s'en préoccuper, que cette chaleur finirait par s'accroître pour devenir brûlante, que la douce lumière deviendrait une explosion de lumière vive, mais il n'y avait aucun besoin de se presser pour atteindre ce point ; il y avait suffisamment de temps pour laisser les choses se produire en leur temps. « Nous avons bien assez de temps… » pensa Kirk avec contentement, bercé par la sensation de la lente respiration du corps enveloppé en toute sécurité par ses bras.

Sous le mouvement régulier de ces mains, Spock s'étira, frémit et se mit lentement à ronronner. Les sensations brillantes et indescriptibles n'étaient offertes qu'à lui, et tout ce qu'il voulait était de se laisser emporter par elles. L'univers s'était réduit à ce fluide brûlant en lui et à cette chaleur palpable à l'extérieur, comportant un panel subtil de détails. La différence entre ces doigts solides brossant contre les vêtements recouvrant son dos, et la joue lisse se frottant doucement contre la sienne, était merveilleuse. L'odeur de la fumée et la faible odeur du sel était exquise, la légère humidité de sa peau – l'héritage de son monde riche en eau…

Kirk se décala légèrement et l'embrassa, d'abord sur un œil fermé, puis sur l'autre, puis sur le côté de son visage, et enfin sur sa bouche. Durant un instant, Spock pensa qu'il pourrait s'évanouir sous l'effet d'une si douce pression ; il pouvait en sentir l'incroyable écho traversant l'entièreté de son corps et se réverbérant étrangement dans son aine. Il ne se demanda plus pourquoi les humains donnaient une telle signification à cet étrange geste ; maintenant, il comprenait. Oh ! Oh, mes os fondent ! Il pressa ses mains contre la tête de Kirk et le retint, désespéré à l'idée que le contact soit rompu. Sous sa poitrine, il sentit la vibration d'un rire silencieux. Si avide ! Il entendit les pensées de Kirk lui répondre. Une telle frénésie pour un baiser ? Que ferez-vous si je… Les mains expertes glissèrent sous la tunique et caressèrent doucement sa peau nue. Il brisa le contact, haletant sous le choc alors que son corps s'arquait, s'étirant vers cet effleurement qui le parcourait.

Kirk rit à nouveau, de stupéfaction et de joie. Une innocente maladresse, il aurait pu s'y attendre, mais pas cette frénésie, cette délicate sensibilité. Le testant, il descendit une main plus bas et plaça doucement ses doigts contre les côtes de Spock, fasciné de le sentir haleter, frémir et se blottir plus proche. La même caresse reproduite avec l'autre main entraîna la même réponse comme une image dans un miroir. Je pourrais le diriger comme un navire, s'émerveilla Kirk. Un contact peut le faire réagir… La tunique entrava l'avancée de ses mains. Très volontiers téméraire, il caressa le vulcain afin que s'arque sa poitrine, puis saisit la tunique bleue et la fit passer au-dessus de sa tête, et le long de ses bras. Spock se figea, clignant des yeux en le regardant, perplexe. Kirk sourit et donna son explication sans un mot, laissant librement ses mains parcourir la chair nue. Spock comprit. Le ronronnement montant à nouveau de sa gorge tandis qu'il se laissait glisser aux côtés de Kirk et commençait à tâtonner impatiemment sur les attaches de sa tunique.

Les bottes suivirent, s'ajoutant à la pile désordonnée sur le sol. Kirk tendit la main vers la ceinture de Spock, puis s'arrêta et le regarda, lui demandant tacitement la permission d'agir. Spock trembla, se souvenant d'une précédente ceinture cassée, puis acquiesça une fois et ferma les yeux. Kirk se débarrassa du long pantalon et des sous-vêtements, et de la dernière chaussette oubliée, et attendit de voir si le vulcain lui rendrait la pareille, mais Spock resta simplement immobile, passif, attendant.

Kirk se dégagea du reste de ses vêtements et s'allongea à ses côtés, posant prudemment son front contre la tempe de Spock et laissant une main reposer légèrement sur son torse recouvert d'une douce fourrure. Spock trembla à nouveau, mais d'une manière différente. Vous avez froid ? se demanda Kirk, souhaitant que le thermostat ait pu se trouver à sa portée. Non. Effrayé. La réponse lui vint clairement. Je pourrais vous blesser… La pensée fût un éclair plein d'images surprenantes ; Kirk se vit/se sentit lui-même, dans un angle étrange dans les souvenirs de Spock, gémissant et se tordant dans l'obscurité tirant sur le rouge. Il fût ébahi par cette image, puis il rit à voix haute. Spock, ce n'était pas de la douleur ! N'aviez-vous pas- Oh, la blessure à votre tête ! Vous ne pouviez pas lier votre esprit au mien, vous ne n'avez pas su… Du fait de sa ferme assurance, il sentit l'appréhension de Spock se changer en confusion et en une légère trace d'inquiétude. Je vais vous montrer, promit-il, laissant ses doigts glisser à travers le pelage lisse et noir qui recouvrait la poitrine et le ventre du vulcain. Spock soupira et se relaxa mais ne bougea pas. Assurances ou pas, il avait terriblement peur de blesser Kirk, et était déterminé à ne faire aucun mouvement – s'il pouvait y parvenir – jusqu'à ce qu'il soit certain des conséquences. D'autre part, ajouta-t-il avec une pointe d'embarras, vous semblez avoir plus d'expérience dans ce domaine que moi…

La dernière ombre de doute de Kirk disparut dans un éclat de rire ravi. Vous être presque vierge, rit-il. Et je pensais que je serais… Non, cette inquiétude avait disparu ; il n'était plus une quelconque victime. Le prochain tour lui appartenait entièrement. Il se redressa sur un coude, sourit chaudement à ces doux yeux bruns, puis se pencha et l'embrassa très lentement et profondément. Spock gémissait doucement et enserrait ses épaules avant qu'il n'ait terminé, et il lui fallut faire un effort pour s'écarter. En compensation, il caressa la joue du vulcain avec son nez et enroula sa langue autour du rebord interne de l'une des oreilles pointues. Spock haleta de surprise et de plaisir, et enfonça ses mains dans les draps. Kirk sourit à nouveau, observant sa réaction. Cette merveilleuse innocence et cette sensibilité étaient magnifiques. Ce corps long et élégant était comme un instrument bien accordé qui attendait d'être touché par le musicien, comme un tout nouveau monde à explorer. Spock ne lui avait-il pas dit ces mots, à son propos, seulement quatre jours plus tôt ? Oui, je vais vous explorer, jura-t-il, découvrir les merveilles cachées en vous… Ses mains descendirent lentement le long du corps arqué et tremblant du vulcain, enregistrant avec soin quels contacts le faisaient gémir et frémir, ou s'étirer et ronronner, ou s'arquer malgré lui d'une telle manière ou d'une autre. C'était terrifiant de songer à combien Spock avait confiance en lui pour le laisser apprendre de tels secrets ; et puis il réalisa que tout ceci pouvait aussi être de nouvelles découvertes pour le vulcain. Avait-il déjà été touché comme cela avant ? Quelqu'un lui avait-il déjà montré ce qu'il pouvait éprouver ? Oh, je vous montrerai, songea-t-il en donnant plus d'ampleur à sa promesse. Je vous montrerai ce que peut-être le plaisir…

Finalement, ses mains se perdirent dans la fourrure sombre de ses poils pubiens et s'immobilisèrent sur les organes génitaux masqués s'y trouvant. Intrigué, il observa de plus près leur disposition étrangère ; trois pétales protecteurs superposés et serrés comme un bouton de rose mais palpitant faiblement tandis qu'il les touchait. Spock gémit doucement au contact répété, ses mains s'ouvrant et se fermant sur les draps, son corps s'arquant lentement vers le haut. Ses paupières étaient fermement serrées, laissant échapper des larmes. Kirk continua à caresser et observer, fasciné, alors que les pétales se gorgeaient lentement de sang, devenaient vert pâle, gonflaient, et commençaient à s'écarter.

« C'est comme une fleur, » chuchota-t-il, émerveillé. « Une fleur s'ouvrant sous ma main… »

« Vous… ne… trouvez pas ça… répugnant ? » haleta Spock.

« Oh, non, non… » l'assura Kirk. « C'est fascinant ! Vert… »

Vous attendiez-vous aux couleurs de l'arc-en-ciel ? demanda Spock pris de vertiges, ses épaules s'enfonçant dans la literie. Il lui était devenu impossible de rester immobile ; cette taquinerie constante sur son aine avait réveillé ce picotement doux et insistant qui rampait à travers ses nerfs comme des langues de feu. Il devait bouger, faire quelque chose, répondre d'une certaine manière. Désespéré, il se souleva sur un coude et tendit aveuglément sa main vers Kirk, ayant besoin de le toucher. Sa main se referma sur l'épaule de Kirk et il s'arrêta là, intrigué par la peau veloutée et le jeu subtil des muscles y étant curieusement attachés. Etrangement apaisé par ces textures exotiques, il laissa sa main explorer davantage : vers les côtés le long de la clavicule, légèrement vers le petit creux où l'os finissait à la base de la gorge, lentement à travers la haute et vaste plaine de la poitrine musclées avec leurs rosaces d'or plates – fascinant de voir ces structures supposément rudimentaires se serrer si facilement sous le contact de ses doigts… Kirk s'arrêta là où il était, sa main effleurant en cercles automatiquement la fleur à moitié ouverte, laissant Spock mener, le laissant explorer à sa guise. Sa respiration devint plus profonde. Sans qu'il ne s'en aperçoive, ses orteils remuèrent. Encouragé, Spock s'aventura plus loin. Il toucha les larges arches de ses côtes, les courbes chaudes du ventre musclé, la merveilleuse sensibilité de la peau fine là où pulsaient les veines, une hanche étonnamment bien dessinée, la force des longs muscles de la cuisse, la contrastante douceur de l'intérieur des cuisses… Kirk restait immobile, comme paralysé par le toucher explorateur. Sa respiration se réduisit à de longs halètements entrecoupés. « Là, » murmura-t-il. « Doucement… ah, là… »

« Prudemment… oui… » l'assura Spock, déplaçant sa main avec soin sur la peu sensible, fasciné par les organes génitaux exposés de l'humain. Il n'avait jamais réellement étudié un homme nu auparavant, et il trouvait la disposition des organes vraiment incroyable. Si doux, ce seul membre dévoilé – curieusement sec, et si subtilement présenté – l'épaisse veine le traversant et la tête évasée perceptible uniquement lorsque la remarquable transformation avait lieu, la douce chair se serrant mystérieusement et se tendant en un colonne pâle aussi dure que du bois poli, la pointe empourprée aussi tendre et fine que du velours… Kirk gémit et se tendit sous son toucher, et Spock se demanda s'il devait se lier à lui à nouveau et découvrir exactement quelles sensations cela produisait – mais non, cela demanderait un certain contrôle, et Spock savait qu'il n'en possédait pas pour l'heure.

« Bon… oh, c'est bon… » haleta Kirk. « Attention… ou ça se finira trop tôt… mmmmm… »

Trop tôt ? se demanda Spock. Ne connaissant pas de réponse à cela, il glissa ses doigts loin de la chair tendue de l'autre organe, vers cette mystérieuse structure pendante juste en-dessous. Il l'examina délicatement, sentant les deux boules cachées sous la peau fine, et Kirk frémit et haleta à chaque mouvement de ses doigts.

« Attention… doucement, Spock… ne les serrait pas trop fort, ou je ne pourrai plus vous être d'aucune utilité… »

« Ce sont… les testicules ? » La compréhension se fit jour en lui. « Ici ? Si exposés ? »

« Oui… vulnérables, » admit Kirk. « C'est pourquoi nous sommes si… anxieux… en ce qui les concerne. Mais où… où sont les vôtres ? »

Spock devint un peu plus vert. Timidement, il prit la main libre de Kirk et la guida prudemment vers le bas de son dos, plaçant ses doigts à cinq centimètres d'intervalle, de chaque côté de sa colonne vertébrale.

« Ici ? » s'émerveilla Kirk. « Donc c'est pour ça que… la dernière fois… lorsque je vous ai pris dans mes bras… » Expérimentalement, il pressa son bras contre l'endroit caché. Spock haleta, s'arqua contre lui, puis se tortilla contre la chaude pression. Kirk secoua la tête de stupéfaction, puis se pencha vers lui et planta un baiser ferme directement dans le nombril du vulcain, piégeant le corps maigre entre la pression de sa bouche et son bras sous-lui.

Spock cria indistinctement, son corps se voutant et se courbant, rebondissant entre les deux points de contacts. Des nappes de feu l'électrifiant s'étendirent de son aine à sa taille, remplissant son ventre et se répandant dans ses cuisses. Ses mains, cherchant hasardeusement à s'accrocher à un point solide, se refermèrent sur le dos de Kirk et se plantèrent dans les muscles ondulants sous la peau. La seule pensée que son esprit bouillonnant pouvait former était l'étonnement au plaisir évident de Kirk enserré entre ses doigts le griffant. Puis l'autre main de Kirk descendit vers son ventre, ses doigts effleurant l'épaisse fourrure noire pubienne pour se réinstaller sur cette fleur pulsante et à moitié ouverte - et toutes pensées le quittèrent. Les défenses contre la douleur… sont inutiles contre le plaisir, rit-il.

« Là… là… je vais vous montrer… » répéta Kirk, caressant de manière régulière la chair tendre et changeante. Fasciné, il observa les trois pétales se rétracter pour révéler une surface vert clair brillante parsemée de points hypersensibles de vert plus foncé, deux vrilles sur les côtés gracieusement déroulées pour se tenir comme deux gardes d'honneurs sinueux et huilés aux côtés du membre central, levé, fier et luisant. « Comme une orchidée, » murmura Kirk, « ou un croisement entre… une orchidée et un grand anthurium vert… Oh, c'est magnifique ! A quoi servent ces deux choses ? » Il glissa ses doigts le long des vrilles frémissantes et humides.

Spock cria indistinctement et secoua la tête d'un côté à l'autre. « Oh… oh… s'accrocher, » haleta-t-il. « Ils s'accrochent… pour stimuler… la femelle. Aaah… »

Pas juste les femelles, pensa Kirk, la sueur perlant sur son front tandis qu'il se souvenait de ces vrilles vertes brûlantes se recourbant aveuglement et avidement contre son aine, attrapant son organe gonflé et le gardant serré contre une surface rugueuse et brûlante. Oui, cela… Sa main se referma sur la grande colonne verte striée. Elle palpitait lourdement dans sa main, la surface moite laissant transpirer un liquide claire sur sa peau. Les petites vrilles vertes se recourbaient frénétiquement, attrapant sa main, et s'enroulaient comme du lierre passionné autour de ses doigts. Spock serra les dents et laissa échapper un gémissement haut et clair. Son corps tendu commença à se tordre lentement, ses bras tendus s'écartant, comme s'il était crucifié au lit. Kirk s'arrêta, reconnaissant le mouvement.

« Est-ce que je vous fais mal ? » Il sourit, relâchant sa prise.

« Non ! » cria Spock. « Non ! Ne vous arrêtez pas ! S'il vous plaît- » Ses yeux s'ouvrirent brusquement alors que le lien se faisait dans sa mémoire. « Ce n'était pas… du tout de la douleur. Jim… »

« Exact, » rit Kirk. « Maintenant, vous savez. »

« Oh oui… oui… » Spock se rallongea et laissa ses yeux se fermer. C'était bien, tout était très bien à présent, et si ce plaisir incroyable brûlait son système nerveux entier dans la seconde qui suivrait, ce serait très bien aussi. Son pouls faisait battre ce feu doux dans ses veines, remplissant son corps avec un réseau brillant de flammes de désir, et il entendait sa voix ronronner en rythme avec cette lente déferlante, et il n'avait aucun contrôle sur cela, et il ne s'en préoccupait pas.

Kirk effaça la sueur sur ses yeux et glissa sa main fermée de haut en bas le long de l'impressionnant membre totalement tendu, observant les perles d'humidité qui se formaient sur les centaines de petites tâches vertes, comme de l'huile sur des émeraudes. Les vrilles se cramponnaient à sa main, priant presque pour passer à l'étape suivante. Mais quelle est-elle ? se demanda confusément Kirk. Il était furieusement excité, et c'était difficile de penser. Il devait faire quelque chose, en avait urgemment besoin, mais n'était pas certain de comment procéder. Cette fascinante physiologie alien l'avait momentanément dérouté. Les vrilles tiraient avec insistances sur ses doigts, lui rappelant la fois précédente, ce qu'elles avaient fait alors. Oui, ça valait la peine d'essayer encore une fois.

Presque avec réticence, il relâcha l'organe pulsant et glissa ses doigts à l'intérieur des cuisses du vulcain, espérant qu'il les écarte. La réaction fut totalement inattendue ; Spock poussa un cri étranglé, saisit Kirk par les épaules et le tira violemment entre ses cuisses écartées, comme s'il était incapable de rester un seul instant avec cette fleur ouverte libérée de son contact. Kirk se tortilla pour se positionner, haletant d'excitation alors que ce besoin frénétique le contaminait. Il s'installa prudemment, faisant se correspondre leurs organes au centimètre près, gémissant alors que les vrilles l'enveloppaient avec empressement. Leur texture huilée, leur contact duveteux envoya un éclair fulgurant dans sa colonne vertébrale. S'étendant sur le corps se soulevant du vulcain, il commença à faire des va et vient avec son corps contre la surface humide et rugueuse du grand membre central. Spock se pressa contre lui, respirant comme un tigre ronronnant, ses mains ratissant le dos de Kirk. Ce rythme vigoureux les transporta comme les eaux brûlantes d'une rivière qui coulaient et coulaient…

Mais qui… ne s'arrête pas… Réalisa Kirk à travers cette brillante brume de frénésie. Pas suffisamment… de contact… Il était piégé, retenu par un fil d'insuffisance, trop violemment excité pour plus de précision. L'instinct ou une longue habitude demandait qu'il y en ait davantage. Il avait encore besoin de plus de contact, et plus intense que cela ; il avait besoin de plonger au sein de cette chaire passionnée, et il ne savait pas clairement comment le faire. Presque désespérément, il fit courir sa main de haut en bas le long du corps du vulcain se tordant, cherchant une réponse. Spock s'arqua contre lui, plein de désir et frénétique. Les mains de Kirk glissèrent automatiquement sous ses fesses, les attrapant et les serrant durement. Spock haleta âprement et devint rigide, son corps s'arquant comme un arc tendu, comme s'il n'osait plus bouger de peu que quelque chose lui échappe. Seulement ses mains se déplaçaient, griffant et tirant frénétiquement, priant silencieusement.

Serait-ce ça ? se demanda Kirk, une idée prenant forme. Est-ce possible ? Est-ce ce que ça semble être ? De purs problèmes de mécaniques, des questions crues traversèrent son esprit. Ses doigts cherchaient, examinaient, pendant que Spock frémissait et sanglotait contre lui, le tenant serré. Ici… Un endroit doux, abandonné, en retrait, plus loin qu'il ne s'y attendait et définitivement possible, s'ouvrant sous la fleur de chair verte, ce chemin menant directement en dessous, jusqu'à la racines des nerfs. Il explora, testant, s'assurant. Spock enfonça frénétiquement ses doigts dans ses hanches et tressaillait à chaque contact. Kirk se demanda s'il lui faisait mal et s'arrêta, essayant de penser à son propre besoin vorace passé, cherchant une solution. Spock répondit à la question muette pour lui, posant une main sur sa tête et s'accrochant fermement à ses cheveux. Le lien entre leur esprit rugit en s'ouvrant, révélant un brasier lumineux qui hurlait pour obtenir plus que du feu. Je vous en prie ! Je vous en prie ! Ne vous arrêtez pas ! Je vous en prie ! Sa main libre saisit aveuglément le dos de Kirk, ses hanches, et ses cuisses. Sous cela se révélait l'impression surprenante et distincte de ce que cela faisait de sentir ses doigts en pleine recherche.

Oui… oui… Je vais le faire… promit Kirk, pris de vertiges, secoué par ces vagues brillantes jusqu'à ce qu'il ne puisse pratiquement plus voir. Il s'écarta lui-même, loin de ces vrilles s'accrochant et suppliantes, et glissa sous le rebord inférieur de ces pétales frémissants, sentant à travers l'esprit de Spock la sensation indescriptible de ce ventre dur pressé contre cette fleur ouverte. Pantelant, désespéré, enflammé, il s'aventura aveuglement vers l'endroit prêt à céder le passage, le chercha et le trouva. Ses mains se serrèrent sur les fesses lisses et dures, s'y accrochèrent et les écartèrent, il prit une dernière profonde inspiration, et plongea lentement et au fur et à mesure dans l'anneau enflammé.

Oh mon dieu il est chaud ! Chaud ! Serré…

Puis toutes ses pensées s'effacèrent de son esprit tandis qu'il sentait ce qu'éprouvait Spock, se tordant sous cette poussée l'empalant lentement, la chair tendre cédant et s'étirant jusqu'à ce que chaque nerf soit mis à nu par cette brusque et douce pression. Son corps se changeait en une peau parcouru par du feu liquide, le hurlement silencieux de l'orchidée/anthurium ouverte caressée durement par la peau douce, la chair vallonnée dure comme l'acier et en même temps élastique, le corps impuissant empalé et ondulant sur l'épaisse colonne de bois sculpté, les spasmes déferlant et incontrôlable, la voix libérant de brefs cris rauques, comme le cri d'accouplement d'un léopard, les cuisses enveloppées frénétiquement autour des cuisses tendues, les mains crispées sur les hanches se cabrant et poussant… Plus profond… plus… oui… oui. Oui ! Les corps s'emboîtèrent, s'engagèrent dans un mouvement de va et vient, dans un rythme sauvage et uni. Haletant, les bouches se cherchèrent, se trouvèrent, se scellèrent hermétiquement dans une double pénétration. Les bras et les jambes s'enveloppèrent et se serrèrent comme des bandes de fer, les doigts s'enfonçant profondément sans qu'ils n'y prêtent attention. Les esprits se fondant ensemble dans un holocauste de flammes rouges et vertes, la surcharge sensorielle, l'éclat de la libération, les étoiles explosant – toutes choses changées en une unique, intemporelle et brûlante pulsation… pulsation… pulsation…

Bien des instants plus tard, une lente dérive vers un doux oubli.

oh… oh Jim… je meurs…

non, Spock… vous vous endormez simplement… chut… Des doigts fatigués tracèrent doucement un sourcil relevé.

c'est… la folie ?

non… juste l'amour…

L'amour ? Les lèvres se pressèrent de manière somnolente contre les cheveux bronze.

oh, oui…

Durant un dernier vague baiser, ils s'endormirent.

ooooo

McCoy n'avait pas dormi de la nuit, et il s'était levé tôt d'une humeur misérable. Il sortit une nouvelle tunique et jeta un regard lourd au papier sur son bureau qu'il n'avait toujours pas signé. Il était inutile de remettre ça à plus tard. D'un air maussade, il alluma l'intercom et contacta les quartiers de Spock. Il n'y eut aucune réponse. Perplexe, il appela la passerelle. Spock n'était pas là non plus. Quelques appels de plus, et un peu plus de mystère : Spock n'avait été vu au souper, pas plus que le capitaine. En fait, personne ne les avait vus depuis la fin de leur quart de travail le jour précédent – seul McCoy avait vu Spock après cela. Sérieusement inquiet, McCoy allait contacter les quartiers de Kirk, puis il songea à mieux que cela, prit le document et se dirigea vers eux pour une visite personnelle.

La première chose qu'il vit fut que la porte de la cabine du capitaine était cassée. Elle était restée ouverte de peut-être moins de deux centimètres et il y avait un petite mais notable fente – approximativement de la largeur d'une main humaine. Ou vulcaine, pensa le médecin, les cheveux se dressant sur sa tête. Il pourrait avoir fait ça… qu'a-t-il pu faire d'autre ?

Alors qu'il se tenait là, gelé par une douzaine d'inquiétudes, il prit conscience de deux sons. Un : la douche sonique fonctionnait, et à un réglage modérément élevé. Deux : quelqu'un chantait sous la douche, de manière notablement fausse. C'est Jim, pensa McCoy, se détendant avec un certain soulagement. Il ne pourrait jamais chanter juste… Mais pourquoi est-il si heureux ? Et où est Spock ?

Quelqu'un heurta l'autre côté de la porte. McCoy entendit distinctement un bruit sourd et un grognement de surprise. Puis une main apparut sur le bord de la porte, l'agrippa, la tira, et le panneau s'ouvrit à contrecœur. Effectivement, Spock se tenait là. Sa tunique était froissée.

McCoy ne dit rien mais le fixa. Spock souleva un sourcil et le fixa également. Derrière eux, Kirk chantait – sans aucun doute « Une maison, une maison sur la plage. » McCoy écouta, et observa, et un large sourire s'étendit lentement sur son visage. Vous l'avez fait ! voulait-il lancer. Alléluia ! Vous l'avez-fait !

« Y a-t-il quelque chose que vous désirez, Docteur ? » demanda poliment Spock, sa voix la même que toujours.

« Eeeh bien, vous pourriez me dire comment il vous a convaincu de rester, » répondit McCoy en souriant. « S'est-il mis à genoux ? »

Spock leva à nouveau un sourcil et répondit avec douceur : « Non, Docteur. Pour être précis, il s'est redressé sur ses coudes. »

McCoy s'étrangla, hoqueta, étouffa un fou rire avec beaucoup de difficulté, et finalement tendit le document de transfert inachevé. « Donc que voulez-vous que je fasse de cela ? » demanda-t-il.

Pour répondre, Spock prit soigneusement le papier de sa main, le déchira en lambeaux, puis le déchira plusieurs fois transversalement. Il jeta les morceaux en l'air, tourna sur ses talons et s'éloigna vivement dans le couloir – laissant McCoy souriant comme un idiot sous une petite douche de confettis blancs.


Note de la traductrice : Et c'est ici que ça se termine, n'hésitez pas à aller jeter un coup d'oeil aux versions originales (qui, je le rappelle, ont déjà plus de 30 ans... :p) ou à laisser un mot à l'auteur si 'cela vous sied', comme dirait Roland de Gilead... mais je m'égare ^^'
Cette trad' m'a demandé pas mal de boulot donc la suivante risque de se faire un peu attendre, surtout que j'ai pas mal d'idées pour mes propres fics en ce moment... :)
D'ailleurs, d'ici un jour ou deux, je publierai sur le forum de French K/S (
h t t p : / / kirkspock . activebb . net / ) un petit OS/PWP exclusif ;)

Et, dernière petit chose, Omou Yaoi a publié une nouvelle traduction de Anna Amuse (Trad': Mai - Relecture et correction : Omou Yaoi), alors n'hésitez pas à jeter un oeil à cette fic si vous ne l'avez pas encore fait, elle est superbe ! ( h t t p : / / w w w . fanfiction . net / s / 6373338 / 1 / Finalement_cest_facile )

Sur ce, à très bientôt !