Nous.

( 4ème partie )

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AC 193, (passé)

Heero est fébrile, il a tellement attendu cet instant et en même temps l'appréhension se dispute en lui avec le désir, il ne veut surtout pas blesser son ange.

Heero n'est pas vierge, et en même temps il a très peu d'expérience, comme tous les ados de son âge il a pensé et pense souvent, voire très souvent au sexe et son corps réagit en conséquence. Ca été une vraie torture de ne pas sauter sur Duo ces dernières années, et le petit démon était loin de l'aider à se maîtriser, bien au contraire il a pris un plaisir sadique à le frustrer, arguant que c'est lui qui avait décidé d'attendre qu'il est atteint seize ans.

Se réveiller avec un Duo en boxer noir dans les bras aurait mis n'importe quel ado normalement constitué dans le même état que lui c'est-à-dire en ébullition, l'entrejambe prêt à entrer en action. A bout le japonais avait fini par imposé les bas de pyjamas au natté s'il voulait qu'il partage encore le même lit, le châtain avait cédé sous la menace de ne plus pouvoir se blottir la nuit contre son Hee-chan. Le nippon s'était empressé de lui en acheter une demi-douzaine, noirs bien évidemment avec des motifs de petits chats ou d'anges pour le taquiner, il était à croquer dedans, mais cependant moins tentant sexuellement parlant.

Heero aurait pu prendre des amants ou amantes en attendant Duo, c'est ce dernier qui avait aborder le sujet, expliquant qu'il ne voulait pas lui imposer l'abstinence du fait de leur deux ans d'écart, Heero savait que Duo était honnête dans sa proposition mais qu'en même temps il serait profondément blessé de le savoir avec d'autres, avec en plus la crainte qu'il s'éprenne d'un ou une autre. Certes il avait les hormones en effervescence et se sentait régulièrement frustré, les douches froides en témoignaient, mais sa relation avec Duo valait bien plus que tous ces petits désagréments, et il ne voulait en aucun cas faire souffrir son camarade.

La seule crainte de Heero était de blesser Duo lors de leur première fois, de se précipiter et de ne pas savoir donner du plaisir à son partenaire. Cela l'avait torturé pendant des semaines, il ne savait pas quoi faire, le Net et les livres c'étaient bien pour la théorie mais pour la mise en pratique cela ne menait à rien, les sensations ça se ressent, ça se vit ça ne se lit pas. Il fallait trouver une autre solution.

La réponse lui avait été apportée par une revue locale de petites annonces que la femme de chambre lisait durant ses pauses. Il avait trouvé la revue ouverte sur la table de la cuisine et ses yeux étaient tombés sur le texte d'une petite annonce :

The Pink House :

Ses charmant(e) hôtes vous accueillent

tous les jours dans un agréable cadre,

plaisir et discrétion assurés.

Il avait fallu une deuxième lecture à Heero pour comprendre que l'établissement sus nommé était en fait une maison de plaisir faisant le commerce du sexe.

Il ne s'y était pas attardé davantage mais quelques jours plus tard, à nouveau en pleine réflexion sur le sujet de leurs premières fois à Duo et à lui, l'annonce lui était revenue à l'esprit, pourquoi après tout ne pas prendre conseil auprès de professionnels ? Ils étaient les mieux placés pour le renseigner et l'initier sans que les sentiments n'entrent en jeux.

C'est les joues écarlates qu'il avait passé le seuil de la Pink House quelques jours plus tard, heureusement l'établissement se trouvait dans une petite rue discrète un peu à l'écart du centre ville, la devanture était très simple, il pénétra dans le hall d'entrée. Rien dans la décoration classique de bon goût ne laissait soupçonner ce qui se passait à l'intérieur, on avait l'impression de se trouver dans un petit hôtel de charme comme on en trouve à la campagne en périphérie des grandes villes.

Une dame très élégante, la cinquantaine, s'avança vers lui, elle avait l'habitude des jeunes clients qui venaient faire leurs premières armes dans son établissement et savait comment les aborder sans les mettre mal à l'aise.

Heero jouât la carte de l'honnêteté et exposa son souci, et à son plus grand étonnement la gérante se montra à l'écoute et lui proposa ce qu'elle appelait les séances d'initiations.

Le japonais suivi les conseils et passa entre les mains de deux « hôtes », une femme d'une trentaine d'année fut sa première partenaire, plus qu'expérimentée, une magicienne pour un ado de son âge, elle lui fit découvrir son corps dans les moindre détails. Son deuxième partenaire fut un jeune homme de 25 ans qui accepta avec plaisir, Heero était loin de le rebuter, de l'initier et de lui montrer comment donner du plaisir à son partenaire, les termes furent crus, Heero n'avaient jamais autant rougis, mais très explicites, le brun eut la confirmation qu'il était sans aucun doute gay.

C'est un Heero plutôt rassuré et complètement comblé qui ressortit de ses trois séances, restait plus qu'à gérer l'attente jusqu'au seize ans de son ange, donc retour aux douches froides.

Mais comme pour Duo les affres et tourments de la frustration disparurent aussitôt qu'il se retrouva avec lui dans les bras au lendemain de son seizième anniversaire.

Malgré l'attente il sut gérer son désir et son impatience : multipliant caresses, baisers, mordillements il sut amener Duo au seuil de la jouissance avant de le préparer avec douceur à sa première pénétration, ses doigts se firent cajoleurs et audacieux pour le détendre, au point que c'est lui qui lui demanda de venir. Bien sûr il y eut la douleur, il était si étroit, des larmes perlèrent au coin des beaux yeux mais un sourire de pur contentement pris rapidement le relais, le rassurant après la frayeur de l'avoir blessé, le plaisir fut plus fort et la douleur passa au second plan permettant à Duo après un balai de va et vient de plus en amples de s'effondrer complètement comblé dans les bras d'un Heero frémissant des dernières vagues de la jouissance.

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AC 195, mars.

Après quelques mois de pratiques Duo, en élève appliqué et surdoué était devenu un amant incomparable, il s'était fiat un devoir de connaître les moindre recoins du corps de son amant, le natté était devenu en peu de temps un expert des zones érogènes de Heero, en particulier cette petite zone sous l'oreille où maintenant se situait le tatouage. Il aimait tout du corps du brun, de la chevelure indisciplinée à la plante de ses pieds si chatouilleuse en passant par le ventre aux abdominaux finement musclés si sensibles à son toucher, il adorait les redessiner du bout de la langue provocant ainsi les gémissements de son amant.

En ce jour anniversaire de leur rencontre, il comptait bien amener Heero, sous ses caresses habiles, au bord de la jouissance.

Koi laisse moi m'occuper de toi lui souffla-t-il à l'oreille, d'une voix rendu rauque par la passion.

- Je suis tout à toi cette nuit Tenshi.

Duo finit de le dévêtir puis le repousse sur le lit avant de l'enjamber et de s'asseoir au niveau de son bassin, son jean partiellement déboutonné en contact avec sa virilité déjà au garde à vous. Tout en se noyant dans les iris cobalts il retire l'élastique du bout de sa natte avant de dénouer ses cheveux, et c'est dans un geste d'une sensualité inouïe pour Heero qu'il laisse sa chevelure se déployer sur ses épaules, il se penche alors pour mordiller la lèvre inférieure du brun avant de laisser sa langue suivre le contour de la mâchoire jusqu'à la jonction sous l'oreille ou se situe en partie caché par les mèches indisciplinées son cadeau. Et c'est avec un air gourmand qu'il suçote la peau, avant de poursuivre jusqu'au creux à la base du cou où il s'attarde un peu plus longtemps pour laisser une petite marque de son passage sur la peau hâlée au goût légèrement épicée.

Heero le laisse s'acharner sur lui encore quelques minutes, la langue de son compagnon a dépassé ses abdos et se dirige vers le bout de son sexe où elle lui prodigue des caresses qui l'amènent à l'extrême limite de la jouissance. N'en pouvant plus, il se saisit des hanches de son tortionnaire et le bascule sur le lit avant de le dominer de tout son corps.

Il lui retire d'un seul geste son jean noir et son boxer et avant que Duo n'ai le temps de comprendre engloutit à son tour le sexe du dénatté qui arque violemment son corps. Se trouver dans la cavité buccale chaude et humide lui provoque une décharge dans tout le corps, quelques coups de langue plus tard il libère sa semence entre les lèvres fines, Heero remonte jusqu'à lui, se saisit de ses lèvres pour un baiser brûlant teinté du goût de son plaisir.

Le nippon se saisit du tube de lubrifiant et après une préparation douce et lente qui les amener tout deux encore plus loin dans les limbes du plaisir il remonte les deux jambes graciles au toucher si doux et pénètre l'intimité si étroite et si chaude qui se resserre immédiatement autour de son sexe, il gémit de plaisir, il ne se lassera jamais de cette sensation, il la savoure quelques secondes avant d'entamer de lent mouvements du bassin, Duo s'accroche aux draps et des petits cris étranglés lui échappent, Heero fait durer l'ascension vers l'orgasme le plus longtemps qu'il peut avant de le laisser exploser.

Quelques minutes plus tard, Duo le corps complètement alangui et en partie allongé sur Heero se saisit du pendentif de Heero et l'accole au sien afin de compléter le symbole d'éternité, il dépose le tout au niveau du cœur d'Heero après avoir frôler la peau chaude et couverte d'une fine pellicule de sueur de ses lèvres.

- Heero… qu'est-ce que tu as voulu dire cette après-midi quand tu m'as dis que les choses allaient être plus simple maintenant ?

Avant de répondre Heero se saisit d'une main audacieuse qui a tendance à descendre au niveau de son aine et la dépose après un léger baiser sur le pendentif au niveau de son cœur, il la garde sous la sienne prisonnière consentante.

- Ce matin après le petit déjeuner j'ai demandé un entretien à mon père et je lui ai annoncé qu'à la rentrée prochaine, à la fac, je souhaite habiter avec toi dans un logement près du campus.

- Quoi ! Duo se redresse brusquement et fixe ébahi son amant.

- Tu n'es pas d'accord ? demande taquin le brun.

- Bien sûr que si, tu sais bien que je veux qu'on passe le plus de temps possible ensemble, mais je ne pensais pas qu'on pourrait vivre ensemble avant un bon bout de temps, j'en reviens pas que ton père est accepté.

- Je ne lui ai pas vraiment laissé le choix : j'ai désormais dix-huit ans, je suis financièrement indépendant depuis que je boursicote sur le net, mes placements se sont avérés très fructueux, et surtout je ne veux plus qu'il régente chaque minutes de ma vie.

- Qu'est-ce qu'il pense du fait que tu t'installes avec moi ?

- Je ne lui ai pas dit que nous étions ensemble, mais je ne serais pas étonné qu'il se doute qu'il y a plus que de l'amitié entre nous, après tout il m'a toujours vu qu'avec toi, mais je me fiche qu'il réprouve, qu'il me déshérite si il veut, peu m'importe je peux réussir sans lui.

- Je ne veux pas être la cause d'une rupture entre vous Hee-chan.

- Koi, tu sais bien que les relations avec mon père ont toujours été très froides et qu'il ne m'a jamais réellement témoigné d'affection.

- Mmm…, je crois qu'après le décès de ta mère il s'est complètement refermé…

Duo voit bien que Heero ne veut pas aborder davantage le problème de ses relations avec son père, il change donc de sujet.

- 'Ro, tu crois que je suis prêt pour l'université, toi tu as eu un an de plus pour t'y faire et en plus je vais être sûrement le plus jeune.

- Voilà ce que c'est d'être un petit géni avec le diplôme de fin d'études en poche à seize ans.

- 'Roooo, je suis sérieux je veux pas qu'on me regarde comme une bête curieuse.

- Je sais Neko, mais c'est toi qui a souhaité intégrer directement la fac pour être avec moi, ce que j'apprécie énormément, ton intégration risque d'être difficile mais je suis sûr que comme toujours ton charme va agir et que tu vas vite te faire accepter, en plus Quatre sera avec toi il ne veut pas rester seul au lycée alors qu'on sera toi, moi et Trowa à l'université.

- Hm, t'as raison et puis du moment que je te retrouve tous les soirs, ça me va.

- Pareil pour moi, je vais commencer les recherches pour un logement, je ne veux pas qu'on se retrouve dans une chambre de bonne.

-Il faut que j'en parle à mes parents, ils savent déjà que je veux intégrer directement la fac à la rentrée, mais je n'ai pas parler de vivre avec toi.

- Tu crois qu'Hélène-san sera d'accord, tu es encore son bébé après tout ajoute-t-il taquin en enfouissant son visage dans le cou pour masquer son sourire et en profiter pour mordiller son cou.

- Mmmmh, j'adore…de toute façon elle se doute bien que c'est pour être avec toi que j'ai fait ce choix.

Mais de là à accepter que son fils vive avec un garçon de deux ans son aîné. Les gens risquent de se poser des questions, il faudra qu'on reste discret et qu'on passe pour le moment pour de simples colocataires.

- Oui je sais…, je ne veux pas te poser de problème et qu'on t'accuse de détournement de mineur. Mais en ce qui concerne maman je crois qu'il y a longtemps qu'elle a compris les sentiments que j'ai pour toi et les accepte, elle a entièrement confiance en toi, elle sait que tu prendras soin de moi. Et puis ce n'est pas comme si on partait vivre très loin, on sera à une demi-heure de la maison, on pourra se voire tous les week-end.

- Hn, tu as raison, je ne veux en aucun cas blesser Hélène-san.

Duo touché que Heero s'inquiète autant des réactions de sa mère se redresse en appui sur ses avant bras pour happer les lèvres de Heero et lui donner un baiser qui lui transmet tout l'amour qu'il ressent pour lui, le japonais en réponse le serre fortement dans ses bras avant de remonter la couette sur eux et de se pencher pour éteindre la lampe de chevet, un dernier bisou sur la chevelure embaumant la lavande avant qu'ils se laissent tous deux emporter par le sommeil.

Ce dixième anniversaire de leur première rencontre a été plein d'émotions fortes et a encore davantage renforcer leurs liens.


AC 195, juin.

Heero est ravi et a hâte d'annoncer la bonne nouvelle à son natté, il en fredonnerait presque l'air qui passe à l'autoradio alors qu'il s'engage dans la route de campagne qui amène jusqu'à chez lui. Il a trouvé ce matin un logement à dix minutes de la fac qui correspond parfaitement à leurs attentes, la chance était avec lui, le propriétaire installait le panneau de mise en location pile au moment où il passait devant.

On va avoir tout l'été pour acheter des meubles et le décorer à notre goût, je suis sûr que Duo à déjà une idée bien précise à ce sujet, je sens qu'il va me traîner dans toutes les boutiques de déco du vieux Sank, je sais qu'il adore les artisans qui s'y trouvent. Le brun a beau soupirer et ronchonner rien qu'à y penser, il a lui aussi envie que leur petit « chez-soi » soit accueillant même s'il n'est pas féru du déco intérieure.

Je suis sûr qu'Hélène-san va également s'en mêler, comme son fils, elle adore faire les boutiques.

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Heero avait un peu appréhendé le moment où lui et Duo devaient annoncer leur projet à cette dernière, elle avait beau être très ouverte d'esprit, ça faisait beaucoup d'un coup : son fils qui quittait le nid et qui s'installait avec un homme de deux ans son aîné.

Mais ses craintes s'était vite évanouie, Hélène et David n'avaient émis aucune objection à cet aménagement, ils leurs avaient juste demander de rester sérieux dans leurs études et de revenir au moins tous les dimanche pour le déjeuner. Hélène avait ensuite envoyé Duo mettre le couvert car elle souhaitait discuté seule à seule avec Heero.

- Heero, je sais comme tu t'en doutes déjà, la réalité de ta relation avec Duo, et cela depuis longtemps.

Devant l'air plus que surpris du brun elle ajoute.

- Duo avait environ douze ans, il avait choppé la grippe, comme souvent tu étais venus dormir chez nous. Je suis passé dans la nuit vérifier sa température et je l'ai retrouvé blotti dans tes bras, te serrant comme si tu étais la chose la plus précieuse au monde pour lui, ce qui était et est le cas. Je ne saurais te l'expliquer clairement mais j'ai toujours su instinctivement que votre au lien allait au-delà de la simple amitié ou fraternité. Son père est également au courant, nous n'avons jamais réellement abordé le sujet tous ensemble car David comme moi avons une entière confiance en toi.

- Merci Hélène-san de votre confiance, nous avons conscience Duo et moi la chance que nous avons de vous avoir.

- Nous aussi, Heero nous avons la chance de vous avoir, vous nous avez apporté tellement de bonheur, je te considère un peu comme mon deuxième fils ajoute-elle en serrant dans ses bras le grand corps qui la dépasse d'une tête, elle le sent lui rendre son étreinte, ce qu'elle apprécie à sa juste valeur connaissant le japonais. J'ai juste une requête, dit-elle en se détachant et en accrochant son regard, prend soin de Duo, c'est encore un enfant par bien des côtés, protège le de ceux qui lui voudront du mal.

- C'est bien mon attention Hélène-san, Duo est encore si innocent parfois, il a eu une vie protégée grâce à vous à l'écart des horreurs du monde.

- Après l'enfance qu'il avait eu, j'ai voulu peut-être à tord, lui montrer que les bons côtés de la vie, je voulais à out prix qu'il oublie les souffrances de ses premières années de vie.

- Vous avez réussi, Duo est le plus heureux des fils et je vous dois beaucoup également.

- Merci mon grand, Hélène émue le prend par le bras et le pousse vers la salle à manger, allons les rejoindre le déjeuner est prêt.


Heero arrive presque en vue de sa maison quand étonné il aperçoit un énorme panache de fumée épaisse et grisâtre s'élevé au dessus du bosquet d'arbres qui sépare les deux demeures, c'est alors qu'il entend au loin les sirènes des pompiers et des ambulanciers, plus il avance sur la route plus il voit de gens, des voisins pour la plupart, se diriger vers la maison des Maxwells.

La peur l'étreint, pourvu qu'il ne soit rien arriver de grave, il gare sa voiture sur le bas côté, des policiers ont installé une barrière pour empêcher d'avancer davantage. Les jambes tremblantes il descend de son véhicule et contourne le bosquet pour avoir une vision de la maison des Maxwells un peu en contre bas de la route.

Il se fige devant le spectacle qu'il à sous les yeux, il n'y a plus que des ruines de la vieille demeure qui est envahi par les flammes, son esprit enregistre rapidement les pans de murs écroulés, le toit en briques effondré et au milieu de tout ça un engin métallique immense, qui ressemble vaguement à un robot géant, complètement désarticulé d'où s'échappe des gerbes d'étincelles.

Comme en transe, il remonte l'allée gravillonnée, il ne sait pas comment il arrive à mettre un pied devant l'autre, il se répète comme une litanie : Duo est vivant, Duo est vivant, Duo est vivant, Duo est vivant, Duo est vivant,…vivant, vivant, vivant….

Deux bras le stoppe dans sa progression, le retienne quand il veut se dégager et le font tomber à genoux.

Il baisse les yeux et fixe le visage ravagé par les larmes, noirci par la fumée, une entaille sanguinolente au niveau de la tempe de la mère de Duo, elle lui parle mais il n'y prête pas attention il veut juste aller chercher Duo et s'assurer qu'il va bien.

Une douleur brûlante lui parcoure la joue et le ramène à Hélène-san qui vient de le gifler.

Il n'y a plus rien à faire Heero…, sa voix est nouée par les sanglots mais il l'a voit essayé de se reprendre pour continuer, ils sont morts Heero…, les larmes reprennent de plus belle, l'explosion à tout détruit.

Heero la fixe le regard vide.

- Non…, sa voix n'est qu'un chuchotement plaintif, Duo ne peut pas être mort Hélène-san, je viens de trouver notre studio, on va y emménager à la rentrée.

- Heerooo… je suis désolée, tellement désolée mon chéri, on les a perdu, elle le sert encore plus fort contre sa poitrine.

Heero accepte quelques secondes l'étreinte avant de se détacher pour fixer la demeure en ruine où les flammes sévissent encore malgré les efforts des pompiers.

La réalité prend alors sens dans son esprit : Duo est mort.

Au moment où ses mots lui échappe une douleur insupportable l'envahie et le plie en deux, un cri d'agonie s'échappe alors de sa gorge alors qu'il sent à nouveau deux bras le serrer à lui en briser les côtes comme pour éviter qu'il se brise sous la douleur qui envahie chaque parcelles de son corps. Un froid immense l'envahi, il tremble sous la lame glacée qui pénètre chacune de ses cellules, il a l'impression que son cœur va cesser de battre comme s'il était petit à petit, pris dans un bloc de glace.

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AC 195, septembre.

Heero arrive en vue de l'érable, ses feuilles commencent à prendre les chaudes couleurs de l'automne, le froid précoce cette année a avancé les premiers signes de l'automne. Il frôle le tronc du bout des doigts, ressent la rudesse de l'écorce avant de s'arrêter et de fixer l'inscription qu'il à sous les yeux : AC 185 Heero et Duo, message témoin de cette première rencontre qui a bouleversé leurs vies, il se retourne.

Il ne reste rien de la demeure des Maxwell, les tractopelles ont déblayé les gravats, il ne reste que le hangar où étaient entreposés les outils, la tondeuse, le salon de jardin et la petite Ford de Duo, rien que d'évoquer son prénom son corps est pris de tremblements.

Il à l'impression d'avoir froid en permanence, rien n'arrive à la réchauffer, cette sensation est devenue sa compagne de tous les jours.

Sans qu'il s'en rende réellement compte sa main enserre le pendentif qui repose sur sa poitrine alors qu'il murmure :

Tu n'es plus Tenshi, j'ai perdu le sens de ma vie, seule ma promesse à Hélène-san de ne pas attenter à mes jours me retient ; il fixe le bijou, avant de relever la tête, il va bientôt y avoir une guerre, les conflits entre l'Alliance terrestre et les colonies se multiplient. Plus rien ne me retient ici, j'ai décidé de m'engager au côté des résistants, je combattrais Oz, c'est l'une de leurs armures qui t'a enlevé à moi, je n'ai plus rien à perdre alors autant que ma vie serve à quelque chose.

Je pars donc pour L1 demain, je ne pense pas que je reviendrais, il se tourne vers le message gravé dans l'écorce, les frôlent à nouveau la main tremblante, il sent son regard s'embrouiller, c'est la dernière fois que je verse une larme se jure-t-il alors qu'il se détourne et se dirige vers la demeure de son père, ces dernières paroles s'échappent de ses lèvres.

- Il ne reste rien de nous Tenshi…, plus rien.

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Fin.

Merci à tous ceux qui liront cette fiction que j'aime beaucoup, j'attends avec impatience que vous me donniez votre avis, alors n'hésitez pas.