Finalement, je me suis décidée à continuer cet Arc des Turks qui traînait depuis vraiment longtemps. Après avoir relu le Grand Délire, je me suis rendue compte que certaines parties qui y étaient (TRÈÈÈÈÈÈS lointainement) liés étaient incomplètes, et je voulais que mes références soient plus claires, alors il fallait que je finisse au moins cet arc supplémentaire. J'ai aussi de petites idées de one-shots pour les Turks, que je mettrai sous forme de bonus quelque part, éventuellement.

J'aime bien les personnages froids et distants, je dois dire que j'ai eu assez de plaisir à faire Cheny. J'ai écrit la moitié de cet Arc il y a longtemps, mais je le reprends sans trop de difficulté...

Sinon, je rappelle le nom que j'ai donné aux personnages:

Shinji - Le châtain qui se bat avec une rod, comme Reno. (Raison du nom: dans Last Order, Reno l'appelle Shin-Jin, le nouveau.)

Shotgun - La brunette à queue de cheval qui se bat... avec un shotgun! (Raison: rien d'autre ne peut lui aller! J'adore ce perso depuis Last Order...)

Lydia - La blonde qui ressemble à Elena (et qui est d'ailleurs sa soeur), qui se bat au revolver. (Raison: je l'ai vu sur DA, et je trouve ça approprié pour la soeur d'Elena.)

Ken - Celui avec les cheveux noirs coiffés bizarrement, qui se bat avec deux revolvers. (Raison: je voulais un nom américanisant pour lui.)

Cheny - La brune aux longs cheveux, qui se bat à mains nues en utilisant les arts martiaux. (Raison: Aucune en particulier, je cherchais un perso pour ce nom.)

Danny - Le grand baraqué, qui se bat aussi à mains nues. (Raison: ça va bien avec son apparence, je trouve...)

Tetsuyo - Celui avec les lunettes et une cicatrice, qui se bat avec un katana. (Raison: en fait c'est Wilya qui l'a trouvé...)

Cissnei - La petite rouquine qui se bat avec un shuriken du style de Yuffie. (Je n'ai pas inventé son nom, c'est celui qu'on retrouve dans Crisis Core. La seule qui a un nom officiel. Chère petite.)

Raphaël - Le petit mignon blond aux yeux bleus, qui se bat avec des nunchakus. (Raison: il a l'air d'un ange.)


« Depuis combien de temps n'ai-je pas ri, non, depuis combien de temps n'ai-je pas tout simplement souri? » me suis-je demandé en aspirant la fumée de la cigarette que je tenais à la main. Je n'avais pas envie de répondre à la question par une affirmation vague et vaine : la froideur de ma logique m'obligeait à me souvenir, ou du moins à tenter de me souvenir du dernier moment où j'aurais pu avoir souri.

Pas depuis mon entrée parmi les Turks. Non, plus loin que ça.

Pas depuis que j'ai commencé mon travail de mercenaire. Quand j'étais encore à l'école, peut-être ?

J'ai aspiré une nouvelle bouffée de fumée blanchâtre en me demandant s'il existait un moment dans ma vie où j'aie véritablement souri. Je me souvenais des photos des mon enfance, où l'on ne voyait qu'un rictus forcé sur mon visage.

Donc, logiquement, si je n'arrivais pas à m'en souvenir après une aussi longue réflexion, c'est qu'en fait je n'avais jamais souri de ma vie.

J'ai rapidement écrasé ma cigarette dans mon cendrier et je me suis précipitée à la salle de bains. Plantée devant le miroir, j'ai essayé de sourire. Autant de grimaces et de rictus.

« Suis-je donc incapable de sourire vraiment ? »

OoOoO

Je crois pourtant, avec un peu de recul, que pendant tout ce temps, je n'ai jamais été malheureuse. Et surtout lorsque j'étais parmi les Turks. J'avais une aversion pour la plupart des gens autour de moi, et pour l'humanité en général, mais ça ne m'empêchait pas de trouver le bonheur là où je voulais le trouver.

Ainsi, j'ai suivi un entraînement rigide dès mon adolescence, et je suis devenue mercenaire alors que je venais de passer à l'âge adulte. Parce que tuer mes semblables ne me causait pas plus d'émoi que le geste d'écraser une mouche. J'ai décidé que je ne voulais pas porter d'armes : je voulais sentir la souffrance de mes victimes, je voulais sentir leurs chairs se rompre, je voulais avoir la mort directement sous mes yeux. Pas parce que j'aimais cela ou par sadisme ; simplement parce que je ne voulais pas oublier que c'était probablement le sort qui m'attendrait un jour.

Combien de gens avais-je pu tuer ? Au dernier décompte, j'avais dépassé les trois cent. Beaucoup et peu à la fois.

Tuer une personne n'est pas aussi facile qu'il n'y paraît, surtout quand on ne fait pas partie de la Shin-Ra. Quand j'étais mercenaire, je devais non seulement faire attention à ne pas me faire prendre, mais aussi à ce que mes commanditaires ne soient pas reconnus dans mes crimes. Pour moi, autant mes victimes que mes clients étaient des individus méprisables, et mes meurtres n'étaient qu'un travail comme un autre.

Pourtant, lorsque la Shin-Ra m'a offert un poste parmi les Turks, j'ai immédiatement accepté. Pas seulement parce que mon travail en serait facilité : parce que je savais que parmi eux, je trouverais des gens de mon espèce.

Des gens qui ne laissaient pas leur peur de la mort les arrêter.

OoOoO

On frappait à ma porte. J'ai quitté le miroir de ma salle de bains et mes grimaces floues pour aller répondre à Tetsuyo, qui tenait une pile de papiers dans ses mains.

-Tu as fini ton rapport de la mission de la nuit passée ? Tseng m'envoie pour venir le prendre…

-Hm, oui. Attends un instant…

Je suis retournée à ma petite table de cuisine et j'ai pris les feuilles que j'avais rédigées ce matin-là sur la mission de la nuit passée. Grâce aux excellents résultats de la mission, tous ceux qui y avaient participé avaient obtenu un repos de deux jours. J'avais passé la première journée chez moi, à lire tranquillement et à regarder la télévision. Quand on m'offre une journée de repos, moi je me repose !

-Tiens, dis-je en tendant les papiers à Tetsuyo.

J'allais lui dire au revoir, quand il a soudainement posé une main sur mes joues. Le contact de ses doigts était très frais.

-On dirait que tu es un peu rouge, tu es sûre que tu ne couves pas quelque chose ?

Je n'allais quand même pas lui répondre que je m'étais entraînée à sourire devant mon miroir et que c'était ce qui avait donné un peu plus de teint à mes joues !

-Sûre, marmonnai-je en écartant sa main de mon visage.

-En tout cas, si tu n'es pas malade, c'est tant mieux, dit-il en souriant doucement. Parce que ça te va bien de prendre un peu de couleurs.

-N'importe quoi. Allez, bonne nuit, Tetsuyo.

-Fais de beaux rêves, Cheny !

J'ai refermé la porte rapidement. Soudainement, j'étais extrêmement fatiguée, et j'avais mal à la tête.

OoOoO

Le lendemain soir, j'ai été dans un bar à la mode avec Shotgun et Lydia, qui avaient aussi eu congé. Une petite soirée entre filles, à boire, à fumer, à danser et à envoyer promener tous les hommes qui oseraient nous approcher.

J'étais heureuse.

Mais je ne souriais pas.

-Dis, ils te plaisent pas, les deux mecs, dans le coin, là-bas ? me dit Shotgun en me pointant deux blonds décolorés.

-Pas trop non, répondis-je dédaigneusement en buvant une gorgée de vodka.

Depuis qu'elle sortait avec Shinji, elle avait tendance à vouloir jouer les entremetteuses. Peut-être voulait-elle que nous connaissions le même bonheur qu'elle, je ne savais pas vraiment. C'était peut-être une bonne intention, mais… plus elle voulait me pousser vers des gens, moins j'en avais envie. Je n'avais pas envie de connaître des personnes qui pourraient être mes prochaines victimes.

-Alors, c'est quoi ton genre d'homme ? Musclé ? Bronzé ? Blond ? Brun ? Mignon ? Intello ? Sportif ? Drôle ? Maso ?

-Je n'ai pas encore trouvé aucun homme qui me plaise, ai-je répondu calmement ; c'était la stricte vérité.

-Mais t'es aux femmes alors ?

-Non plus…

-Shotgun !

Lydia donna une légère tape derrière la tête de la brunette, qui s'écroulait de rire.

-Vous êtes toutes les deux tellement coincées, ricana Shotgun, mais vous êtes adorables…

-Je crois qu'elle a un peu trop bu, là, soupira Lydia.

-Oui, acquiesçai-je, avant qu'elle ne roule sous les chaises comme la dernière fois, il est temps d'y aller.

Soutenant Shotgun chacune de notre côté, nous sommes sorties du bar. Nous n'avons pas pris trop de temps à trouver un taxi, et nous sommes rapidement retournées à la Tour. L'odeur d'alcool et de sueur était restée sur mes vêtements ; une fois à ma chambre, je les ai aussitôt retirés, pour prendre une douche rapide avant de me coucher.

Et cette nuit-là, comme toutes les autres nuits, je n'ai pas rêvé une seule fois.