Bêta : Forêt Interdite
Note de l'auteur : Les passages en italique sont des flash-back.
Au cours de la dernière quinzaine de jours qui venait de s'écouler, le Monde Magique avait pris conscience avec stupeur, du drame qui s'était joué sur l'île abandonnée de Stroma dans les Orcades. Les survivants, placés dans une aile isolée de l'hôpital magique de Sainte-Mangouste avaient été remis en état et pris en charge par une cellule psychomagique. Une équipe d'Aurors montait la garde afin d'empêcher journalistes et curieux de venir importuner les rescapés.
De gigantesques funérailles collectives avaient été mises en place par le Ministère de la Magie car des familles entières ayant été éradiquées, plus personne ne pouvait réclamer légalement les corps des victimes. Le Ministère se débattait à présent avec les problèmes d'héritages. Que faire des manoirs et autres demeures à présent abandonnés, des Elfes sans maîtres, et des coffres de Gringotts ?
Le Département des Affaires Familiales situé au niveau 1 du Ministère de La Magie, et qui regroupait le Service des Successions ainsi que le Service de l'Enfance Magique grouillait d'agitation. Devant le manque de personnel, on avait dû recruter en urgence, et même dû demander aux retraités de revenir pour aider au traitement des dossiers. La Banque Gringotts que Ragnok avait ouverte aussitôt Fudge et Ombrage arrêtés, avait même prêté quelques Gobelins pour régler les problèmes de succession quand beaucoup d'or était en jeu. Les spécialistes en généalogie se démenaient parmi les archives de l'état-civil magique afin de trouver d'éventuels héritiers, même cracmols.
La Gazette du Sorcier avait publié d'édifiants articles, rédigés par Rita Skeeter et Barnabas Cuffe et agrémentés des très nombreuses photos prises par Bozo sur Stroma. Les témoignages des survivants s'arrachaient à prix d'or.
Personne n'avait oublié les différents gros titres ayant révélés l'ampleur du drame.
LE CAMP DE LA MORT LIBÉRÉ !
46 survivants sur 3218 sorciers disparus.
Le Monde Magique face à un Génocide sans précédent
De nos envoyés spéciaux Rita Skeeter et Barnabas Cuffe
Photographies de Théodore Bozo
DOLORÈS OMBRAGE ET LE MINISTRE FUDGE ONT TRAHI LE MONDE MAGIQUE !
Une enquête du Sorcier du Dimanche
La vérité enfin révélée !
Et encore :
MÊME VOUS-SAVEZ-QUI N'AVAIT PAS RÉUSSI !
Éditorial de Barnabas Cuffe, rédacteur en chef
Sorcière-Hebdo avait acheté à la Gazette quelques photos des enfants déportés ainsi que quelques témoignages de prisonnières. Le Sorcier du Soir sortait quasiment tous les jours depuis cette quinzaine, sans compter le Sorcier du Dimanche qui comportait plus de douze pages à présent. Même Quidditch Magazine avait trouvé le moyen de faire un article sur l'Éclair de feu d'Harry Potter qui avait permis de transporter un jeune sorcier et deux enfants vers la liberté.
Xenophilius Lovegood avait retrouvé sa fille bien-aimée à Sainte-Mangouste, parfaitement réveillée et s'était empressé de ramener ses rotatives dans sa tour de Loutry Sainte-Chaspoule d'où une édition spéciale était sortie en quelques jours.
ÉDITION SPÉCIALE
L'HORREUR SUR L'ÎLE DE STROMA !
Plus de 3000 victimes !
Harry Potter raconte : « Il y avait des morts partout ! »
Interview exclusive des Sauveurs Harry Potter et Severus Rogue
Par Xenophilius Lovegood, rédacteur en chef
Gangrène, toujours elle, s'était d'abord servie des Rapeltouts Enregistreurs des jumeaux Weasley récupérés dans les plantes du Ministère (don d'Albus Dumbledore…). Les sorciers et sorcières du Monde Magique avaient pu ainsi voir les photos du marquage des vampires et calices, notamment celui de Severus Rogue et d'Harry Potter, qui avait fait grand bruit. À l'annonce que le Sauveur était un calice, tous les vampires et calices exilés à l'étranger et dans le Monde Moldu s'étaient empressés de revenir. Devenir un calice était devenu très « branché » et les vampires à la mode.
Lorcan d'Eath le célèbre chanteur vampire, en tournée triomphale au Japon, avait raccourci son séjour afin de rentrer à Londres avec son calice Alexandre et son impresario. À la grande joie de Lavande Brown et de ses amies…
Gangrène avait aussi publié le détail des colères et des folies d'Ombrage ainsi que ses futurs projets sinistres. C'était elle qui avait récupéré le Rapeltout que Dumbledore portait accroché à sa barbe comme un bijou et les lecteurs avides avaient ainsi tout su de la découverte de l'île, et des préparatifs pour le sauvetage qui lui, avait été couvert par la Gazette du Sorcier.
L'INCROYABLE PROUESSE DES URGENCES DE SAINTE-MANGOUSTE !
Médicomages, Aurors, Langues-de-Plomb et Ordre du Phénix, tous unis pour secourir les Survivants dans un enfer glacé !
Interviews exclusives du Professeur Helbert Spleen et de Rufus Scrimgeour
Un reportage de Gangrène O'Mirher
Xenophilius avait du réimprimer quatre fois son édition spéciale, malgré la diminution de la population. Beaucoup de cracmols et de sorciers en avaient acheté plusieurs exemplaires.
Amos Diggory avait été promu Directeur du Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques à la place de Dolorès Ombrage.
La cheminette d'Amélia Bones n'arrêtait pas de s'allumer depuis que la vérité avait éclaté et que la Directrice du Département de la Justice Magique avait été nommée Ministre par Intérim. Percy Weasley servait de « pare-feu » et était chargé de répondre aux appels de cheminette afin de les filtrer. Pourtant, lorsque la tête du Ministre de la Magie de Transylvanie en personne était apparue dans les flammes vertes, il avait dû se résoudre à aller chercher Madame Bones en catastrophe. Celle-ci, une pile de parchemin à la main et une plume à papote officielle suspendue dans l'air près d'elle, s'était, toute affaire cessante, précipitée vers l'âtre devant lequel elle s'était agenouillée.
— Monsieur le Ministre, que puis-je faire pour vous ? C'est un peu la panique ici vous savez, je présume que vous êtes au courant ?
— Bonjour, Amélia ! Je n'en ai que pour quelques minutes. Je voulais vous dire que nous sommes très satisfaits de la tournure des événements. Enfin… en ce qui concerne la destitution de Fudge et celle d'Ombrage, parce qu'étant donné le nombre de victimes… grimaça-t-il, mal à l'aise. Sachez que nous compatissons au drame qui vous touche. Le Conseil Vampirique Transylvanien m'a chargé d'une petite mission.
— Ah bon ? Et que puis-je faire pour eux ?
— Il a été porté à leur connaissance, qu'un des membres du personnel de votre Ministère qui était chargé de l'enregistrement et du marquage des vampires et des calices s'était admirablement conduit, étant donnée la mission ingrate dont il avait été chargée. La dignité de cet homme ainsi que le respect qu'il a manifesté envers les vampires et calices dont il avait la charge ont été remarqués. Le Conseil Vampirique souhaite vous faire part de sa satisfaction. En ces temps difficiles, ce sorcier a su faire son devoir tout en traitant particulièrement bien les créatures magiques dont il avait la charge. Nous sommes très sensibles ici, à ce fait. Ce sorcier est un certain Amos Diggory.
— Amos, oui. Je le connais bien. C'est un très brave homme. Son fils unique a été tué à Poudlard par Vous-Savez-Qui, il y a quelques années. Le pauvre garçon était un ami d'Harry Potter, qui vous le savez, je suppose, est le calice du Maître des Potions vampire Severus Rogue.
— Oui, nous avons appris que Monsieur Potter était un calice, ce qui nous a particulièrement touchés. Ainsi donc ce Monsieur Diggory est une connaissance de Potter. Je comprends mieux. Le Conseil Vampirique souhaite que Monsieur Diggory soit leur contact exclusif avec votre Ministère… une personne sur laquelle nous pouvons compter, sans équivoque.
— Cela ne pose aucun problème, mon cher Ministre. D'ailleurs ceci m'arrange pour tout vous dire. Nous sommes en pleine restructuration ici, et c'est une excellente suggestion que je vais immédiatement suivre. Amos Diggory est, dès à présent, nommé Directeur du Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques. Ce poste était auparavant celui de Dolorès Ombrage, comme vous le savez… Et malheureusement, elle n'a pas montré les qualités requises… si je puis dire.
— Parfait ! Le Conseil Vampirique sera ravi de savoir qu'ils traiteront désormais avec ce sorcier. Amélia… Je vous souhaite une excellente journée.
— À vous de même, Monsieur le Ministre.
Rufus Scrimgeour avait en personne perquisitionné avec son équipe, dans la maison d'Ombrage. Il avait découvert que la sous-secrétaire d'État avait acheté dans une boutique de livres d'occasion de l'Allée des Embrumes, tous les livres et parchemins ayant appartenu au Mage Noir Grindelwald et qu'elle avait repris à son compte certains de ses projets. Les Langues-De-Plomb du Département des Mystères s'étaient empressés de récupérer les ouvrages afin de les mettre sous clé. Il y avait fort à parier qu'on ne les reverrait pas de sitôt.
La prison d'Azkaban était pleine à craquer à présent, et tous les vampires emprisonnés dans les sous-sols avaient été libérés dès l'arrestation d'Ombrage et de Fudge. Si Fudge, passablement anéanti, s'était laissé emmener vers Azkaban sans trop de résistance, il n'en avait pas été de même pour Dolorès qui s'était barricadée dans sa maison. Bill Weasley avait été requis pour briser les barrières magiques de niveau 5, car les Aurors s'y étaient cassés le nez. Il n'avait pas fallu plus de dix minutes au rouquin vengeur, pour se débarrasser des défenses du crapaud en rose. Il faut dire aussi qu'il ne manquait pas de motivation.
— Gawain, avez-vous arrêté Ombrage ? avait demandé Scrimgeour en arrivant devant les grilles du jardin de Dolorès.
— On n'a pas encore réussi à briser ses barrières magiques, Rufus ! Maugrey et Shacklebolt viennent de me dire que ce sont des barrières de niveau 5. Assez inhabituel, comme vous pouvez le constater. En général, on ne va pas au-delà du niveau 4, 5 c'est pour Poudlard et Gringotts.
— Je sais, Gawain, je sais. Même Fol Œil n'y arrive pas ? C'est embêtant, ça va nous prendre un temps fou. Elle risque de s'échapper.
— Nous avons placé un sortilège anti-transplanage sur l'ensemble de la propriété dès que nous sommes arrivés, et Lucinda Edgecombe a fermé sa cheminette un peu avant notre départ du Ministère. Nos sorts de détection indiquent qu'Ombrage est seule avec son Elfe de Maison. Selon Charmilla Funestar du Département des Mystères, il n'y a aucun passage secret vers l'extérieur. Elle a trouvé les plans de la maison dans leurs archives.
— Excellent travail. Il nous faut un briseur de sorts. Vous avez appelé Gringotts ? Ils ont les meilleurs.
— Oui, Kingsley s'en est chargé. Il nous a recommandé Bill Weasley et Ragnok Pattes-de-Poule a accepté de nous le prêter pour quelques heures. Nous l'attendons, il ne va pas tarder à arriver, il est actuellement en intervention sur un Manoir ayant appartenu à une famille éradiquée. Un héritier a été trouvé et il faut replacer de nouvelles barrières. D'après Ragnok, Weasley ne devrait pas tarder à avoir fini là-bas.
Bill était arrivé une quinzaine de minutes après cette conversation entre Robards et Scrimgeour. Les Aurors faisaient le pied de grue devant les grilles d'Ombrage. Des patrouilles surveillaient l'arrière de la propriété, tandis que les voisins, tous dans leurs jardins pour assister à l'arrestation du monstre, n'auraient pas manqué de signaler la moindre tentative d'évasion de leurs côtés. Le rouquin s'était précipité vers Fol Œil et Kingsley dès son transplanage.
— King, Fol Œil, Ragnok m'a prévenu que vous aviez besoin d'un p'tit coup d'main. Qu'est ce qu'on a ici ?
— On est devant chez Dolorès Ombrage, Bill, avait déclaré Fol Œil. Barrières de niveau 5, c'est pas pour nous autres. On n'est pas formé pour ça.
— Niveau 5 ! avait sifflé Bill, surpris. Par Merlin, elle n'a pas eu peur. Ne vous inquiétez pas, je vais vous la déloger cette charogne. Elle vit ses derniers instants de liberté, croyez-moi… Après ce qu'elle a fait à Remus et Tonks… qu'elle n'aille pas croire qu'on va abandonner comme ça.
Alors que Rufus Scrimgeour et Gawain Robards s'approchaient, Bill avait ressorti sa baguette qu'il venait à peine de ranger dans la poche de sa robe aux couleurs de Gringotts. Fol Œil, qui surveillait Ombrage grâce à son œil magique qui voyait à travers les murs, affichait un hideux sourire.
— Elle est derrière les rideaux de son salon, baguette à la main. Elle a un grand sourire. A mon avis, elle est persuadée qu'elle est à l'abri…
— Et bien, elle va vite déchanter.
La mine pincée et les yeux glacés, Bill s'était concentré sur sa tâche. Les barrières à présent visibles avaient vrombi sous l'assaut du jeune sorcier. De bleue, leur lueur était passée à blanchâtre et au bout d'une dizaine de minutes, on avait entendu le fracas de leur effondrement. Dans la maison, Dolorès s'était agitée en tout sens, sous l'œil de Maugrey.
— AURORS ! Lancez l'assaut ! avait ordonné Rufus, baguette à la main, en se précipitant pour déverrouiller la haute grille.
Dolorès avait succombé sous le nombre, et c'est stupéfixée qu'elle avait été emportée vers la prison d'Azkaban. Ses hurlements et insultes ayant lassé l'équipe d'Aurors chargée de son arrestation.
— Par Merlin, quel registre ! J'ai même appris de nouvelles insultes, j'aurais jamais pensé… avait soupiré Fiertalon en s'épongeant le front avec son mouchoir.
Les jumeaux avaient retrouvé leur boutique du Chemin de Traverse et on s'arrachait à présent leurs Rapeltouts Enregistreurs que le Ministère avait adoptés à l'unanimité. Les procès, réunions et interrogatoires divers étaient à présent tous enregistrés grâce aux petites boules de couleurs : une différente pour chaque service.
Leurs tentes blanches créées pour la Coupe du Monde de Quidditch qui allait avoir lieu en Allemagne l'été prochain, s'arrachaient comme des petits pains et les commandes arrivaient du monde entier.
Sainte-Mangouste venait de commander des tentes-hôpital et des tentes-morgue pour les situations d'urgence.
— On va devoir embaucher, Fred, avait déclaré George avec un large sourire. Tu as vu toutes ces commandes ? Ça plus la boutique…
— J'appelle Lee Jordan, il va adorer s'occuper des Rapeltouts Enregistreurs, Verity gérera les clients toute seule, Paul et Jonas resteront dans le labo de production, et nous, on s'occupera des commandes de tentes.
— Ça marche, Fred ! De l'or, de l'or ! On va se faire plein d'or, avait chanté George, hilare en dansant la gigue, des parchemins de commande par hibou à la main.
Harry et Severus avaient réintégrés Poudlard la seconde semaine. Ils avaient préféré aller d'abord se réfugier à l'Impasse du Tisseur afin d'éviter les journalistes, reporters, curieux et autres fans.
Le soir de leur réapparition dans la Grande Salle, les Serpentards habituellement plein de retenue leur avaient fait une ovation. Enfin… elle était plus pour leur Directeur de Maison, bien que certains élèves Vert et Argent reconnaissent ouvertement que Potter avait bien aidé au sauvetage de Crabbe et sa mère ainsi que de Terrence Higgs et sa famille.
— Les mecs, avait annoncé Théodore Nott. Notre Directeur de Maison est en vie et c'est le principal. Il a sauvé Crabbe et sa mère, ainsi que Higgs et toute sa famille. Potter l'a aidé, on peut pas ne pas en tenir compte.
— C'est Saint-Potter, un Gryffie, et il a tué le Maître.
— On sait, mais c'est le calice de Rogue, Pansy. Si on déconne avec le balafré, Rogue va nous faire la peau.
— Drago n'accepterait pas ça !
— Malefoy s'est tiré à Durmstrang. À mon avis, il reviendra pas ! T'en penses quoi, Goyle ?
— Vince revient quand ?
— Chais pas, quand il ira mieux, je suppose.
— J'veux que Vince revient.
— Revienne, patate ! avait pesté Blaise Zabini. Moi, je suis d'avis qu'on laisse tomber Potter. Il est intouchable maintenant, c'est le calice de Rogue, c'est dans tous les journaux.
— Potter est rien qu'un p'tit pédé ! avait pouffé Pansy sous les ricanements et gloussements de Millicent Bulstrode.
— Ah ouais ? avait froidement assené Nott. Tu oublies avec qui !
— Merdeuuu ! Bordel, Rogue une tapette, il a pas le look, pourtant.
— Tu crois que c'est écrit sur la tronche des gens, Pansy ?
— Nan, nan… Mais quand même… Y se détestaient tous les deux. Ch'pige pas !
— Ben, y devaient pas se détester autant qu'on croit. À mon avis, ces deux là faisaient bien semblant. Et tout l'monde a marché.
— Ben moi, je comprends pourquoi les Weasmoches font la tronche depuis un moment, avait affirmé Millicent, la fourchette à la main. À mon avis, ils sont pas heureux d'ça. La belette-fille, elle courait comme une cinglée après Potter. Se l'faire piquer par Rogue, ça fait mal !
Des sourires hilares jusqu'aux oreilles, les Serpentards de 7ème année avaient tous regardé la table des Gryffondors avec le plus pur ravissement…
Les Gryffondors, ainsi que les Serdaigles et les Poufsouffles, ne s'étaient pas montrés moins enthousiastes que les Serpentards. Le fait qu'Harry soit – officiellement cette fois-ci – le calice avoué de la terreur des cachots en avait fait grincer des dents à plus d'un. Notamment, aux deux derniers Weasley… comme l'avait si bien remarqué Millicent Bulstrode.
Albus Dumbledore avait annoncé ensuite, ce soir-là également, que les élèves déportés avaient enfin quitté Sainte-Mangouste et seraient de retour dès le lendemain matin à Poudlard.
— Tu vois, Greg ? Vince revient demain ! Y a pas d'soucis…
Les cours de sortilèges allaient être provisoirement et pour la durée de l'année scolaire, assurés par Dedalus Diggle, membre éminent du Magenmagot. Ancien Serdaigle, il assurerait également la Direction de la Maison d'ici qu'un professeur définitif soit nommé à la rentrée en remplacement du dévoué et regretté Filius Flitwick. Le petit Professeur Flitwick venait d'ailleurs d'être décoré à titre posthume de l'Ordre de Merlin de seconde classe, pour avoir tenté, jusqu'au bout, de protéger les enfants dont il avait la charge à Poudlard.
Harry était allé s'installer à sa place habituelle à la table des Gryffondors en face de Neville. Près du cauchemar de Severus Rogue, deux places étaient encore vides, celles de Dean et Seamus qui allaient revenir le lendemain. Les deux frères Crivey n'avaient pas pu s'empêcher de se lever de table et de venir sauter au cou de leur idole, tandis que Lavande Brown, extasiée, avait interrogé Harry sur son état de calice, qu'elle jugeait « hyper-méga-romantique ». La mine sombre, Ronald Weasley n'avait pas regardé son ex meilleur ami. Il s'était levé pour ne pas être assis près de lui et était allé s'asseoir près de sa sœur Ginny, au milieu des 6ème année. La tête basse, Harry avait soupiré et avait lancé un coup d'œil à Severus Rogue qui trônait près de Dumbledore, à la grande table professorale.
— Tu sais bien comment il est, Harry, avait murmuré Hermione, une main apaisante posée sur l'avant-bras gauche du Sauveur. Il se calmera… souviens-toi du Tournoi des Trois Sorciers, il t'a fait la gueule toute l'année.
— On n'est plus en 4ème année, Hermione. Qu'il ne s'imagine pas qu'il va pouvoir revenir la bouche en cœur dans six mois, parce qu'il sera seul. Vu la tête de Ginny, elle partage son avis. Qu'ils aillent se faire foutre ! Je suis très heureux comme je suis, merci bien. Et je ne changerais pas ma place pour tout l'or de Gringotts. Qu'on se le dise !
Hermione avait hoché la tête sans répondre et avait entrepris une discussion animée avec Neville sur l'intérêt du guano de chauve-souris dans la culture des plantes magiques. Lavande et Parvati avaient abreuvé Harry de question sur les vampires et les calices, et il avait répondu de bonne grâce à leurs interrogations, trop content de pouvoir leur donner une vision réaliste et honnête de son état, après toutes les idioties colportées par Ombrage.
— Harry, avait demandé Lavande à mi-voix, penchée vers le centre de la table. C'est vrai alors, c'qu'on dit ? Tu sais bien… que les calices et les vampires… tout ça.
— Tout ça quoi ? Lav' ?
— Ben, que ce sont des couples, tu sais… qu'ils sortent ensemble, quoi.
Lavande avait rougi en posant la question qui semblait lui brûler les lèvres. Parvati avait avalé sa salive, craignant la réaction d'Harry.
— C'est vrai, les vampires sortent avec leurs calices. Pourquoi ça t'intéresse ?
— Ben… tu sais… c'est que j'ai écrit à mon chanteur favori, Lorcan d'Eath, c'est un vampire. Je lui ai proposé de devenir son calice, s'il avait besoin. Je savais pas, tu comprends…
— Lorcan ? Je le connais. Il a déjà un calice depuis longtemps, il est super beau d'ailleurs. Il s'appelle Alexandre, un grand blond. Je crois que j'ai jamais vu un mec aussi beau de ma vie. En tout cas, ils ont l'air vachement amoureux.
Lavande en était restée bouche bée, ainsi que Parvati d'ailleurs.
— Il… il a un calice… un mec ? Alors… alors, il est gay ?
— Complètement ! Tu savais pas ?
— Nan… nan… Ils ont jamais rien dit de ça dans Sorcière-Hebdo et dans Salut les Sorciers non plus. Comment tu le connais ?
— Lorcan est le frère de sang de Severus, ils ont le même Créateur. On s'est vu avant qu'ils ne partent au Japon. Alexandre est vachement gentil.
— Ah ben ça alors !
La tête qu'avait faite Lavande avait fait sourire Harry qui s'était attendu à ce que la petite curieuse lui pose des questions sur sa relation avec Severus. Pourtant, ce n'était pas Lavande qui les avait posées, mais Parvati, profitant que son amie soit encore en train de digérer les nouvelles.
— Harry, si t'es le calice de Rogue, alors… tu couches avec lui ?
— Ben ouais… normal, quoi. Mais ne vous attendez pas à des détails croustillants, les filles. Si vous en voulez, vous allez les demander à mon autre moitié… avait annoncé Harry un petit sourire en coin aux lèvres, tout en désignant du menton, la grande table professorale.
— Heuu… nan… nan… ça ira, avait répondu Parvati, en jetant un regard inquiet vers la terreur de cachots en grande conversation avec Minerva McGonagall.
Non loin d'eux, Ron et Ginny, le nez plongé dans leurs assiettes n'avaient pas perdu une miette de la conversation entre Harry et les deux filles. Ron avait ronchonné, pesté, balancé quelques insultes et tenté de convaincre tout le monde qu'Harry était anormal. Ce qui n'avait pas eu l'effet escompté. Furieuse, Lavande l'avait traité de tous les noms et Ginny s'était mêlée à la dispute. Son agressivité avait attiré Minerva McGonagall qui s'était empressée de la calmer par une petite semaine de retenue avec Argus Rusard.
Bien nourri et sexuellement très satisfait, la Terreur des cachots avait un peu baissé pavillon, se montrait un peu plus calme en cours et piquait un peu moins de crises. Drago Malefoy était resté à Durmstrang, bien que Lucius soit rentré rapidement au bercail avec Narcissa. L'annonce des élections pour un nouveau Ministre l'avait attiré, comme une mouche par de la confiture. Le bruit avait couru quelques jours qu'il ne manquerait pas de se présenter. Bien entendu, le blond peroxydé n'avait pas démenti une seule seconde…
Pas de chance pour lui, parce que la perquisition menée par Gawain Robards au domicile de Cornélius Fudge avait fourni les preuves de tous les pots de vin que l'ancien Ministre avait touchés. Et à présent, le Magenmagot connaissait le montant de ceux versés par Lucius pour ne pas finir à Azkaban comme les autres Mangemorts. Le Serpentard blond avait été arrêté au vu de ces preuves, – Fudge aimait bien garder beaucoup de documents sensibles – et Lucius avait rejoint ses anciens camarades à la Marque des Ténèbres, dans la section d'Azkaban tenue par les Détraqueurs. Le Monde Magique venait d'échapper à une nouvelle catastrophe : Lucius Malefoy en Ministre potentiel !
Mais ce que le Monde Magique et les sorciers de la rue attendaient, c'étaient les procès des tyrans qui avaient exterminé tant de malheureux.
Le premier qui comparut devant un aréopage en grande tenue pourpre, pour une fois présidé par Albus Dumbledore en personne, fut Cornélius Oswald Fudge.
En tenue rayée spéciale Azkaban, sale et échevelé, l'ancien Ministre avait fait pâle figure, enchaîné au fauteuil de la salle d'audience numéro 10. Les Rapeltouts Enregistreurs disséminés partout dans le Ministère par l'Ordre du Phénix, servirent de preuves. Il fut reconnu que Fudge n'avait pas eu connaissance de tous les faits. Dolorès s'étant bien gardée de le tenir au courant de ses projets, faits et gestes. Pourtant, de par sa position, Fudge aurait du tout savoir, s'il avait été à la hauteur. Son incompétence fut reconnue. Jugé indigne d'être un sorcier, il fut condamné à être dépouillé de sa magie et à passer les quinze prochaines années à la prison d'Azkaban. S'il vivait encore, à la fin de sa peine, il devrait quitter le Monde Magique définitivement.
La foule s'était précipitée en masse pour le procès de Dolorès Ombrage et la salle, trop petite, ne pouvait contenir tout le monde. Les sièges furent réservés aux très nombreux témoins, notamment les survivants du génocide, ainsi que les membres de l'Ordre du Phénix et les sauveteurs qui tous allaient témoigner. Xenophilius Lovegood, Rita Skeeter et Bozo, trônaient dans la tribune de la Presse avec Glenda Chittok, présentatrice-vedette de la RITM qui retransmettait en direct l'intégralité des débats. Dans les locaux de la Gazette du Sorcier, Barnabas Cuffe avait l'oreille collée à son gros poste de radio à ampoules, tout comme la presque totalité de la rédaction... et le reste du Monde Magique.
Cette fois-ci, c'était Amélia Bones qui avait présidé aux audiences, car Albus Dumbledore était l'un des principaux témoins de l'accusation. Alors que le silence venait juste de tomber dans la salle d'audience numéro 10 – la plus fameuse –, elle avait pris la parole.
— Je déclare ouvert le procès de Dolorès Jane Ombrage, accusée de haute-trahison, de crime contre l'humanité magique et de crime contre l'ensemble des créatures magiques. AURORS ! FAITES ENTRER L'ACCUSÉE !
Gawain Robards lui-même, avait fait entrer Ombrage dans la salle, en la tenant fermement par un bras, sa baguette à la main. Il l'avait fait asseoir sans douceur dans le fauteuil des accusés et les chaînes s'étaient enroulées autour du crapaud en rose en un instant. Et elles avaient semblé visiblement très serrées. Dolorès, vêtue comme tous les prisonniers d'une robe grise rayée, usée et sale et de vieux godillots éculés, avait gigoté et tempêté, sa crinière frisée et sale, pendouillant sur son visage crasseux. Un geste de baguette de Fol Œil avait calmé l'agitée et seuls ses yeux qui roulaient dans leurs orbites indiquaient qu'elle était parfaitement consciente, bien qu'immobilisée et réduite au silence.
La salle grouillait d'Aurors en tenues de combat. Même les élèves Aurors de l'Académie étaient tous là avec leurs enseignants et ils prenaient des notes. Les journalistes avaient tous des plumes à papote qui couraient sur leurs rouleaux de parchemin. Bozo, lui, avait mitraillé tranquillement la foule, le Magenmagot et l'accusée avec un sourire satisfait. Un micro en forme de cornet acoustique à la main, Glenda Chittok de la RITM, un sortilège de discrétion autour d'elle pour qu'on ne l'entende pas dans la salle, avait commenté pour ses auditeurs, tout ce qui se passait et se disait pendant les débats.
Après la lecture détaillée du chef d'accusation, les témoins s'étaient succédés à la barre pendant plusieurs semaines.
Tous les survivants en âge de témoigner avaient été entendus. Encadrés de Psychomages, ils avaient raconté leur calvaire et les élèves raflés à Poudlard avaient révélé la façon dont avaient péri le Professeur Flitwick et ses quatre étudiants. Tous les Médicomages, Légistomages, étudiants de Sainte-Mangouste, Infirmiers, Sorciers funèbres, Aurors, Langues-de-Plomb et membres de l'Ordre du Phénix qui avaient participé à la libération du camp de Stroma avait également témoigné. Par ordonnance ministérielle, les Langues-de-Plomb avaient été relevés momentanément, et pour cette seule affaire, de leur secret professionnel et autorisés à parler. Chaque membre du personnel ministériel qui pensait avoir des choses à dire, avait été invité à venir s'exprimer à la barre, ce qu'avaient aussitôt fait Amos Diggory et Lucinda Edgecombe, entre autres. Les tapis volants réquisitionné à Ali Bashir et ayant servi au sauvetage furent versés au dossier comme pièces à conviction, ainsi qu'un exemplaire complet d'une tenue de membre de la Section de Surveillance, apportée par Devon Tissard.
Des historiens du Ministère expliquèrent la nature des parchemins et ouvrages trouvés chez Dolorès Ombrage et qui portaient tous la signature de Gellert Grindelwald. Albus Dumbledore fut invité à venir identifier les documents et la signature, ce qu'il fit, révélant par la même occasion, qu'il possédait dans sa collection personnelle, les doubles de tous ces documents, précisant également qu'ils n'étaient pas disponibles à la consultation par les étudiants de Poudlard, mais conservés dans ses quartiers privés, afin qu'ils ne tombent jamais entre de mauvaises mains. Il avait précisé que dans son testament, il demandait que les Gobelins de Gringotts détruisent ces sinistres archives dès son décès. Il avait avoué ignorer que des écrits de Grindelwald avaient circulé dans l'Allée des Embrumes.
Un historien du Ministère avait ensuite repris la parole, expliquant aux sorciers incrédules, les plans de Grindelwald à son époque et son implication dans la Seconde Guerre Mondiale Moldue avec un tyran moldu nommé Hitler. L'historien avait expliqué les grandes lignes de cette guerre et son issue, au Monde Magique qui n'en avait pour la plupart jamais eu connaissance. Interrogée sous Véritasérum à ce sujet, Ombrage admit ne jamais avoir connu l'Histoire Moldue.
Le témoignage le plus attendu par les spectateurs, auditeurs et membres du Magenmagot, avait été celui d'Harry Potter, bien que ceux d'Albus Dumbledore et Severus Rogue n'avaient pas manqué de fasciner la foule.
Dolorès Ombrage, étant donné la situation, n'avait même pas eu la possibilité d'avoir un avocat. Pour une seule raison : personne n'avait accepté de la défendre. Amélia avait bien tenté de nommer un avocat d'office, mais celui-ci s'était empressé de se faire désinscrire du Barreau Magique afin d'échapper à la corvée. Amélia avait abandonné, de toute façon les preuves étaient plus qu'accablantes et Ombrage avait crié à corps et à cris qu'elle ne voulait pas d'un avocat indigne d'elle. Celui désigné, était un Sang-mêlé…
— La cour souhaite maintenant entendre Monsieur Harry Potter ! Auror ! Faites entrer le témoin !
Kingsley Shacklebolt avait alors quitté la salle et était allé chercher Harry dans l'antichambre où il attendait son heure. Bien entendu, son vampire, Severus Rogue n'était pas loin, il se trouvait dans le public avec Albus Dumbledore et Minerva McGonagall. Harry avait pris place dans le box des témoins sous les ovations de la foule. Amélia avait dû menacer d'évacuer la salle afin de ramener le calme.
— Veuillez déclinez vos noms, prénoms, âge et situation, ainsi que vos titres si vous en avez.
— Harry James Potter, 17 ans, élève de 7ème année de Gryffondor à Poudlard. Héritier des Nobles Maisons Potter et Black, Ordre de Merlin de Première Classe.
— Monsieur Potter, selon nos informations, vous seriez un calice. Pouvez-vous le confirmer ?
— Je le confirme, je suis le calice de Severus Rogue.
— Bien. Connaissiez-vous l'accusée avant d'être arrêté par ses soins ?
— Oui, Madame La Présidente. Dolorès Ombrage était le Professeur de Défense contre les Forces du Mal que j'ai eu en 5ème année. Elle était d'une incompétence totale. Nous n'avons pas appris un seul sortilège durant l'année complète. En outre, elle a utilisé des Plumes Noires sur beaucoup d'élèves. J'ai appris depuis, que ce sont des artéfacts de Magie Noire et que leur usage est interdit par le Ministère. Je l'ignorais à ce moment-là. Je dois vous dire que j'en ai encore les cicatrices sur la main.
La foule s'était mise à gronder et les membres du Magenmagot à s'agiter sur leurs bancs et murmurer entre eux.
— SILENCE DANS LA SALLE ! Greffier, allez constater les dires de Monsieur Potter, je vous prie.
— Oui, Madame la Présidente.
Toujours aussi pompeux, Percy Weasley s'était levé et avait rajusté ses lunettes sur son nez. Faisant comme s'il ne connaissait pas Harry, il s'était penché sur la main tendue devant lui et avait hoché la tête.
— Madame La Présidente, ces faits sont exacts. Le témoin porte la phrase « Je ne dois pas dire de mensonges » gravée sur le dos de sa main.
Percy était retourné à sa place et avait repris sa plume officielle.
— Monsieur Potter, pourquoi avez-vous cette phrase gravée sur votre main ?
— J'avais eu le malheur de dire, tout comme le Professeur Dumbledore, que Lord Voldemort était de retour. Madame Ombrage m'a accusé d'être un menteur, tout comme beaucoup d'autres. Pourtant, je disais la vérité… comme vous le savez tous.
— En effet. Vous avez été arrêté à Poudlard peu après la rentrée, dans des conditions un peu obscures, pouvez-vous nous en parler ?
— Nous étions tous dans la Grande Salle, pour le dîner. Madame Ombrage s'est présentée avec sa Brigade pour arrêter le Professeur Rogue, pour l'infraction à la loi sur l'obligation de calice. À aucun moment, elle ne lui a posé la question, elle n'a jamais demandé s'il avait un calice ou non. À la place, elle a révélé qu'elle venait de faire abattre mon second parrain Remus Lupin et son épouse l'Auror Dora Tonks-Lupin qui de plus était enceinte. Et ceci suite à la dénonciation de Zacharias Smith, un Poufsouffle de 7ème année qui me détestait et faisait tout pour me nuire depuis plusieurs années.
— C'est exact. L'enquête que nous avons diligentée à ce moment, a révélé qu'en effet Monsieur Smith souhaitait vous faire du tort par tous les moyens.
— À la nouvelle de leurs décès, j'avoue que j'ai été bouleversé et que j'ai perdu le contrôle de ma magie, ce qui a occasionné la mort de Smith. J'ai menacé et insulté Madame Ombrage, sans baguette je le précise, et… en Fourchelang. Le Professeur Dumbledore m'a aussitôt rappelé à l'ordre et j'ai été arrêté et emmené par les Aurors jusqu'au Ministère où on m'a interrogé. Cet Auror, là-bas… désolé, je ne connais pas son nom, mais il a été très gentil.
— Greffier, notez que Monsieur Potter désigne l'Auror en Chef Gawain Robards. Poursuivez, Monsieur Potter. Que s'est-il passé au Quartier Général des Aurors ?
— Un élève Auror m'a conduit dans une cellule. Le jeune homme brun, près de la porte, là-bas.
— Le témoin désigne l'élève Auror Johnson. Greffier, vous avez noté ?
— Oui, Madame La Présidente.
— Ensuite, Monsieur Potter ?
— Je me suis couché sur le matelas de la cellule et je me suis endormi. Dans la nuit, j'ai été réveillé par l'irruption dans ma cellule de trois personnes. Une femme et deux hommes. J'ignore qui étaient les hommes, mais la femme était Dolorès Ombrage. Ensemble, ils ont jeté des Doloris sur moi, plusieurs fois. Je me suis évanoui. Lorsque j'ai repris conscience, je me trouvais dans une cellule sans fenêtre d'Azkaban, au sous-sol. J'étais très mal en point mais j'étais avec Severus Rogue. Il était attaché, nu, au centre du cachot et ne pouvait pas me venir en aide.
— Qu'avez-vous fait ?
— J'ai réussi à le libérer au bout d'un moment, avec de la magie sans baguette, et il s'est occupé de moi, de mes blessures, comme il a pu.
— Savez-vous qui vous a conduit dans cette cellule ?
— Je l'ignorais, je ne le connaissais pas. Mais Severus m'a appris que c'était McNair, le bourreau du Ministère, un Mangemort et qu'il voulait me donner en pâture à un vampire afin de venger la mort de son Maître. Il ignorait qu'il avait fait une erreur. Severus ne pouvait pas me faire de mal.
— Comment êtes-vous sorti de là, Monsieur Potter ?
— Severus m'a fait sortir. Je n'en ai pas de souvenirs. Je… je n'étais pas en très bon état. Il y avait juste une cruche d'eau dans le cachot, et un morceau de pain sec. J'avais faim, et Severus aussi. Et je ne pouvais pas le nourrir sans me mettre en danger. J'étais trop faible.
— Votre vampire n'a donc pas eu d'autre choix que d'organiser votre évasion.
— C'est vrai. Son instinct de protection l'oblige à prendre soin de moi et il a donc agit selon la loi de sa race.
— Il est vrai. Saviez-vous que vous n'étiez pas sur les registres d'Azkaban et que tout le monde vous cherchait ?
— Je l'ignorais, Madame La Présidente.
— Qu'avez-vous fait ensuite ?
— Nous nous sommes mis à l'abri et Severus a pris soin de moi. Nous ne sommes pas allés à Poudlard. Nous étions persuadés que Madame Ombrage viendrait nous y rechercher dès que nous y mettrions les pieds. On recevait la Gazette du Sorcier et le Chicaneur par hibou, on savait ce qui se passait dans le Monde Magique. Au bout d'un mois, le Professeur Dumbledore a trouvé notre cachette et il est venu nous chercher. On a appris qu'il y avait eu une rafle à Poudlard et que des élèves avaient été emmenés ainsi que le Professeur Flitwick. Quand les Aurors nous ont dit que certains de mes camarades enlevés étaient morts ainsi que le Professeur Flitwick, on a voulu agir, pour sauver tous les autres. Les gens qui avaient été enlevés dans la rue et chez eux.
— Monsieur Potter, la presse a révélé que vous aviez été enregistré et marqué comme calice ainsi que votre vampire. Est-ce vrai ?
— Oui, Madame. La loi l'imposait, alors nous sommes allés voir Monsieur Diggory et il nous a tatoués, Severus et moi. Le Professeur Dumbledore nous a accompagnés, pour le soutien moral.
— Pouvez-vous montrer à la cour, votre tatouage comme preuve, Monsieur Potter ?
— Oui, bien sûr.
Harry avait soulevé ses cheveux qui masquaient son cou, et penché la tête, afin de montrer au Greffier Percy Weasley, ainsi qu'aux membres du Magenmagot qu'il disait la vérité.
— Greffier, notez que Monsieur Potter porte bien le tatouage caractéristique des calices.
— C'est fait, Madame La Présidente, avait annoncé Percy d'une voix affectée.
— S'est-il passé quelque chose de notable lors de cette entrevue avec Amos Diggory ?
— Oui. Madame Ombrage est entrée dans la salle où nous nous trouvions et a exigé que Monsieur Diggory se dépêche. Il faisait pourtant son travail comme il faut, certains calices avaient peur du tatouage et ça rendaient leurs vampires très nerveux. Madame Ombrage n'en a pas tenu compte. Elle a exigé que Severus…me… me morde… devant tout le monde.
— Est-ce une pratique habituelle, Monsieur Potter ?
— Non Madame, avait insisté Harry en secouant violemment la tête en dénégation. Tout le monde était très choqué, même Monsieur Diggory. La morsure est un acte très intime, privé. On ne fait pas ça en public. Ça ne se fait pas. C'est comme si on demandait à un couple d'avoir une relation sexuelle devant tout le monde pour prouver qu'ils sont mariés. C'était horrible. J'ai vécu ça comme… comme une agression. Je me souviens d'avoir entendu Madame Ombrage se moquer de mon orientation sexuelle et me traiter de tapette. Monsieur Diggory nous a fait entrer ensuite dans son bureau pour que… je me remette de mes émotions. Et que Severus s'occupe de moi. Quand Monsieur Diggory est revenu, Monsieur Arthur Weasley était avec lui, il apportait du thé pour nous. C'est à ce moment là, qu'un Auror nous a appris la mort de quatre élèves de Poudlard ainsi que celle du Professeur Flitwick.
— Qui était l'Auror en question, Monsieur Potter ?
— Kingsley Shacklebolt. Il cherchait le Professeur Dumbledore pour le prévenir.
— Oui, c'est la procédure, les enfants étant sous la responsabilité de Poudlard. Comment avez-vous trouvé l'île moldue de Stroma ?
— Avec une carte magique qui montrait les endroits incartables. J'ignore son nom. Enfin… on me l'a peut-être dit, mais je ne m'en souviens pas. Nous sommes allés en repérage, juste pour voir si c'était vrai… si l'endroit était le bon. Severus a senti rapidement l'odeur des cadavres sous la neige. Nous avons trouvé une grotte dans la falaise, et nous sommes allés voir tous les deux. On s'est retrouvé à la surface, après avoir suivi une faille dans la paroi. Severus s'est rendu compte qu'il y avait une barrière magique de niveau 3 et sans faire exprès j'ai buté sur quelque chose et je suis tombé. On a vu que c'était un cadavre d'enfant à demi-nu qui était recouvert de neige.
Le public s'était agité, à cette révélation, tout comme les membres du Magenmagot. Amélia Bones avait dû utiliser son maillet afin d'obtenir le silence.
— Poursuivez, Monsieur Potter. Qu'avez-vous fait ensuite ?
— Severus a envoyé un messager au Professeur Dumbledore qui se promenait dans les ruines moldues avec Arthur Weasley. Et nous avons continué d'explorer l'endroit, les ruines des maisons moldues. Nous avons cherché des survivants et à un moment, on a trouvé une barrière magique de niveau 1 à l'entrée d'une ruine. Severus a ouvert la barrière et nous avons trouvé les survivants. Beaucoup étaient très mal en point et ne pouvaient d'ailleurs plus se lever.
— Comment avaient-ils érigé cette barrière magique ?
—Vincent Crabbe conservait la baguette de son défunt père, dans sa chaussette, en souvenir. Il avait dressé cette barrière pour les protéger des intrus. C'est aussi grâce à cette baguette qu'il tuait des lapins pour qu'ils puissent se nourrir, et conjurait de l'eau potable, ainsi que des feux magiques pour cuire les lapins. À la fin, je crois qu'il n'y avait même plus de lapins, et ils mourraient de faim. Certains avaient mangé de la neige et en étaient tombés malades. Romilda Vane m'a dit que Luna Lovegood était entrée en hibernation à cause du froid et du manque de nourriture. J'ai cru qu'elle était morte, quand on l'a trouvée sous la neige. Ça m'a fait très peur, mais Severus m'a dit qu'elle hibernait et qu'elle était en vie, parce qu'elle était à demi Sylphide.
— Vous connaissez bien cette jeune fille ?
— C'est une de mes meilleures amies, Madame La Présidente. C'est la fille de Xenophilius Lovegood, le rédacteur en chef du Chicaneur, qui est là-bas, avec les autres journalistes.
— Miss Lovegood a déjà témoigné, Monsieur Potter, nous savons qui elle est.
Harry avait hoché la tête et soupiré en regardant ses mains.
— Qu'avez-vous fait ensuite ?
— Nous avons conjuré des brancards pour emmener les survivants à l'abri dans la grotte que nous avions trouvée un peu avant. Là, Severus est allé prévenir le Professeur Dumbledore et les secours qui étaient arrivés de Sainte-Mangouste et du Ministère. Moi, je suis resté avec les gens dans la grotte, et quand les secours sont enfin arrivés, je suis rentré avec Severus. Lui, il a fait des potions toute la nuit avec Madame Pomfresh pour aider les Médicomages et moi, je suis allé dormir après que Madame Weasley m'ait donné à manger. Severus voulait que je mange et que je dorme. J'ai obéi. Il sait toujours ce qui est le mieux pour moi. Il sent mes besoins.
— Merci, Monsieur Potter, je pense que ce sera tout. Je n'ai pas d'autres questions. Vous pouvez aller rejoindre le Professeur Rogue dans le public.
Alors qu'Harry se dirigeait vers son vampire, Amélia Bones avait poursuivi sur sa lancée.
— Monsieur Potter était le dernier témoin. Nous avons maintenant fait le tour de toute l'histoire et je dois dire que les preuves sont accablantes. La liste des victimes l'est encore plus. Vous la connaissez, elle a été largement diffusée par la presse et le Ministère. Je propose que nous passions au vote. Membres du Magenmagot ! Dolorès Ombrage est-elle coupable de haute-trahison ?
La totalité du Magenmagot avait levé la main en l'air, comme un seul homme. Lorsqu'Amélia avait posé ensuite la même question pour les crimes contre les sorciers, puis ceux contre les créatures magiques, la réponse avait été la même.
— Dolorès Ombrage est reconnue coupable de tous les chefs d'accusation, sans circonstances atténuantes ! En conséquence, Dolorès Ombrage, vous êtes condamnée à passer cinq années à Azkaban, dans la section des Mangemorts gardée par les Détraqueurs. À l'issue de ces cinq années, vous serez condamnée au Baiser du Détraqueur. Aurors ! Vous pouvez emmener l'accusée. L'audience est terminée. !
Ombrage fut emmenée aussitôt. Les Détraqueurs allaient se délecter de sa présence. Ses biens furent saisis en réparation des dommages qu'elle avait créés, et son Elfe de Maison placée dans une autre famille. Les membres de sa Brigade et de sa Section de Surveillance furent tous condamnés. Ils reçurent entre un an et cinq ans de prison, selon leurs grades. Ils furent expédiés à Azkaban, dans les sections gardées par les Aurors. Le Ministère ne voulait pas dépouiller encore plus de leurs héritiers, des familles de sorciers. Le Monde Magique était bien assez exsangue comme ça.
Mondingus et Harris, qui avaient fouillé les décombres du Chaporouge après son explosion, vendaient à présent sous le manteau aux collectionneurs avides, les bottes et les capes en peau de dragon des membres de la Section de Surveillance, à prix d'or bien entendu. Après tout, selon leur propre aveu, ils avaient pris tous les risques et pouvaient bien avoir une petite récompense. Kingsley et Fol Œil, pas dupes, fermaient les yeux provisoirement.
Deux jours après son incarcération dans la section des Mangemorts, par une belle nuit de pleine lune, un vampire vêtu de noir, qui curieusement avait sur lui non seulement un beau trousseau de clés de la prison, mais aussi, un loup-garou roux avec une oreille percée de crochets de serpent, tenu au bout d'une laisse, traversa discrètement les étages sans rencontrer âme qui vive.
Il ouvrit la porte de la cellule avec une des clés, après en avoir levé momentanément les barrières magiques. Il pénétra dans la pièce glacée ouverte à tous les vents, suivi de l'animal apparemment très docile. Il jeta un coup d'œil à la grosse femme sale qui était couchée par terre et le regardait méchamment.
— VOUS !
— Moi… Je suis venu vous présenter un de mes bons amis. BILLOU ! Entre mon loup-loup… va dire bonsoir à la dame… Va !
Un rictus aux lèvres, le vampire détacha la laisse du collier du loup-garou.
— Un bon nonoss' pour le loup-loup ! À table, Billou !
Le loup-garou, parfaitement lucide grâce à la potion Tue-Loup de qualité supérieure de Severus, savait très bien ce qu'il avait à faire. Il poursuivit la femme dans toute la cellule, lui donnant des coups de griffes au passage, et montrant ses crocs ruisselants de bave et ses yeux jaunes remplis de fureur. Malgré les hurlements d'Ombrage, personne ne vint…
— Allons, Billou… ne joue pas avec la nourriture.
Aussitôt le loup-garou se jeta sur le crapaud en haillons et planta ses crocs dans tout son corps, prenant bien garde à ne pas la tuer… juste à l'infecter.
— Billou, on rentre, maintenant… C'est un bon loup-loup ça, Madame… ricana le vampire plein d'humour.
Le loup-garou retourna docilement vers Severus Rogue qui lui remit sa laisse.
— Bon séjour, Dolorès… mes amitiés aux Détraqueurs et… à la pleine lune.
Le vampire referma tranquillement la porte et replaça les barrières magiques. Il descendit les escaliers et alla donner les clés à l'Auror qui se tenait dans le bureau à l'accueil.
— Merci, fit le jeune homme en reprenant le trousseau. J'étais à l'Académie des Aurors avec Dora Tonks, c'est grâce à elle que j'ai été reçu à l'épreuve de déguisement. Et je n'ai jamais oublié son coup de main…
Sans un mot, Severus et Bill Weasley sortirent de la prison et s'approchèrent de l'eau noirâtre qui brillait dans la nuit. Bill s'assit alors et se mit à hurler sous la lune. Le cri, sinistre, s'entendit dans toute la prison. Dorénavant, ils l'entendraient à chaque pleine lune. Severus actionna le Portoloin qui était le collier de Bill et tous deux disparurent dans un tourbillon bleuâtre.
Le Ministère mit en place les suggestions de Dumbledore pour améliorer la natalité. Tous étaient conscients que la disparition de 40% de la population magique était un drame dont ils risquaient de ne jamais se remettre… Seul l'avenir le dirait. Sans surprise, Amélia Bones remporta les élections et devint Ministre de la Magie, battant largement Rufus Scrimgeour, son principal challenger.
Harry ne se réconcilia pas avec Ron et Ginny, et Hermione les laissa tomber rapidement, elle aussi lassée de leurs enfantillages. Elle fit rapidement la connaissance du jeune Auror Johnson, fraîchement diplômé, lors d'une fête donnée par Kingsley Shacklebolt pour son anniversaire. Elle succomba rapidement au charme du jeune sorcier et oublia Ron.
— Hermione s'est trouvé un p'tit copain, l'autre jour à la fête chez Kingsley, avait révélé Harry à son vampire. Tobias Johnson, il s'appelle. Il a passé son diplôme d'Auror en juin. C'est lui qui m'avait mis en cellule. Le monde est petit…
— Tobias ? Et bien… j'espère qu'elle aura plus de chance que ma mère… avait répondu la Terreur des cachots.
Drago Malefoy vendit ses biens et resta en Bulgarie dans la famille vélane de sa grand-mère. On ne le revit plus sur le Chemin de Traverse.
Le bruit court que Severus Rogue dans l'ombre de ses cachots, essaie de trouver une formule pour que les hommes puissent être enceints, ce qui arrangerait bien les gays du Monde Magique et surtout, un certain Harry Potter, qui voudrait bien goûter aux joies de la « maternité ».
Souhaitons que notre Maître des Potions favori réussisse…
FIN
