Dernier disclaimer de cette fic : malgré tout mon désir, rien n'est à moi, sauf quelques idées...

Remerciement : Arianrhod en béta de compète, les lecteurs qui sont arrivés jusqu'ici^^, mon p'tit Bob (ah Bob!! toujours utile d'avoir un vieux dico sous la main)

"Les conséquences d'un acte sont incluses dans l'acte lui-même." G. Orwell 1984

Bref, la suite, Ianto et Jack commençaient à être plutôt occupés...


Les deux hommes s'embrassaient, leurs langues se rencontraient dans un espace qui n'appartenait plus ni à l'un ni à l'autre. Leurs mains se touchaient, se saisissaient, se serraient, muettes au langage pourtant si limpide. Ianto déboutonna la chemise de Jack et respira sa peau. Le capitaine avait eu raison de lui dire de rester. Il l'aimait, il l'avait dans la peau. Cela n'était rien s'il ne pouvait pas prononcer, encore, ce je t'aime qui ne lui ressemblait pas, tant qu'il lui démontrait par des actes ce qu'il pouvait ressentir. Ianto resterait auprès de lui et se prêterait à tous ses désirs. Les mots que Jack avaient prononcés lui suffisaient, le soutenaient dans son entreprise de conserver le Capitaine à ses côtés. Il l'aimait et le peu qu'il pourrait lui donner lui réjouissait le cœur.

Jack le guida jusqu'à la trappe qui menait à sa chambre à coucher, sans le lâcher, continuant de le caresser, de le rendre fou avec son toucher si particulier. Leurs langues se répondaient avec force, elles glissaient l'une contre l'autre, aimantes, pleines d'ardeurs, inventives. Jack releva du bout du pied la trappe et sur un dernier regard pour Ianto sauta dans sa chambre. Ianto le suivit de manière plus conventionnelle, en suivant l'échelle blanche. Jack avait déjà ôté ses vêtements et fourrageait activement dans ses affaires à la recherche d'un objet quelconque. La pièce était minuscule. Un lit aux draps bien tendus par le jeune homme lui-même, côtoyait une armoire contenant l'essentiel de la garde-robe de Jack, chemises blanches, pantalons bleus en nombre conséquent, mais également d'autres pièces plus ou moins conventionnelles. Ianto adorait particulièrement un costume complet qui dormait dans le fond de l'armoire. Il irait si bien au Capitaine si celui-ci daignait changer ses habitudes et abandonnait ses bretelles et pantalons de la Seconde Guerre Mondiale. C'était toute une histoire pour lui trouver des changes, il avait dû écumer tous les magasins de surplus militaire du pays pour retrouver des chemises à son goût. Mais il avait repéré un magasin à Londres où il était sûr de trouver le bonheur du capitaine. Cela pouvait toujours être utile.

Mais en attendant, c'était un tout autre bonheur que Ianto avait à l'esprit. Il alla à la rencontre de Jack dont le postérieur se baladait sous ses yeux en une invite qu'il trouvait particulièrement aguichante. Jack avait un talent naturel pour se montrer sous son meilleur jour. Après tout, il avait été modèle, lui avait-il révélé. Des peintres avaient payés pour le voir s'alanguir sur leurs toiles et sans doute dans leurs draps.

Il savait que l'immortel conserverait toujours des histoires et des secrets dans sa mémoire. Mais il se savait capable de vivre avec cela. Ce n'était pas comme s'il lui cachait un enfant après tout. Mais même cette idée, qu'il trouvait saugrenue, ne le dérangeait pas plus que cela. Après tout, il savait que Jack avait vécu mille vies avant lui et en vivrait sans doute mille autres encore après sa disparition. Ce n'était pas cela qui allait l'empêcher de tirer la quintessence des moments de grâce qu'ils pouvaient partager. Profiter de la vie et en sucer la substantifique moelle, disaient les Français, ils n'avaient pas toujours tort, après tout.

Jack continuait à chercher dans son capharnaüm personnel, des coffres qui recelaient des années de vie entassées dans cette petite pièce étroite. Il tentait d'ignorer les mains du Gallois posée sur sa peau nue, mais il s'échauffait visiblement au grand plaisir du jeune homme. Il se retourna avec un grand cri de joie et montra à Ianto ce qu'il avait exhumé.

Il tenait dans la main une montre gousset en or avec des fioritures délicates. Il la tendit au jeune homme avec un grand sourire

- cadeau.

- en quel l'honneur ?

- en l'honneur de notre première dispute, cela correspond bien à la situation. Elle me fut offerte par un membre haut placé, pendant la Seconde Guerre Mondiale, pour services rendus.

- je n'ose pas demander la nature du service !

- oh, rien de bien méchant, un peu d'espionnage et d'action.

- Jack, tu as été espion ? ou c'est encore un de tes contes à dormir debout ?

- Je fus l'un des plus secrets des agents secrets, remontant le moral des troupes et gagnant mes galons à la sueur de mon front.

- du front, tu en es sûr ? rétorqua Ianto, narquois en le repoussant sur le lit d'un geste tendre.

Il enroula la montre autour de son poignet et en admira les circonvolutions fines. Un SWLSC, PM 1941 était gravé sur le couvercle, qu'il ouvrit d'un coup d'ongle. Ses yeux s'écarquillèrent. Jack qui le contemplait depuis son lit dans une posture de mannequin immoral, éclata de rire en voyant le rouge lui monter au front.

- lui, lui... mais...

- "Je ne vous promets rien de plus que du sang, des larmes et de la sueur." Et crois-moi, il a tenu parole.

- non !!!

- et pourtant, ce fut la vérité dans tous les sens du terme. C'est un simple remerciement que cette montre. Je veux qu'il en soit de même pour toi, car au-delà du sang, de la sueur et des larmes, il y a effectivement quelque chose entre nous, mais je ne suis pas doué pour parler, alors, merci de rester.

Ianto avait une boule dans la gorge et ce n'était pas à cause de l'image de Jack et un certain Premier Ministre. C'était à cause de ce que cela signifiait. Jack serait toujours Jack, malgré ses positions parfois arrêtées, les actes parlaient toujours pour lui. Rigoureux et frivole, dur et aimant, profond et pourtant joueur comme un enfant, complexe, souvent exigeant, parfois doux et tendre, Jack était tout cela à la fois. Ianto se doutait qu'il ne montrait que ce qu'il voulait bien montrer, en homme rompu à toutes les cabrioles de l'esprit, se cachant derrière les attitudes et les mots pour se révéler en de brèves flambées intimes. Mais il pensait qu'en lui offrant cette montre, il lui signifiait des sentiments profonds, un amour qui ne disait pas son nom. Il venait de lui dire à sa manière toujours curieuse combien il l'aimait, pour lui offrir un tel cadeau qui devait lui évoquer tant de souvenirs. Son sourire s'accentua tandis que son cœur battait la chamade.

Jack le regardait, souriant, il n'aurait jamais pensé que lui faire un cadeau lui ferait autant plaisir. Il l'aurait volontiers fait auparavant. Il aimait lui plaire et une certaine partie de son anatomie rugissait son besoin d'assouvir un plaisir jamais assoupi. Le Phénix de son désir relevait la tête et il laissa la flamme tisonner son corps tandis qu'il se laissa aller à se caresser devant son divin Gallois, espérant qu'il lui accorde à nouveau de l'attention.

La pause fut brève, Ianto le voyait parfaitement du coin de l'œil, s'asticoter lui-même, se cajolant et s'offrant sinon à sa main, du moins à son regard en un tableau vivant, attrayant, une peinture de l'onanisme à l'état pur. Il aimait quand Jack se faisait langoureux, tentateur, mais il ne lui aurait jamais avoué. C'était beaucoup plus drôle de le voir jouer, s'escrimer à lui faire plaisir.

Mais en l'occurrence, c'était à lui seul qu'il se faisait plaisir. Ianto retira sa cravate, sous le regard enflammé de Jack qui sentait le sang bouillir dans ses veines, son membre se durcir et se languir de la douceur des doigts et de la bouche de son amant. Jack le regardait prendre son temps, ôtant sa veste lentement, débouclant sa ceinture, se déchaussant. Il aimait et détestait à la fois quand il se faisait attendre alors qu'il le désirait si ouvertement. Il laissa échapper un soupir de frustration en le voyant retirer si lentement le mince lien de tissu qui sanglait toujours étroitement son cou.

Ianto ne perdait pas une miette du spectacle qu'il dévorait des yeux. Jack accéléra son rythme en voyant la langue de Ianto sortir entre ses dents, imaginant ce qu'elle pourrait lui faire. Il se mordit les lèvres pour ne pas supplier qu'il le prenne en bouche, qu'il éteigne cet incendie qui le transportait, le retournait, l'achevait.

Ianto d'un seul mouvement, accéda à ses désirs en s'abattant sur son vît ardent, dardant sa langue et lui faisant subir mille délices aussi doux que violents. Jack fut porté au bord de l'extase, le brasier dans ses veines brûlait jusqu'au cerveau. Il n'était plus lave brûlante dans son propre corps. Dans un spasme, il décolla, s'envola hors de ce monde pour un autre lieu où les secondes paraissent des heures. Ianto sourit et remonta sur le coté, le visage extatique de Jack lui était un régal dont il ne pouvait se lasser. Celui-ci rouvrit les yeux et lui sourit. Il y a des regards qui valent des années de vie. Pour un tel regard, Ianto était prêt à abréger sa vie de plusieurs siècles. Il était fou de lui et le désir qu'il éprouvait pour cet homme à ce moment-là, était à la mesure de son amour.

Jack se remit assez rapidement de ses émotions, il était homme à supporter l'affaiblissement de la chair pour mieux la voir rejaillir plus tard. Il était le plus expert des deux mais il avait été achevé par la roublardise de Ianto. Celui-ci cachait véritablement des merveilles sous ses aspects raides comme ses costumes. Jack se fit un devoir de les lui retirer un à un, non sans lui communiquer la même flamme qui l'avait consumé. Celle-ci rongeait déjà les reins du Gallois qui respirait lourdement, à présent que les mains et les lèvres de Jack se posaient sur son corps, lui faisait découvrir des merveilles qu'il oubliait dès que les doigts délicats passaient à un autre point sensible. Sa chemise rejoignait celle de Jack, son pantalon disparut aussi rapidement, il resta nu, frémissant de plaisir anticipé, de fièvre lutine, sous le regard de Jack qui s'assombrit de lubricité.

Ianto avait faim de son capitaine, ce désir hurlait dans son ventre, lui tordant les entrailles aussi violemment qu'un poignard. Il se retint de rugir sa joie lorsque la bouche de Jack se perdit sur sa peau fine, lui faisant jaillir comme des étincelles, délicieuses et ensorcelantes.

Jack jugea que son état de combativité était suffisant et le sien redevenu vaillant. Il lécha, aspira, enroula sa langue en manière vicieuse et terriblement excitante sur le corps du pauvre Ianto qui n'en pouvait plus d'agiter la tête, le priant d'aller plus vite plus fort, de le prendre enfin, d'achever l'entreprise de dévastation qu'il avait entreprit. Mais Jack pas plus que lui, n'était magnanime, il voulait lui faire payer l'attente et la défaite de tout à l'heure. Et surtout il voulait lui faire découvrir d'autres trésors.

Jack se saisit de sa cravate et promptement attacha son Gallois à un montant du lit, qui ne devait exister que pour cela. Ianto gémit, ne comprenant pas où il voulait en venir, tenta de se retourner et de présenter à Jack un lieu où il serait accueilli volontiers. Jack le repoussa sur le lit en riant et reprit son exploration, pouce après pouce, peau léchée, titillée, aspirée...

Ianto perdait la tête et murmurait dans l'oreiller qui le soutenait des litanies de mots pour l'inciter à s'arrêter, à continuer. Il ne savait plus ce qu'il voulait, ce qu'il faisait, son corps le brûlait, le tourmentait. Il le désirait si avidement qu'il s'énervait, devenait presque violent. Jack sourit. Il lui donnait une leçon de choses particulière, très passionnée, mais digne des mots qu'il avait prononcés. Ianto voulait être à lui, près de lui, mais il n'avait pas émis la possibilité de le posséder. Jack voulait lui apprendre que cela lui était possible. Et dans l'état où il se trouvait, cela lui était même tout à fait indiqué.

Jack l'embrassa violemment, dévorant sa bouche de baiser et s'accroupit au- dessus de lui. Il posa ses mains sur son torse, caressant à nouveau les mamelons durcis par la fougue amoureuse. Il le détacha, arracha le nœud de la cravate et plongea sur son membre prêt. Il s'empala de lui-même. Le plaisir qu'il ressentit eut le même écho chez Ianto car il le vit les yeux et la bouche ouvertes sur un cri silencieux, alors que les sensations déferlaient dans leur corps enfin réunis. Il commença un va et vient lent, dépassant la douleur première, la transcendant. Le plaisir déferla plus intense que jamais. Peu d'amants l'ont connu ainsi, si tendrement réceptif, si accueillant après une fièvre d'enfer. Ianto se maîtrisait, ses mains l'aidant à se soutenir au-dessus de ses hanches et de son ventre plat, mais la concentration les faisait trembler tous les deux.

Jack d'un coup se laissa tomber emporté par son élan, l'organe de l'autre vint percuter un point si densément sensible de Jack qu'il hurla son plaisir à la lune. Ianto se releva et planta ses dents dans l'épaule de Jack, le mordant sauvagement pour étouffer le cri qui montait dans sa gorge, accompagnant Jack dans la spirale ascendante du plaisir. Ils se serrèrent l'un l'autre, les mains glissant sur les corps en sueur, la peau se collant l'une à l'autre plus étroitement, se chuchotant des mots étrangers. Ils s'embrassèrent leurs langues s'initiant au langage de l'autre, continuant à discourir avec passion. Un second râle les prit par surprise, des frissons délicieux couvrirent leur corps, tandis que Ianto se relâchait en saccades en Jack pour la première fois. Il ouvrit des yeux étonnés de se découvrir dans les bras de Jack, aussi faible et aussi vidé, exténué d'amour. Jack le contempla, les yeux pleins d'étoiles plongés dans le regard adorateur du jeune homme. Son corps exulta aussi, entre eux deux et il retomba sur le jeune homme.

Ils continuèrent à se caresser lentement, comme ne voulant pas rompre cette harmonie des corps qui les berçait encore. Ianto sentait les battements de cœur de Jack se ralentirent, comme les siens. Leurs cœurs battaient à l'unisson, semblaient ne faire plus qu'un. Jack se dégagea avec douceur et se posa sur le dos. Ianto vint se blottir contre lui, avide de continuer à entendre ce cœur battant.

- je t'aime murmura-t-il, comme il s'y attendait, Jack ne répondit pas, mais il entendit son muscle cardiaque s'affoler et sa respiration se faire plus brève.

Il avait beau ne pas vouloir mettre des mots, Ianto savait qu'il l'aimait, que cet homme qu'il admirait et qu'il venait de faire jouir de plaisante manière le chérissait tendrement. Tant pis s'il n'exprimait pas plus ses sentiments, il était capable de vivre avec, tant qu'il pouvait se trouver à ses côté. Il enfouit son visage contre le torse musclé de Jack, savourant cette odeur qu'il avait toujours trouvé addictive et si exquise qu'il en éprouvait encore des frissons en la respirant. Enfin réconforté, épuisé et apaisé, il s'endormit doucement dans la langueur de l'amour qui enveloppait son esprit.

Jack resta éveillé dans la petite pièce, il serra Ianto plus fort, caressant ses cheveux encore humides de leurs ébats, il aimait le sentir contre lui si chaud, si doux, si tendre, alors que celui-ci venait de lui faire subir les derniers outrages. Il trouvait cela hautement amusant. Il lui avait laissé passer une certaine barrière de son intimité, et à part cette morsure qui pulsait douloureusement à son épaule, Ianto restait semblable à lui-même, si droit, attentif, respectueux. Il pensait que ce don de lui-même l'avait comblé, car il lui avait encore asséné ces deux mots qui lui causé à la fois douleur et plaisir. Comme si le jeune homme ne pouvait s'empêcher de mettre des mots sur leur relation. Cependant Jack savait ce qu'il éprouvait maintenant. Cette rupture et cette réconciliation lui avaient ouvert les yeux. Il pouvait vivre sans lui, mais la vie avec lui était tout de même plus intéressante et plus épanouissante.

Jack le serra dans ses bras et posa son menton sur sa tête, en une attitude de protection qui démentait son incapacité à se prononcer sur ses sentiments. Plus qu'homme de mots, Jack était un homme d'actes. Il venait de signifier à Ianto qu'il lui faisait plus confiance qu'à n'importe quel autre. Cela signifiait beaucoup pour lui, plus que trois mots qui, malgré leurs impacts, ne resteraient que des mots pour lui.

Il rabattit les couvertures sur eux, le froid de la nuit commençait à se faire sentir et il laissa ses pensées dériver au son de la respiration du jeune homme. La vie pouvait être si difficile, si révoltante qu'il imaginait s'en affranchir en utilisant des biais éculés : s'étourdir d'actions, d'émotions pour ne pas ressentir, pour ne pas réfléchir à ce qu'impliquait de vivre éternellement. Mais elles le rattraperaient toujours lui l'immortel. Il savait qu'il endurerait une nouvelle fois la perte d'un être aimé en se liant ainsi à Ianto. Mais il avait la sensation de faire le bon choix, il fallait bien continuer d'exister, même si cela était douloureux, un vrai crève-cœur.

Il vivait sans cesse sur le fil du rasoir, entre désespoir et bonheur, entre pulsion de mort et pulsion de vie. De plus maintenant qu'il ressentait de nouveau son humanité en s'impliquant davantage dans les vies de ses collèges de l'Institut, qu'ils devenaient des amis, il agissait comme s'il devait profiter de ses compagnons aussi intensément que possible. Le temps qu'il leur était imparti était si court face à sa propre existence. Il avait la responsabilité de leur bien-être, sinon de leur bonheur, tout comme celui de Ianto. Il n'avait pas envie de le faire souffrir, même s'il était conscient qu'il lui ferait du mal, un jour ou l'autre, ne serait-ce qu'en ne reconnaissant pas franchement tenir à lui.

Lui-même souffrirait lorsqu'Ianto disparaîtrait, et le pire dans tout cela, c'était qu'il savait qu'il s'en remettrait, comme il s'en était toujours remis, aussi difficile que cela paraisse. Le temps qui passe adoucit les pertes, même s'il ne les oubliait jamais. Mais le temps qu'il leur restait, il voulait en faire un moment de grâce, de bonheur qu'ils partageraient aussi longtemps qu'ils le pourraient. Il promit silencieusement de lui prouver son amour autant que possible. Les actes étaient toujours le moyen d'expression préféré de Jack. Et il s'y entendait pour agir.

Il le savait, d'autres attacheront leurs existences à la sienne. D'autres l'aimeront, le feront souffrir mais chacun resterait gravé dans sa mémoire en une bulle intemporelle. Tous ceux dont il s'était épris avaient leur place dans le cœur du Capitaine. Il n'oubliait personne, il n'occultait aucun membre, même temporaire, même éphémère de sa vie, des épisodes de sa vie parfois honteux, parfois glorieux, toujours vigoureux dans sa mémoire. Il aimait ses souvenirs qui continuaient de vivre en lui.

Chacun de ses souvenirs lui avait permis de survivre à la solitude qui accompagnait ses pas. La vie éternelle, jamais il n'en avait rêvé, et pourtant il devait s'en accommoder, cela avait une certaine utilité dans la vie qu'il menait. Cela lui avait permis de mener pas mal de missions, d'enquêtes, de découvrir des secrets, passer à travers la vie sans trop de dommages. Extérieurement.

A l'intérieur, il n'en parlait jamais mais chacune de ses morts étaient pénibles, terrifiantes, car elles menaient à un néant qu'il ne voulait pas affronter. Il devait à chaque fois revenir, ressentir le supplice de ses cellules qui recommençait à vivre. C'était une chose à laquelle on ne pense jamais quand on est immortel. Survivre à tout n'était pas franchement une sinécure, car outre la souffrance physique, il y avait la souffrance morale. Il savait qu'il devait supporter cette vie de solitude provisoirement accompagné. Mais comme il avait tenté de l'expliquer au vrai Jack Harkness pour lequel il avait eu un authentique coup de cœur, il avait choisi de vivre chaque instant comme s'il s'agissait du dernier, et en faire le plus beau moment de sa vie. A ce moment précis, l'existence vaut vraiment la peine d'être vécue et qu'importent, alors, les conséquences.

Il reposa sa tête tout contre celle de Ianto, respirant son odeur mêlée à la sienne, une odeur rassurante, tendre, à l'image de leur actuelle relation. Il ne savait pas où ils allaient, mais le voyage promettait d'être captivant. Il en avait terminé avec ce cache-cache des sentiments en s'avouant à lui-même qu'il l'aimait. Il s'endormit tout à fait, plongeant dans un monde de rêve peuplé des êtres qu'il avait aimé, comme si cette parenthèse dans sa relation avec le jeune homme, cette rupture, avait ramené à la surface toutes ses histoires achevées. Il dormit d'un sommeil agité cette nuit-là, rêvant des personnes qu'il avait abandonnées.

Plusieurs fois, il s'éveilla et sa main tendrement vérifia que le gallois se trouvait bien à ses côtés. Quoique qu'il dise, il l'aimait. Ses actes ne pouvaient mentir. Il était attaché à la cité autant qu'à l'un de ses habitants. Ses liens étaient si profonds qu'il ne pouvait se mentir. Il l'aimait, même s'il devait un jour, forcément, le perdre. C'est une des angoisses les plus profondes, un des fardeaux qui pesaient sur ses épaules. Et rien ni personne ne pourra le relever de son dos, tel le titan Atlas, soutenant le monde, il devrait supporter cette immense solitude des cœurs perdus. Alors pour mieux retarder cette fatale échéance, il se promit de profiter de la vie aux cotés de Ianto, autant que possible, malgré leurs missions incessantes et les dangers qui les accompagnaient. Leur existence était tortueuse mais elle valait le coup d'être vécue et de se battre pour elle.

FIN


cette fois, c'est vraiment la fin de cette fic, alors, merci de votre lecture et n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé.