Merci encore à tous!
À bientôt pour une autre aventure…
Chapitre 24 : Whispers have the strength of the wind.
Sam n'ouvrit pas tout de suite les yeux en se réveillant. Flottant dans un brouillard cotonneux, elle profita des caresses que la main, qui passait régulièrement dans ses cheveux, lui prodiguait. C'était Jack, bien sûr. Elle sentait son parfum ambré facilement reconnaissable. Elle prit peu à peu conscience du bras entourant sa taille et de l'autre qui, posé sous sa tête, lui servait d'oreiller. Sans vraiment réaliser, elle se coula un peu plus contre lui. En réponse, il la serra plus fort.
« Carter ? » murmura-t-il.
Elle tourna la tête vers lui, l'enfouissant dans le creux de son cou, et il cessa ses caresses. Son bras reposait maintenant sur ses épaules et sa main pendait dans le vide. Ils n'étaient pas au SGC. Il n'aurait pas agi comme ça au SGC, même s'il avait accepté de l'embrasser devant leurs coéquipiers. Elle sentit ses lèvres se poser doucement sur sa tempe.
« Tu as réussi, Carter… » chuchota-t-il.
Elle sourit et décida d'enfin ouvrir les yeux. Elle ne fit même pas attention à ce qui l'entourait. Tant que Jack était là, elle était en sécurité. Plongeant dans son regard, il sourit en retour. Lentement. De ce sourire sexy qu'elle affectionnait tant. Il y avait une lueur dans ses yeux. De la fierté… et de l'admiration.
Se sentant sur le point de fondre, elle détourna la tête. Ils étaient dans la même petite chambre qui les avait accueillis durant leur séjour en Melkor. Chez Sa'arlin. Elle supposa qu'ils n'étaient pas rentrés à la base à cause de ses blessures et des négociations que Daniel était chargé de mener. Parlant de blessure… Elle leva bien vite son bras, le tissu rêche de l'ensemble marron, que leur hôte lui avait sans doute à nouveau prêté, glissant le long de sa peau, de façon à pouvoir détailler sa chair. Elle n'avait pas pris le temps d'évaluer les dégâts dans le labyrinthe mais elle se demandait si les traces de morsures étaient vraiment aussi moches qu'elle lui avait parues.
Il n'y avait plus rien. Sa peau était aussi lisse et hâlé qu'avant. Elle fronça les sourcils, soupçonnant là un des tours de magie de la Melkorane. La main de Jack remonta le long de son épaule, caressant son bras au passage, jusqu'à capturer ses doigts.
« Les piqures ont toutes disparues… mais les traces de griffures et le coup de poignard ont laissé des cicatrices. »
Elle haussa imperceptiblement les épaules. « A ajouter à ma collection… »
« Déjà impressionnante. » plaisanta Jack.
Sam fronça les sourcils, incertaine de comment prendre sa réflexion. « Ca te dérange ? Les cicatrices ? »
Elle en avait beaucoup plus que la plupart des gens, elle le savait. Moins que lui certainement, mais il se pouvait qu'il n'aimait pas ça. Dans tous les cas, elle ne pouvait pas y faire grand-chose… Les cicatrices s'effaçaient avec le temps mais ne disparaissaient jamais vraiment.
« Non. » répondit-il rapidement. « Elles font partie de toi. Elles font de toi ce que tu es. »
Elle leva la tête, sentant son regard sur elle. Leurs yeux se croisèrent et Jack prit une grande inspiration.
« Et j'aime ce que tu es. »
De sa part, ça équivalait à un: je t'aime. Elle le savait. Elle savait qu'elle n'aurait pas mieux. Pas pour le moment. Ils avaient franchi pas mal d'étapes ces derniers jours, mais il y avait toujours cette pudeur sentimentale dans son regard. Il l'aimait, c'était clair. Pour elle, comme pour lui. Mais il n'était pas prêt à le lui dire plus franchement que ça. Il le lui montrait. Dans chaque caresse, dans chaque baiser… Et ça lui suffisait. Ca lui suffisait amplement.
Se rendant compte qu'il était nerveux, et visiblement pas sûr d'avoir dit la bonne chose, elle sourit.
« Est-ce que ça veut dire qu'on a survécu à cette affreuse semaine ? »
Soulagé qu'elle ait changé de conversation, il lui sourit en retour. « Je suppose. »
Se passant une main sur le visage pour en effacer les traces de fatigue, elle se blottit un peu plus contre lui.
« On rentre quand ? »
Il haussa les épaules. « Il est presque minuit… Demain matin, sans doute. Daniel et Teal'c sont en train d'établir les derniers points du traité. »
« Ils sont d'accord pour négocier ? »
Elle se releva à moitié, dans sa joie de l'apprendre. Ce serait fantastique s'ils pouvaient se débrouiller pour obtenir ces plantes et ces remèdes. La médecine ferait sans conteste un bond gigantesque en avant. Cependant, il lui avait semblé que les Melkorans n'étaient pas vraiment partants pour échanger quoi que ce soit.
« C'est plus facile de marchander quand on a deux Conseillers dans la poche. » répondit Jack.
Sam fronça les sourcils. « Je pensais que Tarhan avait dit que rien sur Terre ne les intéressait. »
Le Colonel s'éclaircit la gorge et se redressa lui aussi, mettant ainsi fin à leur étreinte.
« Euh… oui. C'est le cas. Mais Karlan est partant et le troisième aussi. »
Totalement perdue, elle secoua la tête. « Garkan veut faire affaire avec nous ? Tu plaisantes. »
Il grimaça. « Garkan est mort. »
Elle mit moins d'une seconde avant de faire le lien entre ce qu'il venait de dire et le bleu peu discret qui s'étendait sur sa joue. Doucement, elle en retraça les contours du bout des doigts. Il se détendit légèrement sous la caresse.
« Tu l'as tué. » déclara-t-elle sans une once d'émotion. Elle n'avait de compassion qu'envers ceux qui la méritait, or Garkan était loin d'avoir été quelqu'un de bien.
« Oui. » se contenta-t-il de répondre, sans manifester de remords trop profonds.
Ils ne l'auraient pas laissé tuer un de leur précieux Elus de Donzar sans rien faire. Elle supposait donc qu'il avait eu le dessus sur Garkan au sein d'une espèce de rituel comme celui qui l'avait opposé à Jörlin. Bien qu'elle n'ait jamais eu trop de détails quant à cette histoire là.
« Ce qui fait de toi… » hésita-t-elle.
« …leur nouveau Conseiller. » compléta-t-il.
Un peu déstabilisée, elle laissa son regard errer dans la chambre, consciente qu'il observait scrupuleusement chacun de ses gestes, guettant sa réaction. Au bout de quelques secondes, elle parvint à maîtriser cette étrange pointe d'appréhension qui avait pris naissance dans son estomac.
« C'est un boulot à temps plein. » finit-elle par lâcher.
Elle ne le regardait toujours pas, s'appliquant à la place à détailler toutes les traces que le temps avait laissées dans le bois de l'armoire.
« J'ai vu ça avec Karlan. Je peux nommer quelqu'un qui s'occupera de tout ça en mon nom. Sa'arlin est ravie de son nouveau rôle. »
Elle se tourna vers lui, un air surpris sur le visage. « Ils ont accepté qu'une femme siège au Conseil ? »
A nouveau, cette étincelle de fierté teintée d'admiration brilla dans ses yeux. « Ta victoire au Banraï a changé beaucoup de choses. Ils croient que le fait que Donzar t'ait autorisée à survivre à l'Apokolas signifie que le rôle des femmes doit évoluer. Ca prendra surement du temps, mais je pense que, d'ici quelques années, elles seront aussi libres de leurs vies que chez nous. »
Elle était contente pour Sa'arlin et pour les Melkoranes. Elle détestait le machisme primaire qui régnait ici. A l'avenir, s'ils devaient revenir en Melkor, elle se débrouillerait pour être dispensée de la mission. Il y avait des images un peu trop vives dans sa mémoire.
« Apokolas ? » demanda-t-elle distraitement. Mais son subconscient lui fournit la réponse avant que Jack ne réplique. Apo…
« La chose qui t'as laissé ces griffures, je suppose. »
Elle ferma les yeux, chassant de sa tête le grognement de la bête et l'œuvre de mort que les fourmis avaient achevé.
« C'était un loup. » dit-elle distraitement, hantée par la vision de l'homme pâle promettant de la dévorer vivante.
« Hey… » murmura-t-il doucement, et elle rouvrit les paupières, sa vision légèrement troublée par les larmes de fatigue qui lui montaient aux yeux. « Si tu veux en parler… Je suis le dernier à le faire, mais ça aide… parfois. »
Elle hésita une seconde à enterrer tout ça au plus profond d'elle-même ou bien à faire ce qu'il lui demandait. Finalement, elle croisa son regard et n'y lut qu'une tendre acceptation. Qu'elle parle ou se taise, ça ne changerait rien entre eux. Alors, lentement, difficilement, elle se mit à raconter. L'obscurité, la peur, la traque…
Quand elle eut fini, il ne la regardait plus de la même façon. Il semblait émerveillé qu'elle soit toujours vivante, surpris aussi, et presque triste. Ne comprenant pas l'origine de cette dernière émotion, elle lui en demanda la raison.
« Je n'ai plus rien à t'apprendre. »
Il lui sourit en disant ça mais c'était presque mélancolique. Elle protesta immédiatement. Il était tellement plus doué qu'elle, l'officier parfait qu'elle ne serait jamais… Il la fit taire d'un baiser. Langoureux et pourtant violent de désir contenu. Il continua à l'embrasser encore et encore, jusqu'à ce qu'elle ne sache plus où commençait et où finissait chaque baiser. Finalement, il détacha sa bouche de la sienne, et appuya son front contre le sien, à bout de souffle.
« Tu n'as besoin de personne pour te protéger, Carter. Je le sais. Mais si tu veux bien… J'aimerai le faire quand même. »
Sans lui laisser le temps de répondre, il reprit ses lèvres et avant qu'elle ait compris, elle était allongée, le poids nouvellement familier de Jack pesant sur elle. Il délaissa ses lèvres pour retracer sa mâchoire de petits baisers.
« Tu le fais déjà… » souffla-t-elle. « Tu l'as toujours fait… »
Et elle ferma les yeux tandis qu'il lui prouvait, par ses baisers brûlants, qu'il le ferait toujours…
FIN
