l'attente à un poids. Un poids étrange. Un poids qui use, qui fait vieillir plus vite, sans s'en rendre compte.

Il peut se compter en gâteaux au chocolat ratés ou réussis, en heures passées devant un ordinateur ou une console, en cigarettes, poussière amoncelée, en rêves érotiques débiles, ce poids.

C'est le poids d'une vie.

C'est comme ce pavé de texte, lourd à digérer.

***

Je pense et je panse ces déceptions et ces blessures d'enfants.

J'enroule mes mots et mes pensées comme une chrysalide autour de moi. Comme un linceul.

Je crois que j'ai trouvé pourquoi.

Pourquoi je panse l'enfant que j'ai été.

En vérité je le sais depuis le début.

Il m'a fallu dire tout cela pour en avoir conscience. Comme souvent.

Parce que quelque part, c'est moi même que j'attends.

C'est parce que l'enfant à été blessé à mort.

Alors je l'ai pansé. ça a nécessité du temps.

Je ne pardonnerai pas à mello d'avoir tué l'enfant qui est en moi. Car il souffre, à l'intérieur de sa chrysalide. Chaque pas de plus vers sa rémission est un pas douloureux, plein de doutes, de peurs, de non dits et de souffrances.

Mais ça ira. je serai courageux. Parce que maintenant, avec toute cette souffrance de momie, je suis devenu un adulte.

Je ne cherche même pas à imaginer quel sera le futur, comment il reviendra s'il revient, je n'ose pas l'espoir. Je suis tout dans l'instant présent. J'attends. Je m'attends.

Le retour de Mello, je le pressens, ne me laissera pas devenir papillon.

***

Non, moi, je suis de ceux qui restent des cadavres, sur le bord de la route. De ceux qui continuent à attendre pour l'éternité. Je suis de la race d'Argos.

***


Pourquoi je porte un tel poid sur mes épaules ?

pourquoi, je t'aide encore a traîner tes chaines ?

On se demande pourquoi je porte un tel poid sur mes épaules ...

et pourquoi je le souhaite ....

Un jour, on verra,

que la prochaine fois, je trouverai un autre chemin ...

Pourquoi tu cherches à me confondre avec ces soldats,

alors que tu sais bien que les ordres n'ont jamais été mon truc,

alors que tu sais bien que mon cœur est dans un beau bordel,

alors que tu sais bien que c'est parce que tu en remplis chaque recoin.

Un jour, tu verras, je finirai par en crever

oh, la prochaine fois je trouverai un autre chemin !

Combien de temps encore assis à attendre comme un soldat ?

combien d'étés ça prendra ?

combien d'été à attendre ?

combien d'épaules, briserai je ?

Pourquoi je porte un tel poids sur mes épaules ?

pourquoi je suis encore à tes côtés quand ça merde ?

pourquoi je t'aide à reconstruire un putain de foyer ?

pourquoi je me casse le cul pour toi dans le froid ?

Parce qu'un jour tu verras ...

que la prochaine fois, je trouverai un autre chemin !

Qu'est ce que je devrai abandonner si le temps passe et que je vieillis ?

pourquoi est ce qu'on se demande si je ne suis jamais épuisé ?

comment dire que je ne pourrai jamais partir sur cet autre chemin ?

mais, hé, je t'aime, et qui pourra comprendre ...

et un jour tu verras, je finirai par en crever

oh, la prochaine fois je trouverai un autre chemin !

Combien de temps encore assis à attendre comme un soldat ?

combien d'étés ça prendra ?

combien d'été à attendre ?

combien d'épaules, briserai je ?

Pourquoi je porte un tel poids sur mes épaules ?

pourquoi, je t'aide encore a traîner tes chaines ?

On se demande pourquoi je porte un tel poids sur mes épaules ...

et pourquoi je le souhaite ....

et un jour tu verras, je finirai par en crever

ho, la prochaine fois je trouverai un autre chemin !

Combien de temps encore assis à attendre comme un soldat ?

combien d'étés ça prendra ?

combien d'été à attendre ?

combien d'épaules, briserai je ?

***


J'up la fin de cet OS avec ma propre traduction the On my Shoulders … cela faisait des mois que je devais le faire, en remettant toujours à plus loin... ha oui. Et avec cette dernière phrase. Quand j'ai mis un point final à ce texte, il y a à peu près 6 mois, je savais qu'il ne l'était pas. Qu'il manquait quelque chose. Mais je n'arrivais pas à trouver quoi. Quand ça m'est venu à l'esprit, ça m'a semblé une évidence. Ça l'est. C'est con. Je ne sais pas pourquoi il a fallu tout ce temps pour que j'arrive à exprimer quelque chose d'aussi simple, et d'aussi évident, mais maintenant cet OS est bel est bien terminé. Et avec le titre s'il vous plait. J'ai eu tellement de commentaires positifs dessus, alors qu'il doit être pour le moins nargant et horripilant, pour le lecteur, que je nage dans le bonheur pur, en y pensant. Merci à chacun d'entre vous.