Bonjour !

Je sais que ça fait extrêmement longtemps et je n'ai pas vraiment d'excuses pour ça,je vais essayer de ne plus abandonner mes fics comme ça ^^

Ce chapitre est un gros patchwork de scènes que j'avais écrite parfois il y a des années dans le cadre d'une fic qui s'appellait Trop gentille pour toi Potter (première version, qui contenait des morceaux de We were friends, trop gentille pour toi et Wonderwall sans que j'ai encore inventé les Madusiècles, pour situer les connaisseurs) J'ai tout relu attentivement et je ne pense pas qu'il reste des contre-sens dans la chronologie et les actions mais si c'est le cas, n'hésitez pas à me le faire remarquer ! (D'ailleurs, certains m'avaient dit que quelque chose clochait dans le chapitre où les parents de James meurent entre l'histoire des Aurors et celle de Remus, j'en profite donc pour dire que j'ai corrigé ce détail)

Ca date d'il y a longtemps et je suppose qu'une fois encore je ne l'avais pas fait donc : Merci à Tous pour vos reviews si je n'ai pas fait de Rar tapez-moi sur les doigts ^^

J'espère que ce premier chapitre en annonce plein d'autres pour cet été et que vous l'apprécierez!

Bonne Lecture !


Wonderwall

Rappel :

Pendant l'été, les parents de James sont morts et en plus, il découvre que le père et le frère de Lily sont décédé l'année précédente sans qu'elle le mette au courant. Ils se disputent violemment, d'autant plus que Lily avait décidé de partir faire sa septième année à Phoenix malgré les rêves l'avertissant qu'un malheur se produirait si elle partait loin de James. Pendant un petit séjour en France, Lily découvre qu'elle est malade chaque fois que James couche avec une autre fille.

A la rentrée, Lily sort avec Andrew Michigan qui, elle le découvre bien vite, n'est pas qui il semblait être dans ses lettres cet été mais elle ne rompt pas avec lui car ça lui donne une bonne raison de ne pas se poser de questions sur sa relation parfois ambigüe avec James. De plus, elle veut voir si Katinka, une ex de james lui en voulant particulièrementd 'être amie avec les Maraudeurs, arrivera à lui piquer Andrew.

Une nouvelle matière (Module Société) est enseigné à Poudlard par le professeur très névrosé Crapcat qui travauille pour Voldemort sous la contrainte.

Une nouvelle élève, Chelsea Orwell, arrive à Poudlard après avoir voyagé dans des écoles de magie du monde entier. Elle s'intègre à tous les groupes avec une facilité déconcertante - y compris les Serpentard avec qui elle "plane" grace à quelques sortilèges noirs. Dans le voyage du Poudlard Express, elle a embrassé Sirius (qui était obsédé par le cinéma) puis accepte une sortie ) Pré-Au-Lard avec lui mais il l'abandonne pour poursuivre Levina Gibbon (professeur de DCFM de 5e qui avait eu une "aventure" avec lui). Il revient des heures plus tard en ayant prétendu avoir fait une bonne action.

James et Lily font des rêves étranges dans lesquels ils discutent avec Harry, James découvre qu'il est capable de réciter par coeur un passage d'un livre que Lily a seulement parcouru et, en discutant avec Chelsea sur des théories mythiques, ils découvrent qu'ils sont les madusiècles, les rêves stoppent. Dumbledore ne leur donne aucune information autre qu'ils doivent ""faire un choix par eux-même"", James et Lily trouvent un grimoire qui leur semble destiné mais écrit dans un ensemble de symboles appartenant à une multitude de langues différentes qu'ils sont incapables de déchiffrer.

(Et petit rappel de Trop gentille pour toi, Potter! pour le premier paragraphe : A poudlard, Levina Gibbon était à Serpentard, s'appelait Lea-Maria Silvermann et était la meilleure amie de Bellatrix Black. Elle est tombée enceinte à 16 ans d'un Gryffonfor - Mortimer 'Mort' Dubois - qui l'a abandonné après qu'elle soit partie de Poudlard malgré ses promesses. Lea a donc abandonné sa fille à sa mère et s'est fait la malle)

Chapitre 7

Things Will Go My Way

« Comment cela s'est-il passé ? » Demanda l'homme en reposant sa tasse de thé sur la table. Il avait 22 ans, des cheveux d'un noir de jais retombant doucement autour d'un visage aux traits fins et fiers. Son sourire était doux cependant, n'ayant rien de la confiance légendaire en lui l'ayant accompagné lors de son adolescence.

A l'époque, il n'avait pas de doutes. Il pouvait flirter avec elle et prétendre que cela ne signifiait rien. Il pouvait lui dire l'aimer et croire que tout irait bien. Il pouvait avoir confiance en eux, dans le futur, en leur vie.

Aujourd'hui… il en était réduit à la rencontrer selon un horaire convenu, découvrant avec réticence et envie, avec colère et amertume, une vie qu'on lui avait volée. Il ne pouvait que prendre le thé avec elle, avoir une conversation polie avec elle et espérer que son comportement poli aiderait à dissiper la douleur qu'il lisait dans ses yeux chaque fois que leurs regards se croisaient.

Six ans. Elle était la femme de sa vie, il n'en avait jamais douté. Même après tout ce qui était arrivé, après les insultes, les coups tordus, même après cet acte infâme qu'il l'avait crue capable de faire, il n'avait jamais cessé d'avoir mal en pensant à elle. Mal en devinant la vie dont elle les avait privés. Mal de toujours l'aimer.

Et il découvrait, tout ça à cause d'un adolescent un peu trop impliqué et aux humeurs vives, que ce n'était qu'un mensonge. Un de plus, un qui ne venait ni d'elle, ni de lui mais qui avait réduit leurs vies à néant et les avait détruits, tous les deux.

« Expéditif » Dit-elle en gardant ses yeux braqués sur ses mains, concentrée visiblement à ne pas les laisser trembler. Que ressentait-elle, elle ? Etait-elle dévorée du désir comme il l'était ? Rêvait-elle la nuit à la famille qu'ils auraient pu former, à la famille qu'ils pourraient peut-être tenter de devenir ? Le détestait-elle d'avoir été si naïf, d'avoir eu si peu confiance en elle ? « Comment… qu'ont dit… »

« C'est arrangé » Assura-t-il sans l'obliger à prononcer les mots. « Nos parents n'ont définitivement plus leur mot à dire dans nos vies »

Elle renifla, dédaigneuse, et il sourit. Quelque chose recommençait à prendre vie en elle, l'abnégation de sa personnalité profonde s'effritait chaque un peu plus lorsqu'il la voyait. Comme s'il faisait renaître son ancienne personnalité de ses cendres de par sa présence.

« J'ai déjà entendu ça quelque part » Persiffla-t-elle en se levant brusquement, la tasse qu'elle tenait entre ses mains se renversant sur la table. Elle sortit sa baguette et nettoya sans même y penser, sans même le voir se figer d'horreur.

Il se souvenait également. La dernière fois qu'il lui avait dit ces mots, il l'avait demandée en mariage. Ils avaient seize ans et elle portait leur enfant.

« Léa » Souffla-t-il en se levant à son tour. Il vint se poser devant elle, les mains contre ses épaules, cherchant à capter son regard. « Je te jure que si j'avais eu la moindre idée… Dis-moi seulement que tu me crois. Que tu sais que si je n'avais pas crû… »

Son menton tremblait. De rage peut-être, de douleur. Il ne l'avait vue pleurer qu'une fois de toute sa vie. Le jour où elle était entrée en douce dans la tour Gryffondor, puis dans son dortoir, pour lui annoncer que leurs vies allaient changer du tout au tout.

« Peut-être » Soupira-t-elle après un moment, sans bouger pour autant, sans le regarder. « Peut-être pas, Mortimer. »

Il sentit la colère se répandre en lui et le feu de la rancœur le consommer. Ses mains se firent plus dures contre ses bras et il la vit grimacer. Mais il s'en fichait bien, qu'elle ait mal. Il avait mal, lui aussi. Chaque fois que ses yeux se posaient sur elle, sur le gâchis que le mensonge sensé le protéger avait engendré… sur Noémy.

« Tu n'es pas non plus blanche de toute erreur ! »

« Je n'ai jamais prétendu l'être ! »

« Est-il plus inconcevable que j'ai crû que tu avais » Il s'interrompit, respira. Ses mains lâchèrent la jeune femme qui releva un regard furibond vers lui et recula d'un pas, rendue mal-à-l'aise par leur proximité.

« Pris la vie à un bébé innocent ? » Dit-elle à sa place, le dégoût perceptible dans sa voix « Après tout, je n'étais que la méchante Serpentarde sans âme, non ? »

Il serra la mâchoire, s'empêchant de se montrer inutilement vindicatif. Leurs relations étaient bien trop bancales pour qu'il se permette de laisser ses mots dépasser ses pensées.

« J'ai trouvé les papiers de Black dans ton sac ! » Cria-t-il soudain, ne pouvant retenir l'information plus longtemps. « Ne me dis pas que tu n'as jamais envisagé sérieusement d'avorter, tu as demandé à ta meilleure amie de t'aider à prendre tes dispositions. Si je ne t'avais pas convaincue de le garder, tu… Et tu ne m'as pas envoyé une lettre après avoir quitté Poudlard, pendant deux mois ! Que devais-je penser quand ta copine m'a demandé d'arrêter de te harceler, qu'il n'y avait plus et n'aurait plus jamais d'enfant ? Hein ? »

Elle prit à nouveau un pas de recul, ses yeux légèrement écarquillés sous le coup de la surprise, tout comme la semaine précédente quand Sirius avait sonné à sa porte, le poing en sang, un homme d'affaire à l'œil poché à côté de lui. A bien des égards, la situation était semblable. Quand l'adolescent avait déclaré « Je suis désolé, je n'ai pas pu me retenir quand je l'ai entendu dire son nom à la poste. Mais il prétend que vous n'avez pas gardé le bébé alors je me suis dit que vous devriez discuter tous les deux… », elle avait de suite compris.

Elle avait eu envie de tuer Sirius Black sur place pour se mêler de sa vie ainsi et de lui ériger une statue simultanément. Tellement longtemps qu'elle rêvait de revoir Mortimer Dubois et d'exiger de lui des explications, de comprendre pourquoi il l'avait abandonnée comme ça après toutes ses promesses. Les mots de Sirius avaient mis une minute à atteindre son cerveau et aussi brusquement que maintenant, elle avait compris la machination. C'était encore pire que ce qu'elle avait imaginé la semaine précédente.

Leurs parents n'étaient pas les seuls. Bellatrix y avait joué, sans aucun doute. Peut-être même avait-elle été celle à glisser l'idée à sa mère. Elle avait toujours été si opposée à l'existence de Noémy, la détestant avant même sa naissance. Elle n'avait sûrement pas dû pousser sa mère beaucoup. Le plan était excellent et avait marché six ans durant.

Faire croire à Mortimer qu'elle avait avorté pour qu'il ne veuille plus jamais entendre parler d'elle. Lui faire croire que Mortimer avait repris ses mots – bien trop beaux pour être vrais – et avait compris que son avantage se trouvait dans ses études et son avenir sans elle, eux. Sans doute sa mère et Bella avaient-elles pariées que jamais Léa ne voudrait s'occuper du bébé, à raison.

Personne n'avait prévu cependant qu'elle se soit attachée à l'enfant, qu'elle ait compris son incapacité à lui offrir une bonne vie. Tous pensaient qu'elle s'était enfuie de l'hôpital, sitôt la petite hors d'elle, pour panser son cœur meurtri des blessures infligées par Mort, sans un regard en arrière sur Noémy. Qu'ils étaient loin du compte, songea Levina en se rappelant le sentiment d'amour intense et envahissant qui l'avait ébranlée jusqu'au plus profond de sa chair, tout juste suivi de l'horrible vérité sur son incapacité à être une bonne maman.

Partir avait été la meilleure chose à faire pour préserver la petite à l'époque. Le seul moyen de la protéger. Sa mère aurait exigé d'elle qu'elle donne l'enfant, c'était le plan. Dégager Mortimer, faire adopter la petite, la renvoyer à Poudlard avec un an de retard. C'était ce qu'elles avaient prévu, non ? Personne n'avait songé qu'apeurée par l'amour intense qu'elle ressentait, Léa prendrait la fuite. Personne n'avait pensé que blessée par l'abandon de sa propre fille, Andrea Silvermann reporterait son amour sur sa petite fille.

Léa avait fui aussi loin qu'elle avait pu la responsabilité dont elle ne pouvait que mal s'acquitter. Elle avait cherché à oublier la douleur horrible d'être séparée de la petite. Etait revenue des années plus tard, l'avait vue heureuse avec ses grands-parents et compris que son intérêt était le bonheur de l'enfant, l'avait laissée là où elle était, reprenant ses études, obtenant un poste à Poudlard. Puis Sirius Black lui avait balancé cette toute petite phrase au visage « aucun enfant ne mérite de grandir sans sa mère même si certains s'en seraient bien passés » et elle avait senti toutes ses certitudes voler en éclats.

Parce que même si le garçon devait avoir une mère horrible, quelque chose de tendre subsistait dans sa voix à son égard. Ce quelque chose qu'il était intolérable que Noémy n'ait jamais à son encontre. Tant pis si elle était une mère médiocre, tant pis si Noémy ne profitait pas d'une enfance facile comme l'avait été la sienne, tant pis si la reprendre relevait plus de l'acte égoïste que de l'instinct maternel. Elle était sa mère, c'était son devoir de dispenser cet amour qui grondait en elle plutôt que de le museler et d'en être effrayée.

« Léa » La rappela Mort, inquiété de la voir si perdue dans ses pensées. « Tu veux bien parler, s'il te plaît ? »

C'était aussi Sirius Black qui avait ramené le seul homme qu'elle n'ait jamais aimé devant sa porte. C'était lui qui avait rendu un père à sa fille, faisant éclater la vérité. Pourrait-elle jamais cesser de se sentir redevable envers lui ?

« Bellatrix a essayé de me vendre la même chose » Prononça la jeune femme en posant doucement les yeux sur Mortimer. « Mais je n'ai jamais voulu interrompre ma grossesse. La faire adopter, l'abandonner certainement. Je le reconnais. Pas la tuer. »

« C'était délibéré ? » S'exclama-t-il d'un ton étranglé « Tu veux dire que ça faisait partie de la machination… » Il s'interrompit, le souffle court. « Mais pourquoi ta mère… Enfin, Léa, elle pensait que j'étais la seule chose positive dans ta vie ! »

Oui, c'était vrai. Une Silvermann à Serpentard. Ah, ses parents en seraient morts s'ils avaient été plus vieux. C'était une telle honte, un tel déshonneur. Pire, devenir la meilleure amie de Bellatrix Black la cruelle. Elle se souvenait seulement la lueur de peur qui animait les yeux de son père quand il les voyait traîner ensemble pendant les vacances. Le soulagement intense de sa mère quand Léa avait annoncé qu'elle sortait avec Mortimer Dubois, un Gryffondor. A quels points ses parents étaient fous de Mort, et détestaient Bella.

Est-ce qu'elle n'avait rien compris en fait ? Est-ce que sa mère n'avait rien fait de mal, s'était faite manipulée elle aussi ? Est-ce que ce n'était que… Bella la détestait-elle à ce point pour ruiner sa vie de cette manière ? Une voix s'éleva au fond de l'esprit de Léa. Bien sûr. C'était le contraire.

Bellatrix l'aimait. Pas d'une bonne manière, jamais elle pourrait aimer correctement quelqu'un. Elle ne voulait pas le meilleur pour son amie, juste que rien ne change. Se débarrasser de Mortimer – parce que lui seul avait le moyen de faire ressortir le meilleur de Léa au grand jour. C'était ce que Bella s'était évertuée à faire depuis le premier jour de leur amitié, non ? La transformer en une personne aussi cruelle et sadique qu'elle-même, faire en sorte qu'elle devienne le duo inséparable et glacé qu'elles avaient été des années… avant que Mort ne change tout.

« Bellatrix » Murmura-t-elle d'un ton désormais rempli de haine. Comment avait-elle pu ? « Après que tu ne m'aies plus écrit, c'est Bella qui m'a dit que tu avais… J'avais confiance en elle » Cracha Léa, comprenant toute son erreur. L'erreur de sa vie. Avoir fait confiance à Bella.

« Bellatrix » Répéta-t-il avec la même hargne. « Elle seule, n'est-ce pas ? »

Elle acquiesça. Cela avait désormais du sens. Beaucoup plus. Sa mère n'était pas le monstre qu'elle avait toujours vu elle, c'était une personne qui l'aimait sincèrement, s'inquiétant juste un peu trop pour elle.

« Pourras-tu jamais me pardonner de t'avoir crû capable de nous abandonner sans un mot ? » Chuchota-t-elle, la gorge dans un étau. Elle avait eu tellement mal lors de sa défection, c'était enlisée dans la dépression plutôt que chercher à le contacter pour comprendre. Parce que c'était sensé. Parce que depuis six ans, elle vivait entourée de gens pour qui le terme loyauté n'avait de sens. Elle avait oublié qu'il était différent.

Et lui, il avait dû être en rage contre elle. Et se souvenir de ses doutes aux débuts de sa grossesse, et s'il avait vraiment trouvé des papiers parlant de dispositions pour se débarrasser de l'enfant trop encombrant… Bien sûr qu'il l'avait crue capable de le faire. Aussi proches étaient-ils, il n'oubliait jamais qu'elle était une Serpentard et que sa vision du monde était bien moins compassionnelle que pour lui. Il n'était même pas étonnant qu'il ait été trop dégoûté pour lui écrire.

Il aurait suffit que l'un d'eux demande des explications. Il aurait suffit que l'un deux oublie les doutes que leurs différences faisaient naitre et ait confiance en l'autre.

Mais aucun d'eux n'était responsable, au demeurant. Et il ne restait plus qu'à réparer ce qui était réparable et faire le deuil de ce qui ne l'était pas.

« Je n'ai pas été signer les papiers au ministère juste pour tu puisses récupérer la garde exclusive de Noémy, Léa » reprit-il après un moment, ne répondant pas à sa question. Oui, certes son cadre de vie n'était pas assez stable pour qu'on lui accorde la garde sans surveillance de sa mère avant. Maintenant qu'il avait été déclaré qu'il verserait une pension alimentaire, les choses étaient différentes.

Leurs parents n'avaient plus leur mot à dire dans leurs vies. Et cette phrase n'avait plus de sens maintenant qu'elle avait compris qu'ils n'avaient jamais cherché que son bonheur.

« Mais je ne veux pas que tu aies la garde exclusive » Continua-t-il, ignorant la détresse qu'il vit poindre dans ses yeux. « Je suis son père. Je ne raterai plus rien. »

Un sourire léger se dessina sur ses traits et elle acquiesça. Ils ne récupéreraient jamais les années qu'on leur avait volées mais ils se voyaient offrir une seconde chance.

Etrange, cependant, que les Black régissent ainsi sa vie.


« Potter ! »

Lily ne sursauta même plus en entendant le professeur Tairdelbach s'égosiller sur son ami. Certes, James ne tenait pas en place et parlait telle une pipelette, n'ayant pourtant strictement rien à dire, mais le professeur de défense n'avait pas besoin d'une raison pour s'en prendre à lui. L'esprit de James fonctionnait d'une manière si exceptionnelle… Toute personne se retrouvant dans la place du souffre-douleur d'un professeur ne chercherait-elle pas à faire profil bas plutôt que devenir encore plus exaspérant comme il le faisait ?

Peut-être était-il inconcevable au maraudeur d'être puni pour quelque chose qu'il n'avait pas fait et, étant donné que Tairdelbach le punissait quand même toujours, il préférait lui donner de bonnes raisons de le faire. C'était tordu. C'était James.

Poussant l'arrogance à son paroxysme, James releva les yeux vers l'enseignant et le darda d'un regard provocateur. « Où et quand ? » Demanda-t-il en affichant une expression moqueuse à peine dissimulée. A côté d'elle, Lily entendit Shaïni pouffer. Elle se rappelait pourquoi elle ne s'asseyait presque jamais avec les autres filles en cours. Les Maraudeurs, bien évidemment, n'en laissait aucune de marbre.

Tairdelbach haussa un sourcil, son visage s'empourprant. On pouvait presque voir la colère monter en lui alors que James le fixait sous sourciller. C'était presque amusant la manière dont ses sentiments de haine à l'encontre du garçon étaient visibles. « Pardon ? »

« Quoi ? » Se défendit le Maraudeur, toujours amusé. « Vous n'alliez pas me mettre une retenue ? »

« J'adore quand il se la joue mauvais garçon » Soupira Shaïni et Lily leva les yeux au ciel. Elle n'aimait pas, elle, qu'il agisse comme si cela ne l'inquiétait pas de savoir ce qu'il se tramait dans la tête de Dwight Tairdelbach. Il avait fouillé ses souvenirs, ne s'était pas rappelé une seule fois d'avoir entendu ce nom par le passé et avait prétendu ne plus s'en soucier. Menteur.

Comment pourrait-il, d'ailleurs, arrêter de s'interroger sur les raisons qu'avait un parfait inconnu de lui avoir déclaré une guerre ouverte dès la première minute de cours ? Dommage pour Tairdelbach qu'il soit tombé sur quelqu'un d'aussi déterminé et buté que James. Si c'était sa manière d'asseoir son autorité de maltraiter un étudiant pour faire peur aux autres, il avait vraiment mal choisi sa cible. Dommage pour James qu'il soit tombé sur un adversaire à sa taille en la personne du professeur de défense contre les forces du mal.

Cette escalade allait-elle finir un jour par révéler les raisons originelles du conflit ?

Lily observa le visage du professeur passer par l'incrédulité et la stupeur. Puis quelque chose d'autre se dessina, l'ombre, à peine visible, d'un sourire attendri. Qu'est-ce que… Pourquoi l'homme souriait-il face à l'impétuosité de James ? Peut-être qu'il n'y avait pas de réelle et bonne raison en fin de compte, peut-être qu'il s'était pris un coup sur la tête lors d'une bataille et avait perdu l'esprit.

Plissant les yeux, cherchant visiblement à tuer James sur place d'un seul regard acéré – d'ailleurs celui-ci déglutit discrètement- Tairdelbach leva le doigt en direction de la sortie. « Nous nous passerons de votre présence en cours, monsieur Potter » Articula-t-il nettement, trop calmement peut-être.

James leva les yeux au ciel et ramassa ses affaires. Lily n'avait jamais vu quelqu'un se faire éjecter de la classe avec autant de dignité. C'était comme s'il faisait une fleur au prof en acceptant de se plier à son ordre, comme s'il était le seul à avoir décidé de sortir du cours. Impressionnant.

Un coup de coude l'arracha à sa contemplation. Andrew. Les yeux noirs d'encre à cause de la jalousie, les jointures blanches à cause de la colère. Lily pinça les lèvres. Il fallait qu'elle le quitte… Ses yeux se posèrent sur James à nouveau, leurs regards se croisèrent et elle sentit une petite boule se tordre dans son ventre. Elle baissa les yeux, le courage déguerpissant de son être à une vitesse ahurissante. Plus tard.

Le cours reprit, à peine ponctué du bruit des plumes grattant sur les parchemins. Personne ne parlait… presque du moins. Derrière elle, elle entendait distinctement Chelsea discourir avec Cornic McPhee sur les avantages et les inconvénients des dortoirs bivouac dans le désert de Molepolole, l'école de sorcellerie namibienne. Deux bancs derrière, Sirius la fixait durement, comme personnellement trahi qu'elle traine avec des Serpentards.

Il était étrange à quel point l'américaine semblait bien s'entendre avec les Vert et Argent. Comme si ceux-ci avaient réellement réussi à passer par-dessus leur dégoût des Gryffondors pour inclure Chelsea dans un petit cercle restreint, comme si eux tous – les McPhee, Yaxley et Damen- partageaient un secret qui les liait ensemble. Elle n'était pas sûre de vouloir savoir en quoi Chelsea était reliée aux secrets des Serpentards. Même si elle n'avait pas l'ostracisme de James et Sirius, cela ne signifiait pas qu'elle appréciait les gens de la maison ennemie à la sienne. Elle en avait trop vu pour clamer à l'injustice.

Et les quelques fois qu'elle avait vu Chelsea revenir de ses petits rendez-vous avec les Serpentards l'inquiétait franchement. Elle avait toujours les yeux cernés de rouge comme si elle avait passé des heures à pleurer mais simultanément, elle était souriante, comme ressourcée. Lily se doutait qu'il se tramait quelque chose de louche mais elle ne savait pas comment aborder le sujet avec la jeune fille. En fait, elle ne savait même pas si cela la regardait ou pas. Si Chelsea Orwell était la fille dont elle était la plus proche à l'école, cela ne signifiait pas pour autant qu'elle était l'amie de Lily- pas au point de vouloir que la jeune fille se mêle de ses affaires tout du moins.

Mais depuis quand Lily attendait-elle une autorisation pour se mêler de ce qui ne la regardait pas ? C'est ainsi qu'au repas de midi, elle s'assit à côté de la brune, bien décidée à lui tirer les vers du nez. Et cela lui donnait une bonne raison d'ignorer Andrew Michigan, qui était assis à la table des Serdaigles et mangeait en compagnie de Katinka Tarakova. Lily devait rompre avec lui de manière urgente, avant qu'il ne la trompe. Elle n'en pouvait plus d'être entouré d'infidélité et d'hypocrisie.

« Chelsea, je peux te parler d'un truc ? » Demanda Lily en regardant avec surprise son amie se servir une assiette des plus copieuses. Elle n'était pas habituée à voir une fille manger plus que Sirius.

« Bien sûr » Assura la jeune fille en commençant à manger « Mais si c'est à propos de Sirius, t'inquiète pas, j'ai décidé d'arrêter de le bouder. Sa tête quand je me suis assise avec les Serpentards m'a convaincu que je l'avais assez puni »

« En fait » Exposa Lily en sentant quelqu'un s'asseoir à ses côtés « c'est des Serpentards que je voulais te parler »

« Ne le fais pas » La coupa-t-elle immédiatement en enfournant une énorme fourchette de viande dégoulinante de sauve en bouche. Elle mâchouilla à peine et déglutit. « On passe juste du temps ensemble, rien de plus »

« Ca a l'air d'être plus » Insista Lily.

Chelsea releva les yeux sur elle, indécise, comme si elle cherchait à savoir si Lily était digne de confiance puis elle secoua la tête. « Oublie ça, Lil. » Elle termina son assiette en quelques bouchées « Je dois y aller »

« Vous avez remarqué qu'elle a tout le temps des rendez-vous à gauche et à droite ? » Demanda alors Sirius qui était venu s'installer à la gauche de Lily. « A croire qu'elle cache vraiment quelque chose »

Lily en était de plus en plus persuadée elle aussi. Chelsea semblait toujours sourire excessivement, comme si la vie était un gros cadeau dont elle voulait profiter à fond mais pourtant, la rousse était sûre d'avoir surpris un regard très sombre et mélancolique sur son visage à plusieurs reprises, ainsi que des pleurs filtrer derrière ses baldaquins. Elle n'avait rien dit mais elle se doutait que cette histoire de tour du monde à travers les écoles sorcières cachait quelque chose. Elle-même avait eu énormément de chance d'être sélectionnée pour aller à Phoenix, les transferts étant tellement rares alors changer six fois d'école…

Bonjour à tous et bon appétit.

Soudain, la voix de Chelsea résonna à travers toute la Grande Salle. Les élèves relevèrent la tête, interloqués, et stupidement regardèrent le plafond magique d'où la voix semblait provenir.

Afin de mettre un peu de gaieté dans ces temps sombres, le professeur Dumbledore et moi-même avons pensé qu'il serait bon de se détendre un peu en musique

Lily croisa les doigts et se mit à prier le premier saint qui passerait pas là : pas un bal, pas un bal, pas un bal…

Je suis honorée de vous annoncer la mise en service de la première Radio Poudlard ! Dès à présent, vos repas seront accompagné d'une musique divertissante et chaque après-midi, directement dans vos salles communes, vous pourrez écouter une émission spéciale animée pour et par les élèves Et n'oubliez, ceci est votre radio. C'est vous qui l'animerez et vous qui en ferez la programmation. Alors dès que vous vient l'envie de partager vos idées avec l'école ou de faire profiter tout le monde de vos tubes fétiches, n'hésitez plus, prenez contact avec Chelsea Orwell, septième année, Gryffondor, et devenez le temps d'une après midi l'animateur le plus côté de l'école ! Maintenant, place à la musique…

Les garçons échangèrent des coups d'œil abasourdis alors qu'une chanson à la mode s'élevait dans la grande salle à un niveau suffisant pour que tout le monde entende mais pas assez pour empêcher les conversations.

« Radio Poudlard ? » Répéta James avec un sourire qui fit chavirer le cœur de Lily pendant une seconde d'inattention. Elle secoua la tête et oublia ce détail. Ce n'était pas le moment, ils devaient régler leurs problèmes avant d'envisager quoique ce soit.

« Tu imagines »

« Tout ce qu'on va pouvoir faire »

« Avec ça »

Lily jeta un regarda amusé aux quatre garçons et les laissa mettre au point des plus foireux de blagues en direct. S'il fallait reconnaître une chose à Chelsea Orwell, c'est qu'elle ne manquait vraiment pas de culot…


Aux heures de cours succédèrent les jours et aux jours les semaines. Octobre pointait déjà le bout de son nez quand Lily et James renoncèrent à comprendre quelque chose au grimoire multi-langue qui les avait tenus occupé près d'un mois. Depuis que l'étrange tatouage avec le mot 'Sin' était apparu sur leur clavicule, ils n'avaient plus fait de rêves étranges à propos d'un hypothétique enfant ni rien d'autre de bizarre. Lily dormait de manière assez régulière dans le dortoir des garçons cependant, quelque fois, le besoin de dormir avec James était trop puissant pour qu'elle lutte.

Dormir avec lui avait toujours eu cet effet rassérénant. Ils ne faisaient pas de cauchemars quand ils étaient ensemble et il semblait que la peine de James face à la mort de ses parents – qu'il cachait pourtant si bien depuis la France - s'atténuait de plus en plus, principalement en sa compagnie. Cela faisait partie de ces choses qu'ils ne savaient expliquer et qu'ils ignoraient comment trouver une explication. Personne ne semblait capable de répondre à leurs questions – les quelques professeurs qu'ils avaient cuisiné savaient que les Madusiècle étaient une légende (ils ne s'étaient pas hasardé à prétendre être les Madusiècles, heureusement) concernant un couple magique, au sens premier du terme, unis par une malédiction.

Seule McGonagall avait eu une réaction face à leurs questions et Lily était prête à jurer qu'elle savait pourquoi ils posaient des questions sur cette légende particulière mais elle ne put, ou ne voulut, leur donner aucune explication complémentaire.

Un jour, James avait demandé – puisqu'ils étaient prétendument si forts – s'ils ne pourraient pas forcer Dumbledore à leur donner des réponses. C'est à ce moment-là que Chelsea, qui était la seule en dehors du cercle fermé des Maraudeurs à être au courant pour eux, avait émis l'hypothèse qu'il y avait peut-être une raison pour qu'ils aient attendu des années avant de demander des explications à Dumbledore. Peut-être que quelques chose au fond d'eux-mêmes forçait James et Lily à vouloir se débrouiller et à trouver la réponse tout seul. Et quand elle y pensait, cela avait du sens. Ça expliquait pourquoi ils n'étaient pas allé se renseigner auprès du sorcier prétendument le plus puissant su siècle sur la raison de leurs rêves étranges en cinquième année. Ca expliquait qu'ils aient toujours repoussé le moment d'aller poser des questions comme ils l'avaient fait.

Parce qu'à ce niveau, c'était bien plus qu'un désir d'indépendance.

Dépité, James avait décidé de se concentrer sur le Quidditch – sujet qu'il maitrisait – et sur le match contre Pouffsouffle qui approchait à grand pas. A une dizaine de mètres du sol, James observait d'un air défaitiste Sirius engueuler Singh Balwinder, le deuxième batteur de l'équipe. Le garçon avait été le meilleur pendant les sélections et James avait pensé avoir trouvé quelqu'un avec qui Sirius pouvait faire équipe efficacement. Son ami était un bon batteur mais un bon batteur tout seul n'était jamais suffisant et trouver quelqu'un pour l'accompagner dans ses manœuvres souvent loufoques était très compliqué. Malheureusement, si Balwinder était toujours partant pour jouer le cascou, il était aussi très doué pour rater toutes les acrobaties entreprises.

C'est ainsi que ça n'étonna qu'à moitié James quand il entendit Singh crier « Attention ! Cognard ! » un quart d'heure plus tard. Ce manque d'enthousiasme fut sans doute ce qui le poussa à prendre trop de temps pour se retourner. Son regard aperçut la balle noir une fraction de seconde avant qu'elle ne percute son crâne. Une douleur sourde résonna dans sa tête et il se sentit tomber à travers un trou noir, inconscient des cris autour de lui ou de ses mais ayant lâché le manche de son balai.


« Comment va James ? »

« Pas réveillé »

Chelsea acquiesça et fourra ses mains dans son blouson. Pas qu'elle était frileuse, mais elle s'était aperçue avec horreur que Pourdlard était froid, glacé. Ah, la belle époque que Beaubâton, et le japon – oh magnifique japon. Et l'Afrique, température merveilleuse de l'hiver africain…

« Froid ? » Sirius s'approcha d'elle, collant son bras contre elle, puis, d'un geste incertain, posant sa main sur son épaule. « Je connais une bonne technique pour »

Mais il abandonna quand elle éclata de rire et s'éloigna d'un bon pas de lui. « Oh Sirius excuse moi » Elle mit sa main devant sa bouche, essayant le cacher son rire, de se reprendre, de ne pas avoir l'air de se moquer … « Je suis désolée mais cette technique de drague est si » Sans pouvoir se retenir, elle rigola à nouveau.

Sirius grimaça. «Quoi, 'Venez tous me rejoindre sur Radio Poudlard !' est plus efficace peut-être ? » Mima-t-il la proposition que la jeune fille avait faite à l'antenne l'avant-veille. Elle respira à fond quelques fois et se reprit, lui lança un regard amusé.

« Jaloux ? »

Il haussa les épaules « N'importe les quoi… les filles - toujours à se monter la tête »

« Etre mignon c'est une chose, savoir en user, une autre » Lui fit-elle remarquer avec un clin d'œil. Il lui sourit, content, avant d'ajouter

« Alors, tu me trouves mignon ? »

A nouveau, Chelsea rigola, un peu plus calmement, en se rapprochant quand même un peu de lui. Elle trouvait idiot d'avoir un couloir de cinq mètres pour deux et d'en mettre quatre entre eux. « Tu doutes qu'une seule fille ne te trouve pas à » Elle s'arrêta un court instant, à la recherche du juste mot « à croquer ? »

Sirius eut une drôle de moue, entre embêté et amusé. Il plongea ses mains dans sa poche, caressant du bout du pouce sa baguette qui laissait filer un léger souffle chaud dans son corps. « J'aimerais bien qu'une fille me croque »

« Vu le nombre d'ex que tu as, ça m'étonnerait qu'aucune ne l'ait fait, non ? »

Sirius s'arrêta un instant, jetant un regard à la dérobée à la brunette qu'il avait embrassée avec son consentement dans le train (sauf qu'elle était blonde à ce moment) puis rougit subitement quand il comprit à quoi elle venait de faire allusion. Ou plutôt, en visualisant la scène de cette jeune fille le 'croquant', goûtant, et tout ce qui s'en suit.

Il se racla la gorge, chassant les pensées perverses de son esprit, et elle éclata de rire. A nouveau. Etait-elle branchée sur une pile électrique ?

« C'est fou comme les gens d'ici sont vite mal à l'aise » plaisanta-t-elle en le frappant gentiment sur le bras. Il leva les yeux au ciel.

« Tu trouves que c'est un sujet à aborder avec un mec que tu connais depuis un mois ? »

« Si je compte que je l'ai embrassé une demi-heure après l'avoir rencontré, m'oui, c'est pas vraiment déplacé, hum ? » Elle lui sourit effrontément, alignant une série de dents blanches nacrées. A cet instant, elle était sans doute la plus jolie jeune fille qu'il ait vue. Ses pommettes étaient remontées par le sourire, ses yeux brillaient, elle respirait la joie de vivre. Et ses lèvres, rouges et avec ce goût si mignon… il y aurait bien goûté à nouveau… « Puis sans blague Sirius, t'es déjà sorti avec cinq filles différentes depuis que je te connais- je me doute que tu dois plus être un saint »

Le jeune homme se crispa un peu, passant sa main dans sa nuque. Il détestait qu'on lui parle de ses 'presque petites- amies'. Ce n'était pas un sujet avec lequel il était à l'aise. Il détestait mentir à tout le monde comme cela. Mais dire la vérité… dire la vérité serait horrible. Pour quel genre de mec le prendrait-on ? Ne pas aimer embrasser, non mais quelle idée !

« Tiens tiens » Sonna soudain une voix derrière eux. Sirius se figea en en reconnaissant le propriétaire. « Ne serait-ce pas ce cher Sirius »

Les deux Gryffondors firent volte face, se retrouvant face à un garçon maigrelet, au visage osseux. Ses cheveux étaient plus courts que la dernière fois, à peine cinq centimètre de long maintenant. Il se tenait droit, fier, les narguant.

« Regulus » Murmura Sirius en serrant les poings. Il n'était pas prêt à revoir son frère, pas après ce qui s'était passé pendant les vacances. « Dégage tu veux »

« Non » Sirius sentit ses certitudes trembler face au ton, à la détermination dont il faisait preuve… Jamais son frère n'avait été comme ça, seul, face à lui, et lui tenant quand même tête. Il jeta un coup d'œil nerveux à Chelsea. Il n'avait pas envie de laver son linge sale devant elle. « Oh… J'ai presque eu l'impression de te troubler, Black ? Tu ne me reconnais déjà plus ? »

L'aîné regarda l'autre, se sentant réellement troublé – mais refusant de l'admettre. Il attrapa Chelsea par le coude et la força à avancer avec lui. « On s'en va »

« C'est ça Sirius, enfuis-toi encore ! » Un rictus purement Sang Pur s'étala sur le visage osseux du Serpentard tandis qu'il voyait la progression de son frère – non, il n'avait plus de frère – sa progression se stopper. « Tu as enfin prouvé à tout le monde que tu n'avais pas de place à Gryffondor… »

« La ferme » Il se retourna pour jauger l'autre fils de Walburga du regard « Ferme la avant de te ridiculiser »

« Tu ne le vois pas Sirius ? » railla-t-il en agitant une main face à lui, comme un aveugle avançant à tâtonnant à coups de canne. « Tu ne vois pas que tu es celui qui est ridicule ici ? »

« Arrête ça »

« Arrêter quoi ? » Avec une mimique amusée d'enfin avoir le dessus, le plus jeune s'avança pour darder l'autre, malgré qu'il soit plus grand que lui. « Il n'y a rien que tu puisses faire pour m'arrêter » frérot. Il dut s'empêcher violemment d'ajouter ce mot. Le revoir pour la première fois depuis l'été le chamboulait plus qu'il ne voulait l'accepter.

Les yeux de Sirius se rétrécirent – ces mêmes yeux qu'avaient Regulus, leur unique similitude physique avec la couleur de leurs cheveux. « Je me prosterne devant toi, seigneur, dis et j'exécuterai ! » Se moqua-t-il, sans jamais quitter son ton froid et cruel, sans jamais lâcher son regard. « Je me soumettrai aussi bien que mon cadet ! »

A nouveau, il fit demi-tour pour s'en aller, sans oser croiser le regard de Chelsea qui observait la scène, silencieuse. « Tu n'es qu'un lâche Sirius, et tu sais que j'ai raison. Tu t'enfuis, tu te dérobes, tu te caches… Tu crois quoi, qu'il ne te retrouvera jamais ? »

Le sang du jeune homme ne fit qu'un tour, il fit un pas vers Reg', l'attrapa au col et le plaqua au mur en sifflant d'une voix menaçante « Et comment tu sais ce qu'il veut, hein ? » il poussa plus, voulant l'écraser, le faire taire, l'empêcher de lui montrer comment il les avait abandonné. « Tu es à ses ordres peut-être ? Laisse-moi rire, que ferait-il d'un boulet tel que toi, Reggy ? »

« Tu te trompes » Regulus se débattit, voulant s'échapper à sa poigne, « T'en sais rien, tu t'es enfui toi »

« Et toi t'as rampé à ses pieds tel un esclave… un soumis. » Lui cracha-t-il au visage avec dégoût. Il voulut reculer, partir, ne plus voir ce qui avait été sa famille. Ne plus le voir lui. Mais Regulus ne put s'empêcher de le provoquer.

« Tu réagis comme père, partir dès que c'est compliqué ! » Les yeux exorbités, la rage dans chacun de ses membres, Sirius le souleva dans les airs. Il tremblait, son cœur palpitait, son souffle s'accélérait. Il avait besoin de taper sur son frère. Pour le faire taire. Lu faire comprendre. Il méritait… il le méritait… « Tu vas me taper, c'est ça ? Comme mère ? Tu leur ressembles décidément beaucoup ! »

Sirius lâcha tout, recula, trébucha, les yeux effrayés, peureux, fixant Regulus comme pour la première fois, comme s'il ignorait qui il était. Il fit demi-tour et courut loin, s'enfuit. Apeuré. Non, il ne leur ressemblerait jamais…

Chelsea cligna les yeux et regarda le jeune garçon en face d'elle. Il lui rappelait quelqu'un …

« Qu'est-ce que tu regardes toi ? » Elle haussa les épaules, et fit demi-tour, suivant les pas de Sirius, se demandant ce que ce préfet de Serpentard avait bien pu dire au Maraudeur pour le faire détaler comme un lapin. Il devait bien y avoir une raison, non ?

« Hey ! » La rappela l'autre, Regulus, c'est ça ? « Tu crois que tu peux me tourner le dos comme ça ? »

Elle grinça des dents, énervée. Elle n'avait pas envie de se battre. Elle accéléra jusqu'au coin du mur, disparaissant de sa vue. Elle savait qu'elle n'aurait jamais dû venir en Angleterre, à Poudlard. Avec leur stupide système de maisons, d'ennemis, d'affrontements… tout ça était tellement ridicule ! Même les tribus africaines ne se haïssaient pas comme Gryffondors et Serpentards.

« Quelle bande d'idiots » grogna-t-elle entre ses dents « Crétins stupides débiles anglais » Elle expira, essayant de se calmer, décidée à faire passer ses quatre mois ici rapidement avant de s'envoler vers les Emirats Arabes, sa dernière destination. Ou peut-être l'Australie, elle n'avait pas encore posé sa décision. « Bande de machin raides et coincés, branleurs et »

« Ce n'est pas le mot de passe » Elle sursauta et releva les yeux, s'apercevant qu'elle était arrivée devant le portrait de Gryffondor. La grosse dame la regardait d'un air sévère mais fatigué, attendant.

« J'en ai rien à faire de votre mot de passe ! » S'énerva la jeune fille. Le tableau la fixa, choqué, avant de rétorquer

« Et bien, vous resterez dehors »

« Hansel » grogna la jeune fille en soufflant sur ses mains, il faisait vraiment froid, puis, comme le portrait ne s'ouvrait toujours pas, elle ajouta « Hansel, Gretel, Merlin, je sais plus moi ! On n'a pas idée d'être aussi secret ! God ! »

La grosse dame la laissa alors passer, sans qu'elle sache quel mot juste elle avait dit. Tant pis, il lui restait juste à retenir la phrase. Elle accueillit avec bonheur la chaleur de la pièce et soupira. Ce n'était pas si mal que ça, la température, quand on était au bon endroit, en fait.

Lily passa devant elle, l'air pressé, et lui lança au passage « réunion de préfet, dois voir James après, m'attends pas » Elle voulut acquiescer, mais la rousse ajouta « Tu ne voudrais pas aller jeter un coup d'œil à Sirius, il avait l'air pas bien – sais pas où sont les deux autres » Puis elle disparut par le trou.

Chelsea soupira et monta les escaliers du dortoir d'un pas traînant, se demandant vaguement si les choses étaient parfois calmes ici. Elle passa la porte et soupira de bonheur quand elle s'aperçut qu'il faisait encore plus chaud. Il y avait de la lumière qui filtrait en dessous de la porte de la salle de bain, elle jugea que Sirius devait y être, et s'installa sur un des lits en attendant.

A peu près dix minutes plus tard, le jeune homme passa la porte et se figea quand il l'aperçut, couchée sur son lit. Il se dirigea alors vers celui de Remus, et s'assit en attendant qu'elle parle. Les filles parlaient toujours non ?

« Tu as été un enfant battu ? » Demanda-t-elle. Oh, il ne s'attendait pas du tout à celle là.


« Asseyez-vous» Demanda sobrement Lily en entrant dans la pièce. Les quelques préfets quittèrent le sofa et les fauteuils pour se rendre autour de la grande table. Lily s'assit à une extrémité, Rogue prenant place juste en face d'elle. Presque instinctivement, les filles s'étaient alignées à droite, les garçons à gauche. Evidemment, les Serpentards s'étaient soudés autour de leur préfet en chef, tandis que les autres s'étaient plutôt arrangés par âge que par maison. Lily rassembla ses parchemins et commença à présider. Après tout, ce n'est pas Rogue qui en prendrait l'initiative.

« Désolée si je suis un peu sèche aujourd'hui, mais, comme vous le savez sûrement, j'ai quelques problèmes personnels en ce moment. » Drôle de manière de parler de son meilleur ami allongé à l'infirmerie avec une commotion du tonnerre de Dieu causée par un Cognard lancé à pleine vitesse et une chute de dix mètres. « Ce ne serait donc pas un mal si nous pouvions raccourcir au plus la réunion »

« Evans, tes états d'âme, on s'en passera » Coupa son homologue. Il fut soutenu par quelques autres préfets, que Lily empêcha de parler d'un geste de la main.

« Je n'ai rien dit quand tu as demandé à reporter la réunion de la semaine passée à aujourd'hui. Alors, on fait court et c'est tout » Comme personne n'objecta, elle reprit. « Ceci est la seconde réunion. La première fois, nous avions fait connaissance avec les nouveaux de cinquième, Severus et moi avons pris un peu plus nos marques de responsables et » Elle s'interrompit en voyant le rictus déformant le visage du Serpentard « Tu as quelque chose à ajouter peut-être ? »

« Il va t'arriver des bricoles si tu continues à m'appeler comme ça, Evans. C'est Rogue mon nom. »

Elle leva les yeux au ciel et continua. « Et nous avons défini le tour de ronde, les postes importants ainsi que la prise en charge de certaines activités comme l'organisation des rencontres de Quidditch et des entraînements ainsi que les dates des sorties à Pré Au Lard. Aujourd'hui, il s'agit de prévoir l'animation annuelle »

Elle s'interrompit un instant, laissant l'occasion à l'autre préfet en chef de continuer, mais il regardait le plafond d'un air absent qui eut tendance à énerver Lily. Elle reprit donc. « Il est stipulé dans le règlement que nous devons organiser 4 festivités par an minimum. Ce nombre n'a jamais été dépassé jusqu'à présent. Nous avons l'occasion de modifier une seule des activités de l'année précédente. Comme vous vous en souvenez sûrement, il s'agissait des banquets de début et de fin d'année, celui d'halloween et le tristement célèbre bal de noël »

Un murmure parcourut la table. Une préfète de Poufsouffle prit la parole. « A ce propos, j'avais quelques idées sur la manière dont on pourrait redonner un coup d'éclat à ce vieux cérémonial »

« Nous en reparlerons quand on répartira les tâches d'organisation, d'accord ? » Lily passa la main dans ses cheveux, s'accordant une pause pour mettre de l'ordre dans ses idées. Rogue ne semblait toujours pas avoir envie de participer. « La règle veut que nous sommes obligés de voter. Qui est contre l'organisation d'un banquet de début d'année- Il va s'en dire que nous parlons ici du banquet de l'année prochaine- lève le bras » Annonça la préfète, mais le Serpentard se réveilla et intervint enfin

« Un vote anonyme et secret Evans » il distribua des feuilles de parchemins à chacun ainsi que quelques plumes et de l'encre. Lily resta clouée devant son organisation. Il avait même pris le temps de copier un formulaire de vote ! C'était incroyable qu'il soit aussi impliqué dans sa fonction et simultanément si inactif. « Comme vous le voyez, j'ai pris la peine, puisque notre préfète semble ne pas connaître ce point du règlement, de créer une fiche en règle, reprenant les 4 activités qu'Evans vous a décrites- comme si on pouvait oublier – et en face des cases 'pour' ou 'contre' la reprise. Il faut l'unanimité des préfets pour qu'une activité ait lieu. Et nous autres, préfets en chef, avons bien sûr droit à un veto. »

Il bailla, puis annonça « Votez ! » D'une voix sèche, comme si de voir qu'ils attendaient son signal l'excédait. Il ferait un prof exécrable. Puis, il rajouta « Une retenue pour celui qui fait mumuse à voter contre pour faire s'éterniser la réunion. Vous avez entendu Evans, elle est pressée »

Après quelques minutes durant lesquelles Lily avait dû rivaliser de sévérité pour éviter que chacun ne regarde ce que l'autre avait écrit - ce qui était stupide, ce n'était pas comme si c'était si dur de décider s'il y aurait un banquet à Halloween ou pas !-, elle reprit les feuilles et commença à compter.

« Pour l'organisation d'un banquet de début d'année l'année prochaine, 20 pour, adjugé. Pour l'organisation d'un banquet de fin d'année, 20 votes pour. Pour l'organisation d'un banquet d'Halloween, 20 votes pour. Bon, et le bal de noël… » Lily grimaça, avant d'annoncer « 15 votes en faveur. »

Une rumeur s'éleva du côté des filles, qui ne voulaient sans aucun prétexte perdre leur bal. « Il faut revoter ! » Trancha Amandine, la nouvelle préfète de Gryffondor.

« Non » Coupa Rogue. « J'ai voté contre et rien ne me fera changer d'avis. Je mettrai volontiers mon veto contre si nécessaire, cette stupidité a assez duré »

« Veto qui je te le rappelle, Rogue, ne peut pas s'opposer à l'organisation entière d'une activité ! » Lui reprécisa Lily avec un soupir las. Ce n'était pas tant qu'elle n'aimait pas les bals mais elle trouvait le temps et l'énergie consacrés à leurs préparations tellement vaine et inutile. Elle avait déjà dû préparer un bal deux fois et elle avait plus que tout envie de ne pas devoir y repasser une troisième ! Mais tout Poudlard en voulait un. C'était peut-être la seule chose qu'elle partagerait à jamais avec Rogue (et les potions)

« Alors, je mets officiellement mon veto contre l'organisation d'une soirée dansante lors de ce bal ! »

Il ne prêta pas attention aux cris et aux insultes, ni aux regards noirs s'enchaînant rapidement autour de lui dans une effusion de brouhaha incompréhensible. Il est évident que l'idée d'un bal sans danse était vraiment très absurde

« Stop ! » Lily se leva et tapa sur la table pour qu'on l'entende « Et si on organise un bal pour célibataires, Rogue, où il est interdit de venir en couple, tu es toujours contre ? » Demanda-t-elle, sait-on jamais qu'il ne voulait pas y aller parce qu'il était seul.

« Oui » Il sourit et ajouta « Je propose un concours de- »

« Miss Poudlard ! » Hurla la préfète de Serdaigle de septième année pour couvrir la rumeur des voix. Le silence se fit profond autour d'elle, tout le monde la fixant. Certains – comme Lily – étant d'origine moldue la prenait pour une folle, les autres – Comme la plupart des Serpentards- comme si elle débarquait d'une autre planète. « Ben oui » essaya-t-elle de s'expliquer. « On fait passer des auditions, puis on organise une grande soirée durant laquelle les élèves votent pour leurs filles préférées, les filles en question doivent faire quelque chose d'artistique- chanter, danser – puis défiler et »

« Attends » Interrompit la préfète de Serpentard des 6e. « Tu veux dire, faire preuve d'originalité dans la mode et essayer d'être la plus belle de l'école ? »

« Exactement ! » S'emballa l'autre. « On pourrait inviter un grand groupe de musique et ça pourrait devenir une sorte de tradition. Imaginez, on est les premiers à avoir une telle idée »

« Avec une idée pareille, tu peux être sure que les préfets de l'année prochaine réinsèrent le bal » Coupa Lily en soufflant. Elle n'avait pas du tout envie de participer à une chose pareille. C'était tellement dégradant. Et puis, l'image de Poudlard devait être assumée par une blonde pulpeuse ?

« Peu importe » Intervint Rogue avec un étrange petit sourire. « Je me demande, c'est pas là dedans que les filles en question défilent en sous-vêtements ? »

La préfète qui avait lancé l'idée rougit tandis que tous les yeux se tournaient à nouveau vers elle. « En maillot de bain » Corrigea-t-elle « mais on n'est pas -»

« Ca semble très bien » Coupa un préfet de Poufsouffle. « Très bien même » Avec dégoût, Lily vit tous les garçons afficher des mines ravies.

Elle n'allait pas laisser faire ça ? Parce que à voir le sourire de Rogue, il semblait très amusé par l'idée. Les filles étaient emballées, et les garçons excités, ne restait-il qu'elle encore un peu lucide ? « D'accord » Trancha-t-elle. Elle reçut quelques regards surpris, c'était inattendu comme réponse, mais elle s'empressa de continuer « Mais je refuse que seules les filles se trémoussent pour les beaux yeux de ces messieurs. J'accepte si on prévoit l'élection de mister Poudlard avec »

Elle sourit. Elle savait qu'ils n'allaient jamais accepter. Puis, ils oublieraient tous cette idée, et ils convaincraient Rogue qu'un bal, c'était super et le tour serait joué.

« pas idiot » Dit un préfet de Serdaigle. Lily tourna un visage atterré vers lui, mais il sourit d'une manière charmeuse et assurée. Bien, encore un assez narcissique pour déjà se voir remporter le concours

Elle fit un tour de table et se rendit finalement compte que son idée, loin de dissuader tout le monde, emballait presque tout le monde; et maintenant, elle n'avait plus l'occasion de s'opposer à l'organisation d'une telle bêtise. Seul le peu aimé préfet en chef avait blanchi. Puis, il retrouva de sa superbe, et acquiesça.

« Et si on votait ?» s'enquit-il en redistribuant des petits morceaux de parchemins. Conformément à ce qu'elle croyait, la proposition fut accueillie par 19 voix. Et elle avait voté contre. Tous les regards se braquèrent sur elle.

Dans une dernière tentative désespérée de voir son 'collègue' la soutenir pour arrêter le massacre, elle déclara « Et si j'exige que le préfet en chef soit obligé de participer sans être recalé aux éliminatoires ? »

Rogue sourit- pas vraiment dépité à l'idée d'étaler son 'potentiel charme' devant toute l'école, attrapa une feuille et griffonna rapidement les termes de l'accord avant de le signer et de lui tendre. Lily regarda la feuille, déglutissant péniblement. Ce n'était pas vraiment en contrat d'exécution, juste une sorte de mémo confessant que tout le monde savait de quoi il était question.

Désintégration du bal de Noël pour l'année 1977-78.
Organisation des élections de Miss et Mister Poudlard avec participation obligée des préfets et interdiction de recalage pour les préfets en chef.

Doucement, Lily souleva sa plume, essayant de trouver le piège. Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond. Pourquoi il souriait comme ça ? Ses pensées étaient troublées. Il s'était passé beaucoup trop de choses ces dernières heures, elle était inquiète pour James et elle avait l'esprit embrouillé. Si elle signait, la machine serait lancée et plus rien ne l'arrêterait. Sauf une interdiction directoriale. Mais Dumbledore était suffisamment fou que pour accepter que son école s'abaisse à ça. Il dirait une chose comme 'Si ça distrait les élèves'.

Mais quelque chose clochait… pourquoi Rogue acceptait-il d'aller se trémousser sur scène, devant tout le monde ? Ce n'état pas normal…

Elle apposa lentement sa signature. Qu'est-ce qui clochait ? A part bien sûr, le fait que l'idée soit en soi ridicule. Elle se rendait parfaitement compte qu'elle venait de signer le déclin de l'école, et fit passer le parchemin aux autres préfets. 8 de cinquième. 8 de sixième. 2 de septièmes et deux préfets en chef. 20 signatures. C'était fini.

Elle souffla, et quand elle voulut clôturer la séance, Rogue lui lança, tout guilleret : « Au fait Evans, TU es préfète en chef ! »

For all the dreams I'm chasing
I'm hoping that I'll find out
It was worth it all along

So hold me now
And say it's not forever
Maybe someday

Things will go my way

(Things Will Go My Way, The Calling)