cette idée de fic germait depuis pas mal de temps dans ma tête, ayant finie échos du passé je m'y suis mise tout de suite, l'histoire se passe fin saison 5 début saison 6, je ferai tout pour rester fidèle à la série

bonne lecture


« L'amour est cette merveilleuse chance qu'un autre vous aime quand vous ne pouvez plus vous aimer vous-même » Jean Guétenno

L'heure du départ ne tarderait pas à sonner, dans quelques heures il embarquerait à bord de l'uss Ronald Reagan en tant qu'agent embarqué. Une mission de plusieurs mois, dieu seul sait quand il foulera le sol américain? Pas avant plusieurs mois. Il avait encore du mal à réaliser, son esprit refusant obstinément de croire qu'aujourd'hui ne sera pas un jour comme les autres; qu'aujourd'hui il n'ira pas comme d'habitude au ncis. Pourtant, ses sacs à côté de la porte, les adieux avec ses anciens collègues étaient des plus réels. Anciens collègues... ça lui faisait étrange de parler d'eux au passé, étrange mais aussi douloureux. Jamais, il n'avait été forcé de quitter son travail, au contraire, c'est lui qui décidait de son propre chef de partir quand l'envie de voir ailleurs se faisait sentir. Sauf que là, il n'avait vraiment pas envie d'aller voir ailleurs, il se sentait bien là. Sa ré-affectation n'était que le résultat de sa bourde à Los Angeles, une juste punition qu'il comprenait, mais pourquoi punir toute l'équipe? Pourquoi punir Gibbs alors que c'était lui le plus à plaindre? Comme s'il ne souffrait pas assez avec la mort de Jenny, voilà qu'on le privait de son équipe, de sa famille! Un comble.

Si seulement il n'avait pas merdé, si seulement il avait écouté Ziva, la directrice serait encore en vie.

« Tu n'as donc rien appris en trois ans? » lui avait-elle demandé en salle d'autopsie.

« Je suis long à apprendre »

« Cela ne sert à rien de se morfondre sur le lait répandu. »

« Sauf que ce n'est pas du lait que j'ai répandu. »

Mais du sang. Il était chargé avec Ziva de protéger Jenny, d'être son ombre et non pas de jouer les touristes à Los Angeles. L.A. Baby. Oui en y repensant bien il avait vraiment merdé, se comportant plus comme un gamin attardé que comme un agent fédéral. Ce n'était pas faute à Ziva de l'avoir sermonné pour qu'ils recherchent activement la directrice, sauf qu'il ne voulait rien entendre, même lorsqu'ils retrouvèrent le corps de Sasha non loin de la voiture de Jenny, il pensait encore qu'elle était avec un homme en train de prendre du bon temps. Une pure coincidence, avait-il dit, bien qu'en son for intérieur, il ne le pensait pas. Les coincidences n'existent pas, ce que son expérience en tant que flic ainsi que Gibbs lui avaient enseigné. Sauf qu'en se bornant à ne pas écouter son instinct ils avaient perdus du temps. Résultat des courses? Ils étaient arrivés trop tard, Jenny avait fait les frais de son erreur de jugement. L'erreur de sa faute professionnelle.

Certains ne peuvent, ne doivent pas mourir. Pourquoi elle et pas lui? Pourquoi serait-il plus digne d'elle d'avoir échappé à la mort? Il fallait bien le reconnaître, il avait une chance de cocu, autant de vies qu'un chat. Tony ne comptait même plus les fois où il avait frôlé la mort, s'en sortant la plupart du temps sans le moindre bobo. Il ne méritait pas plus qu'elle de survivre. L'image d'une Jenny souriante lui apparut devant les yeux. Comment aurais-tu me sauver de moi même? Jenny avait tout fait pour le rassurer, lui mentant qu'elle menait une enquête de son côté, Ziva avait eu la puce à l'oreille mais pas lui.

- « J'aurais dû la sauver malgré tout » dit-il à haute voix en s'emparant de la bouteille de whisky posée sur la table basse de son appartement. « J'aurais dû »

Il but avidement à la bouteille, l'alcool lui brûlant quelque peu la trachée mais embuant davantage ses pensées. C'est tout ce dont il avait besoin: ne plus penser, au moins le sentiment d'échec était plus supportable. Moins insurmontable.

La tête commençait à lui tourner, mais la noirceur de sa réflexion était toujours autant intacte, voire même plus sombre. Il balaya du regard son appartement, se disant qu'il n'était pas prêt de le revoir de sitôt... comme eux... comme elle.

Toute l'équipe s'était réunie la veille au soir - une dernière fois - dans un bar pour des adieux, bien qu'aucune personne présentes n'ait prononcé ce mot à un moment ou un autre. Pourtant c'était bel et bien des adieux. Ziva retournait en Israel, sa mission de liaison avec le mossad ayant pris fin, il y avait fort de peu de chance qu'elle revienne un jour aux Etats Unis et encore moins à Washington. Mgcee était affecté au service cyber-criminalité, fini le terrain pour lui, Vance devant certainement penser que ce genre de travail n'était pas fait pour lui. Et lui? Et bien, il s'apprêtait à parcourir les mers du monde en embarquant dans un rafiot avec près de 5000 marins, que du bonheur! Seuls Gibbs et Abby restaient à leurs postes respectifs.

Pour mieux tourner la page, Tony savait qu'il lui faudra couper les ponts avec eux, faire comme si ces dernières années à travailler à leurs côtés n'avait pas compter... C'est certainement en raison de cet état d'esprit – mais aussi grace à une sacrée dose d'alcool dans le sang - qu'il avait fait des avances à Ziva en fin de soirée. Après tout, il n'avait plus rien à perdre et tout à gagner, comme le souvenir intarissable d'une nuit d'amour avec elle. Un meilleur souvenir que le sentiment de regret de n'avoir jamais rien tenté. Pour son plus grand étonnement, la jeune femme ne lui avait pas répondu avec un coup de poing mais en lui prenant la main, l'invitant alors à l'accompagner chez elle.

Ils n'avaient alors plus prononcé le moindre mot, à quoi bon, leurs regards en disaient suffisamment. Le désir et la frustration se lisaient. Le temps n'était plus à se chercher ni à ignorer l'amour que l'autre lui inspirait. Le temps leur était compté, inéluctablement, fatalement. Le temps leurs filait entre les doigts, il ne leurs restait qu'une nuit pour vivre leur histoire qui devra, en dépit de leur volonté, avortée prématurément.

Même si les gestes furent hésitants au départ, craintifs, la passion les submergea rapidement. Un soulagement de ne plus re-penser à tout ça pendant quelques heures, un soulagement intense mais éphémère. Tous deux le savait, mais ils préféraient profiter de leur seule et unique nuit, car demain sera un autre jour. Au delà de la nécessité impérieuse de vivre leur amour, Tony et Ziva avaient besoin – le temps d'une nuit – de sentir la vie. La vie même, frémissante, fragile mais triomphante malgré tout.

Il resta des heures à contempler Ziva endormie, retardant au maximum son départ. Quand il quitta la chambre, Tony ne sut si elle dormait ou si elle faisait semblant, ne le sachant pas, il se contenta d'un dernier baiser sur les lèvres. Il regarda une dernière fois Ziva pour graver son image en mémoire, puis sans un bruit, il quitta sa chambre ainsi que son appartement, le coeur serré.

« Tu n'as pas besoin d'une fille, Tony, mais d'une femme. Je pensais que tu voudrais une relation sérieuse maintenant » lui avait-elle dit quelques semaines de ça.

Qui aurait pensé que Ziva était cette femme? En fait si, il le savait. Sauf qu'à force de se persuader que sa jalousie était justifiée par son désir de la protéger des hommes et leur perversité; qu'à force de croire qu'il ne ressentait que de l'amitié pour elle; qu'à force de refouler ses sentiments; Tony s'était fait souffrir inutilement car finalement, son amour était partagé. Si seulement ils s'étaient dévoilés plutôt. Il n'avait jamais pu nier son attirance pour Ziva, il fallait vraiment être aveugle pour ne pas voir quelle femme magnifique elle était, alors même qu'il prétendait le contraire en affirmant qu'elle n'était pas son type. Mais pour une fois, Tony n'avait pas voulu bousiller une amitié pour une partie de jambes en l'air, il respectait trop leur relation, il la respectait trop pour ça. De plus, il avait toujours pensé qu'il finirait entre quatre plance s'il ne se montrait pas à la hauteur au lit.

On ne peut malheureusement pas revenir en arrière...

Et maintenant?

Il poursuivrait son bout de chemin, sans eux, sans elle. Ce n'était même pas un choix, mais juste une évidence. Ses yeux regardèrent une dernière fois la photo de ses anciens collègues prise voilà un an et alors qu'il ressentait une vague de nausées le submergeait, Tony se leva d'un bon. Prenant sacs en main, il sortit de son appartement, de sa vie. Une autre l'attendait; une vie moins exaltante et sans amour.

à suivre....