Full summary: Après son retour de Narnia, Susan croit de moins en moins et devient petit à petit la jeune fille superficielle décrite dans "La Derniere Bataille". Un an après, Lucy ne le supporte plus et crache la vérité au visage de sa soeur. C'est alors que quelque chose craque en Susan. Elle part, plus loin qu'elle ne l'aurait imaginé, pour essayer de se retrouver. Peut-être qu'il lui suffit juste qu'on lui accorde une seconde chance...
Note de l'auteur: j'ai été sincèrement dégoûtée (malgré tout le respect que j'ai pour cet auteur) de la façon dont C.S Lewis a traité le personnage de Susan lors du dernier livre. Alors voilà ma "réparation" personnelle… L'histoire prend place un an après le retour du second voyage à Narnia (Le prince Caspian), dans le pensionnat de Susan et Lucy.
Disclaimer: Tous les personnages sont à C.S Lewis… excepté un.
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Susan regarda un instant Lucy avant de détourner le regard. "Tu ne vaux pas mieux que toutes ces pestes!" La phrase avait fusé, claire. Susan sentit comme une main imaginaire lui mettre une gifle. Se l'entendre dire par la bouche de sa propre sœur… Elle ne chercha ni à démentir ni à répliquer. Elle tourna les talons et traversa le parc du pensionnat moitié marchant, moitié courant. Elle ne songea pas à se couvrir la tête malgré la pluie diluvienne qui tombait et empêchait les pensionnaires de profiter de leur dimanche de repos. Elle entendit vaguement, comme à travers un mur de coton, Branda et le reste du groupe qui l'appelait de sous le porche. Elle continua sa course les cheveux au vent, le pluie qui lui fouettait le visage. Lorsqu'elle vit le bus à destination du centre ville venir vers le pensionnat, elle se mit franchement à courir. Elle arriva sur la chaussée avec quelques secondes d'avance sur lui. Le chauffeur s'arrêta et s'empressa de la faire montée dans un bus à moitié vide.
"Comment se fait-il que je n'ai pas droit à une bande entière de jeune et ravissantes jeunes filles aujourd'hui?"
"Personne n'ose affronter la pluie," répondit laconiquement Susan
Son air dissuada le conducteur de prolonger l'échange. La jeune fille alla s'asseoir à l'arrière du bus, le visage collé à la vitre. Elle essaya de ne pas repenser à ce que lui avait dit (crier) Lucy, mais c'était impossible. Le pire était qu'elle ne pouvait en nier la vérité. Malgré son comportement, même après que Peter et Edmund se soient fâchés avec elle, sa petite sœur n'avait quand même rien dit. Mais là, elle avait craqué. Elle n'avait pas pu retenir plus longtemps ce qui lui brûlait les lèvres depuis un an. Depuis leur retour de Narnia, après l'avènement de Caspian, Susan avait changé. Elle le réalisait elle-même mais n'arrivait pas à quitter le cercle infernal dans lequel elle s'était glissée en devenant amie avec ces potiches superficielles qui l'avaient transformée.
Comment leur faire comprendre qu'elle y croirait toujours? Même ses frères et sœurs ne lui faisaient plus confiance… comment pouvait-elle reprendre confiance en elle-même dans ce cas-là? Elle se mordit la lèvre pour ne pas pleurer. Elle s'en voulait d'être aussi stupide. Etait-elle à ce point perdu? S'était-elle donc à ce point perdu?
Ils arrivaient en ville.
Inconsciemment, elle descendit à la gare. De tous les membres de sa famille, elle était la seule qui aimait les voyages en train. Les mouvements du train l'apaisaient plus que tout. Il était encore tôt et elle avait un peu d'argent. Sur un coup de tête, elle décida qu'elle prendrait le premier train qui partirait. Devrait-il l'emmener à l'autre bout du pays. Elle avait besoin de partir, de réfléchir. De retrouver un semblant d'équilibre. Et puis peut-être que son train ne l'emmènerait pas plus loin que la ville voisine. Au guichet, elle demanda un ticket pour le premier train en partance. Ce fut pour Bristol. Une heure et demi de trajet. Parfait. Et puis, elle n'était jamais allée à Bristol, elle pourrait visiter, pensa-t-elle sarcastiquement.
Elle monta dans le train au moment où il commençait à siffler, annonçant son départ. A l'intérieur, il n'y avait pas beaucoup de place. Elle prit place au fond d'un wagon, en face d'un garçon de son âge ou un peu plus. Il dormait déjà. Elle se dit que c'était plus simple de rester là avec un voisin calme. Elle s'assit et colla son front contre la vitre. Le train se mit en route et elle vit défiler sous ses yeux le quai de la gare. Elle ferma les yeux de contentement. Ce geste fit rouler sur ses joues les larmes qui y étaient coincées depuis le pensionnat. Elle se laissa aller, enfin soulagée, loin de tout. Sans se soucier d'aucune bienséance, elle remonta ses genoux sur sa poitrine et posa sa tête sur le dossier de son siège. Le roulement du train la plongea dans un demi sommeil réparateur où les pensées se confondaient avec les rêves sans lui faire de mal. Elle se laissa faire, s'abandonnant comme elle ne l'avait plus fait depuis longtemps…
Ce fut le contrôleur qui la réveilla. Elle tendit son ticket, les yeux à moitié clos, l'air embrouillé. Le contrôleur, un homme qui devait avoir la soixantaine, une petite moustache en guidon de vélo ornant sa bouche, regarda d'un air suspicieux sa tenue de pensionnaire. Elle n'y fit pas attention et il finit par partir après avoir demandé son ticket à son voisin. Alors qu'elle se mettait à regarder le paysage (chose difficile à cause de la pluie) son voisin lui tendit un paquet de biscuits. Agréablement surprise, Susan accepta avec plaisir et le remercia.
"Est-ce que je peux vous posez une question Mlle?" Demanda-t-il au bout d'un moment.
Susan ayant enfin recouvré un semblant de bonne humeur, répondit, un sourire aux lèvres:
"Plus qu'une si cela vous chante, même…"
"C'est parfait alors, dit-il en lui souriant en retour. Eh bien, qu'est-ce qu'une jeune pensionnaire fait-elle dans un train, seule, durant un jour de repos?"
Susan le trouva hardi de poser une question pareille mais elle sourit et répondit calmement.
"Si l'on reprenait l'histoire aux sources, premièrement, il nous faudrait plus qu'un voyage en train pour la raconter, deuxièmement, vous me prendriez pour une folle!" Dit-elle en repensant à Narnia qui était après tout l'origine de la colère de ses frères et sœurs.
"Et si l'on raccourcissait à partir à partir de ce matin alors? Pourquoi avez-vous décidé de prendre un train? Ou alors peut-être que ce n'était pas ce matin que vous l'avez décidé?"
Susan se serait offusquée de tant de franchise en temps normal mais aujourd'hui, elle appréciait cette attitude.
"Eh bien…" commença-t-elle. "Ma sœur m'a faite une remarque blessante ce matin alors que nous sortions pour notre journée de repos. Blessante parce que vrai. Quelque chose que mes deux frères m'avaient déjà dite auparavant. Mais ce matin je ne l'ai pas supporté alors, malgré la pluie, je suis sortie, j'ai pris le bus et je me suis retrouvée à la gare. Le premier train en partance était celui-là, alors voilà…"
"Intéressant," compléta son voisin au bout d'un moment. "Un autre biscuit pour vous remonter le moral peut-être?"
Susan faillit éclater de rire mais se permit uniquement un simple sourire. Ce qui relevait du miracle dans son état. Ce garçon lui plaisait, humainement. Elle prit un autre biscuit et réalisa à ce moment-là qu'ils rentraient en gare, à Bristol.
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Alors voilà, j'espère que ça vous a plu. Toutes les reviews sont acceptées néanmoins si quelqu'un a envie de me dire qu'il déteste ma fic j'aimerai juste qu'il m'explique pourquoi! La suite bientôt…