Une nouvelle fic, un UA cette fois, qui se situe dans l'Angleterre victorienne, pour souffler et sortir un peu des ténèbres.

Une histoire toute simple, que vous apprécierez, j'espère…

Bonne lecture….

Disclaimer : les personnages appartiennent à JKR

Avertissement : rated M, je le crains…

Chapitre 1 L'apparition

Lorsqu'Harry vit apparaître, au détour du chemin, l'imposante demeure des Malefoy, il sut que sa vie allait changer.

Jusqu'alors il avait vécu dans la ferme de ses parents, mais, à la mort de sa mère, deux mois plus tôt, il avait été obligé de tout vendre et de se placer comme garçon d'écurie dans une grande propriété.

Plus la calèche avançait dans l'allée, plus le bâtiment lui semblait immense. A côté du manoir se dressaient une grange et un autre bâtiment, moins solennel mais vaste.

Les Malefoy étaient les nobles du coin, et Harry, s'il en avait déjà souvent entendu parler, ne les avait que rarement croisés, à la chapelle, ou à la kermesse.

Quand il avait appris que, grâce à l'intervention du curé, il allait travailler pour eux, il s'était senti à la fois fier et un peu effrayé.

Tout le monde regardait les Malfoy avec respect, ils avaient l'air tellement supérieurs, froids, différents…Il appréhendait de les rencontrer. Il n'avait pas osé en parler avec le curé, mais comment doit-on se comporter avec ce type de personnes ? Il n'en avait aucune idée. Et s'il commettait des gaffes ?

En principe il aurait peu affaire à eux. Il était sensé s'occuper des chevaux, ce qui signifiait se lever tôt, travailler d'une manière épuisante et n'attendre aucun remerciement. Mais il aimait les chevaux, c'était déjà çà.

Lorsque la calèche s'arrêta devant la demeure, il descendit d'un bond et récupéra son baluchon. En levant les yeux, il s'aperçut que la façade comportait plus d'une dizaine de fenêtres. Combien de pièces y avait-il à l'intérieur ? Combien étaient-ils pour habiter une si vaste demeure ?

Ayant scruté la majestueuse façade, il se retourna vers les bâtiments adjacents et le parc. L'écurie lui paraissait immense, elle aussi. Visiblement, il serait bien occupé, s'il fallait aussi s'occuper du ménage des lieux. Il se rembrunit en pensant qu'il ne serait qu'un domestique.

Il regretta furtivement sa décision de ne pas s'être engagé à l'armée, comme il l'avait envisagé. Mais partir à la guerre…c'était pire qu'être domestique. Quoique…il y avait le prestige de l'uniforme, et les filles aimaient çà. Il n'était peut-être pas trop tard.

Un homme en livrée l'accueillit de quelques mots et le conduisit à l'intérieur.

Il n'avait jamais vu entrée et hall aussi imposants. Il voyait passer des domestiques, tous semblaient très affairés, et ne se parlaient pas. Où allaient-ils ?

Soudain il vit arriver vers lui une jeune soubrette, fraîche, souriante, et il lui sembla qu'elle lui avait fait un clin d'œil en passant à côté de lui. Avait-il rêvé ?

Il rencontra le gérant du domaine qui lui expliqua brièvement son rôle. Il lui dit qu'il dormirait dans les parties communes, avec l'autre lad, et le congédia rapidement.

Puis un homme en uniforme sombre, strict, lui demanda de le suivre et le conduisit dans sa chambre, où il déposa un baluchon. La pièce était étroite, avec deux lits sommaires et deux chaises. Il identifia le lit de son compagnon et posa son baluchon sur l'autre, le cœur serré. Il avait toujours eu une chambre à lui, et soudain le poids et de la solitude et de la perte de sa mère lui tomba sur les épaules. Il jeta un regard triste par la petite fenêtre, et se dit qu'il donnerait tout au monde pour retourner chez lui.

Mais il n'eut pas le temps de s'appesantir sur sa tristesse car déjà le domestique le priait de le suivre aux cuisines. Harry s'aperçut qu'il mourait de faim.

En le suivant tout au long des couloirs, il regardait autour de lui, éberlué par la richesse de la décoration, le marbre, les tapis, les portraits accrochés au mur. En passant devant un miroir ouvragé il entrevit son propre visage, les cheveux noirs en bataille, le teint mat et l'éclat vif, un peu fiévreux de ses yeux verts. Puis il entra dans la vaste cuisine avec ses ustensiles rutilants et les délicieuses odeurs.

Une femme de chambre un peu forte préparait un plateau pour le thé ; il admira la délicate porcelaine, les tranches de cake, la beurre, la confiture, la crème et les minuscules sandwichs au concombre. Il en salivait juste à la vue, hypnotisé.

En souriant, la cuisinière le fit asseoir à table et lui proposa du thé et une tartine. Il accepta, car il était affamé. Le déménagement et le voyage, même s'il était court, lui donnaient l'impression de n'avoir pas mangé depuis très longtemps. Elle lui posa quelques questions, auxquels il répondit brièvement, intimidé. Il n'avait pas l'habitude de voir autant de gens.

Comment pouvait-on vivre avec autant de personnes autour de soi ? Il voyait bien qu'on le dévisageait, surtout les femmes. Il vit la jeune soubrette repasser à côté de lui, avec le même sourire complice. Est-ce qu'elle se moquait de lui ? Ou est-ce qu'elle le trouvait mignon ? Il n'en avait aucune idée. Devait-il lui sourire en retour ? Le temps d'hésiter, elle était repartie.

Il avait fréquenté peu de filles, et il n'avait ni sœur ni cousine. Evidemment, il y avait la fille de son voisin, qui lui souriait gentiment, et qui rougissait parfois quand il lui parlait.

Il soupira. Il ne la reverrait pas de sitôt. Il termina sa tartine et son thé et commença à se détendre. La chaleur des fours le berçait.

Les domestiques, eux, étaient très affairés et il comprit qu'une soirée se préparait au manoir.

D'après les conversations, il comprit il s'agissait d'un bal donné pour les 19 ans du fils Malefoy. Les serviteurs parlaient de lui avec déférence, mais un certain agacement aussi. Il n'était pas facile à contenter, semblait-il.

Harry était surpris : tant de gens à son service, à lui préparer une fête, et il n'était pas content ? Décidément, les gens riches n'étaient pas comme les autres.

Pour ses 18 ans, deux mois plus tôt, il avait assisté à l'enterrement de sa mère. Ce souvenir lui serra le cœur et il soupira à nouveau.

Le majordome entra dans la cuisine et fronça les sourcils en le voyant affalé sur sa chaise, son menton dans une main, coudes sur la table. Il lui signe de le rejoindre.

Il se leva rapidement et le rejoignit. Il apprit, en l'accompagnant pour faire le tour du domaine, qu'il serait tout spécialement affecté aux soins du nouveau cheval qui serait offert le soir même au jeune maître de maison. Un autre lad s'occupait déjà des chevaux de Lord et Lady Malfoy.

Cà promettait, pensa t-il. Serait-il à la hauteur ?

La propriété était immense ; il découvrit d'abord les dépendances et l'écurie, puis visita une partie du Manoir. Il comprit rapidement qu'il n'était pas sensé déambuler dans le Manoir, hormis les parties communes et l'office des domestiques près des cuisines où il prendrait ses repas. Une partie des domestique était logée dans le bâtiment adjacent, mais il avait la chance-il compris que c'était une faveur- de loger à l'extrémité du Manoir.

Il termina sa visite légèrement étourdi par tant d'informations. Il rencontra également les domestiques, les uns après les autres, sans réussir d'ailleurs à se souvenir qui était précisément qui et quelle était la fonction exacte de chacun.

Lors du repas du soir il se rendit nettement compte qu'il y avait une stricte hiérarchie entre la domesticité, et que lui faisait définitivement partie de la piétaille. La jeune soubrette le regarda à plusieurs reprises en souriant, mais il n'osa lui parler directement.

Après le repas, il sortit se promener dans le parc. En revenant, il entendit des calèches passer dans l'allée, et se souvint qu'une soirée était prévue au château.

Il fut irrésistiblement attiré par ce ballet de cortèges luxueux.

On était fin septembre, et l'air fraîchissait. Il regarda défiler devant lui les équipages, et les suivit en se faufilant entre les arbres. Il ne savait pas s'il était autorisé à se promener la nuit dans le parc autour de la demeure des Malefoy. Il se sentait comme un intrus.

Arrivé près du grand escalier, il vit descendre d'une calèche un couple richement vêtu, accompagné d'une jeune fille délicate, blonde à la peau claire, magnifiquement parée. Elle ressemblait au portrait d'une princesse qu'il avait vu dans le vieux livre de contes de sa mère. Ils entrèrent rapidement.

Lorsqu'une vingtaine d'autres personnes furent entrées, toutes très élégantes, le défilé s'interrompit.

Il glissa alors furtivement vers les fenêtres éclairées, à gauche de l'entrée. En se hissant sur la pointe des pieds, il pouvait voir la salle de réception.

Il en eut le souffle coupé : la salle était décorée de dizaines de bougies argentées, et des bouquets de fleurs blanches décoraient toutes les tables. Des bougies illuminaient également les lustres en cristal, et l'ensemble scintillait comme un meilleur Noêl. Il comprenait maintenant l'affairement des domestiques.

Les invités passaient de table en table, lentement, et buvaient du champagne avec distinction. L'ambiance était joyeuse, mais de bon ton. Des jeunes gens se massaient dans un coin et riaient plus bruyamment. Harry ressentit une pointe de jalousie en les voyant.

Il chercha des yeux les hôtes de la soirée, mais ne les vit pas.

Puis, comme à un signal, tout le monde s'assit et commença le ballet des domestiques apportant les mets. Les invités les dégustaient négligemment, du bout des lèvres.

Harry était frigorifié mais ne pouvait se résoudre à tourner les talons. C'était un spectacle inhabituel pour lui, comme s'il était au théâtre.

Au bout d'un long moment, alors qu'il s'apprêtait à repartir, les lumières semblèrent s'éteindre, et le silence se fit.

Un énorme gâteau porté par deux serviteurs apparut alors, brillant de l'éclat des 19 bougies allumées. Ils le déposèrent à l'extrémité de la plus grande table, et Harry, en changeant de fenêtre, découvrit enfin le héros de la fête.

A travers la vitre embuée, à la lueur des bougies, Drago Malefoy lui sembla une apparition.

Blond, élancé, et vêtu d'un costume bleu nuit, se tenant avec élégance et retenue devant ses invités, il était splendide. Il souriait d'un air modeste mais digne, et souffla d'un coup toutes ses bougies, sous les applaudissements. Son visage pâle était d'une régularité parfaite, d'une noblesse mise en valeur par sa blondeur et sa chemise à jabot blanche. A peine sa bouche légèrement charnue laissait-elle deviner un tempérament sensuel.

Puis il se tourna vers ses parents et dit quelques mots. A côté de lui se tenait la magnifique jeune fille qu'Harry avait vu arriver, et elle fut la première à recevoir une part de gâteau.

Harry n'arrivait pas à détacher ses yeux de ce couple sublime. Tant de beauté et de jeunesse étaient comme une provocation pour lui, et pour tous les vauriens de son espèce. Il était à la fois fasciné et énervé par tant de perfection.

Son cœur battait à tout rompre sans qu'il sache exactement pourquoi. Après avoir encore longuement observé la scène, il rentra se coucher, un peu écoeuré.

oooOOOoooOOOoooOOOoooOOOooo

Le lendemain matin, le réveil à 5 heures fut un peu difficile pour lui. Après avoir avalé un café en vitesse avec son compagnon de chambrée, il courut retrouver le responsable des écuries, appelé Adams.

Ce dernier le détailla des pieds à la tête et lui dit, un peu narquois : « C'est tout ce que tu as à te mettre ? ».

Harry rougit, un peu honteux. Ses vêtements rapiécés étaient un peu courts, mais confortables.

Il s'aperçut que l'autre lad était habillé aux couleurs de la maison Malfoy, vert et argent.

Adams ajouta :

- Tu iras voir la couturière, elle te bricolera quelque chose. Il faut être correctement habillé ici.

- D'accord, maugréa Harry.

Cà commençait bien. S'il n'était déjà pas assez chic pour s'occuper des chevaux…

On le conduisit au box du nouvel arrivé. C'était un magnifique pur sang arabe, et Harry n'en avait jamais approché jusque-là. Il avait l'habitude des chevaux de trait ou des demi-sang. Il écouta avec grande attention les consignes d'Adams. Il ne voulait surtout pas décevoir, pour son premier jour.

Heureusement l'autre lad, David, était gentil, plutôt bavard et pas méprisant. Il avait à peine 16 ans et c'était le fils d'une femme de chambre. Il n'avait pas beaucoup eu l'occasion de discuter avec lui car lorsqu'il était rentré, la veille, l'autre garçon dormait déjà profondément.

Le cheval était racé, nerveux, et Harry eut toutes les peines du monde à le préparer pour l'heure dite.

Enfin, à huit heures, il était fin prêt, et le cheval aussi. Il attendait, immobile, au manège, un peu ému. C'était lui qui tenait le cadeau d'anniversaire du jeune lord, et il avait presque l'impression que c'était son cadeau à lui.

Au bout d'une heure, le cheval ne tenait plus en place et Harry le maîtrisait difficilement. Adams, passant devant lui, lui dit :

« M. Malefoy n'est jamais pressé. Fais lui faire un tour de manège sans cavalier en attendant ».

Harry obéit.

Au bout de quelques minutes, il vit arriver un grand jeune homme maussade, en bottes de cuir. Il eut du mal à reconnaître l'homme élégant de la veille. Son expression renfrognée et sa bombe sur la tête cachant ses cheveux le banalisaient. Il s'arrêta de l'autre côté du manège, et lui lança :

« Eh toi, qu'est ce que t'attends pour me l'amener ? Tu crois que je vais sauter sur son dos au vol ? » ajouta-t-il, moqueur.

Harry rougit et s'empressa d'arrêter l'animal, très énervé.

Le cavalier s'approcha du cheval, une moue méprisante sur les lèvres :

« Pourquoi est-ce qu'il transpire déjà comme çà ? » lui demanda – t-il.

« Ben..euh…c'est M. Adams qui m'a dit de l'entraîner.. »

Malefoy examinait à présent le cheval attentivement, comme si Harry n'existait plus.

Ce dernier l'observait à la dérobée. Il n'avait pas l'air commode, en effet. Et il n'était pas aussi beau que çà de près, avec cette moue boudeuse, ce qui rasséréna un peu Harry. Finalement il n'avait pas tout pour lui, ce garçon trop gâté.

Lorsque Drago grimpa sur le dos du cheval et commença à le faire trotter, Harry dut néanmoins reconnaître qu'il avait beaucoup de prestance.

Il récupéra la longe et commença le travail de manège avec son maître. Il se concentrait sur les pas du cheval, tout en suivant les indications du cavalier.

Malefoy se révéla un excellent cavalier, et Harry commençait à se détendre lorsque Lucius Malefoy s'approcha d'eux :

« Alors, mon fils, qu'en penses-tu ? Il est magnifique, hein ? »

- Pour le prix, il peut, Père. Mais vous savez que ce n'est pas ce que je voulais…

- Cà suffit, Drago. Inutile d'y revenir.

Harry était surpris : il n'était pas satisfait de cette merveille? Décidément, il lui était de plus en plus antipathique.

Lucius Malefoy fronça les sourcils, se retourna avec un geste grandiloquent et repartit vers la demeure.

Son fils ne réagit pas et se mit à galoper, un fin sourire aux lèvres. Au bout d'un long moment il s'arrêta et descendit d'un bond.

Sans un regard pour Harry il repartit vers le bâtiment principal. Ce dernier était un peu déçu, mais pas vraiment surpris de cette indifférence. Il savait qu'il faisait juste partie des meubles.

A suivre…..

Merci pour votre lecture, merci pour vos commentaires….