Disclaimer : rien ne m'appartient, les personnages sont à JK Rowling, l'histoire à Vorabiza, le thé avalé en faisant cette traduction à mes parents et ma sœur
Avertissement : si vous êtes arrivés à ce point de l'histoire, est-il encore nécessaire de mettre un avertissement ? Au cas où la réponse serait oui : relation entre deux hommes, suffisamment explicite pour justifier le rating maximum.
Note de la traductrice : je suis vraiment désolée pour le retard, mais rassurez vous, je n'ai pas abandonné cette traduction. Merci beaucoup à tous ceux qui ont eu la gentillesse de m'envoyer une tite review malgré mon retard !
Bonne lecture
Chapitre Trente-neuf
Harry se réveilla en sursaut, avec une gueule de bois, en plein chaos. Des hiboux qui hululaient, Draco qui criait, sa tête qui le faisait atrocement souffrir et son estomac qui était à l'envers. Il était persuadé d'être sur le point de mourir, avec une douleur pareille.
« Potter! Réveille-toi, bordel, et aide moi ! »
Harry jeta un coup d'oeil à Draco qui essayait de s'en sortir avec deux douzaines de hiboux, et rabattit la couverture par-dessus sa tête. Il savait ce que cela voulait dire. Luna lui avait dit que son article était censé paraître dans la dernière version du Quibbler ce jour-ci.
« Winky ! » cria Draco.
Harry grogna, prenant sa tête entre ses mains. Draco continua de râler.
« Putains de hiboux... Tu ne boiras plus jamais... Il faudrait vingt elfes de maison pour te suivre, toi et toutes tes emmerdes... Si tu n'étais pas déjà quasi mourant, je te tuerais de mes mains… ou mieux encore, tuer Wood… il est seulement… Tempus... Six heures et demi du matin, bordel... Trois heures et demie de sommeil... Héros, mon cul... »
Entre deux plaintes, Draco réussit à ordonner à Winky de rediriger les hiboux vers la cuisine où les autres pourraient aider à soulager les hiboux de leur fardeau. Il lui ordonna également de rapporter une potion anti gueule de bois.
Il força Harry à s'asseoir. Ce dernier grimaça à l'idée d'ingérer quoi que ce soit, même une potion censée l'aider à contrôler son estomac.
« Bois ça, » ordonna Draco.
Harry but.
« Je te déteste, espèce de sale gosse insupportable, » marmonna Draco.
Harry gémit son accord.
Draco soupira. « Il va falloir quelques minutes pour que ça marche, mais ça va calmer ton estomac et réduire ton mal de crâne, » dit-il.
Ils s'assirent en silence pendant de longues minutes jusqu'à ce que Harry décide que le martèlement dans sa tête avait suffisamment diminué pour qu'il envisage de bouger. Ils se douchèrent, s'habillèrent, et Harry s'assit au bout du lit pour attendre que Draco ait fini, sans se plaindre.
Quand Draco revint et se tint debout devant lui, Harry leva les yeux d'un air inquiet. « Tu m'en veux encore ? » demanda-t-il.
Draco lui adressa un demi-sourire et secoua la tête. « J'étais juste énervé d'être réveillé par un putain de régiments de hiboux, » dit-il. « Tu vas bien ? »
Harry grimaça. « Ouais, je suppose que ça peut aller, » dit-il. « Mais je suis vraiment désolé pour tout ça, la nuit dernière et ce matin. »
Draco haussa les épaules. « Tu n'as pas à être désolé, » dit-il. Il eut un sourire méprisant. « Le seul qui doive être désolé ce matin, c'est Wood. »
« Donc, tu étais là à ce moment, » dit Harry en grimaçant.
« Ce connard était en train de draguer mon petit ami, » gronda Draco. « Oui, j'ai vu ça. Mais je me suis occupé de lui, » dit-il avec une satisfaction cruelle.
« Quoi ? Qu'est ce que tu as fait, bordel ? » demanda Harry d'un ton inquiet.
« J'ai jeté un sort d'oubliettes à ce bâtard, » dit Draco, sans une once de remord.
« Draco ! » s'exclama Harry.
« Ne me regarde pas comme ça, » répondit sèchement Draco. « Je ne lui ai lancé aucun Impardonnable, même si ce fils de pute le méritait pour t'avoir touché, sans parler de la façon dont il t'a parlé. Il aura peut être quelques bleus qu'il aura du mal à expliquer ce matin, mais ce connard n'allait pas partir en se souvenant de toi hier. »
Il s'arrêta, son regard se faisant vague alors qu'il se remémorait la nuit précédente. « Je pense aussi que j'ai maintenant un certain respect pour les copies conformes, » ajouta-t-il.
Harry le regarda, bouche bée. « Fred et George t'ont aidé à battre et à lancer un sort d'Oubliettes à Oliver ? »
Draco hocha la tête, sans perdre son sourire suffisant.
« Draco, tu ne peux pas faire ce genre de choses, » dit Harry.
« On ne l'a pas trop amoché, » dit Draco d'un ton ennuyé. « Je ne voulais pas avoir à subir ta colère si ça avait été le cas. »
« Oh, » dit Harry, essayant de décider s'il devrait lui en vouloir ou le remercier. Il devait le reconnaître, il n'était pas particulièrement désolé pour Oliver. Il s'inquiétait plus pour les ennuis que cela aurait pu attirer à Draco.
« Euh, merci, » dit Harry d'un air étonné, renversant la tête pour le regarder. Pour m'avoir défendu et pour ne pas avoir été trop loin, ajouta-t-il silencieusement, à peu près sûr que Draco comprenait sans qu'il ait besoin d'ajouter les mots.
Le sourire satisfait de Draco était de retour. « De rien, » dit-il d'une voix traînante. Il planta un baiser sur le visage levé de Harry. « Maintenant, allons voir ce qui a amené tous ces hiboux. »
« C'est juste la parution de l'article, » marmonna Harry. En descendant, il raconta à Draco la fête impromptue ayant suivi l'ouverture du courrier à la table de Gryffondors quand l'article était paru dans sa cinquième année.
En entrant dans la cuisine, ils trouvèrent Remus, Lucius et Winky qui prenaient les enveloppes et vérifiaient qu'il n'y avait aucun sort.
« Bordel de merde, » marmonna Harry d'un ton dégoûté en voyant la pile déjà haute de courrier au milieu de la table.
Il contourna la table sans s'en approcher, et alla servir du thé pour lui et pour Draco.
« Tout va bien ? » demanda Remus.
« Oui, merci, » dit Harry.
« Vous auriez mérité de souffrir plus longtemps, » dit Lucius d'une voix traînante. « Il me semblait qu'on vous avait averti de ne pas boire la nuit dernière. »
Harry, curieux, regarda par-dessus son épaule. Lucius paraissait bien plus amusé qu'inquiet. Harry lui lança un regard noir en voyant le sourire moqueur du sorcier.
« Bâtard, » marmonna Harry.
Lucius éclata de rire, appréciant de toute évidence de voir Harry mal à l'aise. « Ce n'est pas moi qui ait trop bu et ait fini la soirée habillée en femme, » dit-il.
Harry rougit, lançant un regard courroucé à Draco. « Je n'étais pas saoul à ce moment, j'étais inconscient, » gronda-t-il. « C'est la faute de votre fils. »
Draco souriait d'un air moqueur, mais il ne dit rien. Tout cela avait peut être commencé comme un plaisanterie, mais ça avait été bien plus agréable qu'ils ne l'auraient pensé. Harry était soulagé que Draco n'avoue pas cela à son père.
Remus eut l'air surpris. « J'étais certain que Fred et George étaient derrière ça, que c'était une de leurs blagues, » dit-il.
« Oui, et bien je me doutais depuis un moment que si Draco commençait à s'entendre avec eux, j'étais mal barré, » marmonna Harry.
« Ah, » dit Remus d'un ton compréhensif, les yeux pétillants d'amusement.
« Des Weasley, Draco ? » demanda Lucius.
Harry s'était retourné pour préparer son thé, mais il se raidit en entendant les mots de Lucius. Il avait parlé d'un ton délibérément neutre, mais Harry savait que le reproche était là, même si il ne pouvait pas l'entendre. Lucius n'appréciait pas que son fils devienne ami avec des Weasley. Harry se mordit la langue alors qu'il attendait la réponse de Draco.
Draco regarda successivement Harry et Lucius avant de relever la tête et de regarder son père droit dans les yeux.
« J'ai fait l'erreur de juger les gens par leur nom, Père, » dit-il. Il releva la manche de sa robe, dévoilant la Marque des Ténèbres. « Ça m'a mené à ça, et mon propre nom est devenu honteux. On m'a donné une deuxième chance, et je n'ai pas l'intention de refaire les mêmes erreurs. Le nom de Malfoy redeviendra un nom dont on pourra être fiers. »
Harry écarquilla les yeux. Il n'aurait pas pu être plus fier de Draco, mais il comprenait aussi l'anxiété que ce dernier devait ressentir alors qu'il tenait tête à son père.
Le regard de Lucius se porta sur lui. Harry s'appuya contre le comptoir. Les yeux de Lucius étaient accusateurs, mais ils laissaient aussi voir une lucidité face à cette situation. Lucius n'était pas heureux de cette situation, et son instinct était de s'en prendre à Harry pour avoir corrompu son fils. Harry savait cela. Il s'y attendait.
Ce fut la lucidité qu'il vit dans son regard qui le retint de provoquer une dispute. Que Lucius le reconnaisse ou pas, en fin de compte, il était lui-même responsable pour avoir terni le nom des Malfoy aux yeux de la majorité du Monde Sorcier. Harry n'était pas certain que Lucius souhaite se racheter pour ses actions passées, mais il savait que Lucius voulait réhabiliter le nom des Malfoy.
Harry n'avait encore jamais autant ressenti l'influence et le pouvoir politique qu'il avait qu'en cet instant. Debout, pieds nus, vêtu d'un simple jean et d'un t-shirt, ses cheveux en pagaille, il avait plus de pouvoir que l'aristocrate impeccablement habillé assis à la table. Il savait que Lucius cèderait face à Draco. Parce que le nom de Harry signifiait quelque chose dans le monde sorcier, et les Weasley représentaient beaucoup pour Harry.
« Vous avez le choix, Lucius, » dit calmement Harry. Simplement, il n'y avait qu'une seule décision à prendre si il voulait que son nom ne signifie de nouveau quelque chose, et si il voulait garder le respect de son fils. Draco venait de définir une frontière très claire, et s'était placé du côté de Harry.
La mâchoire de Lucius se resserra presque imperceptiblement avant qu'il ne hoche la tête.
Il regarda son fils. « Tu as raison, le jugement que l'on peut porter sur certaines familles a changé, » dit-il. « J'accepte ton choix de... d'associés. »
Harry se tourna face au comptoir, essayant de masquer son sourire soudain. Associés, en effet. Il n'était pas certain que Draco lui-même se considère ami avec Fred et George. Si Lucius le savait, il serait probablement fier. Draco et les jumeaux étaient plutôt des sortes de partenaires en crimes et méfaits.
Il prépara du thé pour lui et Draco, finalement, et apporta les tasses à table. Il était heureux de voir que les épaules de Draco s'étaient visiblement détendues. Il porta ensuite son attention vers la pile grandissante de courrier. Il repéra un paquet cylindrique qu'il attrapa et ouvrit, trouvant une copie du magazine, comme il s'y attendait.
« Tiens, » dit-il en l'envoyant à Draco.
« Est ce que l'article est dedans, alors ? » demanda Draco, feuilletant déjà les pages.
« Je suis sur la couverture, » marmonna Harry. « Je suppose que ça veut dire que l'article y est. »
« Tu es toujours en couverture des magazines sorciers, » dit négligemment Draco. « Ça ne veut rien dire. »
« C'est vrai ? » demanda Harry, surpris. Il secoua la tête. « Peu importe, je ne veux pas le savoir. Avec tout ce courrier, je suis sûr que ça veut dire que l'article a été publié. »
Draco fronça les sourcils, mais ne fit aucun commentaire alors qu'il parcourait l'article qu'il avait trouvé.
« Et vous n'allez pas commencer à ouvrir votre courrier ? » demanda Lucius, d'un air curieux.
« Je suis obligé ? » demanda Harry en grimaçant.
Lucius fronça les sourcils. « Vous n'accordez vraiment aucune importance à votre célébrité, n'est ce pas ? »
« Il était temps que quelqu'un s'en rende compte, » marmonna Harry. Il soupira avant de repousser sa tasse et d'attraper une enveloppe. « Allez, piochez. Il faut que l'on sache ce que le peuple a à dire, après tout, » dit-il d'un ton sarcastique.
« Harry, » dit Remus d'un ton réprobateur.
Harry roula des yeux. « Bon, ça va, » finit-il par dire. « Je suppose qu'il faudrait que je sache si il y a plus de réponses positives ou négatives dans cette satanée pile. »
Draco souleva le magazine. « A en juger par ça, je pense qu'elles sont plutôt positives, » dit-il.
« Génial, » dit Harry sans enthousiasme. « Je me demande combien de propositions de mariage j'aurais cette fois-ci. »
« Quoi ?! » s'exclama Draco.
« Il y a probablement des demandes en mariage là-dedans, » dit Harry. « Des fois, il y a même des photos avec. »
Draco fusilla du regard la pile d'enveloppes, jetant le magazine de côté. « Tu ne réponds pas à ces conneries, n'est ce pas ? »
Brusquement, Harry trouva la situation beaucoup plus amusante. « Tu souhaites devenir mon secrétaire ? » dit-il d'un air moqueur.
Draco lui lança un regard assassin, et Harry se mit à rire. « Non, je ne réponds pas à mon putain de fan club. Merlin, Draco, tu sais que tous ces trucs ne m'intéressent absolument pas. »
« Mais vous devez déterminer si votre article était un succès ou non, » intervint Lucius.
Harry haussa les épaules. « Oui, mais c'est tout ce que je dois faire, » dit-il. Il sourit à Draco. « Je ne suis certainement pas obligé d'étudier les demandes en mariage. Draco me suffit largement. »
Il rit alors que Draco lui tapait l'arrière de la nuque, puis gémit quand son petit ami l'embrassa possessivement.
« Assez de ça à table, » dit Remus d'un ton exaspéré.
Harry lui adressa un sourire, ne regrettant absolument pas le baiser. Draco ne semblait pas le moins du monde gêné et commença calmement à trier le courrier. Harry, qui ne souhaitait toujours pas le lire, repéra la Gazette du Sorcier dans la pile et l'attrapa pour la lire à la place.
Il écarquilla les yeux en voyant la une.
« Qu'est ce qui ne va pas ? » demanda Remus, voyant son expression.
Harry leva les yeux et se tourna vers Lucius. « Vous êtes mort, » annonça-t-il en lui tendant le journal.
« Déjà ? » s'étonna Draco.
Harry haussa les épaules et serra sa tasse dans ses mains pour profiter de la chaleur. Il ne savait pas exactement ce qu'il ressentait. La sensation horrible d'avoir tué un homme. La satisfaction qu'il s'agisse de Petitgros. Le soulagement que ce ne soit pas Lucius qui soit mort, car il avait tellement d'importance pour Draco et Narcissa. La jalousie parce que Draco avait son père, et lui non. La vengeance parce que celui qui avait trahi ses parents et Sirius avait finalement été puni.
« Harry ? Qu'est ce qui ne va pas ? » demanda Draco, les sourcils froncés. « C'était un succès, non ? »
Harry le regarda, sans expression, pendant un moment. « Oui, un succès, » dit-il d'un ton fatigué.
Il regarda Remus, qui semblait horriblement triste. Harry n'était pas certain si il était triste par rapport à ce qu'il avait fait, où par rapport à ce qu'il avait perdu dans le passé, mais probablement un peu des deux.
Il rencontra le regard de Lucius qui, étrangement, était compréhensif.
« Vous avez payé un prix élevé pour cette victoire, » dit calmement Lucius.
« Je suis désolé, Harry, » murmura Draco.
Harry secoua la tête. « C'est fait, » dit-il, plus sèchement qu'il ne l'avait voulu. Il inspira profondément. « Tu as raison, c'était un succès, et ça nous rapproche un peu plus de la victoire. »
Il souhaitait désespérément changer de sujet. « Où est Severus ? Et Narcissa, et Victoria ? »
« Etant donné le bazar qu'il y avait ce matin avec le courrier, Narcissa a emmené Victoria à la nursery, » répondit Remus.
« Et Severus ? »
Remus échangea un regard avec Lucius.
« Qu'est ce qu'il se passe ? » demanda Harry.
« Severus est retourné au Manoir, » l'informa Lucius.
« Oh, » dit Harry. Il ne leva pas les yeux de sa tasse de thé. « Est-ce que vous savez quand il est censé voir Voldemort ? » demanda-t-il.
« Pas avant cet après midi, » répondit Lucius. « Il prépare des potions toute la matinée. »
« Severus a dit que tu devrais te préparer, au cas où, » dit Remus.
Harry rencontra le regard de Remus. Ce dernier était au courant du châtiment que Severus avait subi pour la disparition des Malfoy. Il hocha la tête.
« Severus pense que ce sera encore pareil, » dit-il doucement.
« Pourquoi lui ? » demanda amèrement Harry.
« Parce qu'il est le favori du Lord Noir, » répondit Lucius. « Et, en tant que tel, il reçoit le bon et le mauvais. Vous êtes conscient qu'il accepte cela. »
« De quoi est ce que vous parlez ? » demanda Draco. « Je pensais que Harry était censé se préparer pour une éventuelle bataille. »
Harry avala le reste de son thé. Au diable les secrets de Severus. Draco méritait de savoir ce qu'il se passait, bordel. Tous les autres dans la maison semblaient le savoir.
« Harry, » dit Lucius d'un ton menaçant.
« Draco n'est pas un imbécile, » dit sèchement Harry. « Il va être capable d'additionner deux et deux quand Severus arrivera, pissant le sang de partout. »
« Quoi ?! » s'exclama Draco.
« Harry, on n'en est pas sûrs, » dit Remus.
« Non, c'est vrai, » dit froidement Harry. « La dernière fois il a décidé d'attaquer Pré-au-Lard avant. Quand ça a échoué, il a eu encore plus de raisons de torturer Severus. »
Le visage de Draco refléta sa compréhension, et il sembla soudain aussi mal que Harry se sentait. « Severus a bien été torturé à cause de notre disparition, » dit-il d'une voix presque inaudible.
« Et il ne souhaitait pas que tu te sentes coupable pour ça, » dit Lucius a Draco, mais son ton et son regard glacial étaient adressés à Harry.
« Je sais que Severus ne voulait pas que Draco soit au courant, » dit Harry. « Mais, putain, il s'est fait torturé pour Draco et Narcissa. Est-ce qu'ils ne méritent pas de le savoir ? »
« Je m'en étais douté, mais comme personne n'avait rien dit, j'avais espéré que... » dit Draco d'une voix misérable. Des yeux gris, tristes, supplièrent Harry de lui dire la vérité. « Tu l'as vu ? C'était vraiment si terrible que ça ? »
« Oui, mais ça a été, » essaya de le rassurer Harry. « Je l'ai aidé à se soigner, et le lendemain il était aussi insupportable que d'habitude.
Le silence s'installa dans la pièce alors que Harry et Draco réfléchissait à ce qui venait d'être dit. Winky leur resservit du thé et Remus lui demanda de servir le petit déjeuner, déclarant qu'ils avaient besoin de manger. Le courrier fut poussé sur le côté pendant qu'ils picoraient leur nourriture.
« Mangez, » ordonna Lucius. « Vous ne savez pas ce que cette journée vous réserve. »
« Vous devez reprendre des forces, » acquiesça Remus.
Harry les regarda d'un air curieux, mais se mit à manger. C'était extrêmement bizarre de voir Lucius et Remus être d'accord sur quelque chose. Il réalisa, cependant, que ce n'était pas moins bizarre que de voir tout le monde dans la maison cohabiter pacifiquement. Lucius avait au moins autant à perdre que les autres, et il prouvait qu'il était tout autant capable d'oublier les désaccords passés dans le but d'assurer leur survie. Même si il avait des motifs ultérieurs.
Harry se demanda si tout le monde ne faisait pas que sauver les apparences devant lui. Il avait été témoin de quelques petits désaccords, mais rien d'important. En tous les cas, cette entente n'était pas quelque chose qu'il allait remettre en question. Au fond, il était soulagé que tout le monde mette de côté son animosité, même si c'était seulement quand il était là. Il avait déjà bien assez de problèmes.
Alors qu'il continuait de manger, il se demanda comment ce serait si – quand – il aurait gagné la guerre. Est-ce que cette entente serait terminée, dès que le but commun serait atteint? Il passa sa main sur son torse, sentant les bagues cachées sous son t-shirt. Peut être que pour certains oui, mais pas pour tous.
Draco posa une main sur sa cuisse, attirant son attention. Harry se tourna vers lui et lui sourit, et fut heureux de voir Draco lui sourire à son tour.
Après le petit déjeuner, ils revinrent au courrier, qui était majoritairement positif. Cela leur donnait quelque chose à faire alors qu'ils attendaient des nouvelles de Severus.
Ils découvrirent une lettre de Blaise dans la pile, adressée à Harry par sécurité, mais qui était clairement destinée à Draco. Une lettre assez vague, mais qui exprimait quand même son inquiétude. Draco ne pouvait révéler à Blaise que son père était vivant, mais il lui écrivit une réponse assez vague, lui disant qu'il allait bien et qu'il le verrait dès que possible.
« Oh, et n'oublie pas de lui demander ce qu'il pense de Ginny, » dit Harry.
« Je me suis déjà arrangé pour qu'il s'intéresse à elle, » admit Draco d'un ton absent, trempant sa plume dans l'encre.
Harry sourit en voyant ses soupçons confirmés. « Tu lui as fait la liste des qualités des Ginny, n'est ce pas ? » le taquina-t-il.
Draco grimaça. « Il vaudrait mieux pour toi que je ne t'entende pas toi lister ses qualités, » le prévint-il.
Harry lui parla de la conversation qu'il avait eue avec Ginny la veille.
« Et bien, maintenant, il ne nous reste plus qu'à trouver comment les faire se trouver au même endroit en même temps, » dit Draco.
« Je n'ai pas la moindre idée de comment on va y arriver, » avoua Harry.
Ils échangèrent différentes idées alors qu'ils continuaient de parcourir le courrier. Draco trouva une lettre de Hermione qui était un peu plus inquiétante que celle de Blaise. Au lieu de se réjouir de la mort de Lucius, comme Harry s'y serait attendu, elle lui disait de se souvenir de Croupton.
« Mon père a été déclaré mort, » dit Draco. « Pourquoi est-ce qu'elle essaye de t'inquiéter plus que nécessaire ? »
« Draco, Hermione a raison d'être inquiète, » dit Harry. « Lucius est effectivement sorti de la même façon que Croupton. »
Draco grimaça. « Granger est trop intelligente pour son propre bien, » marmonna-t-il.
Harry roula des yeux. « Au moins ton père est de mon côté, » dit-il.
« En effet, » acquiesça Lucius, qui revenait dans la pièce en portant une dague.
Harry écarquilla les yeux. « Heureusement que vous êtes de mon côté, » dit-il.
Lucius eut un sourire moqueur, tenant la lame protégée par un fourreau, et présentant la garde. Harry l'accepta avec circonspection.
« C'est pour quoi ? » demanda Harry.
« Une protection supplémentaire, » dit Lucius.
« J'ai ma baguette, » protesta Harry.
« Et si vous perdez votre baguette ? » demanda Lucius en haussant un sourcil.
« Je demanderai une putain d'épée, » marmonna Harry.
« Quoi ? » demanda Draco en le regardant bizarrement.
« Rien, » dit Harry. Il faudrait qu'il parle à Draco de l'épée de Gryffondor, un de ces jours, mais il n'avait aucune envie de le faire pour le moment.
Draco semblait vouloir insister, mais il demanda finalement à voir la dague. Harry regarda Draco l'examiner. Il secoua la tête, étonné à l'idée qu'il était de plus en plus souvent associé à des serpents. La poignée de la dague était décorée de serpents, des cobras, si il ne se trompait pas. Draco la retira de son étui. La lame était dangereusement aiguisée, et brillait à la lumière. C'était ce qui le dérangeait.
« Il faut être vraiment très proche pour utiliser une dague, » dit-il, en frottant inconsciemment son bras, à l'endroit où le croc de basilic l'avait transpercé.
« C'est une arme très personnelle, » reconnut Lucius. « Mais vous aurez besoin de toutes les protections possibles. » Il hésita un moment. « Et c'est pour ça que je vais venir avec vous. »
« Venir avec moi où ? » demanda Harry, confus.
« Si Severus annonce une bataille pour cet après-midi, je viendrais avec vous, » dit Lucius. « Vous m'emmènerez à la place de Draco. »
« Non, » protesta Draco. « Je vais avec Harry. »
« Lucius, vous ne pouvez pas venir avec moi, » protesta Harry à son tour.
« Je pourrais vous accompagner sous ma forme Animagus, ce que Draco ne peut pas faire, » dit Lucius, ignorant leurs protestations.
Harry regarda Draco avec prudence. Le sujet de la fouine n'avait pas été abordé depuis l'arrivée de Lucius deux jours plus tôt. Draco grimaçait, mais Harry ne savait pas si c'était à cause de la forme animagus de Lucius ou parce qu'on lui interdisait d'accompagner Harry.
« Vous serez mieux protégé avec votre nouvelle cape d'invisibilité, » expliqua calmement Lucius. « Et Draco sera plus en sécurité ici. »
Harry ne pouvait pas vraiment le contredire. Il savait qu'il avait eu de la chance de ne pas être découvert la dernière fois. L'ancienne cape demandait bien plus de précautions pour rester caché, et Harry avait appris que pendant qu'il traduisait le journal de Voldemort, Draco avait travaillé sur quelques améliorations avec les jumeaux. Draco avait aussi demandé à Severus de l'aider à la tester, et la cape protégeait effectivement des Impardonnables. Porter cette cape revenait à porter tout un ensemble de sorts de protection, et pour autant qu'il aime sa vieille cape, elle n'était pas aussi sûre quand on marchait en plein milieu d'une bataille.
Il voulait égoïstement que Draco soit avec lui, mais au fond il préférerait avant tout que Draco soit en sécurité. Et ce serait facile de cacher une fouine dans une de ses poches.
Il regarda Draco. Son expression montrait qu'il était arrivé à la même conclusion, même si cela ne lui plaisait pas.
« C'est vrai, tu serais plus en sécurité avec Père, » admit-il à contrecoeur.
« Génial, alors j'ai une satanée fouine comme garde du corps, » marmonna Harry.
« Vas te faire foutre, Harry, » rétorqua Draco.
« Draco, je ne l'ai pas insulté, » répliqua Harry. « Ton père est bien une satanée fouine. »
« Et j'ai beaucoup plus d'expérience avec les Mangemorts que vous deux, » dit Lucius, coupant court à leur dispute.
Remus était resté silencieux, mais Harry le regarda pour avoir son avis. Remus ne semblait pas vouloir être impliqué dans la discussion, même maintenant.
« Severus pense que c'est une bonne idée, » dit-il simplement.
« Mais pas toi ? » demanda Harry.
Remus hésita avant de répondre, regardant Lucius. « J'ai quelques inquiétudes, » admit-il, « mais je reconnais que si tu insistes pour aller te battre, alors il faut que tu soies aussi bien protégé que possible. »
« Et est ce que Lucius est le mieux placé pour me protéger ? » insista Harry.
Remus soupira. « C'est mieux que d'y aller seul, » dit-il.
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Harry se tenait à côté du berceau et regardait Victoria dormir. Il regardait sa poitrine qui se soulevait régulièrement, au rythme de sa respiration. Elle dormait paisiblement, comme si il n'y avait aucun problème au monde. Et il n'y en avait pas… pas pour elle. Ou du moins, aucun dont elle avait conscience.
Il se demanda si son père était déjà resté le regarder dormir ainsi. Il était certain que cela avait été le cas. James Potter s'était sûrement demandé, inquiet, ce que serait l'avenir de son fils.
Harry sourit sombrement. Une chose que son père n'avait certainement pas imaginée, c'était son fils s'occupant d'un enfant Malfoy et s'inquiétant pour Severus Snape. Il n'était pas sûr que son père aurait approuvé, mais il était à peu près sûr que sa mère si. En tous cas, Remus, lui, comprenait.
Ce dernier était en train d'arpenter le couloir de l'entrée. Du moins, c'était ce qu'il avait été en train de faire la dernière fois où Harry l'avait vu. Lucius et Narcissa, malgré leur inquiétude, restaient calmement assis dans le salon. Draco avait tenté de convaincre son père de le laisser accompagner Harry pour se battre, et avait finalement dû abandonner. Pour autant que Harry sache, il était à présent en train de ruminer dans leur chambre.
Victoria était de loin la personne la plus apaisante de la maison tandis qu'ils attendaient des nouvelles de Severus. Harry regarda de nouveau son bracelet. Il n'y avait que le nom de Victoria d'inscrit, le message n'avait pas changé, malgré la multitude de fois où il avait regardé. Il savait bien qu'il serait prévenu en cas de nouveau message par le changement de température du bracelet, mais ça ne l'empêchait pas de vérifier quand même.
Décidément, Harry détestait attendre. Il préférait nettement quand il n'avait que cinq minutes pour se préparer. Il voulait agir. Faire quelque chose, n'importe quoi.
Il se retourna soudain, baguette à la main, quand la porte de la nursery s'ouvrit.
Narcissa haussa un sourcil parfaitement dessiné.
« Désolé, » marmonna Harry. Il utilisa sa baguette pour lancer un sort de silence autour du berceau de Victoria pour qu'elle ne soit pas dérangée, avant de la ranger dans sa poche.
« Je pensais bien que je te trouverai ici, » dit Narcissa, s'approchant de lui.
Harry haussa les épaules.
« Je ne t'ai pas encore remercié pour m'avoir ramené Lucius, » dit-elle doucement.
« Il fallait que j'aie le médaillon, » marmonna Harry.
Narcissa sourit. « Je pense que si Severus avait été seul, il serait revenu avec le médaillon, mais sans Lucius. »
Harry sourit à contrecoeur. « Peut être, » admit-il.
Il fut surpris quand Narcissa l'enlaça soudain. Il la serra dans ses bras à son tour, respirant son parfum fleuri. Il y avait tellement de choses difficiles à gérer autour de la sortie de Lucius d'Azkaban, mais, au final, il était heureux du résultat.
Quand elle le relâcha, ses yeux étaient emplis de larmes, mais elle ne pleura pas. « Je sais que tout cela a été très difficile pour toi, mais je suis incroyablement reconnaissante pour tout ce que tu as fait, » dit-elle. « Je suis aussi très heureuse que tu fasses partie de ma famille. »
« Merci, » dit doucement Harry.
Il fronça pensivement les sourcils avant de sourire. « Ça a toujours été mon plus grand souhait de faire partie d'une famille de criminels, » dit-il d'un ton insolent. « Maintenant que j'ai fait évader Lucius d'Azkaban, je devrais être à ma place. »
Narcissa éclata de rire. « Je compte sur toi pour éviter à Draco d'attirer les ennuis, Harry, » le réprimanda-t-elle.
« Oui, madame, » dit-il en souriant. « Mais est ce que les mères ne sont pas censées être du côté de leur fils ? »
« Je le suis, » dit-elle doucement.
Harry cligna des yeux.
Elle l'embrassa sur le front. « Je ne pourrais pas être plus fière de vous deux, » dit-elle.
Harry eut soudain l'impression qu'une boule se formait dans sa gorge, et il fut soulagé quand Draco déboula dans la pièce.
« Te voilà ! » s'exclama Draco. « Dis moi ce que c'est que ça, bordel ? »
Il tenait le pull que Mrs Weasley avait tricoté pour Victoria.
Harry grimaça. « Tu as fouillé dans mes cadeaux d'anniversaire, n'est ce pas ? »
Draco eut l'air peiné avant de se reprendre rapidement. « Oui, et j'ai trouvé ça. Avec un autre assorti, » dit-il, comme si il s'agissait d'une offense suprême, et faisant fi du fait qu'il avait assorti les vêtements de Harry et Victoria aux couleurs de Serpentard la veille.
« Je trouve ça adorable, » dit Narcissa, essayant de réprimer un sourire face à la réaction de son fils.
« Adorable ? C'est Gryffondor ! » s'exclama Draco.
« Ne le détruis pas, s'il te plaît, » dit Harry en soupirant.
Draco, surpris, mit un moment à répondre. « Je n'allais pas le détruire, » dit-il. « J'allais simplement le cacher avec tes autres pulls Weasley. »
Harry écarquilla les yeux. « Tu n'as pas jeté mes pulls, si ? »
« Non, » répliqua Draco. « Je viens de te dire que je les ai cachés. Par contre, toutes les autres horreurs que tu appelais vêtements ont été jetées. »
« C'est ce que je me suis dit, » admit Harry. « C'est juste que je n'avais pas pensé à mes pulls Weasley. »
« Victoria ne peut pas porter un pull Gryffondor, » dit fermement Draco, revenant à son sujet de départ.
Harry regarda Victoria, qui continuait de dormir paisiblement dans son berceau. « Narcissa ? »
« Oui, Harry ? »
« Est ce que vous pensez que Victoria a une chance de survivre à son enfance avec moi et Draco comme parents ? » demanda-t-il.
« Je pense que oui, » dit Narcissa d'un ton amusé. « Cependant, j'attends avec impatience toutes les fois où elle se réfugiera auprès de ses grands-parents, ayant besoin de s'éloigner de ses parents pendant un moment. »
« Harry et moi sommes d'excellents parents, » dit Draco d'un ton hautain. « D'excellents parents Serpentards. »
« Draco, chéri, » dit Narcissa. « Harry est un Gryffondor. »
« Mais il est à moitié Serpentard, » dit Draco.
« Est ce que c'est en te disant ça que tu arrives à dormir avec moi la nuit ? » demanda Harry d'un ton sarcastique.
Draco lui adressa un clin d'oeil suggestif.
« Ne réponds pas à ça, » dit rapidement Narcissa. « Vous n'avez qu'à aller tous les deux dans votre chambre finir cette discussion. »
Pris d'une impulsion, Harry l'embrassa sur la joue. « Merci, » dit-il.
« Pour quoi ? » demanda-t-elle, surprise.
Il haussa les épaules, se sentant embarrassé. « Je ne suis pas sûr que toutes les mères se montreraient aussi compréhensives, même si on est tous les deux majeurs. Surtout avec… tout ce que se passe. »
« Nous autres criminels devons nous serrer les coudes, » dit-elle sagement, les yeux pétillants d'amusement.
Harry éclata de rire, et entraîna un Draco stupéfait hors de la pièce.
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Pour se distraire, Harry et Draco étaient en train de trier et de commenter les cadeaux que Harry avait reçu la veille quand Winky apparut dans leur chambre.
« Maître Snape requiert la présence de Maître Harry en bas, » dit-elle d'un ton anxieux.
Ils dévalèrent les escaliers. Sans dire un mot, Lucius les conduisit dans la chambre de Snape. Draco se figea dans l'encadrement de la porte, et regardait avec horreur.
« Bordel de merde, » jura Harry, s'avançant à grands pas, la baguette déjà en main. « Est-ce que ce bâtard réalise que vous faites partie de ses favoris ? »
Remus le regarda avec surprise, son regard passant de Harry à Severus alors qu'il aidait ce dernier à se débarrasser de ce qui lui restait de sa robe. « Peut être qu'en effet Harry peut tenir le coup en te voyant dans cet état, » reconnut-il.
Severus était dans un sale état, pire encore que la dernière fois où Harry l'avait vu. Mais d'un autre côté, après la bataille de Pré-Au-Lard Severus avait déjà pris plusieurs potions et avait commencé à se soigner avant que Harry n'arrive. Il tremblait horriblement, sans doute l'effet de trop nombreux Cruciatus. Du sang coulait de ses nombreuses blessures.
« Est ce que c'est son habitude de fouetter les gens, où est ce qu'il garde ça pour les occasions spéciales ? » demanda Harry d'un ton sarcastique, inspectant Severus à distance.
Ce dernier avait un air ombrageux, mécontent de l'attention qu'il recevait de la part de Remus et Narcissa. Celle-ci aidait Severus à boire des potions, pendant que Remus continuait de lui ôter ses vêtements.
« Occasions spéciales, » répondit Lucius, qui était resté à côté de la porte, une main sur l'épaule de Draco. En les regardant, Harry se demanda si Draco allait tenir le coup. Il semblait avoir pris un teint verdâtre, et son visage reflétait la peine.
Pendant que Narcissa s'occupait de Severus, Harry fouilla dans le sac de potions et sélectionna une Décoction Calmante qu'il envoya à Draco.
« Bois ça, » ordonna Harry. Il espérait que cela calmerait Draco, et lui éviterait de vider son estomac.
Ce dernier but sans discuter.
« J'ai demandé Potter, pas un putain de public, » gronda soudain Severus.
Harry se demanda si il avait attendu de pouvoir contrôler sa voix avant de parler. Il ne tremblait plus, alors les potions avaient dû faire un peu d'effet.
« Severus, tu as besoin d'aide, » dit calmement Narcissa.
« Et Potter va m'aider, » rétorqua Severus. « Maintenant, reculez. »
« Euh, en fait, pourquoi est ce que vous m'avez demandé moi, précisément ? » Harry demanda avec curiosité. Remus et Narcissa l'aidaient, et ça lui paraissait bizarre que Severus le réclame, lui.
« Narcissa, soigne ça, » ordonna Severus, en levant son bras qui avait été coupé assez profondément.
Elle sembla irritée face à l'attitude de Severus, mais entreprit de soigner son bras comme il le lui avait demandé. Tout en prononçant l'incantation, elle traça les contours de la blessure avec sa baguette. Elle nettoya un peu de sang, puis lança le sort une deuxième fois.
Harry cligna des yeux, se rendant compte qu'elle avait dû le faire deux fois avant que la blessure ne commence à se refermer. Il fronça les sourcils, se rappelant ce jour dans les toilettes de Poudlard, et réalisa que Severus avait dû lancer deux fois le sort sur les blessures de Draco. Harry n'avait eu besoin de le lancer qu'une seule fois.
« Est-ce que c'est à cause de la magie de Voldemort ? » demanda Harry.
« Probablement, » dit Severus. « La démonstration est terminée. Lance le sort. »
Narcissa recula alors que Harry s'agenouillait devant Severus, commençant à soigner les nombreuses blessures sur son torse. Winky avait amené de l'eau fraîche et des serviettes, et il s'arrêtait seulement pour nettoyer le sang.
« Qu'est ce qu'il s'est passé ? » demanda Harry alors qu'il grimpait sur le lit pour soigner le dos de Severus. « Je m'attendais à une bataille. Et après à ça, » admit-il.
« Il a des plans pour samedi, » dit Severus d'une voix fatiguée. « Je ne sais pas grand-chose de plus, mais on en parlera plus tard. »
« D'accord, »dit doucement Harry. Il se concentra pour soigner les marques de fouet. Severus ne protesta pas quand Remus vint le soutenir alors qu'il commençait à vaciller, à cause de la fatigue et de l'hémorragie. Quand Harry eut fini, il laissa Severus aux soins de Remus, réalisant que les Malfoy étaient déjà partis.
Il les retrouva dans la cuisine.
« Comment va Severus ? » demanda Narcissa en posant une tasse de thé pour lui alors qu'il s'asseyait à table.
Harry haussa les épaules. « Ça va aller, » dit-il. « Remus est en train de le nettoyer maintenant, et si il fait comme la dernière fois, il va s'assommer en prenant une dose de Sommeil Sans Rêve. »
« Votre magie est impressionnante, » dit Lucius. « Il nous aurait fallu au moins le double de temps pour le soigner comme vous l'avez fait. »
« Je ne savais pas que je faisais quoi que ce soit différemment, » admit Harry. « Enfin, pas différemment, juste… »
« Mieux et plus vite, » dit Lucius d'un ton ironique.
Harry fronça les sourcils. « Je ne suis pas meilleur, » protesta-t-il. « C'est juste parce que j'ai un peu de magie en plus. »
« De la magie qui vient d'un sorcier extrêmement puissant, » dit Lucius. De toute évidence, quelqu'un lui avait parlé de son lien avec Voldemort.
« Et bien, oui. Je suppose que c'est le bon côté de ce qui s'est passé, » marmonna Harry.
« Sois reconnaissant pour cela, » dit Narcissa. « Et rappelle toi que ce n'était pas le Lord Noir qui était aussi formidable là-haut. C'est toi qui as su garder ton sang froid et utilisé ta magie de manière aussi efficace. Peu importe d'où provient cette magie, c'est toi qui la contrôles maintenant. »
« C'est vrai, » dit Harry. Il inspira profondément, se sentant un peu mieux.
La discussion se porta sur ce que Severus avait dit à propos de samedi, mais personne n'en savait plus que Harry. Remus arriva dans la cuisine et les informa que Severus dormait paisiblement. Harry et Draco eurent un repas rapide, puis on leur ordonna d'aller se laver (surtout Harry, qui était couvert du sang de Severus), et d'aller dormir. Ils avaient peu dormi la veille, et la journée avait été longue et éprouvante, même si il n'était que six heures du soir.
Draco était resté étrangement silencieux depuis le retour de Severus, et Harry le regarda avec inquiétude alors qu'ils se couchaient. Son inquiétude grandit quand Draco vint se blottir contre lui, cachant son visage dans le cou de Harry.
« Draco ? »
Le blond ne répondit pas et Harry se contenta de le prendre dans ses bras, sans insister pour parler. Il sentit des larmes tomber sur sa peau, et sut que c'était Draco, cette fois, qui craquait. Merlin savait que Harry l'avait souvent fait ces derniers temps. Il caressa les cheveux de Draco, tout en maudissant l'injustice de la situation.
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