Réminiscences

Disclaimer : Tout est à JK Rowling, rien n'est à moi (comme toujours).
Avertissement : Cette histoire d'amour évoque (et même plus) des relations homosexuelles. Donc homophobes s'abstenir.
Pairing : Severus/Sirius et Harry/Draco toujours.
Remember… Pas nécessaire aujourd'hui . N'est-ce pas?
Note de l'autrice : Et voilà... La fin de cette histoire. L'épilogue comme prévu. Je sais qu'à la fin du chapitre 20, j'ai mis que je le posterais vendredi mais bon... Nous sommes jeudi, il est une heure du matin (les amies, je n'ai pas trop les idées claires là mais je fais un effort lol) mais nous sommes le 9 aout. Je m'étais plantée dans les dates! Marrez-vous pour ma stupidité, je vous en voudrais pas, promis. Tout ca pour dire que comme l'épilogue est écrit (et relu) depuis trois jours, je vous le mets à cette heure tardive. J'espère vous faire plaisir et me faire pardonner pour les longs mois d'attentes des trois derniers chapitres. Je tiens à m'excuser encore une fois. Je crois que le problème qui s'est posé, c'est que c'était le dernier Pov de chaque personnage et je ne savais pas comment boucler tout ce que j'avais écrit. Bref... Je vous offre cet épilogue un peu particulier. On y retrouve un peu de Sirius, un peu de Draco (mes préférés quoique Severus me manquera beaucoup) et surtout beaucoup de Narcissa. Un personnage que j'ai adoré faire apparaitre au cours des chapitres Mais aussi un rien de Blaise et de Kisa. Cet épilogue, c'est surtout pour tous les persos secondaires. J'espère qu'il vous plaira (il est modeste... a peine 13 pages). Et il boucle la boucle.
Note de fin un peu mélodramatique: Merci à toutes celles qui m'ont accompagné au cours de ces deux années d'écriture acharnée. Je ne vous remercierai jamais assez de m'avoir lue et de m'avoir reviewé. Sans vous, j'aurais surement abandonné en cours de route. J'espère que cette histoire, si débutante soit-elle (si, c'est un début parce que des Harry et Draco j'en ai encore des milliers en tête ) vous aura plus jusqu'au bout malgré mes retards et mes blocages. Je vous aime. Je m'arrête où je vais chialer.
Petite remarque inutile: Vous trouvez pas que j'ai un peu abrégé l'histoire de la lumière blanche? Moi, je trouve . J'avais toute une théorie mais elle s'est envolée avec le découragement. Je crois que si j'ai le temps, je posterai l'explication complète dans un bonus. Et peut-être même les premiers essais du chapitre 20 que je n'ai jamais mis.

Sur ce, et pour la dernière fois (oui j'en fait un DRAME) Enjoyez!


Hermione leva la main pour frapper à la porte mais resta figée dans son mouvement.

Que faisait-elle là ? Elle n'était pas sure d'avoir le droit de déranger Dumbledore en plein travail pour lui poser ses questions.

Mais d'un autre côté, elle ne pouvait pas non plus faire demi-tour et ravaler toutes ses interrogations.

Que faire ?

Dumbledore lui offrit la réponse en ouvrant la porte de son bureau sans prévenir. Son regard se posa sur elle et derrière ses lunettes en forme de demi lune, elle ne nota pas de surprise. Il savait qu'elle était là à tergiverser comme une conne devant sa porte depuis dix minutes. Elle se sentit ridicule à raison et ouvrit la bouche mais il la devança :

- Rentrez donc, Mademoiselle Granger. Je cherchais justement de la compagnie pour une tasse de thé.

La jeune sorcière haussa les sourcils, surprise mais rentra sans commenter. Moins habituée que Harry à venir ici, elle regarda le siège avec hésitation puis, après un regard de Dumbledore, s'assit face au directeur en se tordant les mains, affreusement mal à l'aise.

Le thé avait déjà été servi pour deux. Il avait donc vraiment su qu'elle était là.

Rien de mieux pour stresser un peu plus. Elle s'empara de la tasse de thé comme un noyé à une bouée.

- Vous désiriez me poser quelques questions, non ? demanda le vieil homme avec un sourire.

Bon, elle était là alors autant s'exprimer. Courage Hermione, tu peux le faire.

- Je me demandais… Et bien… C'est assez difficile à dire mais…

- Oui ?

- Vous avez jeté un sort de Réminiscences à Harry et M… Draco.

Elle s'était corrigée au dernier moment en repensant au regard que lui avait jeté le blond hier lorsqu'elle l'avait appelé Malfoy. « Tu as peur de m'appeler Draco, Mione ? » lui avait-il dit avec un ton légèrement moqueur.

Sur le coup, elle s'était dit que sortir avec Malfoy n'avait pas été la meilleure idée de Harry. Le blond était tout le temps avec Harry depuis la conférence et Hermione avait beau comprendre qu'ils veuillent se coller le plus possible pendant les deux jours qui leur restait avant d'aller voir Voldemort, ça l'énervait.

Sérieusement, le garçon était un peu trop laxiste à son goût. Sympathique, bien plus qu'elle ne l'aurait cru même, mais exactement, EXACTEMENT, comme Ron.

« Tu crois vraiment qu'on a besoin de tant de préparation, Granger ? » n'arrêtait-il pas de dire de sa voix traînante. Et évidemment, Ron et Harry hochaient tous les deux la tête, tout à fait d'accord.

En temps normal, si il n'y avait cette bataille contre le plus grand mage noir de tous les temps dans deux jours, Hermione l'adorerait surement déjà mais là… Là, il était tout simplement nuisible ! Nuisible au bon déroulement de leur combat. Toujours à râler, à faire des remarques et à entraîner Harry ailleurs pour faire Dieu sait quoi.

Heureusement que Blaise était là pour l'aider. Il était le seul à avoir autant besoin qu'elle de tout prévoir à l'avance. Visiblement, le combat à venir, pour lequel il s'était proposé, l'angoissait au moins autant qu'elle.

Elle se demandait bien comment il pouvait être aussi amoureux de Ron, d'ailleurs.

Enfin, soit.

- Ce n'était pas une question, mademoiselle Granger, dit soudain le directeur avec un sourire.

Elle rougit furieusement en réalisant qu'en effet, ce n'en était pas une.

- Qu'est ce qui vous amène à penser une telle chose ? demanda Dumbledore, sans paraître vexé pour le moins du monde.

- Et bien… Harry m'a parlé de ces chocolats que vous lui faisiez manger et…

- Et pour M. Malfoy ?

Il la testait ou quoi ?

- Et bien, Harry dit que ces Réminiscences ont commencé le jour du match. Or, c'est le jour où Draco a accepté son invitation au bal. Je me suis renseignée sur le sort qui unit les deux cavaliers et il est plus profond qu'on ne le pense. C'est un lien de magie profond et il arrive parfois que lorsqu'on lie deux personnes magiquement de cette façon, les sorts que subissent l'un se répercutent sur l'autre personne. Draco m'a d'ailleurs confirmé que c'est à ce moment là que ses Réminiscences ont commencé.

Dumbledore eut un sourire satisfait :

- Et après le bal ?

- Le sort est persistant dans le temps. Si l'ensorcelé a envie de se souvenir, il continuera à avoir des Réminiscence dans un temps incertain. Certains experts affirment même que les Réminiscences, dans certaines circonstances, ne disparaissent que lorsque celui qui se souvient a compris quelque chose qui lui échappait jusqu'alors. Pour Harry et Draco, j'imagine qu'ils devaient comprendre qu'ils s'aimaient ?

Elle n'était pas tout à fait sure de sa dernière phrase mais le directeur hocha la tête, d'accord avec cela puis il lui demanda :

- Vous devez certainement savoir qu'on ne peut jeter un sort de Réminiscence que s'il l'on sait déjà de quoi va se rappeler l'autre. Comment aurais-je pu savoir tant de choses sur Harry ?

Hermione grimaça :

- Vous êtes un excellent legimens, vous voyiez Harry toutes les semaines et vous êtes toujours au courant de tout, donc on peut supposer que vous étiez au courant pour lui et Draco mais je ne crois pas que vous les ayez espionnés. Je pense que… D'une façon ou d'une autre, vous avez trouvé un moyen pour ne pas avoir besoin d'être au courant. Je me trompe ?

- Pas du tout. Une idée sur le comment ?

- Et bien, jeter un sort sur quelque chose de matériel, comme de la nourriture, affaiblit souvent la force du sort mais en ajoutant la bonne potion a l'artefact, il est possible de renforcer le sortilège. Le professeur Snape m'a dit qu'une simple solution d'Akarelles pourrait donner un tel effet dans le cas présent et Sirius m'a dit que justement, vous aviez demandé au professeur Snape de vous en fournir.

Elle se rappelait même très bien comment Snape s'était retourné vers Sirius pour lui dire : « Et tu l'as merveilleusement détruite avec tes hurlements ». Sirius avait alors répondu : « Il fallait bien que tu me remarques, non ? ». Puis, pour son grand malheur, Hermione avait eu droit à une énième démonstration de ce que font les hommes quand ils sont amoureux l'un de l'autre. Avec Harry et Draco qui semblaient s'être jeté un sort de Glu Perpétuelle sur la bouche, elle avait pourtant déjà très bien compris le message.

- C'est une jolie théorie, mademoiselle Granger, admit le directeur avec un sourire. Vous m'avez acculé en beauté. Permettez-moi de vous tester encore un peu et de vous demander pourquoi, selon vous, Harry a mis tant de temps à se souvenir du combat entre Monsieur Malfoy et son père.

Hermione eut un sourire. Celle-là, c'était une facile.

- Il n'était pas prêt à s'en rappeler. Inconsciemment, il a bloqué le sortilège comme il a effacé ses souvenirs.

Dumbledore prit sa tasse de thé, visiblement ravi :

- Félicitations, Melle Granger. Je vous tire mon chapeau. Je pense que vous devriez envisager sérieusement une carrière de détective.

Si c'était de l'ironie, elle ne la remarqua pas, ni dans le ton du directeur, ni dans son expression. Il avait l'air sérieusement impressionné.

- Merci, fit la jeune fille, un peu perturbée. Vous… Vous admettez donc que c'était vous et que vous aviez tout prévu ?

- Pourquoi le nierai-je ? Cependant, il est bon de préciser que je n'avais pas tout prévu. Le bal et l'invitation d'Harry étaient des facteurs imprévisibles qui ont finalement aidé. Je n'avais pas prévu d'ensorceler M. Malfoy. Etrangement, il me semblait beaucoup plus conscient de ses sentiments que Harry et j'ai donc jugé inutile de lui envoyer des Réminiscences.

Hermione hocha la tête, comprenant puis la question qui lui brûlait les lèvres sortit :

- Mais pourquoi ?

- Vous ne croyez pas, Melle Granger, que Harry avait besoin d'un petit coup de pouce ? Sans ces réminiscences, le temps qu'il aurait mis à réaliser qu'il est amoureux de M. Malfoy aurait été beaucoup trop long.

- Trop long pour quoi ?

- Je crois savoir que vous êtes au courant de cette prophétie qui lie Voldemort à Harry ?

Hermione acquiesça.

- A un moment, elle dit brièvement : Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore… J'ai longtemps supposé que ce pouvoir était le sacrifice de la mère de Harry et je ne pense pas m'être trompé cependant l'idée m'est venu que le meilleur moyen de tuer Voldemort était qu'Harry utilise une nouvelle fois ce pouvoir dont Il ignore tout.

- Vous… Vous parlez de l'amour ?

- Qui, dans ce cas-ci, est représenté par Monsieur Malfoy, oui.

Hermione le regarda, choquée. Il voulait utiliser Draco comme la mère d'Harry ? Qu'il se sacrifie ou quelque chose comme ça ? Ses yeux s'agrandirent d'horreur soudain quand elle repensa à quelque chose :

- L'enlèvement de Draco ! Vous l'aviez prévu ?!

- Je crois qu'il est temps que vous retourniez en cours, Melle Granger. Et, je pense qu'il vaut mieux garder ce que je vous ai dit pour vous.

Elle n'arrivait pas à le croire. Il avait laissé Draco se faire enlever pour son plan ? Encore en état de choc, elle se leva et se laissa diriger vers la sortie.

- Vous pensez que… dit-elle malgré tout, que Draco doit mourir ?

Elle se retrouva incapable de ne pas murmurer ces derniers mots.

- Non, certainement pas, fit Dumbledore.

Et son regard était si perçant, sa voix si ferme qu'elle le crut. Elle se retrouva dans l'antichambre, seule. Elle chassa ses pensées parasites. Elle devait faire confiance à Dumbledore. Il ne mettrait pas un élève en danger, même pour tuer Voldemort.

N'est ce pas ?

.oO°Oo.

- Vous avez été ignoble avec cette pauvre jeune fille ! dit une voix.

Dumbledore se tourna vers le tableau de Phinéas Nigellus avec un regard fatigué.

- Elle n'a pas besoin de savoir.

- Elle croit que vous allez envoyer le dernier Malfoy se sacrifier ! Vous auriez pu lui dire tout de même, bougonna l'ancien directeur.

- Phinéas, taisez-vous, fit le directeur en s'asseyant.

- Non, non, non, je ne me tairai pas ! Ça fait longtemps que je vous observe Dumbledore et j'ai compris votre petit jeu ! La fin justifie les moyens pour vous, n'est ce pas ? L'enlèvement du petit Malfoy, vous l'aviez prévu et de loin. Mais vous n'avez rien fait pour l'empêcher car, justement, ça servait vos plans.

- M. Malfoy a eu le choix de suivre ou pas M. Nott. S'il avait essayé de s'enfuir, il aurait été aidé.

- C'est un gamin, Dumbledore ! Ils se croient tous obligés de jouer les héros…

Dumbledore eut un petit rire :

- Phinéas, c'est un Serpentard. S'il avait voulu s'échapper, il aurait réussi.

- C'est comme ça que vous trouvez le sommeil le soir ?

- Certes, je l'ai mis dans une situation délicate… Il va bien, c'est l'important.

- Et s'il était mort ?

- Croyez-vous vraiment que Lucius Malfoy aurait pu tuer son propre fils ?

Il y eut un silence pendant lequel on n'entendit plus que le bruit que faisait une petite cuillère en frappant contre le rebord de la tasse puis le tableau dit :

- Non.

Dumbledore approuva d'un hochement de tête.

- Mais le Seigneur des Ténèbres n'aurait eu aucun scrupule à… commença Phinéas.

- Voldemort ne se serait pas risqué à affronter Malfoy lui-même, l'interrompit Dumbledore avec patience. Il commence à craindre le pouvoir de l'amour. Il s'est dit qu'en utilisant Lucius à sa place, le risque était écarté mais une fois encore, il se trompait.

- Mouais… Vous faites comme si tout avait toujours été sous contrôle mais au fond, je sais et vous savez aussi, que vous avez mis la vie de Malfoy en danger.

- N'avez-vous pas dit à l'instant que la fin justifie les moyens ?

.oO°Oo.

- Tu sais…, fit Severus d'un ton calme.

Sirius, qui essayait de mettre de l'ordre sur son bureau, se retourna, agacé de voir que Severus ne lui donnerait pas le plus petit coup de main. Assis dans son fauteuil, le regard plongé dans la contemplation d'une tapisserie et les pieds posés avec nonchalance sur la table d'en face, Severus était l'image même du moldu qui regarde son match de foot, une bière à la main tandis que sa femme trime dans la maison. Si bien sur, on oubliait que Severus ne buvait pas de bière, qu'il ne regardait pas la télé et que Sirius n'était pas une femme au foyer dans l'âme, ni même une femme tout court d'ailleurs.

Et aussi que Severus était définitivement plus sexy que n'importe quel moldu ou sorcier dans cette position. Des idées lubriques traversèrent l'esprit de Sirius mais il les chassa rapidement.

Il était fâché.

Allez, il ne pouvait vraiment pas lui donner un coup de main ? Ok, il n'avait plus de pouvoirs mais il avait des mains, non ? En plus, depuis qu'ils avaient appris que les effets seraient surement permanents, Sirius s'efforçait de ne pas utiliser la magie devant lui.

Donc, il rangeait aussi à la main comme un con alors que visiblement, cet abruti de Snivellus n'en avait rien à foutre de ses maudits efforts.

Abruti, abruti !

- Quoi ? fit Sirius avec un rien d'agressivité dans la voix.

Severus ne sembla pas le noter.

- Si tu le veux toujours, on pourrait aller à Paris cet été…

Un grand sourire ravi apparut sur le visage de Sirius et il se jeta dans les bras de son amant et amour, content comme un gamin. Il avait le meilleur petit ami du monde.

- C'est vrai ? C'est vraiment vrai ? Tu dis pas ça pour te faire pardonner ?

- Me faire pardonner de quoi ? demanda Sev en fronçant les sourcils.

- Rien, rien, fit Sirius avant de resserrer son étreinte, furieusement euphorique. On va à Paris !

- Oui… Mais on prendra l'avion.

Oooooooh. Sérieux ?!

- Tu plaisantes ? J'ai toujours rêvé d'entrer dans un de ces machins volants ! Je suis sur qu'il y a de la magie dedans, sinon comment ils pourraient faire voler un truc aussi lourd ?

Severus se mit à rire avant de l'embrasser sans prévenir. Sirius qui, malgré tout ce qu'on pourrait croire, n'était pas habitué à un Severus entreprenant (sérieux, c'était toujours lui qui faisait le premier pas…) se laissa faire, surpris de se sentir toujours aussi à l'aise dans les bras de Severus. A vrai dire, il n'y avait bien qu'une seule chose qui puisse égaler le bien-être qu'amenait Sev partout avec lui.

De la glace au moka et une cigarette.

Mais ça restait quand même nul en comparaison.

- Je t'aime, fit ce dernier en agrémentant ses dires d'un bisou sur son front. Mais t'es quand même un peu con.

- Maaais, protesta faiblement Sirius. Je me pose des questions, c'est tout.

Sérieusement, c'était pas normal que des moldus puisse réussir des miracles comme faire voler une boite en fer. Severus qui s'était levé pour aller chercher quelque chose dans le frigo, revint avec un pot de glace et se pelotonna contre lui, l'air plus détendu que jamais. Sirius, qui avait directement noté la glace, regarda son compagnon l'ouvrir et s'en servir une partie dans un bol.

Evidemment. Severus n'avait jamais compris le plaisir inhumain qu'on prend en mangeant une glace directement dans le pot avec une cuillère.

Il était temps de lui faire comprendre.

- Donne moi ça, fit-il en poussant le bol hors de portée de Sev et en lui prenant sa petite cuillère.

Il enfonça la petite cuillère dans l'étendue de glace et la tendit une fois bien remplie, vers la bouche de son amant qui semblait circonspect.

- Fais Aaaah, idiot.

- C'était pour toi, cette glace. Tu sais que je n'aime pas…

- Fais AAAAH, j'ai dit !

- Bien, bien. Aaaaah, fit Severus avec sarcasme.

Sirius éclata de rire et enfonça la cuillère dans la bouche de Severus. Ce dernier lui jeta un regard mortellement furieux.

- Roooh, ça va, hein. Elle est bonne, non ?

L'autre se terra dans un silence buté mais un fantôme de sourire apparut sur ses lèvres. Sirius hocha la tête, satisfait et se leva :

- J'ai faim, on va aller manger, non ?

Severus hocha la tête, l'air peu motivé et Sirius le laissa pour aller dans leur chambre. Depuis leur première nuit ensemble, Sev avait pratiquement emménagé chez lui. Ses vêtements traînaient absolument partout (bien pliés mais partout quand même), sa brosse à dents avait pris ses racines dans sa salle de bains et il y avait des bouquins partout. Sirius regarda le bordel relatif de leur chambre avec un sourire heureux. Leur bordel. Puis, son regard se posa, malgré lui, sur la commode où il cachait ses clopes.

Bon, il était sensé avoir tout jeté, sous les injonctions furieuses de Severus qui refusait d'embrasser un cendrier mais… Mais il avait un besoin maladif d'en avoir sous la main. Juste au cas où. Et étrangement, depuis ce matin, il rêvait d'une cigarette comme un dément. Il se dirigea vers la commode à pas de loup en jetant des regards paranoïaques vers le salon. S'il la fumait à la fenêtre de la salle de bains, Severus ne capterait rien. Après tout, lui aussi avait promis d'arrêter de boire mais il était passé à deux doigts de la cuite au vin, hier. Bien sur, il avait des circonstances atténuantes mais quand même…

Juste une…

- Et pas la peine d'essayer d'aller fumer une cigarette en douce, Sirius ! cria Severus du salon.

- Maaais… gémit Sirius.

Comment faisait-il pour toujours savoir ?! A croire qu'il savait toujours aussi bien lire dans les esprits qu'avant…

Il se figea soudain, se remémorant quelque chose.

« Black, casse-toi. Tu ne sais même pas ce que tu fais là. Et arrête de fumer. »

Sirius s'était mis à rire en regardant sa cigarette, appuyé sur la porte derrière laquelle Severus se cachait de tous.

« Comment tu le sais ? T'as senti la fumée ? »

Comment avait-il su, au final ? Et tout à l'heure… Sirius avait eu une violente envie de glace et…

C'était pour toi, cette glace.

Sans parler du dernier :

Et pas la peine d'essayer d'aller fumer une cigarette en douce, Sirius !

Sirius fit la grimace. C'était peut-être tout, c'était peut-être rien.

C'était peut-être tout…

- Dis Sev ? fit Sirius en passant la tête par la porte.

- Quoi ? Je croyais que tu avais faim.

- Tu sais, je crois qu'ils vont revenir.

.oO°Oo.

- Oh non, pitié, soupira Narcissa en ajustant ses robes. Ne me dis pas que tu vas me faire le coup, toi aussi ?

Remus eut un sourire désolé. La sorcière arrêta immédiatement de chipoter à ses fringues et regarda le loup avec incrédulité. Elle croyait qu'il plaisantait.

- Tu es sérieux ? fit-elle, la voix définitivement plus furieuse qu'une seconde plus tôt.

- Il faut que je les accompagne. Je ne me pardonnerais jamais de rester caché pendant qu'ils vont tous se battre. Essaie de…

Mais ils avaient tous décidés de devenir stupidement courageux, par tous les Dieux ?!

- Non, non, NON ! Je ne vais essayer de te comprendre, Remus, cria-t-elle furieuse en se relevant. Tu es en train de me dire que non seulement, je vais passer les prochains jours à prier pour que mon fils ne se fasse pas tuer mais qu'en prime, il faudra que je m'inquiète pour toi aussi dans quelques heures ?! Vous êtes tous devenus complètement stupides ?! C'est la bataille de Harry et du Seigneur des Ténèbres. Vous ne pouvez pas les laisser se débrouiller et rester en dehors de ça, par l'enfer ?

- Non, je ne peux pas.

- Et bien, vas-t-en, répliqua-t-elle sèchement. Je n'ai pas le courage de m'inquiéter pour deux personnes.

Elle le vit du coin de l'œil esquisser un geste puis renoncer et s'en aller. Elle le regarda partir, mi-furieuse et mi-désespérée.

Tous des abrutis.

.oO°Oo.

Il n'avait pas envie de le faire mais il fallait le faire. Il n'avait vraiment pas envie de le faire mais il devait le faire. Peut-être encore quelques secondes. Mais dans quelques secondes, il ne pourrait plus le faire. Il était déjà en train de rendre l'âme sous les assauts de plus en plus motivés du roux et il était conscient que dans trente secondes, il ne répondrait plus de rien. Peut-être même vingt. Salazar, on aurait dit qu'il avait fait ça toute sa vie !

Blaise eut la dérangeante impression d'avoir été trompé sur la marchandise. Mais il gagnait au change. Définitivement. Il pourrait mourir sous ces lèvres-là.

Il était temps. Allez, un effort. Il fallait le faire.

De mauvais gré et pestant contre son intégrité et sa conscience, Blaise se releva. Ron se redressa immédiatement, avec sur le visage, la peur d'avoir fait quelque chose de mal. Le Serpentard soupira. Il n'avait rien fait de mal, seigneur, loin de là !

- Ecoute… Je ne veux pas qu'on le fasse simplement parce qu'on risque de ne plus jamais avoir l'occasion de le faire.

- Quoi ? Mais… protesta le roux.

Il aurait peut-être pu le dire plus tôt. D'un autre côté, dans quelques heures, il ferait le truc le plus con et le plus fou de sa vie. Aller affronter le Seigneur des Ténèbres en personne. Les détails du plan qu'avait établi Hermione lui trottaient dans la tête à tout bout de champ, il avait des sueurs froides dès qu'il y pensait plus de trente secondes et putain, il avait les jetons de crever. Une partie de jambe en l'air aurait été salutaire mais… Pas comme ça, pas avec lui et surement pas pour ça.

- Je veux qu'on le fasse quand tu seras prêt, fit-il avec dépit.

Foutu conscience de merde.

- Je… Je croyais que tu en avais envie, fit Ron l'air mal à l'aise.

- Non, je le veux. Putain, je jure que j'en meurs d'envie !

Ils se regardèrent avant d'éclater de rire. Puis Ron dit :

- Je crois que je suis trop nerveux pour, façon. Regarde, j'ai les mains qui tremblent !

- C'est vrai que les circonstances ne sont pas idéales. Il faudrait un moment de détente, l'impulsion du moment, des chandelles et…

- Je ne suis pas une fille que tu vas dépuceler, Blaise, fit le roux, vexé.

- Ah non ?

.oO°Oo.

- Elle n'est pas là, Kisa, fit Kaoru en revenant de la cuisine.

Cette dernière soupira et s'assit dans un de ces petits divans d'appoint que sa tante trouvait de bon goût de placer dans toutes les pièces de son manoir.

- J'étais sure qu'elle serait en train de stresser en s'enfilant du whisky et en pleurant comme une madeleine.

- Peut-être qu'elle a voulu sortir pour se changer les idées, justement. J'ai beau ne pas les connaître et ne rien savoir de leur guerre contre ce Voldemort, je stresse un peu aussi.

Kisa avait depuis longtemps dépassé le stade du stress. Draco, Harry, Remus et Sirius étaient partis depuis une heure maintenant et elle ne faisait que tourner en rond en se rongeant les ongles. Elle aurait voulu pouvoir dormir et échapper à toute cette tension mais depuis cette maudite lumière blanche, c'était même plus la peine d'y penser.

Elle avait supposé que stresser à deux était mieux mais Severus avait disparu Dieu sait où dès le moment où Sirius était parti et Narcissa n'était pas chez elle. D'un autre côté, elle non plus, elle n'avait pas pu rester dans ses appartements à attendre. Où était donc partie sa tante ?

A peine s'était-elle posé la question qu'elle eut la réponse.

- Evidemment… soupira-t-elle.

- Quoi ? demanda Kaoru en s'asseyant à ses côtés et en enfermant ses bras autour de sa taille.

- Rien, je plains mon frère.

.oO°Oo.

- Il est parti, fit Narcissa en s'asseyant de l'autre côté de la table. Lucius… Il est parti affronter le Seigneur des Ténèbres avec Harry Potter.

Lucius passa sa main dans ses cheveux et poussa un soupir :

- Quel abruti.

Narcissa le regarda en se mordant la lèvre. Elle n'avait pas la force de le réprimander, ni même de le haïr aujourd'hui. En venant ici, elle avait cherché à partager son affliction et son inquiétude avec le père de leur unique enfant. Beaucoup lui aurait dit qu'il n'y avait pas la moindre chance que Lucius partage son inquiétude mais elle connaissait mieux son époux que personne. Et quand elle vit ses mains si pales trembler, elle sut qu'elle ne s'était pas trompée.

Les larmes lui montèrent aux yeux immédiatement et elle s'effondra sur la table, secouée par ses sanglots. Une main caressa ses cheveux lentement et avec douceur et elle eut autant envie de la prendre entre les siennes que de la rejeter.

- Draco est fort. Il ne se fera pas tuer, dit Lucius.

Elle redressa la tête et le regarda droit dans les yeux. Le blond eut un sourire gêné et détourna le regard :

- Arrête de pleurer, femme. Tu sais que mon cœur chavire quand je te vois dans cet état.

- Tu es un crétin, Lucius. Tu le sais ? fit-elle en essuyant quand même ses larmes avec un mouchoir frappé aux initiales des Malfoy.

Ce dernier eut un haussement d'épaules dépité.

- Oui, un crétin, un monstre, plein de choses…

- Arrête de me jeter la perche, dit-elle en se redressant complètement. Garde un peu d'amour propre, par l'enfer !

- A quoi bon ? Je n'ai plus rien.

Narcissa lui jeta un regard noir :

- Avec un peu de volonté, tu sortiras aussi facilement d'ici que les deux dernières fois.

- C'est toi qui me dis ça ? s'étonna le blond. T'as pas peur que j'aille assassiner Draco dans son sommeil en sortant d'ici ?

- Je sais que tu ne l'aurais jamais tué.

- On m'a dit qu'il était resté dans le coma.

- C'était à cause de cette lumière blanche. Trop d'énergie d'un coup. Et n'essaies pas de faire semblant. Je sais, Lucius.

Il y eut un silence que Narcissa brisa un moment après :

- Pendant que Draco était dans le coma, Pomfresh m'a dit que ton sortilège était inoffensif. C'était une blessure superficielle qui ne l'aurait jamais tué. Elle m'a même dit qu'à son avis, le sortilège lancé avait certainement pour but de donner l'impression de créer une grave blessure. Tu le savais, n'est ce pas ? Tu ne voulais pas le tuer.

Lucius se prit la tête dans les mains :

- Il y a eu tellement de sang et il allait s'évanouir. J'ai cru… J'ai cru que je m'étais trompé de sort ou que je l'avais mal lancé, je ne sais pas. J'ai vraiment cru qu'il allait…

Narcissa eut un sourire faible :

- Il faudra lui dire.

- Il ne reviendra pas.

- Il est déjà venu une fois. On le connaît assez bien pour savoir qu'il reviendra.

- Faudrait déjà qu'il survive à ce soir, fit Lucius l'air un peu moins dépressif.

Elle accueillit ce changement avec soulagement. Il était temps que le vrai Lucius reprenne ses droits sur cette espèce de loque humaine. Ça lui faisait pitié de le voir dans cet état.

- Je n'arrive pas à croire, ajouta-t-il, que notre fils soit amoureux de Potter.

- On est deux, soupira la sorcière.

- Non seulement c'est un garçon, mais en plus c'est un gryffondor. Sans parler que je n'ai jamais pu supporter ce gamin, pesta Lucius. Avec un tel crétin à côté de lui, Draco va se retrouver dans des situations aussi ridiculement dangereuses qu'aujourd'hui.

- Tiens, fit-elle avec amusement. On croirait entendre ma mère quand je lui ai dit que j'allais t'épouser.

- Après toutes ces années, je peux le dire : Je comprends ma défunte belle-mère.

- La mienne m'emmerde, Lucius.

- Je lui dirais de te foutre la paix.

- De là où tu es, ça va être efficace, j'en suis sur. A propos, je t'ai amené quelque chose qui va te donner envie de te terrer dans ta prison jusqu'à la fin de tes jours. J'ai mis deux jours à m'en remettre et encore, je ne suis pas sure d'avoir totalement récupéré.

Sous le regard interrogateur de Lucius, la sorcière sortit une fiole remplie d'un liquide argenté. Elle la déboucha et répandit le liquide sur la table. Cette dernière se mit à luire avant de laisser apparaître la grande salle.

- C'est l'enregistrement de la première conférence de presse de notre fils, expliqua-t-elle avec une grimace.

Elle observa Lucius en se disant qu'au moins, elle ne serait pas la seule à gémir de honte devant un tel déballage.

.oO°Oo.

- Ron ! RON ! cria Blaise dans ses oreilles en le secouant comme un taré.

Ron, qui avait le tournis depuis qu'il avait combattu et abattu une horde d'Inferis, regarda Blaise avec un regard vitreux. Ce dernier semblait plus qu'heureux.

- Ils l'ont fait, Ron ! Ils l'ont tué !

Quoi de mieux pour reprendre ses esprits en trente secondes ?

- Quoi ?! Vraiment ? C'est fini ? Et Harry ?

Sans attendre une réponse, il se précipita dans les ténèbres du cimetière où quelques rais de lumières magiques passaient encore avec fureur.

- Dans la maison. Je les ai vu. McGonagall et moi on se battait contre un des derniers mangemorts et là, il y a eu une immense lumière dorée et…

Oui, Ron, se rappelait bien avoir vu un tel truc à un moment où à un autre mais tout à son combat, il n'avait pas cherché à en voir plus.

- Et là, Voldemort s'est mis à hurler et… Et je sais pas trop ce qui s'est passé après mais il était mort ! Il est mort, Ron ! Et on est vivants !

Ron eut un petit rire à cette expression puis il s'arrêta de courir à travers les tombes. Il pouvait distinguer d'ici deux silhouettes sortir de la maison, étroitement enlacées et leurs baguettes pointées vers un corps inerte qui flottait devant eux. Pas la peine de s'approcher pour reconnaître Malfoy et Harry mais Ron recommença à courir entre les sortilèges qui continuaient à fuser de partout, Blaise sur ses talons.

Rien à foutre que les troupes de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Dire-Le-Nom soient encore en vie, l'Autre était mort et pour la première fois, Ron pouvait bien l'appeler Voldemort.

Alors qu'il était tout près, Hermione les rejoignit et ensemble, ils arrivèrent près de Harry et de Malfoy. Ils regardèrent tous les trois le corps qui flottait dans les airs puis se tournèrent vers les deux autres. Harry semblait salement blessé au bras et s'appuyait sur Malfoy qui lui jetait des regards inquiets.

- Je vais bien, Draco ! fit Harry en se dégageant, agacé. Je vais mieux que jamais, même.

- Bien, rétorqua le blond l'air vexé, Puisque Môssieur va bien, je vais rassurer ceux qui s'inquiètent dans leur coin.

Il leva sa baguette et dit Spero Patronum. Un patronus apparut et s'enfuit dans la nuit porter la nouvelle à Merlin savait qui. Parkinson fit alors son apparition dans leur dos, une jolie entaille sur le front :

- Hum, Draco ? Depuis quand ton patronus prend la forme d'un cerf ?

Oula. Si ça c'est pas de l'amour dévorant. Harry et Malfoy se dévisagèrent puis Harry leva sa baguette et appela un patronus à son tour mais contrairement à ce que tout le monde attendait, une sorte de fouine argentée prit forme. Elle s'enfuit à la suite du cerf et les deux sorciers se regardèrent avant d'éclater de rire, de se déclarer des milliers d'amours éternels et de s'embrasser encore et encore. Ron se tourna vers Blaise, désabusé :

- Je suis jaloux.

Blaise eut un sourire et l'attira à lui pour l'embrasser. Du coin de l'œil, Ron put voir Hermione et Parkinson s'observer, l'air mal à l'aise puis la serpentarde avec un air sérieusement moqueur dit :

- Hey, Granger. On s'embrasse, nous aussi ?

- Parkinson, tu t'éloignes de moi, tout de suite !

.oO°Oo.

Lucius n'arrivait pas à s'arrêter de rire et Narcissa le regardait, vaguement agacée qu'il ne soit pas en train de hurler d'indignation devant la table-télévision.

- Tu trouves ça drôle ? lui demanda-t-elle pour la sixième fois.

- Oui. Sans doute possible, je ris.

- Mais… Il… Il se ridiculise !

- Qu'est ce que tu racontes ? Il est très posé, calme, éloquent, charismatique. Tout son père.

Elle lui jeta un regard narquois et il s'apprêtait à lui répliquer quelque chose quand un patronus sous forme de cerf passa à travers le mur. La voix de Draco lui parvint :

- Il est mort et je suis en vie. Alors arrête de boire et de pleurer et viens féliciter ton fils prodige. Quoique dise Potter, c'est moi qui ai porté le coup de grâce.

Elle se sentit soudain libérée d'un poids qu'elle n'aurait pas cru si lourd. Son regard se posa sur le cerf, s'étonnant que le patronus de Draco ait changé de forme et elle eut à peine le temps de voir qu'une fouine avait élu domicile entre les rênes de l'animal que les deux Patronus disparurent.

- On va dire que je n'ai pas vu cette fouine sur la tête du cerf, marmonna Lucius.

Narcissa eut un petit rire.

- Tu devrais y aller, fit-il enfin.

- Je vais. Je regrette que tu ne puisses pas venir féliciter ton fils avec moi.

- Les choses sont comme elles sont. Mais ne t'inquiète pas, je ne vais pas pourrir ici toute ma vie.

Narcissa eut un hochement de tête satisfait et sortit de la salle.

.oO°Oo.

- Vous vous en allez ? fit Draco avec un air véritablement déçu sur le visage.

Kisa y aurait presque cru. Mais elle savait pertinemment qu'il plus que ravi qu'elle s'en aille enfin.

- J'ai eu un très bon aperçu de Poudlard, je pense. J'ai rencontré des célébrités, j'ai découvert que mon cousin était gay, je me suis fait démonter la gueule par une lumière blanche, j'ai appris à devenir insomniaque et j'ai assisté à la fin d'une guerre. Je crois que ça suffit comme ça.

Harry eut un petit rire. Il tenait Draco dans ses bras et ne semblait pas enclin à le lâcher de si tôt. Son cousin semblait assez satisfait de cet état de choses aussi, elle jugea qu'il était temps de partir.

- Faites attention quand je ne serais plus là pour vous sauver la mise, leur dit-elle. Et gardez un œil sur Sirius. Si je n'avais pas été là, il aurait été assassiné par une folle furieuse médicomage.

- Merci Kisa mais je veille au grain, dit Severus avec un regard polaire vers son petit ami.

- Est-ce qu'on pourra un jour oublier cette maudite médicomage ? se plaignit Sirius.

- Moi, je ne vois pas de qui il parle, fit Draco.

- Normal, quand elle est venue faire son cours, tu cuvais ton whisky, répondit Harry avec un rien d'agacement dans la voix.

Draco poussa un grognement et regarda le ciel, visiblement frappé par sa couleur bleue. Kisa se tourna vers Sirius avec un petit sourire :

- Mais si jamais tu as encore besoin de mes talents, fais-moi signe Sirius !

- Tu peux toujours rêver pour m'embrasser encore une fois, Kisa…

Il y eut un silence et Kisa ferma les yeux, sachant déjà ce qui allait suivre.

- Embrasser ?! firent Severus et Kaoru d'une même voix.

- Bon, fit la jeune sorcière d'un ton motivé, c'est l'heure de mes adieux. Coco, Ryry, je vous aime, soyez heureux et invitez moi au mariage ! Salut.

Elle s'éloigna à toute vitesse, suivie de près par Kaoru et Severus et leur houspillements.

.oO°Oo.

Quand Narcissa entra dans l'infirmerie, elle trouva Remus en grande discussion avec Sirius. Cependant, quand son cousin l'aperçut attendant à l'entrée et hésitant à entrer, il prétexta avoir rendez-vous avec Severus et prit congé. En passant, il lui dit :

- Allez, il désespère.

Elle lui jeta un regard noir et après une minute encore de réflexion, entra et s'assit près du lit du lycanthrope.

- Tu as l'air d'aller bien, fit-elle un rien énervée. Pour quelqu'un qui s'est battu avec un loup-garou.

Cette satanée tendance qu'ont les gryffondors à aller au devant des ennuis commençait sérieusement à l'énerver.

- Je vais bien, assura-t-il d'une voix froide.

Visiblement, il était fâché.

- Tu as été voir Lucius, dit-il soudain.

Elle ne lui demanda pas comment il était au courant.

- Et alors ?

Il ne répondit rien et elle se mit à chipoter à ses ongles, dans ses petits souliers.

- Je n'ai jamais prétendu que tu n'étais pas mariée, Narcissa. Je sais que je ne suis qu'un amant qu'on cache à ses amis et à sa famille et je n'ai jamais demandé plus mais… Maintenant, j'aimerais savoir exactement ce qu'on est.

Narcissa soupira. Elle savait qu'ils devraient en parler un jour ou l'autre. Elle se rendait bien compte que Remus n'était pas le genre d'homme qu'on peut cacher dans son placard et n'appeler que quand on en a la lubie. Il cherchait et il voulait plus qu'une simple histoire d'adultère.

- Quoi qu'ait pu faire Lucius durant son existence, il est mon mari depuis 17 ans. Il m'a donné Draco et à peu près trois ans de bonheur parfait. Il ne m'a jamais fait confiance, il m'a constamment déçue et il nous a fait souffrir moi et Draco mais je connaissais déjà ce Lucius là avant de l'épouser. Et je l'aimais. Je l'aimerais certainement toute ma vie d'une certaine façon et tu ne pourras pas m'empêcher de le voir et de me soucier de lui car il est aussi important que Draco pour moi.

Elle s'arrêta, effrayée qu'il ne lui dise de s'en aller mais il continuait de regarder les couvertures, l'air pensif.

- Mais… Mais si tu peux accepter ça, je crois que… Je pourrais peut-être te faire une plus grande place dans ma vie.

Dieux, elle avait toujours détesté dévoiler ses sentiments.

- Je n'aurais plus à m'enfuir dans la salle de bains dès que ta belle-mère a la lubie de venir te voir dans ta chambre ?

- Non. Elle va s'en aller et je vais demander le divorce.

Elle y pensait depuis longtemps maintenant. Lucius s'en remettrait vite, le connaissant.

- Bien… Alors j'imagine que oui, je peux accepter ça.

Il lui sourit et elle se pencha pour attraper ses lèvres, ravie.

.oO°Oo.

- Tu veux devenir Auror ? fit Draco avec dégoût.

Sérieux. Auror ? Il était retombé en enfance ou quoi ?

- Quoi ? C'est bien, non ?

- Tu veux sauver le monde de tous les Voldemorts ? fit le blond sarcastique.

- Absolument. Je crois qu'en plus, je suis doué pour abattre les mages noirs surpuissants.

- Mouais, monsieur le héros. Sans moi, tu aurais un bras en moins.

- Je t'ai déjà remercié, bouda le brun. Et puis, je t'ai sauvé la vie moi aussi.

- Quoi de plus normal ? Il faut te rappeler comment je me suis démonté le bras pour t'empêcher de tomber dans le vide l'autre fois ?

Rien que d'en parler, il en avait encore mal.

- Oui, oui, merci.

- Ça t'écorche la bouche de me dire merci, hein ouais ? fit Draco avec un petit sourire.

- C'est mauvais pour mon ego de gryffondor, affirma Harry en attrapant sa main.

- Les gryffondors n'ont pas d'ego, objecta Draco avant d'apercevoir Black dans le couloir. Tiens, mon beau-parrain.

- Tu peux dire Sirius, tu sais ?

- Non, j'aime cette expression. Beau-parrain, répéta-t-il pensivement.

- Mon expression.

- Peu importe.

Sirius s'arrêta pour leur dire brièvement :

- C'est pas le moment d'aller rendre visite à Remus.

Sa télépathie commençait sérieusement à énerver le blond. Cette manie de toujours tout savoir sur tout… En plus, il avait récemment eu le sentiment que Black mettait beaucoup d'acharnement à lire son esprit à lui…

- Pourquoi ? demanda Harry.

- Il est occupé, fit Black avec un sourire.

Draco eut un mauvais pressentiment.

- Avec ma mère, c'est ça ?!

- Draco, fit soudain Black avec sérieux, Laisse ta mère faire ce qu'elle veut.

- Avec un loup-garou ! protesta-t-il malgré lui.

Harry lui jeta un regard noir mais pas autant que Black.

Ok, très mauvaise expression, Draco. Note pour toi-même : Ne plus jamais sortir quelque chose dans le genre, pensa-t-il.

Il soupira :

- Pardon. Mais quand même, c'est ma mère et…

- Et tu devrais la laisser gérer ces affaires de cœur toute seule, dit Black.

Connard.

N'empêche, elle était tout de même mariée. Les liens sacrés du mariage ne voulaient plus rien dire pour elle ou quoi ?

- Je crois que tu devrais lui en parler, justement. Elle a des choses à te dire.

- Génial, j'aurais préféré qu'elle me le dise elle-même, fit Draco froidement.

Black leva les yeux aux ciel et passa son chemin, agacé par cette discussion. Draco se tourna vers Harry avec un petit sourire d'excuse. Il reçut un regard noir en réponse.

Quoi ? Il ne pouvait pas supporter Black !

- Parce que toi, tu es un modèle de courtoisie avec Severus, ironisa le blond.

- Oui, maintenant on arrive presque à se regarder avec calme, fit Harry avec un sourire.

- Quel progrès fulgurant.

- Tu trouves aussi ?

Ils firent demi-tour sans se consulter. Aucun d'eux n'avait envie d'interrompre Remus et sa mère. Quoiqu'ils fassent. Et Salazar, il ne voulait pas penser à ce qu'ils pouvaient bien faire.

- Dis Draco… Tu as été voir ton père l'autre jour, non ?

- Oui, répondit simplement le blond, un rien plus tendu tout de même.

- Et tu comptes le revoir ?

Draco considéra un instant la question et se rendit compte qu'il connaissait déjà la réponse :

- Oui. Je retournerai le voir de temps en temps. Ça te déplait ? fit-il avec un rien de défi.

- Non, assura Harry avec un soupir. Tu as la chance d'avoir un père en vie. Il est ce qu'il est mais ça reste ton père. Je pense que c'est mieux que tu ailles le voir.

Le blond dévisagea Harry, surpris par ses paroles. Une chaleur lui remplit l'être et il se mit à sourire, bêtement content. Il prit la main du survivant dans les siennes et tout en marchant, commença à jouer avec ses doigts.

- Harry Potter, vous avez fait de moi une loque humaine, déclara-t-il fataliste.

Il n'aurait jamais cru que ça puisse être aussi agréable.

- Au dernière nouvelles, c'était moi la loque humaine, dit soudain Harry avec irritation.

- J'étais sur que tu l'avais pris mal, rigola le blond.

Et ils s'éloignèrent dans le couloir.


C'est la fin... J'en ai les mains qui tremblent, mes amis. La fin de la fin...

Enfin, je pouvais pas la laisser achevée non plus, hein?

Donnez moi votre avis final si vous en sentez l'envie et le courage ! Je vous adore.

Ps: Lisez "Une fille, deux pères"!