Hop, me revoilà avec une réponse à un défi de Zoomalfoy, dont voici l'intitulé (texto) :
Rating : M
Couple : HPDM
Genre : UA (Univers Alternatif.)
Résumé : Draco Malfoy, lycéen de 17 ans, tombe sous le charme de son nouveau professeur de Lettres, Harry Potter, âgé de 24 ans.
Il devra faire face au désaccord musclé de son père, à la moralité de son amoureux et à l'ancien petit ami de ce dernier, bien décidé à le récupérer.
IL N'Y A PAS DE MAGIE. L'HISTOIRE DOIT SE SITUER DANS LE MONDE MOLDU.
Aucunes contraintes mis à part qu'ils doivent finir ensemble et que Draco doit être ignoble avec Harry au début de l'année.
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Disclaimer : Je ne m'appelle ni JKR (pour avoir créé ces merveilleux personnages), ni Zoomalfoy (pour avoir pondu cette superbe idée de scénar). En revanche, l'histoire et la rédaction sont à moi (et ce n'est pas forcément le mieux là dedans !).
Avertissement : ceci est un slash, je répète, ceci est un slash ! Si les histoires traitant de l'homosexualité vous rebutent ou vous choquent, vous n'avez rien à faire ici, et votre absence ne me pèsera pas, bien au contraire. Voilà. Maintenant qu'on est entre gens civilisés, je rappelle tout de même que le rating M implique des scènes choquantes, de violence ou de sexe, et un langage parfois cru. Vous savez donc où vous mettez les pieds.
Note de l'auteuze : Voici donc venu le dernier épisode de « Cher journal ». Merci à tous de m'avoir suivie durant plus d'un an. J'espère que la fin sera à la hauteur de vos attentes, et je vous souhaite une bonne lecture.
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Remerciements : A la fin du chapitre…
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Cher journal (chronique d'une dernière année)
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Epilogue (un an plus tard) :
Draco s'étira lentement dans le grand lit de bois clair et inspira profondément le lourd parfum des magnolias qui pénétrait déjà dans la chambre malgré l'heure matinale. Dehors, le soleil d'août inondait le fond de la petite cour intérieure dans laquelle Harry avait laissé un chevalet et une toile encore inachevée. Le jeune homme sourit paresseusement et tourna un regard embué de sommeil vers Harry qui dormait encore. C'était une matinée exactement semblable à celle où, un an plus tôt, il s'était réveillé pour la première fois dans ce lit.
Tant de choses s'étaient passées depuis ce jour-là…Draco en conservait un souvenir précieux, entre douces réminiscences et douloureuses cicatrices, avec une incroyable précision.
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Tout n'avait pas été tout seul depuis qu'ils s'étaient retrouvés, loin s'en fallait, et il devait bien s'avouer qu'il n'avait que trop certainement sa part de responsabilité et avait ainsi allégrement contribué à ne pas leur faciliter la tâche.
Le lendemain de leur première nuit, ils avaient parlé. Beaucoup. Cela leur avait pris des heures entières, pour expliquer l'inexplicable, pour justifier l'injustifiable. Pour, avec des mots, exprimer ce qui n'était pas exprimable. Pour tenter de comprendre ce qui était difficilement compréhensible. Tout avait été passé au crible, avec une honnêteté maladroite qui les avait blessés tous les deux. L'enfance de Draco, trop solitaire, le passé pénible et sensible de Harry, et son contrepoint, ses angoisses innommables, leurs peurs à chacun, à la fois si différentes et si semblables. Leur besoin mutuel et incommensurable d'amour.
Cela leur avait pris des heures entières. Des jours même.
Pourtant, malgré ces mises au point maintes fois réitérées et malgré son désir désespéré de le faire, Draco n'avait pas pu pardonner tout de suite. Bien évidemment le paradoxe était cruel entre l'envie irrépressible de faire confiance, animée par des sentiments qu'aucun ne voulait encore nommer, et ce passif qui altérait déjà leur relation…Alors, cette confiance, il avait fallu la construire, l'apprendre, l'apprivoiser, pour lentement étouffer les doutes et peut-être enfin un jour les annihiler complètement…Comme Harry l'avait dit, il y avait eu trop de choses douloureuses et trop de non-dits entre eux depuis le début, avant même que leur histoire commence réellement.
Alors Draco était parti quelques jours plus tard, après un séjour trop bref qu'il n'avait même pas passé chez Harry, préférant rester à l'hôtel après leur première nuit. C'était à son tour d'avoir peur que leur relation aille trop vite, et Harry en avait souffert. Draco le savait bien entendu, et cela l'avait blessé également, mais il n'avait pas pu faire autrement.
Il avait rejoint Bellatrix à New York, bien plus tôt que prévu. Avec l'aide de sa tante, il s'était installé dans un bel appartement, bien trop grand pour lui, mais chaleureux et situé dans le sud de l'East Village, presque en bordure de SoHo – autant dire que Draco était tombé immédiatement amoureux de l'endroit, avec ses petites constructions hétéroclites et ses parcs, tellement différents des buildings austères et anonymes que l'on pouvait trouver habituellement à Manhattan. Ensuite, il s'était occupé de finaliser son inscription à l'université et de rencontrer ses professeurs sous la recommandation de Severus Snape, tandis que Bellatrix se chargeait de lui obtenir un visa longue durée.
Tout cela lui avait pris une bonne partie du mois d'août, et il n'avait passé que quelques appels téléphoniques à Harry durant cette période – Harry lui-même ne lui téléphonait guère plus. Leurs échanges étaient timides et empreints d'un malaise qui mettait Draco en colère, et bien souvent, il leur arrivait de raccrocher brusquement de peur d'entamer une dispute.
Puis septembre était arrivé et avec lui, Blaise. Ainsi qu'il le lui avait promis, son meilleur ami était venu passer un mois de vacances chez lui, afin de profiter des derniers jours qu'il lui restait avant la rentrée universitaire. Draco avait encore moins appelé Harry. Ce n'était pas qu'il n'y pensait pas, ni qu'il ne le voulait pas. Simplement, il n'arrivait pas encore à lui faire confiance. Et il ne voulait pas être encore celui qui ferait le premier pas. En outre, Harry ayant lui-même fait sa rentrée dans son nouvel établissement, il n'était plus disponible avec la même facilité.
Puis Blaise était reparti pour Londres, des souvenirs plein la tête et des lettres plein les mains pour leurs amis restés en Angleterre. Enfin, l'université avait ouvert ses portes à un Draco Malefoy intérieurement incrédule de voir ses ambitions prendre corps. Les cours n'étaient pas difficiles, ses horaires peu contraignants, et il faisait réellement ce qui lui plaisait. A cette époque, il était vraiment heureux – si ce n'était qu'il était seul et que Harry était trop loin de lui. Bien sûr, il s'était fait des amis assez facilement, avec qui il sortait régulièrement dans le Village, SoHo ou Chelsea – mais ils n'étaient ni Millicent, ni Blaise, ni Sally-Ann, ni aucun de ceux qu'il avait laissés en Angleterre.
Et surtout, ils n'étaient pas Harry. Il était heureux, oui, mais sa solitude commençait à lui peser. Pourtant, il ne se résolvait pas à retrouver son amant à la Nouvelle-Orléans, bien que la ville ne fût qu'à trois heures d'avion, et même si leurs discussions téléphoniques s'éternisaient désormais de plus en plus et se faisaient de plus en plus fréquentes, de plus en plus faciles. Même si écouter Harry lui souffler de délicieuses obscénités au téléphone pendant qu'ils se masturbaient ne lui suffisait plus. Il attendait toujours que le jeune homme brun fasse le premier pas.
Et il l'avait fait. C'est pourquoi, lorsque Harry avait débarqué sans prévenir dans son appartement le soir d'Halloween, Draco avait jeté aux orties tous ses doutes, toutes les réticences qu'il aurait pu encore avoir. Comme lorsqu'ils s'étaient retrouvés à la Nouvelle-Orléans, Harry était venu. Il était venu le chercher, et c'était tout ce qui comptait sur le moment. Ils s'étaient tellement manqués…Ils s'étaient aimés si fort cette nuit-là, alors que la pluie battait furieusement contre les fenêtres de la chambre…Tellement, tellement fort, sans aucune retenue ni pudeur, sans aucun tabou, à tel point que le lendemain, Draco en avait rougi de gêne et de confusion, et que Harry avait craint de l'avoir choqué. En réalité, cela n'avait fait que renforcer encore un peu plus leurs sentiments.
Les choses auraient pu devenir plus facile à ce moment-là. Pourtant, humainement, cela n'avait pas été le cas. Bien vite, Draco s'était rendu compte qu'en dehors de Manhattan – et plus tard, du Vieux Carré à la Nouvelle-Orléans – la tolérance envers les homosexuels était plus que limitée. Alors qu'il n'avait connu jusqu'ici que l'homophobie primaire des hooligans de St Brutus – et celle encore plus cruelle et pernicieuse de son père – il avait justement découvert cette dernière, insidieuse et presque plus blessante, généralisée à une échelle redoutable : l'homophobie banalisée de la société dans son ensemble. Les regards choqués ou écœurés dans la rue lorsqu'il tenait la main de Harry, les murmures désapprobateurs sur leur passage, le fait d'être regardé comme une bête curieuse, l'humiliante sensation d'être réduit à une sexualité à l'abstraction totale de leurs sentiments, et tant d'autres choses encore dont Draco n'avait jusqu'alors pas pris conscience.
Et, comme en point d'orgue, le changement subtil de comportement de ses nouveaux amis. Certains, notamment les garçons, avaient mis une distance entre eux et lui, presque intangible mais pourtant bien présente – leurs rapports étaient désormais empreints d'une gêne qui n'existait pas auparavant. Quelques filles s'étaient mises à le traiter comme une sorte de mascotte, d'autres s'étaient lancé le défi de lui faire changer de bord. Ce n'était pas valable pour tous, bien entendu, mais Draco avait vécu ces changements de plein fouet sans y avoir été préparé, ni même s'y être réellement attendu. Et bien sûr, il avait mal absorbé l'impact – comment faire autrement lorsque, soudainement, on n'est plus considéré comme une personne à part entière, mais comme le pédé du groupe ? Draco commençait à comprendre ce « droit à l'indifférence » que revendiquait la communauté gay.
Et puis, ses amis lui manquaient, bien plus qu'il ne l'aurait cru quand il s'était installé à New York. Malgré les lettres, les coups de fil, malgré la nouvelle connexion Internet qu'il s'était décidé à prendre en même temps que l'ordinateur qu'il s'était acheté, cela ne remplaçait pas leur présence. Bien sûr, il avait Harry, mais il ne le voyait que le week-end – et encore, pas systématiquement – ou pendant les vacances. Bien sûr, il avait ses amis à New York, mais ce n'était définitivement pas la même chose. Sa mère lui manquait aussi, et Draco avait découvert à quel point il était difficile de vivre seul dans cette ville immense et impersonnelle, sans sa famille et ses proches pour le soutenir et l'entourer de leur affection.
Aussi lorsque Harry lui avait proposé de retourner en Angleterre pour Noël – au même moment, sa mère lui demandait s'il voulait qu'elle vienne avec Bellatrix à New York pour les fêtes – il n'avait pas hésité une seconde et ils avaient sauté dans l'avion tous les deux le lendemain. Et cela avait été les plus belles vacances de toute sa vie. Ils s'étaient tous réunis, Narcissa, Bellatrix, Sirius, Remus, Nymphadora, Neville, Millicent, Terry, Sally-Ann, Blaise, Ginny, Luna, Harry et lui, dans la grande maison de la tante Elladora. Il avait fait un temps épouvantable, il n'avait même pas neigé, et ils étaient restés la plupart du temps confinés à l'intérieur de la maison, mais ça n'avait eu aucune importance, parce qu'ils étaient tous ensemble.
Peu importait que Luna eût changé de petit ami trois fois depuis septembre, que Millicent eût des problèmes passagers à la fois avec Joanne et dans son travail au Daily Prophet, ou que Remus eût finalement décidé de s'installer à Londres plutôt qu'avec Sirius à Brighton. Peu importait que la maladie de Sally-Ann se fût brusquement aggravée au point qu'elle se déplaçait désormais en fauteuil roulant la moitié du temps, et qu'elle l'eût mal vécu jusqu'à vouloir quitter Terry, au point que le garçon avait dû batailler durant près de deux mois pour la convaincre que son handicap ne changeait rien à ses yeux. Peu importait le malaise des premiers jours entre Narcissa et Harry, lorsqu'elle avait vraiment pris conscience que son garçon avait des relations sexuelles avec un autre garçon et qu'elle en avait la preuve physique sous les yeux. Peu importait que Lucius n'eût pas cherché à contacter son fils depuis leur dernière entrevue à l'issue du divorce près de six mois auparavant. Oui, peu importait tout cela, car même si ça faisait mal, même si c'était dur, ils étaient tous ensemble et c'était la seule chose qui comptait.Et puis, les bonnes nouvelles n'étaient pas non plus totalement absentes : Ginny et Blaise, contre toute attente, résistaient au temps et aux réticences familiales qui perturbaient leur couple, Severus Snape et Bellatrix Lestrange entretenaient un lien que personne ne se serait autorisé à qualifier d'affectif ou de sentimental, bien que cela crevât les yeux, et enfin, le trait d'union entre Draco et Harry, Nymphadora Tonks, affichait une grossesse qui ne faisait curieusement qu'accentuer encore ses côtés délurés et psychédéliques…
A la fin des vacances, Draco ne voulait plus retourner en Amérique. Mais encore une fois, Harry avait été là pour lui et l'avait aidé à repartir. Ils reviendraient cet hiver ou ils les inviteraient pour le Spring Break, lui avait-il dit en le serrant dans ses bras, et Draco avait hoché la tête sans rien dire. Peu à peu, les choses devenaient plus simples avec Harry à ses côtés.
Pourtant, encore une fois, tout n'avait pas été tout seul – mais Draco s'était aperçu depuis longtemps que rien n'allait tout seul en ce bas monde. Un nouvel obstacle s'était présenté peu après, lorsque le jeune homme s'était rendu à la Nouvelle-Orléans le temps d'un week-end, pour le carnaval. Harry lui avait présenté de nouveaux amis, dont l'un d'entre eux était clairement homosexuel – il n'était pas le seul, mais celui-là semblait concevoir plus que de l'amitié pour le jeune homme brun. Draco s'était alors rendu compte que Harry pouvait être beau et intéressant pour d'autres yeux que les siens, et le poison de la jalousie s'était violemment inoculé dans ses veines.
Tous ses doutes, tout son manque de confiance en lui étaient revenus brutalement, et ils avaient eu une violente dispute. Draco était parti en claquant la porte, et lorsqu'il était revenu, Harry était en train de faire une crise d'angoisse. Ils avaient baisé ce soir-là – ce n'était pas faire l'amour, non. Ils avaient baisé fort, longtemps, brutalement, désespérément, pour se faire mal et pour faire mal à l'autre, ils en avaient pleuré de tellement de douleur, de tellement d'incompréhension. Au matin, Draco était parti et Harry avait cru le perdre définitivement.
Puis il était revenu, le week-end suivant, après une semaine de silence complet sans répondre aux appels de Harry, restant obstinément muet à ses suppliques. Mais il était revenu tout de même, parce qu'au fond, il savait que Harry ne l'avait pas trompé, qu'il ne lui avait pas menti – tout simplement parce que Harry ne savait pas mentir, il n'avait jamais su. Et aussi parce que Millicent lui avait fait subir la pire engueulade de toute sa vie, au point que les colères froides de Sally-Ann lui avaient paru bien faibles comparées à celle-ci. Il avait eu peur ce jour-là, peur de perdre Harry, peur qu'il ne lui pardonne pas, peur d'avoir trop tiré sur la corde. Mais Harry avait souri, Harry l'avait forcé à parler de ses craintes, et ensuite Harry l'avait aimé, plus doucement encore que la nuit de leur première fois. Juste pour lui montrer à quel point ses sentiments pour lui étaient forts, juste pour leur faire du bien à tous les deux.
Après…Les choses étaient devenues plus faciles. Il y avait eu des hauts et des bas, et il y en aurait encore, mais Draco savait que ça irait. Tout ce qui ne tue pas rend plus fort, dit-on. Les cicatrices qu'ils s'étaient infligés n'avaient finalement fait que renforcer leur relation, et après avoir vécu tant de choses en si peu de temps, Draco avait parfois l'impression que rien ne pourrait les détruire, jamais.
Et c'était peut-être vrai, après tout.
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Harry dormait toujours, alors que les rayons du soleil commençaient à filtrer à travers les fins rideaux à moitié tirés et jetaient des rais de lumière pâle sur le parquet de la chambre. Il s'était retourné dans son sommeil, et Draco observa un long moment la ligne gracieuse de sa nuque et de son dos, laissant sa main remonter lentement vers la hanche mince en un effleurement presque imperceptible. Plus d'un an après leur première nuit ensemble, près de deux ans après leur première rencontre, il avait toujours autant de désir pour lui, si ce n'était plus, et cela l'étonnait et l'émerveillait toujours autant, lui qui n'avait jamais désiré qui que ce fût plus de quelques semaines, et rarement au-delà de l'assouvissement de ce désir.
Alors ses caresses se firent plus précises, un peu plus fiévreuses, un peu plus impatientes peut-être, mais toujours aussi douces. Il aimait ça, se coller contre le dos de Harry et le réveiller lentement, embrassant sa nuque, agaçant gentiment ses tétons, lui arrachant des soupirs de bien-être et des gémissements – oh, ces gémissements tellement lascifs, instigateurs d'un désir instantané…Il aimait ça, prendre le sexe de Harry dans sa main, sans rien faire d'autre que le sentir grossir entre ses doigts, jusqu'à ce que le jeune homme brun se mette à bouger de lui-même. Il aimait ça, sentir Harry se rapprocher insensiblement de lui, son corps qui se collait au sien pour une étreinte encore plus étroite, ses bras qui forçaient les siens à se refermer plus fort autour de lui. Il aimait ça, sentir Harry s'ouvrir pour lui alors qu'il le pénétrait d'une seule et lente, très lente poussée qui les faisait crier tous les deux.
Il aimait ça entendre Harry haleter sous ses coups de reins, le sentir venir à sa rencontre avec des mouvements de plus en plus fébriles. Et plus que tout, il aimait l'entendre jouir, parce que c'était le plus beau son du monde. Et peut-être plus encore, il aimait quand Harry le prenait à son tour, cette fois-ci bien réveillé, qu'il le faisait rougir sous ses caresses indécentes et qu'il le faisait crier et supplier pour toujours plus alors même qu'il lui donnait déjà tout ce qu'il voulait – et même plus. Et finalement, peut-être que ce qu'il préférait était lorsqu'ils se blottissaient l'un contre l'autre, épuisés et en sueur, et que Harry lui chuchotait « bonjour » d'une voix encore ensommeillée – Draco savait alors qu'ils étaient chez eux et que rien ne pourrait leur arriver.
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Ce fut ce qui se passa ce matin-là, comme presque tous les matins depuis qu'ils s'étaient retrouvés à la Nouvelle-Orléans pour les vacances. Quelques semaines plus tôt, ils étaient allés en Angleterre et avaient partagé leur temps entre Londres et Brighton, entre leurs familles et leurs amis, mais ce mois d'août était pour eux uniquement. Bientôt septembre reviendrait et Harry devrait reprendre le travail, et même si Draco allait rester encore un peu à la Nouvelle-Orléans, ils voulaient profiter le plus possible du temps qu'ils pourraient passer ensemble sans aucune contrainte extérieure.
Lorsqu'ils se furent levés, qu'ils eurent pris leur douche – ensemble, comme presque tous les matins – et que Harry eut rangé sa toile, ses pinceaux et ses couleurs, ils décidèrent d'aller prendre le petit-déjeuner dehors, de faire quelques achats et peut-être d'aller se promener un peu en ville. C'était un de ces rituels qu'ils avaient établis tous les deux. Cela pouvait ressembler à une routine, mais ça ne l'était pas – chaque jour, ils découvraient un endroit de la ville qu'ils ne connaissaient pas encore, même après un an de visites passionnées.
Ce matin-là, l'ordinateur de Harry clignotait et un mail de Millicent était en attente – mais ils décidèrent d'en reporter la lecture à plus tard dans la journée. Harry voulait s'acheter des livres et des disques, et Draco avait décidé de se payer un piano – il aimait jouer pour Harry et il avait remarqué que le jeune homme appréciait particulièrement l'entendre lorsqu'ils étaient à New York. Il avait réussi à convaincre Harry que le petit piano noir qu'ils avaient vu dans cette vitrine l'autre jour ferait très bien dans son salon, arguant du fait que c'était un cadeau qu'il voulait se faire à lui-même. Harry n'aimait pas trop qu'il dépense inconsidérément son argent pour lui faire des cadeaux, mais si c'était pour se faire plaisir, il ne disait rien.
C'était une belle matinée, de celles où le soleil brille sans brûler, où l'air n'est pas alourdi d'humidité, une de ces trop rares journées en Louisiane où la chaleur n'accable pas dès les premières lueurs de l'aube. Une matinée parfaite pour flâner dans les ruelles du Vieux Carré après un café et des beignets au Café du Monde.
Lorsqu'ils poussèrent la porte de la petite librairie perdue au fond d'une obscure impasse ombragée de glycines, ils avaient une idée bien précise de ce qu'ils cherchaient. Harry voulait mettre à jour sa liste d'ouvrages à faire étudier à ses futurs élèves et Draco aurait bien aimé s'acheter quelques romans contemporains de « littérature gay » – il s'était mis depuis peu à s'intéresser au mouvement en tant que phénomène culturel. C'est pourquoi ils ne virent pas tout de suite le livre.
Et pour cause, il n'était pas dans le rayon des nouveautés, pas plus dans celui des meilleures ventes. C'était dans un coin reculé de la librairie où Harry s'était aventuré un peu au hasard, un endroit discret et presque invisible lorsqu'on entrait dans la boutique, et où son œil fut brusquement attiré par un étalage désigné par une petite affiche indiquant simplement « premiers romans ». Tout à gauche, sur une pile un peu plus petite que les autres, il y avait un livre bleu. Harry s'approcha par curiosité, sans savoir exactement pourquoi cet ouvrage et pas un autre.
Il avait presque oublié ce dessin. Comment avait-il pu ? Sur la couverture, c'était le tableau qu'il avait peint un an plus tôt, ce portrait de Draco qu'il n'avait pas retrouvé lorsque Nymphadora lui avait envoyé ses affaires depuis Brighton. Ce rêve où Draco était assis sur une plage de galets et regardait la mer, celui où il avait tant espéré qu'il se retourne et lui sourie…Il pensait qu'il l'avait irrémédiablement perdu. Puis il regarda le titre, ouvrit le livre, lut la page de garde, et sentit son cœur se gonfler de joie.
« Draco » appela-t-il. « Viens voir ! »
Le jeune homme blond le rejoignit, enserrant sa taille de ses bras et posant le menton sur son épaule.
« Qu'y a-t-il ? » Demanda-t-il d'une voix douce. « Un bouquin intéressant ? »
« Regarde » répondit simplement Harry en se décalant un peu pour qu'il puisse mieux voir.
Les yeux de Draco s'élargirent de surprise, puis rencontrèrent ceux de Harry – la même joie que dans les siens. Ils se sourirent, simplement heureux, et Draco resserra son étreinte autour de la taille de Harry.
Sur la couverture du livre bleu, on pouvait lire :
« Cher journal, chronique d'une dernière année. Par Millicent Bullstrode. »
FIN.
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Et voilà. C'est fini. J'espère que vous avez aimé vivre cette aventure autant que moi, j'ai eu du plaisir à l'écrire. Et rien ne me rendrait plus heureuse que de connaître votre opinion à ce sujet. Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire (ou pas). Je répondrai aux reviews à mon retour de vacances, après le 20 août.
Voici venu maintenant le temps des remerciements. A tous ceux qui ont partagé cette histoire avec moi. Alors, merci :
A vous, les lecteurs, qui m'ont lue et suivie depuis le début, ou qui ont pris cette histoire en cours de route. Vous qui m'avez soutenue, encouragée, félicitée, énervée, désespérée, encensée même parfois ; à ceux qui m'ont dit que cette histoire les avait aidés, d'une manière ou d'une autre. C'est le plus beau compliment qu'on pouvait me faire.
A Prism of Life, pour avoir débarqué un jour dans ma vie avec ses mots ; pour ses corrections, ses critiques, ses conseils, notre correspondance ; et puis merde, pour être lui tout simplement.
A Ana, Bady, BN et Eva, pour m'avoir encouragée, poussée, soutenue, pour leurs conseils et leur rôle de beta-lectrices avant que POL ne s'en charge ; pour leur amitié aussi bien sur FFNet que dans la vie. Je vous aime, les filles (et oui, j'arrête les overdoses de guimauve, c'est promis).
A Dave et Martin (huhu), parce que ce sont les plus beaux, que leurs voix et leurs mots me touchent toujours un peu plus avec le temps qui passe.
Et pour finir : Please a Bady, give her a whole Dave (enfin presque, parce que son creux suprasternal et celui de son aine appartiennent à Eva) ! (et désolée poulette, j'ai essayé de suivre tes conseils pour l'épilogue, mais je ne trouvais rien qui convenait alors j'ai laissé ça comme ça...j'espère que ça va quand même !)
A bientôt pour de nouvelles aventures ! (et en attendant, rien ne vous empêche de vous tenir au courant sur mon blog – adresse dans mon profil, blablabla).
Je vous aime !