o§o§O§- Over the time -§O§o§o

Disclaimer:Tous les personnages et les lieux appartiennent à Johanne Kathleen Rowling, et nul million de ne me revient, car le bonheur ne se compte pas en petite monnaie, et je suis plus que contentée par les reviews.

NOTE :

Tout d'abord et avant tout, je voudrai remercier toutes les personnes ayant reviewé depuis le début. 388 reviews (à l'instant où j'écris) wahouu :D Ça met le baume au Coeur (et encourage à écrire!). Bref, je voudrais très sincèrement tous vous remercier. Donc merci à : une lectrice!, missmalfoy7138, bubblepoetic, Crystal, lenore59, viseversa, Ptitoon, Ninia Black, Lily-x-Lily, Dogywoman, Fingolfin, Rachel, lilichoco, fanaloka, lily forever, Diamsley, teddyjes, Jess alias Teddyjesmarjopotter, lilly, cece, Rachel, MiladyMoOn, Pussy, Rebecca-Black, lola, EJ, -x- (miko)marie, Cloé, Liliepotter, Miiu, Miiulillyy28, Sarah, Salcilia, lolaboop, Valalyeste, miss malfoy, Haluna, Titagaya, themissmalefoy, Sandiane, Asura01, nana potter, Sarina, Samantha, panthere2691, moggliesmad, lys23, lilyblack, Nacao, Math, Lil'Ashura, 666Naku, hermy13127, eliz, Noriane, bulle-de-savon, Klo0nahnoa171, kissesnymphetamine666, gurthwen, Adri potter, one-take-watson, the lord of shadows, Serena, Lycia, Adri Potter, lauralavoiepelletier, Cindy2008, dark angel, hindouch, laura, ladyalienor, mangel, Moony-San, kpuu, Keana, Danielove, L. Wells, Khlow, Thealie, likyboy's, Les maraudeuses, Lily Jolie, Valalyeste, Rebecca-Black, Mary, diabella, Maria Potter1, Elisia Lisou52, Lilytigresse, Noisette, Malyca, Sunny'z, Kendra, Lilly Jolie, Elliotnaiss, Mag-mus, Linoa07, Pretty Diabless, Zaika, Kendra evans, Mixou, Linoubell, Lubel, Hermy94, Ellana, Mariacool, Amanda, Salma, Bee, Choupinette, H3ll-y, Crème de moshi, Elfa, Athena, Kitsune-Maeda, Samikitty, Mag, Sybille, Enora BLACK, Lyane de Rivesen, Werewolfsdaughter, Elfa, Trinity1412, Phaine, Lina44, Estelle01, Fullmetal, Bloody the Slytherin, Hermione malefoy, Barbotine, Cimoi, Tadzio, Lina44, Lyane, Luluflo04, Patmola, Estia, Langedelanuit, Tite fille de lavaltrou, Bloodymelou, Lily Potter 19, Folle-de-toi, Zaika, Rasetsuna, Hestia Black, Lilyana, Amy Keira, Zaza, Marie potter, Eiliss, Lenore59, Hermylove, Namyothis, Patmolagirl, Yza, Jana Black, Miss Lup Lup, Angel of shadow, Drucillia, Lunathelunatique, Lolo Evans, The lord of shadows, Nami, Ytac, IthilIsilwen, Missou, Zillah666, Melaina, L'Anonyme, Sinwen, Elaur, Sinwen Periedel, Miss BlaBla, Ange de la mort, Etincellet, Nfertari, Raphou, Mathy, Kali, Stephanie, Lili's angy.

Pfiooou, ce fut long à recopier, j'espère n'avoir ni oublié ni répété personne ! (l'ordre est aléatoire, au fur et à mesure du recopiage et du filtrage pour éviter les répétitions) Mais bon, c'était le moins que je puisse faire, de vous citer, toutes, vous qui m'avez encouragée! ;)

Tout ça pour dire qu'écrire OTT fut une aventure vraiment merveilleuse, qui m'a suivie assez longtemps. Comme vous le constatez sans doute, mon écriture a bien changé entre les tous premiers et les derniers chapitres (c'est plutôt une bonne chose, non?), et ma vision des personnages, de l'écriture d'une fiction et du monde en général a changé de même. Il faudra d'ailleurs que je les remette à jour... Quand j'en aurai le courage. Bref, cet épilogue, et Merlin sait que c'est dur d'en écrire un est le dernier texte concernant le petit monde potterien dans le cadre d'OTT. Si quelqu'un veut s'amuser à écrire la suite, il le peut, mais ce ne sera pas moi qui le ferai... En tout cas faites-le-moi savoir, ce serait mieux, et je serai ravie de suivre ces nouvelles pérégrinations!

Bref, cette fic fut aussi une preuve que je peux mener un projet à bout. C'est assez gratifiant, je trouve. Et j'espère vous retrouver avec un plaisir réciproque quand je m'attellerai à un autre projet (la fièvre potterienne me ronge toujours...)

C'est donc ici que nous laissons notre chère génération de 96, appartenant au passé, que l'on retrouve les jeunes et que l'on se prépare pour un avenir... Qui ne sera pas conté. Enjoy

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o§o§O§- Epilogue: Over the time-§O§o§o

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The past with its pleasures, its rewards, its foolishness, it punishments, is there for each of us forever, and it should be. Lillian Hellman

13 juin 1985, Neuvième année de la Paix retrouvée

«- Neville Leonius Londubat! Peux-tu m'expliquer ce que tu essaies de faire?»

Le garçonnet leva un regard honteux du sac à main de sa mère. Retirant rapidement ses mains, il les croisa dans son dos. Alice se trouvait dans l'encadrement de la porte et fixait son fils d'un air furieux, les lèvres pincées. Elle avait l'air, du point de vue de l'enfant, absolument terrifiante. Neville déglutit et reposa la preuve de son forfait, c'est-à-dire le sac, sur le guéridon.

«- Euuh... Je... »

«- Oui Neville? Qu'as-tu donc à me dire?»

«- C'est pas moi, M'man, c'est Harry!»

«- Neville! Comment oses-tu accuser ainsi ton meilleur ami?! Je honte de toi mon fils.»

La jeune femme avança d'un pas vif vers son fils, avec la ferme intention de lui faire un sermon concurrençant les beuglantes. C'est alors qu'un mouvement latéral attira son regard expert - après tout, n'est pas auror qui veut! Alice se tourna silencieusement, ses pieds ne faisant aucun bruit sur le tapis moelleux du petit salon. Le rideau face à elle ondula légèrement. Rapide comme un stupéfix, elle dégaina sa baguette et écarta le bout de tissu d'un prompt coup de poignet, révélant un second garçonnet. Petit, il arborait une indomptable touffe de cheveux jais et deux yeux émeraudes brillaient derrière l'écaille d'une paire de lunettes.

«- Harry Peter Potter...»

«- C'est moi M'dame Londubat,» répondit l'interpellé d'une voix fluette.

Alice leva légèrement les yeux au ciel, exaspérée. Elle maudit une énième fois Franck pour l'avoir convaincue d'avoir un enfant si tôt. Elle maudit également Hermione Granger-Westinger, sa collègue, d'être une si bonne amie et d'avoir favorisé les rapports entre son filleul adoré, Harry, et son fils. Elle attrapa son sac, jetant un bref coup d'oeil à l'intérieur afin de vérifier que tout était en place, puis elle saisit les deux garnements par la nuque et les mena dans l'entrée.

«- Je ne sais pas ce qui me retient de vous emmener passer le week-end chez ce cher Maugrey.»

Harry et Neville écarquillèrent les yeux, angoissés. Cet auror à la réputation reoutable et au caractère de chien leur avait toujours fait peur. En plus, il avait une profonde cicatrice descendant de sa tempe jusqu'à sa clavicule tout simplement abominable. Aux dires confus de leur "tonton" Ron, il n'y avait pas de quoi en faire un plat, après tout il avait toujours sa jambe et son oeil, et était encore jeune, mais ces remarques leur paraissaient bien étranges. En plus la conjointe d'Alastor Maugrey, Maria Contini, rappelait par sa carnation pâle et son amour pour Goethe les vampires hantant leurs contes. Quant à leur enfant, petit brun de sept ans du nom de Niklaus, il avait hérité des caractères combinés de ses deux parents. Alors non, ils refusaient d'avoir à y aller.

«- Je n'ai pas le temps de vous adresser un long discours, nous devons aller chez Florian Fortarôme, après tout c'est aujourd'hui que tatie Ginny revient de son voyage en France. Il ne faudrait pas tarder. Cela fait longtemps en plus que vous ne l'avez pas vue. Vous êtes contents au moins?»

Le deux enfants hochèrent frénétiquement la tête, des sourires angéliques peints sur la face. Alice les aida à attacher leurs capes aux couleurs des Canons de Chudley pour Harry - il s'agissait d'un cadeau de Ron - et vert bouteille avec des grenouilles sautillantes pour Neville. Elle saisit ensuite de chaque côté une main et quitta l'appartement. En descendant les marches de l'élégant immeuble, elle reprit la parole:

«- Les enfants, je veux que nous restions en bons termes. Il ne faudrait pas gâcher le retour de Ginerva par des querelles égoïstes n'est-ce pas?»

«- Non, non, il ne faut pas.»

«- En plus Ginny elle apporte toujours des cadeaux!», renchérit Neville.

«- C'est pourquoi vous devez m'expliquer pour quelle foutue raison vous fouilliez dans mon sac? »

Ils venaient d'atteindre la porte d'entrée. Alice se tourna vers les deux amis, qui se mirent alors à fixer obstinément le sol.

«- Nous ne sortons pas tant que vous ne m'avez pas expliqué.»

« ... »

«- Pas de glaces sinon.»

« ... »

«- Ginny sera trèès déçue de vous rater. mais ce sera votre faute. Elle pleurera, même, à cause de vous. À cause de votre manque de courage.»

« ... »

«- Par les satanés caleçons de Merlin, vous allez me répondre, Oui?»

Les deux garçonnets frémirent devant les accents menaçants - et le manque certain de retenue - de l'auror. À contre-jour de la lumière filtrant au travers des carreaux de la porte, elle possédait une aura digne des Walkyries peuplant leurs imageries.

«- Pardon Maman, on ne voulait pas!»

«- Oui Madame Alice, on vous jure, on voulait pas vous fâcher... Mais c'est de votre faute!»

«- Ma... Pardon?»

«- Oui... On a vu que 'Mione avait oublié une photo, vous vous souvenez?»

«- Elle était bien emballée, et tu m'as toujours dit qu'on emballait les choses importantes, hein Maman?»

«- Donc forcément on a voulu la voir.»

Alice se rappela soudain. Hermione était venue boire un verre chez elle la veille, après le boulot. C'est d'ailleurs à ce moment-là qu'elle l'avait prévenue pour le retour de Ginny. Neville et Harry étaient supposés être dans le jardin de l'immeuble, à faire des essais sur des balais pour enfants, sous la tutelle Ron. C'était en effet lui, qui travaillait à présent au Département des sports magiques du Ministère, qui les leur avait rapportés des éliminatoires pour la prochaine Coupe. Hermione déprimait un peu, comme chaque année à cette période-là, alors que tout le monde se préparait pour fêter dignement ce jour commémoratif de la fin de la Grande Guerre. Neuf ans avaient déjà passé. Cependant, pour l'ancienne griffondor comme pour certains de ses compagnons, ce jour symbolisait trop fortement tout ce qu'ils avaient perdu. Leur passé, et un peu de leur identité. Et même si ce que la jeune femme avait à présent lui plaisait, cette nostalgie annuelle ne se dissipait pas. Elles avaient longuement discuté autour de deux coupes de Xérès, tant et si bien qu'Hermione avait accepté de s'épencher avec franchise, chose qu'elle évitait en-dehors du cercle restreint que formaient Ron, Draco et Ginny. Elle avait sorti une photo soigneusement protégée de son sac, et l'alcool avait si bien rempli son office qu'elle l'avait oubliée sur la table basse. Alice, de nature curieuse, en avait profité pour se pencher dessus, puis l'avait mise dans son sac afin de la rendre dès le lendemain à sa propriétaire.

Sortant de ses pensées, la jeune femme vit que son fils et Harry la fixaient toujours d'une mine inquiète.

«- Bon, ça ira pour cette fois, nous penserons à présent à insonoriser les pièces. Mais que je ne vous reprenne plus à fouiller, cela pourrait vous coûter des bricoles. Comme vos balais...»

Elle se délecta de la mine effarée des deux chenapans. Retendant les mains, elle saisit leurs quenottes et sortit enfin dans le soleil éblouissant baignant le Chemin de Traverse. Le temps était délicieux, chaud mais agrémenté d'un léger vent qui rendait le tout supportable. Des chouettes s'empressaient entre les différentes ruelles tortueuses et les fleurs carnivores proliféraient aux balcons. La voie principale grouillait déjà de monde, tel un patchwork de capes multicolores: après tout l'occasion était de taille.

Alice entreprit alors de se frayer un chemin au travers de la foule ambiante, resserant sa prise sur les enfants. Bien vite, ses pensées se redirigèrent vers la photo. Elle avait été prise depuis la Pensine d'Hermione. Ou plutôt de l'unique souvenir qu'elle avait accepté d'y déposer, afin de pouvoir le visiter librement quand les idées noires la pesaient. Son amie était restée vague sur le sujet, mais Alice avait compris qu'il s'agissait d'avant. Avant la victoire.

On y voyait trois enfants. Presque des adolescents. Ils étaient installés sous un bouleau, à proximité d'un lac. Du lac de Poudlard d'après ce qu'en déduisait Alice. D'autres élèves plus ou moins âgés étaient visibles en arrière plan. Mais Alice devinait que le plus important, le plus captivant étaient les trois enfants au centre. Ils devaient avoir onze ans, peut-être douze. Un rouquin polissait amoureusement un échiquier, un badge à l'effigie de Griffondor luisant sur sa chemise. Une brunette aux cheveux touffus était assise droite contre le tronc de l'arbre, un livre semblant peser plus lourd qu'elle installé sur ses genoux. Enfin, un garçon aux cheveux jais, très maigre était allongé sur le ventre entre les deux et paraissait plongé dans un album photo. Tous trois interrompaient leurs activités de temps à autres et discutaient allègrement, plaisantant. Une maturité surnaturelle se lisait sur leurs traits, mêlée cependant à une fantaisie enfantine. Cela dérangeait et ensorcellait tout à la fois.

Hermione n'avait pas donné beaucoup de précision, aussi Alice ignorait l'exacte origine de la photo. Cependant, étant intelligente, elle ne pouvait s'empêcher de supposer... Et de réfuter par la suite, voulant laisser les souvenirs à leur juste place.

Perdue dans ses pensées, Alice ne se serait pas rendue compte qu'ils étaient arrivés sans la pression légère qu'exercèrent sur ses mains les quenottes des deux enfants. Clignant des yeux, elle reconnut à la terrasse fleurie située quelques vingt mètres plus loin un large groupe d'amis joyeusement rassemblés. Aucun autre enfant n'était présent pour le grand malheur d'Harry et Neville, mais Alice savait qu'ils appréciaient également cette solitude du fait des chouchoutages. Étant d'un an plus âgée à l'époque de Poudlard, la jeune femme ne fréquentait assiduement ce petit groupe d'amis que depuis quatre ans, c'est-à-dire à peu près depuis qu'elle avait Neville. L'autre mère du groupe était la flamboyante Lily Evans Potter. Elles s'étaient connues en mettant au monde leurs fils, le même jour, couvrant le couloir de semblables insultes à l'égard de leurs maris, qui avaient face à cette farouche adversité sympathisé, prédestinant leurs fils à se connaître. Subséquemment, leur amitié avait perduré et les Longdubats avaient rapidement été accueillis à bras ouverts. Alice regrettait parfois d'être occupée à ses devoirs de mère quand elle voyait les autres sortir. Toutefois la jeune femme supposait que le cap des vingt-cinq ans commençant à être passé, nombre d'entre eux allaient passer du statut de jeunes actifs fêtards et férus d'expériences - pour certains du moins - à celui de parents plus ou moins responsables. Sa part revancharde se gaussait doucement à cette perspective.

Franck l'aperçut soudain. Il devait les avoir rejoints dès sa sortie de bureau.

«- Alice! Enfin...» râla-t-il en souriant.

«- Madame passe trop de temps à se pomponner?» taquina gentiment James Potter, chef des aurors - donc le sien - en écartant sa chaise pour qu'elle puisse s'asseoir aux côtés de son mari.

La jeune femme lâcha avec bonheur les deux enfants, agités à la vue du magasin de Quidditch se trouvant de l'autre côté de la rue. Que Franck et le couple Potter travaillent à présent à contenir ces monstres!

«- Que puis-je contre le temps mon cher James - oups! Patron - si je dois courir après nos fils aux tendances cleptomanes. De vrais maraudeurs, j'ai le regret de le dire.»

Elle fit un rapide tour de table du regard, saluant au passage. En plus de son mari et des parents d'Harry, Drago Malefoy sirotait tranquillement le cocktail dernier cri - Lemonberries, toute l'acidité des fruits, les joies du cidre en plus! - les jambes aristocratement croisées. Ronald Weasley, plus roux que jamais, s'occupait d'arranger l'espace pour caser tout le monde autour de la table. Ginny et Remus Lupin étaient aux dires du rouquin en intérieur en train de passer leur commande. Quant à...

«- Miione!»

Guère surprise, elle suivit du regard le trépidant petit Harry dévaler la terrasse pour se suspendre au cou de sa marraine préférée et vénérée. Derrière elle Sirius ramassait son sac qu'elle avait fait tomber vaincue par l'enthousiasme du gamin.

«- Bonsoir tout le monde!» s'exclama-t-il joyeusement, rendant le bagage de cuir à sa petite amie, laquelle se faisait d'office entraîner vers un siège tout désigné par son tyran de filleul.

«- Hullo Sir'» répondirent en écho James et Remus, lequel émergeait à son tour avec sa femme, des coupes de glaces des plus riches et appétissantes entre les mains.

Le brun sourit largement et attira à lui une chaise de façon à rejoindre ses deux meilleurs amis. Ginny, l'air soulagé d'avoir achevé son périple sans aucun accident, déposa sur la table un plateau surchargé de Bieraubeurre - dix au total - et de deux jus de framboises - Draco avait bien défendu la cause de l'éducation de la jeunesse mais ç'avait apparemment été un échec. La brillante rouquine se laissa donc tomber avec un plaisir largement apparant dans le seul fauteuil en osier libre restant. Repoussant une mèche qui lui tombait devant le nez, elle esquissa une moue amusée.

«- Mmh... Je suis fort contente de vous revoir tous. Les voyages de noces à Paris ont ceci de lassant qu'ils ne se déroulent point à Londres. Mais tout c'est bien passé, j'ai comme qui dirait pris mon pied. Merci de le demander.»

Hermione éclata largement de rire et ébouriffant la chevelure de sa meilleure amie elle souffla:

«- Ce doit être un vrai bonheur pour toi au retour de ton séjour paradisiaque de retrouver toutes nos têtes de déterrés victimes du quotidien! Mais je suis contente de te voir - elle lui colla un baiser sur la joue - même si je sais grâce aux miracles de la téléphonie nombre de détails de ton périple.»

«- Pas de fausse propagande s'il te plaît Monette - Ok, ok, Hermione - chérie. Je suis aussi resté en contact avec mon loupiot d'amour grâce à cette arnaque de félétone - quelle idée d'avoir une protection anti-hiboux dans votre hôtel - et ce n'est pas vraiment miraculeux. Tu te souviens, après j'ai eu une extinction de voix!»

Alors que James opinait avec conviction de la tête, Hermione Lily et Ginny éclatèrent bruyamment de rire, tandis que Ron et Draco leur lançaient un regard blasé. Le couple Longdubat suivait lui avec un amusement plus qu'évident la discussion. Remus, quant à lui, souffla doucement, grommelant un "je vous avais pourtant expliqué comment ça marchait". D'une brave tentative afin d'éviter l'exposition prolongée de ses amis aux moqueries générales, il saisit une choppe de Bieraubeurre qu'il leva, s'éclaircissant la voix:

«- Je propose de porter un toast à la réunification de notre charmant petit groupe!»

Enthousiasmés par l'idée, tous saisirent vivement une choppe. Alice subtilisa les deux verres de boisson à la framboise et les tendit aux deux garçonnets.

«- Mais j'n'ai pas soif!» marmotta Neville.

«- Pourquoi est-ce que tout le monde boit? C'est quoi ce machin rouge, vous voulez nous empoisonner, personne d'autre n'en a!» chuchota Harry, la mine inquiète.

«- Du jus de framboise mon chéri, » répondit tendrement Lily, tournant la tête vers lui. « Tu te souviens tu en avais bu chez Mr et Mrs Brown l'autre jour, avec la petite Lavande. Tu en as redemandé à plusieurs reprises.»

Le visage du petit brun s'éclaira. Il se pencha à l'oreille de son meilleur ami et lui murmura rapidement quelque chose à l'oreille. Neville afficha aussitôt un petit air malicieux, vite repris par le jeune Potter.

«- M'man, pourquoi on n'a pas la même chose que les grands?»

Alice tordit sa bouche en une grimace. Jetant un regard hésitant à Franck elle répondit:

«- C'est parce que... Eh bien, vous obtenez le droit d'en boire quand vous avez passé vos BUSEs. C'est une sorte de récompense. Mais avant vous n'avez pas le droit.»

«- Parfaitement, » conclut Franck, « sinon ce serait injuste envers tous les autres enfants. Tu ne voudrais pas être injuste envers tes amis, non?»

Neville fronça les sourcils, perplexe.

«- Mione!» plaida Harry en se tournant vers sa marraine.« On ne peut pas en verser un peu dans nos jus? Ça ne se verra même pas. Tu sais on a quand même quatre ans trois quarts!»

Il afficha ostensiblement sa main, le cinquième doigt à demi-plié. L'ex-griffondor roula des yeux. S'apprêtant à répondre, elle croisa les regards furieux et emplis de menaces des deux mères en présence. L'éducation serpentarde dispensée par Draco refit surface en son esprit et elle déclara, le plus suavement du monde, et ravie de passer sa charge sur les épaules d'un autre:

«- Je pense que tu devrais demander à ton parrain mon chéri. Après tout, il est supposé t'initier et faire ton éducation.»

Toutes les têtes se tournèrent alors vers Ron, qui n'avait jusque-là suivi le débat que de bien loin, vaguement somnolent sous la chaleur. Se sentant cerné, il lissa machinalement sa chemise. Croisant les yeux verts supliants de celui qui fut un temps son meilleur ami il soupira et lâcha:

«- Merlin, donnez-lui ce qu'il veut. Il ne sentira rien, ça se boit comme de l'eau cette boisson. Laissez-moi rester le parrain le plus cool du monde à ces yeux. Et à titre d'information, Hermione tu n'es qu'une sale perfide.»

«- Je sais mon Ronny d'amour.»

«- Tu sais que tu t'offres au pugilat Weaslette? Tu as toujours voulu être martyre, ce n'est pas nouveau mais il y a le fait et la manière. Là ça va être glauque.»

«- La ferme Malefoy.»

«- Je veux dire, ce n'est même pas glorieux. Se donner en pature à de la mère en furie... Tout ça pour un môme. En plus il n'est même plus balafré. Tu es sûr qu'ils n'ont rien foutu de douteux dans ta boisson?»

«- Malefoy, tu sais que Maugrey m'a appris un sort très intéressant. Métamorphose en petit nuisible. Ça te dit?»

Malefoy se renfonça sensiblement dans son siège et abaissa ses lunettes de soleil sur son nez en signe de négation. Ron se tourna en se grattant la nuque, mal-à-l'aise, vers le reste de l'assistance. James soupira, gêné:

«- Oh allez Lil', laisse faire. C'est vrai ça, on ne lui propose pas du Whisky Pur-Feu. J'avais déjà goûté à de l'alcool quand j'étais encore plus jeune que lui.»

«- Ta mère sera ravie de l'apprendre.»

«- Espèce de serpentarde à la manque!»

«- Un problème Potter?» grommela Drago, un sourcil arqué.

«- Non, non... Si! Lily, tu es en train de me menacer de façon vile et basse. C'est presque du chantage ça, tu le sais?»

«- Tu acceptes de saouler notre fils.»

«- Ce n'est pas comme si ce n'était pas exceptionnel. Enfin! Je suis sûr qu'Alice n'y met pas autant d'objections.»

La jeune femme sourit avec effronterie.

«- Tu veux parier, Patron?»

Le Maraudeur se renfonça d'un air boudeur dans son fauteuil. Ginny esquissa un sourire forcé.

«- Et ce toast?»

L'harmonie revient bien vite sur les différents visages, et tous levèrent à plusieurs reprises leurs verres à leur amitié, au futur, au passé, à la coupe de Quidditch, aux enfants, aux futures unions, aux ruptures - Draco protesta que non il n'était pas en échec amoureux à cause du souvenir persistant de Sandra -, à la baisse du prix du logement, aux chaussettes d'Albus Dumbledore, à l'entrée en école d'éveil à la sorcellerie des jumeaux Weasley - une hécatombe -, à la probalité nulle que Ron ne finisse pas avec une rouquine, aux six ans de la moto de Sirius, au lancement d'un nouveau journal - Le Chicaneur-, à Touffu - le nouveau chien d'Hagrid -, à la future année prochaine - avec juste six mois d'avance- ... Sans remarquer un Maraudeur au visage espiègle et aux rires en jappements de chien qui versa discrètement, derrière son dos un peu dans sa boisson dans les verres des deux enfants présents, sous le regard entendu de Ron et Draco, pour une fois en parfaite entente.

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Plus tard dans la soirée, alors que les adultes commençaient à être un peu abîmés, et les enfants à s'endormir, une photo tomba d'un sac à main sous l'effet d'un coup de chaise. Poussée par un léger vent estival elle voleta vers les marches de l'établissement, qu'elle finit par descendre, fatalement. Arrivée à destination, sa composition fut vite baignée par les éclats de feux d'artifices explosant dans le ciel pour le bonheur de la foule de sorciers rassemblés ici en commémoration de ce soir particulier, de ce jour-même, pour les souvenirs qu'il appelait et les promesses qu'il rappelait. Bien vite nul ne fut en mesure de remarquer cette petite photo cornée abandonnée sur un bout de trottoir.

Celle-ci semblait être d'un autre monde, semblable mais en quelques sortes parallèle. Ses bords de papier glacé autrefois pointus s'étaient adoucis au fil du temps et des contemplations que l'on devinait nombreuses, éperdues et nécessaires. Les couleurs y étaient comme fanées malgré le souvenir du futur que l'image renfermait. Le décor présenté était bien connu de la population transitant dans cette rue, sa majeure partie y ayant évolué, aimé et mûri, y quittant l'habit de l'enfance pour la toge du monde adulte. L'herbe grasse et d'un vert frais comme une prairie ondoyait sous l'effet d'une supposée brise. En arrière-plan se voyait un château, le château devrait-on dire, chaque individu du peuple sorcier se l'étant tôt ou tard approprié. La grisaille de ses murs n'en attristait pas l'aspect, bien au contraire, par un étrange effet que l'on pouvait facilement attribuer aux milliers de sortilèges qui le nimbaient, il était éclatant, fier et droit, attirant. Sur ses marches, qui menaient sans nul doute au majestueux Hall d'entrée et au Grand escalier, plusieurs adolescentes bavardaient âprement. Deux fillettes indiennes, qui semblaient jumelles, recoiffaient avec soin leurs cheveux d'ébène. Un blondinette assise à leur côté feuilletait avec avidité un magazine sur la couverture duquel on pouvait lire "Sorcière-Hebdo", babillant avec joie. Quelques mètres plus loin, à peine, une rouquine rougissante aux cheveux coupés au carré jetait un regard derrière son épaule, en direction de l'arbre occupant le centre de la photo. Elle suivait sans se presser une petite blonde rêveuse, portant une converse différente à chaque pied - une rouge et une verte - et tentant de trafiquer une de ses ubuesques boucles d'oreilles en betteraves pour les orner d'une paquerette, qui venait d'être cueillie. De l'autre côté de l'arbre coupant l'image en ses deux tiers on pouvait voir un jeune adolescent blond, narguant un petit joufflu. Le blond portait l'écusson de serpentard et tout en ses lèvres pincées et son nez pointu réflètaient la mesquinerie. Il tenait dans sa main une petite balle transparente semblable à un Rapeltout. Le garçon joufflu paraissait hésitant. Des plaques rouges de colère s'affichaient sur ses joues mais ses regards fuyants indiquaient sa frayeur. Un peu en recul derrière le blondinet, deux colosses aux visages pourtant encore poupins se tenaient, impassibles, les bras croisés. En arrière-plan une équipe de Quidditch s'entrainait, multipliant toupies et salto sans la moindre coordination, sous l'air blasé et très tenté de prendre une batte pour l'abattre sur le crâne de quelqu'un du capitaine.

Enfin, au centre, devant le bouleau autour duquel toute la scène convergeait, devant l'étendue d'eau au bord de laquelle il avait poussé se trouvaient trois adolescents. Trois amis. Des âmes soeurs. À la gauche du trio, un rouquin déguingandé au nez en trompette et au tee-shirt à l'effigie des Canons de Chudley - jurant abominablement avec ses cheveux - largement affiché sous la chemise réglementaire, tenait précautionneusement un échiquier sorcier entre ses mains. D'un geste attentif et nécessitant toute son attention il l'astiquait, les sourcils froncés et l'air plus concentré encore que pendant un examen. Sur sa chemise était agraphé un badge où l'on pouvait lire, à la faveur de la lumière, "La Coupe aux Lions". À la droite du Trio, était assise une petite et menue adolescente. Brunette, ses cheveux formaient un amas de boucles absolument exceptionnel, aussi les avait-elle tant bien que mal tirés en arrière à l'aide d'une pince. Se mordillant les lèvres, elle semblait captivée par la lecture d'un gigantesque et antique volume tout corné. Elle avait abandonné ses chaussures et laissait librement tremper ses pieds dans l'onde encore glacée. Un sac énorme aux coutures sur le point de craquer reposait à son côté, on pouvait le supposer empli d'autres ouvrages. Enfin au centre du petit groupe était affalé un garçon maigrichon, allongé sur le ventre. Petit et malingre, il portait d'énormes lunettes d'écaille de forme ronde et ses cheveux étaient semblables à une forêt de lianes jais inextricables. Ses cheveux étaient obstinément abaissés sur son front mais on pouvait apercevoir comme le début d'une écorchure. Ses yeux étaient baissés sur un album photo qu'il feuilletait avec délice, et se relevaient de temps en temps pour observer ses deux amis. On pouvait alors se rendre compte de leur vert profond et ensorcellant, comme un parfait reflet de l'herbe de ce parc enchanté. Les trois amis conversaient calmement, savourant le silence, mais surtout l'harmonie intime qui les liait et la douce et nécessaire présence de chacun d'entre eux.

Pffuit...

Un autre coup de vent. La photo continua son périple, et s'enfuit avec la mystère qu'elle contenait.

Partie l'équipe de Quidditch prête à remporter, sans encore le savoir, le prochain match inter-maison de la saison. Ses membres étaient retournés au jardin d'enfant.

Parti le trio de bavardes, commères sans précédent mais aussi jeune filles au coeur tendre, défendant avec fierté et constance les valeurs de leur maisons. Toutes les trois étaient retournées organiser une dinette entre poupées de porcelaine, bien loin encore des tracas adolescents.

Parti le duo de rêveuses timides. L'une s'en était allée joyeusement patauger au milieu des nouvelles encres d'imprimerie multicolores commandées par son père adoré, l'autre savourait une soirée entre amis, ressassant des souvenirs et couvant du regard son époux, l'envie de faire participer une hypothétique descendance aux prochaines promotions de Poudlard grandissant en elle.

Parti le garçonnet joufflu qui se faisait rudoyer, empli de doutes, incertain de ses actions et encore plus de lui-même. Il s'endormissait à présent en douceur contre le sein de sa mère, suçotant son pouce et tenant de la main restante l'index et le majeur de son père, pour que quoi qu'il arrive, ses parents se rappellent de sa présence.

Partis les trois serpentards racketteurs aimant imposer leurs lois. Les deux plus grands s'en étaient retournés, retrécis, dormir en leurs lits de chêne et combattre les monstres chimériques peuplant leurs chambres trop noires. Le blondinet, lui, riait allègrement à la terrasse d'un glacier, tentant d'accrocher le regard d'une jeune femme assise plus loin. Dépité, il se lovait contre sa soeur d'adoption et s'ingéniait à la faire raler.

Enfin parti le trio d'or ornant l'image.

Parti le rouquin amateur d'échecs et de quidditch. Le coeur encore émietté, il regardait avec attention son filleul s'endormir entre sa meilleure amie et Lily Potter. Jusqu'à ce que son regard se pose sur l'amie que cette-dernière saluait. May Parker, une ancienne camarade, devenue une jolie jeune femme. Cela tombait bien pour lui, il la connaissait aussi. Une étape de franchie.

Partie la fillette studieuse aux cheveux en brousailles sauvages et au front plissé par la concentration. Elle plaisantait à présent avec le blondinet malfaisant de la photo et envoyait un baiser moqueur à l'adresse de son petit-ami. Lequel lui sourit tendrement mais serra avec angoisse, le coeur tambourinant, l'écrin contenant un bague qu'il avait dans la poche.

Parti le petit binoclard maigrichon au regard d'émeraude. Partie l'écorchure de son front. Il faisait semblant de s'assoupir aux côtés de sa mère. Son regard cependant coula vers son père, qui plaisantait avec ses meilleurs amis. Puis s'arrêta sur son parrain et sa marraine. Et il sourit. Et il sourit. Et il sourit. Pour lentement glisser au pays des songes...

Par delà le temps... 1

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On ne recommence plus, mais se souvenir, c'est presque recommencer.Charles Nodier

1: À savoir le titre: Over the time. )

Voilà enfin "Over the time" est fini, avec un épilogue eponyme qui prend à mon avis tout son sens à présent. J'espère n'avoir oublié aucun personnage, je me suis efforcée de faire mention de chacun au moins une fois. Puis j'appréciais l'idée d'inclure les Longdubats... Je voulais éviter de sombrer dans le genre "commémoration". Dites-moi si c'est réussi (et si ce n'est pas trop gnian-gnian. C'est ma grande angoisse... --')

Et je ne suis pas contre quelques ultimes reviews. C'est toujours motivant, non-plus pour écrire un nouveau chapitre, mais tout simplement pour le quotidien!

Sur ce, je vous laisse pour la dernière fois sur cette fic. En espérant vous avoir divertis...

Bisous à toutes,

Olivia, alias Stellmaria (et longue vie à ALCDM! D)