Lorsque Drago était monté dans le Poudlard Express, il savait que les choses seraient totalement différentes.
Adieu l'insouciance de l'enfance… Désormais, il avait des responsabilités qui pesaient bien trop lourd sur ses épaules.
Il montrait un visage lisse de tout sentiment à tout le monde et il se permit même de fanfaronner devant ses amis. Pourtant, aucun d'entre eux ne comprit que ses allusions à son futur déjà tout tracé n'étaient que des appels au secours.
Alors que le train roulait à pleine vitesse vers Poudlard, et que les autres commençaient à somnoler légèrement, Drago se laissa aller dans son siège et se perdit dans les pensées, observant sans même le voir le paysage qui défilait.
L'été avait été éprouvant pour lui. Avant, il ne pensait qu'à jouer au Quidditch, et ses seules préoccupations étaient de battre ce fichu Potter ou d'avoir de bonnes notes en classe. Et puis… Et puis il s'était passé quelque chose.
Potter - encore lui - avait fait quelque chose et son père y avait été mêlé. Lucius Malefoy avait été arrêté et envoyé à Azkaban, les laissant lui et sa mère totalement démunis. Sans défenses.
Oh bien sûr, il y avait tante Bellatrix, mais Drago la craignait. Elle était totalement folle, et même si elle était une combattante hors pair selon sa mère, il n'avait pas confiance en elle.
Pour les protéger, Bellatrix les avait livré au Seigneur des Ténèbres. Elle avait amené son Maître au Manoir, et il s'était installé comme le Maître de maison.
Sa mère avait courbé l'échine, comme toujours. Et lui, paralysé par la peur, il s'était fait le plus discret possible. Il avait baissé la tête, il s'était tu.
Le Seigneur des Ténèbres était furieux de l'échec de la mission du Ministère. Il tenait Lucius pour responsable, et même s'il avait envoyé ses Mangemorts le libérer d'Azkaban pour le ramener, l'homme était en disgrâce.
Et puisque Lucius ne servait plus à rien - fugitif, il devait se cacher - alors Voldemort avait décidé d'utiliser son fils.
Drago n'était pas stupide. Il pouvait être accusé de bien des choses, mais certainement pas de ne pas comprendre ce qui l'entourait.
Il savait parfaitement que le soudain intérêt du Maître de son père sur sa personne n'était qu'une façon d'humilier un peu plus la famille Malefoy.
Ainsi, le jeune homme avait été marqué, peu avant la rentrée. Il n'avait pas eu le choix - on ne le lui avait même pas demandé. Fier comme il était, il prétendrait qu'il l'avait voulu. Qu'il avait attendu la marque avec impatience.
Il n'avait pas pleuré. Il n'avait pas hurlé malgré la douleur. Il avait tendu son bras, fermement, sans trembler. Et il avait reçu l'ignoble tatouage qui faisait de lui un esclave. Sa mère l'avait enlacé ensuite et lui avait murmuré qu'il était courageux.
Amer, Drago avait ricané. Il n'avait pas été courageux loin de là. Il était lâche et peureux. S'il avait supporté la marque c'était uniquement parce qu'il savait que c'était un test, et que s'il refusait il serait tué.
S'il avait été courageux, il se serait rebellé. Il aurait refusé de devenir Mangemort. Il aurait pris son destin en main.
Lorsqu'il apprit quelle était sa première mission de la bouche même de Voldemort, Drago se sentit bouillir alors que l'espoir le quittait totalement. Il aurait aimé refuser, et frapper ce monstre qui se prenait pour un dieu. Il aurait voulu lacérer ce visage reptilien de ses ongles.
Au lieu de quoi, impassible, il s'inclina profondément en murmurant un "Bien Maître" de circonstances.
C'était une punition pour son père. Voldemort savait que Drago n'avait aucune valeur. Il était encore un enfant à Poudlard, sans relations, sans puissance. De la chair à canon…
Alors il l'envoyait à la mort, sans état d'âme. C'était la conséquence de l'échec de Lucius…
Drago cligna des yeux alors que Pansy le questionnait. Il renvoya sèchement la jeune fille, refusant de montrer la moindre faiblesse.
Du coin de l'œil, il vit une bousculade dans le train, et il soupira, pensant qu'il n'était plus un enfant. Cet été, il était devenu un homme. Il avait été arraché à son enfance dorée pour devenir un mercenaire du Seigneur des Ténèbres…
Un brusque accès de rage le prit et il respira profondément pour se calmer. Voyant un mouvement à l'entrée de son compartiment, il se leva, baguette en main, prêt à expédier l'intrus loin d'ici. Avec un peu de chances, ce serait un Gryffondor et il pourrait se défouler.
Cependant, avant qu'il n'ait le temps de faire quoi que ce soit, un voile d'obscurité avait envahi le wagon, le rendant totalement aveugle. Il n'était pas loin de la panique, et lorsqu'il prononça un sortilège pour évacuer la poudre d'obscurité que les jumeaux Weasley fournissaient à leurs clients sa voix tremblait légèrement.
Il cligna des yeux lorsqu'il put voir de nouveau pour se rendre compte qu'il était seul avec ses amis. Blaise grogna et haussa les épaules d'un air fataliste.
- Probablement une plaisanterie des premières années. Je suis bien content de ne pas être préfet…
Drago resta immobile, comme s'il ne l'avait pas entendu, baguette tendu, muscles raidis par la peur. Si quelqu'un était entré à cet instant, il aurait probablement reçu un impardonnable compte tenu de sa nervosité… Pansy lui jeta un regard plein d'une écœurante compassion et posa doucement sa main sur son poignet.
- Hey tout va bien. Il n'y a personne.
Le jeune homme respira un grand coup et s'obligea à se détendre, laissant retomber son bras contre son corps. Il laissa Pansy le guider jusqu'au siège, tout en lui jetant un regard noir pour la prévenir de ne pas tenter de le réconforter.
La jeune fille sembla comprendre - après tout ils se connaissaient depuis quelques années maintenant - puisqu'elle se réinstalla et commença à babiller avec Blaise au sujet d'un article qu'elle avait lu dans Sorcière Hebdo.
Le reste du voyage, Drago resta silencieux et calme. De temps à autre, il se laissait aller au fond de son siège, fermant les yeux et inspirant profondément.
Alors que le Poudlard Express entrait en gare, il resta assis sous le regard d'incompréhension de ses camarades. Le jeune homme leur fit un vague signe de la main, et une lueur espiègle brilla dans son regard gris.
- Partez devant, je vous rejoins. J'ai… quelque chose à faire.
Blaise marmonna mais quitta le wagon à grands pas, suivi de Pansy et Théo. Drago se rassit dans son siège et passa une main fatiguée sur son visage. Puis, il agrippa sa baguette fermement, prêt à lancer un sort.
- La curiosité est un vilain défaut Potter.
Il n'y eut aucun mouvement. Aucun bruit. N'importe qui d'autre aurait pensé avoir rêvé mais Drago était certain que le Gryffondor était planqué près de lui.
Il avait entendu une respiration qui n'appartenait à aucun de ses amis. Une respiration qui tentait de se faire discrète, silencieuse.
Et surtout, il avait senti. Le parfum - non l'odeur de Potter. Il le reconnaîtrait n'importe où après toutes ces années à se battre. Il aurait été incapable de décrire ce qu'il sentait, mais il pourrait le trouver dans une foule…
Il y eut un glissement. Un bref mouvement - probablement pour se recroqueviller et se faire plus petit - qui provoqua un rictus amusé chez Drago. D'un geste souple, il pivota et lança un sort.
- Stupefix !
Il y eut un gémissement étranglé et le bruit de chute d'un corps. La cape d'invisibilité glissa et dévoila un pied.
Drago s'approcha et prit le tissu fluide, dévoilant Potter d'un geste sec. Le brun - bien qu'immobilisé - dardait sur lui un regard furieux, plein de haine.
Le blond le dévisagea avec attention, notant les cernes et la peau un peu plus pâle qu'à son habitude. Potter avait encore maigri si c'était possible. L'intensité du regard vert le fit sourire alors qu'un frisson dévalait son échine.
- C'est pas beau d'écouter les conversations privées Potter…
Le Serpentard pinça les lèvres, incapable de décider ce qu'il allait faire de sa proie. Il pouvait l'humilier, le blesser. Il était totalement à sa merci.
Potter était celui qui avait envoyé son père à Azkaban. C'était de sa faute s'il était marqué…
Furieux à son tour, Drago lui balança un coup de pied dans l'estomac, notant avec satisfaction les yeux de son vis à vis s'emplir de larmes. Mais rapidement, lorsque la douleur passa, la colère et la détermination revinrent dans les yeux émeraude et Drago en fut déstabilisé.
Soudain, Drago eut l'impression que ses illusions étaient piétinées.
Ce n'était pas Potter qui avait envoyé son père à Azkaban. Potter avait été au Ministère, mais il n'avait fait que se défendre… Son père, celui qu'il admirait depuis toujours, avait lancé des sorts sur des enfants de son âge, sans le moindre remord.
Ce n'était pas Potter qui l'avait marqué. Ou qui l'avait maintenu fermement. C'était sa cinglée de tante qui l'avait livré comme un agneau sacrificiel. C'était elle qui l'avait tenu, les mains plantées douloureusement dans ses épaules. C'était Voldemort qui avait levé sa baguette et qui avait prononcé le sort pour le lier à lui au travers de ce tatouage si laid.
Potter était comme lui, un gosse propulsé dans le monde adulte. Et ils étaient forcé d'être ennemis.
Drago s'assura qu'ils avaient encore un peu de temps et il s'installa près de Potter, pour que ce dernier puisse le voir. Il soupira.
- Étrange que la belette et la sang-de-bourbe t'aient laissé venir dans le nid des serpents seul pour espionner…
Le jeune homme soupira et baissa les yeux en direction de son bras gauche, s'empêchant de le toucher. Il grimaça, et marmonna.
- Le Sauveur, l'enfant chéri du monde magique à ma merci. Je pourrais changer tout Potter. Il me suffirait d'un sort, et… Et j'aurais définitivement modifié l'histoire.
Il s'attendait à voir de la peur dans le regard vert, mais certainement pas ce défi moqueur, cette certitude tranquille qu'il n'irait pas jusqu'au bout de ses menaces.
- Va te faire foutre Potter ! On verra bien comment tu t'en sors lorsque tu arriveras à Londres… Cette année, Poudlard devra se passer de toi…
Le jeune Serpentard traîna son ennemi d'école dans un coin du wagon, ignorant la peau chaude sous ses doigts et les yeux qui le fixaient. Il prit la cape d'invisibilité, froissant le tissu fin entre ses doigts, mais au moment de la draper sur le jeune homme, il hésita.
Il jeta un nouveau regard à l'extérieur, légèrement indécis, et il décida qu'il avait encore du temps. Il fouilla rapidement Potter et trouva sa baguette. Cette fois, une lueur de crainte traversa le regard du Gryffondor, mais Drago ne ressentit pas la satisfaction attendue. Il s'éloigna de quelques pas.
En baissant la tête vers son bras gauche, il se décida et le libéra du sort, le tenant en respect.
- Enervatum. Je te conseille de ne rien faire de stupide, Potter, j'ai passé l'été à apprendre les impardonnables et je brûle de les tester sur toi…
Ce n'était qu'un demi vérité mais Potter n'avait pas besoin de le savoir. Bellatrix avait bien passé l'été à lui enseigner les impardonnables, lui faisant tester le doloris régulièrement pour lui rappeler qu'il devait obéir…
Cependant, il n'avait pas envie de les tester. Ni sur Potter, ni sur un autre.
Le gryffondor se redressa et resta silencieux, attendant visiblement de voir ce qui allait se produire. Son corps entier était crispé, visiblement prêt à bondir sur lui à la moindre occasion. L'adrénaline coula dans les veines de Drago alors qu'il retrouvait la délicieuse habitude d'affronter Potter, et il sourit, se sentant pleinement vivant pour la première fois depuis qu'il avait cet horrible tatouage.
Potter plissa les yeux, et eut un rictus moqueur. Avant même que les mots ne sortent de sa bouche, Drago sut qu'il allait attaquer durement.
- Alors Malefoy ? Pas trop dur depuis que papa est en prison ?
Le blond resta calme presque indifférent. Il se pencha vers lui, presque amusé.
- Au moins j'ai des parents moi. Ça fait quoi d'être orphelin Potter ?
Ils se dévisagèrent avec la même haine dans les yeux. C'était habituel et délicieusement rassurant de voir qu'au moins une chose dans sa vie n'avait pas été brisée.
Quelque chose dût passer sur son visage, une émotion non réprimée, parce que Potter changea soudain de comportement. Presque inquiet, il se pencha vers lui, lui jetant un regard d'une intensité presque dérangeante.
- Ne le fais pas Malefoy. Ne le rejoins pas ! Tu vaux mieux que ça…
L'accent désespéré dans la voix de Potter lui serra le coeur, et il ferma les yeux une fraction de seconde, refusant de laisser les larmes couler.
- Un peu tard pour ça Potter. Ce n'est pas comme si on m'avait demandé mon avis.
C'était un aveu en soi, mais ni l'un ni l'autre ne semblait se rendre compte de l'importance du moment. Ils se dévisageaient juste avidement, communiquant pour la toute première fois au delà de leurs querelles d'enfants.
- J'aurais pu t'aider stupide serpent ! Je peux te protéger.
Le frisson revint, et secoua l'échine de Drago. Son coeur se mit à battre un peu plus vite, alors qu'il voyait l'expression presque avide et suppliante de Potter. Le Sauveur, le héros rouge et or, était prêt à l'aider. Il lui tendait la main et lui offrait sa protection.
Drago revint brutalement sur terre, et il secoua la tête, montrant les dents.
- Je ne peux pas !
Harry insista, décidé à lui tendre la main, coûte que coûte.
- Je ne te laisserai pas tomber. Toi et moi, Malefoy. Tu as juste à dire oui, et je te protégerai.
Ce fut la colère qui guida Drago pour répondre. La colère de voir que cet idiot voulait réellement l'aider, alors qu'il ne pouvait pas accepter. C'était trop tard… Quelques semaines plus tôt, il aurait eu une chance, mais maintenant…
Grinçant des dents pour ne pas hurler, le Serpentard siffla.
- Qu'es-tu prêt à faire par amour Potter ? Si ta mère était en vie et que tu avais le pire moyen qui soit pour la protéger… Serais-tu prêt à tuer pour l'aider ?
Harry Potter écarquilla les yeux, comprenant soudain. Il resta silencieux, le front plissé, et Drago devina que cet idiot cherchait une solution… Il voulait réellement l'aider et cette idée le faisait se sentir étrange.
Le brun jeta un regard autour de lui, puis il fixa les orbes acier de Drago, un air décidé et un petit sourire malicieux sur le visage.
- Alors on devrait aller la chercher non ? Si… Mon… Mon parrain m'a laissé sa maison, la maison Black à Londres. Elle pourra y loger autant qu'elle le souhaite.
Abasourdi, Drago se laissa glisser au sol, essayant de trouver un signe que ce n'était qu'une cruelle plaisanterie. Ils s'étaient tant battus et d'un coup, Potter voulait l'aider.
- Pourquoi tu ferais ça ? Fichu Gryffondor, on n'est même pas amis !
- Tu vaut mieux que ça Malefoy. Tu n'as pas à t'agenouiller devant Voldemort. C'est un monstre et quand il en aura assez de toi, il te tuera.
- Qui te dit que je ne voulais pas ? Qui te dit que je ne souhaite pas être l'un d'entre eux ?
Harry lui adressa un clin d'œil et le sourire malicieux revint, troublant Drago plus qu'il ne l'aurait souhaité.
- Je te connais Malefoy.
Un bruit d'agitation détourna leur attention, et Harry s'installa un peu plus confortablement, jambes tendues devant lui, sans quitter Drago Malefoy des yeux.
- Alors ? Tu vas faire quoi ? Descendre maintenant et prétendre que tu ne m'as pas vu dans le train ? Ou rester avec moi et tenter de changer ton destin ?
Effrayé, Drago se releva, lâchant la baguette de Potter devant lui. Hors de portée du brun, cependant. Il n'était pas stupide.
Il recula en direction des portes du compartiment, comprenant que les cavalcades qu'il entendait à l'extérieur étaient le signe que le Poudlard Express allait bientôt repartir. Le blondinet grogna, alors que cet idiot aux cheveux en bataille lui donnait un espoir insensé.
Cependant, alors qu'il tendait la main vers la poignée de la porte du compartiment, Drago revit le visage inquiet de sa mère, ses coups d'oeil affolés qu'elle essayait de masquer. Il repensa qu'elle était seule pour faire face à Voldemort et aux mangemorts. Évadé d'Azkaban, son père n'était plus qu'une loque, brisé par la prison sorcière. Si son épouse était torturée sous ses yeux, il ne bougerait pas, trop inquiet de déplaire à son Maître.
Sa main retomba et Drago capitula.
- A l'instant où mon absence de Poudlard sera remarquée, il exigera ma tête.
- Alors tu devras m'aider à le tuer.
Le Serpentard pencha la tête, perplexe.
- Tu penses réellement pouvoir le faire ? Le tuer ?
Potter haussa les épaules.
- Il y a cette prophétie qui me désigne comme la seule personne à pouvoir le faire, je n'ai pas vraiment le choix. Et même si je sais que j'ai peu de chances de survivre, je n'abandonnerai pas.
Drago hoqueta, regardant différemment son camarade qui venait d'avouer flirter avec la mort.
- Tu sais que tu… que tu risques d'y rester et tu continues ? Pourquoi tu n'es pas parti aussi loin que possible ?
- Parce que mes amis comptent sur moi. Ils méritent d'être heureux…
- Stupide Gryffondor.
Pourtant, cette fois, le ton était tendre…
Une secousse ébranla le train et Harry fixa Drago avec intensité.
- C'est ta dernière chance Malefoy, Tu as le choix. Lui ou moi.
Le blond grogna alors que son cœur s'emballait. Il avait l'impression d'être vivant comme jamais, de sentir le sang parcourir ses veines à toute vitesse. Le parfum - l'odeur - de Potter saturait le compartiment. Cette fois, il ne se posait pas de question. Si l'espoir avait une odeur, c'était celle-là…
Sa décision était prise. C'était peut être même pour ça qu'il l'avait libéré de son sort au lieu de l'abandonner caché sous sa cape d'invisibilité. C'était comme s'il avait enfin trouvé un but à sa vie, qu'il avait pris conscience de ce qu'il devait faire.
Enfin.
Il n'était plus dans le brouillard et il se sentait gonflé d'espoir.
Sans quitter Potter des yeux, il s'installa sur un siège, lentement. Un air de défi dans son regard d'orage.
Le Gryffondor brun sourit, et ses yeux pétillèrent. Il semblait ravi et… soulagé ?
Il se leva à son tour, et ramassa sa baguette. Fixant Drago, il la rangea, nonchalamment, comme si la situation était normale.
Puis, avec un petit soupir, il se laissa tomber sur la banquette, tout contre Drago.
Le Serpentard ne chercha même pas à s'éloigner, soulagé à son contact. Le brun se pencha pour lui murmurer quelques mots à l'oreille.
- Je ne te lâcherai pas, Malefoy. Jamais.
Le frisson revint et Drago s'appuya un peu plus contre lui, oubliant un instant qui il était. Ils n'étaient plus ennemis, ou rivaux. Il n'étaient plus un Gryffondor et un Serpentard, un mangemort et le Sauveur. Ils étaient juste deux jeunes garçons qui se cherchaient depuis leur toute première rencontre.
Ils étaient encore trop jeunes et inexpérimentés pour comprendre où ils allaient, mais ils se sentaient apaisés.
Ils avaient pris une décision, seuls, sans pression extérieure. Harry avait enfin trouvé le courage de tendre la main à ce fichu Serpentard, et Drago avait oublié sa fierté blessé et la blessure d'orgueil infligée lorsque Harry avait refusé son amitié.
Drago plissa les yeux, en regardant Potter.
- Alors ? Quel est ton plan ?
- Retourner à Londres. Aller chercher ta mère d'une façon ou d'une autre. Et après… et bien nous verrons.
- Magnifique. Ça Potter, c'est ce qui s'appelle foncer tête baissée. Nous allons devoir travailler sur ça.
Harry gloussa en se collant contre Drago et drapa la cape d'invisibilité autour d'eux, au cas où quelqu'un aurait l'idée d'inspecter le train… Surtout quand ils seraient annoncés manquants.
La chaleur dégageait par le Gryffondor était agréable, lui permettant de se détendre et d'oublier les horreurs qu'il avait dû supporter durant l'été. D'oublier son père brisé, sa mère en danger. D'oublier la marque sur son bras et son avenir sombre.
Le Gryffondor gigota brièvement, comme pour se plaquer un peu plus contre lui, puis il soupira d'un air satisfait.
- Tu es là pour ça Malefoy.
Il y eut une nouvelle secousse et le train s'ébranla, lentement. Avec un sourire, Harry posa sa main à plat sur l'avant bras de Drago, comme pour couvrir la marque des ténèbres. Le blond frissonna, mais il ne chercha pas à se dégager. Bien au contraire, il se détendit.
- Et bien… En route pour l'aventure Potter. Toi et moi.
Le Gryffondor acquiesça.
- Toi et moi.
Il se sourirent alors que le train prenait de la vitesse, les emmenant vers un futur incertain mais qu'ils avaient choisi.
