Bonsoiiir (enfin bonjour pour mes lecteurs en France?)

Je reviens pour un second OS que j'avais écris il y a quelque temps déjà.

Bonne lecture :)

OS n°2: THOMAS/MINHO

Warning: Rated T

Disclaimer: Les personnages et le contexte appartiennent à James Dashner.


Reminiscentia

La porte de la salle de bain commune se referma dans un claquement sec, et le bruit du verrou actionné résonna dans le silence de la pièce plongée dans l'obscurité, uniquement troublé par le clapotement -devenu presque assourdissant- de gouttes d'eau, fuyant d'une des douches.

- Parle-moi.

Thomas releva les yeux, les sourcils froncés, vers le miroir au dessus du lavabo sur lequel il était appuyé. La vitre était devenue opaque par endroits. Son regard croisa celui de Minho, qui se tenait derrière lui, le fixant les bras croisés.

- Tu as intérêt à me parler, Thomas, je ne sortirais pas de cette pièce -et toi non plus- tant que tu ne l'auras pas fait.

L'intéressé secoua la tête avec un air las, la surprise laissant place au souvenir de pourquoi il s'était réellement isolé là, depuis une bonne heure – oh, ça ne lui était aucunement sorti de la tête, il tergiversait sans cesse depuis qu'il s'était retrouvé seul. Il baissa les yeux pour se plonger de nouveau dans la contemplation de la surface lisse du robinet,- bien qu'il n'y avait absolument rien à y voir si ce n'était un fragment de son reflet, flou-, restant délibérément dos à l'autre garçon. Non, il ne se tournerai pas. Il en était incapable… rien que l'idée de lui faire face faisait se serrer son ventre d'angoisse.

Exaspéré qu'il choisisse encore de fuir, Minho se rapprocha de lui, et posa une main sur son épaule. Un long frisson parcouru tout le corps de Thomas, tandis qu'il se fit violence pour ne pas se dégager promptement de ce toucher. Toucher qui le remuait tellement, que ça lui en faisait presque mal.

- Thomas….

La voix de Minho se brisa presque. Il se reprit.

- Ça fait trois jours que tu te mures dans un silence quasi total, et que tu refuse ne serait-ce que de t'asseoir à côté de moi. Je suis ton meilleur ami, mec, alors s'il te plaît, parle moi, et dis moi ce qui ne va pas.

Le concerné ne broncha toujours pas.

- Si j'ai fait quelque chose… reprit Minho

Thomas soupira doucement, et se retourna pour faire enfin face à l'autre blocard, délogeant par la même occasion la main de celui-ci de son épaule, où le contact avait commencé à le brûler.

- J'ai fait un rêve récemment.

Il lui dit cela d'une voix rauque, avant de s'éclaircir la gorge. Sans préambule, parce que tout s'emmêlait bien trop dans sa tête, et que c'est la seule chose précise qu'il réussi sur le moment à prononcer.

- Un rêve? Un léger sourire étira les lèvres de l'asiatique. On fait tous des rêves, Thomas, tu sais.

Thomas ne releva pas le sarcasme, bien à des lieues d'être sensible à l'humour habituel de l'asiatique, et continua:

- C'était un de ces rêves sur avant… tout ça. Avant le labyrinthe.

Là, Minho le regarda avec curiosité. Les rêves de Thomas, après la transformation qu'il s'était lui même infligé en plantant avec férocité un des crochets d'un griffeur dans sa cuisse, leur avaient toujours apportés des indices, des informations précieuses, qui jusqu'à présent s'étaient montrées véridiques. Là où les souvenirs revenaient sans aucune logique et coordination à la mémoire de ceux s'étant fait piqués, comme Alby, Ben… le cœur de Minho se serra quelque peu. Chez Thomas, c'était différent: les choses lui revenaient désordonnées, certes, mais elles avaient un tant soit peu de sens -si une telle définition, «avoir du sens», pouvait encore se rapporter à quelque chose-, et elles ne le bouffaient pas entièrement pour le plonger dans la folie comme avec les autres. Mais là, en tout cas, sa réaction était différente d'habitude. Oh, il était toujours perturbé par les informations qui ressurgissaient quand c'était le cas, mais s'il réagissait ainsi en se murant dans le silence, et avec l'air si touché, c'est qu'il y avait définitivement quelque chose.

- Tu as appris quelque chose de nouveau?

- Je...je ne sais pas vraiment.

Il marqua une pause, -sa voix se répercutait singulièrement dans le silence glacé de la pièce-, avant de reprendre:

- J'ai rêvé… de nous. Avant tout ça, avant que l'on soit envoyé au Bloc.

Sa voix était étrangement serrée. Minho le regarda avec intérêt:

- Nous… qui?

Thomas hésita, mais finit par répondre:

- J'ai rêvé de toi, et moi.

Minho fronça les sourcils. La manière dont il avait dit cela était étrange, les mots sonnaient d'une différente manière, que si tout était 'normal'. Mais rien n'était normal depuis qu'ils avaient quitté le Bloc. Ni même depuis qu'ils s'était chacun réveillés dans le Bloc, d'ailleurs.

Au point où en était Thomas, ce dernier décida de continuer. Ça avait beau lui tordre l'estomac, le rendre malade, accélérer son pouls sous l'angoisse et infliger à son corps une chaleur insupportable, il fallait qu'il lui dise. Minho avait voulu qu'il lui parle? Très bien, au risque de bouleverser les choses, il allait le faire.

- Tu m'as dis quelque chose. Tu m'as dis…

La voix de Thomas butta. Le bruit de l'eau sur le carrelage le rendait presque fou, ses pensées s'embuaient, et son cœur battait trop vite. Repenser inlassablement à ce rêve le perturbait tellement, et devoir en parler à l'asiatique parce que celui-ci l'avait exigé relevait de la torture. Le regard de Minho était vrillé au sien, lorsqu'il releva les yeux.

- Dis-moi, Thomas. Je suis là pour t'écouter, ok? Je veux que tu me parle.

Thomas le scruta un instant, puis finit sa phrase.

- Tu m'as dit: «Pour rien au monde, je ne veux oublier ça. Il y a des choses qu'ils ne pourront pas nous prendre. Ils ne pourront pas nous prendre ça. Jamais.».

Minho fronça d'avantage les sourcils, sans cesser d'observer Thomas. Son cerveau fonctionnait à cent à l'heure, et les yeux de Thomas dans les siens était rempli d'incertitude, de panique, de mélancolie, de… de trop de choses à la fois, et Minho s'étonna lui même de parvenir à déceler ces émotions. Leurs regards, étrangement, paraissaient maintenant rivés l'un à l'autre, sans que ni l'un ni l'autre ne parviennent à le détacher. Comme si quelque chose avait subitement changé, dans l'atmosphère de la pièce, entre eux. Parce que les mots prononcés dans le rêve de Thomas étaient tout sauf innocents. Que les rêves de Thomas étaient des fragments du passé. Et que Minho avait peur d'y comprendre quelque chose.

- Thomas… sa voix flancha. Thomas, qu'est ce qu'on faisait dans ton rêve?

Les secondes qui précédèrent la réponse de Thomas étaient plus longues que jamais. Lourdes, presque une torture.

- Je… on…

Thomas ferma les yeux, et inspira. Il fallait qu'il lui dise. Alors, de but en blanc, il le fit.

- Tu me touchais, et tu m'embrassais.

Et là le temps s'arrêta.


Lorsque Thomas ré-ouvrit les yeux, Minho n'était plus là.


Le silence, le froid, l'oubli. L'oubli, c'est ce qu'il cherchait désespéramment. Parce qu'il ne pouvait rien faire à ce qui était la réalité, mais il pouvait se forcer à faire disparaître ces pensées. Ou du moins…. Le pouvait-il?

L'eau ruisselait sur les cheveux de Thomas, coulait sur son visage, trempait ses vêtements qu'il n'avait même pas pris le temps d'enlever. Il voulait juste oublier, penser à autre chose, un de ses mains crispée sur le mur, sa tête baissée sous le jet d'eau de la douche. La salle de bain commune était sombre, sans d'autres lumières que la lueur sous la porte et le souvenir des néons précédemment allumés, il était seul, les autres blocards étaient au réfectoire. Il n'avait envie de parler à personne. Il voulait juste se concentrer sur la sensation de l'eau glissant sur lui, et respirer.

Les yeux clos, l'esprit noué, il n'entendit pas les pas résonner sur le carrelage et se rapprocher de la douche où il avait trouvé refuge. Il n'entendit rien, jusqu'à ce qu'une voix, brisée, et bien trop connue, ne s'élève derrière lui.

- Thomas…

Minho. Thomas ne broncha pas, bien trop honteux pour croiser le regard de l'asiatique. Lorsque celui-ci fit un pas en avant, et posa une main sur son avant-bras, une impression de déjà-vu s'insinua en lui. Mais il ne bougea pas pour autant, et ce fut Minho qui le tourna vers lui, bien trop proche de lui, et maintenant sous le jet de la douche lui aussi. Leurs corps étaient presque collés, du fait de la promiscuité de l'espace où ils se trouvaient, encadrés par le mur froid. L'eau coulait à présent aussi sur les cheveux et les vêtements de Minho, et leurs regards se trouvèrent à nouveau, comme la veille au soir. Mais quelque chose de nouveau -ou du moins d'intensifié- brillait dans les yeux de l'asiatique. Quelque chose de brûlant. Et sa voix était tout aussi chaude, et rauque, lorsqu'il parla:

- Embrasse-moi.

Il y eu un lourd silence, après ses mots.

Thomas resta immobile, perdu, tandis que son cœur rata un battement.

- Quoi?

- Si ça c'est déjà passé, alors je veux voir ce que ça fait. Je veux… je veux me souvenir. Je veux t'embrasser, parce que l'idée me rend fou. Ça m'obsède, Thomas. Alors s'il te plaît, embrasse-moi, ou c'est moi qui le ferait…

Et les lèvres de Thomas furent sur les siennes, humides, brûlantes. Ils s'embrassèrent comme s'ils n'avaient attendu que ça, comme si cela faisait trop longtemps qu'ils ne s'étaient pas touchés, comme si rien n'était plus juste que ça. Leurs lèvres se trouvèrent comme si elles avaient toujours eu l'habitude de le faire, et leurs souffles se mélangèrent, erratiques.

Les mains de Thomas s'agrippèrent aux cheveux de Minho, tandis que celui-ci le poussa contre le mur derrière lui, les mains posées de part et d'autre de son visage, et son corps pressé contre le sien. Bien vite, tout s'effaça autour d'eux, et la chaleur s'intensifia. Thomas glissa ses mains sur les hanches de l'asiatique, cherchant désespérément plus de contact. Celui-ci gémit contre ses lèvres lorsque leurs bassins rentrèrent en contact, et que chacun pu sentir l'érection douloureuse de l'autre.

Minho se détacha pour reprendre son souffle, avec peine, et leurs yeux s'accrochèrent, en réalisant l'ampleur de leur désir à cet instant précis.

-Si c'était juste avant qu'on m'envoie dans le Labyrinthe…

Thomas hocha la tête pour confirmer.

- On avait que 14 ans… souffla Minho avec incompréhension.

- Tu m'embrassais, mais… on savait pas vraiment ce qu'on faisait. C'était… même si on en avait envie, c'était encore assez… innocent. Du moins…

La main de Thomas qui était sur la taille de Minho froissa quelque peu son t-shirt, alors qu'il ramenait le corps de l'asiatique près du sien, pour que leurs bassins s'effleurent.

- Ce n'était pas encore comme ça.

La tête de Minho se posa alors contre l'épaule de Thomas, qui ferma les yeux , et inspira pour tenter de calmer les battements de son cœur, son souffle qui se faisait erratique. Il y avait trop de choses d'un coup, entre eux; c'était comme si… ils avaient besoin d'un instant pour assimiler. Assimiler l'ampleur de ce qui se réveillait soudain, de ce qui les submergeait. Thomas se mordit la lèvre, lorsqu'il sentit la bouche de l'autre garçon effleurer doucement son cou, sa mâchoire, y laissant une sensation électrisante, et une de ses mains venir froisser d'avantage le tissu gorgé d'eau de son t-shirt. Son corps s'enflamma.

- J'ai envie que ce soit «comme ça», souffla Minho, si bas que ce ne fut qu'un chuchotement.

Ses mains se perdirent alors dans le bas de son dos, et il ramena encore une fois son bassin contre le sien; leurs entre-jambes se rencontrèrent, et la friction fit naître un frisson dans leurs corps.

- Minho… Minho, je…moi aussi. J'ai besoin de.. plus.

La main de Thomas passa sous le haut de Minho pour se poser sur son ventre.

- Thomas, putain…

Et l'asiatique ponctua ses mots en attrapant le t-shirt de Thomas pour le faire passer au dessus de sa tête, avant que ce dernier ne fasse de même avec le sien, et que leurs bouches se retrouvent pour s'écraser l'une contre l'autre, avec une ferveur décuplée.

Là, dans cette douche au beau milieu d'un lieu où ils savaient ne pas être en sécurité, et pour une fois seuls, ils s'abandonnèrent à cette chose nouvelle. Leurs vêtements se perdirent rapidement au sol, et libérés de quelconque entrave leurs corps nus se trouvèrent. Le temps ne sembla soudainement plus avoir de sens, de valeur – du moins, ils l'oublièrent. Parce que leurs mains à chacun vinrent errer sur la peau de l'autre, se perdre à des endroits toujours plus intimes, et qu'à travers leurs soupirs, ils découvrirent un nouvel horizon.


xxx, Luna