J'ai hésité longtemps avant de publier ce chapitre car je le considère toujours assez maladroit. Mais comme trois semaines ont passé depuis que je l'ai écrit sans que je n'ai réussi à le modifier, j'abandonne.

J'éditerais peut-être plus tard.

En attendant, je vous dévoile la forme de Jane, et j'espère que vous l'apprécierez. Ainsi que certains évenements que vous avez attendu depuis longtemps, je suis sûre !

Rappel du chapitre précédent

« Sauf si j'ai la chance d'habiter dans un domaine aussi beau que Pemberley, évidemment. Je suppose que vous ne connaissez pas Pemberley, Eliza ? » [Mlle Bingley parle]

Une dame bien élevée ne grogne pas. Une dame bien élevée ne mord pas à la gorge. Calme-toi. Elle ne peut pas savoir ce qui s'est passé, la dernière fois qu'une personne indésirable m'a appelée Eliza.

Malgré tous mes efforts, ma voix est blanche et je sens dedans la menace. Je vois d'ailleurs que Messieurs Darcy et Bingley qui reculent instinctivement d'un pas ou deux.

« Alors, premièrement, je ne vous ai jamais autorisé à utiliser mon prénom. Deuxièmement, je m'appelle Elizabeth. Pas Eliza. Troisièmement, je vous conseille gentiment d'arrêter de m'attaquer à tout bout de champ. Je ne vous ai jamais fait le moindre ombrage, à vous ou à vos proches. Vous ne me connaissez pas. Si je n'aime pas la ville de Londres, c'est parce que je préfère effectivement la campagne. Si je suis sauvage, et bien, Caro, laissez-moi l'être et ne vous souciez pas de moi. Et en dernier, je vous signalerais que je n'ai peut-être pas de richesse à dépenser comme vous, mais je suis la fille d'un gentilhomme. Rappelez-moi donc qui sont vos parents ? Pour être avec votre attitude, vous devez être fille d'un duc au minimum, non ? Et donc je pense que je vais juste commander un plateau à emporter. Et vous laissez entre vous, entre personnes qui préfèrent la vie à Londres à la campagne qui vous permet de vous nourrir. »

Sur ces paroles, aucune de ma fureur n'est redescendue. Je ne regarde même pas comment elle prend mes paroles et je pars de la pièce. Mais pas assez vite pour entendre dans mon dos, Mr Darcy qui prend ma défense, étrangement.

« Mlle Bingley, Mlle Elizabeth n'a pas tort. Et je pense que si vous voulez réellement mettre en place la distinction de rang, je me vois de vous rappeler que certaines personnes de ma famille ne voient pas d'un bon œil que je sois plus d'une minute en votre compagnie. D'ailleurs, je préfère effectivement suivre son conseil et prendre moi aussi un plateau. Bingley, puis-je manger dans votre bureau ? J'ai des affaires à traiter. »

Je n'écoute pas plus loin et je me précipite dans la chambre de Jane.

Chapitre 3 : Noisette

C'est le début de l'après-midi quand le docteur arrive. Je le salue vaillamment. Depuis que je me suis levée ce matin, Jane n'a pas repris connaissance, et je m'inquiète vraiment.

« Mlle Elizabeth, votre sœur ne s'est pas transformée ?

— J'ai tenté de l'en empêcher. Je ne savais pas comment… Les oiseaux peuvent-ils avoir sa fièvre ?

— Je n'en ai jamais croisé. C'est bien si elle ne s'est pas transformée. Mais jeune fille, allez prendre l'air, vous en avez besoin. »

Je ne me le fais pas dire deux fois et je sors de la pièce avec douceur, pour m'habiller et faire un tour dehors. J'espère que le changement d'air me fera oublier le tumulte de mes émotions.

Mes pas sans que j'y prenne attention retracent le trajet de Ténèbres, hier soir. Je sais donc où je vais me trouver avant d'y arriver, mais je suis surprise par la clairière.

Elle est comme je m'en souvenais, mais c'est la première fois que je la découvre sous forme humaine, et je vois une enveloppe briller dans un coin de l'arbre mort sous lequel nous nous reposions. Jane aurait-elle raison et Ténèbres serait aussi un métamorphe ?

Je ne suis pas si sauvage que ça que je tombe amoureuse d'un homme et pas d'un animal seulement ? Je reste un moment silencieuse après cette admission, puis je me sens rougir. Effectivement, même si je le réalise maintenant, je sais pour autant que c'est totalement vrai.

Mon cœur bat la chamade quand je prends la lettre.

« Chère mademoiselle,

Je sais que je ne devrais pas écrire cette missive, mais ne pas vous voir hier soir a été trop difficile pour moi. Dans les soirs qui viennent, je vais avoir du mal à me présenter à l'heure. J'ai d'ailleurs eu peur que ce soit pour cela que je vous rate, hier soir, mais votre piste était trop faible.

Merci de m'attendre davantage, si vous venez. Ou de me dire quand vous pourrez de nouveau être là.

Dans l'attente de vous retrouver,

Le lynx maudit. »

Je tremble en lisant les mots. Je dois écrire que tant que ma sœur est malade, je ne pourrais pas être sûr de le rejoindre. Je gribouille au mieux la réponse, mais ma main tremble, et je suis sûre que je ne suis pas très lisible.

« Cher métamorphe,

Je ne peux pas être sûre de me libérer les prochains soirs. Je suis désolée pour hier, mais j'ai cru pouvoir venir, jusqu'au dernier moment. J'espère simplement qu'une nouvelle scène du même acabit ne se rejouera pas dans les soirs prochains.

Je vous promets de vous attendre une bonne partie de la nuit et de dormir ici, si jamais je venais à arriver.

Dans l'attente de vous retrouver,

Mademoiselle Lynx »

Je rougis à nouveau en relisant mes écrits, et je cache la lettre dans le creux de l'arbre mort. Très vite, je pars de là où je l'ai trouvé, et je m'attache à me perdre dans les bois alentour pour ne pas avoir l'air de venir de la clairière.

Moins d'une demi-heure plus tard, je ne peux que me féliciter pour mon stratagème, quand Mr Darcy me découvre sur les chemins.

« Mlle Elizabeth ! Je vous croyais au chevet de votre sœur.

— Le docteur m'a conseillé de sortir pour prendre l'air. J'étais justement en train de rentrer, mais je crois que je me suis un peu perdue. »

Je sais que je suis suffisamment loin de la clairière, pour que si on découvre mon mot, on ne puisse pas remonter la piste jusqu'à moi. Si ce n'est que la moitié des familles d'aristocrates de Meryton savent très bien qui est la « Mademoiselle Lynx » de la région. Je me suis trahie seule.

Je n'ai plus qu'à espérer qu'aucun local ne découvre le mot, et que Ténèbres le lise bien en premier avant de le faire disparaître.

« J'aurais pensé que vous connaissiez les lieux mieux que personne. N'êtes-vous pas une grande randonneuse ?

— J'ai été perdu dans mes pensées, l'état de ma sœur m'inquiète. Il y a tant de choses que j'aimerais savoir mais que j'ignore. »

Je me tais avant de dire trop de choses que je regretterais. J'ai encore la révélation que Ténèbres est un métamorphe qui tourne dans mon esprit, sans m'offrir le moindre répit. Mr Darcy continue de m'accompagner sur le chemin pour rentrer à la demeure. Quand nous approchons suffisamment, mon cœur s'accélère, quand je vois une silhouette connue sur la balustrade de sa chambre. Mais que fait-elle transformé ? Je délaisse mon escorte et je me précipite au pas le plus rapide pour rejoindre le troisième étage. J'ai tellement peur qu'elle soit faible et qu'elle tombe. Je trouve le docteur qui surveille chacun de ses mouvements.

« Ah, Mlle Elizabeth, votre sœur peut tout à fait se transformer, en réalité. La part animale ne peut pas attraper cette maladie, mais elle va fatiguer très vite.

— Ne faudrait-il pas la ramener à Longbourn ? Si elle peut voler, ou si simplement je peux la transporter…

— Non, je ne pense vraiment pas que ce soit intéressant. Et puis cela demanderait de déclarer qu'elle est Innocente à un nombre important de personnes. Tous ceux qui l'ont vu alité hier ou ce matin ne comprendront pas pourquoi elle serait à même de partir de Netherfield. Non, pour votre sœur, il vaut mieux que vous restiez mais elle va pouvoir reprendre des forces sous forme animale. »

Je hoche la tête. Ces pensées ont du sens, et sont plus raisonnable que juste moi qui veux, pour des raisons totalement personnelles retrouver Longbourn pour pouvoir aller et venir à ma guise. Surtout à la tombée de la nuit.

Je prends Noisette dans mes bras, et je croise le regard clair de ma sœur. La petite colombe me picore le bout des doigts, mais je ne pourrais pas être plus heureuse.

« Je suis tellement contente que tu sois à nouveau toi ! »

Je lui mets un doigt sur son bec pour lui rappeler qu'elle ne doit pas essayer de me répondre de notre manière habituelle.

Quand le docteur s'en va, elle se transforme à nouveau en ma sœur Jane qui s'allonge sur le lit, terrassée à nouveau par la fatigue et la maladie. Je la borde comme je peux, et je lui fais la lecture, jusqu'à ce que le soir arrive et que je la quitte pour descendre dans les pièces à vivre.

Sur mon chemin, j'apprends par un serviteur que je suis bien trop en avance, rien ne sera servi avant plus d'une demi-heure. Comme Jane avait enfin réussi à se reposer, je n'ose pas retourner vers elle. Devant moi, j'entends deux voix masculines provenant d'une salle dont la porte est à moitié fermée : les deux hommes, que j'identifie avec retard comme Messieurs Darcy et Hurst, jouent au billard.

« Honnêtement, Darcy, la frustration qui s'échappe de vous n'est pas saine. Un homme ne devrait jamais prendre autant sur lui.

— Vous vous êtes donné le mot avec votre sœur ? Je n'ai rien à vous justifier.

— Non, je n'ai pas discuté avec Mlle Bingley, mais je vous comprends de ne rien vouloir avoir avec elle. Par contre, comme elle, j'ai bien remarqué comment vous la dévorez des yeux. »

Le tchak de la canne de billard retentit dans le couloir. La honte d'écouter aux portes, et la curiosité profonde qui me tiraille me poussent à prendre refuge dans la bibliothèque. J'entends toujours leur discussion, mais ce n'est pas naturel. Ce sont les oreilles sensibles des lynx qui me le permettent. Aux yeux de tous, je suis innocente.

« Je vous avoue qu'elle est un bon bout de femme, et que moi aussi, je voudrais bien un morceau, continue Hurst.

— Je ne veux rien entendre là-dessus ! C'est une jeune demoiselle respectable…

— Allez, Darcy, ne jouez pas votre prude plus que de raison ! On est entre hommes, et je ne veux pas que vous me serviez votre persona d'hommes si raisonnable.

— Je n'ai rien à vous dire. Vous êtes décidé à croire ce dont vous avez envie, Hurst. Il faudra que vous découvriez un jour ou l'autre que tout n'est pas toujours relié à vos manques de personnalités et vos dépravations. »

Pendant un moment, je n'entends que le bruit du billard, qui se réverbère dans la salle silencieuse.

En tendant encore plus mes sens, je me rends compte que les pas empressés de Darcy, comme il est plus grand, doivent trahir une grande agitation interne.

« Pensez-y, Darcy. Bingley partira bien assez vite, et personne ne peut remonter à nous. Et puis, ce n'est pas comme si quelqu'un pourrait vous prendre à défaut de vous imposer sur elle. Et peut-être que si vous avez moins de frustrations, la vie va redevenir plus tranquille.

— Je ne m'imposerai pas sur elle de cette manière ! C'est une… »

La porte qui claque me cache l'ensemble de la discussion, et trop rapidement à mon goût, la porte de la bibliothèque s'ouvre en grand.

Mr Darcy apparaît alors, et s'arrête immédiatement dans ses mouvements emportés quand il m'aperçoit.

« Mademoiselle ! Je… Je vous pensais au chevet de votre sœur.

— J'attends le repas. Jane dort. Dr Jones est reparti il y a une heure, et je l'ai quitté, il y a moins de cinq minutes, je cherchais un livre pour me distraire.

— La collection de Bingley est très pauvre, je le déplore dès que je suis chez lui. »

Pour la première fois depuis que je suis en compagnie du gentilhomme, j'ai envie de lui remonter le moral. Il a l'air si triste en disant ces paroles, que je ne peux m'empêcher d'éprouver une sorte de pitié pour lui.

Et du coup, à nouveau pour la première fois, je m'intrigue sur le fait qu'il soit ami avec Bingley. Un homme du premier cercle, qui doit avoir des connexions très haut placées dans le gouvernement. Que fait-il dans l'Hertfordshire à aider son ami à gérer un domaine ? Surtout à l'automne. N'a-t-il pas son propre domaine à s'occuper ?

Je ne peux pas l'imaginer méprisant ses obligations. Je ne sais pas, cela ne semble pas correspondre. Il est froid, hautain, arrogant et orgueilleux, élégant et riche, mais je ne peux pas l'imaginer malhonnête et peu engagé envers ceux qui sont sous ses ordres.

Dans mes pensées, je ne remarque pas que mon regard est resté sur l'homme ni que celui-ci me dévisage toujours autant, sans plus dire un mot.

« Excusez-moi, Mademoiselle, mais sauriez-vous, s'il y a des métamorphes dans la région ?

— Des… Métamorphes ? Pourquoi voulez-vous savoir cela ?

— La pleine lune est dans deux jours, et j'aimerais savoir ce à quoi on va faire face… »

Je décide de laisser couler que cela fait plus d'un mois que Bingley est installé à Netherfield.

« Oui, il y a beaucoup de métamorphes, et c'est assez connu. Mais mise à part la vieille Mme Long, il n'y a pas de damné depuis que les Dresden ont déménagé vers Manchester. Et vous n'aurez rien craindre de Mme Long, elle ne sort pas de chez elle, et le sort s'est beaucoup dissipé, depuis qu'elle n'est plus seule. Nous n'avons aucun préjugé envers les métamorphes, et nous avons suffisamment de défense contre les damnés pour qu'ils soient bien appréciés. Par contre, si l'un de vous est un damné, vous pouvez prévenir mon père ou Sir Williams. Sir Williams connaît notre plus gros métamorphe de la région et saura si ce dernier est de taille à lutter contre vos éventuels damnés.

— Très bien, j'irais voir Sir William dès demain matin, avec Bingley, pour déclarer les métamorphes de notre groupe. »

Il y a des métamorphes dans le groupe de Netherfield ? Je tente de deviner lesquels : Mlle Bingley ? Mme Hurst ? Mr Hurst ? Je ne suis pas convaincu, ils sont trop citadins pour avoir une part sauvage.

Alors que je repense à notre discussion sur Londres, je prends conscience que je sais de qui il s'agit. Les deux qui ont reculé quand j'ai menacé Mlle Bingley. Messieurs Darcy et Bingley.

Et voilà, Lizzy en apprend un peu plus sur ceux de Netherfield. Vous avez appris quel Innocent est Jane et un peu plus sur la différence entre Innocent et Damné (mais que vous aviez peut-être compris derrière la version courte).

Le chapitre suivant s'appelle Révélations, parce que décidément, j'ai jamais trouvé le nom sous lequel l'appeler autrement. Je suis en train de le relire, vu que j'ai perdu la volonté de le reprendre intégralement. Je devrais pouvoir le publier bientôt.

J'ai aussi plus d'idées de où je veux aller après ce début, et comment y aller (mais très vaguement le comment). Et donc, je vous confirme que ce sera une fic beaucoup plus longue, même si le couple Lizzy/Darcy ou Neige/Ténèbres va se monter assez vite. (On peut même considérer que Neige/Ténèbres est déjà dans les actes, de mon point de vue)

Bref, j'espère que vous avez appréciez la lecture, et que vous allez me suivre pour la suite. Et je vous promet qu'on saura qui sont les plus gros métamorphes. Mais d'ailleurs, d'après vous, qui et que sont les plus gros métamorphes de Meryton ?

Indice : les animaux des Innocents sont toujours des animaux qui auraient pu se trouver en Angleterre (le lynx a disparu suite à une trop grande chasse, bien avant l'époque de Lizzy et Darcy, mais il a été en Angleterre avant ça.)