Hello, hello !
Bon… Vous devez vraiment vous demandez ce que je trafique… Pour être honnête, je ne le sais pas moi même x)
Néanmoins, je me suis rendue compte que poster me manquer horriblement (trois semaines ? Aaaahhh !) Soooo… Me revoilà !) Mais pas comme je le pensais… En fait, j'ai trois projets d'écriture en route, qui me demande chacun une concentration… (Pire qu'au lycée, c'est dire…) Je vous épargne les détails x) (Pourtant, je suis sure que je pourrais simplifié tout ce schmilblick (définition de ce mot, que plus aucun être sur Terre n'utilise : Qualification d'une chose inexprimable ou très complexe. (Yume, professeur de français d'avant le siècle 0)) Mais pourquoi faire simple, lorsqu'on peut faire compliqué, je vous le demande ! (Ce diction sera à jamais ancré dans mon existence.)
Bref… De plus, comment expliquer que, malgré tout l'attachement que je porte au dramatique, au pathétique, et tout ce qui touche au champ lexical de la non-joie... Malgré le fait que ces styles me collent à la peau… Écrire des histoires guimauves, fluffys ou même tout simplement mignonnes (et simples surtout ! Ô simplicité, que ton absence est douloureuse…), me manque affreusement parfois ! (Si, si, ils me manquent beaucoup, vous savez...)
Bref 2.0 ! C'est donc pour cette carence en mignonnerie et en douceur que nous nous retrouvons sur cette fiction ! Elle n'était nullement prévue (le jour où je ferais des trucs prévus… J'arriverai à poster avec régularité…) et je n'aurais jamais cru écrire quelque chose comme ça un jour. Alors oui, je n'ai pas eu l'idée du siècle… Loin de là même ! Beaucoup de fic' de ce style doivent papillonner et fleurir ici et là. Néanmoins ! La délicatesse, c'est toujours bien, non ?
So, je vous présente… Le suspense est insoutenable, n'est-ce-pas ?
Un recueil de moments où les personnages seront enfants ! Si, si un recueil sur des gosses ! (J'ai eu l'idée de cette fic' en traînant sur des fan'art pour tout vous dire…-')
- Nos petits footballeurs d'Inazuma Japan seront âgés de 5, 6 ou 7 ans. (L'info la plus importante, ils sont enfants ! Je répète, ils sont enfants ! ) De plus, je me laisse une certaine marge...)
- Ils vivent tous ensemble et sont tous réunis… Dans un pensionnat, école, garderie ou je ne sais quoi. Pas un orphelinat mais… Une sorte de colo ou d'école, simplement. Ensemble, dans... Comprenez ça comme… Le pensionnat des petits footballeurs ? (Concept du millénaire par YumeKakima !)
- Tous les chapitres ne se suivront pas forcément, seront sur un ou plusieurs personnages définis, ainsi que sur une péripéties précises.
- (Toute information complémentaire sera spécifiée en début de chapitre, avec le titre, le ou les personnage(s) concerné(s), ainsi que leur âge approximatif.)
- (Si voyez des mal-entendus, des faux-raccords, des incompréhensions, des impossibilités par rapport à l'animé… Je ferai tout mon possible pour que cela ne soit pas le cas.)
- (Il pourra aussi avoir des personnages ne faisant pas partis de l'équipe du Japon.)
- (Et bien évidement…. Il y aura souvent des duos… Mmh… Eheh~ /!\ Multiples paires !)
- (Ainsi, risque d'OC… Pour cause de gentes féminines manquantes par exemples x) Ou… Ou surtout les parents ou des adultes / professeurs en tout genre particulièrement.)
Bon, vous pouvez, dès lors, constatez de ma nullité en explications…
Considérez cela comme une sorte… D'univers alternative ? De passé alternative ? Un passé alternative ! C'est exactement ça ! (J'invente des concepts… ?)
Bref, j'ai beaucoup parlé… Ça m'avait manqué ! Snif…
J'espère n'avoir rien oublié… Mis à part le fait que la publication de chapitres pourraient être très aléatoire (mieux vaut prévenir que guérir), mais je ferai de mon mieux ! (En fait, particulièrement quand je serai en plein syndrome de page blanche pour mes autres fic's...)
Je m'excuse pour ce monologue… Paaarrdddooonnn, j'abuse TuT
Et vous laisse avec le chapitre un !
Bonne lecture ! =)
Chapitre 1
Bandeau orange, Maman égarée et ballon de foot
Endo Mamoru (Mark Evans) / Kazemaru Ichirouta (Nathan Swift)
6 ans
- Dépêche toi ! Aller, viens !
Il marchait. Trottait. Courait. Dévalait la rue. En baillant.
- Il fallait qu'on soit en retard aujourd'hui...
Il se frottait les yeux. Il avait été tiré de son sommeil trop tôt. Arraché du pays des rêves trop tôt.
- Tiens bien ma main, et ne la lâche pas !
Un souffle chaud lui caressant les joues. Un filet d'air, s'engouffrant dans le tourbillon. L'objet rond, blanc et noir, tournoyant. Lui tendant les bras.
Ce monde onirique. Il n'aurait jamais voulu le quitter.
Soudain, ces jambes cessèrent de se mouvoir. Promptement, il s'immobilisa. Se figea. Manquant d'emporter, sa maman et lui-même, dans une chute.
- Mamoru ! Ne t'arrêtes pas de cette manière ! Qu'y a t-il ?
- Je l'ai oublié…
Un chuchotement inaudible plus tard, le petit garçon se retourna, tentant de rebrousser chemin.
- Mamoru !
Cependant, il fut bien vite ramené contre sa mère. La jeune femme le regardant droit dans les yeux.
- On est déjà en retard ! Ne fais pas qu'on le soit davanta-
- Mais maman… Je n'ai pas pris mon bal-...
- Oh Mamoru ! Je suis certaine qu'il y en a là-bas…
- Mais…
Il souriait. Du jour, jusqu'à la nuit. Le petit Mamoru souriait, le plus possible. Il avait un grand, un immense, un gigantesque sourire, franc, sincère, généreux. A chaque heure, de chaque journée. Pouvant faire étirer les lèvres de quiconque en retour. Cependant, ce rictus disparut, par cet affreux oubli. Oubli de son bien le plus chère. Son petit sac à dos jaune n'étant plus bombé par la présence de ce ballon de football. Des petites perles se formèrent au coin de ses yeux, ne brillants dès lors plus de leur joie quotidienne. Sa maman, malgré tout, toujours empreinte à l'angoisse du temps, recouvra un semblant de voix douce.
- Mamoru-chan… Je te promet que je te l'amène le plus vite possible.
Ces merveilleux yeux bruns s'illuminèrent, ne scintillants plus de larmes. Mais de bonheur. Et le petit garçon esquissa un sourire, comme personne ne pouvait le faire. Aussi vite que lorsqu'il l'avait perdu.
- D'accord !
Sa mère rit quelque peu. Un rien lui suffisait. Malgré toute son excitation. Et cet amour, qu'elle ne comprenait guère pour le ballon rond.
Puis elle ouvrit grand les yeux.
- Aller, viens ! Faut pas qu'on soit en retard ! Allons retrouvons mina-san !
Ce n'était plus elle qui menait cette course contre la montre.
- Mamoru… Mamoru, cours moins vite !
Mais bien lui. Son petit garçon. La traînant à sa suite. Dans l'allée, descendante. En lui serrant la main, de toutes ses forces. Toute sa vigueur dans une étreinte. Toute sa vigueur dans un sport. Toute sa vigueur dans sa passion. Toute sa vigueur dans un sourire. Il riait.
[…]
Il regardait, ici et là. Le bras tendu au-dessus de sa tête. Sa main fermement emmêlée à celle de sa maman. Tous deux marchaient, paisiblement. Et pourtant, lui, n'était pas si paisible. Au fond, il appréhendait ce moment. Cette cour. Ce jardin. Ce bâtiment. Ces étages. Les individus l'entourant. Le nombre d'individus l'entourant. Tout était tellement… Grand. Il resserra le poignet de celle qu'il ne tarderait pas à quitter. Il l'entendait lui parler délicatement. Il savait qu'elle pointait son doigt, en direction de choses inhabituelles. Il entrevoyait son sourire dans son esprit.
- Tu as vu Ichirouta, il y a terrain de football derrière l'école.
Ses doigts chauds entre les siens. Le petit garçon arrêta tout mouvement. Et comprima, une fois encore, la paume de sa mère. Cette dernière posa alors ses yeux sur lui.
- Ichirouta-chan ?
Il ne put refouler un énième tremblement. Qu'elle fleura. A travers ses cheveux, il la vit sourire doucement. Et s'agenouiller face à lui.
- Qu'il y a t-il ?
- Je ne veux…
Elle mit ses doigts sous le menton de son bonhomme et le remonta avec délicatesse, afin que leurs yeux se croisent. Elle étira davantage ses lèvres, doucement.
- Maman, je ne veux pas y aller…
Le petit Ichirouta rompit instantanément l'échange visuel.
- Allons… Tu vas pouvoir revoir tes amis. Et jouer au football, à nouveau avec eux. Tous ensembles. Ce sera beaucoup plus amusant qu'avec ton père et moi. Ils sont bien plus doués, tu ne crois pas ?
Elle laissa échapper un rire affable et radieux. Cependant, rien n'y faisait. Son fils se murait dans le silence. Et dans obscurité, créée pas ses cheveux.
- Dis moi… Ichirouta… Ce n'est pas à cause de moi que tu ne veux pas y aller ?
Il écarquilla les yeux et les replongea aussitôt dans ceux de sa maman, en lui agrippant le bras.
- Non ! Bien sur que non ! Mais…
Le petit grimaça. Et, une fois de plus, cacha son visage par ses mèches. Mèches que sa mère ébouriffa par la suite.
- Tu sais, je viendrai te voir de temps en temps.
Il redressa brusquement la tête.
- Voyons, bien évidement. Qu'est-ce que je ferai sans voir mon petit Ichirouta ? Tu le sais toi ?
Il hocha négativement la tête, un minuscule sourire naissant au coin de ses lèvres. Sa maman se releva.
- Et bien… Je pense que je ne pourrai plus rien faire.
- C'est… C'est vrai ?
- Bien sûr. Je serai même incapable de sortir de mon lit !
Le petit garçon replaça alors sa main dans celle, si douce, que lui tendait cette jeune femme, bien plus qu'admirable à ses yeux.
- Alors... Tu viendras ?
- Je te le promet !
Un immense et adorable sourire s'ancrant finalement sur cette bouille, à la lisse chevelure bleue. Il scruta, de ses yeux à nouveau scintillants, le visage de sa maman. Puis fit voyager son regard sur son environnement. En reprenant sa marche. Bien plus serein.
- Dis maman… Tu crois… Tu crois qu'il viendra ?
- Oh ça.. Ça ne fais aucun doute ! Tu peux me faire confiance !
Sa figure s'illumina encore plus. Il accéléra alors le pas. Sous l'emprise de la plénitude. De la confiance. De la joie.
[…]
Ils y étaient. Enfin. Mamoru ralentit, suivi par sa maman.
- C'est là !
Cette dernière reprit alors sa respiration.
- Regarde maman, on y est !
Elle releva les yeux. Raimon : Sakkā Yōchien.
- Allez, viens on y va !
- Mamoru. Mamoru !
Le petit garçon tourna la tête, en sautillant. Et souriant. De toute sa puissance. Innocemment. Radieusement. Sa mère souffla. Et lui prit le poignet.
- Suis-moi. Et surtout, tu ne me lâches sous aucun prétexte.
La jeune femme posa ses yeux sur son fils. Et arqua un sourcil.
- Mamoru ? Mamoru tu m'écoutes ?!
C'était peine perdue. Elle le savait mieux que quiconque. Elle soupira et avança, suivant le reste des parents et enfants. En tirant son fils à sa suite. Fils n'ayant plus aucune stricte idée de l'endroit où il devait poser son regard. Éclatant. Brillant. Un rictus d'émerveillement sur sa figure. Les oiseaux chantaient. Le soleil scintillait. Sur les arbres indénombrables. Sur l'herbe, incroyablement verte, fraîchement coupée. Sur le délicat sentier si bien dessiné. Et sur ce bâtiment, tellement grand, tellement captivant. Sous les yeux d'un petit garçon. Pour ceux de sa mère, tout était normal. Une école tout à fait banale. Munie d'un simple étage et d'un jardin. Quoi qu'assez important tout de même. Quant à son fils… Un rien le fascinait. C'était simplement l'âge. Ou peut-être l'excitation. Le petit garçon ne pouvait s'empêcher de regarder, mille et une choses, simultanément. Des enfants plus ou moins âgés. Des professeurs femmes. Des enfants plus ou moins jeunes. Des professeurs hommes. Tout ceci mêlé à l'effervescence de l'anxiété ou du contentement des parents. Sa main glissa soudainement de celle de sa maman. Il cessa de tourner son champ de vision de chaque côté de l'espace. Lentement. Mamoru s'immobilisa. Lentement. Son sourire laissa place à la surprise. Lentement. Il sentit la chaleur de l'exaltation remplir son petit corps. Lentement. Il eut un éclat indéfinissable dans les yeux. Il le fixait, au loin. Son cœur tambourinant bien plus vite. Il était là. Il l'avait enfin remarqué. Il y était. Il y avait… Un terrain de football ! Des étoiles. Des étoiles emplies ce regard.
- Aïe !
Étoiles qui ne tardèrent pas à gagner le haut de sa tête, et à tourner, matériellement.
Fesses contre terre, Mamoru frotta son crâne.
- Tout va bien ?
Le petit papillonna alors des yeux, en redressant le menton. C'était flou. Cela tanguait. Deux orbes acajous. Troubles. Qui se balançaient. Il pivota son corps en posant ses mains sur le sol et rapprocha son visage de celui de son vis-à-vis. La confusion se dissipant peu à peu. Un petit garçon de son âge. Le visage inquiet et défait. Une partie cachée par des… Des cheveux bleus !
- Ichirouta !
Mamoru sourit, de toutes ses dents. Et se remit debout, promptement. Il dépoussiéra son pantalon, vite fait, bien fait. Puis se tourna vers son ami.
- Je ne savais pas que tu étais là !
- Mamoru-kun ton-
- Je suis désolé de t'être rentré dedans ! J'espère que tout va bien !
Ichirouta le fixa, incrédule. Et sidéré. Devant l'incroyable rictus du petit brun. Sa bonne humeur. Sa sincérité. Son authenticité. Et sa figure, si éclatante.
- Non, mais ton ban-
- Tu as vu là-bas, il y a terrain de foot !
Mamoru reposa son regard sur ledit terrain, en sautillant de joie.
- Là-bas ! Tu as vu ?
- Mamoru-kun, ton bandeau !
Le brun se tut. Et cligna des paupières, en dévisageant son compagnon.
- Quoi mon bandeau ?
- Il tombe sur tes yeux.
- Hein ?
Mamoru releva les yeux. Et tenta de remettre droit le tissu orange dans ses cheveux. En vain. Il fronça alors les sourcils. Lorsque l'étoffe tomba complètement sur ces cils, le petit ne voyant dès lors plus rien.
Il commença à tourner sur lui-même, essayant, de toutes les manières possibles et inimaginables, de remettre son bandeau en place.
- Mamoru-kun, attent-
Trop tard. Le brun se marcha dessus, et, s'entremêlant les pieds, tomba à la renverse. A nouveau sur les fesses.
- Zut.
Il tirait. Passait ses doigts en-dessous du tissu, au-dessus, sur le côté. Le tournait. Le retournait. L'emmêlait à ses cheveux. Tirait encore. Soudain, quelque chose immobilisa son poignet. Et son œil droit retrouva peu à peu la lumière. Suivi du gauche.
- C'est mieux ?
Il cligna des yeux. Se retrouvant face à un visage pâle, aux grands yeux bordeaux. Sentant le souffle du petit Ichirouta sur le bout de son nez. Penché, afin de l'aider. Ses cheveux tombant le long de sa joue droite. Mamoru hocha la tête. Ichirouta sourit doucement, en soulevant davantage le bandeau. Le brun le regarda faire, son air hagard dessiné sur la figure. Délicatement, le bleuté retirait les mèches emmêlées. Et, petit à petit, déroulait le tissu, le faisant retrouver sa forme droite, sur le haut de la tête de son ami.
- Mamoru-kun ?
Ce dernier releva le menton.
- Pourquoi… Pourquoi tu portes ce bandeau ?
Ichirouta cessa alors de triturer les mèches brunes, se recula et, doucement, redressa une énième fois l'étoffe orange de son vis-à-vis.
- C'est très simple !
Il posa ses yeux sur Mamoru. Il souriait. De toutes ces dents. Encore. Et toujours.
- C'est pareil que pour ma passion pour le foot ! Mon grand-père en portait un, similaire !
Le bleuté arqua un sourcil, en finissant par sourire.
- Je comprend.
Et tendit une main en direction de son ami. Qui la toisa un instant. Avant de la saisir et de se remettre debout. Et de rire. Simplement.
- Merci !, dit-il, en tentant d'inspecter le haut de son front.
- Je ne t'ai pas fait mal tout à l'heure ?
- Mal ? Pourquoi mal ?
Ichirouta le fixa étrangement. Mamoru réfléchit et se mit à rire.
- Ah pour la chute ! T'en fais pas !
En tapant soudainement sur son crâne.
- J'ai la tête dure !
Le bleuté sourit.
- Tant mieux.
Et s'approcha du brun, afin de remettre son bandeau droit, une dernière fois. Brun qui lui adressa un immense sourire. Sourire éphémère. Puisqu'il disparut, pour laisser place à des yeux ronds.
- Et toi, tu n'as rien eu ?
- Moi ?
Ichirouta cilla. Et, devant les yeux marrons, insistants, presque inquiets de son ami, il comprit. Et rit.
- C'est moi qui t'es rentré dedans.
- Ah bon ?, demande Mamoru en inclinant la tête.
- Oui !
Mamoru le dévisagea, benêt, puis le rejoignit dans son amusement. Les deux rigolant aux éclats. Ichirouta se passa une main sur le visage et souffla.
- D'ailleurs… Mamoru-kun, pourquoi t'es-tu arrêté ?
- Euh…
Il réfléchit, les yeux au ciel. Évalué, innocemment, par le petit bleuté.
- Ah oui !
Le brun prit son compagnon par l'épaule et pointa du doigt.
- Je regardais ça !
Ichirouta suivit la direction qu'indiquait l'index adverse. Et plissa les yeux.
- Tu as vu, il y a-
- Un terrain de football ?
Mamoru tourna la tête et vit son vis-à-vis lui sourire. Et son visage s'illumina de plus bel.
- Oui ! Tu l'as vu aussi ? Dès que je peux, je vais le voir ! Dis Ichirouta… Tu viendras avec moi ?
- Bien sûr, si tu veux.
- Je veux !
- On ira ensemble après avoir vu la maîtresse alors.
Le brun se figea, en se tapant le front par la suite.
- La maîtresse ! J'avais oublié ! Maman va me gronder si je suis en retard !
- Ta... maman ?
Et, dans l'ébullition du moment, ne vit pas son ami se raidir, puis blêmir.
- Viens ! On va voir si on peut retrouver les autres !
Ami, qu'il embarqua par le poignet, en se remettant à courir dans la cour.
[…]
Il se décomposait, de plus en plus. Les yeux brûlants. La gorge nouée. Le petit corps oscillant. La main dans celle de Mamoru. Il tentait de se contenir. De tenir encore sur ses jambes. De courir et de le suivre. Son souffle ne daignait plus affluer correctement. Son petit cœur s'emballant. Tapant. Par l'appréhension. L'angoisse. La peur. Il essayait de regarder, à droite, à gauche. Au fil de la course, il aventurait ses yeux sur les différents parents. Malgré la mince vitesse, il se hasardait à la retrouver. En rencontrant Mamoru, ses doigts l'avait échappée. Elle lui avait dit de la rejoindre. De la rattraper. Sauf que désormais, il ne la voyait plus. Contre toute la volonté du monde. Il était perdu. Perdu au milieu d'une foule. D'inconnus. D'une immense cour, bondée de grandes personnes. Devenant floues. Commençant à tourner sous ses yeux. Il serra davantage la main de Mamoru. Et s'arrêta, en baissant la tête. Il sentit alors une légère poussée vers l'avant. Puis le brun se tourner vers lui.
- Ichirouta ?
- Ma… Mam…
Il déglutit.
- Ichirouta-kun ?
Mamoru se rapprocha alors de lui, ses doigts emprisonnant toujours les siens.
- Quelque chose ne va pas ?
- Je… Je suis désolée….
- Pourquoi ?
La voix du petit Ichirouta était hésitante. Tremblante. Les yeux couverts par ses cheveux.
- Pourquoi ? Pourquoi tu es désolé ?
- J'ai… J'ai…
Ichirouta croisa soudain des orbes bruns. Mamoru s'était penché, sa tête touchant presque le sol. Et l'immergeait de son regard chocolat. Les yeux arrondis. Scintillant d'un éclat d'égarement, sous l'ombre d'un chêne. Le petit bleutée eut alors un mouvement de recul et, lâchant la main adverse, tomba sur l'herbe.
- Ichirouta ! Ichirouta, est-ce que ça va ?
Mamoru s'agenouilla face à la lui, en le prenant par les épaules. En guise de réponse, Ichirouta ramena ses genoux contre sa poitrine, en les entourant de ses bras. Le petit brun s'écarta, en inclinant la tête.
- Mamoru-kun j'ai…
Il eut un soubresaut.
- J'ai perdu…
Puis deux.
- Je… Je ne sais pas où est ma maman.
Et s'en suivit un énième. Le bleuté contracta davantage ses membres et laissa dégringoler plusieurs autres mèches de cheveux sur sa figure.
- Ta maman ?
Il hocha la tête, en passant plusieurs fois son bras sous nez.
- Je comprend.
Ainsi, Ichirouta vit son ami se relever doucement. Puis une main hâlée. Au-dessus de ses yeux. Yeux qui, par la suite, rencontrèrent ceux de Mamoru.
- On va la chercher. Ensemble.
Yeux qui ne purent, dès lors, plus quitter cet extraordinaire sourire. Ce grandiose sourire. Ce sourire. Si fascinant.
- Si on s'y met, tous les deux, ensemble, on sera plus efficace. Tu ne crois pas ?
Il sentit son menton chevroter.
- Aller, viens, je vais t'aider.
Ce fut pourquoi, délicatement, il souleva son poignet. Afin que ses doigts se joignent à ceux de Mamoru. Qui les tira doucement, afin que le petit bleuté se remette debout. Et perçoive, une fois encore, cet immense rictus lumineux. Ichirouta secoua la tête. En essuyant ses yeux.
- Mamoru-kun, je voulais te remer-
Une sensation linéaire, chaude et douce sur sa joue, suffit à immobiliser ses paroles. Le petit garçon tourna la tête.
- Tu avais de l'eau sur la figure.
Le brun rit. Gentiment. Amicalement. Délicatement. Et, soudainement, fronça les sourcils. En se mettant sur la pointe des pieds. Il regarda à gauche, à droite. À nouveau à gauche. Une autre fois à droite. S'étira davantage. Des petits reniflements à ses côtés, faisant qu'il comprimait davantage la main qu'il tenait.
- Mamoru-kun….
- Je vois ma maman.
- Ne t'embête pas pour mo- Quoi ?
Le petit Ichirouta toisa son ami, dont les talons retouchèrent enfin le sol.
- Il y a ma maman là-bas. Avec la maîtresse.
Mamoru réfléchit, une adorable moue peinte sur son visage. Et son regard s'illumina.
- Je suis sur que maman pourra nous aider ! Viens, suis-moi Ichirouta !
- Mamoru-k-
La peine était vaine. Bel et bien. Ichirouta fut, comme souvent avec le brun, plus ou moins contraint de le suivre. Mamoru, ses doigts fermement accrochés au sien, courait. Lentement. A la vitesse d'un petit garçon. Il trottait. Emportant le petit bleuté à sa suite. Qui le suivait. En le fixant, les yeux égarés. Tout ce qu'il convoitait à percevoir, était la manière dont le brun se glisser, avec lui, entres parents et enfants. Il parvenait à se faufiler entre les différentes personnes, presque incroyablement. Sans se poser de questions. Sans foncer dans qui que ce soit. Filant au rythme du vent. Dévisagé par Ichirouta. Qui, ayant quelque peu retrouver un semblant de sourire, le perdit bien vite. Basculant soudain vers l'avant. Rencontrant alors un corps. A l'odeur épicée. Il releva les yeux. Mamoru lui sourit, gêné.
- Oups… Tu n'as rien ?
Le petit bleuté hocha la tête, de droite à gauche. Et, les lèvres toujours étirées jusqu'à ses oreilles, le brun le décolla de lui.
Il vit alors leur maîtresse. Une jeune femme brune. Aux quelques mèches blondes. Souriante. Radieusement. Et une seconde femme, aux cheveux ondulés, qui se tourna vers eux. Fronçant brusquement les sourcils.
- Mamoru !
Les poings serrés, elle se rapprocha d'eux.
- Où étais-tu ? Je t'ai cherché partout ! Qu'est-ce que tu trafiqu-
- Maman ! Il est tout seul !
Puis eut un mouvement de recul. Le brun souleva alors sa main. Montrant celle qu'il empoignait, doucement. La mère de Mamoru grimaça. Ichirouta se figea. La jeune femme posant ses yeux sur lui. Contre toute l'envie. Toute la volonté. Toute l'obligation du monde. Il essaya, tant bien que mal, de la saluer. De lui faire, ne ceresse, qu'un signe de tête. Cependant, ses yeux demeurèrent exorbités. Ses pommettes brûlantes. Le menton tremblant. L'unique chose qui réussit à lui échapper, ne fut qu'un simple reniflement. Le visage de la maman de son ami se radoucit, lorsqu'il baissa la tête.
- Maman, c'est mon ami, Ichirouta ! Il est perdu ! Il a perdu sa maman ! Il faut l'aider ! Tu sais, Ichirouta Kaze… Kaze… Euh… C'est quoi ton nom de famille déjà ?
Le bleuté passa frénétiquement son coude sous ses narines, une énième fois. Il prit une grande inspiration et…
- Tu est le fils de Kazemaru-san, n'est-ce pas ?
Ichirouta cessa tout mouvement. Et se redressa lentement. Une larme dévalant sa figure. Et il les vit. Des orbes. Châtains. Brillants au soleil. Doux. Tout aussi doux. Soudain aussi doux que ceux de Mamoru. Les mêmes que ceux de Mamoru. La maman de ce dernier souriait. Souriait délicatement au petit bleuté. Agenouillée face à lui. Le petit garçon releva plus encore son regard. Sa vision embuée. Il essuya promptement des larmes et hocha timidement la tête.
- Mamoru me parle souvent de toi.
Il papillonna des yeux. Le sourire de cette femme était différent. Différent de celui de son fils. Plus petit. Plus fin. Plus discret. Et pourtant, il était tout aussi rassurant. A une différente manière.
- Il aime beaucoup lorsque vous jouez ensemble au football.
Il sentit alors un éclat passer au travers de ses prunelles. Éclat inondant ainsi son corps. La maman de Mamoru posa sa main sur son épaule, amoindrissant un des ses nombreux soubresauts. Puis elle tendit son index. Amplement, la petite tête bleue se tourna. Se tourna vers l'école. Se tourna vers la grande porte vitrée. Se tourna vers la pièce. Se tourna. Et il le vit. Ce petit sac pourpre. Son petit sac pourpre. Couleur aubergine. Et… Que sa maman avait dans la main, avant qu'il ne la perde de vue. Son petit sac, réuni avec ceux des autres enfants. Puis enfin, plus loin, se dessina...
- Ichirouta ! Ta maman !
Il ouvrit grand les yeux. Et fut une nouvelle fois porté vers l'avant. Ses jambes se remettant soudain à bouger. Ses pieds battant à nouveau le sol, de plus en plus vite.
- Mamoru !, cria alors sa mère. Ne part pas aussi vite ! Fais attention !
Il courait. Et, brusquement, en baissant la tête, il remarqua qu'il enjambait des marches en pierres. Le marches de l'escalier, menant à l'intérieur de l'école. La main, toujours noué à celle du brun. Qu'il perdit, brutalement. Pour chavirer. Chavirer, se retrouvant, encore une fois, à la heurt d'un être. Aux effluves douces et sucrées. Les yeux dans le vague, il sentit alors ses épaules comprimées délicatement et son propre corps, faire volte-face. Il tangua quelque peu. Prenant quelques instants à retrouver ses pleines aptitudes factuelles. Capacités qu'il regagna, à la seconde où ils se dessinèrent. Où ses longs cheveux s'esquissèrent sur ce vêtement blanc. Où le flou se dissipa. Pour laisser place à une longue chevelure cobalt, ondoyant le long d'une chemise immaculée. Et, s'abaissant enfin, deux magnifiques yeux. Incarnats. Ce regard, malicieusement réprobateur. C'était celui de celle qui l'avait mis au monde.
- Mamoru ! Ne t'esquive plus jamais comme ça !
- Mais maman…
- Mamoru ! De toutes les manières qui soient, évite de me laisser en plan comme tu as pu le faire! Voyons !
- Mais Ichirouta-kun a retrouvé sa maman !
La jeune femme croisa alors le regard d'une seconde mère. D'une seconde jeune femme, qu'elle connaissait très bien. Leur fils respectif passant un temps optimale avec l'autre.
- Endo-san ! Ravie de te revoir. Je ne sais comment te remercier d'avoir aidé mon petit Ichirouta à me retrouver.
La dite Endo-san grimaça, semi-sceptique. Entre un adorable petit garçon. Perdu et anxieux. Le sien, comparable à une véritable pile électrique. Voire plusieurs. Et une maman, si gentille, qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps. Et qu'il la gratifiait, d'une chose qu'elle n'avait pas spécialement engendrée. Et, encore une fois, son propre fils. Lui prenant le bras, la main. Lui déclarant mille et une phrase, en une seconde. S'animant dans tous les sens.
- Euh… Et bien… Kazemaru-san… Je… Je n'y suis pas vraiment pour grand chose. Disons… Disons que nos garçons ont fait une grande partie du travail.
La jeune maman aux longs cheveux bleus sourit tendrement en direction de son amie. La femme ayant pour fiston un dénommé Mamoru, était débordé. Ledit Mamoru, assurant, à lui tout seul, une place assez importante. Lui seul. Lui seul, ainsi que son ébullition. Journalière. Elle posa alors ses yeux sur son petit bleuté. Qui la fixait, sans ciller. Les yeux arrondis. Guettant et attendant sa sentence. Elle soupira.
- Ichirouta, comment… Comment t'es-tu débrouillé pour me perdre de vue ? Tu imagines la peur que j'aurais pu avoir, si nous n'avions pas été dans l'enceinte de l'école ?
Le garçon baissa la tête. Ayant la certitude, et la connaissance, que sa mère attendait, tant bien que mal, une réponse de sa part. Néanmoins, la frayeur. La panique. L'anxiété, toujours présente. D'avoir été séparé d'elle. D'être séparé d'elle. Lui garantissait l'incapacité d'obtenir une quelconque répartie.
- C'est ma faute !
Ichirouta écarquilla les yeux. Puis, comme les deux jeunes femmes à ses côtés, se détourna vers l'auteur de cette phrase. Vers un petit brun. Cheveux bruns, retenus par un bandeau orange. Bandeau manquant de choir à nouveau sur cette figure. Figure qui arborait cet incroyable sourire. Qui, aux yeux bordeaux, parut encore plus étincelant que tous les autres, qu'ils avaient pu voir aujourd'hui. Bien plus flamboyant. Bien plus passionné. Bien plus… Tendre.
- Bah oui quoi ! Je lui ai rentré dedans !
Le petit bleuté eut l'impression de tomber. Il soupira, une indéterminable grimace se peignant sur son minois. Crotte. Combien de fois devra-t-il lui répéter que c'était lui qui l'avait bousculé ? Et la lumière, dans son esprit. Cette mimique. Cette mimique qu'il avait à cet instant. Était tout aussi inexplicable, que l'être qui l'engendrait. Être qui serait, le seul et unique, à la lui susciter.
- Mamoru soit moins brusque.
- Mamoru… Mon petit Ichirouta me raconte souvent vos aventures.
- C'est vrai ?
- Je te le conjure.
Le petit bleuté fit glisser davantage de brins de cheveux sur son visage, et abaissa le menton.
- Et bien Mamoru ! Quoi qu'il en soit, tu as aidé mon petit garçon. Alors, je te dit un grand merci !
Le brun rit, à pleines dents.
- Bon Mamoru, cette fois… Tu ne lâches pas ma main, et tu me suis. Votre professeur ne va pas tarder à accueillir la totalité des parents. Donc, tu viens avec moi.
Ichirouta entendit son ami rechigner. Cependant, il vit ses petits souliers s'éloigner de son champ de vision. Dès lors, il se redressa. Son cœur ratant un battement. Il ne l'avait pas remercié, lui. Il détailla sa droite. Sa gauche. Droit devant. Mamoru s'était esquivé. Encore.
- Ichirouta ?
Puis, il entendit son amusement. Son rire, si tendre, inondant la pièce. Il se retourna. Et sourit finalement. Il n'était pas parti bien loin. Il était là. Sa mère à sa suite, roulant des yeux. Souriant. Gloussant. Avec ses amis. Qui étirèrent peu à peu leurs lèvres. Influencer par cet unique et authentique brun. Donnant également, un rictus bien plus grand, bien plus sincère et délicat, au petit Ichirouta. Sa main fut alors ajusté, à une autre. Bien plus différente. Bien plus pâle. Que la précédente. Lentement, il releva ses yeux, vers ceux de sa maman. Qui souriait aussi, d'un sourire en coin, presque espiègle. Son garçon esquissa ce minois. Ce minois, d'enfant. Craintif. Et amusé. Similairement.
- Je suis désolé… Maman.
Elle lui ébouriffa les cheveux. Délicatement.
- Je t'avais bien dit de ma faire confiance.
Le petit bleuté arqua un sourcil. Laissant échapper un petit gloussement à sa mère.
- Ichirouta… N'es-tu pas heureux, lorsque tu es avec tes amis ? Ne t'amuses-tu pas plus ? Bien que ça prenne un certain temps... Au final, n'es-tu pas heureux d'être ici, avec eux ?
Et les orbes acajous s'illuminèrent. Faisant apparaître des petites dents. Dans un magnifique sourire. Bien plus grand. Que les autres. Tout en restant timide. Bien plus franc. Que les précédents. Sa maman lui fit, en guise de réponse, un signe de tête. Un simple signe de tête. En direction du groupe de petit garçon, attroupé autour d'une pile électrique, au bandeau orange.
- Je m'occupe du reste.
Ni une. Ni deux. Après une énième lueur sur son visage, sa main glissa de celle adverse. Et il courut rejoindre ses amis. Un châtain. Un blond. Un roux. Un aux cheveux gris. Un aux cheveux verts. Un second brun, plus renfrogné. Il les approcha. Tous, trouvant, finalement, et à leur manière, d'adorables éclats dans les yeux des autres. Ainsi, laissant au milieu, ce garçon au bandeau orange. Pouvant changer chaque émotion. En une, bien plus agréable.
Ils étaient réunis. Après appréhension, anxiété, et frayeur, celui aux cheveux bleus les avaient finalement retrouvé. En prenant une seconde à ce temps d'amusement. Pour embrasser une dernière fois, la joue de sa maman.
[…]
La nuit tombait doucement. Le crépuscule chutait peu à peu sur Tokyo. Inondant le ciel d'un voile de feu. D'une couleur orangé. Les pieds dans le vide, assis sur le perron, un petit bonhomme aux yeux bruns fixait l'horizon. Le jeune enfant au bandeau scrutait la cour de son école. Cour où il allait passer beaucoup de temps. Cour où il se souvenait avoir passer beaucoup de temps. Cour où, il en était persuadé, écrirait une fois encore, une multitude d'histoires. Toutes plus heureuses, les unes, que les autres. Il allait s'y promener. Courir. Y faire mille et un jeu. Rigoler. Y réfléchir. Ou peut-être même s'endormir. Il en était certain. Il y serait, durant des heures indénombrables. A s'amuser avec ses amis. Simplement. Être avec eux. Rire. Sourire. Agir comme ils le souhaiterait. Tout bonnement. Dans cette cour.
Mamoru inspira grandement. Puis expira, tout aussi sereinement. Son regard fut alors attiré par quelque chose au loin. La première chose qu'il avait perçue, ici. La première chose qu'il avait vue. La première chose qu'il eut envie de voir. Le petit garçon posa ses mains sur la terrasse. Et délicatement, poussa sur ses paumes. La semelle de ses chaussures touchant finalement l'herbe.
Il était près. Si près. Lentement, il mit un pied devant l'autre. En le gardant sous ses yeux. Lentement, il s'approchait. De cette première chose. De cette unique chose. Outre ses amis évidement. Qu'il espérait. Lentement. Ce grand. Et incroyable. Terrain de foot.
- Mamoru-kun ?
Finalement, ce dernier sursauta, en laissant échapper un cri. La main sur la poitrine, il se retourna. Et sourit.
- Ichirouta !
Devant le petit Ichirouta, arbora son adorable minois désolé.
-Je... Pardon de t'avoir fait peur..
- Oh, t'en fait pas !
Le brun ferma les yeux, serrant son poing, à l'endroit de son cœur. Et son rictus s'agrandit. Amicalement.
- J'ai le cœur solide !
Ichirouta ne dit rien, se contentant de soupirer. En riant. Rire, se nichant, petit à petit, aux éclats. S'étant rapidement mêlés à celui de Mamoru. Ainsi, ensemble, ils respirèrent, profondément. Inhalant l'odeur des premiers bourgeons fleurissants. Leur figure caressée par le souffle frais du moins d'avril. Les yeux havanes emprisonnés par cet incontrôlable charme. Encore et toujours. Le brun percevait que son ami lui parlait. L'appelait. Tentant de le ramener à la réalité. À ses côtés. Et pourtant, Mamoru n'y parvenait guère. Il ne pouvait détacher son regard du terrain. Néanmoins, la bascule s'opéra. Un battement de cil plus tard.
Un battement de cil plus tard. Le petit Mamoru ne vit plus le terrain de football. Un battement de cil plus tard. Il discernait toujours une teinte cramoisie, similaire à celle du ciel ; cependant, bien différente du celle du ciel. Un battement de cil plus tard. Il se retrouva face à une couleur bordeaux. Un battement de cil plus tard. Ses propres yeux furent dans la ligne de mire de deux autres orbes. Acajous.
- Mamoru-kun ?
Après avoir cligner des paupières quelques fois, il secoua la tête, en tenant son bandeau.
- Excuse moi ! Je suis désolé Ichirouta ! Je...
Soudain, son poignet fut soulevé. Puis sa main empoignée. Et ces doigts emmêlés. À d'autres. Mamoru recouvra alors une vision, adéquate. Ichirouta lui souriait, tendrement.
- Viens. Cette fois, toi, tu me suis !
- Que-
Le brun écarquilla les yeux. Fleurant la brise. Beaucoup plus fortement sur son visage.
Il courait. Trottant. Se précipitant. Dégringolant la descendante. Suivant le chemin de l'herbe, si verte. La quittant petit à petit. Rejoignant rapidement le sentier poussiéreux. Entraîné par son ami. La main serrée par son ami. Ami dont les cheveux bleus ondulaient en sa direction, poussés pas le vent. Et soudain. Une ligne blanche fut enjambée. Le brun relevant alors les yeux. Un filet blanc à droite. Une filet blanc à gauche. Il sentit son visage s'étirer. Ses lèvres s'étirer. Jusqu'à ses oreilles. Une multitude d'autres droites blanches sous ses pieds. Jamais il ne dut esquisser si grand sourire, en si peu de temps.
- Ichirouta ! C'est-
- Je me doutais que tu voulais venir ici.
- … Oui !
Ils se sourirent tendrement. Un éclat indéfinissable dans les yeux chocolats. Éclat présent à cet unique endroit. Cet endroit précis. N'importe quel endroit précis. Sur n'importe quel terrain de football, en réalité. En présence de personne qu'il chérissait. Autant que sa passion. Le football. Mamoru se sentait bien. Aujourd'hui, il n'avait cessé d'être heureux. La rentrée. Ces amis. Et maintenant. Le football. S'il n'avait pas été aussi émerveillé devant ce simple terrain de football. Il aurait pu sauté jusqu'aux étoiles. Il pourrait mener n'importe qui jusqu'aux étoiles. Ceci, tout le monde le savait. Bien plus. Que lui-même. Que l'être, qui en était capable.
- Mamoru-kun ?
Cet air fasciné toujours peint sur son visage, se matérialisant en un sourire béat, le petit garçon se tourna vers son ami. Qui souriait doucement. Un poil déconcerté par l'allure du brun.
- Je voulais te dire merci, pour m'avoir aidé à retrouver ma maman tout à l'heure.
Puis, Mamoru rit. De toutes ses petites dents.
- De rien ! C'est normal de venir en aide à ses amis !
- Et puis…
Le petit bleuté pouffa timidement.
- Je m'excuse aussi !
Mamoru sourcilla, en arbora un mignon petit minois d'incompréhension.
- Ichirouta ?
Sous les gloussements réservé de son compagnon.
- Dis Ichirouta, pourquoi tu t'excuses ?
Compagnon, qui éclata finalement de rire, en s'essuyant la figure.
- Mamoru… C'est moi qui t'aies basculé ce matin.
Le brun inclina la tête.
- Bah non c'est…
- Mamoru… C'est de ma faute. C'est moi qui t'aies rentré dedans ! Même si tu as arrêté d'avancer, c'est moi qui t'aies interrompu pendant que…
Ichirouta soupira, toujours aussi amusé. Et roula des yeux, en les levant au ciel.
- Pendant que tu admirais le terrain.
- Ah bon ?
- Bah oui !
Mamoru demeura pensif, l'index posé sur son menton. Sous le regard du petit bleuté. Ce dernier un brin exaspéré. Et pourtant, si admiratif. Puis, comme il l'attendait, le brun lui sourit franchement. Toujours empreint à l'innocence. De l'âge. Et de la passion.
- Si c'est toi qui le dis, alors je te crois !
Ichirouta s'esclaffa. Mamoru le dévisageant. En restant souriant. Encore. Et toujours. Même s'il ne comprenait pas vraiment la raison de ce fou rire. Tant que son ami souriait, riait, se secouait d'amusement, était simplement heureux. Il l'était également. Même s'il ne savait pas vraiment la raison de tout ça. Tant qu'il était là, avec lui, sur ce terrain. Il se sentait bien. Avec Ichirouta. Sur ce terrain de football.
Ainsi, Mamoru pensa. Réfléchit. Longtemps. Réellement. Et il se souvint. Il se rappela. Alors, doucement, son sourire se dissipa. Et ne fut plus qu'un lointain souvenir. Doucement, le petit bleuté devint flou. Et le petit brun baissa la tête. Doucement, sa vision s'enflamma. Et un goutte roula le long de sa joue. Doucement, il se mit dos à son compagnon. Et porta son bras sur ses yeux. Doucement. Il finit par renifler. Une fois. Ichirouta cessa de rire. Deux fois. Ichirouta l'observa, de haut en bas. Trois fois. Ichirouta dit son prénom. Une énième fois. Ichirouta se rapprocha. Et posa sa main sur son épaule.
- Mamoru-kun ?
Un soubresaut. L'emprise d'Ichirouta devint délicatement plus forte. Un second soubresaut. Le petit bleuté se posta devant lui. Un troisième soubresaut. Son ami le secoua, fraternellement.
- Mamoru-kun !
Ses hoquets devinrent plus fort. Et sa respiration, davantage bruyante et saccadée.
- J'ai… J'ai…
Le petit brun ne parvenait pas à parler. Ses sanglots bien plus puissants que sa volonté.
- Mamoru… Qu'est-ce qu'y t'arrive ? Pourquoi…
Une larme dégringola le long de son poignet, dissimulant ses yeux. Cette perle humide s'étant échappé de l'incontrôlable flot sur le menton du petit Mamoru.
- Mon… Mon ballon… Je.. Il est…
Frénétiquement, il essuya plus rapidement son visage.
- Mon ballon… Je l'ai… Ou-… Oublié… Dans... Dans ma chambre...
Ichirouta eut alors un mouvement de recul, ébranlé, ayant, encore, cette sensation de bascule. Hein ? Il n'avait encore jamais vu enfant sangloter ainsi. Aussi vigoureusement. Spécialement pour un ballon de… C'était Mamoru après tout.
Le petit bleuté fronça les sourcils et serra les poings. Quelle que soit la raison. Ichirouta n'aimait pas voir son ami pleurer. Particulièrement lui. Lui qui ne laissait jamais la tristesse l'envahir, surtout de cette manière. Lui qui souriait, à toute heure du jour et de la nuit. Tel un soleil, brillant de mille feu. Et soudain. La lumière. Dans la petite tête cobalt.
- Attend moi là. Je reviens !
Ichirouta se mit alors à courir. Laissant son ami seul. Ses larmes inondant le sol du terrain. Il aurait voulu jouer avec son ami ce soir. Avec son ballon. Il lui manquait. Depuis qu'il pratiquait le football, avec ce ballon, son ballon ; il avait toujours tiré avec lui. Avait presque toujours tiré avec lui.
- Mamoru-kun !
C'était la voix d'Ichirouta. Douce. Et joyeuse. Le petit brun se retourna. Sa petite figure rougit par le sel des gouttes, quelques peu encore présentes. Petite figure, qui finit par s'illuminer. délicatement. Un objet noir et blanc tournoyant en sa direction. Lui tendant les bras. Atterrissant finalement dans ses bras. De ses mains, il le serra de toutes ses forces. Se tournant vers le petit bleuté, désormais à ses côtés.
- Ichirouta-kun…
Sa voix restait tremblante. Mais ses yeux bruns scintillaient, incompréhensifs. Et pourtant, presque soulagés.
- C'est le mien. Ma maman me l'avait mis dans mon sac. En me disant que c'était avec lui qu'on avait joué, la première fois.
Puis, Mamoru sourit.
- Tu te souviens ?
En hochant la tête. Avec son petit rictus. Qui s'agrandit. Petit à petit.
- En plus, je ne suis pas revenu qu'avec un ballon.
Devenant ainsi incroyable ; Mamoru ayant suivi la direction que le doigt de son compagnon pointait.
- Shuuya-kun ! Yuuto-kun ! Et… Mina-san !
A quelques mètres d'eux. Sur ce terrain de foot. Ses amis. Amusés. Et prêts à jouer.
Le ballon rejoignit alors le sol. Un pied. Puis deux. Et trois. Acheminé, de cette manière, par chaque petit garçon. Le tirant à un de ses amis. Accélérant ainsi cette ronde régulière, et si agréable, commencée par le plus passionnée, aux éclatant yeux bruns. Dont le sourire avait été redonné par un petit bleuté.
- Mamoru-kun ! Attrape !
- Merci, Ichirouta !
Continuant de sourire, grâce à ce dernier. En jouant. En tirant. En faisant tourbillonné ; cet objet rond, blanc et noir. Son inconditionnel objet rond, blanc et noir. Comme dans un rêve. Comme dans son rêve. Rêve, dès lors plus grand. Dès lors plus merveilleux. Ce ballon de foot passant entre une multitudes de pieds. Appartenant à tous ses compagnons. Chacun leur tour. Normalement.
- Mamoru-kun… Ichirouta-kun… Passez nous un peu plus le ballon ! S'il vous plait !
Puis, deux petites têtes, souriantes. Gênées. Tirant finalement, dans ce même ballon de foot. En direction du reste de leurs amis. Leur faisant ainsi une passe. Commune. Ensemble. Tous les deux.
Tada !…
Bon d'accord, j'avais dit un truc simple… C'est simple ! Mais je crois que ce genre de style d'écriture me possède. (La preuve, mon résumé… Je ne sais pas d'où il sort xD)
Bref… Deux trois petites choses futiles à vous partager ! (On change pas les bonnes habitudes eheh…)
- Concernant les prénoms.. J'ai hésité à mettre ceux en français… Puis, j'ai choisi ceux japonais, parce que… Parce que j'aime le japonais, tout simplement ! D'ailleurs ! S'ils s'appellent pas leur prénom (au lieu des noms de famille, ce qui est… On va dire plus courant au Japon), c'est juste parce que je me suis dit qu'étant enfant… Ils pouvaient se le permettre !
N'est-ce pas ? x)
- Ce qui, entre autre, m'a mis devant un second problème (problème est un bien grand mot…) : le nom de l'école ! J'ai laissé Raimon, parce que… Parce qu'Endo, sans Raimon… Ce n'est plus Endo ! Et ensuite, pour le reste du nom… Petit délire de ma part, je l'avoue. Sakkā. en japonais, signifie « football », et Yōchien « école maternelle » ou « jardin d'enfant » (de 4, 5 ou 6 ans dans le système japonais… Donc ça collait ! (Système japonais commençant en avril, ce n'est pas une erreur de ma part))
Donc… Raimon : École maternelle du football x) (Je ne me revendique pas du tout connaisseuse en japonais, loin de là… Je ne sais même pas si ça veut dire grand-chose pour tout vous dire ! C'est juste l'aliénation de mon esprit, que voulez-vous.)
Bref ! Je crois que j'ai tout dit… J'espère que ça vous a plu en tout cas =) (et surtout… Ô oui surtout... Que ce n'est pas Ooc ou hors contexte… J'en ai toujours peur TuT).
Enfiiiin… Je vous laisse ! J'ai d'autres fictions à finaliser ! En espérant publier encore, au plus vite !
Et en attendant, portez-vous bien, c'est l'essentiel ! ;)
Beuzoooouu !