Eh voilà, c'est la fin – snif:( - Une nouvelle page se tourne encore. Désolée de ne pas avoir fait de poste la semaine dernière. Bon, et maintenant, vous vous demandez ? Eh bien, au risque d'en décevoir certains, pour le moment, je vais me concentrer sur d'autres histoires qui n'ont rien à voir avec celles que j'ai traduit de Thilbon. Je suis une grande fan d'Ace Attorney – un jeu sur console DS pour ceux qui ignorent ce que c'est – et j'ai eu la chance de pouvoir jouer aux derniers jeux sortis. Alors, pour l'instant, plus de Thilbon. Mais je n'ai pas laissé tomber pour autant, alors un jour, vous verrez peut-être une nouvelle story Thilbon. Merci de m'avoir soutenue et bonne lecture:)
La première fois que Bilbon se réveilla complètement, il se vit entouré de belles personnes et d'une pâle lumière. Il cligna des yeux, confus, et regarda autour de lui en tentant de reprendre ses esprits.
-Ai (Bonjour), salua une des belles créatures ayant les cheveux bruns et il lui semblait très familier mais Bilbon n'arrivait pas à comprendre pourquoi alors qu'il se penchait vers lui en souriant, ses yeux gris éclairés d'une mystérieuse lueur. Nadhir dae cand. (Vous êtes très courageux.)
L'autre belle personne, un peu plus jeune que l'elfe aux cheveux bruns - Bilbon fut fier de se rappeler qu'ils étaient des elfes - s'avança. Il était blond aux yeux bleus et portait des vêtements verts.
-Badhir mae ? (Vous allez bien ?)
Bilbon cligna des yeux et hocha la tête. Il ouvrit la bouche et réalisa qu'elle était affreusement sèche. Il humecta ses lèvres qu'il trouva gercées. L'elfe blond se tourna vers une table et revint avec un pichet.
-Theldir er heledh o nen ? (Vous voulez un verre d'eau ?)
Bilbon prit la coupe qu'il remplit avec impatience et la but en une seule lampée. L'eau rafraîchit sa gorge et Bilbon sentit enfin son cerveau se mettre en marche.
Il se souvenait de la caverne, de la prophétie et de son cousin. Il se souvenait de Thorin. La panique envahit son corps et s'agita. Il s'agrippa aux couvertures et regarda les visages lumineux.
-Man... ias ?... (Qu'est-ce que... où ?...)
Il n'arrivait pas à réfléchir ! Quel était le mot elfique pour...
-Ah, je vois que notre hobbit s'est enfin réveillé. Merci, Seigneur Elrond, Prince Legolas.
Les deux elfes reculèrent en s'inclinant et Gandalf s'approcha du lit.
-Gandalf ! Où sont Thorin et Frodon ? Est-ce qu'ils vont bien ? Que s'est-il passé ?
Gandalf repoussa doucement Bilbon, qui s'était presque levé du lit, contre les oreillers.
-Calmez vous, semi homme. Votre cousin et votre nain sont sains et saufs. Nous vous avons presque perdu mais il y a une grande force en vous. Bien que, sans l'aide du Seigneur Elrond et de Dame Galadriel, je ne pense pas que j'aurais pu réussir à vous sauver.
La bouche de Bilbon s'ouvrit et se ferma à plusieurs reprises sous la confusion. Gandalf sembla s'en rendre compte car il vint s'asseoir sur le lit, à côté de lui.
-Bifur a trouvé la note quelques minutes après votre départ. Il est venu me trouver et m'a envoyé à votre recherche. J'ai emmené le Seigneur Elrond et Dame Galadrile avec moi car il n'y a pas de meilleurs guérisseur en Terre du Milieu. Pourtant, vous étiez presque parti au moment où nous sommes arrivés et nous avons craint le pire.
Il prit le verre vide des mains de Bilbon et le tendit à Legolas pour qu'il le remplisse une seconde fois.
-Bifur, Gloin, Fili et Kili se sont occupés des traîtres et ils ont attrapé Pryftan, poursuivit le magicien tandis que Bilbon s'abreuvait une nouvelle fois.
-Alors... je suis vivant ?
Bilbon n'arrivait pas à comprendre si ça avait marché. Il devait mourir pour que Thorin soit libre. Si il était vivant...
-Oui, Bilbon. Et vous avez réussi. Vous avez brisé la malédiction qui pesait sur Thorin. Il est libéré de l'appel du dragon. L'Arkenstone est revenue à la Montagne, rassura Gandalf avec un regard attendri puis il tapota une dernière fois la main de Bilbon avant de se lever. Reposez-vous maintenant. Il y aura beaucoup à faire plus tard et vous aurez besoin de toute votre énergie.
/
Et ce "beaucoup à faire" commença avec du sommeil et le rétablissement. Bilbon passa près d'une semaine dans la chambre avant d'être enfin autorisé à sortir. Pour quelqu'un qui avait essayé de se tuer et qui avait manqué de réussir, il allait plutôt bien.
Maintenant, il suivait Thorin dans la caverne où la malédiction avait commencé.
-Tu es sûr de te sentir assez bien, Ghivashel ? s'enquit Thorin, les mains tendues vers Bilbon qui ne put retenir un ricanement.
-Je vais bien, Thorin. Et ne pense même pas à me ramener dans ma chambre.
Thorin l'avait à peine quitté depuis qu'il avait eu le droit de le voir. Il avait à peine reconnu son nain quand il l'avait vu la première fois. Il était étrangement blême, hormis la marque que Bilbon lui avait fait dans le cou. Celle-ci lui avait semblé sombre et large, comme si quelqu'un avait durement appuyé dessus peu de temps auparavant. Bilbon ne lui avait pas posé de question à ce sujet mais il était pratiquement sûr que Thorin s'était lui-même blessé. Le regard hanté commençait tout juste à disparaître et Bilbon était déterminé à s'en débarrasser et à ne plus jamais le croiser.
-Ce n'est pas ce que je voulais dire, objecta Thorin en faisant la moue.
Bofur et Ori réprimèrent un rire derrière eux et Bilbon tenta de dissimuler le large sourire qui ornait ses lèvres. Il prit la main de Thorin dans la sienne et la caressa de son pouce. Il effleura la marque sombre qui cernait son annulaire et sentit son coeur rater un battement.
La marque de l'anneau n'avait pas disparu. Si on s'approchait suffisamment, on pouvait même lire les runes qui avaient été gravées sur le bijou. Gandalf avait dit qu'il s'agissait là, d'une marque finale de la malédiction. Bilbon la voyait davantage comme une preuve d'amour. Une preuve que Thorin semblait ravi d'arborer.
La caverne était calme cette fois-ci, aucun rire maléfique ne résonnait. Pourtant, pénétrer dedans fit frissonner Bilbon et il était rassuré de sentir la chaleur et la force de la main de Thorin. Gandalf, Thrain, Elrond, Galadriel et Balin étaient déjà là, en train de les attendre. Ils formaient un demi-cercle autour de quelque chose qui brillait par terre.
Bilbon et Thorin s'arrêtèrent en même temps. Bilbon n'eut guère besoin de demander ce que c'était, l'horreur absolue gravée sur le visage de Thorin était largement suffisante.
-Est-ce...
-L'Arkenstone, acquiesça Gandalf tandis que Thorin tirait Bilbon contre lui, le hobbit se blotissant immédiatement à l'intérieur de ses bras mais Gandalf lui sourit. Elle est revenue dans le cristal avec lequel vous vous êtes poignardé. Voilà pourquoi nous avons pu vous ramener.
C'était un peu tiré par les cheveux.
Bilbon fit un petit pas en avant, ce qui fit sortir Thorin de la stupeur dans laquelle la pierre l'avait plongée. Il pressa une dernière fois sa main avant d'aller rejoindre les autres dans le cercle. Bilbon resta devant eux, Bofur et Ori se tenant derrière lui. Il n'avait aucune envie de la voir de plus près. Cette pierre était le mal absolu, peu importe à quel point elle brillait.
-L'Arkenstone, souffla Thrain alors que son fils se dirigeait vers le joyau. Qu'allons-nous en faire ?
Thorin releva la tête.
-La détruire, annonça-t-il mais il plissa les yeux lorsqu'il vit les deux elfes échanger un regard. C'est la seule solution.
-Elle est unique ne son genre, répliqua Thrain.
-Qu'allons-nous en faire ? répéta Bilbon, le souffle court, alors que les deux nains continuaient à débattre du sort de la pierre.
Les elfes parlaient de quelque chose avec Gandalf. Les yeux de Thrain brûlaient déjà d'une flamme familière. Une flamme que Bilbon avait trop souvent vu dans les yeux dorés de Thorin.
Bilbon ne resterait pas là sans rien faire. Hors de question. Il allait régler la question maintenant. Il ne permettrait pas à ce mal de continuer à exister. Il avait déjà été assez surpris de voir que personne d'autre n'avait encore pris la peine de la détruire. Il se retourna et fit trois pas mesurés vers Ori et prit le marteau de guerre que le nain tenait. Dwalin en serait heureux. Si il ne pouvait pas être là pour protéger le nain - il fallait un certain temps pour se remettre du poison de la lame Morgul, même avec l'aide des hauts-elfes - alors, il voudrait que son marteau fasse le travail pour lui.
-Je peux ?
Ori hocha la tête, ses yeux s'éclairèrent quand il comprit ce qu'il comptait faire et il esquissa un timide sourire. Bilbon souleva le marteau, mettant à profit la force qu'il avait décuplé à l'aide des mois passés à s'entraîner au combat à l'épée. Ils avaient fait des merveilles sur sa constitution. Avant son arrivée dans les Montagnes Bleues, il aurait été incapable de porter une arme aussi lourde. Il s'avança vers les deux rois qui étaient toujours en train de discuter, ce qui le rendait proprement malade. Thrain s'était rapproché de la pierre alors que Thorin s'en était éloigné. Il refusait même de la regarder et Bilbon ne pouvait pas l'en blâmer. Si quelqu'un devait avoir le droit de faire ce qu'il était sur le point d'accomplir, c'était bien Thorin mais Bilbon ne se risquerait pas à lui confier l'arme. Il ne voulait pas donner à Thrain le temps de comprendre en quoi consistait son plan, laisser la folie prendre le pas sur son bon sens et tenter d'arracher la pierre maudite.
Avec une ferme concentration, Bilbon se stabilisa sur ses pieds. Il ferma les yeux après avoir regardé Thorin puis, leva le marteau au-dessus de sa tête et l'abattit sur la pierre avec toute la force qu'il possédait. Sa poitrine se tordit de douleur et il bloqua ses jambes, mettant tout son poids dans l'arme. Le marteau frappa la pierre qui éclata violemment dans toute la caverne. Un éclair aveuglant suivit et Bilbon ainsi que toutes les personnes présentes dans la pièce tombèrent en arrière. Il tomba brutalement contre Ori et il eut besoin de longues minutes pour trouver l'air suffisant pour respirer et se relever du pauvre nain sur lequel il avait chuté. Tout le monde autour de lui fit de même en poussant nombre de grognements de douleur et de confusion.
-Oui, grommela Gandalf en relevant son chapeau qui lui couvrait les yeux. Excellente idée, Bilbon. Bien que vous auriez quand même pu nous prévenir.
Thorin se rallongea par terre et laissa échapper un rire plein de joie et de liberté. Bilbon ferma les yeux et écouta ce merveilleux son en respirant lentement.
-Elle est partie, murmura Thrain, presque tristement.
-Oui, confirma Bilbon. Et nous sommes heureux d'en être débarrassés.
Thorin continua à rire, profitant de la liberté que lui apportait enfin la destruction de la pierre. Bilbon sourit, lui-même apaisé.
/
-Tu es sûr ? demanda Bilbon en regardant le nain qui se tenait en face de lui, les yeux un peu trop écarquillés.
Thorin sourit en acquiesçant et retira son épée. Il la posa soigneusement à côté du lit, là où il pourrait aisément l'attraper si il en avait besoin dans la nuit. Le premier soir où il l'avait laissé là, Bilbon s'était inquiété mais maintenant, il trouvait ça réconfortant.
Thorin se dirigea vers Bilbon, uniquement vêtu de ses sous-vêtements, et prit son menton. Il déposa un ferme baiser sur sa bouche. Sa langue se glissa entre ses lèvres et le hobbit sortit ses orteils se replier. Il acheva le baiser et murmura :
-Je te fais confiance, Ghivashel.
Il l'embrassa une dernière fois.
Puis il rampa sur le lit et s'allongea contre les oreillers et haussa les sourcils. Il attendit un moment avant d'écarter ses jambes en signe d'invitation.
Bilbon resta quelques secondes à le regarder, debout près du lit, puis retira le seul habit que portait encore Thorin. Le nain le regarda malicieusement et Bilbon ne put contenir le bruit affamé qu'il poussa avant de se pencher pour l'embrasser. Il suça doucement sa lèvre en plaçant ses bras de chaque côté de la tête de Thorin et passa ses doigts dans sa crinière noire.
Thorin frissonna sous lui, épinglé contre le lit, et impuissant contre l'effet que lui faisait la façon dont Bilbon déplaçait son corps contre le sien. Thorin gémit contre sa bouche et en fut récompensé par un pincement sur sa mâchoire. Si Bilbon adorait être marqué, Thorin l'aimait également. Bilbon se doutait que ça avait un rapport avec le fait qu'il avait failli le perdre mais il ne lui avait pas encore demandé. Thorin était incapable d'empêcher ses hanches de s'arquer contre Bilbon, ce qui donnait au hobbit un enivrant sentiment de puissance. Il était le seul à pouvoir lui faire perdre son sang-froid. Le seul à qui Thorin se montrait lorsqu'il ne pouvait plus se contrôler.
-Bilbon..., appela la voix lourde et hésitante de Thorin, ses yeux bleus si sombres que Bilbon dut reculer pour respirer.
Le Roi empoigna les draps et ferma les yeux. Bilbon posa plusieurs baisers sur son torse en accordant une attention toute particulière à ses mamelons et à la peau autour de ses hanches. Thorin haleta et sa main vint saisir une poignée des boucles de Bilbon. Ses doigts s'emmêlèrent dans ses cheveux et pressèrent le hobbit contre lui.
-Bilbon, mahabrûf !
Il appuya une petite fiole contre Bilbon et haleta en sentant son amant le mordre.
Il était assis sur ses talons et faisait traîner ses mains sur la poitrine du nain. Il aimait toucher Thorin qui gémit une nouvelle fois et marmonna plusieurs mots khuzduls qui donnèrent à Bilbon une idée ridicule. Une folle idée qui ferait perdre la tête à Thorin. Une idée qui rendrait la première fois de Thorin en passif tout à fait mémorable. Il avait étudié le khuzdul, alors autant en profiter.
Il déboucha soigneusement la fiole et versa un peu d'huile sur ses doigts. Thorin ouvrit encore plus les jambes et sourit lascivement. Bilbon voulait à tout prix revoir ce regard. Il posa une main sur son torse et fit traîner son doigt vers le bas de sa poitrine.
-Thorin, men mizimel. Menu men kurdu (Mon bijou des bijoux. Tu es mon coeur.), murmura-t-il, regardant avec délectation les yeux du nain s'élargir alors qu'il en restait bouche bée. Thorin, umenu zirikh men imidukh ? (Thorin, veux-tu mes doigts ?)
-Mahal..., souffla Thorin.
Bilbon glissa son doigt en lui et se pencha pour chuchoter :
-Osan, men Bilbon. (Non, je suis Bilbon.)
Thorin haleta et Bilbon fit bouger son doigt pour étirer son amant, incapable de contenir un sourire de satisfaction. Lors d'une occasion particulièrement mémorable, Thorin avait lui-même fait glisser ses propres doigts en lui mais ils n'étaient jamais allés plus loin. Les yeux de Thorin rencontrèrent les siens, ils étaient pleins de confiance et de désir. Bilbon faillit perdre pied en les voyant.
-Yothur (Plus), réussit enfin à dire le Roi et Bilbon obéit.
Il passa un second doigt et, avec le premier, le fit longuement aller et venir puis souffla lentement avant de les écarter. Il essaya de se rappeler tout ce que lui avait fait Thorin. Il caressa son torse de sa main libre et continua à parler.
-Menu men lukhud (Tu es ma lumière).
Il caressa l'intérieur de sa cuisse et changea l'angle de ses doigt qu'il pressa juste... là. Thorin se cambra et faillit déchirer les draps du lit. Ses yeux se rouvrirent et fixèrent Bilbon.
-Mahal ! C'était quoi, ça ?
-Gamut ? Zirikh yothur ? (C'est bon ? Tu en veux plus ?)
Thorin hocha rapidement la tête et écarta les jambes. Bilbon se pencha pour lui voler un baiser. Il fit glisser un troisième doigt en lui et s'attaqua de nouveau à son point sensible. Thorin n'arrivait pas à rester immobile. Il gémissait ouvertement et ses poings s'agrippaient aux draps. Ses jambes tremblaient et sa tête allait de droite à gauche. Bilbon l'observait attentivement et tentait de garder une respiration normale. Thorin était magnifique.
-Menu de nalekh men, Thorin. Men zirikh menu uogamad (Tu es si beau pour moi. Je te veux tellement.).
Thorin repoussa sa main et chercha à tâtons la fiole. Il en versa sur sa main et Bilbon gémit bruyamment lorsque le nain le prit dans sa main pour le caresser. Ses yeux étaient rivés sur le hobbit.
-Tashfat (Plus rapide), ordonna-t-il d'une voix qui fit frissonner Bilbon alors qu'il tentait de garder la tête froide tandis que Thorin le tirait par l'épaule en grognant. Zatagrif men (Emmène-moi.). Ekurik (Plus fort.).
Bilbon en eut le souffle coupé et recula. Il garda les yeux rivés sur ceux de Thorin et s'aligna. Sa poitrine se serra et, pendant un moment, il eut beaucoup de mal à respirer. Il voulait tellement Thorin mais il était incroyablement nerveux. Il s'était amusé pendant un long moment à le taquiner mais maintenant, il était sur le point de prendre Thorin. Que ferait-il si il se révélait être un mauvais amant ?
Thorin lui prit la main et Bilbon retrouva son courage. Il glissa lentement vers l'avant... et son souffle se coupa de nouveau.
Thorin haletait sous lui mais Bilbon ne pouvait rien faire à part pousser un cri de béatitude. Il l'avait enfin fait. Les hanches de Bilbon faisaient des poussées saccadées et il aspira l'air entre ses dents mais cela ne l'aida pas à se sortir de cette sensation accablante. Il était à l'intérieur de son Thorin, ils étaient ensemble. Thorin poussa un bruit de gorge étranglé.
-Oui, gémit le nain. Maintenant, bouge.
Bilbon rit, incapable de se contrôler, et laissa son corps faire ce qu'il voulait désespérément. Ses hanches reculèrent avant de revenir lentement vers l'avant. Il tenta de garder un rythme lent et régulier alors que sa main trouvait celle de Thorin. L'autre se glissa dans les cheveux de son amant.
-Zirikh men zatagrif menu ekurik, Thorin ? Obuzun menu zatagrif ? (Tu veux que je te prenne fort, Thorin ? Que je te prenne jusqu'à ce que tu ne puisses plus marcher ?)
Thorin sursauta et se tordit, tentant de répondre encore plus aux poussées de Bilbon. Le hobbit le comprit et accéléra ses mouvements. La tête de Thorin retomba sur les oreillers et sa main se glissa dans le dos de Bilbon pour empoigner ses fesses, le rapprochant encore plus.
-Touche-moi, Bilbon, supplia-t-il, désespéré.
Avant que Bilbon ait le temps d'obéir, Thorin attrapa sa main et l'abattit entre ses jambes. Bilbon se mit à le caresser en même temps que ses va-et-vient. Il se mordit la lèvre et soutint son poids à l'aide de son bras pour pouvoir toucher le visage de Thorin. Le nain agrippa son épaule, enfonçant ses doigts dans ses muscles.
Un gémissement particulièrement bruyant de Bilbon fit resserrer les cuisses de Thorin autour de ses hanches et la main qui n'était pas accroché à l'épaule de Bilbon s'emmêla dans les draps. La peau de Thorin rougit, son visage crispé par l'extase et il vint.
Les hanches de Bilbon tremblèrent et il ne put plus se retenir. Il fit une violente poussée et enfouit sa tête dans le cou de Thorin. Il embrassa aveuglément sa peau et se perdit dans la chaleur entêtante de son amant.
-Mimizel..., murmura-t-il.
-Ghivashel, répondit Thorin d'une voix essoufflée et Bilbon vit des étoiles.
Il sentit alors que ses muscles étaient engourdis, la sueur qui perlait sur son dos se refroidissait et les mains de Thorin lui procuraient de douces caresses. Il écarta les cheveux du nain et écouta son coeur qui battait tout contre son oreille.
-Qui t'a appris ce khuzdul ? marmonna Thorin après un long moment.
Bilbon rit et se blottit contre son amant.
-Ce que Balin ne sait pas, ne peut pas lui faire de mal.
/
Le lendemain matin, les couloirs semblaient calmes. Thorin portait sa tenue de cérémonie, ainsi que son épée, sa hache, sa couronne, son manteau de pierres précieuses et son armure. Il marcha dans la Salle de Thror, la tête haute. Bilbon avait à chaque fois le souffle coupé lorsqu'il voyait Thorin dans ses habits de Roi. Il avait su dès le moment où il l'avait vu que Thorin était de sang royal, et qu'il était un honorable guerrier, mais c'était toujours aussi humiliant de le voir avec une évidence pareille.
Le procès fut étonnamment intense. Il y eut un grand nombre de témoins - y compris Bilbon et les nains dont la culpabilité était indéniable. Tout le monde savait ce que seraient leurs peines.
Tous les regards de la salle bondée étaient sur Thorin lorsqu'il prit place sur son trône. Bilbon était dans la loge royale, assis à côté de Thrain. Fili et Kili se tenaient de l'autre côté et il se sentait en sécurité. Il avait failli être victime d'une crise de panique quand il avait subrepticement aperçu Pryftan mais la présence rassurante des autres nains et de Gandalf qui se tenait juste derrière lui le calma.
Une fois que Thorin fut assis, un héraut s'avança et sonna dans sa trompette qui produisit une note grave vibrant dans toute la salle.
-Qu'on amène les prisonniers ! hurla-t-il, une fois que le son se soit amoindri.
Les portes s'ouvrirent d'un coup et Bilbon garda consciencieusement les yeux fixés sur Thorin. Son visage trahissait une incroyable férocité et Bilbon sentait la colère qui grondait en lui. Il voyait sans peine à quel point ses doigts étaient tendus sur les accoudoirs du trône. Des murmures remplirent immédiatement la salle et plusieurs malédictions khuzdules se firent entendre que Bilbon pouvait maintenant comprendre. Il comprenait tout à fait ce sentiment de rage. Pryftan et les nains qui avaient conspiré avec lui furent conduits jusqu'au trône.
Une fois qu'ils se tinrent devant le souverain, Thorin leva la main pour réclamer le silence. Il considéra longuement les nains avant de parler.
-Pryftan, fils de Glorund, après avoir étudié les preuves présentées contre vous, je vais maintenant prononcer votre peine et celles de vos conspirateurs.
Il se leva lentement et dégaina Orcrist. La salle devint complètement silencieuse et Bilbon eut un peu de mal à respirer. Thorin regarda un instant la lame et pendant un moment, Bilbon devina que le Roi n'aimerait rien de plus que de poignarder simplement et rapidement le nain avec. Les minutes passèrent puis Thorin leva son épée.
-Pryftan, fils de Glorund, je vous condamne à la mort réservée aux traîtres. Demain à l'aube, vous serez pendu jusqu'à ce que vous soyez presque mort. Vous serez alors émasculé, éventré, décapité avec une hache émoussée, et enfin, écartelé. Vos restes seront brûlés aux quatre coins de la ville en guise d'avertissement à tous ceux qui envisageraient de trahir la lignée de Durin.
Puis, sans un mot, Thorin sortit de la salle, laissant les condamnés à leur triste sort. Bilbon quitta la loge royale, sourit doucement à Gloin qui le suivit discrètement et se rendit dans la chambre du Roi, non loin de la salle du trône. Il frappa une fois à la porte. Celle-ci s'ouvrit avant même qu'il ait le temps de retirer sa main. Dwalin sourit et sortit en fermant la porte derrière lui.
Bilbon se dirigea vers le bureau qui se trouvait dans un coin de la pièce. Thorin y était assis avec un regard fatigué et Bilbon ne voulait rien de plus que le prendre dans ses bras et embrasser ses sourcils froncés.
-Ghivashel, murmura-t-il, une fois que Dwalin fut parti.
C'était drôle de voir combien la voix de Thorin pouvait influer sur son rythme cardiaque. C'était un sentiment familier, une flamme bouillonnante qui le traversait de la tête aux pieds et le quittait avec un sentiment de légèreté. Il se rendit rapidement au côté de Thorin et prit ses mains dans les siennes.
-Tu t'en es très bien sorti.
-Tu as sans doute remarqué à quel point je voulais moi-même lui trancher la tête ? devina Thorin avec un sourire ironique.
-Et le plonger dans du métal en fusion, ajouta Bilbon en posant un rapide baiser sur son nez avant de s'asseoir sur le bureau. Dois-je assister à l'exécution ?
Thorin traça les runes brodées sur le pantalon de Bilbon et secoua la tête.
-Non. Aucun de vous ne le fera.
Thorin avait invité les autres hobbits mais ils avaient tous décliné l'offre. Bien qu'ils aient tous un profond mépris envers Pryftan, les hobbits abhorraient la mort et n'assistaient jamais à ce genre d'événement. Ils étaient pleinement satisfaits par cette sentence mais ne souhaitaient guère la regarder. Ils retournaient à la Comté demain à l'aube.
Il semblait normal que la mort de Pryftan ait lieu au même moment. Ce sombre chapitre de leur vie était définitivement clos.
-Je dois assister à une autre réunion, soupira Thorin.
-Alors, j'attendrai ton retour dans notre lit.
Thorin enroula ses bras autour de Bilbon et posa sa tête sur les genoux du hobbit. Les mains de Bilbon s'emmêlèrent immédiatement dans ses cheveux pour masser son cuir chevelu. Il savait à quel point le procès avait été dur pour lui. Les nains étaient possessifs de nature et Pryftan avait tenté de prendre tout ce que Thorin avait. Cela avait grandement étonné Bilbon que le Roi réussisse à rester aussi calme. Thorin prit le poignet de Bilbon pour l'embrasser.
-J'ai dû débattre pendant trois heures avec les membres du Conseil qui ont tenté de faire valoir un cas inutile. J'ai dû m'asseoir sur une chaise particulièrement inconfortable sur lequel j'ai été très mal à l'aise. Chaque fois que j'ai bougé, ils ont dû savoir ce que tu m'as fait la nuit dernière. Et j'ai dû me tenir devant le nain qui a essayé de te tuer, une épée à la main, sans pouvoir le décapiter.
-Thorin.
Il croisa son regard et Bilbon sentit une vague d'excitation qu'il connaissait par coeur dans sa poitrine.
-Je n'irai pas à la réunion. Fili me remplacera aujourd'hui afin que je puisse m'occuper de mon fiancé.
Il se leva et regarda Bilbon avec un sourire qui racontait clairement ce qu'il comptait faire de ce nouveau temps libre.
Il y avait des fleurs partout. C'était un peu drôle que ce soit ça, plus que toute autre chose, qui intrigue Bilbon. Le mariage était un mélange de coutumes de deux races différentes et les larmes lui montaient aux yeux à la simple vue de cette décoration. La cérémonie avait lieu dans la Salle des Lumières qui portait ce nom à merveille. Le plafond était illuminé par la lumière du soleil et se reflétait sur les colonnes et le sol, transformant la lumière ambiante en une faible lueur. Les fleurs embaumaient l'air, rappelant à Bilbon l'odeur de la Comté. Il dut cligner des yeux pour chasser les larmes qui embrumaient sa vision.
Non pas qu'il ait pu voir beaucoup de choses aujourd'hui à travers ses yeux sans cesse larmoyants. Il ne s'était pas rendu compte qu'il était possible d'être si heureux.
Au bout de la salle, un bloc de pierre était sculpté pour avoir la forme d'arbres sous laquelle ils se tinrent pendant un moment. Thorin était déjà là, attendant seulement que Bilbon se joigne à lui. Il s'accrocha plus étroitement au bras de Bofur et essaya une fois de plus de chasser ses larmes.
-Je vous offrirai bien un mouchoir, mais vous savez que je n'en ai pas, murmura Bofur alors qu'ils avançaient vers le bout de la salle.
Thorin avait la tête baissée en signe de respect et cela faisait mal à Bilbon de pouvoir enfin le voir. Il ne l'avait pas vu depuis près de douze heures.
Il était très beau. Il ne portait aucun de ses bijoux habituels, pas même sa perle qu'il avait enlevé, selon la tradition hobbite. Lorsque les hobbits se mariaient, ils ne portaient ni bijou ni ornement précieux. Ils n'avaient que leurs vêtements de mariage et les alliances. C'était une preuve qu'ils se mariaient avec la personne elle-même et non pas ses biens. C'était tout à fait approprié, en raison du statut de Thorin.
Il portait une tunique bleue brodée de pierres étincelantes formant des runes de promesses et de mots d'amour dans la langue de la Comté. Bilbon était vêtu de façon similaire, seulement ses promesses étaient brodées dans la langue de la Comté et ses mots d'amour en runes. Ils arrivèrent enfin à la sculpture. Thorin leva les yeux et Bilbon oublia à ce moment de respirer.
Ses yeux. Bilbon n'avait jamais vu tant d'émotion dans ses yeux. Les propres sentiments de Bilbon étaient beaucoup trop forts pour son corps, c'était la principale raison pour laquelle il pouvait à peine voir ce qui se passait autour de lui. Sa poitrine se serra et ses doigts tremblèrent d'avoir à contenir tout l'amour qu'il éprouvait pour ce nain.
Thorin tendit la main et Bilbon la prit sans hésitation. Balin posa une question en khuzdul mais l'esprit de Bilbon était trop flou pour qu'il puisse déchiffrer les mots, encore moins y répondre et ce fut Bofur qui s'en chargea. Il serra une dernière fois le bras de Bilbon puis recula et rejoignit les autres. Ori leva son pouce en l'air, à côté de Dwalin. Ses petits cousins hobbits rebondissaient presque sur leurs sièges et Fili et Kili ne faisaient rien pour les calmer. Les autres hobbits, tous assis avec leurs familles respectives, étaient dans une loge spéciale. Ils étaient tous guéris et profitaient à nouveau de la présence de leurs compatriotes. Ils étaient tous venus à Erebor sous la protection de la garde d'honneur. Dwalin et Thorin avaient soigneusement choisi chaque nain qui les escorterait.
Bilbon se tourna pour faire pleinement face à Thorin et le nain fit de même. Balin dit quelque chose d'autre, que Bilbon tenta avec difficulté de comprendre mais son cerveau ne semblait pas décidé à vouloir fonctionner correctement et Frodon s'avança avec les alliances. Thorin avait quelque peu hésité à choisir l'enfant comme Porteur des Anneaux mais Bilbon lui avait assuré qu'il serait parfaitement à la hauteur.
Thorin prit l'une des cercles d'or et attendit que Balin l'autorise à aller plus loin. Le vieux nain parla et Thorin leva la bague devant le doigt de Bilbon.
-Menu men umen akhùthuzh, Bilbon (Je te fais mien pour toujours, Bilbon.).
Il glissa le métal doré au doigt du hobbit et laissa sa main sur la sienne pendant un long moment avant de la retirer. Bilbon souffla, le corps tremblant d'excitation. Balin répéta les mêmes mots et Bilbon prit l'anneau consacré à Thorin. Il était lourd dans sa main et il avait du mal à la maintenir. Il la leva face au doigt du nain et croisa son regard.
-Menu men umen akhùthuzh, Thorin (Je te fais mien pour toujours, Thorin).
Thorin souffla et Bilbon glissa l'anneau à son doigt. Les larmes luirent dans les yeux du nain, ce qui étonna grandement Bilbon. Il laissa sa main sur celle de Thorin le temps d'un battement de coeur puis la retira.
-Mahal utonvu ze, okarak (Ce qu'Aulë a lié, rien ne le sépare), déclara Balin. Menu zukhel gandid namim (Maintenant avec un baiser, vous scellerez votre serment).
Bilbon sera toujours incapable de dire qui a commencé le baiser mais il rencontra les lèvres de Thorin et leur serment devint presque palpable.
-Je vous présente maintenant le Roi Thorin, fils de Thrain, et son Royal Consort, Bilbon Sacquet.
Ils se relevèrent, la main de Bilbon fermement maintenue dans celle de Thorin, et se tournèrent vers la foule.
Il ne savait pas trop comment ils arrivèrent à la salle du banquet. Il savait seulement qu'il était debout, à côté de son mari, et qu'il tenait sa main.
-Tu veux danser ? demanda Thorin d'une voix rauque.
Bilbon hocha la tête, regardant ses yeux qui ne cessaient de se poser sur lui avec amour. Le sourire de Thorin s'attendrit et il fit courir le dos de son doigt le long de sa joue.
-Alors je te propose mes services, aussi humbles soient-ils.
Plus tard, il y aurait un festin qui durerait toute la nuit et une danse sans fin. Bilbon chuchoterait à l'oreille de Thorin et ils se rendraient dans leur chambre pour la nuit et le jour suivant. Plus tard, Thorin chuchoterait son serment en khuzdul et Bilbon tisserait une couronne de fleurs pour son époux avec plein de promesses pour l'avenir.
Mais pour l'instant... Pour l'instant, Bilbon prit les mains de son mari et sourit.
Fin