Hello my dears ! Me revoilà !

J'ai galéré pour le résumé mais j'espère qu'il est assez clair, je ne vais pas faire de grand discours mais je tiens juste à vous prévenir que je compte changer de POV à chaque chapitre. On commence donc avec celui de Regina ( & ça n'a pas été facile pour moi parce que c'est une première & j'espère que ça passera ! ) et si vous êtes tentés par une suite, ce sera du côté d'Emma, etc ...

Bref, bonne lecture ;)


Chapitre 1

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Regina.

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Elle avait été habituée aux cris. Ceux de sa mère d'abord, les disputes qu'elle pouvait parfois entendre depuis la chambre où elle se réfugiait lorsqu'elle vivait encore avec ses parents. Ceux qui lui faisaient baisser la tête quand ils lui étaient destinés. Si elle n'avait jamais aimé lever la voix à l'encontre de ses sujets, les cris avaient continué. Pas les siens non, ceux qu'elle provoquait. Les hurlements de douleurs des prisonniers qu'elle torturait, les vindicatives de la foule en colère quand elle avait le malheur de passer dans un village qui n'était pas rallié à sa cause.

À Storybrook les cris avaient cessé quelques années. Jusqu'à l'arrivée d'Henry. Et en un claquement de doigts elle avait découvert d'autres types de cris. Pas de ceux qui l'indifféraient ou la faisaient sourire d'un sadisme qu'elle reconnaissait sans peine. Non, il y avait eu des cris, des pleurs qui lui donnaient des sueurs froide, la peur de perdre le seul être qui l'aimait et qu'elle aimait. Et les disputes étaient revenues. Incessantes. Avec son fils. Avec Gold. Avec Sidney. Avec Emma Swan …

Elle avait commis l'ultime erreur de laisser sa hâte de se débarrasser de la jeune femme obscurcir temporairement son jugement. Le chausson aux pommes. Cette fois c'était contre elle qu'elle avait voulu hurler quand elle avait vu la silhouette de son fils allongée sur ce lit d'hôpital. Avec le retour de la magie les catastrophes s'étaient enchainées. Aujourd'hui sa mère était définitivement morte, une voix au moins qu'elle ne risquait plus d'entendre s'élever contre elle mais si elle avait cru pouvoir un jour se rapprocher de son fils, tout espoir lui avait définitivement été arraché lorsque Snow et Charming avait annoncé avoir trouvé un moyen de ramener tout le monde dans la forêt enchantée.

Parce qu'elle n'était pas une grande amatrice de ce monde, les jours qui avaient suivi l'annonce, Emma Swan et elle s'étaient rapprochées dans l'ultime but de dissuader ses parents de lancer cette malédiction. Et si elle avait vécu bien des choses étranges, ses derniers instants à Storybrook resteraient gravé dans sa mémoire à jamais. Derrière la fenêtre de sa chambre, elle avait eu l'estomac noué en voyant le nuage de fumée bleue envahir l'horizon et son cœur une ratée lorsque des coups de poings furent frappés avec véhémence contre la porte d'entrée de son manoir.

Abandonnant tout faux semblant elle avait descendu les escaliers en courant, ouvrant à une Emma Swan et leur fils en pleurs, le spectacle aussi surprenant que la sensation d'Henry se jetant dans ses bras.

Les mots avaient afflué. Les excuses d'abord et les explications délivrées à la chaîne, les mots se bousculant, pressés par le temps. Parce que c'était la dernière fois qu'ils se verraient. Snow et Charming avaient joué avec le feu, acceptant une malédiction dont ils ne connaissaient pas la teneur. Un retour dans le temps. Un tel retour dans le temps qu'il effacerait les vingt-huit dernières années, annihilant l'existence d'Henry pour les laisser le jour même de la naissance de leur fille, Emma.

Cette fois c'était elle qui avait hurlé. Mais la rage avait tout de suite fait place à une peur viscérale et elle avait fait des promesses qu'elle regretterait toute sa vie. Celle de ne pas se venger. De vivre la vie qu'elle méritait d'avoir. De ne pas chercher à se réfugier dans la magie noire ni à relancer cette malédiction qui les avaient tous amenés dans le Maine. Serrant dans ses bras un enfant en larmes, elle avait laissé le nuage de fumée envahir la maison, tenant fermement la main d'Emma Swan dans la sienne.

Quand elle était apparu au milieu d'une clairière qui lui semblait familière elle avait mis quelques secondes avant de se rendre compte qu'elle savait exactement pourquoi elle n'était plus à Storybrook et l'espace d'un instant elle avait espéré. Espéré que malgré la robe au corset noir qu'elle portait, la malédiction n'ait pas marché. Un nuage de fumée violette l'avait transportée dans le chateau de son ex belle fille et elle avait senti son coeur s'arrêter lorsque son regard était tombé sur la scène qui s'offrait à elle.

Snow White tenant un enfant dans ses bras. David avait été le premier à remarquer sa présence et si elle s'était demandé si peut être la malédiction avait effacé les souvenirs de tout le monde sauf elle, l'air désolé qu'il portait sur le visage avait suffi pour lui faire comprendre que ce n'était pas le cas. Il lui avait fallu tout le courage du monde pour s'éloigner en un nuage de fumée noire sans commettre un massacre.

Et les cris avaient recommencé.

Les siens. Sa rage déferlant en vague de magie plus impressionnantes les unes que les autres, déracinant des arbres, abattant des animaux sur des kilomètres à la ronde jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'une boule de nerfs trempée de larmes. Plusieurs mois s'était écoulés et si aujourd'hui la magie noire qui crépitait dans son sang lui criait encore parfois son désir de vengeance, elle avait tenu bon. Jusque là. Mais tôt ou tard elle savait pertinemment qu'elle ne gagnerait pas cette bataille.

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Regina se réveilla en sursaut. Les cris qu'elle entendait n'avait rien à voir avec ceux qui peuplaient d'habitude ses cauchemars. Ils ne ressemblaient pas non plus à ceux de ses servants qu'elle pouvait parfois entendre lorsqu'elle oubliait de fermer les fenêtres de ses chambres. Paniquée, elle reconnut l'instinct qui noua son ventre aux cris qui étaient en train de déchirer la nuit.

- Qu'est-ce que …

La brune enfila à la va vite un peignoir en soie noire, ignorant la morsure du sol froid sous ses pieds pour ouvrir d'un mouvement du poignet les battants de l'immense porte qui fermait sa chambre. Les cris avaient été assourdis par l'épaisseur du bois mais à présent elle en serrait les dents. Faisant naître une boule de feu dans le creux de sa paume, la sorcière se figea en remarquant le tas de couverture qui s'agitait sur le sol de son salon.

Prudemment, elle s'avança pour découvrir le visage d'un enfant brillant de larmes. Les yeux clairs captèrent immédiatement la lumière provenant de sa main avant de glisser sur elle et l'espace d'un instant l'enfant cessa de pleurer, intrigué par le spectacle qu'il était en train d'observer avant de se remettre à hurler de plus belle.

Regina fronça les sourcils, laçant la sphère de feu qui s'éleva dans les airs pour aller enflammer un lustre qui éclaira soudain toute la pièce et se pencha pour ramasser le nouvel arrivant.

- Tu dois mourir de froid …

Sa magie réagit avant elle, diffusant une chaleur qui réchauffa immédiatement la couverture dans laquelle l'enfant était toujours enroulée. Les pleurs cessèrent immédiatement et un instant elle fut frappée par la surprise, une douleur à laquelle elle ne s'attendait pas vrillant son estomac lorsqu'elle reconnut les yeux.

Les mêmes que son fils.

Sauf que cette fois l'enfant était une petite fille blonde à en croire les boucles qui commençaient déjà à se former, les longs cils battant innocemment tandis qu'elle se faisait examiner d'un regard intrigué. Ses doigts parcoururent la laine tissée, rencontrant un nœud violet et la broderie d'un nom qui fit battre son cœur à la chamade.

- Non … Non, non, non, implora-t-elle presque. SIDNEY !

Son cri étonna la blonde qui haussa des sourcils à peine présents avant d'être interloquée par le reflet bleu d'un visage qui venait d'apparaître dans un immense miroir suspendu.

- Oui ma Reine ? Un prob… Qui est-ce Majesté ?

- Montre moi le palais de Snow. Sa chambre, vite !

Le génie ne tergiversa pas une seconde et la sorcière resserra instinctivement le paquet de couverture qu'elle tenait dans les bras, les yeux plissés sur la chambre qu'elle pouvait voir au travers de la surface glacée. Une chambre où le couple royal dormait à poings fermés dans un immense lit aux côtés d'un berceau désespérément vide.

- Sidney, montre moi ce qu'il s'est passé là bas il y a … Dix minutes.

L'ordre fut immédiatement obéit et la brune observa muette le couple immobile, la petite forme de leur progéniture s'étirant silencieusement dans le berceau avant de tenter de se relever. Il ne passa rien de quelques secondes avant qu'une brève fumée blanche n'enveloppe la silhouette, ne laissant derrière elle qu'un vide total.

- Majesté, puis-je suggérer que vous retourniez cet enfant à ses parents ? S'ils venaient à apprendre que vous êtes en sa possession …

Ils le prendraient terriblement mal. Elle savait que son comportement était surveillé de près par des gens qui n'osaient croire qu'elle avait renoncé à sa vengeance.

- Je sais, répondit-elle à voix basse parce que dans ses bras l'enfant venait de fermer les yeux.

La sorcière laissa sa magie muer son peignoir en une robe plus chaude d'un noir aussi profond, disparaissant la seconde d'après pour réapparaître de l'autre côté du miroir. Elle dut prendre une profonde respiration pour ne pas laisser son regard trainer sur le lit royal, les lèvres pincées. Elle ne savait pas si elle était capable de leur faire face sans laisser l'envie de les tuer refaire surface. Précautionneusement, elle reposa l'héritière dans son berceau, refusant de pleurer au souvenir de l'enfant qu'elle avait autrefois regardé de la même manière. Elle tourna les talons avant d'avoir envie de commettre l'irréparable, disparaissant en un nuage de fumée presque noire.

Quelque soit l'univers dans lequel elle évoluait, il semblait qu'Emma Swan avait décidé de s'évertuer à faire de sa vie un terrain de jeu. Cette nuit où elle était re rentrée dans sa vie à grands renforts de pleurs n'avait pas été la seule. Souvent elle avait du se lever encore à moitié endormie à cause de la petite présence qui avait commencé à énerver Sidney, la forçant systématiquement à des allés-retours dans le château de Snow et son Prince Charmant.

Plusieurs mois durant elle n'avait plus eu droit à aucune visite, regardant même d'un œil suspect l'immense lynx noir qu'elle avait adopté après un voyage dans une contrée éloignée.

- Tu ne l'as pas mangée n'est-ce pas ?

Le félin l'avait regardée, ses immenses yeux d'or emplis d'une tranquillité exaspérée et comme si elle avait senti ses doutes, le soir même elle avait été réveillée par des petits cris différents des dernières fois. Le pas pressé, elle s'était figée à l'entrée de sa chambre, observant avec stupeur le prédateur placidement supporter la petite fille qui s'amusait avec la queue qui battait un rythme agacé.

- Emma !

L'enfant reconnut son nom, se retournant vers la source de l'appel, les yeux clairs plissés comme si elle tentait en vain de reconnaître la nouvelle arrivante. Ce fut la première fois qu'elle pleura lorsque Regina la prit dans ses bras pour l'arracher au nouveau jouet qu'elle venait de trouver.

Les mois qui suivirent, la sorcière dut plusieurs fois interrompre ses activités parce qu'elle venait d'entendre les encouragement amusés de la petite fille lorsqu'elle courrait à quartes pattes après son animal de compagnie, allant jusqu'à quitter un conseil d'Etat lorsqu'elle l'aperçut dans un jardin monter sur le lynx qui courrait entre les haies taillées sur mesure par un jardinier.

- 'Man ?

Regina marqua une pause lorsqu'elle entendit le mot prononcé d'une toute petite voix perdue et elle eut du mal à réprimer le frisson de tristesse qui cascada le long de sa colonne vertébrale.

- Regina, corrigea-t-elle simplement avant de renvoyer sans autre forme de procès l'enfant auprès de ses parents.

Malgré les encouragements de Maléfique elle n'avait pas voulu adopter. Son royaume avait beau prospérer sous son attention constante, le rang de ses soldats se renforcer de nouveaux guerriers que sa tolérance ralliait, elle refusait catégoriquement de penser à un quelconque héritier. Elle ne le remplacerait jamais.

À cheval en forêt, elle avait un jour croisé Snow, souriant à la méfiance qui s'était immédiatement peinte sur son visage. Elle n'avait jamais tenté de savoir si c'était le cas ou non, mais visiblement personne n'avait encore remarqué les escapades de la Princesse et elle dut lancer son cheval au galop pour ne pas céder à la tentation de se rapprocher de son ancienne belle fille et voir l'horreur qui l'assaillirait si jamais elle l'apprenait.

Parce qu'elle ne les écoutait pas, les cris devenaient parfois insupportables, la magie noire à fleur de peau qui se manifestait souvent en des crises, des hurlements, des bris de glaces et d'objets qui faisaient trembler tous les servants dans son château. C'était Maléfique une fois de plus qui lui avait proposé d'utiliser tous ces pouvoirs qui se perdaient en un sort anodin qui les tiendrait occupés tant qu'elle ne le lèverait pas. Ainsi, elle avait imité sa comparse, réalisant sous les yeux intrigués de son lynx un rituel qui avait figé son corps en un masque intemporel. Et quand les autres autour d'elle commençaient à vieillir, elle n'avait toujours pas pris une ride.

Le sort ne la distrairait pas assez longtemps. Elle le savait. Mais en attendant il faisait l'affaire et elle n'avait pas encore tué le moindre de ses servants, se limitant pour le plaisir de la foule à l'exécution de bandits, canalisant le reste de ses pulsions dans le dur entraînement qu'elle faisait elle même de la garde royale qu'elle avait décidé de créer. Un groupe d'hommes qui ne reculait devant rien et dont la réputation se répandit dans le royaume comme du feu sur une traînée d'essence. On se bousculait pour avoir le droit de faire partie de ces hommes en noir qui montaient des chevaux aussi entraînés qu'eux. Des cavaliers hors pairs à qui elle n'avait même pas eu besoin d'arracher le cœur.

De son côté l'enfant qui grandissait et commençait à élargir son vocabulaire avait décidé de nommer son animal de compagnie « Bisous », certainement à cause de ceux qu'elle tentait sans cesse de lui faire et d'apparaître dans les lieux les plus incongrus, la surprenant dans son bain ou en plein repas sur l'immense table où elle dînait parfois seule. Elle s'était habituée à la présence qu'elle regardait d'un œil morose, aussi stoïque que le félin quand il fallait supporter ses caprices auxquels elle ne cédait jamais à son plus grand désarroi.

Avec les années, les apparitions de la Princesse dans sa vie se firent plus éparses mais elle s'était étonnée de pouvoir parfois entendre sa voix l'appeler. Dans ces moments là elle avait déjà retourné plusieurs fois le château de fonds en combles, redoutant que l'enfant ne s'y soit perdue et qu'on l'accuse de l'avoir enlevée pour servir elle ne savait qu'elle dessein. Mais elle ne l'avait jamais trouvée.

- Tu crois qu'il se passe quelque chose ? n'avait-elle pu s'empêcher de s'inquiéter auprès de Maléfique.

- Je n'en sais pas plus que ce que t'apprend ton génie chérie. Tu te sens si seule que ça ou bien c'est elle ?

- Elle ?

- Cet enfant en particulier que tu veux.

- Je ne veux pas cet enfant Mal, cesse de confondre ton histoire avec la mienne.

- Peut-être qu'elle ne sait plus comment s'y prendre.

- Parce que tu crois qu'elle savait comment s'y prendre quand elle avait quelques mois ?

- Non, précisément. Mais elle le faisait par instinct. En grandissant nous avons tendance à nous laisser guider plus par la raison que par l'instinct.

Un instant elle avait réfléchi à l'éventualité. Après tout son amie était une sorcière qui était là depuis bien longtemps qu'elle et si leurs magies s'égalaient, il y avait des domaines auxquels elle n'avait jamais accordé trop d'importance. Mais l'idée que la Princesse puisse être poussée par « instinct » vers elle lui avait arraché un rire triste.

Maléfique était la seule à être au courant de ce qui s'était passé. Parce qu'elle restait son amie la plus proche, la sorcière avait tout de suite compris que quelque chose s'était passé et il ne lui avait pas fallu bien longtemps pour venir à bout des réticences de Regina et qu'elle lui raconte l'intégralité des événements, allant jusqu'à lui laisser accéder à certains souvenirs. Ensemble elles avaient réfléchi aux répercutions de la nouvelle malédiction, tentant en vain de déterminer comment elle avait été lancée et qui avait pu conserver les souvenirs de Storybrook mis à part elle et les Charmants. Et pourquoi Elle ? Pourquoi le sort s'était-il acharné sur elle quand elle aurait pu vivre des jours quasiment heureux si elle ne s'était pas souvenu de l'existence d'Henry ?

Malheureusement il était hors de question de s'adresser à la seule personne qui devait être au courant. Rumplestinskin était toujours enfermé dans les prisons du château de Snow White et si elle ne comprenait pas pourquoi il avait fait ce choix, elle refusait d'aller lui rendre visite. Quant à sa mère qu'elle avait pensé visiter pour lui redonner son coeur, elle cherchait en vain le chapelier fou qui semblait avoir disparu de la forêt enchantée et avec lui toute chance de s'échapper de ce royaume.

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Plus d'un an s'était écoulé sans qu'elle n'aperçoive la moindre boucle d'or quand elle fut tirée de sa lecture par une sensation qui vrilla son estomac, la forçant à lâcher le grimoire qu'elle était en train d'étudier.

- Majesté ? Tout va bien ? s'inquiéta un conseiller qui était resté silencieusement à ses cotés dans la bibliothèque.

- Non.

La pièce était en train de tourner autour d'elle, sa magie soudain elle ne savait pourquoi affolée.

- SIDNEY !

Comme à son habitude le génie apparut dans la réflexion d'un petit miroir, les sourcils froncés d'une inquiétude réelle. Ses sentiments avaient beau ne pas être retournés, il ne cesserait jamais de l'aimer.

- Ma Reine ? Que se passe-t-il ?

- Ma magie Sidney. Quelque chose est en train de se passer.

Elle était envahie par la désagréable impression d'être déchirée, happée par une force qui tentait de l'attirer vers le sol tandis que quelque chose luttait en elle pour rester debout.

- On vous appelle il me semble.

- Qu… Quoi ?!

- C'est un sort pour vous invoquer Majesté mais les protections que vous avez mises en place autour du château l'empêche.

Les mots lui firent serrer les dents. Qui osait l'invoquer ? On invoquait le Ténébreux mais jamais une Reine. Aucun protocole ne permettait de telles manières, c'était bien connu même en temps de guerre personne n'utilisait ces procédés y compris pour capturer l'ennemi.

Les cris.

Son nom crié. Répété à plusieurs reprises comme une prière. Elle pouvait presque l'entendre avec clarté.

Sous les yeux étonnés de son conseiller, la Reine tomba à genoux, les mains appuyant désespérément sur ses tempes, visiblement en proie à une douleur qu'elle supportait mal.

Son nom crié …

- Emma … reconnut-elle enfin.

Le prénom de l'agaçante blonde traversa la barrière de ses lèvres, ouvrant un flot de magie qu'elle n'avait pas ressenti depuis une éternité, l'air crépitant autour d'elle avant que la douleur ne cesse soudain.

Une bourrasque de vent ébouriffa ses cheveux qu'elle n'avait qu'à moitié attachés, levant les yeux pour rencontrer le regard de sa pire ennemie empli d'effroi.

Elle faillit hausser un sourcil, ne reconnaissant pas le lieu dans lequel elle avait été transportée mais un corps traversa son champ de vision. Le Prince Charmant, épée en main venait d'être propulsé à plusieurs mètres d'elles par une force qui lui fit tourner la tête. Son cœur s'arrêta de battre lorsqu'elle aperçut l'immense créature faite de terre caillouteuse et de racines qui se dressait au dessus de la petite silhouette recroquevillée à terre.

Elle n'eut pas le temps de réfléchir à ce qu'elle allait faire, laissant son instinct la lancer à la rencontre de la créature qui rugit sous l'impact de la magie qui arracha le bras qui allait s'abattre sur la Princesse. Si l'amas de terre et de pierres avait opposé une quelconque résistance à David, il ne fit pas un pli sous les assauts qu'elle donna, trop heureuse de pouvoir utiliser sa magie. Ses débris étaient encore en train de retomber épars autour d'elle lorsqu'elle se retourna pour toiser l'enfant qu'elle n'avait pas vu depuis tant de temps.

La colère qu'elle avait d'abord éprouvée mourut à l'instant où elle remarqua l'admiration sans gêne qui brillait dans le regard clair qui l'observait comme si elle était un ange tombé du ciel.

- Waw.

Elle eut du mal à retenir un petit rire qu'elle dut étouffer derrière ses dents encore serrées. Il n'y avait pas que de l'admiration dans les yeux levés vers elle mais aussi l'étrange interrogation de quelqu'un qui ne savait plus où il avait déjà vu la personne qui lui faisait face. Qu'Emma ne se souvienne pas avec précision de qui elle était ou de ses visites lui fit irrationnellement mal mais elle fut distraite par la voix de Snow qui venait déjà à leur rencontre.

Elle ne quitta pas des yeux l'enfant qui finit par lui sourire, illuminant l'espace autour d'elle. Elle venait de se rappeler.

- Reg …

Un instant elle fut partagée par l'envie de voir comment son ex belle fille réagirait si elle entendait l'héritière du trône l'appeler par son prénom et la panique que l'on tire des conclusions hâtives mais ce fut finalement un égoïsme qu'elle n'expliqua qui la fit froncer les sourcils à l'enfant. Son nom mourut immédiatement sur les lèvres rosies par le froid ambiant et elle se félicita d'être si facilement obéie par qui que ce soit.

- Regina, qu'est-ce que tu fais là ?

- Ce que ton mari n'arrive pas à faire.

- Je ne v…

- Comment est-ce que c'est arrivé ? coupa-t-elle.

- Pardon ?

- Emma. Comment s'est-elle retrouvée à quelques centimètres d'une telle créature ?

Elle ne comprit pas ce qui lui fut répondu à voix basse, les épaules soudain voûtées par une honte qui lui fit froncer les sourcils.

- Un peu de courage Snow, ordonna-t-elle.

- Nous n'arrivons pas à contrôler sa magie. Elle n'en fait qu'à sa tête. Elle aura certainement voulu un compagnon de jeu.

- Je vois, répondit-elle en baissant les yeux vers l'enfant qui tentait d'attirer son attention depuis toute à l'heure en tirant sur un pans de sa robe.

- Bleue ne sait pas comment faire, entendit-elle Snow lui expliquer.

Les yeux plongés dans ceux de la Princesse elle resta interdite un long moment sans comprendre pourquoi on lui confiait soudain de telles informations. Elle ne bougea pas lorsque David vint les rejoindre, demandant à sa femme si tout allait bien et si « Regina connaissait un moyen d'arrêter tout ça ». En bas l'enfant capta son trouble, levant ses mains vers elle et elle ne résista pas à l'appel qui la fit la prendre dans ses bras.

- Tu peux parler, l'autorisa-t-elle quand elle constata qu'elle restait muette.

- Regina ! s'écria-t-elle presque aussitôt. Bisous ?

Si les mots firent froncer les sourcils des parents, Regina ne put s'empêcher de rire. Un vrai rire que rares étaient capable de lui arracher aujourd'hui. Elle n'avait pas oublié son lynx.

- Regina ? Qu'est-ce que ça veut dire ? s'inquiétait déjà Snow. Est-ce que je peux récupérer ma fille ?

Elle dut faire l'effort de ne pas lever les yeux au ciel à sa méfiance, sachant pertinemment que seule la présence de la Princesse lui permettait de rester calme. Elle n'était toujours pas prête à affronter son ex belle fille. Dans son sang la magie commençait déjà à bouillonner et sa main tremblait presque lorsqu'elle passa un doigt sur la joue à la peau douce, glissant dans le cou où elle s'arrêta quelques secondes.

Un faible halo doré éclaira les deux visages qui s'observaient et sous ses doigts le pendentif pris forme. Un bijou comme seule la magie pouvait les façonner. Un diamant taillé en une spirale allongée qui aurait pu ressembler à une tornade, protégeant en son centre une gemme qui brillait d'une faible lumière dorée. La Reine ajusta la chaîne avant de s'autoriser à croiser le regard de Snow.

- Qu'elle le porte jusqu'à ce que vous jugiez bon qu'elle puisse utiliser sa magie.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda quand même David.

- Mon cadeau pour sa naissance, répondit-elle simplement.

À regret elle arracha l'enfant de son embrasse, luttant contre les larmes qui piquèrent ses yeux lorsqu'Emma commença à pleurer dans les bras de sa mère. C'était la dernière fois qu'elle la reverrait d'un long moment. Sans sa magie elle ne pourrait jamais lui rendre visite et malgré sa brève venue ici elle se savait interdite d'y séjourner. Elle ne ferait rien pour croiser leur chemin et s'interdirait de demander de ses nouvelles à Sidney. De toute manière la magie qu'elle avait placée dans le pendentif la préviendrait si elle se trouvait en danger immédiat. Ce serait suffisant se rassura-t-elle en caressant la bague qui venait d'apparaître à son annulaire.

- Merci, finit par dire la voix de Snow.

Elle n'eut pas le cœur à répondre. Aucun remerciement ne pourrait jamais remettre les pendules à l'heure. Ce couple lui avait arraché ce qu'elle avait de plus cher et ils étaient chanceux qu'elle ait fait la promesse de ne pas en faire de même.

La dernière chose qu'elle vit en disparaissant derrière un nuage de fumée noire fut le regard presque choqué de la Princesse qui l'observa jusqu'à la dernière seconde.


YES – Ce chapitre est un peu beaucoup basé sur la relation Maléfique / Aurore dans le film Maléfique, en tout cas c'est à ça que j'ai pensé en l'écrivant mais l'analogie s'arrête ici.

Dans le prochain chapitre Emma fêtera ses quinze ans et pour être honnête il y aura plusieurs sauts dans le temps pour arriver à l'âge qui m'intéresse xD Pour autant … Je préviens pour celles qui sont impatientes, yaura pas de M pur & dur avant plusieuuuuurs chapitres ! )

Bref, je suis à l'écoute, je peux publier la suite, ça vous tente ?! :)