Ndla : Je vous présente, après un petit peu plus d'un mois de retard, le dernier chapitre. Il est court mais je tenais à le soigner parce qu'après tout... C'est le dernier. Savourez-le, je place tous mes espoirs dessus. Parce qu'il faut bien finir sur une bonne note cette histoire. Je ne serais pas trop bavarde maintenant, le blabla sentimental dans lequel je vais verser, c'est plus bas.

Soundtrack : "The Truth" ou "Prelude of Dreams" d'Audiomachine. A vous de choisir, moi, j'ai été incapable de le faire.

Bonne lecture !


Sacred Crew

.

Epilogue

.

Tell me will whom you go, and I'll tell what you do

.

Le ciel était découvert à présent. Le bleu chassait la lourde cape nocturne d'un été qui s'approchait dangereusement. L'air frais se réchauffait à mesure que le vent se levait. Un oiseau voleta d'un arbre à un autre dans un bruissement de feuille et d'ailes mêlés, qui détourna le regard de Shin un bref instant, le temps de voir l'ombre passer au-dessus de lui. Pas un nuage ne perçait ce bleu azur dont se régalait la rétine, après tant de temps passé sous la pluie.

Il étira le masque qui couvrait le bas de son visage, le fit remonter, et rabattit sa capuche pour échapper à la chaleur qui abattrait sa pesante pèlerine. Il tourna la tête aux frappes de Grunlek sur le tronc de son perchoir. Le demi-élémentaire se redressa, chercha du regard l'éclat d'or ou immaculé qui devait précéder l'arriver de leur ami.

Après de longues minutes à faire le tour sur lui-même, et après avoir vérifié qu'il avait remonté tous les chemins, répondit à la demande muette de Grunlek d'un mouvement de tête négatif. Qu'il ne voie personne ne voulait en aucun cas dire que la forêt était vide. Il n'était pas omnipotent ni doté d'une vue divine. Il descendit de l'arbre, obéissant au signe de son ami nain soucieux. Ce même anxieux qui grimaça en le voyant quitter son perchoir, se réceptionner sur ses deux jambes d'aussi haut.

Le plus inquiet devait être Balthazar. Son sort se décidait en ce moment même peut-être, ou était déjà réglé. Et ce serait une troupe de disciples de la Lumière qui viendrait le chercher.

Theo et lui avaient longuement discuté. Que Theo parte en avant pour livrer Moehau était ce qu'il y avait de mieux à faire. L'Eglise de la Lumière aurait tenté de le retenir si Balthazar avait eu le malheur de poser le pied dans cette trappe.

Le paladin était parti depuis trois semaines maintenant, Moehau sous le bras, ligoté sur la croupe de Lumière. Il n'avait rien voulu savoir. Selon lui, son genou se portait à merveille, la morgenstern avait aéré la chair, voilà tout. Rien de grave.

Balthazar avait levé les yeux au ciel en entendant ces sottises mais n'avait rien osé dire. Il tournait en rond depuis, en attendant le jugement. Il avait bon espoir que le paladin l'ait emporté sur l'inquisiteur sinon il aurait exigé qu'il l'accompagne. Quoique, cela aurait été joué le jeu de Sœur Flora et de Moehau, encore aujourd'hui. Surement qu'il conversait avec ses supérieurs sur un moyens de le tuer sans recevoir les foudres de son géniteur démoniaque.

Assis sur le tronc d'un arbre abattu, coudes plantés sur ses genoux, le mage se torturait l'esprit. C'était fort possible. Theo paraissait assez retors pour agir de cette façon. Quoique. Il avait été franc du collier avec lui tout du long, pourquoi faire des secrets maintenant ? L'Inquisiteur serait venu lui parler.

Il ne parvenait à concevoir que le paladin de la Lumière pouvait agir comme Moehau.

L'apparition de Shin le sortit de ses pensées guère très heureuses. Il tendit une gourde d'eau au demi-élémentaire qui s'en saisit, le remerciant avec gaieté.

― Te fais pas de bile va ! lui lança Shin. Theo est une mauvaise herbe. Increvable.

― C'est ce que j'ai constaté, fit Balthazar, mais le laisser partir seul… Je ne sais si c'était une bonne idée.

― Ni bonne ni mauvaise je dirais, répondit Shin avec scepticisme, il peut déclencher un cataclysme comme il peut sauver la mise d'un innocent in extremis sans l'avoir voulu.

― Je ne peux qu'approuver.

Les paroles du paladin du Sommeil ne l'avaient guère affecté. Le pauvre avait perdu l'esprit. On s'était joué de lui. Le pyromancien le plaignait plus qu'il ne le détestait. Comme s'il avait fait un tour dans ses pensées, Shin eut une réflexion des plus pessimistes.

― Je pense qu'on ne saura jamais l'identité de ce fameux type qui a raconté autant de salades à Moehau. C'est crispant.

― Je me demande si c'est réellement un ennemi, fit Grunlek pour rebondir sur ses propos, embrouiller l'esprit de deux personnes aussi fêlés du bocal que Sœur Flora et Moehau, ce n'est pas trop difficile.

― Peut-être pas notre ennemi, intervint Balthazar, mais cette personne est dangereuse. Quelle qu'elle soit.

L'ingénieur nain s'était joint à eux, s'asseyant face au mage et au demi-élémentaire avec un soupir non feint. Il s'était fermement opposé à ce que Theo parte seul, plus ferme et décidé que Balthazar. Shin l'avait convaincu à grand peine de laisser leur ami faire ce qu'il entendait. Theo était têtu, borné. Difficile de le faire changer d'avis. Si Balthazar ne parvenait pas à le raisonner, Grunlek n'avait pas plus de chance.

Qu'il était étrange de parler de Balthazar comme s'ils avaient fait une longue route ensemble. C'était vrai, en un sens, cette mission avait été éprouvante pour tout le monde.

― Quelle triste mine vous avez les mecs ! lança une voix, désagréable malgré le soulagement éprouvé à l'entente de tout ce sarcasme. C'est la cuisine de Grunlek qui vous met dans cet état ? Faut le lui dire, il est juste derrière vous !

Theo. Qui d'autre était capable de tuer dans l'œuf la joie de le revoir ?

― T'es bien content de ma cuisine quand tu crèves de faim au beau milieu de nulle part !

― Ça, tu n'en auras la certitude que quand je serai sur mon lit de mort.

Balthazar n'avait pas bougé d'un pouce, dans l'attente du verdict. Shin s'avança à sa hauteur.

― T'es passé par où ? Je ne t'ai pas vu de là-haut.

― Tu vois que dalle avec ta capuche.

Trop heureux de revoir son ami en un seul morceau pour être vexé – pour être aussi mordant, Theo devait être en forme – Shin haussa les épaules. Theo ne fit pas mine de descendre de sa monture, se tourna vers Grunlek. La question que l'ingénieur nain comptait poser tombait sous le sens.

― Moehau va être rendu à son Eglise, c'est eux qui se chargeront de sa sentence. Je n'en sais pas plus.

Grunlek opina distraitement. Ce n'était pas le sort de Moehau qui l'intéressait.

Pourtant, Theo les surprit tous.

― On n'a plus rien à faire ici, partons.

Shin et Grunlek furent aussi décontenancé que Balthazar. Le mage hoqueta, fit un pas vers Theo qui n'avait pas eu un seul regard sur lui.

― Et moi ?

― Quoi toi ? Ah oui…

Theo se gratta la tête. Typique, songèrent Shin et Grunlek, une même lassitude délassa ce moment de tension que l'arrivée de leur ami paladin avait provoqué. Balthazar n'eut pas tout à fait la même réaction.

― Comment ça « ah oui » ? Je ne suis pas une mouche que tu chasses par ennui ! C'est "juste" ma vie qui était en jeu tout le long de cette foutue galère alors un peu de respect, monsieur le bourrin sans cervelle et sans mémoire apparemment !

― Ben tu vas devoir me supporter, parce que j'ai décidé que tu restais avec nous.

Shin et Grunlek l'avaient vue venir, cette décision, et de loin. Contrairement au pyromancien à qui cette annonce coupa la chique. Son sens de la répartie fuyait à des kilomètres de son esprit, une certitude lorsque tout ce qui lui vint fut un brillant :

― Que quoi ? Rester avec qui ?

Shin grimpa sur sa monture après avoir aidé Grunlek à rassembler le peu d'affaires qu'ils possédaient. Le sujet n'était pas à débat. Tous étaient d'accord avec Theo. C'était le mage qu'il fallait remettre sur les rails. Ce que fit Theo avec une patience insoupçonnable.

― Je n'arrive pas à me décider sur ton cas. D'un côté, je me dis que te décapiter serait une bonne chose mais si je le faisais, je n'aurais pas la réponse à ma question.

― Qui est ?

― Si t'es assez fort pour rester fidèle à tes convictions jusqu'au bout. Je te l'ai dit il me semble.

Balthazar s'en souvenait, cela remontait à pas si longtemps. Le jour où ce fichu paladin de pacotille, inquisiteur à temps plein, avait épargné sa vie.

Il ne servait donc à rien de l'emmener au Tribunal. Theo n'escomptait plus le faire depuis ce jour-là. Le Paladin l'avait emporté sur l'Inquisiteur, cette fois.

Le pyromancien sentit ses lèvres s'étirer en un large sourire, une incontrôlable envie de rire le saisit. Les larmes aux yeux tant ce paradoxe le déridait, il se laissa aller au fou rire que cela lui inspirait. Presque plié en deux, il riait tant que ses côtes protestèrent, un mal de chien à reprendre le contrôle de lui-même. Ridicule que de penser que ce paladin inquisiteur ferait tout comme les autres !

― Je te tue si tu te transformes, promit le jeune paladin, ça te dit ?

Pour sûr que ça lui disait ! Brasier invoqué, Balthazar se jucha sur son destrier et s'approcha de Theo pour lui tendre la main.

― Pour sûr.

Dernier serrage de paluches. Le pacte était conclu. Satisfait tous les deux, une dernière précision devait être faite.

― Je tiens à ce que ce soit clair, déclara l'Inquisiteur, tu n'es pas un exemple, seulement une exception.

― Je suis bien d'accord avec toi, mon bon Theo, assura le mage avec un sourire, on verra au cas par cas.

Shin assena un coup de coude amical dans les côtes du nouveau compagnon – mais pouvait-il être considéré comme nouveau après tout le chemin qu'ils avaient parcouru ensemble ? – et Grunlek se permit une tape amicale dans l'omoplate. Si Theo avait fait sa mauvaise tête, ils auraient été prêts s'interposer pour que Balthazar reste avec eux. Mais, visiblement, il arrivait aussi à Theo d'avoir des éclairs de lucidité.

Le mage se perdit dans sa contemplation, perturbé par l'unique point noir de toute cette histoire. Qui pouvait être cette personne, celle qui avait monté Moehau et Sœur Flora contre eux ? Shin et Grunlek avaient raison, cet homme n'était pas hostile, pas un ennemi. Un danger, ça oui.

Comme si le but de ce type n'avait été que de semer un peu la pagaille dans les relations entre Eglises, espérant surement au passage s'y retrouver dans ses comptes. Parce qu'un plan comme celui-là comportait trop d'inconnus pour qu'il marche. Une bête distraction. Ce comportement lui faisait penser à…

― Bon, tu te magnes, Bob ?

Grunlek et Shin eurent le même regard, l'un à l'autre, malicieux, alors que celui du mage était braqué sur Theo, dérouté, avant qu'il ne finisse par éclater de rire en comprenant où voulait en venir l'Inquisiteur. Il pressa Brasier pour allonger son pas.

― Ouais Theo, c'est bon, j'arrive !

.

The End... ?

.

― Alors vous n'avez jamais couché sur papier vos aventures ?

― Pourquoi faire Bob ?

― Laissez une trace de votre existence sur cette terre, mon cher Theo. J'ai le sentiment qu'il y aurait matière à faire, j'ai eu un bon échantillon avec cette petite mission d'escorte. Vos échecs, vos réussites doivent bien intéresser quelqu'un... Surtout vos échecs. C'est décidé, c'est moi qui m'en charge.

― Je te prierais de dire "nos" maintenant. Tu fais partie de l'équipe.

― Grunlek, tu viens de me donner une bonne idée pour le titre de notre première aventure tous ensemble. Je vais la nommer... "Sacrée Équipée". C'est accrocheur, ne dit trop rien tout en poussant le lecteur à lire. C'est pas mal.

― C'est nul.

― Très constructif Theo. Je propose "Mission d'escorte : quand on croit convoyer un mage et qu'on se retrouve au beau milieu d'une guerre entre Eglises".

― Trop long Shin... "Sacrée Équipée" c'est un bon début. Voyons voir comment rendre ce titre un peu plus attractif...


Tell me will whom thou goest, and I'll tell what thou doest : Dis-moi avec qui tu vas, et je te dirai ce que tu feras.

Pour ce qui est du mystérieux personnage qui a tiré les ficelles de tout ce micmac... Je pense que vous savez de qui il s'agit. Un indice ? Il est apparu dans cette aventure.

Voici les remerciements, par ordre du premier au dernier reçu à ce jour !

.

Mes plus sincères et mes plus chaleureux remerciements à :

Umichan17

Tchey

Jafaden

Greidamanga

Yumei Mizuki

Atlantos

Zro Kiryu

NightmareDragon

Renard Bleu

Yukino96

Figaro94

Klervia

Mina Jenkins

Shiro3018

Yvhiy

Shueino

Guest

Lulukaw

Xilopie

Amazaria

Akage987

Lumina33

MayaLuna34

Ama3lle

Patate Keupon

Kalynea

Sappiest

SunWings

Mijou4

Romana in the Void

Era12

Mineko

calinou41

Jyanadavega

Merci d'avoir laissé ces petits mots qui m'ont grandement aidé durant l'écriture de cette centième histoire. Les délais entre les chapitres furent très longs vers la fin, non pas seulement à cause de ma scolarité et de problèmes privés, mais aussi car je tiens à cette histoire tout particulièrement (Oui, oui, c'est le moment émotion, prend tes mouchoirs !). Je n'avais pas envie de terminer cette histoire, je l'admet, j'aurais voulu qu'elle dure des chapitres et des chapitres !

C'est la centième histoire que je conte sur ce site et je suis heureuse que ce soit sur ce fandom qui me permet de me renouveller et de stimuler mon inspiration. J'ai tant d'idées, je n'ai pas eu le temps de les partager avec vous, mais j'aurais plus de temps à moi maintenant que cette fin d'année scolaire sonne. J'espère vous revoir au détour de l'une d'entre elles et qu'elles vous plairont.

J'adore conter des histoires, tout spécialement sur ces quatre aventuriers hors du commun qui nous font rire et pleurer (rire à en pleurer aussi).

Je remercie également les lecteurs silencieux qui ont continué de lire cette histoire durant ces périodes de silence. J'ai eu grand plaisir de constater qu'elle était très lue malgré ma lenteur.

Merci à vous d'être passé par ici, vous ne savez pas combien un petit mot d'un lecteur peut être source de joie chez une scribouilleuse telle que moi.

Sur ce, si vous voulez en laisser un dernier, pour cette fanfiction, n'hésitez pas. Je vous lis, soyez-en assuré !