Titre: Le Placard de Celluloïd

Auteure : Elizabeth Mary Holmes

Rating: M

Genre(s): Romance/Humour

Chapitres : 1/ ?

Nombre de mots : 1 295

Disclaimers : Sherlock et son univers appartiennent à Sir Arthur Conan Doyle, Mark Gatiss et Steven Moffat, je ne fais que les emprunter quelques temps.

Notes :

• « Fanfiction. Amitié. Ecriture. Partage. Texte écrit dans le cadre du Challenge mensuel du Collectif NONAME: rassemblement d'auteurs qui encourage l'échange et la solidarité entre auteurs et lecteurs. Vous aussi, rejoignez-nous, participez au Challenge de Juillet, et envahissez vos fandoms de prédilection de vos textes et de vos belles reviews ! ».

• Ça fait un long moment que je n'ai pas écrit de fic à chapitre et je ne sais pas bien où tout cela va me mener mais j'espère que vous passerez un bon moment de lecture.

• Le titre de la fic est un hommage au documentaire « The Celluloid Closet » qui a pour sujet la représentation de l'homosexualité au cinéma des débuts du septième art au milieu des années 90 ! Je vous en conseille très chaleureusement le visionnage, c'est fichtrement intéressant.


La conversation qu'il avait eue avec Harry deux mois auparavant tournait en boucle dans sa tête. Il revoyait très bien sa sœur, cheveux coupés aussi courts que les siens .Avocate talentueuse, Harry lui avait proposé un thé un peu trop infusé dans un mug un peu trop blanc, assise elle aussi devant la table de sa cuisine recouverte d'un tas de paperasse. Contrairement à son cadet, l'organisation n'avait jamais été son fort.

Il se souvenait aussi d'avoir ricané ouvertement à sa suggestion. Comme si lui, John Hamish Watson pouvait faire ce genre de boulot… Qui voudrait employer un vétéran dans un milieu comme celui-ci ? Ou plus exactement, qui voulait employer un vétéran ? Plus d'un finissait dans les rues et John se dit qu'il avait encore la chance d'avoir son minuscule meublé qu'il peinait à payer avec sa maigre pension d'invalidité.

Toutefois trois semaines de pâtes à l'eau sans guère plus qu'un peu de cheddar râpé et périmé depuis longtemps pour les agrémenter avaient eu raison de ses réticences. Il avait accepté de postuler. La faim justifiait les moyens. C'est ainsi qu'il se retrouva un jeudi après-midi de juillet à remettre son dossier entre les mains de Molly Hooper, secrétaire de Criterion Production.


Gémissements gutturaux, essoufflements, il commençait à suer un peu même, il ne s'attendait certainement pas à ce que son nouvel emploi, parce qu'il avait eu le job, soit aussi physique.

John soupira et enleva la blouse blanche pour la quatrième fois en vingt minutes et souhaita que cette fois-ci, Mike serait content de sa prise, parce qu'il n'en pouvait plus et qu'il n'allait va pas tarder à venir.

Stamford, que les habitués de Crit' connaissaient comme Cupidon, était particulièrement exigeant, il ne se contentait pas de réaliser des films pour adultes mais il y'injectait quelque chose de plus, une dimension infiniment humaine qui faisait des trois films « Hors collection » annuels de grands succès que l'on allait voir autant pour leur esthétique que pour leurs intrigues.

Ce n'était pas simplement de la pornographie, beaucoup de personnes se rendaient aux projections avec leurs conjoints. Nous n'irons pas dire que l'on pouvait s'y rendre avec ses enfants mais il est vrai que ces films étaient particulièrement beaux et la quête du Beau et du Bien de Stamford se voyait à l'écran.

Actuellement, on tournait le deuxième « Hors collection », le Patient Résident et John n'était pas au bout de ses peines. Cette quatrième prise s'avéra la bonne mais on en coupa une certaine partie au montage. Il ôtait sa blouse, révélant une nouvelle fois son corps hâlé et la cicatrice de son partenaire était toujours allongé sur la table d'examen, nu comme au jour de sa naissance, son désir pointant aux nuées.

« Docteur Wilson, il faut que vous me soignez, je ne sais pas ce que j'ai mais il me semble que c'est grave ! » Le ton légèrement inquiet, le regard pétillant de malice, le sourire aguicheur, tout y'était.

« Rien que je ne puisse pas prendre en main, monsieur House » sourit John en restant autant que possible le médecin qu'il incarnait à l'écran, bienveillant et apaisant mais sa voix rendue un peu plus rauque par le désir qu'il refrénait depuis déjà presque une demi-heure. Lorsqu'il monta sur la table d'examen et qu'il s'installa à califourchon sur les hanches de son partenaire, il sentit qu'il ne pouvait plus se retenir, et se frotta contre l'autre homme, désir contre désir.

Toujours est-il qu'il n'y avait là rien de bien différent de ce qu'ils faisaient d'habitude. La façon de jouer de John était époustouflante, tous avaient remarqué que le jeu d'acteur de Sherlock s'était même encore amélioré depuis qu'il avait Watson comme partenaire. Sherlock répondit au baiser que le blond avait improvisé avec enthousiasme, passant ses mains aux longs doigts dans les cheveux coupés court du docteur.

La secrétaire, qui faisait aussi office de script, laissa échapper un petit cri de stupeur suraigu et fit tombé son bloc-notes, le réalisateur semblait captivé et ne semblait pas vouloir dire « Coupé ! » , et au moment où tout le monde commençait à se sentir de trop alors qu'ils voyaient ce genre de chose tous les jours, ils rompirent le baiser et John descendit précipitamment de la table de consultation, ayant l'impression durable d'avoir gaffé.

Ce n'était pas pourtant la première fois qu'il tournait avec Sherlock et ça faisait bien trois mois qu'ils jouaient ensemble, se donnant la réplique et les suppliques dans une parodie de films de détectives pour la collection Film Noir de Criterion


John se maudit, qu'avait-il donc fait ? Mais qu'avait-il donc fait ! La question était devenue obsédante Il était partit précipitamment de la petite pièce où se déroulait le tournage, avait fait un détour rapide par sa loge, juste pour prendre le temps d'enfiler un pantalon et une chemise qu'il laissa ouverte sur son marcel blanc.

Il sortit dans la petite cour arrière pour essayer de se calmer un petit peu. C'était toujours mieux que de prendre une bouteille de whisky… L'air frais l'aida un tantinet à reprendre contenance mais il fallait qu'il parle à quelqu'un de ce qui le rendait fou depuis les trois derniers mois.

Par chance, il y'avait là Greg entrain de fumer son habituelle Whitechapel. John avait bien sympathisé avec l'acteur aux cinq GayVNs awards au cours des quelques films qu'ils avaient fait ensemble. John sourit en repensant à celui où il avait perdu sa moustache postiche alors qu'il faisait une pipe magistrale au personnage de policier joué par Lestrade. Sucer quelqu'un ça rapproche quand même un peu.

Toutefois, John se rappelait aussi de ce jour-là pour une autre raison que la perte de l'accessoire pileux. Sherlock avait d'abord ricané quand il l'avait vu sortir de sa loge mais durant le tournage, il avait eu l'air légèrement attristé sans que John ne puisse s'expliquer pourquoi.

« Salut Greg ! »

« Salut John, t'as pas l'air bien dans ton assiette aujourd'hui !» remarqua Lestrade en tirant sur sa cigarette, des années dans le métier lui avaient appris que des types comme John, fallait pas les brusquer, ils ne parlaient jamais bien spontanément de ce qu'ils ressentaient. Après un silence quelque peu pesant, le blond finit par s'ouvrir confusément:

« Euh…ouais…euh…non. » C'était déjà beaucoup que cet aveu, Greg continua de son côté à faire la conversation de façon à mettre John à l'aise.

« T'as la même tronche que j'avais après que Mycroft m'ait embrassé ! »

« Mycroft comme Le Mycroft ? Le comptable ? »

« T'en connais beaucoup des mecs qui s'appellent Mycroft, toi ? Oui, Mycroft le comptable et crois-moi, il est doué… » Il se perdit dans un luxe de détails que son cadet ne voulait pas vraiment entendre. Non, de savoir que la langue du comptable à cet endroit-ci faisait ça, non John ne voulait vraiment pas savoir.

« Excuse-moi de t'interrompre, mais il faut que je te dise quelque chose, Greg »

« Je t'écoute, John ! » Greg écrasa sa cigarette dans le cendrier extérieur et s'il avait été dans son petit appart' il aurait proposé une bière à l'autre homme et l'aurait fait s'installer dans son vieux canapé défoncé.

« En fait, j'ai un problème avec Sherlock… »

« Un problème avec Sherlock…on a tous un problème avec Sherlock »

« Pas ce genre de problème… »

« Explique un peu… »

« Je…je crois…je crois que je suis amoureux de Sherlock » bégaya le blond.

« Oui et qu'est ce que-je peux faire pour toi Watson à part te mettre un coup de pied au cul pour que tu ailles lui dire ! »

S'il y'avait bien une chose que John Watson appréciait chez Greg Lestrade, c'est qu'il pouvait être très direct si la situation le requérait.


Au plaisir de vous retrouver dans une review ou dans un texte pour le Collectif NoName :)


Réponses aux reviews anonymes:

• Guest : Merci beaucoup pour ta review,dans toutes mes fics ou presque tu auras un Watson amoureux d'un Sherlock, je te dirais. Le prochain chapitre va nous faire rencontrer quelqu'un ;)