Titre : Et si tu le perdais ?

Autatrice : lasurvolte (de pseudo) ou mari (mais vous pouvez m'appelez aussi Plectrude si ça vous dit ^^)

Pairing (futur) : Destiel

Disclaimer : Supernatural appartient à ses créateurs.


Dean ayant son permis, c'était plus facile pour Sam et lui de voir Cas. Presque chaque week-end ils se retrouvaient. Sam avait raconté à Cas ce qui s'était passé avec leur père, nourrissant son espoir qu'un jour… Peut-être…

D'autant plus que Dean enchaînait les petites amies sans jamais les garder, sans jamais vraiment s'attacher. Alors bien sûr, Castiel ne pouvait s'empêcher d'y penser, d'espérer. Même quand le père de Dean et Sam revint, il continua d'espérer.

Dean n'ignorait pas ses sentiments, Cas lui avait redit, plusieurs fois. Refusant que Dean se contente « d'oublier » ou « de faire comme si … ». Les réactions de Dean étaient diverses, au début il était réticent, mais dorénavant quand Cas lui avouait qu'il éprouvait toujours la même chose pour lui, Dean répondait :

- Je sais Cas, ça ne change rien.

C'était tout, mais au moins il ne fuyait pas.

Puis Dean était toujours affectueux avec Cas, drôle, gentil, il lui décoiffait les cheveux, posait sa main sur son épaule, passait son bras autour de lui, se collait presque à lui pour lui parler, le regardait fixement, s'inquiétait pour lui :

- Comment ça se passe avec ton père ?

- Il est parti en voyage, je ne sais pas quand il reviendra.

Le consolait quand ça n'allait pas :

- Ghost est mort.

- Ironique pour un fantôme.

- Dean..

- Okay, je me tais, viens faire un câlin.

Bien entendu Sam était là, Sam était toujours là. Meilleur ami de toujours, témoin, il veillait sur Cas et Dean comme si c'était sa mission. Il était celui qui soutenait le plus Cas dans ses sentiments. Il l'encourageait à se déclarer et traitait Dean d'idiot tout le temps parce qu'il se planquait derrière sa montagne de déni. Parce qu'il fuyait.

- Il ne fuit plus vraiment maintenant. Le défendait Cas.

- C'est quand même une fuite.

Sam était persuadé que Dean éprouvait quelque chose pour Cas. A sa façon de le regarder, à sa manière de se pencher vers lui, à ce besoin de le toucher. Cas manquait encore plus à Dean qu'à Sam quand ils ne se voyaient pas.

Et la pièce devenait comme toute électrique quand ils y étaient tous les deux.

- Je n'ai pas vu d'électricité, fit Cas.

- Moi si, crois-moi.

- On se serait électrocuté…

- C'est tout comme.

- Je ne comprends pas Sam.

Sam n'avait pas expliqué :

- Fais moi simplement confiance.

Cas lui avait fait confiance.

Puis les années avaient continué à défiler sans que rien ne change. Cas rentra au lycée à quinze ans et pour une fois réussi à se faire un ami. Qui lui donna un autre surnom :

- Cassie !

Il s'appelait Balthazar, il était drôle et sympa, il se moquait un peu de Cas et de sa façon de parler des étoiles et de ne pas toujours comprendre ce qu'on lui racontait, mais ils s'entendaient vraiment bien. Cas parlait souvent de Balthazar à Sam, et souvent de Sam et Dean à Balthazar.

- Alors si je comprends bien t'es amoureux de ce type depuis combien de temps ?

- Dix ans.

- Dix ans et il n'a jamais répondu à tes sentiments ?

- Jamais.

- Et tu continues de l'aimer ?

- Oui.

- Tu es idiot ou quoi ?

Cas fronça les sourcils :

- Cassie, réfléchis deux minutes, tu es peut-être entrain de passer à côté de l'amour en poursuivant un type qui veut pas de toi.

- Mais je l'aime.

- Peut-être bien, mais tu n'as qu'à l'oublier et aimer quelqu'un d'autre.

- Qui ?

Balthazar sourit :

- J'ai un pote qui te trouve craquant.

- Vraiment ?

- Vraiment, vraiment. Tu devrais peut-être le rencontrer, faire connaissance, tu vois ?

Cas hésita mais Balthazar insista :

- Allez, qu'est ce que tu as à perdre ? Ce Dean n'a jamais répondu à tes sentiments non ? Si quelqu'un d'autre s'intéresse à toi peut-être que c'est l'occasion de passer à autre chose.

- Peut-être.

- Alors c'est d'accord ?

- C'est d'accord.

xxx

Cas rencontra l'ami de Balthazar et se fit vraiment draguer. C'était étrange parce que ce n'était jamais arrivé et il avait du mal à comprendre ce qu'il se passait.

- Je te drague tu sais là, finit par dire le garçon. Je flirte avec toi.

- Je comprends. Merci.

L'autre éclata de rire, sans être moqueur pour autant. Cas lui sourit. Peut-être que Balthazar avait raison, peut-être qu'il devait passer à autre chose.

Il appela Sam pour lui en parler.

- Quoi ? Qui ? Comment ? S'écria Sam.

Cas répéta ce qu'il venait de lui dire sur le garçon qui voulait sortir avec lui.

- Je pense abandonner, pour Dean. Il ne m'aimera jamais à mon avis, et ce garçon est vraiment très gentil, très drôle, il m'aime…

- Cas… Tu n'aimes plus Dean ?

- Si.

- Mais ?

- Mais je veux abandonner et l'oublier.

Sam soupira :

- Tu peux pas faire ça.

- Pourquoi ?

- Parce que Dean t'aime, crois moi, il t'aime !

Ce fut au tour de Cas de soupirer :

- Sam je sais que tu le penses sincèrement mais… J'ai essayé avec Dean, des tas de fois. Il n'a jamais voulu…

- Parce que c'est un crétin.

- Peut-être mais…

- Cas n'abandonne pas.

- Je voudrais simplement faire ma vie, tu comprends ?

Sam se frotta les cheveux à toute vitesse, essayant de réveiller ses méninges :

- D'accord, je comprends. Mais accorde lui une dernière chance, je t'en prie.

- Comment ?

- Redis lui… Redis lui que tu l'aimes et dis lui ce que tu viens de me dire. Que tu l'aimes mais que s'il ne se bouge pas, c'est fini.

- Et tu crois que ça va changer quelque chose ?

- Aucune idée.

Castiel réfléchit puis fini par dire :

- Je vais le faire, mais si ça ne change rien alors…

- Alors tu sortiras avec ce garçon qui t'aime, j'ai compris.

Cas préféra avouer une dernière fois ses sentiments à Dean face à face. Le week-end suivant, Dean et Sam devaient venir justement. Sam décida de leur laisser un moment en tête à tête, prétextant qu'il allait s'acheter des livres.

- Dean, on doit parler.

Dean eut un petit rire :

- Je sais de quoi tu veux parler Cas, je suis un peu devin maintenant.

- C'est bien si tu sais, ça ira plus vite.

- Tu sais ce que je vais te répondre ?

- Oui.

- Alors pourquoi tu vas me le dire ?

- Parce que ton frère me l'a demandé.

Dean fronça les sourcils :

- Sammy ? Mais pourquoi ?

- Parce que cette fois-ci c'est un peu différent. Peut-être que tu n'es pas aussi devin que ça.

Dean sourit :

- Tu rigoles, je suis le roi des devins !

Cas préféra dire tout ce qu'il avait à dire d'un seul coup :

- Je t'aime mais je veux t'oublier, j'ai trouvé quelqu'un. Je vais sortir avec lui. Voilà. Est-ce que tu avais deviné ça ?

Dean ouvrit la bouche, presque choqué. Puis la referma et fit non de la tête.

- Est-ce que ça change quelque chose ?

Pendant quelques secondes Cas cru que Dean allait dire oui, ce dernier était devenu vraiment pale et avait serré les poings.

Mais finalement Dean avait simplement décoiffé ses cheveux :

- Ca ne change rien Cas.

Au moins c'était clair. C'était fini.

xxx

Sam tomba sur Dean. Il avait toujours laissé passer, pensant que Dean finirait par réagir, par comprendre, par accepter. Mais cette fois-ci il lui tomba vraiment dessus.

- Dean tu es un parfait crétin !

- Je ne vois pas pourquoi tu dis ça.

- Tu vas perdre Cas si tu ne réagis pas, c'est vraiment ce que tu veux ?

Dean haussa les épaules :

- Je ne vais pas le perdre voyons, on est amis !

- Tu vas le perdre et tu le sais. Il n'y aura pas de retour en arrière Dean. Si tu ne fais rien, tu vas te lever tous les matins avec des regrets et ce jusqu'à la fin. Même si tu trouves quelqu'un, tu n'oublieras jamais que tu es passé à côté de lui.

- Sam, je t'ai déjà expliqué que…

- Je ne te crois pas c'est clair ? Je te vois Dean et je te connais. Ta façon de te pencher vers Cas comme si tu mourrais d'envie de l'embrasser mais que tu te mettais toutes tes forces et tout ton déni pour ne pas le faire.

- Je ne dénie pas…

- Menteur.

Dean se mordit les lèvres :

- Tu te trompes Sam.

- Tu as peur de papa, Dean.

- Je…

- Je te jure que si tu ne fais rien, je claquerai la porte et cette fois-ci je ne reviendrai pas.

- Pourquoi Sam ? Pourquoi ?

- Parce que je ne supporterai pas de te voir te lever tous les matins tout penché à cause des regrets que tu te trimballeras, je ne veux pas te voir comme ça.

- Je…

- Tu l'aimes Dean, et si tu ne fais rien tu le perdras.

Dean avait voulu intervenir, mais Sam lui avait déjà tourné le dos, refusant d'écouter ses mauvaises excuses à deux balles. Espérant que Dean réfléchirait. Réagirait.

xxx

Dean était avec une fille :

- Je t'aime tellement Dean !

- Hm.

- J'adore être avec toi, tu es tellement beau en plus, et fort.

- Hm…

- Tu es un vrai mec, ça me fout dans tous mes états.

- C'est des conneries.

- Quoi ?

- Cette histoire de vrai mec. C'est des conneries.

- Mais non, tu es tellement viril.

Dean se donna une claque sur le front :

- Putain mais qu'est ce que je fous.

Il se rhabilla et s'enfuit.

Dean prit sa voiture et conduisit à toute vitesse. Avec une seule chose en tête. Cas. Bordel Cas ne pouvait pas aimer quelqu'un d'autre. Cas avec ses cheveux qui avaient toujours l'air d'être coiffé avec des pattes de réveils, Cas qui parlait tellement calmement et honnêtement, avec son air toujours si sérieux. Qui disait « je ne comprends pas Dean ». Rien que sa manière de prononcer « Dean ». Cas qui avait grandit, mais qui était toujours Cas avec ses magnifiques yeux bleus qui le regardaient comme s'il l'étudiait, comme s'il savait tout de lui. Comme s'il l'aimait.

Et bon sang il l'aimait c'était vrai. Il n'arrêtait pas de lui dire, mais il le prouvait également. Cas en train de rougir, Cas qui a oublié ce qu'il était entrain de raconter, Cas qui se tourne vers Sam pour faire comme si son cœur ne venait pas de bondir.

Dean donna un coup de poing sur son volant.

Cas n'avait pas le droit de l'oublier. Pas maintenant. Il lui fallait encore du temps, encore un peu de temps, oui mais encore combien de temps ? Combien de temps il lui faudrait pour accepter, pour admettre, pour arrêter d'avoir la frousse ? Combien de temps encore est-ce qu'il fuirait alors qu'il avait l'impression d'être déchiré chaque fois qu'il était trop loin de Cas pendant trop longtemps ?

Sammy avait raison, il n'était qu'un idiot. Et il ne voulait pas porter un sac complet de regrets pour le reste de sa vie. Coucher avec des filles dont il ne retenait pas le nom pour ne plus jamais entendre son père crier ? C'était débile. Débile.

Il voulait Cas. Il le voulait de tout son être, de tout son cœur et son corps, il le voulait depuis trop longtemps, mais il avait trop peur. Peur de son père, peur de lui-même. Peur de décevoir…

Mais Cas avait tenu bon, sans jamais changer de route, peu importe que Dean le repousse et se comporte comme un con, il avait été là avec tout son amour débordant.

Il avait été là et aujourd'hui Dean devait réagir avant qu'il ne soit trop tard.

Il trouva Cas à son lycée, il le trouva en bonne compagnie. Ce mec là était bien trop proche de Cas, il lui donnait la main bon sang. Dean se sentit rempli de jalousie, il claqua la porte de sa voiture et il poussa le gars qui collait Cas loin de lui.

- Eh ! Qu'est ce que tu fous ? Demanda le gars

- Casse toi ! Je dois parler à Cas.

Cas attrapa le bras de Dean :

- On s'est déjà tout dit.

- Non. On ne s'est pas tout dit.

Dean se tourna vers lui et Cas le regardait furieusement. Il était vraiment en colère :

- On s'est déjà tout dit, répéta-t-il d'une voix grave et froide.

Bon sang à quel moment Cas avait-il eut mué ? Pourquoi est-ce que Dean voyait toujours le gosse derrière ? Parce que c'était plus facile de se protéger et de fuir ainsi, de se dire voyons Cas n'est qu'un gosse.

Ce n'était plus un gosse.

- On ne s'est pas tout dit. On tourne en rond là Cas.

- Je ne tourne pas.

- Oh bon sang Cas…

- Je n'ai pas envie de t'écouter Dean, c'est trop tard.

Dean prit son bras et Cas le repoussa.

- C'est trop tard.

- Ce n'est pas trop tard parce que je ne t'ai pas tout dit Cas.

- Tu m'as tout dit.

- Non, je ne t'ai pas dis combien je tenais à toi, combien j'adorais quand tu souriais et que tout ton visage s'illuminait, comme j'aimais quand tu plissais les yeux, quand tu penchais la tête sur le côté, quand tu dis « je ne comprends pas ». Combien j'adorais passer du temps avec toi, même en silence. Je ne t'ai pas dis Cas combien je t'aimais, tellement fort que ça me fiche la trouille. Je ne suis pas aussi bien que tu le crois et ça me fiche la trouille que tu le découvres, que tu découvres que je ne te mérite pas. Mais ça ne change rien au fait que je t'aime Cas et que je ne supporterai pas de te perdre. Et merde…

Dean s'emmêlait les pinceaux et embrassa Cas, ça au moins c'était clair. Il s'accrocha à lui et l'embrassa comme s'il cherchait à rattraper les années perdus. Cas s'abandonna à l'étreinte, il avait attendu ça des années, il l'avait imaginé, il en avait rêvé, et il avait du mal à croire que c'était la réalité, que Dean l'embrassait. Que Dean l'aimait.

Le garçon fut oublié et dégoûté préféra s'en aller.

Cas et Dean s'embrassèrent encore et encore, se fichant que le monde disparaisse autour d'eux, se fichant de tout. Se cramponnant l'un à l'autre et s'aimant à la folie au milieu du lycée et des gens. S'en foutant de ce que les autres pensaient.

xxx

Sam ne put que souffler de soulagement et lâcher « enfin, c'est pas trop tôt, j'en pouvais plus d'attendre ». Comme d'habitude il avait eut raison. Le père de Cas haussa les épaules et retourna travailler. Mary les félicita, John claqua la porte et personne ne fut sûr que cette fois-ci il reviendrait. Dean pensait s'en vouloir un minimum mais ce ne fut pas le cas, parce que Sam et sa mère étaient là heureux de son bonheur. Parce que Cas tenait sa main et qu'il n'était pas prêt de la lâcher, même pas pour son père. Surtout pas pour son père.

Et Cas avait ce sourire désarmant, ses yeux bleus tout brillants, impossible pour Dean ne pas craquer. Surtout maintenant qu'il pouvait se pencher vers lui sans se retenir, se pencher et l'embrasser. Cas disait aussi mots qui fichaient la frousse, mais qui faisaient aussi tellement de bien.

- Je t'aime Dean.

Dean savait qu'il avait fait le bon choix.

Fin.

L'autatrice : voilà cette fois-ci la fic est fini, je suis pas super satisfaite de la fin mais je m'arrache les cheveux dessus et j'ai donc décidé de la laisser comme ça en espérant qu'elle vous convienne.

Je sais que Dean part un peu en live sur cette fin, le voilà qui se met à dire « je t'aime » et tout, mais comme il reste un brin différent du Dean de la série, je me suis dit que ça pouvait être plausible, surtout s'il avait vraiment peur de perdre Cas.

Et pour tout cela : merci Balthazar.