Note de l'auteur : J'ai mis longtemps à écrire ce chapitre... Toutes mes excuses, je suis dans une phase limace en ce moment.
Réponses aux reviews
Lehanna : Franchement, as-tu déjà vu Erza faire les choses à moitié ? Un tiroir, c'est gentil, Jellal aurait pu carrément se prendre l'armoire dans la tronche :)
kazenoseiren : Oui, je voulais mettre une touche d'humour, parce que les derniers chapitres étaient pas joyeux. :)
Lily-Chan06 : Refaire la tête de Jellal ? Mais ça va pas, elle va pas défigurer le type qu'elle aime, enfin ! Jellal est un pervers en plein apprentissage. :) Le caleçon nounours... :D
eikiho : Désolée, pour le lemon, veuillez vous reporter à la Mystwalker Week, chapitre 8 ou 19, u choix :)
Guest : Oh, une médium de passage :) Merci de lire ET de reviewer, c'est gentil.
Unisson Link. 13
Allongé au-dessus d'Erza, le nez dans les mèches écarlates qui sentaient divinement bon, Jellal pensa qu'au final, il ne s'en était pas trop mal sorti. Bon, il s'était pris un tiroir en pleine face, mais il s'attendait à bien pire. Du genre, une Erza absolument mécontente l'accueillant en Armure du Purgatoire avec l'épée assortie.
Il était affreusement bien. Le corps d'Erza était chaud, doux, moelleux... L'adjectif lui rappela une scène du Ryuzetsu Land, où il avait fini les mains en plein sur la poitrine de la rousse - sans le faire exprès bien entendu. Ça aussi, c'était moelleux...
Il résista à l'envie d'aller vérifier si la sensation était toujours la même et se concentra pour garder ses mains bien sages autour de la taille de la jeune femme sous lui. Il enfouit un peu plus son nez dans son cou, et soupira de bien-être en respirant le parfum inimitable d'Erza. Doux, sucré, avec une pointe de métal et un fond de fraise... Là, tout de suite, il n'avait qu'une envie.
Que cet instant ne s'arrête jamais.
Surpris d'entendre Erza formuler ses propres pensées, Jellal ne réagit pas tout de suite en sentant un tiraillement sur son poignet. Au bout de cinq minutes, un douloureux pincement lui fit lâcher une exclamation et il se releva pour inspecter son bras, relevant sa manche alors qu'Erza se tournait vers lui en s'asseyant, une ride d'inquiétude entre les sourcils.
Un tatouage rose scintillait au poignet de Jellal. Le message était clair : On t'attend, qu'est-ce tu fais ? Il lâcha un gros soupir avant de regarder Erza. Elle avait compris, il le voyait à sa mine triste qu'elle essayait de cacher.
« Je... , commença-t-il, hésitant sur les mots à prononcer.
- Tu dois y aller. N'en t'en fais pas, j'ai compris, sourit-elle - le même sourire que quand il l'avait repoussée, sur la colline. Vas-y, ne les fais pas attendre plus longtemps. », continua-t-elle en indiquant la fenêtre du menton.
Il obéit, une boule dans la gorge. Et voilà, à chaque fois c'était pareil, il ne voulait pas s'en aller. Elle était une drogue, sa drogue rien qu'à lui, qui lui était interdite et dont il ne pouvait pourtant se passer. Son visage, ses yeux, son sourire, ses cheveux, son parfum, son rire et sa voix lui manquaient déjà. Il ouvrit la fenêtre et il sentit deux mains fines rabattre doucement son capuchon sur ses mèches bleues. Il caressa brièvement l'une d'elles avant de murmurer un Au revoir et de s'en aller.
Il rejoignit Ultear et Meldy non loin de Fairy Hills, sans se retourner. S'il le faisait, il pourrait encore moins se détacher d'Erza. La brune le jaugea d'un air sérieux qui traduisait son mécontentement d'avoir eu à attendre - et qui avait voulu venir à Magnolia à la base, déjà ? -, tandis que Meldy le regardait d'un air un peu inquiet.
Ils s'éloignèrent rapidement, ne voulant pas être vus près de Magnolia - le Conseil avait suffisamment de griefs contre Fairy Tail sans qu'ils ne viennent en rajouter.
« Au fait Jellal, commença Meldy, comment ça s'est passé, hier soir, avec Erza ? Elle était sacrément bourrée tout de même, comment t'as fait ton compte ?
- Oh... Heu... Ben... »
L'évocation de la soirée précédente ramena à la surface les souvenirs de la veille. Erza complètement saoule sur son dos, divaguant à moitié et sortant tout ce qu'elle avait sur le coeur. Entre le moment où il l'avait prise sur son dos et celui où elle s'était endormie, elle avait du répéter une bonne quinzaine de fois Il est parti.
Et le Il, c'était lui.
Il s'en fiche de moi.
C'était tout le contraire. En sept ans, il ne s'était pas passé une journée sans qu'il ne pense à elle, ne rêve d'elle. S'il voulait tant se racheter, c'était parce que tous ses péchés la concernaient, elle, et l'avaient fait souffrir, elle. C'était son bonheur à elle, plus que tout, qu'il voulait.
Il me voit juste comme un fantôme de plus.
Comment pouvait-elle penser ça ? Elle était sa lumière, flamboyante dans l'obscurité. Elle était la raison pour laquelle il était toujours vivant, l'énergie qui circulait dans ses veines. C'était sa chaleur à elle qui réchauffait son âme gelée, ses mots qui le guidaient, son sourire qui le récompensait.
Je lui rappelle juste ce qu'il a fait.
C'était vrai, et faux en même temps. Car Erza, c'était à la fois son plus grand bonheur et le pire de ses péchés. Il avait joué avec elle, l'avait brisée, et s'était acharné sur elle comme un damné. Trahison, souffrance, solitude, culpabilité, deuil, larmes et tristesse, elle avait tout traversé, et c'était uniquement de sa faute. Heureusement, elle était plus forte que lui, et elle avait des amis prêts à tout pour elle. Elle avait survécu à tout ce qu'il lui avait fait subir, et malgré tous ses crimes elle arrivait encore à rire avec lui.
Il se fiche complètement de ce que je veux.
Faux. Tout ce qu'elle voudrait, il ferait tout pour lui donner. Sa vie, son âme, son corps, sa volonté, son sang, elle pouvait tout lui demander, il s'exécuterait. Mais Erza ne lui demandait jamais rien, si ce n'était de rester en vie. Elle n'avait jamais formulé d'autre demande.
Formulé ?
Jellal se stoppa au milieu du chemin, si brusquement que Meldy lui rentra dedans. Inconscient de ses protestations, le bleu resta plongé au coeur du maelstrom que venaient de devenir ses pensées.
Oui, Erza ne lui demandait jamais rien.
Il se fiche complètement de ce que je veux.
Mais ça ne voulait pas dire qu'elle ne voulait rien.
Le presque-baiser sur cette colline. C'était elle qui l'avait initié.
Le mensonge sur sa soi-disant fiancée. C'était elle qui n'avait pas protesté, bien qu'elle sache la vérité.
Aujourd'hui encore, quand ils étaient enlacés. Elle n'avait pas voulu qu'il parte.
Il se fiche complètement de ce que je veux.
A chaque fois, elle taisait ses désirs et le laissait faire ce qu'il voulait. Quand bien même ça la blessait, quand même elle en avait mal au coeur - au point de se saouler tant elle avait mal.
Il en avait presque la nausée. Il disait qu'il voulait son bonheur, et il lui faisait un peu plus mal à chaque fois. Il voulait tout lui donner, mais c'était elle qui continuait d'accéder à ses caprices. Encore une fois, c'était lui l'égoïste et elle la victime.
Non. Hors de question.
Jellal fit volte-face et activa Meteor, ignorant ses camarades qui lui demandaient où il allait. En quelques minutes, il fut de retour à Fairy Hills. Rapidement, il escalada la façade jusqu'à la fenêtre de la chambre d'Erza et se glissa dans la pièce.
Il n'y avait personne en vue. Refusant d'abandonner, Jellal activa le lien qui subsistait toujours entre eux deux et se retrouva dans une salle de bains - la même que celle où il avait déjà aperçu la jeune femme dans le plus simple appareil. Une exclamation de surprise retentit non loin de lui et il se tourna pour apercevoir Erza déboucher d'une porte attenante, les cheveux encore humides.
Sans réfléchir, il s'approcha d'elle et plaça ses paumes sur les joues de la rousse qui s'empourpra.
« Jellal, qu'est-ce que tu- »
Il posa ses lèvres sur les siennes. C'était doux, chaud, sucré. Merveilleux. Il en avait rêvé, mais tous ses rêves réunis ne valaient pas un centième de la réalité.
Il se détacha doucement d'elle et posa son front contre le sien. L'interrogation dans les yeux bruns en face de lui était évidente, et l'espoir qu'il y lisait le convainquit que pour une fois, il avait fait le bon choix.
« J'ai quelque chose à t'avouer, déclara-t-il en la regardant dans les yeux. Je n'ai pas de fiancée. Je n'en n'ai jamais eu. C'était un mensonge, stupide vu que tu as tout de suite su que je disais des bêtises. Je suis désolée. Je ne voulais pas te prendre pour une idiote, c'est moi qui a été bête. »
Un éclair de surprise passa dans les iris marron, puis Erza sourit, de ce sourire magnifique, doux et compréhensif, qu'il voyait si rarement. Son préféré.
« Tu veux que je reste un peu ?, proposa-t-il.
- Je croyais qu'Ultear et Meldy t'attendaient ?, demanda-t-elle d'un ton incertain.
- Elles peuvent voyager toutes seules pendant un moment. Avec ma magie et le lien sensoriel de Meldy, je pourrai vite les rattraper. »
Il passa un doigt sur la joue de sa guerrière rousse, et les mots Je t'aime lui effleurèrent la langue, mais il se retint. Pas maintenant. Quand il aurait réparé un peu mieux tout le mal qu'il lui avait fait, quand elle aurait souri suffisamment pour qu'il ait le droit de le lui dire.
« J'ai un fraisier dans le frigo, sourit Erza en mettant sa main sur la sienne. On partage ? »