Bonjour !

Mes chéris, ça fait tellement longtemps =)

Voici le dernier chapitre publié par l'auteur de la fanfiction, j'ai enfin fini à le traduire. Pour ce qui est de Dermatillomania, je ne sais pas quand je vais publier la suite -non pas que j'ai abandonné la fanfiction, elleme tient tellement à cœur que je me forcerais à l'écrire s'il le faut- mais elle est en cours d'écriture.

Bien sûr, Glee, les personnages et l'histoire ne m'appartiennent pas, je ne fais que traduire cette histoire =)

Sur ce, bonne lecture !


Chapitre 15 : To remember Later

PDV Blaine

C'était le cinquième jour de Kurt en soins intensifs. J'accourais à l'hôpital dès que les cours terminèrent l'après-midi. C'était vraiment devenu une habitude, mais aujourd'hui c'était le jour où ils allaient enlever la machine à dialyse.

« Hey Blaine. Comment étaient les cours ? » Carole m'accueillit d'une voix douce. Je posais mon sac sur le rebord de la fenêtre et m'asseyais.

« C'était fatiguant » je répondais, essayant de faire ressembler mon ton au sien. Kurt dormait sous une montagne de couvertures, pas de machine à dialyse en vue. Ils ont dû l'enlever dans la matinée. « Comment s'est passée la nuit ? » je demandais avec impatience.

« On dirait qu'il va mieux » elle lui adressa un sourire fatigué.

« Je ne veux pas être pessimiste » je regardais mon petit-ami pâle « mais il n'a pas l'air d'aller mieux ». Les cheveux de Kurt pointaient à des angles bizarres sur son oreiller. Je fis courir mes doigts dans sa chevelure avec douceur, conscient de l'époque où je faisais la même chose et que ses cheveux tombaient.

« Eh bien, ils disent que ses reins vont mieux, ils sont presque guéris. Je pense qu'il est resté ici trop longtemps »

« Mmm » Kurt bougea. « Je le pense aussi »

« Oh mon dieu, je suis désolé » Je rétractais ma main. « Je ne voulais pas te réveiller »

Il toussa légèrement et grogna tandis qu'il se redressait à l'aide de ses bras tremblotants.

« Je suis content que tu l'aies fait » il sourit paresseusement. « Je voulais te voir ». Il tint ses bras maigres vers moi.

« Oh, Blaine! » Carole nous interrompit quand je m'apprêtais à plonger mon visage dans le cou de Kurt pour lui faire un câlin. « Kurt est transféré hors de l'unité de soins intensifs »

« C'est vrai ? » Je me reculais pour la regarder. « C'est super, mon cœur » Je déposais un baiser dans ses cheveux. Il eut une nouvelle fois un sourire paresseux.

« Un pas de plus vers la sortie »

« Voici ce que nous allons faire Kurt » l'infirmière parla joyeusement quand le déménagement s'approcha un peu plus tard. Burt venait tout juste d'arriver il y quelques minutes.

« La seule chose que l'on va enlever c'est ton cathéter, mais tu dois te mettre debout pendant quelques secondes » Les yeux de Kurt s'illuminèrent à ces mots « Malheureusement, nous devons faire d'une pierre deux coup et donc te peser »

Le visage de Kurt se décomposa tellement qu'il fallut que je rassemble toutes mes forces pour ne pas m'avancer vers lui et le prendre dans mes bras, pour faire disparaitre sa douleur.

« On ne te laissera pas voir les chiffres » elle ajouta timidement, ayant peur du changement soudain d'émotions de Kurt. Le moniteur cardiaque bipa une fois quand le cœur de Kurt sauta un battement.

« On est là pour toi, gamin » son père fit un pas en avant et tapota gentiment son épaule. Kurt était silencieux depuis un long moment. Etait-il en train d'essayer de trouver un moyen de se sortir de cette situation ? Mais il laissa échapper un soupir tremblant et me regarda. Un mot, et je savais que notre relation n'allait pas se briser à cause de toute cette épreuve. Etre lié à quelqu'un d'autre dans une relation amoureuse veut dire qu'il doit y avoir un peu d'embuches sur le chemin. Ou de grosses embuches*, dans notre cas.

« A l'aide »

Etant plutôt romantique, si je peux le dire, je m'approchais de son lit et déposais trois baisers sur sa main. Sachant que je nous exposais devant ses parents et l'infirmière, je me penchais pour l'embrasser doucement.

« Je t'aime »

Les coins de ses lèvres gercées se relevèrent légèrement quand il hocha la tête à l'infirmière. Elle tira le rideau d'isolement pour retirer le cathéter, ce qui provoqua un sifflement étouffé de la part de Kurt.

Enfin, elle fit descendre les barreaux d'un des côtés du lit et prépara le fauteuil roulant. Après s'être dépêchée d'accrocher l'intraveineuse à un poteau, elle partit chercher le pèse-personne. Kurt arriva à balancer ses jambes sur le côté du lit.

« Okay Kurt » l'infirmière revint dans la chambre. « Prêt à étirer tes jambes ? » Elle se tint d'un côté pendant que Burt se trouvait de l'autre.

« Je suis prêt » Kurt glapit. Alors qu'ils l'aidaient à se lever, quelques craquements provenant de son dos pouvaient être entendus.

« Oww » il rit nerveusement mais essaya de tenir un peu plus droit.

« Des vertiges ? » l'infirmière demanda.

« Si je dis 'oui', est-ce que ce serait mauvais ? »

« C'est naturel d'avoir la tête qui tourne, chéri » Carole le rassura. « Tu es resté allongé pendant trop longtemps »

« On va juste te tenir encore un petit peu » Burt éclaircit sa voix. Je remarquais alors que ses doigts s'enroulaient quasiment autour du biceps de Kurt.

Kurt me fixait, debout en face de moi. Enfin, il fixait mon torse. Tout à coup, je me rendis compte qu'il essayait d'égaler ma respiration.

« Tu penses que tu peux monter sur la balance ? »

Accompagné d'une grande respiration qui ne venait pas de moi, Kurt hocha la tête. Ils l'aidèrent à monter sur le pèse-personne. Il leva le regard sur moi.

Wow.

Si j'avais eu besoin de simuler une émotion avant, ce n'était rien comparé à avoir à garder une expression de soutien parfaite.

Il avança d'un pas et la chambre devint silencieuse. Peut-être même que tout l'hôpital s'était tut.

Après un temps interminable, la balance émit un bip. Kurt sursauta légèrement mais ne cassa pas le contact visuel.

« Tu peux regarder si tu le veux » il marmonna, à peine audible.

Et, mon Dieu, que j'en avais envie. A quel point était-ce mauvais ? La sonde d'alimentation avait-elle aidé ? Pour combien de temps en avait-il encore ?

« Ton poids » j'essayais d'utiliser un ton autoritaire pour dissimuler les tremblements dans sa voix, « ne signifie rien pour moi, Kurt »

« C'est l'heure du fauteuil roulant ! » l'infirmière coupa le silence. Une bonne chose également car Kurt commençait à quelque peu tituber.

« C'était la parfaite réponse, gamin » Burt commenta dès que Kurt fut roulé vers sa nouvelle chambre.


PDV Kurt

Il n'y a aucun sentiment que je pouvais identifier comme celui que tu ressens quand tu es admis dans l'aile psychiatrique d'un hôpital.

« Nous y sommes » l'infirmière s'arrêta devant une chambre vide dans la-dite section. La pièce était mille fois mieux que la chambre des soins intensifs. Les murs étaient verts pâle, et elle aurait pu passer pour un dortoir de Dalton avec la commode dans le coin et un fauteuil rembourré près de la fenêtre. Le lit était malheureusement encore et toujours un lit d'hôpital.

« Tu auras un vrai lit quand tu iras mieux » l'infirmière dut lire dans mes pensées tandis qu'elle garait le fauteuil près du lit Hill-Rom**. « Tu vas continuer à recevoir des fluides intraveineux, alors on garde ce lit. Prêt à te lever une nouvelle fois ? »

Ma respiration se saccada. Je ne voulais dire à personne que me lever pour être pesé m'avait presque vidé de toute énergie. Tout ce que je pouvais faire c'était de me souvenir de respirer et d'attendre que ça passe.

« Kurt ? » Le doux visage de Blaine apparut juste devant moi. J'ai dû laisser le silence s'étendre un peu trop longtemps.

« Je,uh » je trifouillais mes affreux cuticules. « J'ai peut-être besoin d'aide »

« Oh, mon pote » mon père intervint. « On allait pas te laisser faire ça tout seul de toute façon »

L'infirmière et mon père me soulevèrent pour me déposer dans mon lit. Blaine, qui avait emmené l'énorme ours, le déposa à mes côtés avant de tirer les couvertures sur moi. Quand toutes mes affaires furent remises à leur place, l'infirmière partit avec la promesse d'une super journée demain. Quoique ça veuille dire. Je me tournais vers mon père quand elle partit, les émotions que j'avais embouteillées brûlant à l'intérieur de moi.

« Le service psychiatrique ? » je sifflais. Il écarquilla les yeux et leva les mains en signe de défaite. « Je ne suis pas fou ! »

« Bébé » Blaine commença timidement. « Les services psychiatriques ne sont pas pour les personnes folles. Quelques fois, les personnes ont juste besoin d'un petit peu d'aide »

« Service. Psychiatrique. Ça va être comme en prison » je crachais, mémorisant secrètement ce qu'il avait dit qu'il devait écrire dans mon carnet plus tard. Quelques fois, les personnes ont juste besoin d'un petit peu d'aide.

« Une fois que tu seras débarrassé des traitements, tu pourras sortir » Carole caressa ma main.

« Attend, c'est vrai ? Plus d'hôpitaux ? » J'étais choqué. Il y a quelques jours, je m'étais résigné à un destin fait de draps stérilisés et d'éclairages fluorescents.

« Eh bien, cela dépend de comment ça se passe ici » mon père intervint. « Si tu ne peux pas recommencer à manger, il y a des programmes en consultation externe qui peuvent aider »

Encore un nouvel ultimatum. Si tu ne manges pas cela, si tu ne peux pas garder ça, si tu continues à refuser, etc … Je me suis reclus dans un coin, n'est-ce pas ?

« Bonjour Kurt ! » La putain de psy entra en se pavanant dans ma chambre le lendemain. « Enchantée de te voir dans cet étage »

« 'jour » je soufflais. Ce n'était pas une salutation. C'était simplement une reconnaissance de la période de la journée. Dr. Williams fit rouler un tabouret jusqu'à mon lit.

« Tu n'as pas l'air très excité d'être sorti de l'unité des soins intensifs » elle m'observa trifouiller la couverture qui gratte.

« Oh, je le suis. C'est juste que je ne suis pas une personne du matin »

« Je vois » elle hocha la tête. « Maintenant, comment tu te sens d'être dans l'unité psychiatrique ? »

Je fermais ma bouche. Ça m'éviterait de laisser échapper des remarques déplacées.

« J'ai entendu que tu n'étais pas vraiment ravi » elle regarda ses notes. J'ai dû lui lancer un regard confus car elle me dit « Ton père » je roulais les yeux. Allez comprendre.

« Une fois, j'ai eu une patiente dans cette section qui avait 5 ans » Dr. Williams commença. 5 ans ? C'est bien trop jeune pour avoir un quelconque problème mental.

« Elle refusait de manger parce qu'elle haïssait la texture de nombreux aliments » elle continua. « Après quelques mois ici, elle a appris à trouver des aliments qu'elle arrivait à tolérer et elle a complètement guérie »

« Des mois ? » je répétais. L'été sera presque fini, la terminale commencera. Serais-je encore à l'hôpital ? Dans le service psychiatrique ?

« Je ne pense pas que tu seras là pendant des mois, Kurt » elle jeta un coup d'œil à ses notes une nouvelle fois. « En fait, nous avons un objectif pour toi. Nous espérons que tu seras sorti d'ici dans 2 semaines, cela dépendra de comment tu t'en sors avec les traitements et quelques restrictions » elle croisa les jambes. « Mais je t'ai raconté cette histoire car je veux t'assurer que tu es loin d'être fou. Tu as dû te trouver dans un endroit horrible pour vouloir t'infliger de la douleur, ai-je raison ? »

Le simple fait qu'une personne valide mes inquiétudes, mes peurs et mes frustrations… Cette chaleur familiale derrière mes yeux me prévint de l'arrivée de larmes, la boule dans ma gorge était bien trop proéminente pour parler. J'acquiesçais et essayais avec désespoir de cligner des yeux pour faire disparaitre la sensation de larmes dans mes yeux.

« Ce n'est pas de la folie, Kurt. Une fois, quelqu'un a dit, 'Les manières avec lesquelles tu essayes de noyer ta tristesse ne font pas de toi une mauvaise personne' ».

Nous étions silencieux quand elle m'offrit un mouchoir. Les larmes étaient définitivement en train de couler maintenant. Je ne pouvais pas m'en empêcher.

« Dis-moi un truc. Qu'est-ce que le fait de t'affamer te procure comme émotions ? Est-ce que ça te rends heureux ou ça te comble de quelque manière que ce soit ? » Elle prit à nouveau son stylo. Je soufflais en tremblant.

« J'ai l'impression d'être discipliné » je répondais. Brutale franchise. Je ne suis pas sûr de comment la psy a réussi à m'extorquer cette réponse, mais nous y voilà. « A chaque fois que je fais quelque chose de stupide ou que j'échoue à quelque chose, je ne mange pas » »

« C'est comme une punition » Dr Williams expliqua. « Hé bien Kurt, je pense qu'il est temps que tu apprennes à te pardonner » elle sourit gentiment. Elle repoussa le tabouret et se mit debout quand une machine commença à biper.

« Demain on va te réintroduire à la nourriture » elle toucha à ma poche à perfusion. Ma main jaillit immédiatement à ma bouche pour mordiller mes ongles.

« Est-ce que tu aimerais que ta famille soit là ? »

« Blaine » je lâchais. J'avais besoin qu'il soit là. Lui seul pourrait me calmer. Et dieu sait que mon esprit était déjà en train de bourdonner à cause de l'anxiété.

« Pas ton père ou ta belle-mère ? » Dr. Williams me poussa.

« Pas tout de suite » je marmonnais. Ils n'avaient pas été présents pendant la plupart du temps où je m'étais affamé. Même, ce n'était pas eux qui étaient restés à mes côtés pendant que vomissais mon repas dans une poubelle d'un parc.

« C'est pas grave. Un jour, on arrivera à ce point. Je vais contacter tes parents et Blaine à ce propos. Ne t'inquiète pas de la nourriture qu'on te servira. On peut choisir » elle me fit un clin d'œil. Comme si c'était une sorte de jeu. Malheureusement pour moi, mes nerfs commençaient à prendre le dessus sur moi. Des respirations courtes. Une vision floue.

Plus d'air.

Plus d'air.

Plus d'air.

« Tu es en train de paniquer » elle commenta avec finesse.

« Sans blague » je dis d'un ton agressif, agrippant mes cheveux pour faire arrêter ce chaos. Dr. Williams quitta rapidement la pièce, mais je savais qu'elle allait revenir. Peut-être avec ces putains de sangles. Non pas ça.

Non.

Je ne pourrais pas le supporter.

Je ne pourrais pas-

Je-

Plus d'air.

J'arrive pas.

Plus d'air.

« Prends ça » Dr Williams apparut soudainement devant moi avec un gobelet qui contenait une pilule en forme de barre. « C'est du Xanax. Tu dois vraiment te calmer si tu veux que ton cœur aille mieux et que tu puisses sortir »

Je fronçais les yeux mais l'avalai quand même. Dr Williams s'assit sur le siège à nouveau et prit quelques notes.

« Je vois que tu te calmes plus facilement quand tu copies la respiration d'une autre personne. Pourquoi n'essaies-tu pas de copier la mienne pendant un instant ? Pas de conversation, juste la respiration »

Et je le fis. J'aimerais pouvoir dire que je calmais pour ma santé, mais l'idée de pouvoir sortir était si… tentante.

La pièce était si silencieuse. Je pouvais entendre le bruit des aiguilles de l'horloge accrochée au mur. La monotonie de ces sons et le rythme de la respiration me berçaient.

« Oh, mon Dieu » j'essayais d'articuler. « C'est quoi ? »

Dr William. « Tu te sens enfin calme ? »

J'hochais la tête.

Et je plongeais dans un sommeil profond.


*Il y avait une sorte de métaphore avec le feu dans la FF originelle donc j'ai essayé de faire au mieux pour la retranscrire. Il y a tellement de mots en anglais qui ne peuvent pas se traduire littéralement donc je m'excuse si il y a des phrases qui n'ont pas beaucoup de sens =)

**Hill-Rom : c'est juste pour vous dire que c'est une entreprise qui produit et répare le matériel médico-chirurgical.

Encore désolée si j'ai fait des fautes ou que des phrases manquent un peu de sens ...

Voilà pour ce chapitre, n'hésitez pas à laisser une review ou à m'envoyer un MP pour montrer qu'il y a encore des gens qui lisent cela =)