Yoho les gens! Wouhou, j'avais jamais eu autant de commentaires que sur la partie précédente Oo; Merci à tous, c'est vraiment très encourageant! Pour le moment voilà le dernier chapitre de Fondue! Bonne lecture à tous et mille fois merci de votre soutien!

"***"

Hannibal regarda enfin Will mais son visage ne se dépareilla pas de la moue qui était apparue à l'instant où il avait sorti sa fourchette du fromage.

_ Je ne te savais pas aussi joueur Will, répondit-il d'un ton où perçait nettement la désapprobation.

Will lui aurait éclaté de rire au nez. Ca lui allait bien de dire ça, lui qui n'avait mis en place cette histoire de gages que pour déstabiliser l'agent spécial ! Mais cette fois-ci, ça ne prendrait pas ! Will voyait enfin clair dans le jeu du psychiatre et ne culpabiliserait pas le moins du monde de ce qu'il lui réservait.

_ Je ne fais que respecter les traditions, Hannibal, répliqua-t-il d'une voix sûre.

Comme à chaque fois qu'il prononçait son nom, le visage d'Hannibal s'adoucit et sa mine boudeuse laissa place à un discret sourire. Si Will avait su à quel point il était aisé de manipuler le psychiatre, il aurait utilisé tous ces trucs et astuces bien plus tôt ! Enfin au moins désormais, Hannibal paraissait prêt à se plier aux règles de son propre jeu.

_ Je sais Will, et c'est quelque chose que j'apprécie.

Abandonnant sa fourchette au bord de son assiette vide, Hannibal retomba contre le dossier de sa chaise. Il releva la tête, dévoilant pour Will une partie de son long cou.

_ Je suis tout à toi, ajouta-t-il dans l'attente du gage.

Will ne pouvait nier que cette dernière pique avait fait naître à la fois une rougeur supplémentaire sur ses pommettes et un début de bosse dans son pantalon. Il hésita à saisir son verre pour se donner quelques secondes de réflexion supplémentaires mais il avait déjà bien assez picolé comme ça.

De toute façon, il avait une assez bonne idée de ce qu'il voulait faire faire à Hannibal à l'occasion de ce gage. Comme il ne pouvait décemment pas lui demander d'être son esclave pour le reste de la soirée (ce qui lui aurait permis de refiler à Hannibal la confection du dessert, le débarrassage de la table, la vaisselle, un massage des épaules et des pieds et autres interactions physique moins avouables, ainsi que le changement des draps après coup), il s'était rabattu sur autre chose qui, à son goût, était tout aussi excitant et socialement bien plus acceptable.

Il se pencha vers Hannibal avec un sourire qu'il savait malicieux. Will ne souriait pas souvent mais lorsqu'il le faisait franchement, il paraissait beaucoup plus jeune. Et face à lui, Hannibal se crispa. Il savait que l'agent spécial avait une idée derrière les oreilles et probablement pas de celles qu'il apprécierait.

_ Attends-moi là, ordonna-t-il au psychiatre avant de se lever de table.

Il quitta la pièce et grimpa au pas de course les escaliers menant à l'étage. Il ne montait quasiment jamais dans cette partie de la maison. Il préférait l'intimité et la chaleur de la vie dans une pièce unique en compagnie des chiens. Du coup, c'est là qu'il avait stocké toutes les choses qu'il avait pu accumuler au cours de sa vie. Des vieilleries qu'il n'utilisait plus, voire n'avait jamais utilisées, des objets dont il ne se souvenait plus de l'existence, et surtout, un tas de cartons contenant les quelques affaires qu'il avait récupérées de chez son père après le décès de ce dernier. C'est vers ceux-ci qu'il orienta ses recherches.

Le premier qu'il ouvrit contenait des livres, la plupart d'entre eux usés d'avoir été lus et relus. Poussiéreux et jaunes, ils sentaient le moisi et il ne les feuillèterait probablement plus jamais. Mais lorsqu'il avait été adolescents, ils avaient été ses trésors. Certains devaient encore porter le cachet des bibliothèques auxquelles il ne les avait jamais rendus. Pas toujours intentionnellement d'ailleurs. Mais lorsqu'on déménageait beaucoup, c'était le genre de maladresse qui arrivait régulièrement.

Il écarta ce carton et passa au suivant. Il espérait trouver rapidement ce qu'il cherchait car il n'avait vraiment ni l'envie ni le temps de faire une plongée au cœur de ses souvenirs d'enfance. C'est pourquoi il poussa un soupir de soulagement lorsque l'ouverture de la seconde boîte lui révéla un tas de nippes.

Il avait passé son enfance et son adolescence dans une grande pauvreté, son père et lui allant et venant à travers la Louisiane au rythme des petits boulots. Et la plupart de ce qu'ils possédaient était des dons de l'Etat ou de collègues et de voisins. Tant et si bien que Will se retrouvait avec des vêtements défraichis, toujours trop larges. Il n'avait jamais été à la pointe de la mode, et s'en fichait pas mal, et avait longtemps arboré un look d'épouvantail accentué par ses cheveux mal peignés et ses lunettes souvent rafistolées d'un bout de scotch.

Maintenant encore, il gardait une forte influence de cette période dans sa garde-robe mais au moins, il s'agissait de son choix.

Il pouffa en découvrant ce qu'il cherchait. Une immonde chemise vert bouteille striée de rouge. Will n'avait aucun sens de l'élégance mais il avait détesté la chemise dès que son père la lui avait ramenée. Même si en toute honnêteté, elle était proche de ses habituelles chemises de bucheron. Sans compter qu'elle avait été bien trop grande pour l'adolescent qu'il était alors. Mais il l'avait portée, à défaut d'autre chose.

A présent, cette chemise qu'il avait tant haïe allait servir un dessein beaucoup plus noble.

Il se redressa et la secoua pour en évacuer toute la poussière. Soigneusement rangée qu'elle était, elle était encore relativement propre même si elle sentait le renfermé. Pas grave, ce n'était pas comme s'il allait la confier à quelqu'un à l'odorat délicat…

Il retint difficilement un gloussement en imaginant la tête d'Hannibal lorsqu'il la lui présenterait !

Will porta la chemise à ses épaules. Encore trop large malgré les années passées et les kilos pris. Mais elle irait à merveille à Hannibal, du moins la taille. Parce que la teinte… De toute façon, c'était le type de teinte qui n'allait à personne. Quoique, Hannibal avait l'art de porter avec élégance les plus improbables vêtements, tel que le costume avec lequel il était arrivé ce soir. Will restait donc méfiant. Mais il avait vraiment hâte de voir ce que ça allait donner !

Il referma le carton avec soin car il était sûr qu'il contenait encore quelques merveilles pouvant être utiles et redescendit au rez-de-chaussée. Il manqua d'entrer directement dans le salon quand une autre idée lui retourna le cerveau.

Décidément, cette histoire de gages l'amusait bien plus qu'il ne l'aurait imaginé de prime abord !

Il poussa jusqu'à la salle de bain. La lumière crue lui révéla les couleurs de la chemise dans toute leur horreur. Et il réalisa dans le miroir qu'il avait littéralement un sourire jusqu'aux oreilles. Il ne se souvenait plus de la dernière fois qu'il s'était trouvé aussi maître de la situation. Ah si, peut-être tout à l'heure, lorsqu'il était à quatre pattes dans le salon et qu'il s'était senti être l'unique centre d'intérêt d'Hannibal Lecter, qui en avait oublié la nourriture face à lui. Ce qui n'était pas peu dire connaissant le bonhomme.

Sûr de lui, Will sortit sa précieuse bouteille d'aftershave bon marché de sous l'évier et en aspergea copieusement la chemise. Si Hannibal lui faisait la moindre réflexion, Will pourrait toujours prétexter que c'était pour dissimuler les relents de moisi qui accompagnait le vêtement. En attendant, sa propre odeur serait tout autour du corps du psychiatre et si ça ça ne suffisait pas à le déstabiliser, Will ne savait pas ce qui le pourrait !

Prêt comme jamais de sa vie, il retourna au salon.

« *** »

Hannibal Lecter regardait l'aguille de sa montre qui avançait lentement, très lentement. Cela faisait plusieurs minutes que Will avait quitté précipitamment le salon et depuis Hannibal patientait. Il passait le temps soit en remuant le fromage pour que le fond n'accroche pas, soit dans l'observation minutieuse des secondes qui s'écoulaient les unes après les autres. Il avait aussi envisagé de former des boulettes de pain qu'il enverrait sur le chien malade dormant sur le lit mais si Will le surprenait, Hannibal aurait du mal à s'expliquer.

Will était bien passé à toute vitesse dans le couloir peu auparavant et Hannibal avait cru son calvaire terminé mais malheureusement, l'agent spécial avait pour destination la salle de bain et non le salon. Et Hannibal était resté seul.

Il se demandait à présent ce que lui concoctait l'agent spécial. Lorsqu'il avait perdu son pain, Hannibal avait pensé à refuser net le gage. Après tout, il n'avait pas fait exprès de perdre son pain ! Et ça avait été la faute de Will, là, à quatre pattes au sol et les fesses en l'air. Il l'avait distrait ! Puis il s'était ravisé. Will n'était pas un homme cruel. Au pire Hannibal pensait se retrouver avec un chien dans les bras ou une cuillerée de corned-beef en conserve dans la bouche, bref, rien qu'il ne puisse supporter. Mais à présent, il s'inquiétait. Rien de tout cela ne demandait autant de préparatifs. Quelque soit le résultat de l'escapade de Will, Hannibal était de toute façon prêt à l'assumer avec dignité.

Et au pire, même si Will lui faisait faire quelque chose qu'il n'appréciait pas, Hannibal pourrait toujours se venger lors du prochain gage. Il devait maintenant s'assurer que Will obtienne un prochain gage. Peut-être en tordant les piques de sa fourchette ? Ou en craquelant de la pointe de son couteau la croûte de quelques croutons qu'il poserait stratégiquement dans la corbeille du côté de l'agent spécial ?

Mais avant qu'il n'ait pu passer à l'action, Will revint. Il tenait à la main une… chose… qu'Hannibal avait bien du mal à identifier. Une serpillière peut-être ? Ou un essuie-main ? En tout cas, il la lui tendit avec enthousiasme.

_ Je veux que tu mettes ça, annonça Will en croisant son regard.

Hannibal fronça les sourcils.

_ C'est un torchon ? demanda-t-il.

_ Avec deux manches et une rangée de boutons, ironisa l'agent du FBI.

Hannibal frôla du bout des doigts le tissu, comme s'il craignait que sa main prenne feu juste par contact avec l'ignoble matière. Conclusion, c'était aussi rêche que c'était laid ! Will ne pouvait pas être sérieux !

_ Will… commença-t-il mais celui-ci ne lui laissa pas le temps de poursuivre.

_ J'ai joué le jeu, un jeu que tu as toi-même mis en place. A présent, c'est ton tour.

Will ne lui avait jamais parlé avec une telle fermeté et Hannibal trouvait cela étrangement plaisant. Il sourit. Will le scrutait toujours avec une intensité qui lui faisait dresser les poils sur les bras.

Au final, le psychiatre se mit debout et arracha la chemise des mains de Will. Il n'était pas du genre à se dégonfler et si Will voulait jouer à ça, il allait être servi.

Il leva la chemise vers la lumière, fronçant le nez en étudiant le vert et le rouge alternés qui n'allaient pas du tout ensemble.

_ Où as-tu trouvé cette chose ? fit-il, s'interrogeant surtout sur le pourquoi du comment quelqu'un avait conçu cette chemise, tissé ce tissu, et était surtout parvenu à le vendre.

Dans sa tête, c'était quelque chose d'incompréhensible, toutes ces erreurs de goût et de conception pour arriver à ce résultat.

_ C'est à moi, répondit Will, s'amusant visiblement de la réaction d'Hannibal.

_ Je ne t'ai jamais vu la porter, contra Hannibal.

Will haussa les épaules.

_ Je ne la porte plus depuis que j'ai passé l'adolescence.

_ Et c'est une bonne chose, appuya le psychiatre. Je sais que ton apparence physique n'est pas ta priorité mais pourquoi diantre es-tu allé acheter… ça !

Will rit en reprenant place sur sa chaise. La mine d'Hannibal était décidément impayable.

_ On me l'a donnée, expliqua-t-il.

Hannibal s'arracha à la contemplation de la chemise et jeta un œil perplexe sur Will.

_ Tu avais beaucoup d'ennemis dans ta jeunesse ? demanda-t-il.

Will secoua la tête.

_ Non ! Mais je te l'ai déjà dit, nous n'avions pas d'argent. Mon père prenait ce qu'on lui donnait !

_ Oh…

Will crut l'espace d'un instant qu'Hannibal allait s'excuser d'être parti sur des terrains aussi personnels mais il n'en fit rien. Et Will préférait cela. Après tout, le psychiatre n'y était pour rien dans la vie misérable que Will avait menée enfant.

Il avait seulement tout à voir avec la vie misérable que Will menait à présent, croulant sous les sous-entendus salaces et les jeux de mots déplacés. Heureusement que désormais, Will savait se défendre.

_ Bon tu l'enfiles ? s'impatienta-t-il en saisissant sa fourchette pour poursuivre son dîner.

Hannibal leva les sourcils. Décidément, il aimait cette nouvelle facette de Will, plus combattive, légèrement impolie. Quoique Will n'était pas habituellement un paradigme de bonnes manières. Ce que pourtant Hannibal lui passait aisément. Si ça venait de Will, ce n'était pas grave !

_ Ne t'en fais pas, je vais l'enfiler, répondit-il calmement.

Il hésita un instant. Il avait été sur le point de se rendre à la salle de bain pour se changer. Ca aurait été, à son sens, une grossière erreur. Alors qu'il tenait là l'occasion de faire découvrir son corps à Will ! Hannibal se savait agréable à l'œil et s'il aimait plutôt mettre en avant son esprit supérieur, user de son physique de temps à autre n'était pas pour le déranger.

_ Les choses que je ne ferais pas pour toi, souffla-t-il en déboutonnant sa veste.

Sans hésiter, il chercha le regard de l'agent spécial. Celui-ci avait reposé sa fourchette sans même y planter un crouton. Intérieurement, Hannibal jura. Il n'y avait pas pensé mais cela aurait été une bonne tactique pour distraire Will et lui faire perdre son pain, tout comme ce dernier l'avait distrait à fouiller sous le lit, son postérieur en bonne vue. Mais maintenant qu'il était lancé…

Ayant déposé la chemise de Will sur sa chaise, il retira sa veste. Il ne quittait pas Will des yeux tout comme Will ne le quittait pas des yeux. Ce dernier était rouge depuis l'arrivée d'Hannibal, alternant avec des teintes plus roses pendant les moments calmes, mais actuellement, il apparaissait cramoisi et sur le point d'exploser. Hannibal s'attendait à tout moment à voir de larges taches de sueur s'étendre sur ses vêtements. En tout cas, un mince filet brillant recouvrait déjà son front. C'était bon signe.

Consciencieusement, Hannibal déposa sa veste sur son dossier. Ca lui avait été pénible de rompre le contact visuel mais il ne voulait pas non plus paraître trop évident dans ses démarches de déstabilisation. Après tout, pour que la manipulation soit efficace, le sujet ne devait pas en avoir conscience.

Après la veste vint le gilet. Celui-ci n'avait que trois boutons mais il les fit sauter lentement, les uns après les autres. Il avait baissé la tête comme pour observer les gestes sûrs de ses doigts mais du coin de l'œil, il scrutait Will, toujours aussi immobile. Sa petite démonstration faisait visiblement son effet et Hannibal était persuadé que s'il s'approchait de Will à ce moment même, celui-ci allait le saisir et le jeter… sur le lit serait une mauvaise idée avec le chien mais la table n'était pas mieux, avec le fromage bouillonnant. Tant pis, il se contenterait du fauteuil.

Avec son habituelle minutie, il accrocha son gilet avec sa veste et se retourna vers Will.

_ J'espère au moins être à l'aise à l'intérieur, fit-il nonchalamment en passant un doigt autour du nœud de sa cravate. Je serais contrarié d'être trop large et de me sentir à l'étroit. Cela rendrait l'expérience pénible.

Il vit Will ouvrir la bouche et la refermer, possiblement à court de mots. Tant mieux, c'est qu'il tenait le bon bout.

_ Mais, poursuivit-il, je suppose qu'en forçant un peu, on arrive à tout.

Il hésita à cligner de l'œil mais ce n'était pas le moment de briser la concentration de Will qui n'avait plus qu'Hannibal en ligne de mire.

La cravate rejoignit la petite pile de vêtements sur le dossier de sa chaise. Will lui lançait un tel regard qu'Hannibal avait l'impression que même s'il restait les bras ballants, sa chemise allait voler au bout de la pièce juste par l'intensité de ces yeux si bleus. Il était presque tenté d'essayer. Mais comme on n'était, en règle générale, jamais aussi bien servi que par soi-même, il allait poursuivre à la régulière son strip-tease improvisé et attendre que Will passe à l'action. Car désormais Hannibal en était certain, c'était le soir où l'agent spécial craquerait.

Il retira ses boutons de manchette dorés et les glissa dans la poche de son pantalon. Ils valaient une petite fortune et il n'avait aucune envie d'en perdre un pour que Will le lui ramène ensuite couvert de bave de chien. Puis il s'attaqua à sa chemise qu'il dégrafa aussi lentement qu'il l'avait fait pour son gilet.

Sans pudeur, il exhiba son torse. Will ne l'avait jamais vu aussi dénudé. Ils n'avaient pas eu l'occasion de se rendre à la piscine ensemble ou même de faire un jogging. La perspective d'un Will en petit maillot ou débardeur moulant était très attractif pour Hannibal mais il ne concevait pas l'agent spécial comme quelqu'un de très sportif. Après tout, son hygiène de vie dans tous les autres domaines était plutôt lamentable.

Il sortit le bas de la chemise de son pantalon et la fit glisser doucement le long de ses épaules. Hannibal chercha en vain le regard de Will. Ce dernier ne fixait plus son visage mais son corps uniquement. Mission accomplie du côté d'Hannibal !

Celui-ci termina d'ôter sa chemise et se retourna pour la déposer avec le reste. Il avait reçu de la part de ses partenaires précédents autant de compliments sur son dos que sur ses pectoraux et ses biceps alors autant faire profiter Will du spectacle, que celui-ci réalise ce qu'il perdrait si jamais il ne se laissait pas dominer par ses désirs ce soir !

Enfin, il récupéra l'horrible chiffon que l'agent spécial voulait qu'il porte. Il se retourna vers celui-ci.

_ Will, suis-je vraiment obligé de passer par-là ?

Il espérait dans un coin de son esprit que Will changerait le gage pour le laisser torse nu. Ce n'était pas la tenue idéale, ni la plus sure pour manger une fondue, mais ce serait bien moins blessant pour l'ego d'Hannibal.

Avant de répondre, Will leva son verre et en but une gorgée qui parut sans fin à Hannibal. Il se demanda si son hôte était encore capable de parler.

Au final, Will reposa son verre et eut un sourire un peu crispé.

_ Un peu de courage. La sensation va te paraître étrange au début mais je suis certain que tu vas vite apprécier.

Hannibal fit une moue en scrutant plus longuement encore la chemise. C'était la pire chose qu'il ait jamais porté de sa vie. Il la passa sur ses épaules. La taille était pile la bonne mais le tissu rêche le fit grincer des dents. Et surtout l'odeur…

Jusqu'à présent, Hannibal pensait que les fortes effluves d'aftershave émanaient de Will mais il réalisait à présent que l'agent spécial n'était pas l'unique source de la flagrance. La chemise cocottait littéralement. Comme si Will s'était roulé dessus. Ou comme s'il l'avait volontairement aspergée pour déstabiliser Hannibal. Ou pour couvrir l'odeur de vieux vêtement qu'il devinait sous le parfum bon marché. Hannibal pencha pour la dernière option, même si l'idée de porter une chemise sur laquelle Will se serait roulé nu lui apparaissait comment plus attractive.

Passant outre son inconfort, il referma la chemise, laissant libres les deux derniers boutons. Maintenant qu'il l'avait passé, l'odeur était si forte qu'il en oubliait presque celle du fromage fondu. De plus, elle était épaisse et lui tenait un peu trop chaud. C'était comme si Will l'enveloppait de son corps. Il n'avait même aucun mal à deviner dans la rudesse du tissu la barbe de celui-ci frottant contre sa peau. Et c'était plus agréable qu'Hannibal ne l'aurait jamais admis. Au final, il se demanda s'il n'avait pas là une bonne occasion de ramener chez lui un des vêtements de Will, juste comme ça, pour sa collection personnelle. Pas du tout pour dormir avec la nuit.

Gardant sur son visage une expression de contrariété, il se réinstalla sur sa chaise.

_ Alors, heureux ? demanda-t-il.

Will esquissa un sourire plus réel que le précédent. Les dernières minutes avaient été rudes pour lui. A vrai dire, il pensait qu'Hannibal se rendrait dans la salle de bain pour se changer, pas du tout qu'il lui offrirait un strip-tease, certes de toute beauté, mais surtout très déstabilisant.

En tout cas désormais, Will avait une bonne idée de ce qui se cachait sous ces costumes hors de prix. Il se doutait qu'Hannibal était un bel homme. Ses chemises laissaient deviner des épaules larges, un dos musclé et une taille fine. Il ne s'était cependant pas attendu à ça. En toute objectivité, Hannibal était magnifique. La pilosité sur son torse avait été une surprise pour l'agent spécial mais pas une mauvaise. Elle lui donnait un côté viril, presque animal qui avait fait réagir le corps de Will plus qu'il ne l'aurait souhaité. Il était parvenu à contrôler son érection naissante en pensant à autre chose, comme à des chiens jouant dans une prairie, mais il avait été sur le point de craquer lorsqu'Hannibal lui avait présenté son dos. Ca aurait été tellement facile de tout envoyer balader et de l'attraper pour le coucher devant la cheminée et mettre un terme à ce jeu ridiculement frustrant entre eux.

Mais il avait tenu bon. De part ses manipulations verbales et fromagères, Hannibal ne méritait pas que Will fasse le premier pas. Et quand celui-ci lui avait parlé, Will n'avait eu besoin que de quelques gorgées de vin pour se remotiver. Il battrait Hannibal à son propre jeu même si ses hormones devaient le tuer.

Et à présent, il était face à un Hannibal, la mine boudeuse mais la vieille chemise de Will sur les épaules. Et la vision était aussi amusante que tentante. Comme il s'y était attendu, le psychiatre avait du style même ainsi vêtu. Cela lui donnait un côté un peu rude, genre bucheron ou pêcheur du nord, fier et digne dans sa misère. Avec une barbe de trois jours, ça aurait été parfait. Et Will espérait bien qu'un jour, il aurait l'occasion d'emmener Hannibal sur un bateau. Il ferait en sorte de lui sélectionner la garde robe adéquate.

Satisfait par ce qu'il avait sous les yeux, Will se laissa aller contre le dossier de sa chaise.

_ Tu fais de moi un homme comblé, répondit-il à la question d'Hannibal.

Il hésita un instant puis se leva de sa chaise. Très lentement, il se rapprocha d'Hannibal. Ce dernier ne le quittait pas des yeux. Il paraissait méfiant, comme s'il n'était pas certains des intentions de Will.

Celui-ci approcha la main de son visage mais Hannibal ne recula pas. Il entrouvrit la bouche comme pour parler mais resta silencieux.

_ Il y a juste un détail… murmura Will.

Et il plongea ses doigts dans les cheveux d'Hannibal pour les ébouriffer. C'était quelque chose qu'il avait envie de faire depuis très longtemps et l'accomplir enfin lui donnait la plus grande des satisfactions.

Il appréciait non seulement le fait de faire sortir Hannibal du cadre trop propre dans lequel il évoluait en permanence mais aussi de découvrir la texture de ses mèches, rendues un peu grasses par le gel qu'il utilisait pour les maintenir en place.

Hannibal ne protesta pas et le laissa jouer avec ses cheveux jusqu'à ce que Will obtienne le résultat escompté, comme si une rafale de vent et une mer déchaînée avait décoiffé son marin du nord.

_ Voilà, c'est beaucoup mieux ainsi, jugea-t-il.

Hannibal garda le silence jusqu'à ce que Will regagne sa place. Il ne savait pas l'allure qu'il avait mais cela ne devait pas être très glorieux. Peu importait. C'était le dernier de ses soucis. La seule chose qui comptait désormais était de reprendre le contrôle. Parce que lorsque Will l'avait touché, Hannibal avait été sur le point de lui saisir le poignet pour l'attirer contre lui, sur ses genoux, près de sa bouche. La tentation avait presque été plus forte que sa volonté. Et il s'agissait là de pensées très dangereuses.

Il s'humidifia les lèvres et récupéra sa fourchette. Le repas, c'est sur cela qu'il devait porter son attention. Pas sur l'homme délicieux qui s'était rassis face à lui, un sourire éclairant ses traits si particuliers.

_ A quoi penses-tu ? lui demanda Will, qui à son instar avait récupéré sa fourchette et y plantait un morceau de pain.

Hannibal se pencha sur la fondue, le temps pour lui de trouver une réponse adéquate. Elle s'était épaissie avec le temps et le manque de surveillance. Hannibal saisit la bouteille de vin et en versa une rasade à l'intérieur. Puis il mélangea énergiquement jusqu'à obtenir une texture homogène.

Il se réinstalla à sa place et leva son regard vers celui de Will.

_ A ton prochain gage, répondit-il.

Ce n'était pas tout à fait faux. La fondue lui avait rappelé qu'il aurait peut-être d'autres chances de se venger de la chemise qui lui grattait le dos et dont l'odeur lui brouillait les sens et l'esprit. En fait, si Will perdait à nouveau son pain, Hannibal songeait sérieusement à lui imposer de se déshabiller entièrement. Ensuite, il jetterait des tas de croutons par terre pour regarder l'agent spécial à quatre pattes en train de les ramasser. C'était un bon plan et une vision très tentante.

Will rit et trempa son pain dans le fromage nouvellement tempéré.

_ Oh, et à quoi pensais-tu ?

_ Un gage vestimentaire, fit Hannibal en empalant du pain blanc au bout de sa fourchette.

_ Tu aimerais me voir dans un de tes costumes ? le titilla Will.

Hannibal haussa les épaules. Et plongea son pain dans le caquelon quand Will récupéra le sien.

_ Quelque chose comme ça… mentit Hannibal.

Pas qu'il n'aimerait pas voir Will en costume. Un vrai costume, un pas de ses costumes de prof communiste des années 70. Mais à l'instant, c'est nu qu'il le préfèrerait. Et puis s'il devait lui faire porter un costume, ça ne serait certainement pas un de siens. Ce serait quelque chose sur mesure et bien ajusté. Les costumes d'Hannibal étaient bien trop larges pour lui.

Il retira son crouton du fromage. Fort heureusement le pain avait tenu. Il ne comptait pas se faire avoir une fois de plus. Face à lui, Will récupéra un morceau de magret.

_ Encore en appétit ? demanda le psychiatre.

_ Toujours en appétit pour ce que tu me proposes, répondit Will en glissant la viande entre ses lèvres luisantes.

Pendant une seconde, Hannibal oublia comment respirer. Puis il reprit son souffle et l'odeur de Will sur la chemise lui emplit les narines. Il lui fallait l'agent spécial et il le lui fallait ce soir ! Le repas était presque terminé et Hannibal commençait à manquer d'idées et de réparties. Sa tête tournait. Il devait trouver quelque chose et vite.

_ Ca te coule sur le menton… tenta-t-il lorsqu'un fil de fromage se prit dans la barbe de Will.

Loin de se laisser déstabiliser comme Hannibal l'espérait, celui-ci récupéra le fromage du bout de l'index et, en lui souriant, le lécha du bout de la langue.

_ Délicieux, commenta-t-il, envoyant une bouffée de chaleur dans tout le corps du psychiatre.

Celui-ci devait trouver autre chose car il savait qu'il était en train de perdre pied. En silence, il se replongea dans son repas.

Will observait avec amusement Hannibal face à lui. Il commençait à s'habituer à ce nouveau look qu'il lui avait imposé. Et pendant un bref moment, il avait été tenté de se débarrasser une fois de plus son pain volontairement, juste pour voir quel gage lui réservait le psychiatre. Mais Will avait eu peur de perdre l'avantage psychologique certain qu'il avait à ce stade du repas. La réaction d'Hannibal à sa dernière manœuvre lui avait prouvé que désormais, c'était Will qui menait le bal. Et il entendait bien laisser Hannibal macérer dans son jus. Aussi fortement qu'il désirait le psychiatre, il était encore en mesure de se contrôler. Il n'était pas sûr que ce soit le cas d'Hannibal.

_ C'est vraiment délicieux, lança une fois de plus Will pour attirer l'attention d'Hannibal sur lui et le distraire du plan qu'il était sans doute en train de fomenter.

_ Merci, répondit sobrement Hannibal comme si son esprit n'était plus vraiment là.

_ J'aime cette sensation de chaleur au fond de mon estomac lorsque je suis plein, ajouta Will.

Cette fois-ci, Hannibal avait relevé la tête. C'était déjà une petite victoire pour Will.

_ Tu n'as plus faim ? demanda le psychiatre, le sourcil haut.

Will secoua la tête.

_ Disons que je suis satisfait mais je peux en prendre encore un peu. Le corps humain a des capacités d'extension presque incroyables.

Hannibal se mordit la lèvre inférieure.

_ Il est bon de repousser ses limites, commenta-t-il en poursuivant son repas, évitant toujours de regarder Will dans les yeux.

Hannibal était ennuyé. Ennuyé contre Will parce qu'il lui lançait des petites remarques qui, mine de rien, aiguillait la libido déjà mise à rude épreuve du psychiatre. Et ennuyé contre lui-même parce qu'il paraissait ne plus savoir réfléchir. Lui qui avait une organisation toujours minutieuse et un esprit acéré se retrouvait désormais dans le marasme intellectuel le plus total. Et dès qu'il parvenait à agripper le début d'une idée, l'odeur entêtante de la chemise de Will la lui faisait perdre. C'est frustrant et horripilant.

Alors, il termina son repas dans le silence le plus total, levant à peine les yeux vers son hôte alors que l'un après l'autre, ils se retrouvèrent à racler le caquelon.

_ Je crois que nous touchons le fond, fit Will et Hannibal se demanda si c'était un commentaire ou une tentative d'humour.

_ C'est agréable d'aller jusqu'au fond des choses, répliqua Hannibal en prenant sa dernière bouchée.

En plus du fromage et de la bouteille de vin, Will et lui avaient terminé le jambon et le magret. Seuls une bonne poignée de croutons occupait encore la corbeille de métal mais ils n'étaient pas perdus. Hannibal comptait expliquer à Will comment les faire revenir dans un beurre aillé en accompagnement d'une salade. Il n'avait aucune envie que Will donne son pain maison à sa voisine pour nourrir des poules et l'une de ces choses que les campagnards faisaient.

_ Merci, fit Will alors qu'Hannibal éteignait le réchaud. Grâce à toi, j'ai fait une nouvelle découverte exquise.

_ Elargir le champ de tes plaisirs est une de mes priorités, répondit le psychiatre en cherchant cette fois le regard de l'agent spécial.

La soirée touchait à sa fin et il n'avait plus beaucoup de temps devant lui pour parvenir à ses fins.

Will rit. Et Hannibal sentit une fois de plus son cœur s'emballer. Il devinait l'esprit de Will léger, embrumé par la fatigue, un bon repas et l'alcool. Son visage avait une jolie teinte et ses cheveux s'étaient libérés du semblant d'ordre qu'ils avaient en début de dîner. Ses yeux d'un bleu hypnotique pétillaient. Hannibal s'humidifia les lèvres du bout de la langue.

_ J'avais remarqué, répondit Will en se levant de table pour récupérer les assiettes.

Avant qu'Hannibal n'ait pu répondre, il fila à la cuisine.

Le psychiatre resta quelques instants interdit. Qu'avait voulu dire Will avec sa dernière réplique ? Avait-il remarqué qu'Hannibal faisait toujours de son mieux pour lui offrir des repas de qualité ? Où avait-il compris le petit manège d'Hannibal et quel était son but ? Cette dernière option était peu probable ! Après tout, Hannibal était un maître de la manipulation !

Troublé, Hannibal quitta sa chaise et, le caquelon en main, rejoignit Will dans la cuisine.

Celui-ci lui tournait le dos lorsqu'il entra dans la pièce, passant les assiettes sous l'eau. En silence, Hannibal s'approcha à quelques pas de lui.

_ Je suis désolé, je n'ai pas pu ramener le dessert, fit-il en déposant le caquelon prêt de l'évier.

Il avait espéré surprendre Will et le faire sursauter mais bien au contraire, ce dernier se retourna très calmement. Appuyé presque lascivement contre le plan de travail, il sourit à Hannibal. Sa chemise paraissait plus ouverte encore que pendant le repas.

_ J'avais des chocolats pour toi mais tu connais l'histoire. Winston a tout mangé…

_ Dommage de ne pas pouvoir terminer par une dernière douceur, murmura Hannibal en s'approchant davantage.

Il savait que Will le voulait. Il le savait ! Et il allait l'avoir.

_ Tu n'auras qu'à me sortir le grand jeu la prochaine fois, répliqua Will toujours immobile à grand dam d'Hannibal. Après tout, l'attente, la frustration et l'envie font parties intégrantes du… plaisir.

Hannibal ne répondit pas. Sa langue était collée à son palais. Ses mains tremblaient et pour ses sens, il n'y avait plus que Will, son visage dans ses rétines et son odeur dans ses narines.

_ Lors de notre prochaine soirée, poursuivit Will, quoique tu me fasses…

Il s'interrompit lorsqu'une des mains d'Hannibal se posa sur sa joue. Du bout du pouce, le psychiatre cueillit une goutte de sueur sur la tempe de Will qui témoignait de sa nervosité malgré son apparente décontraction.

Et lorsqu'Hannibal se pencha vers lui et effleura ses lèvres du bout des siennes, Will su qu'il avait gagné. Il sourit contre la bouche de celui-ci mais ne recula pas.

Le psychiatre revint brusquement à la réalité lorsque Will posa une main sur sa taille. Il sursauta et brisa le contact. Face à lui, Will ne réagit pas. Il l'observait en silence. Il alla même jusqu'à croiser les bras sur sa poitrine comme s'il attendait une réaction ou une explication de la part d'Hannibal. Ce dernier baissa la tête. Il tenta de masquer son inconfort sous son habituel masque mais il savait que ses doigts pianotant nerveusement contre le tissu de son pantalon le trahissaient.

_ Je ferais mieux d'y aller, parvint-il à articuler malgré un accent plus marqué encore qu'habituellement. La route est longue.

Il tourna le dos à Will et fuit littéralement de la cuisine.

Passant dans le salon, il attrapa ses vêtements posés sur le dossier de sa chaise. Le feu s'éteignait paisiblement dans la cheminée et Winston ronflait. Hannibal ne se sentait plus en adéquation du tout avec ce cadre serein.

Qu'avait-il fait ! Mais qu'avait-il fait ? Qu'est-ce qui lui avait pris d'être aussi… impatient ! Et désorganisé ! Il lui avait suffit d'une seconde d'inattention et voilà qu'il s'était retrouvé à embrasser Will. Il avait été faible ! Tellement faible !

Il récupéra ses clés de voiture dans la poche de sa veste. Il n'avait pas le temps de se changer maintenant. Ou pour être plus exact, il n'avait aucune envie de prendre le temps de se changer maintenant. Il ne voulait pas recroiser le regard de Will, du moins tant qu'il n'aurait pas trouvé une bonne excuse à son comportement.

Ses vêtements sur un bras, il ouvrit la porte et frissonna lorsqu'une vague glacée le submergea. Après tout, il ne portait que la chemise que Will lui avait fait mettre. La chemise portant son odeur et qui avait fait perdre la tête à Hannibal.

Sans se retourner, ce dernier claqua la porte et d'un pas vif, rejoignit sa voiture.

« *** »

Will resta longuement immobile contre le plan de travail. Il avait vu la panique et l'embarras dans les yeux d'Hannibal et il ne voyait pas l'intérêt d'en rajouter une couche. Hannibal l'avait embrassé. Hannibal avait été le premier à craquer. Et même si le baiser avait été furtif et chaste, Will en tirait une grande satisfaction. Pas vraiment physique, plutôt mentale. Ce soir, il avait eu l'ascendant sur le docteur Lecter et il était vraiment curieux de voir comment ce dernier allait tenter de sauver la face. Les prochains jours promettaient d'être particulièrement amusants.

Lorsqu'il entendit sa porte d'entrée claquer, Will retourna au salon. Le réchaud d'Hannibal était toujours sur la table et il savait que le caquelon trônait dans sa cuisine. Hannibal n'allait donc pas pouvoir le fuir éternellement s'il voulait récupérer son matériel.

Quand Will atteignit la fenêtre, les feux arrières de la voiture du psychiatre n'étaient déjà plus que des points au loin.

Un sourire aux lèvres, Will s'engagea dans le couloir. Il était temps pour lui de libérer les chiens. Il sortit son téléphone de sa poche et augmenta le son. Il ne savait pas quand arriverait le prochain message d'Hannibal mais il savait qu'il ne voulait pas le manquer.

FIN

Notes de fin : Et voilà, c'est tout pour cet hommage à la fondue! J'espère que vous avez aimé! Je reviendrai bientôt pour la troisième partie des aventures fromagères de Will et Hannibal : tartiflette!
Sinon j'ai reçu une très chouette illustration de cette fic par la formidable Ciorane :
ciorane . tumblr . com*post*91622915112*ciorane-commission-ordered-by (remplacer les * par des / et virer les espaces au début)