Note de la traductrice :
Bonjour à tous ! L'histoire que je vous propose ici n'est pas de moi, mais d'une merveilleuse auteur canadienne s'appelant NeverQuiteAwake. ( u/425301/NeverQuiteAwake) Croyez-moi, je suis une lectrice assidue, et je suis particulièrement difficile à impressionner, mais lorsque j'ai découvert cette histoire, j'ai eu un énorme coup de cœur ! C'est probablement une des meilleures histoires sur Loki que je n'ai jamais lue, et la qualité d'écriture est impressionnante ! C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai tout de suite voulu traduire cette fic, après avoir eu le consentement de l'auteur.
L'histoire originale s'appelle également Learn Me Right, et vous pouvez la retrouver à cette adresse : s/9486220/1/Learn-Me-Right.
Bonne lecture à tous ! J'espère que vous aimerez cette histoire autant que moi ! :) N'hésitez pas à laisser une review, je la traduirais avec bonheur à l'auteur. Bisous !
Note de l'auteur :
Rated T en raison de violence, de thèmes suggestifs, et de sensualité.
Disclaimer : Je ne possède pas Marvel, sinon je serais actuellement en train de nager dans d'immenses montagnes d'argent.
CHAPITRE UN
Un visiteur inattendu
Le ciel était illuminé sous la chaleur de l'aube. Etirant mes bras enchevêtrés dans mes draps, je soupirai et refusai de replonger dans le sommeil, ce qui m'empêcherait de voir le tableau qui s'étendait sous mes yeux. Le soleil finit par percer à l'horizon, réchauffant et illuminant tout sous ses rayons. Le spectre des lumières rouges et jaunes éclairait le ciel, brillant à travers les collines et les forêts étendues. Les terres de Vanaheim semblaient s'embraser.
Avec un sourire, je me hissai hors du lit et me dirigeai vers mon balcon. Accoudée à la balustrade, je levai la tête pour me délecter de la chaleur du soleil. L'automne s'étendait sur Vanaheim, et bientôt les nuages viendraient s'installer dans le ciel. Je m'étais réveillée pour admirer le lever du soleil, l'aube d'une nouvelle journée. Des mois passeraient avant que je puisse être à nouveau le témoin d'une telle beauté.
Un coup léger porté sur la porte de ma chambre me sortit de ma rêverie. « Entrez ! »
La porte s'ouvrit devant ma servante, les yeux brillants et l'air joyeux. Etonnamment, elle arrivait toujours à se réveiller avant moi et dire que mon père me considérait comme une lève-tôt. « C'est une belle matinée, n'est-ce pas ma dame ? » dit Arlessa tout en s'affairant dans ma chambre à préparer mes vêtements pour la journée.
« En effet, une bien belle matinée » répondis-je en soupirant. « Cela me manquera. Les pluies vont bientôt venir, sans aucun doute. »
Arlessa acquiesça tout en fouillant dans ma garde-robe. Elle choisit une robe sans manches de couleur abricot, un de mes vêtements les plus pratiques. « Votre père m'a demandé de vous prévenir qu'il était parti rencontrer la Reine Frigga sur le site du Bifrost. »
« Vraiment ? » m'étonnais-je en fronçant les sourcils. « Mais où se trouve le Seigneur Njord ? »
« Il a été appelé à Alfheim pour une affaire urgente » répondit-elle. « Ainsi, votre père a pris ses responsabilités. Durant trois jours, il sera chargé de divertir la reine pendant sa visite. »
Bien que j'acquiesçai, mettant ainsi un terme à ce sujet de conversation, je ne pouvais m'empêcher de me demander quel problème était assez urgent pour que le Seigneur Njord s'en aille en pleine nuit. La visite de la reine ne se produisait que tous les dix ans, de manière à maintenir des liens forts entre Asgard et Vanaheim. Le Seigneur Njord n'a jamais manqué une telle occasion auparavant. J'étais tentée de demander à Arlessa pour quelle raison il était parti, mais je savais qu'elle n'aurait pas demandé plus de détails à mon père.
Tandis que la lumière du soleil entrait dans ma chambre, Arlessa m'aida à m'habiller, resserrant les lacets de ma robe avec ses doigts experts. Avec un air espiègle sur son visage, elle m'assit devant mon nécessaire de maquillage et coiffa mes cheveux indisciplinés en une longue tresse. « Je suis sûre que votre père s'attend à vous voir dîner avec la reine et lui ce soir » remarqua Arlessa. Mon cœur manqua un battement à cette pensée. J'avais une grande admiration pour la reine, elle qui est née parmi mon peuple. Ce n'était pas sa position royale que j'estimais tant, mais plutôt son talent pour la magie. Faire sa connaissance serait le plus grand des honneurs. « Je veillerai à ce que votre plus belle robe soit préparée pour ce soir, ma dame. »
Je rayonnai tandis qu'Arlessa tressait mes cheveux, tenant la coiffure en place avec ma barrette dorée préférée. « Arlessa, tu me connais si bien. » Je me levai de mon siège pour lui faire face, elle qui fut ma servante depuis mon plus jeune âge. Après tant d'années, elle me connaissait mieux que quiconque. « Je ne sais pas ce que je ferais sans toi. »
« En vérité, ce serait un cauchemar » railla Arlessa. « Vous seriez complètement perdue sans moi. »
Je ris. « Ça, je ne peux pas dire le contraire. » Je traversai la chambre, m'arrêtant seulement à la porte. « Si on a besoin de moi, je me trouverai dans la maison de guérison. »
Elle me fit un signe de la main. « Passez une bonne journée, ma dame. »
Laissant Arlessa à ses occupations, je quittai ma chambre et circulai dans le château avec facilité. Je ressentis une brise fraiche dans l'air matinal lorsque j'entrai dans la grande cour. Retenant un frisson, je levai rapidement ma main au-dessus de ma tête, repoussant le froid d'un simple sort. Je pus alors prendre plaisir à ressentir cette brise, ne ressentant que sa caresse, et non plus sa morsure.
L'herbe crissait sous mes pieds tandis que je flânai, levant les yeux pour apercevoir le rougeoiement ardent du ciel s'estomper dans un bleu azur profond. Petit à petit, le soleil s'élevait dans le ciel bleu, ses rayons scintillant dans la rosée du matin. Le temps que je rejoigne la maison de guérison, les nuages étaient apparus, recouvrant le soleil et chaque partie du ciel.
J'échangeai de rapides salutations avec mes collègues soigneurs tout en entrant dans une des salles. Il y a des années, j'ai commencé à fréquenter la maison de guérison avec pour ambition d'aider mon royaume. Etre une simple demoiselle à la cour devenait très insatisfaisant après tant d'années de travaux d'aiguille, de musique et de danse – cela restait des occupations très agréables, mais je n'ai jamais senti dans mon cœur que cela me suffisait. En tant que fille du Grand Seigneur de Vanaheim, j'étais certaine que je devais apporter une meilleure contribution. Je ne pourrai jamais être l'héritière de mon père, mais je ferai de mon mieux pour accomplir quelque chose de valeur.
La dirigeante des soigneurs, Hyldir, avait jugé bon d'être mon mentor lorsque j'étais novice. En cette belle matinée, pendant qu'elle examinait un patient, elle me salua à mon approche. « Le bon jour, Eirlys. »
« Bon jour à vous. » Je m'arrêtai au chevet d'une enfant fiévreuse, une petite fille prénommée Freidel, qui étreignait sa poupée préférée sans jamais vouloir la lâcher. Elle dormait profondément à cet instant, sa fièvre vaincue, ou du moins le supposai-je en entendant le murmure d'approbation d'Hyldir, tandis qu'elle retirait sa main du front de la petite. « J'espère qu'elle a bien dormi pendant la nuit. »
« Ce fut le cas, grâce à ton sort. » Hyldir releva brièvement les yeux vers moi. « Sa température est restée basse assez longtemps pour lui permettre de dormir convenablement. La chaleur de sa fièvre a réapparu ce matin juste avant de se calmer pour de bon. »
Je réajustai les couvertures tout autour de Freidel. « C'était le moins que je puisse faire. »
Hyldir s'approcha et posa une main marquée par l'âge sur mon épaule. « Tu as beaucoup appris durant ton séjour auprès de nous. Ta mère serait fière. » Je lui adressai un sourire un peu crispé, tandis que de nombreux souvenirs de cette maison de guérison flottaient à la surface de mon esprit. Après un moment, Hyldir laissa glisser sa main et se tourna vers le jardin de plantes aromatiques. « Tout semble aller pour le mieux ce matin. Peut-être voudrais-tu quelques leçons d'herboriste ? »
« Avec plaisir. »
La maison de guérison demeura calme tout le reste de la journée. Seul un jeune garçon arriva avec un genou écorché à la fin de la matinée. Quoique je n'aie eu aucune difficulté à m'occuper de lui, guérir de petites blessures comme des éraflures et des coupures atteignait la limite de ma magie de guérison. Le jour où je me suis portée volontaire pour travailler dans la maison de guérison fut aussi le jour où j'ai commencé mes études de magie. Après plusieurs décennies d'apprentissage, mes capacités de magie atteignirent une limite. Notre piètre librairie limitait mes possibilités d'apprentissage, et il y avait peu de choses que je pouvais faire pour changer cela.
Dans la soirée, une dame de la cour arriva. Elle semblait plutôt déplacée dans la maison de guérison, étant donné que ses vêtements étaient imposants et qu'elle ne semblait ni malade ni blessée. Je l'observai tandis qu'elle arpentait les couloirs de la maison et qu'elle ne s'arrêta que pour parler avec Hyldir. Il y avait une étrange familiarité dans la façon dont ils s'entretenaient. Quelque chose concernant cette dame me donnait l'impression de l'avoir déjà vue quelque part, mais je n'arrivais pas à m'en souvenir.
Ma curiosité était piquée, mais avant que je puisse m'approcher, mon attention fut détournée par un autre visiteur. Halios, un chasseur Vanir, était arrivé pour un sort éloignant de lui le froid. Après l'avoir salué, j'effectuai de la main un mouvement circulaire, jetant le sort auquel j'étais devenue particulièrement adepte.
« Cela ne durera que quelques heures, comme vous le savez » lui rappelai-je. Il sourit, et je souris à mon tour. Ses visites étaient si fréquentes qu'il n'avait plus besoin d'exprimer sa demande. « Bonne chasse, grand Halios. Puissiez-vous atteindre votre but et votre ventre être plein de viande succulente cette nuit. »
« Merci beaucoup, Dame Eirlys » dit-il d'un salut gracieux. « Peut-être que je vous remercierai avec un sanglier si ma chasse est fructueuse. »
Je souris. « Je m'en réjouis d'avance. »
Saluant une nouvelle fois, Halios se retourna et quitta d'un pas désinvolte la maison de guérison. Comme il partait, je captai le regard de la dame peu familière qui avançait dans le couloir, se dirigeant dans ma direction. Ses yeux parcoururent les lits vides avant de s'attarder sur Freidel. La petite fille était à présent éveillée, et elle buvait de généreuses quantités de soupe elle en donnait même une partie à sa poupée, pour la plus grande exaspération de Hyldir. Quand la dame à la précieuse parure approcha, son regard se posa rapidement sur moi.
« Le bon jour, ma dame » la saluai-je. « Comment vous portez-vous ? »
« Je vais bien. » Elle semblait plutôt amusée par la question. « Vous êtes la Dame Eirlys, je présume ? »
« En effet. »
« Vous avez un don pour la magie. » Elle jeta un regard par-dessus mon épaule en direction d'Halios.
« Je ne suis rien de plus qu'une assistante soigneuse » lui répondis-je en baissant la tête. « Ma magie se limite à quelques sorts de protection et de maigres sorts de soin. »
La dame secoua la tête et s'approcha, la broderie dorée de sa robe d'ivoire miroitant dans la lumière. « Au contraire » dit-elle avec un sourire bienveillant. « Vous avez un immense talent inexploité, je le perçois en vous. »
Je la fixai soigneusement, ne sachant pas comment elle pouvait savoir quelle sorte de pouvoir je possédais, ou pourquoi cela avait la moindre signification pour elle. Examinant plus précisément ses accessoires et ses vêtements, je notai ainsi le cercle posé sur ses cheveux auburn. Il miroitait plus vivement qu'aucun autre bijou que je n'ai jamais vu. Mon cœur se serra et mon visage pâlit quand je réalisai qui elle était.
Je faillis trébucher sur le jupon de ma robe dans ma hâte à faire la révérence devant la reine. « Reine Frigga, je ne vous avais pas reconnue. » Je me sentis très idiote devant mon manque de respect. Cela faisait des décennies que je n'avais pas revu la reine. Je ne lui avais jamais parlé, mais je la respectais de loin. « Je ne pensais pas vous voir par ici – dans la maison de guérison, je veux dire. »
« Ne vous tourmentez pas » la rassura la reine. « Vous n'avez pas besoin d'utiliser de telles formalités. Auparavant j'ai moi-même été une soigneuse dans une maison de guérison. » Elle désigna de la main les lits vides tout autour de nous. « C'est toujours un bon signe. »
J'acquiesçai, le visage en feu à présent. Etre en présence d'une personne si bien versée dans la magie rendait très humble. « Votre Majesté, j'admire grandement votre don pour le soin et la protection. »
« Et votre père m'a parlé de votre don pour la magie » répliqua la Reine Frigga. « Même si vous ne semblez pas vraiment bien informée sur cet art, je vois que vous avez un grand potentiel. »
« J'ai peur que mon talent pour la magie ne soit actuellement à son sommet » remarquai-je. « J'ai recueilli toutes les connaissances que je pouvais des livres de Vanaheim. Malheureusement, la magie de soin a la préséance sur les autres, et je n'ai jamais vraiment eu la main pour soigner. » Je secouai légèrement la tête. « Je me suis également intéressée à l'art de la protection, bien que ce ne soit pas étudié par beaucoup de personnes. Vous êtes l'une des seuls. »
« En effet, j'ai été l'apprentie du plus sage des tuteurs. La plupart des apprentis de votre âge auraient déjà fini un de leurs apprentissages. » Elle me regarda doucement, d'une manière contemplative. Puis elle m'honora d'un autre sourire. Un curieux sourire entendu. « Je vais dîner avec votre père et vous ce soir. Nous aurons beaucoup de sujets à discuter. D'ici là, j'espère que la maison de guérison demeurera aussi calme et paisible qu'elle l'est. »
« Merci, Votre Majesté. J'espère que votre visite à Vanaheim vous sera agréable. »
Je la raccompagnai jusqu'à la porte, et nous échangeâmes de cordiales salutations avant sa sortie. Immobile contre l'embrasure de la porte, je la regardai s'éloigner, me sentant agitée en mon for intérieur. De quoi devions-nous discuter ? Je n'en avais aucune idée. Je demeurai pensive tout en fermant la porte et en retournant vers le calme de la maison de guérison.
L'attente jusqu'à l'heure du souper ne fut pas facile.
Quand l'après-midi toucha à sa fin, je me retrouvai dans l'antichambre de la grande salle à manger à attendre la venue de la reine. Je me dirigeai tout près de la cheminée, jouant avec les longues manches de ma robe. Mon père était assis tout près de moi, buvant lentement son verre de vin. Nous étions tous les deux arrivés tôt. Mon père avait toujours mis un point d'honneur à être aussi ponctuel, et j'étais comme lui.
Il y a longtemps, avant que je ne sois née, il a été un chef de guerre éminent, connu comme étant ponctuel et sévère. Son sens du devoir était renommé, et les guerriers sous ses ordres suivaient volontiers son exemple. Durant l'époque de la guerre entre Aesir et Vanir, il se battit et négocia avec les Asgardiens avec la même ferveur. Quelques temps après la fin de la guerre, il fit partie des guerriers qui affrontèrent les Géants de Glace de Midgard à Jotunheim, aux côtés d'Aesir. Il était si estimé que le Grand Seigneur de Vanaheim précédent, n'ayant pas d'héritiers, désigna mon père comme son successeur.
Brusquement, il s'arrêta pour me faire face. Il leva les yeux de son livre et m'offrit un de ses sourires si patient. Je voulus lui parler de la visite de la reine dans la maison de guérison. Quelque chose me disait qu'il était au courant qu'elle m'avait déjà adressé la parole, mais il ne pouvait pas savoir ce qui en avait résulté.
Au lieu de cela, je le questionnai sur une autre étrangeté qui était advenue ce matin. « Pourquoi le Seigneur Njord est-il parti si précipitamment dans la nuit ? Ça a toujours été lui qui s'occupait des visites de la Reine Frigga. »
« Njord a été appelé à Alfheim » m'expliqua mon père avant de baisser les yeux sur son livre, comme si le sujet était sans aucune importance et ne méritait pas de s'attarder dessus. « Il y a apparemment eu un conflit entre les Elfes de Lumière et Frey. Le Seigneur Njord est parti régler la question. »
Frey – le Seigneur Frey – était le fils du Seigneur Njord. Il a été désigné comme dirigeant d'Alfheim par le Père de Toutes Choses lui-même à la suite de la guerre entre Aesir et Vanir. Ce n'était pas surprenant que les Elfes de Lumière d'Alfheim soient irrités devant cette autorité imposée. « Y a-t-il eu beaucoup de conflits entre eux dernièrement ? » lui demandai-je.
Mon père secoua légèrement la tête. « Ce n'est pas un sujet dont tu doives te sentir concernée, ma fille. »
Me tournant en direction du feu, je croisai les bras devant moi et fronçai les sourcils. J'avais très souvent droit à ce ton dédaigneux qu'il utilisait. Malgré cette fréquence, le pincement au cœur que je ressentais demeurait toujours aussi fort.
Il ne fallut pas attendre longtemps avant que les portes de l'antichambre ne s'ouvrent dans un grincement plaintif. La Reine Frigga apparut, vêtue d'une robe dorée, les boucles de ses cheveux auburn remontées élégamment sur sa tête. J'aurai souhaité avoir ne serait-ce que la moitié de sa grâce. Et la moitié de son talent pour la magie.
Mon père s'approcha de la reine les bras ouverts. « Bonne soirée, ma dame. »
« C'est le cas en effet, Bjoran. » La Reine Frigga l'embrassa sur ses deux joues. Elle s'avança ensuite vers moi, avec ce même sourire maternel qu'elle avait eu auparavant. « Eirlys, tu es ravissante ce soir. »
« Tout comme vous, ma dame. »
Mon père sourit gracieusement, désignant la porte de la main. « Allons dîner » déclara-t-il. « Nous avons un délicieux banquet qui nous attend. »
Nous nous dirigeâmes dans la salle à manger, une grande et imposante salle. Des vitraux ornaient le mur du fond, représentant des scènes de nature – toute la beauté de Vanaheim. Les murs de chaque côté présentaient des bannières dorées portant le symbole des Vanirs : un soleil rouge-orange tourbillonnant, vibrant et éblouissant il semblait presque rayonner par-dessus l'or. La pièce centrale de la salle était une table ancienne, un don des Aesirs à la fin de la guerre. Elle était éraflée et bosselée sous la nappe, et pouvait accueillir presque cinquante convives. Pour ce soir, il n'y aurait qu'eux trois.
« Cela faisait bien longtemps que je n'étais pas revenue ici » remarqua tendrement la Reine Frigga. Nous avons pris place à la table avec mon père en bout de table.
Le premier plat nous fut immédiatement servi : une soupe de poissons chaude et crémeuse. Je buvais lentement le bouillon tout en écoutant la reine raconter des histoires de son enfance. Elle était la fille d'un noble, et la jeune apprentie studieuse d'une maison de guérison pendant la guerre. Elle expliqua comment le Seigneur Njord la choisit elle, entre toutes les jeunes filles nobles, pour épouser le Père de Toutes Choses. Tout en expliquant ça, elle semblait fière du rôle qu'elle joua pour unir les Aesirs et les Vanirs, ses yeux brillants au rythme de ses paroles.
Quand le second plat fut servi – une assiette de salade accompagnée de vinaigrette à la fraise – la Reine Frigga se tourna pour me parler en particulier. « Eirlys, je me demandais si vous étiez actuellement fiancée. »
Mes yeux s'agrandirent tandis que je m'efforçais d'empêcher ma fourchette de retomber bruyamment sur mon assiette. Lorsqu'on questionnait quelqu'un sur son futur matrimonial, on finissait souvent par lui faire quelques propositions, ou du moins l'avais-je entendu dire. « Non, je ne suis pas fiancée » lui répondis-je. « Bien que je sache être destinée à former une alliance politique. » Mon père a toujours été pragmatique un mariage d'amour n'était pas envisageable pour mon futur.
« Ne soyez pas si troublée, car ce que je vais vous proposer n'a aucun rapport avec le mariage » m'assura la Reine Frigga. « Cela fait quelques temps que je cherche un nouvel apprenti, et je souhaiterais vous proposer cet apprentissage. J'ai aperçu une partie de vos compétences, et j'ai eu de bons retours concernant vos aptitudes. » Je me souvins d'avoir vu Hyldir et la reine discuter amicalement dans la maison de guérison plus tôt dans la journée elle avait dû se renseigner sur moi. « Je pense que vous avez un grand potentiel pour étudier la magie, mais vous ne pouvez pas apprendre toutes les connaissances nécessaires seule. »
Ma première réaction fut de regarder mon père. Aucune décision n'était jamais prise sans son approbation. Je désirai plus que tout accepter. Un apprentissage m'ouvrirait la porte à une multitude d'opportunités. Je m'imaginais devenir une vraie soigneuse, guérir les malades et les blessés, sauver des vies. Peut-être même que l'idée de voyager jusqu'à Asgard et de voir tout ce que les Neuf Royaumes avaient à offrir était encore plus attrayante. Avec toute cette excitation qui bouillonnait en moi, j'avais plus qu'envie de sauter de ma chaise et de crier « OUI ! », mais je me retenais tant que possible.
Mon père hocha la tête, semblant considérer la proposition de la reine. « Ce serait une merveilleuse opportunité, en effet » dit-il. Mon cœur se serrait tandis que je sentais qu'il allait refuser. Mais ce ne fut pas le cas. « Ce choix t'appartient, Eirlys. » Il observa la reine. « Je suppose qu'il lui faudrait se rendre sur Asgard. »
« Oui, bien sûr » acquiesça le Reine Frigga. « Quand je terminerai ma visite ici, elle partira avec moi. » Elle me regarda avec bienveillance. « Tu pourras retourner chez toi aussi souvent que tu le désireras, tant que cela n'interférera pas avec tes leçons. »
« Alors oui. Oui, bien sûr, j'accepte » dis-je, sursautant légèrement de mon siège. Je devais empoigner les bords de ma chaise pour m'empêcher de bondir sur mes pieds.
« Tout est réglé, alors. » La reine rayonnait. « Il y a bien des années que je n'ai pas repris d'apprenti. »
« Je suis extrêmement honorée, ma dame. » Je souriais tellement que j'en avais les joues douloureuses. « Je… je ne sais pas comment vous remercier. Les mots ne suffiraient pas. »
« Ce n'est pas nécessaire. J'apprendrai de vous autant que vous apprendrez de moi » dit gentiment la Reine Frigga. Puis elle leva un verre de vin. « Je voudrais porter un toast à la richesse de la connaissance et à ceux qui la recherchent. »
Nous levâmes nos verres et bûmes ensemble.
Cette nuit, quand je suis montée me coucher, une pensée me traversa l'esprit : je n'étais jamais partie de chez moi avant. Maintenant que je partais vers Asgard, je voulais tout expérimenter. Je rêvais de me lancer dans de grandes aventures, de voyager à travers les Royaumes pour voir de magnifiques cités. Je savais que résider à Asgard changerait ma vie à jamais. Mon esprit parcourait toutes les possibilités, pensant au futur merveilleux que je pourrais atteindre.
Mon excitation était tellement forte qu'il fallut que je voie le soleil se lever pour réaliser que je n'avais pas fermé l'œil de la nuit.
Note de l'auteur :
Ne vous tracassez pas, Loki va entrer en scène dans le prochain chapitre. Je crois qu'il est nécessaire de préciser que tout se passe quelques années avant le(s) film(s), d'où le léger côté « OOC » que vous pourriez ou non ressentir. J'avoue aussi prendre quelques petites libertés avec le personnage de la Reine Frigga, étant donné qu'elle ne prononce pas plus de deux ou trois phrases dans le film. Je me suis inspirée de ce que j'ai trouvé dans les BDs.
Je voudrais aussi préciser que cette fic est la première partie d'une histoire comprenant deux parties.
Au cas où vous vous poseriez la question, le prénom Eirlys se prononce EYER-liss, et Bjoran se prononce BE-yor-an.
Etant donné que j'utilise parfois des noms de musiques comme titres de mes chapitres (voire même de ma fic), j'ai envie de vous donner des précisions. La musique du titre de la fic s'appelle Learn Me Right, de Mumford & Sons, featuring Birdy.
N'hésitez pas à laisser une review ! Ce serait très apprécié.